Capital ou rentes ? Ne pas oublier la question successorale !

Credit Suisse a présenté hier une étude sur le 2e pilier dont la presse s’est aujourd’hui largement fait l’écho. Sa thématique porte sur la question fondamentale de savoir comment se décider pour la rente ou sur le retrait du capital en arrivant à la retraite.

Il n’y a évidemment pas de conclusion définitive à en attendre, sinon la question ne prêterait plus à discussion. Mais l’étude constitue une mine d’informations pour mieux cerner les conséquences financières de l’alternative, en mettant notamment l’accent sur les taux de conversion et sur le taux d’imposition appliqué sur le retrait du capital dans chaque canton. Certains observateurs estiment d’ailleurs que cet impôt constitue l’un des facteurs explicatifs des différences cantonales dans le choix de retirer ou non son capital, totalement ou partiellement.

Cependant, on se doit de compléter le tableau en faisant entrer la problématique successorale dans l’équation. Dans certains cas, ce facteur va prendre le pas sur les questions de taux de conversion et et autres taux d’imposition. Prenons par exemple la situation d’une veuve qui a eu deux enfants, aujourd’hui adultes, et qui arrive à la retraite. Elle a accumulé un solide capital de 2e pilier. Son désir est de privilégier la transmission de son patrimoine à ses enfants si elle décédait de manière prématurée. Si elle choisit les rentes, aucun capital ne sera en principe versé à ses héritiers. Elle a donc tout avantage à retirer ce capital pour le transformer soit en rentes viagères privées avec restitution du capital en cas de décès, soit à le faire gérer, pour le consommer progressivement.

 

Pierre Novello

Pierre Novello

Pierre Novello est journaliste économique indépendant et auteur d’ouvrages de vulgarisation dans le domaine de la prévoyance, de l’investissement sur les marchés financiers ou encore pour l’accession à la propriété de son logement. Avant d’embrasser la carrière journalistique en entrant au Journal de Genève et Gazette de Lausanne, il a été formé comme analyste financier pour la gestion de fortune.

5 réponses à “Capital ou rentes ? Ne pas oublier la question successorale !

  1. Cher Monsieur,

    Vous êtes sans doute un lobbyiste et peu importe.
    Pour parler de succession, encore faudrait-il réformer la loi!

    Que penser d’une loi, où un héritier doit actionner le Tribunal à sa charge pour faire valoir ses droits?
    Votre réponse sera la bienvenue

    Bien à vous

    1. Cher Monsieur,

      Merci pour votre commentaire, même si je comprends mal la qualité de lobbyiste que vous m’attribuez. Et dans quel sens ?

      Pour en revenir à votre question, concernant la nécessité pour un héritier de faire actionner le Tribunal à sa charge pour faire valoir ses droits, comme vous le dîtes, j’imagine que vous faîtes allusion à la violation des parts réservataires. On rappellera qu’il s’agit de ces parts incompressibles qui reviennent par exemple aux enfants du défunt. Et il est vrai que l’héritier lésé doit faire valoir ses droits en justice. Sinon rien ne se passe.

      Très franchement, je ne suis pas juriste et je ne sais pas si ce serait une nécessité de modifier la loi pour que la violation de ce droit soit poursuivie d’office. Cela dit, j’imagine que si la violation est évidente, l’héritier lésé est sûr d’avoir gain de cause. Au bout du compte, combien cela lui coûtera ? Je ne sais pas. Mais sans doute pouvez-vous nous éclairer sur ce point.

      Merci d’avance pour votre éventuelle réaction.

      Avec mes meilleures salutations.

      Pierre Novello

    2. Merci de votre réponse et si vous n’êtes pas lobbyiste, tant mieux.
      Le système des 3 piliers est devenu un gigantesque marché où les gagnants sont les assureurs et non les assurés, sans compter les effets pervers qu’il induit avec les obligations de rendement.
      Tout ça mériterait une refonte totale avec un plus grand poids de l’AVS dans les système, mais on voit bien que les intérêts en présence ne sont pas les mêmes.

      Pour en revenir aux successions, les procédures des Tribunaux et des avocats sont aussi un business et tout ça mériterait un grand coup de jeune. Les procédures datent d’il y a un siècle, mais ce domaine est intouchable, tant le protectionnisme y est jalousement gardé!

      Bien vous

  2. Monsieur,

    Je vous rejoins sur l’importance de la problématique successorale.
    Il ne faut pas non plus omettre qu’avec le fait du vieillissement de la population, les personnes d’âge avancé seront-elles toujours apte à gérer leur capital 2ème pilier quand leur capacité de discernement fera défaut ? La rente n’est-elle pas une solution de confort ? Qui peut garantir que les établissements bancaires pourront assurer de meilleurs rendements sur la durée et à un âge avancé ?

    Avec mes meilleures salutations,

    Claude GAIGNARD

    1. Monsieur,
      Merci pour votre commentaire. Je suis tout à fait d’accord avec vos remarques. Et cela rejoint la nécessité de recommandation qui s’adapte à sa situation personnelle.
      Quant aux rendements espérés sur les marchés financiers, ce sont évidemment des notions statistiques. Il n’y a jamais de garantie absolue. De ce point de vue, une bonne rente viagère (2e pilier ou privée) s’avère beaucoup plus confortable, surtout lorsqu’on atteint un grand âge.

      Avec mes meilleures salutations.

      Pierre Novello

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