Petites considérations philosophiques au treizième jour de la première mission Artemis

Ce lundi 28 Novembre, le vaisseau Orion de la NASA assisté de son module de service ESM de l’ESA, est passé au point le plus distant de son orbite autour de la Lune. La NASA a naturellement pris de nouvelles photos du couple que la Terre forme avec la Lune. C’est l’occasion de réfléchir à ce que nous sommes, à nos limites donc à notre fragilité mais aussi à nos capacités, que nous devons toujours mieux exploiter.

Nous avons déjà vu des photos de la Terre depuis l’espace mais celles-ci sont particulières car elles sont prises d’un vaisseau à bord duquel demain des hommes voyageront, pour la première fois depuis la fin du programme Apollo en 1972. Maintenant que la mission Artemis I est partie et parvenue jusque-là, il est certain qu’Artemis II décollera et ira aussi jusque-là. Et les hommes à bord verront de leurs yeux ce que nous voyons aujourd’hui.

Nous sommes, sur cette photo, à 432.117 km de la Terre donc bien plus près que la sonde Voyager 1 ne l’était le 14 février 1990 lorsqu’elle a pris sa propre photo (ci-dessous) de la Terre depuis plus de 6 milliards de km et à propos de laquelle Carl Sagan avait évoqué notre « pale blue dot », cette petite lumière infime (au sein de laquelle d’ailleurs Terre et Lune sont indissociables). Il est évident que depuis l’environnement de notre étoile voisine la plus proche, Proxima Centauri, située à seulement 4,23 années-lumière, mais quand même 40 mille milliards de km (40.000.000.000.000 !), nous ne verrions plus rien du tout, avec les mêmes moyens d’observation ou d’ailleurs avec quelques moyens d’observation visuels que ce soit. Et bien sûr que nous ne distinguerions même plus notre Soleil des lueurs environnantes si nous nous éloignions jusqu’au centre de notre galaxie, situé à quelques 25.000 années-lumière (1.000.000.000.000.000.000 km).

Ce mardi nous étions donc tous sur cette photo de la NASA montrant la Terre et la Lune, à la fois très loin et en même temps tout près. Regardez ces deux astres immobiles et forcément silencieux puisque dans le vide. Nous étions là, à cet instant, tous autant que nous sommes, vous, moi et les 8 autres milliards d’êtres humains, saisis dans le calme d’un travail délicat de réflexion fruit de notre cerveau, ou de réalisation par nos mains d’un ouvrage plus ou moins difficile, ou bien dans le tumulte de la rue ou même pour certains dans la brutalité de la guerre, ou encore en contemplation de notre océan et de ses vagues qui s’écrasent sur la plage, un des symboles pendant des millénaires de l’infini et de l’éternité. Comme le disait Carl Sagan, nous sommes vraiment tous là, comme l’ont déjà été les plus de 30 milliards d’êtres humains qui nous ont précédés et dont les restes sont retournés à cette Terre, avec tous les animaux, toutes les plantes, tous les insectes, tous les êtres vivants ou ayant jamais existé.

Et nous sommes évidemment fragiles puisque nous sommes tout petits par rapport à cet Univers, tous rassemblés sur cette petite bille bleue perdue dans un espace infini sinon illimité, ou existent et rodent des monstres d’une puissance énorme, forcément inconscients et à l’occasion violents. Je veux bien sûr parler des étoiles à commencer par notre Soleil, bienfaiteur aujourd’hui mais dangereux demain lorsqu’il vieillira et déjà avant, s’il nous « gratifie » d’un « événement Miyake » à l’occasion d’une de ses colères magnétiques qui ferait disjoncter ensemble toutes nos centrales électriques. Je veux parler également du trou-noir central de notre galaxie, qui tient ensemble par sa masse, des milliards d’étoiles dont notre petit Soleil et qui lui, également, est aussi terrible qu’il est vivant car il nous dévorera tous, un jour très lointain. Je veux parler encore de toutes les étoiles voisines qui voguent avec le Soleil autour du centre galactique dans une ronde si longue mais si rapide (250 km/s pour effectuer une seule rotation en 225 millions d’années, pour le Soleil !) qu’elles peuvent un jour pénétrer dans notre système pour le bouleverser complètement parce que nos trajectoires et nos vitesses sont quelque peu différentes. Je veux enfin parler des myriades de petits astres que sont les comètes et les astéroïdes qui forment les Nuages de Oort qui enserrent notre système solaire comme une coque ou, plus proche, la Ceinture de Kuiper comme un tore, ou encore plus proche la Ceinture d’Astéroïdes comme une roue ou, plus rares mais imprévisibles, les astéroïdes venus d’autres systèmes stellaires, comme Borissov, et qui pourraient être projetés dans le nôtre ; tous ces projectiles qui un jour peuvent nous frapper et nous détruire.

Oui notre Univers est dangereux tout autant que merveilleusement beau du fait de sa grandeur et de la puissance des divers éléments qui l’habitent. Son immobilité et sa placidité apparentes sont trompeuses tout simplement parce que son échelle de temps, tout comme ses distances, est immense, totalement démesurée par rapport à notre échelle de temps humaine. Mais au sein de cette immobilité apparente, les dérèglements ou tout simplement le début ou l’achèvement des évolutions peuvent être extrêmement rapides (comme par exemple l’implosion d’une étoile géante en fin de vie) et, pour nous, les conséquences soudaines et ultra-rapides, tout aussi bien qu’infiniment longues et de ce fait, imperceptibles. Physiquement nous ne faisons tout simplement « pas le poids ».

Et cependant intellectuellement nous le faisons ce « poids » car nous disposons de l’intelligence et de la mémoire, de la capacité de faire et de communiquer, donc de la capacité de construire et de progresser. Ainsi nous avons la capacité de prendre cette merveilleuse photo de la Terre et de la Lune et d’y réfléchir pour savourer nos accomplissements mais aussi pour voir ce que nous devons faire à partir de là, pour aller plus loin et pour faire mieux.

Bien sûr, entre nous sur ce petit caillou, nous nous devons de maintenir la paix mais nous devons aussi prendre conscience de nos faiblesses et imperfections pour éviter l’injustice, les tensions trop fortes et in fine la guerre, en faire prendre conscience aux autres, accepter nos différences pour réfléchir ensemble à ce qu’il convient de faire dans notre intérêt commun. Il faut sans aucun doute mieux gérer nos ressources rares pour ne pas épuiser notre planète, être plus respectueux de cette Vie sous toutes ses formes et peut-être unique, en tout cas extraordinaire, et à laquelle nous participons. Nous devons aussi être raisonnables et constater que nous sommes très nombreux et que nous « pesons » trop lourdement dans cette biosphère qui n’était pas faite que pour nous. Je suis né à une époque où il y avait 2,2 milliards d’êtres humains sur Terre et nous avons aujourd’hui dépassé les 8 milliards. On nous dit que vers 2050 nous aurons atteint le pic des 10 milliards et qu’ensuite nous devrons faire face à la décroissance. Certes mais le pic n’est pas encore passé et tous les désordres qui peuvent venir avec, non plus. En même temps nous avons détruit 70% des espèces animales « sauvages » en moins d’un siècle. Nous sommes sur le Titanic et nous ne savons pas si nous avons déjà heurté l’iceberg.

Il est donc vital, pour nous aujourd’hui, non seulement de prendre soin du vaisseau spatial Terre au bord duquel la Nature nous a placé, mais aussi de chercher un refuge « au cas où », comme Noé dans notre antiquité mythique. Et pour des raisons différentes, nous devons protéger ce que nous avons de plus précieux, notre mémoire et notre capacité à continuer à faire progresser la technologie et la science par le fonctionnement de notre raison sur la base de tout le savoir accumulé au cours des années, sans oublier nos richesses culturelles et notre capacité à créer toujours plus de beauté. C’est pour cela que certains d’entre nous, une toute petite poignée d’entre nous, une graine, une partie infime de notre humanité mais possédant la quintessence de ce savoir, de notre travail et de notre sensibilité, doit un jour aussi prochain que possible, partir ailleurs, partir pour Mars, pour y préserver le feu que Prométhée a arraché pour nous aux Dieux et aller savourer en paix une des pommes que nous avons cueillie au Jardin d’Eden. Ce ne sera pas facile mais il faut commencer, entreprendre cette aventure, maintenant pour nous donner demain une chance de survivre !

Illustration de titre :

Photo de la NASA prise par une caméra située au bout d’une aile de panneaux solaires fournissant son énergie au Module Européen de Service de la capsule Orion.

Liens :

https://blogs.nasa.gov/artemis/

https://royalsocietypublishing.org/doi/full/10.1098/rspa.2022.0497

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Index L’appel de Mars 22 11 30

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

24 réponses à “Petites considérations philosophiques au treizième jour de la première mission Artemis

  1. A propos de réflexion philosophique, je trouve vertigineux de penser que si nous sommes seuls dans l’univers (et jusqu’ici nous n’avons pas trouvé la moindre preuve du contraire), cet espace absolument immense n’aurait simplement aucune “conscience de son existence”, comme il n’en aurait eu aucune pendant les milliards d’année avant l’apparition d’Homo Sapiens. Quel est alors sa finalité? Ou, exprimé plus prosaïquement, à quoi “sert”-il? Vastes questions!

    1. Sans puissance transcendante créatrice (communément appelée « Dieu »), l’existence du monde est en effet difficile à expliquer. Nous n’avons d’ailleurs aucune assurance qu’il existe : notre seule certitude est notre perception de celui-ci. Comme nous percevons un monde éventuellement différent en rêvant, et que nous le ferons de façon de plus en plus convaincante avec la réalité virtuelle. En toute rigueur, il n’y a de monde que sa perception. Ce qui n’empêche évidemment pas de l’étudier comme s’il existait.

      Peut-être du reste existe-t-il, dans quel cas il trouve en effet dans notre conscience une sorte de finalité. Mais que cette conscience soit unique à notre race, ou partagée par plusieurs, et qu’elle soit localisée dans le temps, ou permanente sur toute l’histoire du monde (tel que croit la reconstituer notre conscience), ne me paraît pas affecter sensiblement cette logique.

      Nous n’avons effectivement pas trouvé à ce jour, et ne trouverons peut-être jamais, d’autres traces de vie. Mais c’est notamment parce que nous n’avons accès qu’à notre cône de lumière (plus précisément sa surface), une infime fraction de l’espace-temps. On ne pourra jamais en rien en déduire en termes d’unicité de vie dans l’univers complet.

      Des multiples dangers que recensent M. Brisson, seuls ceux très locaux seraient partiellement palliés par une migration sur Mars : elle ne changerait rien pour les autres. Et les plus probables de ces dangers locaux sont sous notre contrôle théorique : guerre, pollution, etc. La question devient donc de savoir si, eu égard aux coûts, risques et problèmes éthiques d’une migration, les mêmes efforts ne seraient pas mieux utilisés à les prévenir. Je crois tout de même qu’une majorité d’organisations scientifiques et politiques est arrivée à cette deuxième conclusion.

      1. Vouloir prévenir la concrétisation des risques que nous courons sur Terre, ne devrait pas nous empêcher de rechercher par ailleurs une sécurité en dehors de la Terre. Pour le moment nous avons tous nos œufs dans le même panier, ce qui n’est pas raisonnable si nous pouvons faire autrement.

      2. Quand on sait comment la Lune a été formée, ou du moins la manière dont on l’a expliqué, difficile de penser qu’une intelligence supérieure ou transcendante ait pu l’imaginer … l’univers s’est formé par une suite de hasards où les forces fondamentales jouent un rôle primordial…
        Qui peut bien prédire les conséquences des collisions entre astres ou même de galaxies, ou une étoile passant un peu trop près d’un trou noir , …
        Notre avenir dépend de tous ces phénomènes cosmiques aléatoires qui pourraient nous faire disparaître en une fraction de seconde … ou nous laisser le temps de déménager vers une autre destination….
        Certaines civilisations extra-terrestres ont pu exister jusqu’à leur extinction soudaine …
        On devrait en être conscient avant de se livrer à des actions auto destructrices…
        Depuis la première photo de la Terre vue de la première mission lunaire en 1968, prise par les astronautes d’Apollo 8 , le monde n’a guère changé… la conscience des hommes n’a pas évolué…

  2. Il me semble que les voyages vers la lune, vers mars sont de nature à nous faire prendre une conscience plus aigüe de notre faiblesse, de notre fragilité. Si des Chinois, des Américains, des Russes s’installent sur une autre planète, l’extrême danger l’extrême inconfort feront se rapprocher les hommes là-bas et aussi, je l’espère, sur terre aussi par les nécessités d’une collaboration au moindre pépin. Depuis des siècles, on n’a pas pu assurer la paix en restant sur terre. Tentons autre chose! nous saurons un peu plus ce que nous sommes. Je ne suis pas sûr qu’une migration d’un grand nombre d’individus soit nécessaire et réalisable à brève échéance mais l’essentiel c’est de commencer. On trouvera des minerais pour réaliser une grande arche de Noé pour le jour où le soleil nous trahira. Quant à la question de l’existence de Dieu, je dirai plutôt de la nature de Dieu. Est-ce l’anti-néant, une énergie créatrice, organisatrice, accessible à nos prières, bienveillante et dans quelle mesure? On n’est pas près de le savoir. Pourtant si l’on acquiert la conviction que nous sommes seuls dans l’univers, on ne sera plus loin de penser qu’il s’intéresse vraiment beaucoup à nous.

  3. C’est un beau texte que vous donnez, il transmet beaucoup d’espoir, et ce qui me plaît c’est qu’il est possible de rêver à cette entreprise de voyage pour Mars sans perdre pied sur terre. Il y a tant d’évènements qui aident à vivre, sans réelle ouverture pour penser à quelque chose de vrai. Quand je vois cet immense stade du Qatar, cela me fascine : beau comme une sculpture, une remarquable réussite technique, mais quelque chose me déprime sûrement : cela est dédié à un jeu qui devrait rapprocher les peuples, hem-hem… Je ne suis pas un croyant du foot, en pensant tout de même que si tant de monde s’enthousiasme, c’est que cela fait du bien à leurs âmes, mais à l’humanité j’ai envie de hausser les épaules, parce que c’est pour aller où ? Est-ce que ce n’est pas pour croire et recommencer finalement pour rien ? Les sceptiques de Mars tiennent ce genre de paroles pour un lointain but qui ne les émeut pas.

    1. Merci Dominic.
      Les matchs de foot ne m’intéressent pas du tout. Pour moi, c’est surtout l’occasion de manifestations tribales ou “patriotiques” de pacotille. L’importance qu’on leur donne aujourd’hui me fait penser à celle que l’on donnait aux courses de chars dans la Bizance décadente.
      Un joueur de foot de notre époque n’est pas meilleur, ne joue pas mieux, qu’un autre joueur d’il y a trente ans. Je comprends le joueur lui-même, qui fait fonctionner ses muscles et son astuce sur le terrain mais je désespére du sauvage avachi dans son fauteuil qui hurle sur sa télévision. Ce “sport” par procuration ne mène à rien, n’aiguise pas l’esprit ni ne renforce le corps. Il ne fait que stimuler les plus bas instincts.

  4. « … un espace infini sinon illimité … », écrivez-vous. Je proposerais exactement le contraire : l’espace est certainement illimité sans que l’on sache s’il est infini. Car le caractère illimité peut se porter aussi sur quelque chose de fini.
    Cela dit, l’espace-temps est un tout, et non plus un double cadre dissocié, on le sait depuis Einstein qui ajoute même que temps et espace peuvent se transformer l’un dans l’autre. Cela a des implications proprement vertigineuses, si l’on y songe bien, puisque l’absence de limite (de borne, de frontière, de bord) si elle se laisse bien représenter pour ce qui est de l’espace tridimensionnel (à « visualiser » dans un espace quadridimensionnel, par analogie avec la surface, bidimensionnelle, d’une sphère dans l’espace habituel tridimensionnel), a une signification d’une grande portée pour ce qui est du temps, de la durée plus précisément dit, qui, bien que probablement finie (comme cela devrait l’être évidemment de l’espace si l’on postule, avec de bonnes raisons, que l’infini en acte ne peut exister dans la réalité « in re », mais seulement dans la pensée « in mente », ou bien aussi en soi « in se »), nous amènerait à conclure à une durée à la fois finie et sans borne.
    Stephen Hawking a bien illustré cette difficulté dans son bestseller « Une brève histoire du temps » : l’Univers est sans bord (« no-boundary Universe ») aussi bien du côté spatial que temporel et, pour éviter un temps 0 du début de l’Univers, il propose d’envisager un temps « imaginaire », prolongeant le remps « réel », dans lequel serait caché le commencement de l’Univers. C’est évidemment une pirouette pour éviter d’envisager une création. mais il doit bien reconnaître, d’autre part, qu’il existe une flèche du temps et donc, en un mot, que l’Univers « a une histoire », qu’il n’est pas statique, comme on le pensait jusqu’u début du XXe s., donc avec une évolution irréversible et avec une entropie croissante tendant vers une valeur énorme, mais finie, probablement liée à l’existence de la constante cosmologique. Comme toute histoire (bonne ou mauvaise !) a un commencement et une fin, ces points extrêmes devraient exister (= la durée est bien finie quoique indéfinie dans son énormité), mais l’absence de bord de l’espace-temps de l’Univers rend ces points inaccessibles.
    Voilà donc encore quelques bribes à ajouter à ces « petites considérations philosophiques » de ce jour que nous a partagées Monsieur Brisson.

    1. Merci Monsieur de Reyff. Vous avez raison mais dans mon article je voulais surtout introduire l’image de l’immensité physique de l’Univers et de notre petitesse relative. En passant je veux souligner la subtilité de la différence entre deux termes qui ont la même racine.
      Ceci dit, il semble maintenant qu’il y ait bien eu un début à “Tout”, que l’Univers a une histoire et que nous sommes entraînés dans une expansion accélérée qui nous mènera vers une dilution de plus en plus grande de la matière dans le vide, jusqu’à, peut-être, un nouvel “éon” si la théorie CCC (Cosmologie Cyclique Conforme) de Roger Penrose est valable (ce qui sera vraiment difficile à vérifier)
      Ce qui me semble aussi merveilleux, c’est que si l’on va dans l’autre sens, toujours plus profondément à l’intérieur de la matière, on constate la même illusion, c’est à dire le vide presque partout et la même incertitude en ce qui concerne le Temps, avec une petite nuance qui est quand même la réalité des éléments constitutifs de la matière et des forces qui les gouvernent. Il y a bien “quelque chose plutôt que rien” et ce quelque chose est très précisément structuré.
      Dans quelques directions que l’on aille donc, nous nous trouvons dans un monde étrange, bien réel à nos yeux au premier abord mais qui sans cesse échappe à notre perception plus on veut l’approcher. C’est le vertige de la Science qui sans cesse progresse dans un monde dont l’horizon s’éloigne à chaque progression.

      1. Merci, cher Monsieur, pour vos considérations complémentaires aux miennes. Permettez-moi encore quelques ajouts !
        Concernant le temps, à la différence de l’espace tridimensionnel, il semble n’être qu’à une « dimension », réelle (à ce jour du moins !), tout en étant non moins absolu que l’espace, du fait de leur interconvertibilité réciproque. On sait qu’en géométrie on distingue une droite, d’une demi-droite et d’un segment de droite, soit sans borne, avec une borne ou avec deux bornes. Le « moment 0 » pourrait être considéré comme une première borne, mais, de fait, on sait maintenant que le plus petit intervalle de temps, la plus petite durée possible, est la durée dite du temps de Planck (tPl = 5,391 10^-44 s) comme il existe aussi une longueur de Planck (lPl = 1,616 10^-35 m), le quotient lPl/tPl donnant la vitesse de la lumière. Il n’y a donc ni volume nul, ni temps 0 possibles, tout comme on sait que l’oscillateur quantique n’a pas un état d’énergie 0, mais au minimum de (1/2) h f.
        Pour en revenir au temps, pour illustrer la chose, on peut envisager une échelle qui ne soit pas linéaire, mais en 1/t. On voit alors que le temps 0 correspondrait à une valeur infinie de 1/t dans le passé, donc inaccessible par nature.
        Nous aurions ainsi trouvé les bornes inférieures du temps et de l’espace. Mais y a-t-il, de façon analogue, la possibilité, ou la nécessité de bornes supérieures ? Donc un choix entre segment de droite ou demi-droite ?
        Pour ce qui est de l’espace, le caractère d’être à la fois illimité et fini résout la question. Mais, pour le temps, faudrait-il envisager au moins une deuxième dimension, telle qu’un temps « imaginaire » qui soit bien « perpendiculaire » au temps « réel » classique, comme l’a proposé Hawking ? Le temps serait donc analogue aux nombres complexes classiques, à deux dimensions, mais aussi peut-être aux quaternions (à une dimension réelle et 3 dimensions imaginaires, ou nombres de Hamilton), ou aux octonions (à 8 dimensions, ou nombres de Graves-Cayley), voire aux sédénions (à 16 dimensions, ou nombres de Cayley-Dickson), comme ces mathématiciens les ont envisagés dans leurs imaginations débordantes ? On sait que les diverses théories des cordes et des branes —toujours non prouvées à ce jour, car sans prévisions expérimentales vérifiables — se meuvent dans des « espaces » allant jusqu’à 11 dimensions…

        1. Un cosmologiste américain dont le nom m’échappe avait proposé que la théorie des cordes soient détachés de la physique et que les universités concernées créent un département “Théorie des cordes”. Etait-ce de l’humour de physiciens?

  5. Je suggère la lecture du livre “The Anthropic Cosmological Principle” écrit par les physiciens John D. Barrow et Frank J. Tipler. Il aborde les questions soulevés ici par M. Pierre Brisson.

  6. Selon certains scientifiques – pour une fois il ne s’agit pas d’un fantasme d’Elon Musk – l’univers serait en fait une simulation. Melvin Vopson, maître de conférences en physique à l’université de Portsmouth, propose une méthode permettant de savoir si nous vivons dans un programme informatique. En gros, d’après ce que j’en ai crompris, cette méthode postule qu’autour du principe d’équivalence masse – énergie – information, “en supposant que l’univers soit effectivement une simulation, il doit contenir un grand nombre de bits d’information cachés partout autour de nous. La détection de ces bits d’information prouvera l’hypothèse de la simulation”, commente l’auteur de la méthode, qui précise que “selon le principe d’équivalence masse – énergie – information, un bit d’information doit avoir une petite masse lorsque l’information est stockée à l’équilibre. Le bit d’information a donc les caractéristiques d’une particule boson scalaire, sans charge, sans spin, sans aucune autre propriété que la masse et l’énergie. Une telle particule d’information ne manifesterait sa présence que par des interactions gravitationnelles, mais elle serait impossible à détecter, car elle n’interagirait pas avec le rayonnement électromagnétique.

    Toujours selon le docteur Vopson, ce sont en fait les caractéristiques de l’insaisissable “matière noire” dont la présence est déduite uniquement des interactions gravitationnelles, mais qui n’a jamais été observée ou détectée.” À ce jour, tous les efforts pour isoler ou détecter la matière noire ont échoué, selon lui, ce chercheur a été amené “à proposer l’idée radicale que l’information pourrait être la matière noire manquante dans l’univers, et aussi à postuler que l’information est le cinquième état de la matière après le solide, le liquide, le gaz et le plasma, et peut-être la forme dominante de la matière dans l’univers.”

    Sources: “L’univers est-il une simulation ? Un expert propose une méthode permettant de savoir si nous vivons tous dans un programme informatique”, site “Développez.com” (https://www.developpez.com/actu/338769/L-univers-est-il-une-simulation-Un-expert-propose-une-methode-permettant-de-savoir-si-nous-vivons-tous-dans-un-programme-informatique-dont-la-comprehension-permettrait-de-cerner-la-conscience/).

    Qu’en pensent les physiciens? Une telle hypothèse leur paraît-elle plausible ou s’agit-il d’une “fake news”?

  7. On connaît bien le principe d’équivalence « masse-énergie », mais pas celui d’équivalence « masse-énergie-information », une notion qui m’étonne fort. Il existe maintenant des petits modules de mémoire portables de 1 téraoctet qui sont bien moins volumineux et pesants que les anciens disques de stockage à moindre capacité qu’eux. Une telle mémoire portable ne change pas de poids si elle est vide ou effacée, ou si elle contient 1 To de précieuses informations, ce qui est considérable !
    Non ! l’information n’est pas liée à la masse, mais seulement très indirectement à l’énergie. Un bit d’information ne pèse rien, c’est, par exemple, simplement une orientation d’un petit aimant ou d’un spin, indiquant un état « 0 » ou un état « 1 ». Il faut bien sûr fournir une énergie, disons mécanique, pour basculer d’un état dans un autre.
    S’il faut lier l’information à quelque chose de physique c’est plutôt à l’entropie, ou plutôt à la néguentropie : l’information étant obtenue en empruntant de la néguentropie à un système physique. Par exemple, la vie maintient son ordre, conserve son organisation et donc sa néguentropie en étant un système ouvert, c’est à-dire qui reçoit de l’énergie pour se maintenir en-dessus ou hors du désordre, l’entropie reprenant par contre le dessus dès que cet apport cesse. Ainsi du fait de son évolution, de son histoire, l’Univers a produit de l’entropie dès l’annihilation primordiale entre matière et antimatière, source énorme d’énergie qui a permis l’émergence de systèmes organisés, donc “pleins” d’information. Très tôt l’entropie de l’Univers est devenue énorme, avec seulement ici ou là, dans les systèmes complexes naturels (code génétique, organismes vivants) ou artificiels (mémoires informatiques), des îlots de néguentropie contenant toute l’information imaginable.
    On peut aussi considérer la mémoire humaine, par exemple, celle d’un artiste, acteur ou musicien, qui mémorise des œuvres entières et peut les redonner, sans les perdre, à un public dans un spectacle ou un concert, mais dont le cerveau ne prend pas de poids ni n’en perd par rapport, disons, au simple spectateur qui ne sait rien par cœur.
    Finalement, envisager le monde comme un pur code informatique en voie de déroulement, c’est, proprement, le rabaisser à un niveau bien misérable de simple bande magnétique pré-écrite et cela, surtout, fait fi de la liberté qui n’existe pas dans un code informatique puisque tout y est programmé et donc préétabli. Or nous savons que l’Univers est fait d’un subtile mélange de déterminisme et d’aléatoire, de nécessité et de hasard, ingrédients qui seuls peuvent faire place à la liberté.

    1. Cher Monsieur de Reyff, j’aime beaucoup votre dernière phrase : “Or nous savons que l’Univers est fait d’un subtile mélange de déterminisme et d’aléatoire, de nécessité et de hasard, ingrédients qui seuls peuvent faire place à la liberté.” Et j’insisterais sur le qualificatif “subtile” car le réglage des différentes forces est souvent à la limite du nécessaire, comme si les équilibres parfaits n’étaient rompus à plusieurs occasions que de justesse pour donner son orientation à l’évolution de l’Univers.

    2. Monsieur de Reyff,
      En relisant votre commentaire, intrigué par votre évocation de l’entropie-néguentropie (je m’en tiens à l’entropie, notion que l’on rencontre en linguistique avec celle des probabilités), après quelques recherches sur le “Web” pour rafraîchir ma mémoire, je suis tombé sur cette note relative à la théorie de l’information de Shannon et Weaver:
      “L’information telle que définie par Shannon s’enracine […] dans la physique d’une part, dans les mathématiques d’autre part, mais sans qu’on puisse la réduire aux maîtres-concepts de la physique classique : masse et énergie. Comme le dit Wiener : “l’information n’est ni la masse, ni l’énergie, l’information est l’information”, ce qui laisse la porte ouverte à des conceptions diverses, à commencer par celle d’un troisième constituant de l’univers, après la matière et l’énergie précisément !” (Doyle, R., “The Information Philosopher” : http://www.informationphilosopher.com; Stonier, T. “Information and the internal structure of the universe”, Springer Verlag, 1990. Beyond information. The natural history of intelligence. Springer Verlag, 1992).

      Du point de vue pratique, ceci me rappelle la définition de l’information que me donnait mon premier rédacteur-en-chef quand j’étais journaliste stagiaire: “Si un chien mord son maître, ce n’est pas une information. Mais si le maître mord son chien, c’est une information”.

      Je n’ai jamais vraiment compris la structure interne de l’univers des journalistes.

      Par chance, le mot chien, lui, ne mord pas.

      Cordialement,

      A. Ldn

  8. Merci, cher Monsieur de Reyff, pour votre réponse si complète, qui remet dans sa juste perspective le problème de la relation de l’information avec la masse et l’énergie. En effet, comme le montre un “Solid State Drive” (SSD) – car je présume que c’est à lui que vous faites allusion en évoquant les petits modules de mémoires portables de 1 teraoctet -, sa capacité de stockage d’information est sans rapport avec sa masse. J’ai d’ailleurs pu en faire l’expérience en installant un SSD sur deux de mes ordinateurs portables, qui n’ont ni disque dur ni lecteur de DVD et où chaque SSD de 1 TB n’occupe pas plus de 8 centimètres sur à peine plus d’un centimètre de large et deux millimètres d’épaisseur, sans avoir la fragilité des lecteurs de disques durs.

    Après avoir lu l’article du chercheur anglais, je m’étonnais d’ailleurs, venant d’un physicien (bien que je n’aie aucune compétence dans ce domaine), qu’il associe l’information, soit du code binaire, à la notion de masse. En effet, si l’univers est une simulation, comme il l’affirme, il faut bien qu’il y ait… simulateur ou alors, si ce même univers se réduit à un algorithme informatique, que quelqu’un l’ait programmé. Peut-être, selon lui, le malin génie de Descartes? Cet auteur n’est d’ailleurs pas le premier à avoir formulé une telle hypothèse, puisque une équipe de physiciens chercheurs de Microsoft l’avait déjà proposée en soutenant que l’univers est capable d’apprendre et même d’auto-apprendre ses propres lois physiques à la manière du “machine learning”. Ils ont présenté leur approche dans un “pre-print” paru en septembre 2021 sur le site d’Arxiv sous le titre de “The Autodidactic Universe” ( https://arxiv.org/pdf/2104.03902).

    Comme vous le rappelez à juste titre, même un programme d’auto-apprentissage ne peut produire que ce que son programmeur a codé. Il ne s’est pas inventé “sui generis”, ni par quelque mystérieuse parthénogenèse. Permettez-moi à ce sujet d’évoquer mon modeste métier de traducteur et de linguiste, mais aussi de programmeur à mes heures, intéressé par la traduction automatique. Aujourd’hui, les systèmes de traduction automatique (Google Translate, Yandex translate, pour ne citer que les plus connus) ont réduit le travail du traducteur à celui de simple vérificateur de documents pré-traduits par ces systèmes de traduction automatique, dont les résultats approchent de plus en plus en qualité la traduction humaine. De fait, une machine est capable de comprendre la quasi totalité du langage courant. Quand ces systèmes sont apparus sur le marché pour la première fois, bon nombre de mes collègues se sont aussitôt vu(e)s au chômage, dans un métier qui n’est déjà pas réputé pour être aussi lucratif que les pétroles du Koweit. Alors, pourquoi a-t-on encore besoin de nous? Parce que, comme les informaticiens le savent, pour peu qu’ils s’intéressent au langage humain, celui-ci est trop complexe pour être réduit à du code binaire. Entre le noir et le blanc il y a le gris.

    Vous avez donc raison de souligner qu’envisager le monde comme un pur code informatique en voie de déroulement, c’est le rabaisser à un niveau bien misérable de simple bande magnétique pré-écrite et de code programmé et donc pré-établi. Une telle approche est sans doute fort rentable dans une campagne de marketing Microsoft, mais est-elle scientifique pour autant?

  9. Il n’y a pas trente-six solutions à la réponse « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ».
    Laplace pensait que l’Univers — en son temps seulement le Système solaire — était tel depuis toujours et était conçu comme une grande horloge fonctionnant ainsi parfaitement et pour toujours ; comme il le dit à Napoléon, il n’a pas eu besoin de l’hypothèse Dieu.
    Même au début du XXe s. où l’on découvrait que notre Galaxie n’était plus le seul Univers-Île, comme on l’appelait, mais qu’il y avait un voisinage peuplé d’autres galaxies, on pensait toujours et encore que tout cela était un système stationnaire et perpétuel, ayant toujours existé tel qu’en lui-même. Même des astrophysiciens comme Hoyle, Gold et Bondi ont continué de soutenir dès 1940 que l’Univers était stationnaire, contre l’évidence expérimentale de son expansion, et Hoyle, Narlikar et Burbidge dès 1990 et même jusqu’en 2000 qu’il était quasi-stationnaire, cette dernière invention ayant été imaginée pour contrer l’expansion accélérée de l’Univers, mise en évidence à la fin des années 90. Mais le prix à payer était d’imaginer qu’il se créait spontanément des atomes d’hydrogène par ci par là tous les mille ans, en un mot, ils soutenaient une vraie création continue de matière (mais spontanée, ex nihilo, selon eux !), pour contrer une dilution, une raréfaction de la matière, une diminution de la densité au long du temps. Tout cela pour ne pas devoir accepter l’idée d’un Big bang, d’un commencement à tout, puis celle d’une histoire, d’une évolution de toute la matière dans l’espace et dans le temps.
    Aujourd’hui, revenir avec l’idée d’un code informatique n’est pas différent de concevoir l’horloge (sans Horloger !) de Laplace bien réglée depuis toujours. Ce n’est pas une nouveauté, c’est revenir à de vieilles lunes ! Dire maintenant que l’Univers, fini, mais illimité — et de taille, masse et volume indéfinis dans leur immense grandeur au-delà de l’imaginable — a une histoire, qui a eu un commencement et qui aura une fin, n’est pas synonyme de dire qu’il a une finalité (qui serait du déterminisme caché), qu’il y a un dessein caché (nos volontés seraient alors brimées), des hypothèses qui font penser aussi à un Grand Horloger auquel rien n’échapperait. On rejoint les idées, déjà développées ici naguère par M. Brisson, du principe anthropique, dans ses formes faible et forte.
    Parler d’une histoire de l’Univers, comme on la connaît de mieux en mieux actuellement, et aussi d’une histoire de l’Humanité, c’est simplement dire qu’il y a —au-delà, ou à côté des inévitables déterminismes physiques dus à des lois implacables que nous découvrons et découvrirons encore — tout un espace de libertés qui peuvent s’épanouir et continuer de s’exercer. Notre histoire s’inscrit dans celle de l’Univers, mais elle n’est pas du tout écrite d’avance ; ce serait l’historicisme que dénonçait déjà Popper. L’Univers nous est donné (actuellement, que l’on sache, à nous seuls !), et pour un temps, inconnu mais fini, si j’ose dire, comme un espace de jeux. En relisant le récit, à la fois mythique et magnifiquement éclairant, de la Genèse, on comprend mieux ce qu’est ce don qui nous est confié ainsi. Mais la liberté de l’Homme a été, est et continuera d’être bien là, au prix bien sûr du risque de l’aliéner, de mal l’utiliser, voire de la perdre.

    1. Malgré tout le respect dû à Monge, je ne vois pas en quoi sa vision de l’univers permet de se passer de “l’hypothèse Dieu” : je ne connais pas d’horloge sans horloger. Que cette horloge fonctionne de façon déterministe ou aléatoire, qu’elle ait eu un “début temporel” ou non, et qu’elle soit réelle, simulée ou une simple perception, n’y changent du reste rien. A ce stade, la question sur la raison de l’existence de quelque chose reste donc entière.

      S’il n’y a pas 36 réponses à cette question, à laquelle ou lesquelles de ces réponses conclut finalement votre commentaire par ailleurs parfaitement pertinent ?

      1. Vous connaissez le « concordisme » qui est une tentative, je dirais plus, une tentation sournoise, de vouloir faire correspondre la Bible avec les données scientifiques, ou plutôt l’inverse ! Même le chanoine Lemaître, découvreur de l’expansion de l’Univers — alors que Hubble n’a fait que mesurer vitesses et distances des galaxies, mais ne croyait pas à une expansion du tissu de l’espace lui-même — a toujours combattu, même devant le pape Pie XII, l’idée d’une telle concordance. Il restait à la fois croyant et scientifique et se refusait à mélanger le tout, en ne voulant jamais introduire d’arguments scientifiques dans son apologétique C’est là une confusion que l’on rencontre encore aujourd’hui avec certains qui pensent trouver des preuves de l’existence de Dieu, comme on peut prouver l’existence de tel ou tel tou noir, par exemple, pour parler d’un objet existant mais invisible par nature. Cette impossibilité repose sur une confusion difficile à éradiquer : autrement dit, il suffit d’affirmer ceci : Dieu « est », tout simplement, il n’existe pas. C’est là une distinction fondamentale. Nos raisonnement humains ne peuvent démontrer expérimentalement que ce qui existe. Donc les « 36 » réponses se ramènent bien, ultimement, à une seule qui soit valable, qui ait un « sens », donc une valeur !

        1. Vous avez tout à fait raison Monsieur de Reyff. La croyance à un Dieu est une question de foi. Les derniers qui se soient fourvoyés dans la tentative d’une démonstration de son existence, sont Yves Bolloré avec Michel Bonnassies dans leur livre “Dieu – La Science, les preuves”.
          La raison pose deux questions: “comment” et “pourquoi” mais la science est incapable de répondre. Elle permet seulement de considérer les questions, d’approfondir la réflexion autour d’elles et de susciter l’émerveillement, ce qui est déjà beaucoup. Mais pour aller plus loin, il faut faire le pari, du pour ou du contre. La foi n’est pas rationnelle, elle est affective, elle est un “ressenti”; ceux qui croient peuvent dire que c’est une “grâce”. C’est du moins mon opinion.

        2. Merci pour l’explicitation dont je partage entièrement le contenu : tous les grands esprits qui ont tenté depuis 2000 ans de prouver ou d’infirmer l’existence de Dieu par la science se sont cassés les dents, tout simplement car les domaines sont différents. J’ajouterais même que s’attendre au contraire serait une injure au Divin, en tout cas tel que perçu par la théologie judéo-chrétienne actuelle. Si grand horloger il y a, il sait ne pas laisser d’empreintes digitales.

    2. La liberté, ce don magnifique qui nous a été fait mais qui nous empêche à jamais d’obtenir avec certitude LA réponse à LA question et qui, nous mettant en situation de responsabilité, nous permet également de faire le Mal tout autant que le Bien.
      .
      Là est la grandeur aussi bien que la dureté de la condition humaine. Cette dureté ne pourrait être adoucie que par l’amour d’un Créateur…dont nous pourrons toujours douter, son indifférence totale ne pouvant jusqu’à notre mort être exclue puisque sa réalité ne nous restera à jamais accessible que par nos seuls sentiments, que certains appellent notre « âme », mais demeurera insaisissable par la limitation de notre intelligence aussi bien que dissimulée dans les brumes de l’espace et du temps.

  10. Ma meilleure formule en poème de type Haïku, avec 2 fois 20 syllabes par contre:

    “Si l’HUMANITÉ se civilise en faisant UN avec la NATURE sur TERRE,
    Elle pourrait commencer sa DESTINÉE de civiliser dans tout l’UNIVERS.”

    François Donneur Rigal, FDR, 10 décembre 2022

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