Non Monsieur Mayor, vouloir s’installer sur Mars n’est pas une lubie inutile et coûteuse

Le 13 août dernier, Michel Mayor a donné une interview à L’Illustré-magazine* dans laquelle il s’est attaqué aux partisans de l’installation de l’homme sur Mars**. Entendons-nous bien, il ne condamne pas l’exploit d’aller et de revenir de cette planète mais celui de s’y implanter. J’ai été surpris et peiné de cette attaque car elle venait d’un homme que j’estimais et parce que j’ai trouvé ses arguments mal informés, simplistes et égoïstes. Je lui ai écrit par l’intermédiaire du rédacteur en chef du magazine (que je remercie encore de son intermédiation). Il m’a répondu, assez brutalement. Nous restons donc chacun sur nos positions ; je vous prends ici à témoin.

*groupe Ringier Axel Springer Suisse SA, tout comme Le Temps.

** « Conquérir Mars est un rêve, y habiter un cauchemar »

J’ai noté dix objections de Monsieur Mayor à une entreprise dont je rêve et qu’il condamne. Je les reprends ci-après, l’une après l’autre.

La première est relative aux radiations. Il écrit « Coloniser la planète rouge, perpétuellement bombardée de rayons cosmiques, relève de la science-fiction ».

La seconde est relative à l’absence d’atmosphère. Il écrit : « Il n’y a pas d’atmosphère. L’homme vivrait enfermé dans une sorte de grande boîte de conserve, assisté d’un système respiratoire auxiliaire ou dans un scaphandre équipé pareillement s’il veut sortir ».

La troisième est relative à la température. Il écrit : « selon l’endroit où [l’astronaute en EVA] se trouverait, face au Soleil ou pas, la température serait horriblement chaude ou froide ».

La quatrième est relative à l’enfermement des passagers pendant le voyage. Il écrit :« Plus de deux cents jours reclus dans une capsule, essayez d’imaginer. Psychologiquement, comment supporter un voyage de sept mois, enfermé dans une capsule exiguë ? ».

La cinquième est relative au retour sur Terre. Il écrit : « Si y aller représente déjà un sacré programme, en revenir s’avère encore plus compliqué ».

La sixième est relative à la vie sur Mars. Il écrit : « Y habiter serait un cauchemar. Il n’existe aucun endroit sur la Terre qui soit aussi hostile et inhospitalier que Mars ».

La septième est relative à l’obtention de l’eau. Il écrit : « Nous ne sommes pas prêts à faire des forages de plusieurs kilomètres pour capter des sources d’eau (rire) ».

La huitième est relative au coût de l’entreprise. Le journaliste lui demande : « Si on vous comprend bien, dépenser des centaines de milliards pour entretenir l’espoir d’émigrer sur Mars est inutile » Il répond: « Totalement. En termes d’utilité, c’est nul ».

La neuvième est relative au choix des personnes qui seraient autorisées à partir pour Mars. Il écrit : « Ce n’est d’ailleurs pas la seule question éthique que soulève la conquête de l’espace. Si l’on considérait que Mars est habitable, comment se ferait la sélection parmi la population ? Qui choisirait et sur quels critères que tel individu ou telle communauté s’en irait ou non ? ».

La dixième est relative à l’affectation de nos ressources rares. Il écrit : « Plutôt que de rêver d’une émigration de l’humanité vers d’autres planètes, il est plus raisonnable de préserver notre planète bleue ».

Je réponds :

1) Concernant l’insupportabilité des doses de radiations.

Michel Mayor exagère. Certes les doses de radiation parvenant en surface de Mars sont nettement plus élevées que celles qui parviennent en surface de la Terre mais le rover Curiosity a mesuré au fond du Cratère Gale (un peu en dessous de l’altitude moyenne, avec donc une densité atmosphérique un peu au-dessus de la moyenne) qu’elles atteignaient le même niveau qu’à l’altitude où évolue la Station Spatiale Internationale autour de la Terre, soit la moitié de celles que l’on reçoit sans protection dans l’Espace-profond (au-delà des Ceintures de Van Allen). Par ailleurs les personnes vivant sur Mars ne seront pas obligées de se déplacer sans protection anti-radiations en surface de la planète (et on peut sur la planète trouver les matériaux nécessaires pour se protéger suffisamment). Sur Terre, très rares sont les personnes qui passent plus de quelques heures à l’extérieur de leur maison, de leur bureau ou d’un autre lieu de production fermé. Ce sera le cas sur Mars où la plupart des travaux « physiques » seront réalisés par des robots commandés en direct à partir de l’intérieur de la base. Ceci pour plusieurs raisons : il y aura très peu de main d’œuvre et il sera plus efficace et rentable d’employer des robots ; sortir de la base ne sera pas très facile et risqué puisqu’il faudra porter un scaphandre, par ailleurs l’intérêt principal de se trouver sur Mars sera de pouvoir commander en direct, sans décalage de temps (« time-lag »), partout sur la planète les différents équipements dont on aura besoin. Quand on sortira, il faudra simplement porter avec soi un « compteur Geiger » pour surveiller la dose de radiations reçue et prévoir des relais sur les axes de circulation les plus fréquentés autour de la base, à une distance qui ne permettrait pas de disposer du temps nécessaire pour y retourner, pour s’y réfugier en cas de tempête solaire (quelques heures de préavis).

2) Concernant l’inacceptabilité de vivre enfermé du fait de l’absence d’atmosphère.

Michel Mayor exagère. Certes l’atmosphère martienne est irrespirable et sa densité est trop faible pour permettre de sortir sans protection des habitats pressurisés. Il faudra donc vivre dans des locaux pressurisés avec de l’air contenant la quantité d’oxygène dont nous avons besoin et on ne pourra en sortir qu’avec des combinaisons, un casque et des bouteilles de gaz contenant de l’oxygène. Mais sera-ce si pénible ? Je ne le pense pas (à noter en passant que la gravité martienne étant égale à 1/3 de la gravité terrestre, on pourra supporter sans problème des équipements relativement lourds). On pourra construire des dômes de 20 à 30 mètres de diamètre (structure géodésique en barres d’acier), donc spacieux, et les combinaisons pourront être confortables (sans compter qu’il ne faut pas désespérer de faire des progrès dans les matériaux utilisés et leur souplesse). Sur Terre les motards portent sans problème des casques pendant des périodes assez longues et on n’entend aucun d’eux considérer qu’ils sont insupportables. Enfin le fait de pouvoir sortir en scaphandre en surface dans un espace immense, vierge et peu peuplé ne devrait pas du tout générer de sentiment d’enfermement mais plutôt celui de liberté.

3) Concernant l’impossibilité de s’adapter aux variations de température.

Michel Mayor exagère. Il y a des années que l’on sait faire des scaphandres qui disposent d’un système de climatisation qui lissent très efficacement les différences de températures entre « ombre et soleil ». Les astronautes séjournant dans l’ISS les utilisent sans difficulté apparente lorsqu’ils font des sorties extravéhiculaires (EVA). Et les conditions en surface de Mars seront moins extrêmes que dans l’Espace profond ou même en surface de la Lune (il ne sera pas nécessaire de sortir la nuit sauf urgence et les températures diurnes évoluent autour de 0°C à l’équateur – avec des pointes au-dessus de 20°C). C’est un faux problème.

4) Concernant l’insupportabilité des problèmes psychologiques que poserait un voyage de 7 mois.

Michel Mayor exagère. De qui parle-t-on ? Les premiers voyageurs seront des spécialistes qui auront beaucoup à faire pour préparer leur séjour sur Mars. Ils seront aiguillonnés par l’anticipation de l’aventure qui les attend. Au retour ils auront à tirer les enseignements de leur expérience. Ils auront été sélectionnés et entraînés psychologiquement. Je pense qu’ils n’auront ni le loisir, ni le temps de, ni la propension à « s’ennuyer ». Par ailleurs les volumes « habitables » du Starship seront conçus spécialement pour rendre le voyage non seulement supportable mais agréable pour les phases de repos et de détente. NB : le voyage le plus économique sur le plan énergétique serait d’environ 9 mois (trajectoire pure de Hohmann) mais pour le transport des personnes on dépensera un peu plus d’énergie au départ pour accélérer et à l’arrivée à proximité de Mars, pour freiner. On pourra de ce fait, faire le voyage en six ou même 5 mois. En astronautique Michel Mayor est visiblement en dehors de son domaine de compétence.

5) Concernant l’extrême difficulté technique du retour sur Terre.

Michel Mayor exagère. Le retour sur Terre ne sera pas plus difficile que l’arrivée sur Mars (si ce n’est un peu plus rapide à l’approche de la Terre). Je dirais même qu’il le sera moins car la descente dans l’atmosphère terrestre, plus homogène et plus dense, posera moins de difficulté que de descendre en surface de Mars (portance meilleure et plus prévisible, infrastructures très limitées). Par ailleurs le vaisseau spatial aura fait le plein de ses réservoirs avec du méthane et de l’oxygène produits sur Mars (application de la réaction de Sabatier ou du principe de l’hydrolyse, suivie  du stockage des ergols) et il aura besoin de beaucoup moins d’énergie pour s’arracher au puits de gravité martien que pour s’arracher au puits de gravité terrestre (un Starship pourra repartir sans son premier étage SuperHeavy). Là encore Michel Mayor fait preuve de sa méconnaissance du sujet.

6) Concernant le cauchemar que serait la vie sur Mars.

C’est un point de vue purement personnel que je ne partage pas et je ne suis pas le seul. Les conditions matérielles seront certes un peu difficiles pendant les premiers séjours mais elles s’amélioreront avec le temps. Il y a de l’eau sur Mars et tous les minéraux dont on peut avoir besoin pour faire croître des végétaux, élever des animaux (donc des aliments) ou créer les structures de vie nécessaires. Par ailleurs, certains, peut-être beaucoup (en tout cas « suffisamment »), apprécieront de se trouver dans un nouveau monde où il y aura tant de choses à apprendre, tant de défis à relever, tant d’activités à entreprendre dans un contexte extrêmement stimulant.

7) Concernant la difficulté de forer « des km » pour obtenir de l’eau.

Michel Mayor pense qu’il faudrait forer jusqu’à plusieurs km de profondeur pour obtenir de l’eau ! Ce serait évidemment impossible sur une planète où nous ne disposons d’aucune structure permettant de le faire. Cette objection de fait à la possibilité de l’installation de l’homme sur Mars, montre que là encore Michel Mayor parle de ce qu’il ne connait pas. Il y a aux latitudes moyennes de Mars, des dépôts de glace très importants (des « inlandsis » ou des « banquises ») et en bordure de certains, des falaises de glace d’eau exposées vers les pôles. Au-delà de 40° de latitude vers les pôles, la glace est très souvent à seulement quelques cm ou dm de la surface. Certains dépôts sont même proches de l’Equateur (du fait des variations périodiques d’inclinaison de l’axe de rotation de la planète sur son écliptique) et seront facilement accessibles et exploitables. Un des critères à prendre en compte pour décider de l’implantation d’une base sera d’ailleurs de choisir la proximité de tels dépôts.

8) Concernant le niveau exorbitant du coût de l’entreprise.

Là encore Michel Mayor fait preuve de sa méconnaissance totale du sujet. Les « centaines de milliards » dont il parle étaient d’actualité au temps de Werner von Braun, dans les années 1950 et encore au temps du premier président Georges Bush en 1989 (« étude des 90 jours ») mais elles ne le sont plus du tout aujourd’hui. On estime (je dis « on » parce que je ne suis pas le seul) qu’un programme de 50 milliards, réalisé sur 30 ans (cela ne fait pas beaucoup par an en moyenne même si les montants seront plus élevés pendant la phase de préparation jusqu’aux premières missions effectives), suffirait pour mener à bien un programme de 20 ans d’exploration avec des missions utilisant plusieurs Starship lancés tous les 26 mois. Ces 50 milliards recouvrent la mise des équipements au niveau d’un « TRL 8 » (Technology Readiness Level de 1 à 9 degrès) ; la constitution d’une flotte de Starship et une petite dizaine de périodes de lancements (une tous les 26 mois).

9) Concernant l’injustice dans le choix des personnes qui pourraient partir.

Il est évident qu’on ne va pas envoyer « n’importe qui » sur Mars. Pour partir il faudra être accepté et pour l’être il faudra soit disposer des qualifications techniques et psychologiques requises et être financé par l’entreprise chargée de la gestion du projet, soit (avec les mêmes qualités psychologiques) disposer des ressources suffisantes pour se payer soi-même ou se faire payer le voyage. A noter que Monsieur Mayor semble considérer que certaines ressources « non-nobles », comme le tourisme, seraient « impures » alors qu’elles me semblent tout à fait acceptables. Il est évident qu’un projet coûteux n’est pas une œuvre de bienfaisance et qu’il faudra absolument après avoir réunir les fonds nécessaires, les dépenser et les gérer de façon aussi rigoureuse et efficace que possible afin d’obtenir un retour sur investissement satisfaisant. Cette objection est donc totalement « à côté de la plaque ».

10) Concernant le gâchis que serait l’affectation de nos ressources-rares à ce projet.

C’est un point de vue tout à fait personnel de Michel Mayor. D’autres (mais pas moi) pourraient penser que financer la recherche et l’étude d’exoplanètes est tout à fait inutile. Je ne vois pas en quoi entreprendre de donner, à terme, une chance de survie à notre civilisation sur une autre planète, serait inutile. Je ne vois pas en quoi créer une implantation humaine dont la survie puis la prospérité seront conditionnées par l’obtention d’une autonomie financière (donc au minimum, non créatrice de charges pour les Terriens et selon moi profitable pour tous) serait un gâchis. Je ne vois pas en quoi établir une nouvelle communauté fondée sur la recherche (planétologique, astronomique, ingénieuriale, etc…), la rationalité et l’efficacité de l’organisation ne serait pas « raisonnable ». Ce type de projet n’a jamais existé jusqu’à présent parce qu’il était technologiquement impossible mais il faut savoir s’adapter au changement et aux nouveaux horizons que nous ouvrent le progrès. Il faut savoir parallèlement faire évoluer ses paradigmes.

Mais au-delà de ces critiques ce que je regrette le plus c’est le ton arrogant et méprisant de Michel Mayor dans son interview et lors de notre échange. J’admirais la personne qui avait su, indépendamment des « vents dominants » dans sa profession, explorer avec ténacité une piste nouvelle fondée sur la spectrographie « de pointe ». J’admirais son ouverture d’esprit, son esprit créatif, son ingéniosité, le sérieux de son travail, tout ce qui manque en fin de compte à la personne « arrivée » et comblée d’honneurs qu’il est devenu. Je ne vous dis pas merci pour votre compréhension et votre soutien, Monsieur.

Lien :

https://www.illustre.ch/magazine/michel-mayor-conquerir-mars-un-reve-y-habiter-un-cauchemar

Illustration de titre :

A gauche, le principe des vitesses radiales utilisé par Michel Mayor et Didier Queloz pour découvrir, en 1995, la première exoplanète, 51-Pegasi-b (crédit Observatoire de Paris – media4.obspm.fr). C’est un « Jupiter-chaud » qui évolue autour d’une étoile de type « naine-rouge » à 51 années-lumière du Soleil.

A droite, photo de Curiosity, prise dans le Cratère Gale, sur Mars, à moins d’une demi-heure lumière de la Terre (crédit NASA/JPL-CalTech). 51-Pegasi-b est invisible, même avec nos meilleurs télescopes ; on n’y ira « jamais » (avec les technologies existantes ou théoriques d’aujourd’hui), mais on peut aller sur Mars.

On voit bien que l’intérêt de Michel Mayor diffère totalement de celui des gens qui veulent coloniser la planète Mars. Il a analysé la lumière reçue de l’étoile 51 Pegasi sans imaginer à aucun moment y aller. Nous, nous voulons nous installer sur Mars, planète bien visible dans le Ciel et que nous explorons depuis des années au moyen de toutes sortes d’instruments, de disciplines scientifiques autres que l’astronomie ou l’astrophysique, et de techniques ingénieuriales. Michel Mayor n’a donc aucune compétence particulière pour nous parler de Mars et du voyage vers Mars.

Pierre Brisson

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

68 réponses à “Non Monsieur Mayor, vouloir s’installer sur Mars n’est pas une lubie inutile et coûteuse

  1. Je suis totalement d’accord avec Pierre Brisson, en effet je ne comprends pas les propos de Michel Mayor, certes il a découvert la première exoplanète… mais en disant que l’homme ne pourras jamais aller sur Mars, il dérape totalement et visiblement ne connait pas son sujet !

  2. Concernant l’inacceptabilité de vivre enfermé, le confinement nous a déjà donné l’occasion de nous entraîner. Merci, le virus !
    Cela dit, je connais un scientifique qui a travaillé dans trois bases polaires antarctiques où les occasions de sorties sont rares, surtout à Amundsen-Scott, et j’ai rarement rencontré une personne aussi heureuse de parler de son travail.
    Autour de ces bases, même si le port d’un vidoscaphe n’est pas requis, l’environnement n’est pas beaucoup plus hospitalier que sur Mars et ceux qui y travaillent ne s’en plaignent pas parce que, justement, ils ont conscience de réaliser quelque chose d’exceptionnel.

    1. ce ne sont que des missions temporaires et non pas à devenir des colonies comme M. Brisson l’espère sur Mars . On n’a jamais pensé à établir des colonies en Antarctique …

      1. Mais précisément Monsieur Giot, comme je l’explique dans mon article, le rapport coût / avantage d’établir des colonies en Antarctique n’est pas assez favorable. Il est possible d’aller en Antarctique tous les ans et d’y séjourner quelques mois en évitant l’hiver et en ayant, pendant la belle saison, la possibilité de retourner dans des régions tempérées. Ce n’est pas possible si l’on va sur Mars. Il faudra y rester 18 mois et l’éloignement de la Terre durera 30 mois. De plus on ne pourra rien faire venir de la Terre pendant 32 mois. Si l’on va sur Mars, on aura tout intérêt à s’installer sur Mars même si le coût de l’installation est élevé.

    2. Vous avez raison, j’ai une personne de ma famille qui y est allé deux fois. Il a trouvé beaucoup de plaisir à travailler là-bas et même sur l’archipel des Kerguelen il y avait plein de choses à faire. Ce fût une bonne expérience pour lui. Avant tout, effectivement cela reste des missions, qui sont exceptionnelles !

  3. Déjà que d’avoir un masque sur le pif pendant 1 mois c’est compliqué. Alors de vivre dans une prison, même nommée Mars, faudra vraiment que notre planète soit foutue pour y aller.

      1. Et justement cela ne vous pose aucun problème?! La vérité c’est que seul quelques millionnaires…pourront s’y installer. Justement quand ils auront bien bousillé sur cette planète ci! Et tout compte fait je préfère vivre et mourir sur Terre avec ceux qui partagent mes valeurs. 🙏🏼

        1. Non, ça ne me pose aucun problème et si vous n’êtes pas contente, c’est la même chose. Je ne partage en effet sûrement pas vos valeurs et vous laisse les partager avec d’autres.
          Pour ce qui est des “millionnaires” (comme vous dites), je ne pense pas qu’ils soient les seuls à “bousiller” la planète ou qu’ils soient les seuls responsables de ses malheurs.

  4. la passion de notre ami Pierre est exceptionnelle et communicative, alors les critiques… !
    “La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe” 🙂

  5. Super! Alors allez y déjà vous-même tout seul ! N’oubliez pas de prendre avec vous toutes les antennes 5G ici-bas présentes et de les installer là-haut ! Prenez une pelle et un seau pour nous préparer les forages, faites des stocks d’eau. Prenez votre compteur Geiger. Faites-nous une jolie liste des gens bien dans leur tête et dans leur corps. Informez-les qu’ils seront les créateurs de la future race supérieure du système solaire.
    Pendant ce temps-là, nous, petites gens, ferons de notre mieux pour préserver notre planète bleue, mais si nous n’y arrivons pas mais que nous avons la chance d’être sélectionnés, je vous promet de me mettre à genou devant vous une fois amarsi !
    Vous y vivez déjà, sur Mars.

    1. Je vois que mon projet ne vous plaît pas. Tant pis pour vous. Je ne vous demande pas de m’accompagner (il serait d’ailleurs un peu tôt pour le faire).

  6. Et les tempêtes de sable qui durent plus de 6 mois, où le soleil n’est plus visible (énergie), avec des vents à plus 800km/h vous en faites quoi, vivra t’on sous terre?

    1. Parce que vous pensez qu’on n’a pas déjà réfléchi au problème des tempêtes planétaires ?! On utilisera principalement l’énergie de fission nucléaire (de toute façon les panneaux solaires ne pourront être qu’accessoires en raison de la faible irradiance à la distance de l’orbite de Mars).
      Pour ce qui est de la force de ces tempêtes vous êtes mal informé. Documentez vous avant d’écrire. Oui les tempêtes peuvent atteindre 300 km/heure (pas 800!) mais étant donné la très faible densité de l’atmosphère (en moyenne 600 pascals), le ressenti ne serait que de 30 km (pas de quoi détruire une implantation humaine comme montré de façon grossièrement inexacte dans le film “Seul sur Mars”).

  7. Article très intéressant , une phrase cependant me désole sur le plan scientifique aussi bien que philosophique, – les animaux y seraient élevés comme aliments- À l’heure où il est indéniable que nous devons changer d’alimentation, n’en déplaise aux amateurs de viande, lire qu’une aventure aussi fabuleuse que la colonisation de Mars ne serait en somme qu’une reproduction de toutes nos erreurs ( déforestation de l’Amazonie notamment à cause du soja destiné au fourrage des animaux de rente, pollution des sols etc ) est désolant et ressemblerait de fait , plus à un enfer qu’à un nouveau départ
    Avoir des moyens techniques si développés et continuer à vivre sans tenir compte de la plus élémentaire éthologie serait absurde
    A moins que cette phrase mentionne les volailles pour les œufs , ce qui semblerait beaucoup plus acceptable, sinon , si des élevages intensifs devaient être mis en place alors cela signifierait que malgré tout notre intellect , nous n avons rien retenu
    Science sans conscience n’est que désespoir et ruine de l’âme
    Cependant cet article reste plein de bon sens même si tenter de sauver notre bonne vieille Terre doit rester un enjeux majeur

    1. Je pense que l’alimentation sera principalement végétarienne mais qu’on pourrait y ajouter des crevettes ou des poissons (élevés dans des bacs).
      Le problème de l’élevage animal (outre le problème affectif que vous mentionnez et que je partage en partie), est celui du contrôle microbien et des contaminations (zoonoses). Il est difficile à maîtriser. Donc l’introduction des animaux pour la consommation se fera avec beaucoup de prudence. On élevera peut-être des poules pour les oeufs et des chèvres pour le fromage mais certainement pas de “gros” animaux. Les amateurs de viande (s’il en reste) pourront sans doute recourir au steaks synthetiques!
      Sauver notre bonne vieille Terre n’est pas incompatible avec notre installation sur Mars. On peut même apprendre beaucoup des efforts nécessaires pour vivre sur Mars, pour vivre plus rationnellement sur Terre (en gachant moins et en recyclant plus).

  8. Il me semble que la passion fait un peu déraper le débat. Il est certain que des êtres humains iront sur Mars; quand ? Là c’est moins clair. Quant à créer une base permanente fiable, j’y croirai quand on aura réussi à initier des robots “auto-reproducteurs” (pas avec des pièces de rechange, mais avec les matériaux bruts disponibles sur Mars).
    Une base martienne serait une accumulation de dispositifs très sophistiqués dont la défaillance mettrait rapidement en péril la survie humaine; quid des pannes ? On passera commande à la Terre ? Ou sera alors l’indépendance ? Quand on observe l’obsolescence rapide des ordinateurs et de leurs périphériques, on ne peut que conclure que la Terre devra tenir à bout de bras sa base permanente sur Mars.
    En outre, je suis dubitatif devant la longue liste des problèmes – indépendants les uns des autres – de nature à compromettre totalement le projet. La probabilité que tout fonctionne bien devient moyenne à faible, et si un seul problème tourne mal c’est la catastrophe.
    En conclusion, la conquête de mars et l’installation d’une base permanente sont de beaux rêves, mais constituent aussi une entreprise extrêmement risquée avec le niveau de technologie actuel.

    1. Je ne pense pas qu’il faille attendre d’avoir conçu des robots « auto-reproducteurs » pour créer une base permanente sur Mars. Des robots « normaux » feront l’affaire mais il faudra bien sûr utiliser au maximum les ressources locales. C’est prévu (ISRU pour « In Situ Resources Utilization). Il faudra y ajouter l’impression 3D et toutes l’informatique que pourra fournir la Terre (logicels et données accessibles avec un décalage de temps imposé par la distance…avec la possibilité d’en stocker beaucoup dans un ou des datacenters).
      Au début la base martienne sera évidemment très dépendante de la Terre et il faudra prévoir les séjours comme des missions avec redondance des équipements pour faire face aux éventuelles défaillances. Et évidemment il y aura des risques mais pourquoi ne pas le tenter, pourquoi ne pas commencer maintenant, c’est-à-dire non pas dès que le Starship d’Elon Musk sera prêt mais après qu’il aura fait un premier vol d’essai pour y déposer toutes sortes d’équipements nécessaires à la vie de l’homme.
      L’autonomie se sera pour beaucoup plus tard, quand elle sera possible.

  9. Cher Monsieur Brisson
    Merci de ces précisions concernant l’alimentation liée aux animaux, je suis tout à fait d’accord
    Nul doute que cette entreprise martienne se concrétisera un jour, ce n’est qu’une question de temps.
    Je partage votre point de vue concernant les aspects psychologiques des voyageurs ( mes compétences limitées sur le plan technologique ne me permettent pas de donner un avis éclairé) , vous avez très justement mentionné les conditions de vie dans des zones inhospitalières de notre planète , il y a également les populations nomades des déserts , il leur est impossible de se déplacer découverts , les températures connaissent des écarts considérables entre la nuit et le jour , l’eau y est rare , et pourtant, ils aiment leurs terres , aussi hostiles qu’elles paraissent
    L’être humain s’adapte très facilement à des conditions de vie extrêmes, c’est un fait scientifique
    Votre observation concernant la faisabilité du projet lié au psychisme est donc parfaitement pertinente
    D’autant que les scientifiques qui seront volontaires les premiers temps seront certainement motivés par un intérêt considérable qui , comme vous l’avez si justement souligné, éradiquerait toute forme d’ennui
    En tout cas, votre vision est très inspirante, merci de l’avoir partagée

  10. Merci Pierre, d’avoir répondu de manière si claire et factuelle à Michel Mayor; j’avais été extrêmement déçu à la lecture de son interview en août! Qu’il ait une autre opinion sur la colonisation d’autres astres est son droit, mais pas avec des arguments pareils! Une conférence/débat entre vous deux pourrait être passionante!

  11. Bonjour puisque nous en sommes à donner notre sentiment, voici de quoi alimenter la discution.
    Pour l’uniners l’humanité est un cancer dont les hommes sont les métastases.
    Ils doivent donc migrer et attaquer une nouvelle cellule.
    Bon dimanche.

    1. Vision bien noire de l’humanité! Je pense au contraire qu’en tant qu’être conscient, faber et communiquant, l’Homme est le trésor le plus précieux qu’a pu secréter l’Univers, non pas une maladie mais une floraison qui a généré des graines fertiles. Et aujourd’hui ces graines vont pouvoir être emportées par nos fusées pour ensemencer l’Espace proche.

      1. L homme comme trésor le plus précieux qu a pu sécréter l univers : on frise le délire anthropomorphique !
        Allons coloniser Mars, après avoir anéanti la Terre. Courage, fuyons!

        1. En effet, je ne sais pas ce que vous avez à proposer de mieux que l’homme, malgré ses défauts, bien sûr. Mais vous avez sans doute un meilleur candidat, le pangolin peut-être?
          La logique entre coloniser Mars après avoir détruit la Terre, m’échappe. Je ne vois pas le lien.
          Je ne vois pas non plus la raison du mot “fuite” que vous employez. On peut aller sur Mars sans volonté de fuire la Terre, simplement pour tenter une nouvelle aventure et espérer y installer une nouvelle branche de l’humanité. Si vous trouvez cela ridicule, je m’en moque.

          1. Votre réponse confirme ce que je pressentais: une vision anthropomorphique, de plus doublée d une arrogance de celui qui est convaincu de savoir et d avoir raison, sans chercher un instant à montrer quelque intérêt aux propos qui vont dans un sens différent du sien. Dommage…

      2. C’est oublier que l’homme a complètement fait chavirer l’équilibre de son milieu par volonté de maîtrise du territoire… bel ensemencement que réalise celui qui empoisonne son propre sol ! Un peu d’humilité !

        Notre pouvoir incommensurable actuel n’est dû qu’à la formidable énergie photonique solaire enmagasinée dans les ressources fossiles. Privé de celle-ci, point de fusées, point de combinaisons ultratechniques et de forages, point de structures géodésiques … La fusion nucléaire ne sera jamais au point pour de large échelles d’utilisation avant la décroissance subie des réserves fossiles. Les graves problèmes d’alimentation et de migrations dûs au réchauffement climatique et l’anéantissement de règne animal (notamment pollinisateurs) n’aideront pas la recherche à se développer comme un long fleuve tranquille… Bref, si l’homme va sur Mars cher Monsieur il en reviendra bien vite car il aura des chats terriens à fouetter. Estimez-vous heureux si vous prenez l’avion en 2050, et surtout apprenez à aimer ce que vous avez, c’est bien plus difficile, mais bien plus intéressant philosophiquement que de fantasmer sur ce qui nous échappe.

        Cela dit, je partage votre amour pour la grandeur de l’ingénierie humaine pour laquelle j’ai une grande admiration et qui, dans un monde infini aux ressources infinies, n’aurait cessé de repousser les limites de notre monde. Des limites, force (et non faiblesse) est de reconnaître que nous en avons. Mettons toute cette intelligence au service de notre survie sur Terre. Être positiviste en 2020, c’est un crime contre l’humanité à venir. Concrètement, je ne veux pas que les milliards de dollars, les milliards d’heures de travail d’ingénieurs de pointe, et surtout les milliards de litres de pétrole nécessaires à ce que vous projetez soient utilisés à autre chose qu’a réformer, reformer, terraformer la Terre elle même. Ensuite on parlera d’ensemencer ailleurs.

        1. Ce n’est pas parce que le « développement » irraisonné et ne prenant pas en compte l’environnement a conduit à des « externalités négatives » qu’il faut renoncer au progrès. C’est par le progrès qu’on parviendra à corriger / remédier ces externalités négatives. La prise de conscience écologique a eu lieu. Maintenant une certaine inertie, comme toujours dans les problèmes de masses, empêche que la correction se fasse rapidement. Il faut vivre avec, faire au mieux en continuant à progresser sur autant de fronts que possible (le crossfeeding est nourricier et enrichissant).
          Le contrôle de l’énergie est évidement un problème mais nous pouvons être plus économes que nous le sommes ou que nous l’étions. D’ailleurs nous avons fait beaucoup de progrès dans ce domaine. Un avion de ligne consomme aujourd’hui beaucoup moins de kérosène qu’il y a (ne serait-ce que) 20 ans et avec une même puissance, un SuperHeavy (premier étage du Starship d’Elon Musk) pourrait (si sa réalisation s’avère possible) faire sortir de l’attraction terrestre une masse et un volume utiles beaucoup plus importants qu’une Saturn V. Les panneaux solaires convertissent de plus en plus efficacement l’énergie lumineuse en électricité, etc…
          Je ne vois pas en quoi les problèmes bien réels que nous avons sur Terre nous empêcheraient de tenter de nous installer sur une autre planète, ni en quoi cet effort serait condamnable. Il y a bien d’autres activités qui sur le plan moral pourrait être condamnées avant l’astronautique. Quoi qu’il en soit, l’économie est un tout, elle évolue lentement au grès de la demande des populations. Ce sont elles qui décident in fine de ce qu’on peut faire (elles achètent et/ou elles votent, donc elles payent, donc elles décident, donc elles financent) et parmi ces populations, il y a des gens qui veulent tenter l’aventure martienne et d’autres qui ne le veulent pas. C’est à nous, les « pro-Mars », de convaincre suffisamment de gens que l’aventure martienne vaut la peine d’être tentée et je m’y emploie.
          Mais je ne suis pas du tout d’accord pour attendre d’avoir résolu tous nos problèmes de vie sur Terre pour ensuite me tourner vers Mars. Je ne vois pas du tout la logique ni l’intérêt (même pour notre survie sur Terre) de votre approche exclusive.

    2. L’homme n’est pas le cancer de l’univers, en revanche certains individus sont bien les cellules sénescentes de l’humanité. Non seulement elles ne sont plus productives, mais au lieu de se suicider, elles sécrètent des idées inflammatoires et toxiques pour le tissu environnant qui contribue au vieillissement de l’organisme “humanité” tout entier.

      Plus sérieusement, si l’idée que l’humanité puisse être un facteur négatif dans le biosphère “tête” peut se défendre, l’idée que Mars devrait rester un rocher nu et sans vie plutôt que d’abriter des écosystèmes vivants contenant des humains est bien la preuve d’une haine irrationnelle de l’humanité dont je peine a comprendre l origine.

        1. Etant écologiste, au sens vrai, pas politique, j’adhère a full à votre rêve.

          Il s’agit de recherche pure, qui ne manquera pas d’apporter des solutions à notre bonne vieille terre, si malmenée.

          On ferait mieux d’essayer de lutter contre les coûts exxxxxorbitants et la pollution de la course aux armements mondiale.
          Ca serait un vrai projet de paix, d’humanisme et de défense de notre planète!

    3. Bonsoir Monsieur GrandChamp,
      C’est un peu sévère, mais en l’état de nos technologies je partage globalement votre point de vue…
      Et j’ai la liberté de penser qu’en ce qui concerne le challenge – redoutable – de la colonisation de Mars, des scientifiques aiguisés sont plus aptes à poser les conditions aux limites de tels problèmes que des économistes passionnés.
      Il me semble qu’il y a des priorités à mettre sur la table dans le développement humain, et si l’on s’enthousiasme pour les “Tech”, que l’on commence par déclencher des plans Marshall en recherche dans le domaine des systèmes propulsifs.
      Je m’enthousiasmais et rêvais en 69 de voir partir une fusée Saturne 5 de la terre, ça ne me fait absolument plus vibrer aujourd’hui. Qu’est ce qui a changé fondamentalement sur l’aéronef ? Où sont les découvertes fondamentales dans les moteurs, les vraies inventions de rupture ? Il n’y en a pas, c’est clair.
      Et pourtant, après 40 ans de vie d’ingénieur consacrées à la R/D en sciences des matériaux, ma fibre perso est restée intacte pour les sciences dures, et je veux croire encore que celles ci devraient malgré tout contribuer àrégler un certain nombre de problèmes menaçant la vie sur Terre.
      Mais Monsieur Brisson, l’enthousiasme et l’optimisme – qui sont nécessaires pour avancer dans la vie, j’en suis d’accord, ne peuvent conduire a l’aveuglement. En la matière, l’humanité doit faire preuve d’humilité et non de prétention dans ses ambitions de conquête.
      Nous n’avons – actuellement- absolument pas les technologies au niveau pour aller coloniser ces astres, pourtant si proches de la Terre.
      Tout cela relève de la Com nécessaire pour entretenir le rêve chez les générations montantes.

      1. Cher Monsieur, ne sous-estimez pas les économistes. J’ai passé ma vie à évaluer la faisabilité (économique mais donc également technique) de projets complexes divers dans le monde entier et comme vous le savez peut-être, les banques ne s’engagent pas à la légère quand il s’agit d’argent…Et il s’agit toujours d’argent pour les banques, car la sanction c’est la perte et une banque ne peut se permettre que très rarement de perdre compte tenu de marges extrêmement faibles par rapport aux sommes engagées.
        Bien entendu il serait préférable que nous disposions de mode(s) de propulsion plus avancé(s) que du temps de la Saturn V mais (1) ce mode de propulsion chimique suffit théoriquement pour aller jusqu’à Mars (nous verrons bien si le Starship peut fonctionner…S’il ne le peut pas les perspectives seraient évidemment très mauvaises) et (2) vous ne pouvez pas dire qu’il n’y a pas eu déjà progrès. L’informatique qui permet de meilleurs contrôles et des réactions plus rapides ; la récupération / réutilisation des lanceurs sont de gros progrès.
        Pour ce qui est des autres technologies nécessaires, on peut déjà dire que sur Mars on aura de l’énergie (un peu de solaire et peut-être de géothermie, sûrement du nucléaire…évidemment importé), on aura de l’eau et on pourra construire des abris, produire de l’oxygène, produire du méthane, faire pousser des végétaux sous serre, élever des poissons et des crustacés en bacs, extraire des métaux, les raffiner, faire de la fonderie, produire du verre, etc… recycler tout ce qui sera possible de recycler.
        Maintenant vous parlez d’un choix entre la Terre et Mars. Je ne veux pas choisir et je ne pense pas qu’il soit indispensable de choisir. Comme je l’écris souvent, tout le monde (tous les Terriens !) ne va/vont pas faire la même chose en même temps. Ce serait simpliste pour ne pas dire enfantin de penser que ce serait possible et même souhaitable (je crois beaucoup au « crossfeeding » de la recherche). Que certains privilégient le sauvetage de la Terre, c’est très bien. Mais d’autres hommes ont/auront d’autres intérêts et satisfaire leurs intérêts divers n’est pas ce qui empêchera les premiers de travailler pour atteindre leur but et, espérons-le, de réussir.
        NB : je précise que les sommes engagées ou à engager sont des pourcentages infimes des richesses produites tous les ans et que le problème n’est pas dans la dissipation des ressources.

  12. 9-1 pour Michel Mayor. Arrêtons le match ici, cette utopie/dystopie martienne est grotesque. “Exagère” revient comme une ritournelle, les tentatives de justifications/explications ne sont pas du tout convaincantes.

    1. Vous n’êtes pas convaincu mais vous ne pouvez non plus convaincre personne si vous n’avez aucun argument pour étayer votre jugement péremptoire.

  13. Je pense avoir une position médiane entre ces deux extrêmes :
    – les hommes iront bien un jour sur Mars, probablement avant 2050, mais bien avant de pouvoir s’y établir de manière permanente , il faudra en vérifier les conditions sur le terrain et non se contenter d’en disserter ou en philosopher . Il faudra envoyer des dizaines de missions d’explorations menées par des spécialistes (astronautique, communication, énergie, ressources , biologie, construction , …) .
    Quand on connait le prix d’une simple mission robotisée qui se compte déjà en milliards, on peut déjà préparer un budget nettement supérieur à 100 milliards pour commencer à explorer la planète rouge.
    – le prix , même astronomique , n’est pas effrayant comparé aux gaspillages financiers ces dernières 20 années , y compris les guerres aux Proche-Orient et la crise actuelle du Covid , supérieures à 1000 milliards , également comparables aux dépenses militaires actuelles … par année !
    – techniquement, c’est la production d’énergie qui conditionnera la vie sur Mars et comme les ressources fossiles sous forme carbonée ne pourraient même pas être explorées en absence d’oxygène , il faudra emmener de la Terre toute l’infrastructure , le plus simple étant le photovoltaïque ou le plus sophistiqué la fission nucléaire , mais dans les deux cas, les bases martiennes plus ou moins permanentes seront dépendantes de la technologie développée sur Terre , de même que les moyens de communications, les ordinateurs , les véhicules , les extracteurs de ressources, les machines de constructions diverses, l’infrastructure des fermes …, et les simples scaphandres de protection pour permettre de se balader en dehors des abris à air conditionné .
    – le problème se situe dans la durée , au-delà d’une génération : une vraie colonie sous entend une descendance et pas seulement un va et vient de volontaires adultes ! Et depuis 60 ans qu’on envoie des hommes ou femmes dans l’espace , même le sujet des relations sexuelles y reste tabou ! Et évidemment, la question de la prise en charge d’enfants nés sur Mars n’a JAMAIS été évoquée par aucun des protagonistes actifs sur ce sujet …, trop occupés à résoudre les questions vitales pour le moment !
    L’ aspect psychologique ne doit pas être écarté et le pire mal auquel est confronté l’être humain est l’ennui et il faut se rendre à l’évidence : les activités sur Mars se comptent sur les doigts de la main, les points d’intérêts aussi , d’autant que pour les humains restés sur Terre , les gesticulations martiennes finiront par lasser assez rapidement ( Les missions lunaires ne faisaient déjà plus la une après Apollo XII , à l’exception de l’accident d’Apollo XIII ! )
    – L’actualité sur Terre peut évoluer très vite et des centres d’intérêts peuvent changer et mettre à l’écart des objectifs qui étaient jusque là incontournables .
    – l’idée de trouver une planète de rechange n’a aucun sens et dans ce contexte, je rejoins le point de vue de M. Mayor …

    1. Pour une fois Monsieur Giot vous dites certaines choses qui me semblent plutôt raisonnables. Mais je refuse ce que vous écrivez à la fin. Je ne vois pas pourquoi l’ennui serait particulièrement une menace pour les gens qui séjourneront ou vivront sur Mars. D’abord parce qu’il faudra vivre sur Mars et qu’il y aura suffisamment à faire pour ne pas s’ennuyer. Ensuite parce qu’on pourra comme (presque) partout être créatif et rien n’empéchera un résident martien de créer une oeuvre d’art ou de développer de nouvelles techniques, ou de prolonger une action sur Terre (l’astronomie par exemple une fois que l’espace proche terrestre aura été complètement pollué par les constellations de satellites d’Elon Musk ou autres). Par ailleurs Internet existe et existera aussi sur Mars. Vous vous ennuyez avec internet? Moi pas. A plus long terme, il y aura des familles sur Mars, des femmes, des enfants, des parents, des amis, la vie en somme. Quelle drôle d’idée d’évoquer le risque d’ennui!

    2. “Et évidemment, la question de la prise en charge d’enfants nés sur Mars n’a JAMAIS été évoquée par aucun des protagonistes actifs sur ce sujet …,”. Totalement faux (voir certains blogs précédents). Moi-même, et d’autres aussi, avons plusieurs fois évoqué ce thème et souligné d’ailleurs les questions que pourront poser le fait que des enfants nés et élevés sur Mars développeront des caractéristiques physiques différentes des enfants “terriens”, qui ne leur permettront d’ailleurs vraisemblablement pas de revenir un jour sur Terre si l’envie leur en prenait.
      Quant à la “planète de rechange”, absolument personne de sérieux n’a jamais envisagé que Mars puisse jouer ce rôle (ou avez-vous vu ça?)! La terre restera la planète d’origine et de prédilection de l’espèce humaine, mais cela n’empêche pas d’envisager aussi à terme une “bouture” (autonome) de celle-ci sur la planète rouge.

  14. Un point encore concernant les affirmations, pour le moins “légères” de Monsieur Mayor, et qui n’a pas été relevé plus haut par M. Brisson: “Il n’existe aucun endroit sur la Terre qui soit aussi hostile et inhospitalier que Mars”, C’est oublier un peu vite que LA PLUS GRANDE PARTIE DE NOTRE PROPRE PLANETE NOUS EST INACCESSIBLE sans équipements très lourds et encombrants, … bien plus que ceux qui seront nécessaires pour des sorties hors des sites aménagés et pressurisés sur Mars. Si on envisage de s’y établir, je préférerais de très loin vivre “sous le ciel martien” qu’au fond d’océans terrestres, dans l’obscurité la plus totale et soumis à d’énormes pressions! Oui, Monsieur Mayor, il existe sur Terre des endroits BIEN plus hostiles et inhospitaliers que la surface de la planète rouge!

  15. Courage, cher Pierre, je lis tous ces commentaires, en me disant que pour Galilée et Copernic, ce n’était pas simplissime non plus!

    Dans le fond, le monde ne change pas vraiment, entre les vrais et les faux et quelle que soit l’époque
    🙂

    1. Oui je vous admire M. Brisson. Merci pour votre travail, et ne vous inquiétez pas, nous parviendrons à semer des graines de vie sur Mars avant que les pessimistes ne gangrènent toute notre société.

  16. Mais quel serait donc l’objectif d’un tel projet ?
    Faire progresser la science, établir une conquete militaire, rapporter des minerais, faire frimer des touristes ?
    Ya t’il des études de retour sur investissement ?
    Comment ménager la chèvre et le chou, en l’occurence comment exploiter les ressources naturelles de la planète rouge en respectant son intégrité environnementale ?

    1. J’ai déjà traité les sujets que vous abordez de très nombreuses fois dans mon blog. Je ne vais donc pas faire de longs développements pour vous répondre.
      Oui le premier objet sera la science. L’intérêt de la présence de l’homme sur Mars est qu’il supprimerait le “time-lag” incompressible de 3 à 22 minutes résultant de la vitesse de la lumière. Piloter nos robots en direct (partout sur la planète à partir d’une seule base) ferait une énorme différence.
      En dehors de cet aspect, Mars pourrait être un terrain idéal pour tester toutes sortes de technologies en milieu extrême, notamment la culture hydroponique sous serre et le recyclage (puisque tous les produits “fabriqués” seraient rares et chers) mais aussi l’isolation, la résistance des matériaux aux variations de températures et de pression, la protection contre les radiations, l’efficacité énergétique des panneaux solaires, etc…
      Je passe sur la “conquête militaire” qui me semble une option absurde.
      Oui les touristes seront les bienvenus. Ce seront des touristes un peu particuliers car ils devront rester 30 mois en dehors de la Terre (deux fois 6 mois de voyage et 18 mois sur Mars, durées incompressibles) mais je suis certain qu’il y aura des candidats (par exemple jeunes retraités, juste libérés de leurs obligations professionnelles). Ces personnes viendront pour le milieu naturel très différent de celui de la Terre mais aussi pour le milieu humain constitué de personnes à la pointe des connaissances technologiques humaines. Par ailleurs ces personnes apporteront des ressources financières, ce qui n’est pas négligeale.
      Oui il y a des études sur le retour sur investissements. Il faut viser un premier solde positif d’exploitation une vingtaine d’années après les premiers vols et une trentaine d’années à partir d’aujourd’hui (à supposer que le Starship puisse voler).
      Ne vous inquiétez pas pour “l’intégrité environnementale”. Par nécessité (difficulté de produire, rareté des matières organiques), les résidents martiens seront extrêmement précautionneux de leur impact environnemental.

    1. Je ne vois pas qu’elle pertinence peut avoir votre recommandation de (re)lire “les habits neufs de l’empereur”.
      Par ailleurs il me semble que votre compréhension de l’économie est extrêmement primitive.
      Je me contenterai de vous faire remarquer que pour le moment et encore pour de nombreuses années, les dépenses effectuées pour le projet Mars sont effectuées sur Terre et payent donc des gens qui vivent sur Terre et payent des impôts sur Terre. Plus tard il y aura exportations de la Terre vers Mars (aussi bien que des importations dans l’autre sens) et donc création de richesses.

    2. Vous dormiez et rêviez aussi je suppose le 21 juillet 1969 🙂 (si vous étiez, comme moi, né avant cette date bien sûr)?! Mais vous devriez maintenant vous réveiller, la NASA, SpaceX, et d’autres, mettent ACTUELLEMENT au point les lanceurs et véhicules qui permettront à des êtres humains de se rendre sur Mars. Vous pensez qu’ils rêvent tous? Cela ferait pas mal de monde (et des gens plutôt qualifiés!), vous ne croyez pas?!

  17. Je soulève une objection à votre argument de la combinaison de motard. Porter une combinaison de motard ou un scaphandre complet n’est en rien similaire, l’un étant totalement clos et l’autre non. D’après des études de la NASA, porter un scaphandre pendant plusieurs heures devient insupportable (même sans activité physique) après quelques heures, ne serait-ce que par l’odeur. Imaginez donc la même chose dans un environnement avec gravité (qui nécessite une activité physique supérieure à un environnement en apesanteur), ou l’on doit accomplit des tâches physiques (et donc transpire plus, bonjour la moiteur), et imaginez celà répété plusieurs fois par semaine. Je ne dis pas que coloniser Mars serait insupportable, mais s’y promener et effectuer des tâches d’entretien et de prélèvement le serait probablement. Et dans le cas où les “martiens” ne sortirait que peu de leur habitat, laissant la place aux robots qui, s’y l’on vous croit, pourraient réaliser toutes les tâches d’entretien (et même, si on pousse votre raisonnement plus loin, fabriquer des parties supplémentaires pour le starship et les envoyer en orbite) , pourquoi ne pas simplement laisser leur base en orbite… Ils seraient suffisamment proches de la surface pour y commander les rovers sans délai d’input, seraient exposés à des niveaux de radiations similaires grâce au blindage du vaisseau (qui pourraient être encore réduit par l’utilisation des réservoirs d’eau comme bouclier sans exercer une contrainte supplémentaire à la structure du vaisseau), être plus à l’abri de l’usure de leur habitat (pas de sable qui pourrait l’user à la longue, pas de poussière accompagnant les allers et venues des occupants) et pourraient même jouir d’une gravité simulée plus adaptée à des humains si leur base était formée de cylindres ou cerceaux. Poser le pied sur mars et y rester ne serait il pas dans ce cas juste une question d’orgueil ?

    1. Je pense que sur Mars la quasi-totalité des taches impliquant un effort physique important seront effectuées par robot(s) interposé(s). L’homme commandera en direct ces robots.
      Je pense donc que les heures passées chaque jour à l’extérieur seront limitées. Mais la possibilité de sortir et les quelques sorties effectives seront un bon remède contre le sentiment d’enfermement, remède évidemment non disponible si la vie des gens devait être totalement confinée dans un habitat en orbite autour de la planète.
      Pour être mieux protégé contre les radiations, il serait préférable de ne pas rester en orbite. L’épaisseur du blindage d’un vaisseau spatial protégera très mal contre les GCR et rayons gamma (rayonnements secondaires aux impacts de HZE – “noyaux de métaux” lourds – percutant le blindage) et sur la durée, cela poserait problème.
      Par ailleurs la gravité serait très difficile à simuler dans un vaisseau spatial à proximité de la planète (interférence déstabilisante avec la gravité induite par la planète).
      Par ailleurs l’exploitation de certaines ressources, comme la glace d’eau ou l’atmosphère de CO2, serait facilitée par la présence sur place.
      Par ailleurs, réduire la vie possible à des habitats en orbite limiterait considérablement le nombre de personnes susceptibles de vivre et travailler sur Mars. Il n’en serait pas du tout de même dans des habitats sur le sol de la planète (en surface ou creusés dans le sol ou au flanc des falaises).
      Enfin, je ne vois pas pourquoi vous évoquez le sujet de l’orgueil. Je ne vois pas en quoi se poser sur Mars devrait susciter de l’orgueil (de qui ? pourquoi ?).

  18. Quand un marin part sur les mers, il ne sait ni nager ni où il va, et il y va. Faut pas trop réfléchir sinon c’est pas possible. Merci à Pierre Brisson pour ces explications. C’est certain que quand on se planque du Covid on n’ouvre pas une capsule sur Mars…. c’est pas la même prise de risque, c’est certain. Moi je suis dehors sur Terre comme sur Mars, pandémie ou pas. Je reste toujours en questionnement concernant le temps sur place. En rapport à la Terre. Évidemment que les transmissions c’est quasi du temps réel et cela ouvre tellement de perspectives technologiques et surtout économiques. La course à Mars c’est pas que pour la gloire. C’est comme les marins: ils partent chercher de l’or et même s’ils reviennent avec des épices… ça fonctionne. Encore merci M. Pierre Brisson. Et je confirme que certaines montent directement dans la capsule et elles sont rodées au confinement et à la plongée technique… et elles ouvrent la capsule … de toutes façons d’ici à quelques années on regardera les images de ce qu’on imagine aujourd’hui.

    1. Merci Madame, mais attention, les communications avec Mars ne sont pas en “temps-réel” (ou plutôt en l’occurence cette expression ne veut rien dire). Il y a un décallage irréductible de 3 à 22 minutes entre le moment où l’on parle et le moment où l’on reçoit le message, en raison de la vitesse finie de la lumière. C’est bien là le problème.

  19. Permettez-moi d’élargir quelque peu le sujet d’une installation de l’Homme sur Mars, mais la thématique est semblable.
    Même si le berceau de la vie et de l’humanité n’est, heureusement, pas encore condamné, les auteurs de science-fiction ont souvent développé l’idée d’un possible essaimage de l’Homme vers les étoiles, cependant cette hypothèse ne pourrait advenir que sur un temps très long, des siècles, voire des millénaires …
    Ainsi, dans le roman « Le creuset du temps », où la nécessité de survie, pousse une espèce intelligente vers l’évasion de sa planète :
    – Sur une planète imaginaire, où la vie est menacée par un environnement stellaire instable, une forme d’intelligence est apparue : un peuple étrange, issu de sortes de végétaux.
    Pourtant, dès que ces êtres conscients purent lever les yeux vers le ciel, ils devinèrent, puis comprirent scientifiquement que leur destin était scellé.
    Néanmoins, ils ne renoncèrent pas à survivre aux catastrophes survenant de l’espace, abîmant de plus en plus souvent la vie sur leur planète.
    Certains d’entre eux se donnèrent pour tâche, à travers les générations et les millénaires, de conquérir assez de savoir pour gagner l’espace et survivre à la destruction de leur monde.
    Et ils réussirent.
    D’après « Le creuset du temps » de John Brunner, 1982, traduction française, aux éditions Robert Laffont, collection « ailleurs et demain »,1985.

    1. Merci Monsieur Tissot,
      Je pense que nous sommes effectivement un peu dans la même situation.
      Notre planète bleue est certes merveilleuse et aucune autre aussi belle et aussi riche ne nous est accessible. Nous devons évidemment la préserver, faire en sorte que les conditions de vie, pour nous-mêmes et les autres êtres vivants, ne se détériorent pas au point qu’elle devienne inhabitable (au moins pour nous-mêmes, pas pour les araignées!).
      Mais notre devoir est aussi de penser à nos descendants et à nos ascendants. Nous ne voulons pas que nos descendants vivent dans des conditions épouvantables et nous ne voulons pas que la mémoire de nos ascendants disparaisse. Nous avons des richesses, aussi bien matérielles qu’intellectuelles à transmettre. Nous devons donc envisager que malgré tous nos efforts la civilisation sur Terre sombre un jour corps et bien et nous devons “faire quelque chose” pour, si cette situation arrivait, survivre en tant qu’espèce et avec le bagage intellectuel dont nous sommes dépositaires. Si nous parvenons à nous établir sur Mars (seule autre possibilité qui nous est offerte), nous aurons, comme Noé avec son Arche, sauvé la quintessence de ce qui nous est le plus cher.

  20. Monsieur, désolé mais votre propos ci-après sont irréels !
    Comment voulez vous que quelques malheureux posés sur Mars puissent faire subsister l’humanité dans l’espace ?
    Cela signifierait qu’ils seraient à 100% autonomes de la terre qui aurait “sombré” on ne sait pas où ni comment ? Ces quelques dizaines de “martiens” pourraient cultiver, soigner, opérer les malades, éviter toutes crises internes, se reproduire et prospérer ?
    Qu’ils n’auraient plus besoin de la terre pour leur fournir l’essentiel de survie ?
    Allons, allons, soyons sérieux !

    “Nous devons donc envisager que malgré tous nos efforts la civilisation sur Terre sombre un jour corps et bien et nous devons “faire quelque chose” pour, si cette situation arrivait, survivre en tant qu’espèce et avec le bagage intellectuel dont nous sommes dépositaires. Si nous parvenons à nous établir sur Mars (seule autre possibilité qui nous est offerte), nous aurons, comme Noé avec son Arche, sauvé la quintessence de ce qui nous est le plus cher.”

    1. Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas!
      Je n’ai jamais prétendu que nous allons dès demain pouvoir créer une implantation humaine qui pourra être autonome par rapport à la Terre. A chaque fois que j’ai abordé ce sujet et je l’ai fait de très nombreuses fois au cours de ce blog et encore dans cet article (en évoquant une autonomie “à terme”) j’ai bien dit que ce serait difficile et long. Vos allégations sont donc particulièrement malhonnêtes intellectuellement par rapport à ce que je recommande (surtout que je sais que vous lisez mon blog, sous diverses noms mais une seule adresse, depuis plus d’un an).
      Oui je souhaite que, “à terme”, une implantation humaine sur Mars puisse gagner son autonomie mais je ne suis pas assez stupide pour prétendre que ce sera facile et que ce sera rapide. Cependant pour y parvenir ou mieux “avoir des chances d’y parvenir” (le succès n’est évidemment pas certain), il faut s’y prendre maintenant, c’est à dire lancer les premiers équipage – avec ticket de retour – dès que le Starship d’Elon Musk aura fait, avec succès, ses premiers vols d’essai. Ensuite il faudra construire une base et faire venir toutes sortes de personnes compétentes dans leur spécialité, avec prudence et progressivement…Enfin tout cela je l’ai écrit à de multiples reprises dans mon blog!

  21. L’homme qui habite Mars ! Pas sûr que sa postulation comme locataire de mars soit acceptée. Comme locataire de la terre il a laissé cette dernière dans une état lamentable , il a laissé des déchets nucléaires toxiques, il a appauvri les sols, il a beaucoup cassé… et n’a pas laissé de place à d’autres locataires, exterminés. Avec un tel bilan, Mars va y réfléchir à deux fois.

    1. Je pourrais vous répondre que Mars n’a rien à dire car ce n’est pas une personne mais je ne filerai pas la métaphore. La situation sur la Terre n’est certes pas brillante sur le plan écologique mais je ne pense pas que ce soit une raison pour s’arrêter et pleurer. Il faut au contraire chercher dans notre intelligence et notre travail à redresser nos trajectoires.
      Dans cet esprit je ne vois vraiment pas en quoi aller sur Mars serait nuisible à nos actions en ce sens. La vie sur Mars sera, par nécessité (environnement très exigeant et éloignement de la Terre), une école pour moins gaspiller, recycler davantage, être plus efficaces, être plus économes et mieux gérer. Comme je l’ai écrit souvent je pense que la réflexion et le travail pour s’installer sur Mars pourraient être bénéfique à l’humanité, sur Mars et sur Terre.

  22. Merci pour cette extraordinaire et éclairante mise au point. En lisant, on peut presque sentir le projet se concrétiser tant il semble à notre portée. Un voyage de 5 à 7 mois, cela ressemble à la longueur des traversées transatlantiques réalisées par les explorateurs européens lors de leurs voyages en Amérique. Bientôt 50 ans après le dernier alunissage, il semble que la technologie est maintenant prête ou quasi-prête pour une destination Mars. Quant à savoir “pourquoi y aller”, je laisse répondre un grand sage (dont j’oublie hélas le nom): l’homme va partout où il pose son esprit.

  23. Je me réjouis de skier sur mars, d’observer les oiseaux, de planter des cardons pour Noël, de nager dans l’océan martien. J’en rêve tous les jours.

  24. Dans son interview avec “L’Illustré”, M. Mayor dit: « Plus de deux cents jours reclus dans une capsule, essayez d’imaginer. Psychologiquement, comment supporter un voyage de sept mois, enfermé dans une capsule exiguë ? ».

    Ici-bas, le confinement a débuté le 16 mars dernier, soit voici déjà plus de sept mois. Bien sûr, dans des conditions pas aussi rigoureuses et spartiates que la réclusion dans une capsule spatiale. Mais on nous annonce déjà qu’il pourrait être prolongé pour une durée indéterminée, ce qui n’est pas le cas d’un voyage vers Mars et retour, dont la durée est bien définie. M. Mayor s’est-il posé la question des conséquences non seulement psychologiques, mais aussi physiques d’un tel confinement sur la santé?

    Quant à s’ennuyer en route ou sur place, comme il le suggère, du berceau à la tombe, en passant par la famille, l’école-caserne, la caserne-école, le bureau, l’usine ou les champs, puis la retraite et enfin le mouroir de l’EMS, que fait-on d’autre sur Terre sinon de vivre en maison close – pas toujours de tolérance pour autant – et de s’y ennuyer?

    Pour les gens qui s’ennuient pendant leur retraite ou rechignent à se laisser pousser vers la “solution finale” de l’EMS, si un jour le rêve de voir une colonie se développer sur Mars devait se réaliser, ne faudrait-il pas y prévoir une maison de retraite pour les riches Terriens qui auraient les moyens de s’offrir leur dernier voyage vers cette destination, avant qu’un “Easy Jet” spatial ne le démocratise et que leur séjour soit couvert par l’AVS et la manne publique?

    Et pour ceux qui pourraient s’offrir ce luxe ultime, pourquoi ne pas leur permettre d’être mis sur orbite martienne pour l’éternité grâce à un lanceur de type SpaceX, comme ce chien que son riche propriétaire Américain a envoyé dans l’espace à l’aide d’une capsule spatiale pour dernière demeure dans le film “The Loved One” (Ce Cher disparu) inspiré du roman éponyme d’Evelyn Waugh et sorti sur les écrans en 1964?

    Si une telle possibilité de finir ses vieux jours devait être envisagée, je suis preneuse et partante d’avance.

    1. Vous voyez juste! Pour rentabiliser l’intallation humaine sur Mars, nous avons prévu (dans une étude à laquelle j’ai participé) que des touristes pourraient se payer un séjour sur Mars. Parmi ces touristes, il semble évident que le meilleur “vivier” serait une population de jeunes retraités car il faut avoir le temps (30 mois d’absence de la Terre tout de même) et l’argent (montant variable en fonction du nombre de vaisseaux et donc du nombre de passagers).

  25. “comme ce chien que son riche propriétaire Américain a envoyé dans l’espace à l’aide d’une capsule spatiale”.
    Un de mes chiens (7ans) est mort d’un arrêt cardiaque et aussi une chatte suisse (16 ans), en l’espace d’un mois.
    Alors pas besoin de les envoyer dans l’espace, ils sont enterrés sur mon propre terrain, mes copains!

  26. Auriez-vous la référence de l’article scientifique qui montre que le taux de radiation à Gale crater est équivalent à un peu plus de celui reçu sur l’ISS ? J’ai souvenir que l’article (courant 2013 de mémoire) qui donne les résultats de cette mesure d’une part pendant le voyage (avec trois bouffées d’éruptions solaires) et d’autre part pendant les premiers temps de la mission dans le cratère Gale, étaient plus importants par rapport aux doses admissibles à la surface de la Terre (par contre, je n’ai fait pas de biblio sur ce qui est reçu à l’ISS). Merci d’avance

    1. Bonjour,
      L’article de 2013 auquel vous faites référence est effectivement daté de 2014. Il fait état des doses de radiations reçues en surface de Mars, observées par l’instrument RAD tout au long des 300 premiers sols de séjour sur Mars. La moyenne était de 200 micro Gray/jour (hors SPE bien sûr). Je n’ai pas sous la main de référence précise pour les radiations reçues à l’altitude de l’ISS mais vous pourrez trouver plusieurs études sur le sujet et elles confirmeront ce même niveau.
      Pour l’article concernant Mars, la référence est le magazine Science du 24 janvier 2014 pp (pp 389-50 à 389-55).

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