Colonisation à grande échelle de la planète Mars ; quelques idées de développement (2)

Compte tenu des contraintes exposées dans mon blog la semaine dernière et de nos capacités technologiques, l’installation de l’homme sur Mars au-delà de la première base devra suivre un cheminement assez prévisible. Je lance ici quelques pistes.

Logiquement, la première préoccupation sera le choix d’une localisation ; en fonction de cette localisation, on devra concevoir un plan de développement de la Colonie sur la base d’une organisation logistique aussi efficiente, fiable, et économe en moyens que possible. Sur ces prémices viendra l’importation progressive (en fonction de l’augmentation de la population et du déploiement de son activité) des réacteurs nucléaires (de type Megapower) générateurs d’électricité. Une fois l’énergie disponible, on pourra développer toute une arborescence d’activités.

Il s’agira d’extraire des matières premières puis de les transformer en produits semi-finis puis en produits finis en utilisant notamment (mais évidemment pas seulement) les imprimantes 3D et toutes sortes de logiciels conçus sur Terre ou sur Mars. Il faudra construire et équiper toutes sortes de locaux de production, certains pressurisés et viabilisés, d’autres, non (fours à verre ou fonderies de métaux par exemple). Il faudra aussi construire toujours plus d’habitats privatifs, à faible volume viabilisé unitaire (inutile d’exagérer !) et de dômes sociaux, et importer/construire/produire avec de plus en plus de « part locale » des équipements (électricité, climatisation, plomberie, ameublement, robots nettoyeurs) pour ces habitats et ces dômes. Il faudra construire et équiper des relais tout au long des routes conduisant « ailleurs » pour servir d’abris ou de dépôts d’équipements urgents et d’oxygène en cas de panne des véhicules. Il faudra aussi produire et recycler les gaz respirables, contrôler en permanence la pression, la composition, la pureté bactériologique de l’atmosphère des locaux viabilisés. Il faudra extraire la glace d’eau, la transporter, la stocker, la distribuer, la recycler. Il faudra construire des serres pour végétaux et des réservoirs à spirulines, à poissons ou à crevettes, et bien sûr contrôler et piloter la croissance de tous ces êtres vivants destinés à la consommation des êtres humains, puis en faire la récolte, préparer les aliments avec certaines exigences organoleptiques et les stocker bien conservés, recycler les déchets y compris les excréments humains (toutes les molécules organiques seront précieuses). Il faudra cultiver des plantes fibreuses ou utiliser les débris végétaux de plantes comestibles, pour produire des vêtements et des chaussures (…et recycler les déchets !). Il faudra construire et viabiliser des couloirs pour joindre les habitats, les dômes et les locaux de production. Il faudra développer des réseaux d’antennes de télécommunications pour émettre et capter les émissions terrestres ou planétaires relayées par une demi-douzaine de satellites géostationnaires (l’atmosphère martienne trop ténue, avec une ionosphère insuffisante, réfléchit très mal les ondes hertziennes). Enfin il faudra évidemment prendre soin des êtres humains, les soigner, physiquement et mentalement, donc développer non seulement, et autant que possible, une industrie pharmaceutique locale (on pourra très longtemps importer des médicaments de la Terre car leur rapport masse / efficacité est très faible) mais aussi former certains d’entre les résidents aux meilleures pratiques médicales.

Tout au long de ce processus, des hommes, très qualifiés dans toutes disciplines, et toutes les machines qui ne peuvent être produites sur Mars (la totalité au début, de moins en moins ensuite) devront être importés de la Terre ; des habitats, des serres, divers dômes fonctionnels construits. On aura donc, en même temps, la création de nouvelles branches d’activités à partir du tronc commun de l’énergie. Et le « fonctionnel », les branches, partant du tronc commun, n’empêcheront pas la « floraison », c’est à dire les activités non strictement nécessaires au fonctionnement de la colonie. Elles devront au contraire la favoriser dans la mesure où toutes ces activités « superflues » du strict point de vue de la survie des hommes, seront indispensables pour donner une finalité à la Colonie et aussi pour générer des revenus qui lui permettront de persister, de commercer avec la Terre (c’est-à-dire non seulement importer mais aussi exporter), de prospérer et éventuellement de pouvoir devenir autonome vis-à-vis d’elle (sans nécessairement qu’elle le devienne). Il y aura bien sûr parmi ces « fleurs », de la recherche scientifique provenant de la nécessité de connaître la planète sur laquelle on vivra, mais aussi des sciences déconnectées de cette nécessité et dont la croissance sera simplement mais fortement suscitée puis soutenue par le désir ou le besoin de savoir ou le plaisir de créer. Mars pourrait, par exemple, être un lieu privilégié pour l’astronomie.

NB : La Terre, planète où l’on privilégie (ou du moins l’on accepte) la poursuite de la croissance de la population en dépit de la surpopulation évidente et quoi qu’il en coûte, et où l’on ne réagit pas assez vigoureusement au laisser-aller écologique, risque fort de voir son environnement naturel réduit à quelques réserves, aux souvenirs et aux symboles. Que restera-t-il de la forêt amazonienne dans cent ans ? que restera-t-il des dernières tortues marines ou des baleines quand la masse de déchets plastiques flottants aura été multipliée par 10 ? Vers quels autres animaux encore sauvages se tourneront les tenants de traditions idiotes en mal de virilité, quand les derniers pangolins ou les derniers rhinocéros auront été massacrés ? Enfin que restera-t-il des possibilités d’explorer le ciel immense depuis la Terre quand des multitudes de constellations de satellites en orbite basse, comme malheureusement celles d’Elon Musk, auront obscurci notre ciel ?

On peut concevoir que des télescopes gigantesques utilisant toute la gamme des rayonnements électromagnétiques (la faible atmosphère n’empêchera aucun d’entre eux d’arriver jusqu’au sol à la différence de ce qu’on doit accepter sur Terre) et de vastes réseaux d’antennes ou de capteurs pour intercepter toutes sortes de rayonnements soient installés, comme sur Terre les réseaux SKA ou ALMA ou encore les installations LIGO/VIRGO ou IceCube. Sur Mars, les conditions désertiques (à l’atmosphère ténue, sèche et relativement stable) sont favorables, le ciel est clair comme en haute altitude sur Terre, la gravité est moindre et donc les larges structures résistent plus facilement à leur poids. Ces grands télescopes et ces vastes réseaux de capteurs pourront travailler en interférométrie avec/ou simplement en complément des instruments des observatoires terrestres. L’avantage des observatoires martiens sur les observatoires spatiaux viendra du fait que leurs installations pourront être plus puissantes que dans l’espace (assemblages plus facile sur un sol planétaire que dans l’espace de plus nombreux miroirs primaires ou antennes de plus grandes tailles, par exemple) et aussi du fait qu’ils seront plus facilement réparables (beaucoup de nos télescopes spatiaux meurent simplement de ne pouvoir être réapprovisionnés en liquide cryogénique et on a vu combien il a été difficile de corriger la myopie de Hubble).

En ce qui concerne la localisation, je vois bien une chaîne de « nodules » de colonies dans des sites d’altitude et de latitude aussi basses que possible (pour la densité de l’atmosphère et l’illumination constante tous les jours tout au long de l’année), à proximité de gisements de glace d’eau et de telle ou telle matière première en plus des sources « atmosphère » et « poussière » omniprésentes. Je rappelle que l’atmosphère de CO2 sera source de carbone et d’oxygène et que la poussière qui résulte d’un brassage planétaire de particules arrachées au sol par le vent, sera source d’une grande variété de minéraux et facile d’exploitation (le prélèvement est plus facile que l’extraction). L’autre intérêt de la multiplicité des nodules sera de pouvoir exploiter à partir de chacun d’eux, un territoire de surface proportionnée à sa population et donc de limiter les transports de matière première sur longues distances qui seront toujours difficiles (coût de l’infrastructure pour une population limitée répartie sur une surface immense). Il faudra cependant une possibilité de communication physique entre les différents nodules et comme mode de transport j’imagine bien un « ring » d’« hyperloop » autour de la planète. Quand Elon Musk a proposé au Monde en 2013 ce système en « open-source », il avait certainement en tête cette utilisation, particulièrement bien adaptée à l’environnement martien puisque la densité atmosphérique martienne est très faible, que les distances à parcourir seront très grandes et qu’il sera très difficile d’utiliser des avions ou des dirigeables (possible peut-être pour des masses très réduites et donc utilisable pour la recherche robotisée mais pas, ou très marginalement, pour le transport des personnes).

En ce qui concerne l’urbanisme des nodules, je vois bien un plan concentrique afin d’éviter les trop grandes distances à parcourir. Car il faudra toujours économiser l’énergie et éviter les sorties (maniement délicat des sas, pertes d’atmosphère, difficultés et risques inhérents au port des combinaisons) et l’on se déplacera donc, si on le peut, dans des couloirs pressurisés. Ce plan concentrique comprendra, outre les linéaires de modules habitat + serres + segment de couloir (intégrés comme proposé par Richard Heidmann), les dômes sociaux dont je parlais, répartis et dupliqués de telle sorte que si un accident arrive dans l’un d’entre eux (météorites, contamination, dépressurisation) ou simplement si on décide de le fermer pour entretien ou rénovation, on puisse utiliser les autres. Donc, outre les modules centraux, il y aura des modules périphériques et les liaisons se feront aussi bien par couloirs circulaires (pour desservir les lignes d’habitats et de serres) que par couloirs radiaux pour passer d’une ligne circulaire à l’autre et accéder aux dômes. Il faudra aussi limiter la taille des implantations pour pouvoir les gérer au mieux et pour pouvoir y circuler à pied sans difficulté. On peut imaginer, constituant chaque nodule, des unités circulaires d’environ un millier d’habitants reliées entre elles. Une dizaine de telles unités circulaires se recoupant l’une l’autre au niveau de leurs deux derniers cercles extérieurs, avec dômes sociaux aux intersections, et disposées elles-mêmes en cercle, comme des pétales, constituerait une taille satisfaisante (mais la taille maximum sera aussi fonction des ressources naturelles disponibles à proximité). Outre les pétales, on peut imaginer un hub central (peut-être enterré pour assurer une meilleure protection contre les radiations en cas de besoin) auquel convergent des couloirs radiaux venant de chaque pétale*, mais la communication de toute façon possible d’un pétale à l’autre permettrait éventuellement de se passer du hub. Si une cité risque de dépasser la taille optimum, on en construira une autre dans laquelle on pourra se rendre par hyperloop à partir de toutes et par rover pressurisé à partir de la plus proche.

NB:*avant de publier mon article je réalise que cette forme d’organisation circulaire en « pétales » ressemble un peu aux premiers fossiles d’êtres vivants métazoaires (multiplicité organisée et fonctionnelle d’êtres unicellulaires) identifiés sur Terre, à Franceville au Gabon (“Gaboniata”) et qui date de 2,1 milliards d’années. Le parallélisme me semble intéressant car il peut confirmer la logique de la proposition.

L’ensemble de la Colonie, au travers de ses multiples nodules devra aussi disposer d’un « système nerveux ». Pour servir l’ensemble de la population, assurer les télécommunications avec la Terre, stocker les données indispensables au fonctionnement de l’informatique sans souffrir du “time-lag” avec la Terre, commander à une multitude de robots (manque de main d’œuvre, danger de travailler à l’extérieur, nombre de capteurs, recherche dans divers domaines, astronomie, conservatoire des connaissances humaines), l’infrastructure informatique devra être très importante. Il faudra donc des équipements de réseaux informatiques, émetteurs et récepteurs, serveurs, datacenters, avec redondances et pièces de rechange stockées dans chaque nodule car une panne signifierait réellement la mort. C’est pour cela (mais pas seulement) qu’il ne devrait pas y avoir de « capitale » de la Colonie, ni de « président » auquel toute prise de décision remonterait. Compte tenu des risques divers (épidémie, météorite, déficience d’un satellite servant de relais de télécommunication, etc…) la plus grande autonomie d’administration devra être laissée à chaque nodule (et la collégialité pour la prise de décisions à l’intérieur de chaque nodule). Cela n’empêchera évidemment pas que la coopération et la concertation entre eux soient la règle.

Au-delà de ces pistes et remarques, comment imaginer plus précisément une colonie d’un million d’habitants ?! On peut rêver, il faut rêver et je souhaite que nos descendants parviennent à la construire un jour et à y vivre mais pour y parvenir il faut d’abord construire la première base. A partir de là, tout sera possible.

Image ci-dessous : unité d’habitat privatif, selon Richard Heidmann (crédit Richard Heidmann). Vous voyez dans la partie haute, l’habitat proprement dit sur deux niveaux, en dessous le segment de corridor qui permet de joindre l’unité aux autres (en ligne, de part et d’autre), et devant, les serres pour la croissance de végétaux comestibles. La protection contre les radiations est donnée par la couverture du toit et la visière devant la fenêtre frontale. L’épaisseur de la glace est de 40 cm, la structure est en verre et en acier produits sur Mars.

Pour retrouver dans ce blog un autre article sur un sujet qui vous intéresse, cliquez sur:

Index L’appel de Mars 20 03 27

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Pierre Brisson

Pierre Brisson

Pierre Brisson, président de la Mars Society Switzerland, membre du comité directeur de l'Association Planète Mars (France), économiste de formation (Uni.of Virginia), ancien banquier d'entreprises de profession, planétologue depuis toujours.

20 réponses à “Colonisation à grande échelle de la planète Mars ; quelques idées de développement (2)

  1. J’ai lu l’article en commençant par le dernier chapitre : “On peut rêver, il faut rêver et je souhaite que nos descendants parviennent à la construire un jour et à y vivre …”
    M. Brisson imagine une colonie à un endroit inconnu dans des conditions inconnues … un peu comme s’il avait écrit le scénario de la colonisation de l’Amérique avant l’arrivée de C. Colomb !
    Il ne faut pas oublier que le célèbre explorateur et ses successeurs ont organisé de multiples voyages d’exploration avant que les premières colonies puissent s’établir de manière durable près d’un siècle plus tard !
    Il ne faut pas bruler les étapes en échafaudant des hypothèses plus ou moins loufoques , mais en organisant des missions habitées qui permettront de se rendre compte de l’habitabilité de la planète rouge très peu hospitalière !
    De plus, il se concentre exclusivement sur les aspects techniques qui sont bien la préoccupation des missions exploratoires, mais quand on parle de colonies , l’aspect humain devient primordial .
    Jamais dans les soixante ans de l’histoire spatiale n’a été évoquée la question des relations humaines dans l’espace et encore moins l’idée de descendance qui définit la notion même d’une colonie, que M. Brisson ne définit pas !
    Les enfants peuvent jouer librement sur Terre sans devoir revêtir une combinaison étanche . On ne permet pas à des gamins en bas âge de s’adonner à la plongée sous marine exigeant un équipement spécial , ce qui signifie que sur Mars, les tout petits ne pourront pas sortir de leur bulle étanche et protectrice leur servant d’habitat , ils devront vivre cloitrés comme des poissons dans un bocal ! quelle perspective formidable !
    Rien n’indique même qu’une femme puisse donner naissance dans les conditions martiennes et rien n’est spécifié en ce qui concerne la prise en charge médicale par un service de santé adéquat et tout l’équipement qui va avec …
    Non, cette vision ne définit absolument pas la question des colonies qui exigent des réponses bien plus complètes et complexes qu’un simple catalogue technique …

    1. Monsieur Giot, je ne vais pas traiter en 2000 mots tout le sujet! J’ai l’intention de publier un article spécifique sur le problème des relations sociales dans un prochain article (et je ne vous avez pas attendu pour y penser!).
      Par ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué mais je mets en garde le lecteur sur la difficulté de prévoir aujourd’hui dans les détails une colonie au delà d’une première base habitée, en insistant sur le fait que ce qui était important actuellement c’est de “monter la première marche”.
      Mais de toute façon vous avez un parti-pris négatif sur le projet. Vous l’avez manifesté à de multiples reprises en ignorant volontairement mes explications. Vous ne serez donc jamais convaincu. Tant pis pour vous!

    2. Je vous ai déjà fait remarquer précédemment que votre analogie avec la “découverte” de l’Amérique par Christophe Colomb ne tenait absolument pas. Ce navigateur ignorait l’existence-même du continent sur lequel il est arrivé (!), n’a pas compris où il mettait les pieds, et est revenu sans jamais avoir été conscient de son erreur! Rien à voir avec la planète rouge que nous connaissons aujourd’hui presque aussi bien que notre propre planète (excepté son sous-sol).
      Contrairement à ce que vous laissez entendre, Christophe Colomb a d’ailleurs bien entrepris de coloniser “son nouveau monde” dès la première expédition, en construisant sur l’île d’Hispaniola un petit fort et en y laissant 39 hommes. Si ça n’a pas marché, c’est que ce petit contingent a été massacré par les populations locales, … ce qui a assez peu de risque d’arriver sur Mars 🙂 !

      1. vous ne comprenez pas la comparaison ou l’analogie ! écologiquement parlant, C.C restait sur Terre avec des conditions connues du point de vue physiologiques , il pouvait respirer le même air que nous et nous n’avions pas besoin d’envoyer des sondes pour vérifier l’habitabilité !
        Nous connaissons très mal la planète rouge , nous ne savons même pas si nous pouvons en en extraire les éléments indispensables pour la survie humaine .
        Ce n’est pas quelques rovers qui se déplacent à la vitesse de l’escargot et qui ne peuvent creuser plus que cm en profondeur qui nous renseignent pleinement .
        Les images qui nous sont envoyées depuis 20 ans se ressemblent toutes : que des cailloux et du sable à perte de vue ! l’eau a disparu depuis longtemps !

        1. Votre tentative de “sauver” votre analogie, qui ne tient absolument pas la route, est pitoyable. Je ne peux que répéter que nous savons très précisément où nous allons, et les conditions qui nous attendent, en allant sur Mars, alors que Christophe Colomb était dans le déni (du rayon exact de la Terre en particulier, qu’il sous-estimait grandement) et partait complètement à l’aventure. Il a eu une chance énorme d’ailleurs qu’il existait un continent “inconnu” entre l’Europe et l’Asie, sinon son voyage aurait été sans retour!

    3. Un petit point encore, j’ai déjà mentionné à d’autres occasions les interrogations que soulève la perspective de colonies martiennes qui, inévitablement, verront des enfants naître et se développer sur cette planète. En particulier, le fait que ces enfants subiront certainement des modifications physiologiques qui les rendront incapables de revenir le cas échéant un jour sur la planète d’origine de leurs parents (gravité terrestre trop forte pour eux). Cela pose évidemment des questions philosophiques et éthiques auxquelles il convient de réfléchir. Cela dit, on constate sur Terre que les enfants s’adaptent sans problème à des conditions de vie très différentes. Et que l’endroit où on est né est généralement celui qui nous convient le mieux, même si pour d’autres personnes il n’a vraiment rien de paradisiaque. Les “enfants-martiens” vivront dans un environnement, certes restreint, mais très agréable et protégé. Il y a malheureusement que trop d’enfants sur Terre qui vivent eux aussi “confinés,” dans des conditions insalubres et/ou de grande insécurité; dommage qu’on ne se préoccupe pas plus de CES enfants-là, je suis sûr que les “enfants-martiens” seront beaucoup moins à plaindre et même apparaîtront vraiment privilégiés en comparaison..

    4. À vous entendre on dirait que nous sommes parvenus au sommet de notre savoir. Vous me faites penser aux littéraires de l’époque qui d’un ton péremptoire prévoyaient la mort par étouffement des passagers du train s’engouffrant dans un tunnel. Votre savoir de licencié en Lettres rejoint un bel exemple que je vous donne : j’ai entendu un jour en 1967 un maître d’apprentissage de la branche « Radio et Télévision » donner son cours : « La TV à écran plat n’existera jamais, le canon à électrons doit se trouver nécessairement à une distance suffisante afin que les particules frappent la surface sous un angle adéquat… » Il a eu droit aux rires des apprentis quand l’année suivante ils lui ont présenté l’article d’un petit prototype japonais… à tube cathodique aplati ?.. Mystère !.. Là étaient l’approche et le regard d’un monteur électricien instruit qui prenait la parole pour révéler le monde du futur sous ses lumières. Et dans ce journal nous avons Molière qui s’intéresse à la planète Mars.

    1. Que voulez-vous dire, plus précisément Monsieur l’anonyme? Quel est l’intérêt de votre commentaire négatif si vous ne pouvez l’exprimer clairement?

  2. @ M. Brisson

    Je me souviens d’un reportage dans la jungle amazonienne, où le cameraman et le preneur de son partaient à la rencontre d’une petite tribu isolée. Ils étaient accompagnés d’un habitué de la jungle qui pouvait les guider, les présenter au chef de la tribu, et se débrouiller pour servir d’interprète.

    Au-delà des cimes des hauts arbres, un petit point brillant dans le ciel progressait en laissant derrière lui une fine ligne blanche… L’interprète traduisait en paroles et avec les mains les propos du preneur de son : « Vous voyez ? Là… C’est comme une maison qui peut voler, avec des gens dedans » Toute la tribu avait éclaté de rire… Ils savaient tous ce qui était possible ou non, et ce qui leur apparaissait surnaturel était le monde de leurs croyances auquel il était préférable de ne pas toucher.

    Loin, loin, loin de cette tribu qui n’est pas née dans notre univers propre et partagé, pour découvrir des choses extraordinaires avant même de savoir marcher, nous croisons des personnes qui ne voudront jamais croire à une petite maison étanche posée sur Mars. Elles peuvent rire, tourner la tête pour penser à autre chose, ou même se mettre en colère si nous insistons trop pour leur montrer ce qui nous fait rêver… Nous ne les changerons pas.

    Vous avez plein de personnes qui s’enthousiasment en lisant vos articles. Ce sont pour celles-ci que vous consacrez positivement une partie de votre temps.

    1. Merci Dominic. Je suis heureux d’avoir votre soutien et vos encouragements. Oui je crois à “la petite maison étanche posée sur Mars” et tant pis pour ceux que ça n’intéresse pas!
      Je dis “tant pis” en pensant que c’est vraiment dommage pour eux car ce refus est le signe qu’ils ont choisi de s’enfermer en eux-mêmes et de refuser même de considérer un futur positif possible pour eux-mêmes et les autres, nos descendants et nos continuateurs. Je crois en effet qu’on peut être heureux en pensant aux autres que l’on ne connait pas parce qu’ils ne sont pas encore nés mais qu’ils vont accéder un jour à la vie, en tentant d’ouvrir une piste pour qu’ils puissent eux-mêmes être heureux.

  3. Tout maîtriser, tout planifier, tout contrôler et tenir la population à la merci des machines et des applications, voilà une bel environnement pour tout dictateur en devenir. Avec une petite pandémie locale ça va vite être beau.

    Profitez bien du COV qui nous apprend à vivre dans 50m2 (probablement plus pour vous) ce qui constitue un bon entrainement.

    Et investissons d’abord notre intelligence dans notre survie sur cette planète, si on veut envoyer du matériel et des génies dans la colonie….

    1. Ce n’est pas de la dictature, c’est du bon sens pour pouvoir survivre dans un milieu exigeant…et c’est précisément pour y prévenir des “accidents” comme l’épidémie que vous évoquez. Une population préparée et équipée peut mieux faire face au problème. Ne croyez vous pas? Et les personnes installées sur Mars seront par nécessité dans ces conditions de préparation.
      Quant à votre dernière remarque, je vois que vous faites partie de ceux qui pensent qu’on résout mieux un problème quand on refuse d’en résoudre d’autres et je crois que vous avez absolument tort.

    2. Monsieur Archer, bon nombre de blogs vous permettraient de libérer mieux votre révolte, ceux qui ravissent les lecteurs où l’on montre du doigt les méfaits du progrès coûteux et riche à la fois, tout en ayant à la cave son vélo électrique et un appartement de dimensions honnêtes : 50 m2 où tenir le coup en buvant une bonne tisane qui donne des forces pour affronter son amertume dans un monde contaminé et si injuste. Mais je vous donne raison sur les justes dimensions d’un modeste appartement, ce sont celles qui permettent de se sentir épanoui pour élaborer de confortables raisonnements. Malheureusement contre le portefeuille trop petit à côté de celui des chanceux on ne peut pas faire grand-chose même en essayant de penser plus grand…

    3. “investissons d’abord notre intelligence dans notre survie sur cette planète”, toujours cette même rengaine “tarte à la crème”. Comme si l’un empêchait l’autre! C’est en relevant des défis que l’Humanité a toujours progressé, pas en se contentant de “gérer les affaires courantes” (même s’il faut le faire aussi bien sûr). Et si vous voulez vraiment prêcher pour une meilleure allocation des ressources, intéressez-vous plutôt déjà aux dépenses militaires, beaucoup plus colossales et d’un intérêt pour l’espèce humaine que je me permets de mettre en doute, en particulier dans un pays déjà plus que surarmé comme les USA!

      1. L’exemple de « dépenses inutiles » est mal choisi. La guerre a lieu sur terre et jusqu’à 20’000 mètres d’altitude, mais les bases de lancement sont déjà envisagées et expérimentées plus haut, sans parler des satellites actuels. La guerre, ce n’est donc pas que sur terre, et il n’y a pas de prototypes de technique spatiale qui ne servirait qu’à l’exploration pacifique de l’espace… D’autre part si « Mars attack » est heureusement une fiction que la réalité ne rejoindra pas, « Humans attack » n’en est pas une au présent, ni dans le futur.

        1. Vous détournez mon argumentation. Rien à voir avec où et comment sont dépensées les sommes colossales dépensées pour les armements; elles sont à mon sens un investissement nuisible dans tous les cas. Et donc, c’est d’abord et surtout là qu’il faudrait songer à réattribuer les ressources à disposition pour les affecter à des causes (nettement) plus utiles. Et n’essayez pas de faire croire que l’on souhaite aller sur Mars pour un avantage militaire quelconque, ou pour y aller faire la guerre, c’est juste ridicule.

          1. Je partage ce point de vue. “On” ne va pas aller sur Mars pour un avantage militaire quelconque. D’ailleurs seuls les Américains sont capables aujourd’hui de poser un “engin” sur Mars. Les agences des autres pays que ce soit l’ESA ou Roscosmos ont montré qu’elles n’en étaient pas capables et la JAXA n’est pas intéressée. Quant à rechercher un avantage militaire, certainement pas. Contre qui? Pour faire quoi? C’est totalement irréaliste. Un avantage politique par contre est évidemment sous-jacent (les Américains de la NASA sont ravis de montrer leur supériorité technologique) mais ce n’est pas du tout ce qui anime la NASA ou SpaceX dans leur projet, c’est bien plutôt le défi technologique et la soif de connaître et de comprendre.

  4. Pour répondre à votre mail, cette fois-ci, je vais être aimable et officiel.

    Vous avez dit dans votre message, je cite, “vous recourrez à un argument écolo-éculé qui ne m’intéresse pas.”, cet argument parle quand même d’un point des fusées.
    Comment discuter sérieusement d’un sujet si on néglige certains point “qui ne m’intéresse pas” ?

    De plus vous dîtes qu’il y a bien d’autres sources de pollution, donc vous admettez que ça pollue. Je dois bien le reconnaître vous avez raison sur le fait qu’il y est d’autres sources de pollution alors pourquoi en rajouter une ?

    Il est vrai qu’une grande partie des pays s’engage dans cette course à la conquête de l’espace alors pourquoi un seul s’opposerait face aux autres puissances qui cherchent délibérément à montrer leur supériorité ?

    Et pour finir, vous m’avez dit, je cite, “de toute façon quand on fait quelque chose ( à part penser ) on agit sur l’environnement et on le modifie”. Encore une fois je suis d’accord avec vous mais vous insinuez que quoi que l’on fasse c’est mal pour l’environnement, c’est normal car les moyens déployés pour l’environnement sont insuffisants contrairement à ceux contre l’environnement. Vous cherchez une solution comme “la colonisation de Mars à grande échelle” pour FUIR le problème au lieu de l’affronter en investissant des milliards dans projet utopique et encore incertain, puisque que nous n’y avons même pas encore mis les pieds.

    Si vous vous demandez pourquoi je réponds à votre mail dans l’espace commentaire, c’est parce que je trouvais cela intéressant de partager avec d’autres points de vue.

    1. Puisque vous insistez, je publie ce que vous m’avez envoyé le 9 septembre :
      Citation :
      « Quelques fusées qui, tout de même, déversent beaucoup de saletés, vous-mêmes vous le savez, faites pas genre…
      Heu je ne suis pas écolo mais ‘faut pas chier dans la colle non plu en divulguant de fausses informations non appuyées par des arguments solides, vérifiés, et vérifiables. Elon MUSK vous aurait entendu il n’aurait pas été content c’est sûûûûûûûûr »
      … quelques fusées qu’il dit …
      Qui pisse dans le vent se rince les dents.
      “Elon MUSK”.

      Fin de citation.

      J’y répondais :
      « Vous recourrez à un argument écolo-éculé (celui de la pollution par les fusées) qui ne m’intéresse pas. Il y a bien d’autres sources de pollution dans le monde et de toute façon quand on fait quelque chose (à part penser) on agit sur l’environnement et on le modifie ».

      Je continue aujourd’hui suite à votre nouveau commentaire (ci-dessous, posté aujourd’hui) :

      Je pense en effet que l’activité spatiale, sur le plan climatique, n’est pas la cause principale de la détérioration de la situation environnementale sur Terre. Toutes activités, sauf effectivement penser (mais pas communiquer), est à un degré ou un autre, polluante. Il faut donc choisir les activités que l’on veut mener et pour moi l’exploration spatiale et plus précisément la conquête de Mars par l’homme, justifie pleinement qu’on fasse le choix écologique de la mener (je dis très longuement pourquoi dans plusieurs des 270 articles de ce blog..que je ne vais pas répéter ici).
      Je m’inscris en faux quand vous dites que la motivation d’une telle entreprise ne correspondrait qu’à démontrer sa puissance. C’est peut-être le cas pour certains hommes politiques mais non pour la masse des Terriens qui rêvent d’espace comme moi et qui se moquent totalement que ce soit à partir d’un pays plutôt que d’un autre que le grand saut soit fait.
      Je m’inscris en faux quand vous évoquez que la raison pour laquelle je voudrais aller sur Mars serait de fuir les problèmes terrestres. Je pense au contraire que s’installer sur Mars et y être, par la force des choses, contraints d’être extrêmement économes dans les ressources utilisées pour y vivre, serait une excellente occasion de développer toutes sortes de solutions pour améliorer les économies d’énergie, la durabilité des équipements et le recyclage, solutions qui pourraient aussi être utilisées sur Terre (le développement de ces technologies ferait d’ailleurs partie du succès du modèle économique conduisant à l’autonomie des établissements humains sur Mars).
      Vous êtes donc bien obnubilé par vos préoccupations écolo ce qui vous empêche de nous comprendre.

      Je veux aller sur Mars parce que c’est un défi formidable que nous sommes capables de relever aujourd’hui. Je veux aller sur Mars parce que c’est la force de l’humanité d’entreprendre tout ce qu’elle peut entreprendre. Je veux aller sur Mars parce que Mars peut être pour nous un nouveau monde du fait que l’évolution de nos technologies nous le permet. Je veux aller sur Mars non pour fuir mais pour nous enrichir et pour prospérer au-delà de la seule planète aujourd’hui habitée. Cela n’exclut nullement de nous occuper de la Terre, bien au contraire et suffisamment d’entre nous s’y consacrent. Chacun ses passions et ses capacités.

      PS: s’il vous plait, identifiez vous quand vous intervenez. Je trouve lâche de ne pas avoir le courrage de ses opinions.

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