C’était mieux avant (air connu)

Est-ce qu’on peut recréer des objets culturels du passé? Ou est-ce que l’on ne peut que créer des objets culturels qui ressemblent à ceux du passé? Vous ne vous êtes pas encore endormis? Dans ce cas, je vous propose de briser un dogme et d’empoigner le problème par le bout qui en semble le plus éloigné: celui des objets naturels.

Est-ce qu’on peut recréer des animaux disparus? C’était une des questions posées par Spielberg dans Jurassic Park. Il n’est pas le seul: plusieurs équipes de chercheurs ont par exemple pour intention de ramener à la vie le mammouth laineux. D’autres y sont en partie parvenus, par clonage, avec le bouquetin des Pyrénées (une sous-espèce du bouquetin d’Espagne disparue en 2000); mais le jeune animal produit en 2009 n’aura vécu que quelques minutes. Il y a eu des expériences plus anciennes, mais dont le succès n’a été que de façade: pensez, par exemple, à l’auroch de Heck, une tentative de reconstitution de l’auroch sauvage (Bos primigenius, dont le dernier spécimen était mort en 1627 en Pologne). Menée par les biologistes Lutz et Heinz Heck dans les années 1920, elle a consisté à hybrider des variétés de vaches rustiques pour remonter à leur ancêtre: le résultat fut certes une belle bête, mais dont le génotype n’avait rien à voir avec celui qu’elle était censée retrouver.

C’est à se demander si la nature ne fait pas mieux les choses quand on lui laisse les manettes. Connaissez-vous la notion d’«évolution itérative»? On dira, en prenant le risque de résumer affreusement, qu’il s’agit d’un cas particulier de ce que l’on appelle l’«évolution convergente». Exemple: les ancêtres du thylacine (en Australie) et ceux des canidés actuels (ailleurs), en évoluant dans des conditions environnementales similaires, ont donné naissance à des formes semblables – c’est bien pour ça qu’on donne aussi le nom de «loup marsupial» au thylacine (Thylacinus cynocephalus). Ça, c’est l’évolution convergente.

On parle d’évolution itérative quand la nature, au fil du temps, propose plusieurs fois de suite les mêmes réponses à une même équation environnementale, voire en un même lieu. Un exemple assez fameux de ce genre de mécanisme, c’est celui du râle de Cuvier: il y a environ 200000 ans, cet oiseau malgache a colonisé l’atoll d’Aldabra, à plusieurs centaines de kilomètres au nord-ouest de Madagascar. Là, sans menace de prédateur, il a évolué vers une forme aptère, incapable de voler (comme le dodo de l’Ile Maurice). Quelques dizaines de milliers d’années plus tard (il y a environ 136000 ans), une inondation de grande ampleur a fait disparaître ces oiseaux marcheurs. Mais d’autres râles sont revenus plus tard depuis Madagascar, une fois Aldabra à nouveau émergé; et là, ils ont, une nouvelle fois, évolué de la même manière – en perdant leur capacité à voler. Ces deux versions du râle aptère étaient-elles strictement identiques (par exemple au niveau de leur plumage)? On n’en sait rien. Ce que l’on sait, c’est que les réponses apportées à une pression environnementale l’ont été.

Dans le cadre d’un billet comme celui-ci, on ne va pas prétendre résumer (ni réinventer) le système qui articule ce que nous appelons la culture à ce que nous appelons la nature. On se contentera de constater que, visiblement, lorsqu’il s’agit de ramener du passé dans le présent, l’intentionnalité humaine visant la re-création parfaite (l’auroch de Heck), ça marche moins bien que son absence (le râle de Cuvier).

Et sinon, connaissez-vous le rétro-swing? En voici un exemple, piqué chez Big Bad Voodoo Daddy:

Sous une vidéo YouTube du groupe, une certaine Maureen Wagg s’extasie de la manière suivante (le commentaire date d’il y a quatre mois): «I love the hair. I love the clothes and I love the music. We don’t need to go back, we can bring this back here.» Musicalement, ce que l’on appelle le rétro-swing consiste à rejouer la structure et l’économie (instrumentation, arrangements, codes rythmiques, harmoniques, mélodiques, thématiques) d’un genre source (le swing). Qu’est-ce qui différencie les deux? Leur ancrage historique, et la qualité du rendu de l’enregistrement – c’est d’ailleurs peut-être en vertu de ça que, par effet miroir, le «rétro-swing» est souvent aussi nommé «néo-swing».

Mais le commentaire de Maureen dit autre chose encore: autant sinon plus que la résurrection d’un style musical, le revival est aussi le désir de captation de (ou de retrouvailles avec) un moment historique particulier (par exemple les années 1930) et ses marqueurs (ici: la coiffure ou l’habillement). C’est, autrement dit, l’expression d’une nostalgie.

Attention lapalissade: si l’on souhaite faire revivre quelque chose, il faut en théorie que ce quelque chose soit préalablement décédé – ou plutôt: qu’il ait été déclaré mort. Ou mieux encore: qu’il soit en «demi-vie», cet état imaginé par Philip K. Dick dans What the Dead Men Say ou dans Ubik et dans lequel les morts, cryogénisés, peuvent être temporairement ramenés à l’existence selon les vœux de leurs proches. Et de fait, le destin des genres musicaux n’est pas forcément de disparaître dans l’absolu; ils peuvent se contenter de se faire très discrets, silencieux. Ils retournent dans leur niche.

Développons: le «décès» des objets culturels (leur assourdissement) peut être plus ou moins ancien: pour ma part, j’ai connu l’efflorescence et le reflux de la scène illbient dans la deuxième moitié des années 1990, mais pas ceux du swing. Je ne sais pas quel âge a Maureen, mais j’ai tendance à penser qu’elle ne courait pas forcément les bars new-yorkais des années 30. D’où la question suivante: peut-on éprouver de la nostalgie pour quelque chose qu’on n’a pas connu? C’est une idée qui existe, elle se nomme «nostalgie de substitution», et elle a été développée par Arjun Appadurai, un sociologue et anthropologue indien, dans son livre Modernity at Large (1996). Elle a été réutilisée dans le domaine des musiques actuelles dans une série de contributions, et en particulier dans celle que Nicholas Russo a consacrée, en 2014 dans la revue Volume, à la musique de Tame Impala («Les Sixties psyché-reliques. Nostalgie de substitution et pouvoir évocateur du son dans le rock rétro de Tame Impala»).

Russo (et l’on ne peut qu’être d’accord avec lui) explique que ce groupe australien nourrit un fort tropisme pour les années 60. Il isole une série de tactiques utilisées par Tame Impala pour «faire sonner le passé dans [leur] musique»: des utilisations particulières du delay, du fuzz, des modulations, un recours courant à l’«automated double tracking» (ADT, c’est-à-dire le ré-enregistrement d’un même élément sonore pour épaissir le son d’ensemble).

Surtout, Nicholas Russo s’intéresse à l’objectif de cette résurrection sonore (c’est-à-dire celle, précisément, menée par Tame Impala): «[…] dans le rock rétro contemporain, le tableau est celui d’une nostalgie de substitution où seule la coquille de la nostalgie subsiste, vide de substance mémorielle, remplacée par une musique qui évoque le passé […] sa réussite dans la construction du sentiment nostalgique est rehaussée par l’émulation sonore du passé qui lui est propre.»

D’un bovidé à l’autre, est-ce qu’il faut en déduire que l’art de Tame Impala est à la musique ce que l’auroch de Heck est à la génétique? Rapporté au fait que la flèche du temps se déplace toujours dans le même sens, on peut dire que oui – recréer le passé, c’est une antiphrase. On joue avec du passé, mais on en fait forcément du neuf. On peut aller au-delà (ou plutôt à côté): car, nonobstant le fait que cette musique, en tant qu’objet contemporain, est valide (elle a des fans, elle me semble «honnête», et je n’ai rien à y redire), le procédé général ouvre toute une série de questions.

La première, c’est celle de la distance historique (vu sous l’angle du développement technologique) qui nous sépare de l’objet dont on souhaite s’inspirer. J’en ai vaguement parlé plus haut, à propos du swing. Mais si je n’ai pas connu le New York des années 30, j’ai toutefois accès à des exemples (auditifs, visuels quelques fois) de ce à quoi le swing ressemblait: il y a des enregistrements, des captations. Le problème se complique avec des traditions plus anciennes – allez trouver un mp3 de la première exécution du Canon de Pachelbel… C’est toute la problématique de ce que l’on appelle l’«interprétation historiquement informée», ou period music en anglais (dont on dira, en gros, qu’elle cherche à recréer les conditions d’exécution de pièces anciennes): les esprits chagrins diront que s’il est possible de retrouver quelques traits du passé (jouer sur des instruments d’époque, par exemple), il est impossible d’imaginer le recréer (beaucoup de partitions baroques sont lacunaires, ou ne donnent pas d’instrumentation). C’est ce qu’on appelle «la querelle de l’authenticité», et le camp opposé y répond de la manière suivante: le but de n’est pas une résurrection, mais une approche faite au mieux de ce que l’on peut retrouver des intentions du compositeur (s’il y en a un)*. Quand on parle de préhistoire de la musique (ou mieux, de musique préhistorique), cette question-là se pose en effet: la réponse est qu’on tient une matière à son, mais que l’on ne sait pas forcément comment la faire sonner.

Remarquez, il y a plus fort encore: créer un passé qui n’a jamais existé. C’est la tâche un peu frankensteinienne que l’on a confiée à une IA nommée JukeBox, qui crache des pastiches créés à partir de toutes les données dont on l’a farcies – écoutez ici (ça fait un peu froid dans le dos quand même) une chanson d’Elvis Presley qui n’a jamais existé (cela dit, qui sait: c’est peut-être ce que Jesse Garon aurait chanté):

Il est une question qui indique le coefficient de validité de ces démarches: c’est celle de l’intentionnalité. L’objectif tend-il vers l’imitation (qu’elle y parvienne ou non, le débat n’est pas là), ou vers la dérivation? Les exemples dont je parlais plus haut se rangent dans la première catégorie. Mais si l’on ne peut que faire du neuf en voulant retrouver l’ancien, on peut aussi, a contrario, vouloir créer de la nouveauté en puisant dans des éléments du passé.

Prenez par exemple ce collectif français nommé La Nòvia. Voici comment il se décrit: «La Nòvia est un collectif basé en Haute-Loire qui réunit des musiciens professionnels résidant sur un large territoire – Auvergne, Rhône-Alpes, Béarn, Cévennes, Hautes-Alpes, Alsace. Ce collectif est un lieu de réflexion et d’expérimentation autour des musiques traditionnelles et/ou expérimentales.» Tout est dans ce «et/ou»: les gens de La Nòvia reprennent des tropes anciens (c’est-à-dire, pour faire large, une instrumentation, des manières de jouer, des gestes et des schémas mélodiques et harmoniques), non pas pour les épingler dans un musée, mais pour en faire une matière musicale totalement neuve. Ecoutez par exemple ce que Yann Gourdon – l’une des figures de proue du collectif – fait de sa vielle.

Pour terminer, je ne voudrais pas oublier de mentionner une dernière manière de s’attacher au passé musical: la fatalité. Je m’explique: si vous utilisez un ordinateur pour faire de la musique (c’est mon cas), vous savez que l’acquisition d’une machine plus moderne présente toujours le risque que celle-ci ne reconnaisse plus certains éléments que vous aviez construits sur l’ancienne. C’est exactement ce qui m’arrive: après sept ans de bons et loyaux services, j’ai légué mon vieil ordinateur à mes enfants. Comme de bien entendu, le nouvel ordinateur ne reconnaît qu’à peine 15% des plug-ins d’effet que j’utilisais auparavant. Mains moites, sueurs froides. Mais j’ai pris une décision: ne pas tenter de retrouver des versions compatibles des anciens plug-ins, mais essayer de m’en rapprocher avec ce qu’il me restait de matériel fonctionnel. C’est usant mais passionnant: parce qu’on crée forcément des sons encore inouïs**.

* On peut rapprocher cette question de celles qui s’attachent à reproduire la prononciation des langues mortes. Comment, par exemple, s’y prend-on pour essayer de faire sonner l’ancien français comme il le devrait? En cherchant des témoignages d’époque sur la dite prononciation (il y en a), en étudiant les suites de rimes (si roy rime avec simplet, c’est vraisemblablement qu’il se prononçait «rouè»), ou en comparant avec d’autres langues.

** Je profite de cette thématique rétro pour parler du travail de Mike Hamerski, un mien ami musicien, vidéaste, satiriste et j’en passe (à la Renaissance, on appelait ça un «polymathe») aujourd’hui établi à Varsovie. Quand il met de la musique en images (il l’avait fait pour mon projet Hundschopf – vous retrouverez le clip en remontant les épisodes de ce blog –, et vous voyez ci-dessous ce qu’il vient de réaliser pour Ishma, son ancien groupe de hard core), il travaille selon la méthode dite du found footage. Comprenez par là qu’il recycle des pellicules anciennes (années 50 et 60 principalement) et leur donne, par le montage, des expressions parfaitement contemporaines. Regardez, tout cela donne quelque chose qui pourrait être qualifié d’hypnose stroboscopique.

Si j’étais chez vous, je partirais:

-> A Berne, à l’ISC, qui fête durant tout le mois d’octobre ses 50 ans avec toute une série de dates de haut intérêt: et par exemple les synthétiseurs cahoteux de Dedelaylay le jeudi 8, ou la no wave atmosphérique de Tout Bleu le jeudi 29.

-> A Berne toujours, le jeudi 1er au Buffet Nord, pour y écouter, dans le cadre d’un spin off des Digitales, Sunna Margrét. Un bel exemple de pop synthétique venue d’Islande – on trouve dans sa voix et dans son esthétique certaines réminiscences de ce qui fit les belles heures de Mark Van Hoen dans les années 90.

-> A Fribourg, le vendredi 2 à Fri Son, pour y écouter le post rock tout en altitudes d’Hubris et le rock de jaguars de Closet Disco Queen.

-> A Bulle, le même soir à Ebullition, pour y écouter Murmures Barbares, hip hop souterrain qui manie les infrabasses comme on fait dériver les continents. Le même soir: Cinq, et Femme Fatale.

 

-> A Lausanne, le même soir au Standard/Deluxe, pour y écouter Loup Uberto. C’est une splendeur, un musicien adonné à parts égales à l’expérimentation, au pastoralisme et aux vieilles sorcelleries. On peut réécouter son Racconto Artigiano, sorti très récemment chez Three:Four Records.

-> A Fribourg, les jeudi 8 et vendredi 9 au Nouveau Monde, pour y écouter The Burden Remains vernir sa nouvelle production, Fluid. L’objet prend la forme d’un ciné-concert aux guitares de poids. En ouverture: Kernal.

-> A Saignelégier, le vendredi 9 à la Brasserie BFM, pour y écouter Reverend Beat-Man. Le Bernois (Beat Zeller de son vrai nom) est un artificier soliste, quelqu’un qui vous brûle le blues en escarbilles.

-> A Sion, le même soir au Point 11, pour y écouter deux objets de drone massifs: StromImortS, une immersion ferreuse dans les soubassements, et Somnolent Priests, une montée au Golgotha en slow motion.

-> A Fribourg, le samedi 10 à Fri-Son, pour y écouter Mudhoney. Est-ce qu’on présente encore les papes du grunge? Non, just touch them, they are sick.

-> A Lausanne, du mercredi 14 au dimanche 18 au Casino de Montbenon et dans ses environs pour la nouvelle édition du LUFF (Lausanne Underground Film and Music Festival). Malgré le pangolin, comme le soulignent les organisateurs, la caravane de l’étrange s’ébranlera bel et bien. Avec, côté musique, de belles découvertes en gésine: Souharce, Officine, Antoine Chessex, Erwan Keravec ou encore Golem Mécanique. Je vous en reparlerai plus longuement dans le journal.

-> A Martigny, le vendredi 16 aux Caves du Manoir, pour y voir StromImortS (je vous en parlais ci-dessus), mais dans une optique particulière, à savoir celle de présenter, sous forme de ciné-concert, la bande-son qu’ils ont imaginée pour l’Antichrist de Lars von Trier.

-> A Delémont, le même soir au SAS, pour une soirée intitulée «rap de cave». C’est bien trouvé: Oddateee, Abstral Compost ou Cyrus Dufoy, il y a de quoi faire gigoter les sous-sols.

-> A La Chaux-de-Fonds, le samedi 17 à la Brasserie de la Meute, pour y écouter Aeroflot. On rappellera qu’il s’agit du duo electropop monté par POL et Goodbye Ivan, et c’est d’une beauté absolument aérienne.

-> A Bâle, le même soir à l’Elysia, pour y écouter AnD. On n’a jamais vraiment su qui étaient ces deux Britanniques, mais le fait est qu’ils produisent la techno la plus tellurique qui soit. C’est une pure merveille qui vous écrase.

-> A Düdingen, le dimanche 25 au Bad Bonn, pour y écouter DJ Marcelle, alias Marcelle van Hoof, qui a élevé le DJing au rang d’un objet foutraque qui retombe toujours sur ses pattes. C’est impressionnant.

-> A Genève, le mercredi 28 à la Cave 12, pour y écouter un trio d’improvisateurs hors-pair: Jérôme Noetinger, Francisco Meirino et Antoine Chessex – lauréat du dernier Prix suisse de musique. Du saxophone, du Revox et du synthétiseur analogique pour une exploration brutale et intelligente des marges du son.

-> A Bulle, du jeudi 29 au samedi 31 pour l’édition 2020 du Festival Poutre et terroir. Il y aura du beau monde dans les musiques romandes dures, et en particulier Coilguns et Rorcal.

-> A Düdingen, le vendredi 30 au Bad Bonn, pour y écouter Joe Volk, un beau rock tendu – qui brûle les doigts mais avec une certaine classe.

-> A Neuchâtel, le même soir à la Case à Chocs, pour y écouter Rorcal. S’il faut nommer les choses par un nom, les spécialistes diront que Rorcal fait du black metal (ça peut aller très vite, c’est coupant) avec des éléments de vocabulaire issus du doom (c’est beaucoup plus lent, c’est large).

-> A Monthey, le même soir au Pont Rouge, pour y écouter Coilguns (cf. supra) et Camilla Sparksss, experte en ambiance de fête froide.

Philippe Simon

Philippe Simon

Philippe Simon est chef d'édition au «Temps» et Dr ès Lettres de l'Université de Genève, spécialiste de Rabelais et des littératures de la Renaissance. En marge de cela, il se passionne pour les musiques singulières, curieuses, aventureuses – tous styles confondus. C'est de ces sons qu'on n'entend guère qu'il va vous parler ici.

2 réponses à “C’était mieux avant (air connu)

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