Inspirons-nous des huîtres!

Faire des enfants, est-ce bien raisonnable? Face à l’avalanche de prédictions alarmistes sur l’avenir de notre planète, dévastée dans ses forêts, souillée dans ses océans, bouleversée dans son climat et ravagée dans sa biodiversité, la question taraude bien des esprits, plus ou moins secrètement. Mais est-elle vraiment fondée? J’ai quant à moi l’intime conviction que nous existons comme entités conscientes avant notre naissance sur la Terre et a fortiori après notre mort physique. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à véhiculer une telle idée. Un sondage national publié dans L’Hebdo du 24 mars 2016 révélait qu’un quart des personnes interrogées en Suisse croyait à la réincarnation de l’âme dans une nouvelle vie, la proportion atteignant même 28,8% chez les personnes de confession catholique (22,6% chez les protestants). Cette croyance est cependant clairement rejetée par les Eglises chrétiennes.

Vue sous cet angle, la question ne serait pas tant de se demander si faire des enfants est raisonnable ou non mais plutôt pourquoi autant d’âmes continuent à venir s’incarner sur une planète dont les conditions de vie vont devenir toujours plus difficiles. Pour certaines traditions, notamment celles véhiculées par les peuples premiers, l’expérience d’une vie sur Terre serait une nécessité dans notre évolution individuelle et collective. Nécessité de faire le ménage dans notre passé plus ou moins trouble ou nécessité de venir en aide à celles et ceux qui sont appelés, comme nous tous, à vivre l’expérience d’un corps glorifié. Evoluer, ce serait faire l’apprentissage d’un amour inconditionnel, non seulement des êtres humains mais de tout ce qui nous relie au vivant. Du travail en perspective!

Se tourner vers l’essentiel

L’inéluctable montée de la température du globe va singulièrement bouleverser la vie terrestre des âmes à venir. Bon gré mal gré, elles devront se tourner vers l’essentiel, apprendre à développer un nouveau vivre ensemble, à préférer l’organique et l’authenticité à l’artificiel et au mensonge. C’est parce que l’huître est irritée par un grain de sable qu’elle l’entoure d’une couche de carbonate de calcium qui deviendra une perle. Nous pourrions peut-être nous en inspirer et transformer les désastres à venir, qui feront bien plus que nous irriter, en occasions de changer radicalement notre manière de penser, de produire, de consommer, bref de vivre! Une partie croissante de la jeune génération s’y prépare déjà. Si elle est venue s’incarner «par hasard», c’est parce peut-être parce que le hasard est une loi qui chemine incognito.

(Publié dans l’Echo Magazine du 16 octobre 2019)

 

Philippe Le Bé

Philippe Le Bé

Désormais journaliste indépendant, Philippe Le Bé a précédemment collaboré à divers médias: l’ATS, Radio Suisse internationale, la Tribune de Genève, Bilan, la RTS (Radio), L'Hebdo, et Le Temps. Il a publié deux romans: «Du vin d’ici à l’au-delà » (L’Aire) et « 2025: La situation est certes désespérée mais ce n’est pas grave » (Edilivre).

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