Taxer les robots: Peter Brabeck et Benoît Hamon sur la même ligne!

Peter Brabeck-Letmathe, qui présidait pour la dernière fois l’assemblée générale de Nestlé jeudi à Lausanne, et Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste français à la présidentielle, ont au moins un point commun: tous les deux sont favorables à une taxation des robots.

“Si la quatrième révolution industrielle remplace par des robots des postes de travail tenus par des hommes, qui va payer les impôts sur ce travail ?”, s’est interrogé Peter Brabeck-Letmathe, répondant à un actionnaire. “Je pense qu’il faudra réfléchir sérieusement à un impôt sur les robots dans l’avenir”, a-t-il ajouté. Et le président sortant du conseil d’administration de Nestlé de préciser que si l’on élimine mille poste de travail pour les remplacer par cent robots, il y aura mille personnes en moins pour cotiser à l’AVS et aux caisses maladie.

De son côté, Benoît Hamon souhaite créer “une taxe sur la richesse des robots, en appliquant les cotisations sociales sur l’ensemble de la valeur ajoutée et non plus seulement sur le travail” (autrement dit les salaires). Cette taxe devrait par ailleurs permettre de financer une partie du revenu universel, projet cher au candidat socialiste.

Philippe Le Bé

Philippe Le Bé

Désormais journaliste indépendant, Philippe Le Bé a précédemment collaboré à divers médias: l’ATS, Radio Suisse internationale, la Tribune de Genève, Bilan, la RTS (Radio), L’Hebdo, et Le Temps. Il a publié deux romans: «Du vin d’ici à l’au-delà » (L’Aire) et « 2025: La situation est certes désespérée mais ce n’est pas grave » (Edilivre).

2 réponses à “Taxer les robots: Peter Brabeck et Benoît Hamon sur la même ligne!

  1. Il faut d’abord définir ce que c’est un robot. Depuis longtemps nous bénéficions des machines et des logiciels remplaçant des postes de travail. Les chevaux ou les boeufs, sortes de “robots” biologiques, ont aidé les humains, et aussi remplacé des esclaves. Les machines à vapeur ont remplacé les animaux de trait et aussi éliminé bien des métiers demandant de la force musculaire. Les machines de chantiers ont remplacé de nombreux ouvriers. Avant l’ère des ordinateurs une calculatrice était une personne effectuant des calculs. Les traitements de textes ont éliminé de nombreux postes de secrétaires. Le programme Watson d’IBM diagnostique mieux les maladies qu’un médecin moyen, donc le métier de médecin est aujourd’hui menacé. Les voitures autonomes risquent bientôt d’éliminer les chauffeurs, etc.

    En résumé, taxer les robots est une fausse bonne idée, car la plupart des places de travail éliminées dans le futur proche le seront par des logiciels, des entités immatérielles impossibles à comptabiliser. Il vaut mieux chercher à taxer les personnes physiques ou morales qui profitent le plus de la société et de ses infrastructures sans y contribuer de manière appréciable, comme par exemple les spéculateurs boursiers haute fréquence.

  2. Taxer les robots, c’est vraiment l’idée gadget à la mode – mais une stupidité. Le processus productif, dont un robot fait partie, est déjà taxé au plan des entreprises. Et les personnes physiques le sont sur la base du concept de taxation du travail qui date du 19ème siècle, est dépassé et montre chaque jour davantage ses limites. Les robots remplaceront certaines tâches humaines ? C’est vrai – mais les humains auront toujours une activité même si elle ne peut plus être appréhendée sous l’angle de la seule productivité, ceci prouvant la limite du modèle. L’avenir réside dans une fiscalité des flux, non plus du travail. C’est la seule manière de repenser l’assiette et de manière plus juste. Ce que Brabeck et Hamon ont ici en commun, c’est d’être cadenassés chacun dans la fiscalité de leur dogme économique. J’en parle et en reparlerai régulièrement sur mon blog http://www.revolawtion.ch

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