Face à la violence, des câlins gratuits

Une goutte d’eau d’amour dans un océan de violence.
 
Ken Nwadike, un jeune Afro-Américain, est venu à Charlotte. Non pas pour crier sa rage après la mort de Keith Scott Lamont, un Noir de 43 ans qui a été, selon sa famille, abattu par la police lors d'une bavure sur le parking d'un immeuble.
 
Il n’est pas venu à Charlotte pour braver la police qui tente de faire baisser la tension dans cette ville de Caroline du nord en ébullition depuis plusieurs jours. Il y a sans doute de quoi. Depuis le début 2916, près de 780 personnes ont été tuées par un agent de police aux Etats-Unis. La population afro-américaine est largement majoritaire dans ces chiffres macabres.
 
Ken Nwadike est seulement venu pour serrer les gens dans ses bras. Et notamment les policiers anti-émeutes.
 
Initiateur du Free Hugs Project (le projet des accolades gratuites) après l’attentat du marathon de Boston en 2013, désignant les policiers, il s’est exclamé à la foule des manifestants :
 
"Je les vois comme des êtres humains, tout comme je vous vois, comme des êtres humains. Nous sommes tous humains. Son uniforme [de policier] ne fait pas de lui un robot. Tout comme cet uniforme, votre couleur de peau ne fait pas de vous des criminels ».
 
Une goutte d’eau d’amour dans un océan de violence.
 
Mais une goute d’eau qui pourrait bien, un jour, submerger l’humanité…
 

 

Philippe Le Bé

Philippe Le Bé

Désormais journaliste indépendant, Philippe Le Bé a précédemment collaboré à divers médias: l’ATS, Radio Suisse internationale, la Tribune de Genève, Bilan, la RTS (Radio), L’Hebdo, et Le Temps. Il a publié deux romans: «Du vin d’ici à l’au-delà » (L’Aire) et « 2025: La situation est certes désespérée mais ce n’est pas grave » (Edilivre).

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