Bombardier Aviation s’engage en direction des biocarburants

L’avionneur canadien Bombardier Aviation a augmenté ses capacités de carburant d’aviation durable sur son site de Montréal. Cette action vient renforcer l’engagement de la société  à l’égard du transport aérien écoresponsable. Cette livraison est le premier pas en vue d’établir des partenariats à long terme avec des fournisseurs de carburant, afin de déployer du carburant d’aviation durable dans tous ses établissements, alors que l’approvisionnement mondial devient plus facilement accessible.

« Nous honorons notre engagement d’aider à promouvoir une utilisation accrue du carburant d’aviation durable dans le secteur du transport aérien », a déclaré David Coleal, président de Bombardier Aviation. « Aujourd’hui, nous sommes fiers de l’offrir pour la première fois dans l’une de nos usines canadiennes, et ce n’est qu’un début. Bombardier travaille à assurer que l’utilisation de ces carburants devienne la norme dans nos activités quotidiennes, en faisant notre part pour réduire les émissions de CO2 dans le monde et en respectant l’engagement de longue date de l’industrie en matière de changements climatiques. »

Des vols avec du biocarburant :

Depuis 2017, Bombardier Aviation a tiré profit d’un approvisionnement de carburant d’aviation durable pour utilisation dans ses vols de démonstration à son usine de Hartford (Connecticut), siège de ses activités de démonstration à l’intention des clients. De plus, Bombardier fait voler toute sa flotte d’avions de démonstration vers d’importants salons aéronautiques et événements pour sensibiliser l’industrie et pour montrer que le carburant d’aviation durable peut devenir un choix de remplacement généralisé pour le carburant d’aviation classique des avions de l’aviation générale. La société a participé activement à des événements de l’industrie qui faisaient la promotion de l’utilisation du carburant d’aviation durable comme pratique courante, notamment à Van Nuys (Californie) et à Farnborough, au Royaume-Uni  et tout récemment au salon de la NBAA où du carburant d’aviation durable était disponible non seulement pour l’aller, mais également pour le retour des avions en exposition statique.

Des engagements :

En 2009, le monde de l’aviation d’affaires a élaboré un programme audacieux en soutien aux cibles de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et s’est engagé à contribuer aux objectifs de l’ensemble de l’aviation. À cette fin, il s’est engagé à des objectifs précis dont la croissance neutre en carbone d’ici 2020, l’amélioration de l’efficacité du carburant de 2 % par an de 2010 à 2020 et la réduction des émissions totales de CO2 de moitié d’ici 2050 par rapport à 2005. Bombardier joue un rôle prépondérant dans l’engagement de l’ensemble de l’industrie à lutter contre les changements climatiques et, en collaboration avec des organismes de l’industrie, comme l’European Business Aviation Association (EBAA), la General Aviation Manufacturers Association (GAMA), le Conseil international de l’aviation d’affaires (IBAC), la National Air Transportation Association (NATA) et la National Business Aviation Association (NBAA), a conçu un cheminement pour atteindre ces objectifs reposant sur quatre domaines d’intervention : les technologies, les améliorations infrastructurelles et opérationnelles, des mesures axées sur le marché et les carburants de remplacement.

Des moteurs certifiés pour les biocarburants :

Les nouvelles motorisations, tels que le nouveau réacteur Pearl 15 de Rolls-Royce, construit spécialement pour les avions d’affaires Global 5500 et Global 6500, rend les avions plus propres et plus efficaces, avec un avantage de consommation carburant pouvant aller jusqu’à 13 %, ce qui contribue à des coûts d’exploitation très favorables. Le moteur Passport TechX de General Electric est un moteur turbofan à dérivation haute conçu spécialement pour l’avion Global 7500, le propulse à des vitesses pouvant aller jusqu’à Mach 0,925 avec une fiabilité à toute épreuve et une plus grande efficacité carburant. Ces deux motorisations sont certifiées pour l’utilisation de biocarburant.

L’avionneur fait remarquer que toute sa gamme d’avions d’affaires (LearJet, Challenger, Global) est aujourd’hui optimisée pour l’emploi de biocarburant.

L’essor des biocarburants pour l’aviation :     

Les grandes sociétés comme BP développent maintenant du biocarburant destiné à l’aviation, à partir de déchets organiques, de plantes ou même d’huile de friture. L’ensemble du cycle de production et de consommation du biocarburant, produit environ 50% moins de CO2 que les combustibles fossiles, car le carbone qu’il contient est déjà présent dans la nature. L’utilisation de biocarburant est en passe de se démocratiser dans tous les secteurs de l’aviation (commercial, militaire, privé). Du côté de l’aviation d’affaires, l’EBAA et la NBAA (Association américaine de l’aviation d’affaires) en collaboration avec l’association des constructeurs de l’aviation générale (GAMA), le Conseil de l’aviation d’affaires internationale Association nationale du transport aérien (NATA) travaillent à la promotion de carburant pour aviation durable.

 

Photo : Lors l’Edition 2019 du Salon EBACE à Genève, les avions de Bombardier ont volé au biocarburant

Pascal Kümmerling

Pascal Kümmerling

Né à Genève en 1970, Pascal Kümmerling a, depuis l'adolescence , pour passion le monde de l'aviation. Après une licence de pilote privé au Canada, licence pro et finalement instructeur. Avec plus de 3'000 heures de vols et une quarantaine d'élèves formés, Pascal se lance dans l'écriture à travers diverses publications aéronautiques, conférencier à ses heures.

4 réponses à “Bombardier Aviation s’engage en direction des biocarburants

  1. C’est aller un peu vite en besogne que d’affirmer « L’utilisation de biocarburant est en passe de se démocratiser dans tous les secteurs de l’aviation (commercial, militaire, privé) ». Pour que les carburants d’aviation durables (sustainable aviation fuels) voient leur utilisation se généraliser afin d’avoir un impact significatif sur le climat, il faudra encore des avancées technologiques considérables et un soutien politique fort (voir p. ex. https://www.iea.org/newsroom/news/2019/march/are-aviation-biofuels-ready-for-take-off.html ). Il y a encore du pain sur la planche…

    1. @Thierry Maeder, Vous avez raison, il faudra encore du temps. Mais l’accessibilité des biocarburants est en court et va s’accélérer. Aujourd’hui, des compagnies aériennes comme Delta Airlines, Iceland Air, Etihad Airways dispose de de biocarburant qui alimentent des vols. De loin pas la majorité, mais la demande se fait sentir. L’US Navy et l’Air Force ont débuté la constitution de réserve de biocarburant et des vols sont régulièrement effectués. En Hollande, une première escadrille de F-16 vole au biokérosène et la Suède prévoit d’introduire progressivement ce type de carburant dès l’année prochaine au sein de sa Force aérienne.
      Je soulignais d’ailleurs dans article précédent, la demande de l’industrie aéronautique sur le sujet notamment en ce qui concerne les politiques.

  2. Rome ne s’est pas construite en un jour, il faut un peu de temps. Plus il y aura d’actions dans ce genre et plus les choses pourront aller vite. L’homme a devant lui un grand défi, peut-être le plus beau, réconcilier industrie et climat.

  3. Les procédés pour produire des biocarburants de seconde génération sont déjà industriels et peuvent produire des carburéacteurs bio-sourcés : c’est le cas pour la voie utilisant l’hydrotraitement des lipides qui n’entrent pas en concurrence avec l’alimentation (graisses animales, huiles alimentaires usagées (huiles de fritures), huiles végétales non comestibles, voie appelée HEFA : ce sont d’ailleurs ces procédés qui produisent les bio-carburéacteurs utilisés sur des vols commerciaux, comme au départ de l’aéroport de Los Angeles. Mais il y a aussi d’autres technologies qui sont proches ou très proches de l’industrialisation : voies BtL (Biomass to Liquid), ATJ (Alcohol to Jet),….L’enjeu n’est donc pas tant “des avancées technologiques considérables” qu’une question de coût de production : ces biocarburants sont en effet a minima 2 ou 3 fois plus chers que le carburéacteur fossile utilisé, voire beaucoup plus. Un soutien politique fort est en effet nécessaire, comme cela commence tout juste à se mettre en place : voir le cas de la Norvège avec 0.5% de mandat d’incorporation de bio-carburéacteur et un objectif d’augmentation au cours des prochaines années, avec peut-être d’autres pays Européens qui suivront la même démarche. En effet comme le carburéacteur ne subit aucune taxe dans le monde (accord de Chicago), il n’est pas possible de jouer sur la fiscalité comme pour les biocarburants terrestres et il faut trouver d’autres leviers.
    Voir aussi des compléments d’information sur les sites suivant (non exhaustif) :
    https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/enjeux-et-prospective/decryptages/energies-renouvelables/quel-avenir-les-biocarburants
    https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/article/biocarburants-avances-quel-avenir-les-transports-synthese
    https://www.allianceenergie.fr/wp-content/uploads/2018/06/synthese_ANCRE_biocarburants-aviation.pdf

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