Nouvel avion de combat, les enjeux

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 Notre nouveau ministre de la défense Monsieur Guy Parmelin a débuté ce printemps les travaux préparatoires pour évaluer un nouvel avion de combat. L’occasion de faire le point la bataille qui se prépare. Cette bataille est d’autant plus importante qu’elle concerne l’avenir de notre aviation militaire et de la souveraineté de notre espace aérien.

Les prétendants :

En ce qui concerne la phase préliminaire de l’étude en vue de l’achat du nouvel avion de combat, les avions en concurrence seront très probablement les suivants :

Saab JAS-39 Gripen E MS21/22.

Lockheed-Martin F-35A « Lightning II » BlockF3.

Lockheed-Martin F-16 Viper Block80/85.

Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet ».

Dassault Rafale F-3R.

Airbus DS Eurofighter « Typhoon II » T3.

Si l’ensemble de ces aéronefs pourra répondre aux besoins techniques du cahier des charges, il n’en va pas de même en ce qui concerne les prix à l’achat et à l’heure de vol. Les différences sont importantes d’un avion à un autre. De plus, le niveau d’adaptation des chaînes d’assemblage ne sera pas le même pour tous. Hors il faudra que celle-ci s’adapte vite en raison de l’urgence de nos besoins, soit une livraison planifiée pour 2025. Bref, il sera intéressant de voir lesquels des appareils pourront concourir jusqu’au bout. A noter, que trois avionneurs ont confirmé être sur les rangs à ce jour, il s’agit des européens Saab (Suède) et Airbus DS et de l’américain Lockheed-Martin.

Un choix lié aux finances ?

Les Forces aériennes suisses ont exprimé une nécessité d’acquérir 50 à 55 nouveaux avions de combat pour équiper cinq escadrilles. Ce chiffre doit permettre d’assurer l’ensemble des missions en temps de paix et lors de tensions éventuelles. Rappelons qu’en temps de guerre, il faudrait augmenter la dotation minimale de 60 à 70 aéronefs au moins.

Dans un monde parfait, le DDPS devrait pouvoir compter sur une enveloppe de 10 milliards de francs suisses pour pouvoir choisir à loisir le type et le nombre suffisant de son prochain avion de combat. Mais la réalité est tout autre. On ne connaît pas à l’heure actuelle le montant exact qu’il sera possible d’allouer au programme d’achat des deux tranches d’avions de combat. Les bruits de couloir parlent d’un montant maximum de  « 7 milliards, soit 4,7 pour la première tranche et 2,3 milliards pour la seconde ». Ces chiffres sont donc théoriques pour l’instant. Pourtant, ils sont intéressants en ce qui concerne une première projection de ce qui nous attend.

Prenons l’exemple de l’Inde qui a négocié l’achat de 36 avions de combat Rafale auprès du gouvernement français pour une enveloppe d’environ 8 milliards d’euros, soit près de 8,7 milliards de nos francs. Cet exemple, bien qu’imparfait, nous montre l’ampleur du problème indépendamment des offres de chaque avionneur. Nous sommes très loin du nombre d’avions exprimé par les Forces aériennes et très au-dessus de notre estimation de budget théorique. Sans oublier que pour les aéronefs les plus volumineux (Rafale, Eurofighter, Super Hornet), il faudra compter sur l’adaptation des infrastructures de deux à trois aérodromes, soit un surcoût d’environ 350 millions de nos francs.

La réalité terrain 

C’est ainsi que l’avionneur américain Lockheed-Martin n’a pas caché l’idée de présenter une double offre, l’une avec le très cher F-35A « Lightning II » (environ Chf 135 millions par appareil) et la seconde avec une nouvelle variante de son célèbre F-16 dont le prix serait particulièrement attractif. L’offre pourrait porter sur le F-16 « Viper » Block80/85 qui reprendrait certaines fonctions développées sur le F-35.

Si l’on regarde y regarde de plus près trois appareils sont grosso modo dans nos moyens avec un prix par avion qui varie de Chf 70 à 80 millions, il s’agit du Gripen E, du Super Hornet et du F-16 « Viper ». Avec ces trois appareils, on peut envisager une flotte d’environ 46 à 49 appareils, voir un peu plus selon les réductions obtenues des avionneurs et ceci pour une enveloppe toujours théorique de 7 milliards de nos francs.

Il faudra également tenir compte en matière de finance du coût de fonctionnement (heure de vol) du futur avion de combat. Les avions les moins gourmands en matière de maintenance auront là aussi les meilleures chances. Alors, les aéronefs moins chers seront-ils avantagés par cette nouvelle évaluation ? Il y a de forte chance.

Un avion raisonnable qui correspond à nos moyens

A l’évidence, si le montant final disponible pour l’achat s’avère inférieur à nos 7 milliards de référence théorique, le choix en sera d’autant plus limité que le nombre final d’avions. Si chacun d’entre nous a en lui sa petite préférence en matière d’avions de combat, il est certain aujourd’hui que la marge de manœuvre en terme de choix et de nombre d’avions reste intimement liée aux limites du budget disponible. Ceci est d’autant plus vrai que les Forces aériennes devront également acquérir d’autres systèmes d’armes prochainement. Nul doute, que les prochains mois vont être particulièrement intéressants.

 

Pascal Kümmerling

Pascal Kümmerling

Né à Genève en 1970, Pascal Kümmerling a, depuis l’adolescence , pour passion le monde de l’aviation. Après une licence de pilote privé au Canada, licence pro et finalement instructeur. Avec plus de 3’000 heures de vols et une quarantaine d’élèves formés, Pascal se lance dans l’écriture à travers diverses publications aéronautiques, conférencier à ses heures.

15 réponses à “Nouvel avion de combat, les enjeux

  1. Notre force aérienne restera de toute manière symbolique par rapport à la totalité des avions sous l’emblème de l’OTAN (plus de 500 avions) . L’ennemi le plus proche et le plus sérieux reste la Russie qui devrait battre l’OTAN avant de pouvoir atteindre notre espace aérien.
    Soyons réalistes et comprenons que notre aviation servira avant tout une touche de prestige plus qu’une réelle force de frappe ou de dissuasion ! Surtout avec un seul aéroport militaire, très vulnérable.
    Détruire des avions ennemis efficacement s’obtient plus aisément avec des missiles sol-air bien répartis sur le territoire et une surveillance radar sans faille de toute manière nécessaire , donc avec un budget moindre.
    L’avenir appartient à l’intelligence embarquée autant sur terre que dans les airs.
    Il serait temps d’anticiper cette situation et de regarder un peu plus loin de son nez !

    1. Cher Monsieur,
      Merci pour votre commentaire très intéressant. L’image de l’OTAN est sensiblement plus complexe. En effet, actuellement, celle-ci a déjà atteint ses limites opérationnelles avec les engagements en Irak et en Syrie. Il faut y ajouter les patrouilles de police aériennes au Kosovo, en Islande et dans le cadre l’Air Baltic Policing. Du côté du front Est, la situation est simplement catastrophique avec à peine 150 appareils dont la majorité sont obsolètes. En conséquence l’OTAN ne peut plus protéger l’Europe à ce jour et penser que nous pourrions être protéger par nos voisins est en soi une grave erreur.

      La suppression de notre aviation militaire ne servirait en rien à la dissuasion, le maintien la renforce. Par ailleurs nous disposons de trois bases aériennes actives (Payerne, Meiringen, Emmen). Celle de Sion est occasionnelle et pourrait être maintenue. En cas de conflit il serait également possible d’en réactiver une voir deux sans oublier la décentralisation en réactivant certains tronçons d’autoroutes comme zones d’appuis.

      La Défense Sol Air n’a aucune utilité en cas de paix et ne peut se substituer à l’aviation en ce qui concerne la police du ciel et lors de besoins particuliers comme les Conférences Internationales et le WEF. De plus, les systèmes sol-air sont fortement limités en terme de profondeur de part la topologie de notre pays. Seul un avion de combat volant au-dessus du relief montagneux peut voir loin, détecter et frapper les menaces éventuelles que représentes les aéronefs, drones et missiles balistiques. Les systèmes sol-air sont complémentaires et c’est pour cela qu’il est prévu d’en acquérir de nouveaux.

      1. Vous avez raison de démontrer l’étendue des engagements de l’OTAN et la mission de ‘police de l’air’ en temps de paix de l’aviation suisse. Néanmoins, la vision stratégique qu’il faut avoir va bien au-delà.

        Géographiquement, de nos voisins, seul l’Autriche ne fait pas partie de l’OTAN. Plus loin, nous sommes encerclés de pays de l’OTAN. Depuis la chute du mur et cette extension de l’OTAN au pays de l’est, les Russes sont maintenant à approximativement 1000km (terr. de Kaliningrad) ou 1690 km (région de Bryansk) ou 1150km (Brest chez leur ‘allié’ de Biélorussie). Toute les régions entre-deux sont couvert part des membres de l’OTAN. Avant la chute du mur, cette distance était de 350km seulement (frontière tchèque). Si crise il y a, la densité de défense limiterait les possibilités d’incursions russes.

        Vous êtes rapidement rentré dans la discussion de financement d’un avion. La logistique est sujet centrale dans la préparation de plans stratégiques. Mais pas la logistique d’un outil pré-choisi. C’est la logistique de stratégies auxquelles il faut choisir ou adapter des outils qui doit être le sujet d’abord. L’aviation a sa place, mais pas forcément aussi importante si notre stratégie reste ‘le hérisson neutre’ et pas l’engagement comme allié et base arrière de l’OTAN (auquel je n’y crois pas comme je pense la plupart des suisses).

        Pour rester le hérisson neutre, la défense extensive et très dense du territoire reste un objectif stratégique. L’objectif stratégique principal est de rendre l’occupation du territoire suisse par un ennemi tellement coûteux que cela devient irréaliste dans ses plans de guerre conventionnelle. Il est inutile de parler de guerre nucléaire dans ce contexte car nous perdrions tous et aucune stratégie nous aiderait.

        En termes de géographie et de population, le Plateau reste central. Le Jura et surtout les Alpes sont des bases stratégiques arrières pour la logistique, le commandement, la maintenance, la sécurisation de la population civile, etc. Si guerre il y avait, le déplacement de la population des zones de combat devient impératif dans une guerre conventionnelle, soit vers les Alpes au sud, soit vers l’ouest. Nous n’avons pas beaucoup de territoire à perdre, mais nous n’avons surtout pas beaucoup de population à perdre.

        Au sol, les zones urbaines, spécialement du nord-est, présentent un atout certain pour la défense, car elles deviennent ‘forteresses’, propices à la défense par infanterie muni d’armes en tout genre et appuyé par une artillerie dense loin du front, protégé, et lié par de multiples niveaux de communication. Les forces mobiles opèrent sur le terrain ouvert, mais pas pour forcément occuper ce terrain.

        Dans le contexte d’une telle guerre, une petite force aérienne avec des avions avec pilotes à leur bord n’a qu’une utilité, la chasse anti-aérienne. Pour les autres missions en espace aérien très contesté, les drones (entre autre) sont une meilleure solution.

        Oubliez l’appui de troupes au sol. C’est une mission fantaisiste pour l’aviation suisse, d’un impact marginal et d’un trop grand coût en pertes potentielles (pilotes et avions complexes) pour nos maigres forces aériennes. L’appui de troupes au sol dans un contexte moderne de combat n’est possible qu’avec un mélange d’artillerie et de forces aériennes d’hélicoptères, d’avions spécialisés (moins coûteux et moins vulnérable) tels que l’A-10 Thunderbolt II/Warthog, mais aussi de plus en plus par des drones. La domination de l’éspace aérien et le nombre d’aéronefs sont des préalables pour qu’hélicoptères et avions spécialisés puisse vraiment faire une différence. Seuls les drones sont une possible solution en termes de nombre et de coût pour cette portion aérienne de la mission appui au sol. Ces drones, de toutes les tailles, seraient présents à tous les niveaux de tous les types d’unité.

        Pour la reconnaissance aérienne, mission très dangereuse car au-dessus de l’adversaire avec ses propres capacités sophistiquées de défense anti-aérienne, l’avion avec pilote n’est plus le choix principal. Nous serions mieux servis par une panoplie de drones en tous genres et dimensions, et pour moins chers. Il sera bientôt possible d’avoir des drones volant à vitesse supersonique, autonome (évitant le problème de liaison de communication).

        Dans le contexte de la chasse anti-aérienne, seul vrai mission restante, au vu des développements russes (p.ex. le Sukhoi T-50), la seule solution reste un avion de la 5ème génération ou un grand nombre d’avions de la 4ème génération. Les avancés techniques, surtout en matière d’obfuscation radar (stealth) et d’engagement de cibles multiples, sont stratégiquement déterminantes. Cela nous ‘coince’ car nous n’avons pas le budget pour un nombre adéquat de F-35 ou, si le choix existait, du F-22. Et il est quasi certain, avec 10 milliards de francs, que nous ne pourrions pas acquérir le nombre suffisant d’avions de la 4ème génération. Si nous poursuivons la ligne actuelle (50 à 55 avions avec 10 milliards), nous resterons une aviation inadéquate dans un contexte de guerre. Si l’engagement de nos finances n’augmente pas, nous devons sérieusement repenser comment remplir la fonction de défense aérienne vu notre limitation ‘logistique’.

        Comme pour les forces au sol, la défense de l’espace aérien pour la stratégie du hérisson n’a comme but que de rendre les pertes de l’ennemi inacceptable par rapport au ‘gain’ potentiel. La vaste majorité des installations stratégiquement importante en Suisse sont sur le Plateau. La défense au sol y serait concentrée. La défense sol-air avec missiles y trouve largement sa place, ainsi que la défense avec canons anti-aériens. Les vallées des Alpes sont propices au placement d’autre type de radar-senseurs et moyens anti-aériens au sol à courte portée et en réseau. Tout ceci coûterait moins cher que des avions, bien que ces derniers ne soient pas à éliminer des moyens.

        Pour ce qui en est de la fonction en temps de paix de ‘police de l’air’, nous n’avons pas besoin d’une aviation étoffée et crée pour faire face à une guerre européenne. Un mélange de chasseurs à réaction (même 3ème génération), de Pilatus PC-9 et PC-21 armés et aussi de drones pourraient remplir cette fonction, sans grande envergure.

        1. L’appui au sol et la reconnaissance sont motivés par le besoin de pouvoir garder ces compétences qui ont été perdues après le retrait des Hunter et Mirage IIIRS. Certes complexes, ces besoins sont également un outil à multiples usages pour l’armée. En ce qui concerne l’avenir, il est dans l’idée d’y associé des drones qui travailleront en binôme avec les avions de combat.

          J’attire votre attention sur le fait que la stratégie du hérissons n’est plus d’actualité, d’une part nous n’avons plus assez de moyens (hommes, matériels) avec les nombreuses réductions de l’armée. Par contre, nous devons pouvoir travailler avec nos voisins en matière d’échange de données (surveillance de l’espace aérien, coordination en cas de lutte antibalistique) d’ou l’importance de disposer d’une aviation qui peut voir loin et communiquer électroniquement.

          J’attire votre attention que les PC-9 et PC-21 sont trop lents pour assurer une police du ciel, car bien incapable de pouvoir rejoindre en temps voulu un jet même civile. Par ailleurs, il est impossible d’armer un PC-21.

          1. Je lis par votre commentaire que nous sommes rentrées dans une logique de soutien de l’OTAN sans que nous y entrions formellement. Je ne serais pas si sûr qu’avec les problèmes de l’UE et le comportement de certains gouvernements de l’OTAN en général que le citoyen suisse soit prêt à accepter cette logique encore aujourd’hui. Si la réduction de l’armée, voir sa quasi suppression, est l’avenir de la Suisse dans un monde de plus en plus chaotique chez nos voisins immédiats, nous faisons vraiment fausse route.

            Si nous devons ‘travailler avec nos voisins en matière d’échange de données (surveillance de l’espace aérien, coordination en cas de lutte antibalistique)’, alors nous faisons de très mauvais choix. La surveillance de l’espace aérien se fait principalement avec des moyens électroniques au sol et dans les airs. Pourquoi ne pas acheter des AWACS ? Quelques JSTARS ? Ou, car exporté, au moins des Hawkeyes ? Tous sont utilisés ou compatibles avec les systèmes de nos voisins. Ça, c’est voir loin.

            Et pour ce qu’il en est de la coordination anti-ballistique, notre argent serait mieux dépensé sur un système Patriot ou Aegis basé à terre (Standard-3) ou même THAAD . Un avion de chasse est inutile dans la coordination anti-ballistique.

            Ce n’est surtout pas nos avions de chasse qui peuvent contribuer à ces missions. Nous ne sommes pas là pour subvenir aux besoins de défense de nos voisins quand ils ne veulent pas investir ce qu’il faut et ce qu’ils sont obligés de faire selon les ententes et traités de l’OTAN.

            Toute la discussion des 10 milliards tourne autour de quel nouveau jouet va se retrouver entre les mains de quelques pilotes. La discussion et l’élaboration de plans stratégiques fut mal réfléchit au départ.

            Pour vos autres points : ce n’est pas parce que les Hunters et Mirage IIIRS remplissaient les fonctions d’appui au sol et reconnaissance il y a 30 ans que l’avion avec pilote doit ou peu le faire dans un contexte de combat moderne en 2016.

            Pour ce qui est de la ‘police du ciel’ et des moyens, j’ai mentionné l’avion de chasse à réaction. Je sais très bien qu’un PC-9 ou -21 n’est pas capable d’intercepter un jet civil. Mais, la ‘police du ciel’ ne serait peut-être pas uniquement sollicité pour intervenir dans le ciel. Qui appelleront nous quand nous identifions un camion bourré d’explosifs sur une route et que l’unité la plus proche et seul possible d’intervenir dans les temps est un avion ? Ne serions-nous pas heureux d’avoir un PC-9 armé de Hellfires à disposition ? Je ne savais pas que le PC-21 n’est pas armé en ce moment, mais ce point est secondaire car quasi tout avion peut être armé d’une façon ou d’une autre.

            Pour bien se faire comprendre, je ne suis pas contre l’achat d’un nouvel avion de combat. Ce que je déplore c’est le manque évident de réflexion stratégique en ce qui concerne le débat. J’ai la très forte impression que nous nous perdons dans une discussion de détail (avion X est mieux qu’avion Y) au lieu d’avoir un débat sur la défense en générale dans un contexte de combat moderne de 2016, pas 1970.

          2. Que les choses changes et que le peuple de notre pays puisse être moins en adéquation avec notre alliance avec l’Otan est une chose, mais pour l’instant nous engagés à travailler avec nos voisins et ceci sous les normes techniques de celle-ci.

            L’achat d’un avion d’alerte lointaine et de surveillance aérienne serait effectivement intéressant, d’ailleurs les modèles ne manque pas. Mais si un tel achat n’a pas été effectué à ce jour, c’est simplement à cause de nos moyens financier. Les réductions du budget d el’armée depuis vingt ans en sont la cause première et il faut aujourd’hui combler au plus urgent.

            Lors, de l’évaluation primaire du projet DSA20 (BoDluv20) les systèmes sol-air Patriot, SAMP-T ont été évalué. Le problème de ces systèmes provient une fois de notre topographie. Ces systèmes portent à près de 100km de détection. Hors, même bie placé sur le plateau, les montagnes réduisent la détection de moitié. De fait, il ne serait pas rentable (coût/efficacité) de dépenser le prix fort pour des systèmes ne pouvant être exploités au mieux à 50%.

            La défense antibalistique ne peut être efficace sans les nouveaux outils que représente un nouval avion de combat pouvant détecté audelà-des montagne, vers le bas (surveillance des vallées) et ceci avec un systèm au sol. le projet DSA20 prévoit de mettre ces systèmes en réseau.

            Oui, il y a bien projet stratégique modernisation des Forces qui comprend le mise en réseau, la défense air-sol, un nouvel avion de combat, de nouveaux drones et la cyber lutte.

            En ce qui concerne la QRA24, il est déjà possible d’utilsier des NPC-7 et PC-21 pour venir aider un avion de tourisme le jour et par beau temps. Le concept QRA24 doit de sont côté répondre à une urgence de nuit, par mauvais temps et face à des aéronefs turboréactés et volant haut. Par ailleurs, les codes de réactions (QRA3= décollage en 3min moteurs allumés, QRA8 =décolage en 8min) ne peuvent se faire qu’aves un avion de chasse.

            Pour terminer, le PC-21 ne peut en aucun cas être armé, se qui le défférencie de ses prédécesseurs, mais il s’agit là d’un autre sujet. Bien à vous.

  2. Tout depend du type de mission que vous recherchez.
    Si votre unique mission est la police du ciel alors seules certaines capacities militaires sont intéressantes parmi tous ces avions, et les plus abordables sont en effet les avions à conseiller.
    En revanche quant à la sécurité de son pays, rogner sur les capacities défensives parce que cela coûte cher c’est un choix risqué.
    Dans le cas du Rafale, DASSAULT a déjà prévenu qu’avec 18 Rafales donc avec moins d’avions vous seriez capable d’effectuer votre mission. D’autant la sécurité aérienne n’était active qu’en journée jusque là, d’où l’intérêt de synergie avec les pays voisins.
    Avantage certain, que les pilotes Suisses s’entrainent en France avec un territoire bien plus vaste.

    1. Les missions sont connues, police du ciel, protection de l’espace aérien (combat aérien à courte et longue portée) reconnaissance aérienne, attaque au sol.

      La QRA24/24 est activée depuis janvier de cette année et va monter en puissance d’ici 2020.

      La contre-proposition de Dassault pour 18 appareils était une double erreur. D’une part, il s’agissait de contourner le choix officiel, ce qui à péjorer l’image de l’avionneur en Suisse. De l’autre, proposer 18 avions était une intrigue marketing qui ne répond pas à la réalité d’une dotation minimale en terme d’avions de combat. En effet, sur 18 appareils combien sont réellement disponible ? En moyenne il faut : 2 appareils en stand-bye pour la QRA, 2 à 3 pour la formation transition des nouveaux pilotes, 1 appareil pour former les ER de soldats d’aviation et environ 4 à 5 avions sont en maintenance plus ou moins longue. Total il vous reste environ 7 avions pour l’entrainement, les exercices à l’étranger. Situation bien connue de l’Autriche avec ses 15 Eurofighter qui ne peut assurer la QRA que 6 à 8 heures par jour dans le meilleur des cas.
      Par ailleurs, peu importe le choix, les pilotes auront accès de toute manière à un espace aérien étranger pour compléter l’entraînement.

  3. Je m’étonne de voir Saab s’aligner à nouveau. Il serait étonnant que le DDPS essaie de faire passer le Gripen en force après la déconvenue récente (même s’il peut le faire). Cela serait équivalent à mes yeux, à un pied de nez à la décision du Peuple qui a dit non à Saab, une telle orientation me paraîtrait politiquement très scabreuse. Tout ce qui vient de Saab, même un modèle amélioré, sera perçu comme les exemplaires rejetés. Il y a un déficit d’image et de crédibilité sur lequel les concurrents ne vont pas manquer de rebondir.

    1. Les suédois auraient tort de ne pas tenter le coup, car l’avion correspond parfaitement à nos besoins.
      Que le Gripen soit choisi à nouveau ou un autre appareil, le DDPS devra ne pas refaire ses erreurs de communication et réagir aux fausses informations qui peuvent à nouveau circuler.

      Il n’est pas prouvé pour l’instant que nous ayons à voter sur le sujet, si le cas devait se présenter le type d’avion serait alors secondaire.

      Par ailleurs, chacun peut avoir son avis sur le type d’avion que notre pays doit acheter, mais de toute manière se sont les spécialistes et nos moyens financier qui auront le dernier mot.

  4. Non, je n’évite en rien la discussion sur le plan de la stratégie. Sauf, que pour en parler il faut avoir une expérience de terrain et technique. Il semble de part vos propos que ce n’est pas votre cas. Si vous aviez une telle expérience, vous ne pourriez tout simplement pas prétendre que les Alpes ne sont pas un obstacle en matière de défense aérienne et antibalistique, sans parler de votre vision sommaire du positionnement d’une unité sol-air en altitude.
    Pardonnez-moi, mais après 14 années en tant que chef d’unité de feu Rapier avec qualification tirs réels auprès de la RAF, je ne peux cautionner certains de vos propos. Pourtant sur le fond vous n’avez pas tort et nous ne sommes en définitive pas opposé.

    Sur l’Otan et la relation de notre pays, je me répète, je suis d’accord avec vous, mais nous devons pour l’instant faire avec.

    Malheureusement, je ne commets pas d’erreurs sur l’antibalistique, nous ne pouvons avoir une vision totale de l’espace aérien, certes au-dessus des alpes mais les nombreuses vallées ne peuvent être surveillées depuis le sol. De fait, de nombreuses zones d’ombres persistent. Nous avons pu combler une partie de celle-ci avec l’arrivée des F/A-18 et la possibilité de voir loin (complément des radars FLORAKO) et notamment vers le bas.
    Le Hornet est de fait devenu le premier élément capable en matière antibalistique dans notre pays (la seconde avec la modernisation du système Rapier, mais de manière très limitée, trop d’ailleurs), mais de manière incomplète. L’amélioration viendra d’un nouvel avion avec radar AESA et doté d’un IRST (capteur infrarouge) qui pourra communiquer directement avec la défense au sol nouvelle génération et les différents capteurs radars (il également prévu de remplacer les anciens radars de détection basse altitude de type TAFLIR).

    Les missiles balistiques que vous décrivez à trajectoires courbes représentent environ 30% de la menace. La problématique concernent les missiles à trajectoire tendue de type « Cruises » qui volent au ras du sol en évitant les collines et en se faufilant dans les vallées justement. La détection avancée de ceux-ci n’est possible que grâce à un radar embarqué, comme ceux de nouvelle génération que l’on trouve sur les avions dont nous voudrions être équipés. Là, ou je vous rejoints par contre, concerne l’important complément d’un système de type AWACS. Mais dans l’urgence des besoins, un tel type de système est malheureusement secondaire pour l’instant.
    Face à ce type de missiles, l’avion de combat jouera le premier rempart et la DSA le second à condition d’être connecté.

    Je vous passe les détails de la capacité d’interception d’obus d’artilleries qui est également au menu avec la seconde phase de la modernisation de la DSA et la contre frappe via l’artillerie et l’attaque au sol, justement. Ces capacités faisant partie de la ré-organisaton stratégique qui doit être obtenue à terme.

    Pour terminer, je ne vois pas l’acquisition d’un avion de 5ème génération. Pourquoi ? Car ce type d’aéronef est particulièrement cher à l’achat et à l’heure de vol d’une part et de l’autre la capacité furtive de ceux-ci ne nous servirait à rien. La génération 4++ dotées de capteurs de dernière génération sera largement suffisante et offrira un rapport coût/efficacité de très bonne qualité.

    Nous somme ici face à un domaine très complexe et je vous remercie pour vos interventions.

  5. Ne pensez-vous pas que nous aurons un problème de tansition avec le nouvel avion ? Il me semble que l’arrivée de celui-ci sera un peu juste par rapport au départ des Hornet.

    Et pourrons-nous réellement menez de front l’achat d’un avion et du renouvellement de la DCA sans devoir augmenter les budgets de l’armée ?

    1. Effectivement, selon la planification actuelle, le choix du type d’appareil tombera en 2020, le crédit d’acquisition sera soumis au Parlement en 2022 et la livraison des nouveaux avions débutera en 2025. On notera le côté particulièrement optimiste du calendrier d’acquisition qui prévoit trois années entre la commande et la livraison des premiers avions ! D’une part du point de vue politique, le projet pourrait prendre du retard avec la planification d’un vote sur le sujet et d’éventuels ralentissements au sein du parlement et d’autre part, il faudra l’avionneur puisse adapté la chaîne de montage pour pouvoir livrer dans les temps.
      Mais la problématique ne s’arrêtera pas là, si tout va bien, nous pourrons compter sur deux ou trois avions en 2025 et une première capacité opérationnelle pour la première escadrille aux alentours de 2028-2029 soit au moment au les F/A-18 seront en fin de vie opérationnelle. Donc, oui nous serons aux limites inférieures en terme de capacités durant la transition.

      Les finances restent un véritables problèmes tant pour le nouvel avions que la modernisation de la DCA (DSA20) avec la première phase, puis la seconde en 2025. A noter, au passage, qu’il semble que la dernière mise à jour de nos Hornet sera programmée sur le budget de 2017 (en lieu est place du projet DSA20 retardé) avec une augmentation du potentiel cellule à 6’000 heures soit de quoi tenir tout juste jusqu’en 2030. A l’évidence une demande d’économie au sein du DDPS serait simplement catastrophique pour mener à bien une modernisation absolument vitale.

      1. Merci pour cet éclaircissement précis. Que pensez-vous de cette demande de 15 milliards de budget pour l’armée ? N’est-ce pas un peu énorme et surtout cela risque de choquer pas mal de monde.

        1. Nous avons là, un effet d’annonce par ailleurs très mal expliqué dans la presse. D’une part il s’agit ici de démontrer l’ampleur des besoins de l’armée sur une période étendue soit de 2021 à 2035.
          Ensuite, il faut garantir le budget militaire dans la période 2021 à 2024 (et les suivants) soit au mieux équivalent à l’actuel de 5 milliards de nos francs voir pourquoi pas un peu plus.
          Bref, il faut demander beaucoup pour obtenir un peu.

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