Vague Verte malgré la crise covid ? Une évidence écologique, économique et sociale

A plusieurs reprises, ces derniers mois a-t-on pu lire l’étonnement de certains medias quant à la continuation de la vague Verte malgré la crise covid. Cependant, rien ne me semble plus évident. Bien au contraire, une économie verte – des circuits courts plutôt que des chaînes d’approvisionnement internationales qui s’effondrent, le soutien aux commerces et PME de proximité, la paysannerie locale et biologique, les postes de travail à proximité, un équilibre sain entre vie familiale et professionnelle, un revenu de base inconditionnel – une économie durable, résiliente et juste, rien de plus approprié que l’écologie politique qui aurait permis d’éviter une partie de cette crise, respectivement maintenant nous en sortir.

Effectivement, nous traversons aujourd’hui plusieurs crises en parallèle. A celle du climat, abstraite pour beaucoup, s’ajoute désormais celle du covid-19 et notamment ses composantes économiques et sociales que l’on n’avait pas connu depuis la deuxième Guerre. A cela s’ajoute un autre défi d’une ampleur ressemblante à la révolution industrielle du début du 19ème siècle : la transition technologique. Selon une récente étude du World Economic Forum, 85 millions de postes de travail seront remplacés par l’automation d’ici 2025, en contrepartie 97 millions de nouveaux postes seront créés dans ces nouveaux domaines. Les chaînes logistiques, les canaux de vente, le marketing et bien d’autres aspects de la gestion d’entreprises se transforment à une vitesse notablement accélérée par la crise covid-19. Est-ce que nos commerces et PME sont prêts pour faire partie de 97 millions de postes créés plutôt que des 85 millions perdus ?

Les crises mentionnées ci-dessus, leurs origines et dynamiques sont multiples, mais elles se rejoignent dans les solutions : instaurer une économie verte et de proximité, durable, résiliente et juste en s’adaptant (très) rapidement à la transition technologique.

La manne publique a sauvé d’innombrables places de travail et évité la faillite de PME en Suisse ces derniers mois. Tout le monde l’aura compris, en cas de crise ce n’est pas la main invisible du marché mais bel et bien l’état-providence qui sauve notre société. Cependant, nous ne pourrons pas injecter ces fonds perdus à long, ni moyen-terme. Après le pansement pour stopper l’hémorragie, nécessaire dans l’immédiat, le temps est venu de penser guérisons plutôt que qu’intervention de sauvetage, d’investissement plutôt que de dépenses. Les prochains rounds de soutien aux PME devraient se focaliser sur la transformation écologique et technologique des entreprises concernées. La société qui continue à s’approvisionner en Asie plutôt que de soutenir nos producteurs locaux court des grands risques, le petit commerce qui n’assure pas sa transition digitale les cinq prochaines années ne sera probablement plus de la partie. Aidons-les, aidons-les à se transformer, à se moderniser, à surmonter la crise, mais pas seulement, aidons-les surtout à devenir des entreprises durables, résilientes et justes, prêtes à affronter l’avenir de notre économie et de notre société.

L’écologie verte nous permet d’affronter ces trois crises en parallèle – climatique, économique et sociale ainsi que la transition technologique – à travers leur solution commune.

A titre d’exemple, en 2013, les Vert·e·s de Morges ont déposé un postulat qui demande la mise en place d’un fonds pour soutenir les PME locales dans leur transition écologique. Concrètement, une société pourra demander des fonds pour se mettre à niveau, par exemple pour remplacer un chauffage de bureau, un four de boulanger, etc. puis rembourser ces fonds sur les économies réalisées. Il n’y donc rien à investir, mais des bénéfices écologiques et économiques rapide. Le restaurateur qui a dû fermer ce mercredi 4 novembre pourrait tirer profit de la fermeture pour faire les travaux puis bénéficier des retombés rapidement. N’est-ce pas justement en période de crise qu’il est fondamental de se poser les bonnes questions et d’agir en conséquence ?

Il est urgent de réagir. Trois propositions concrètes :

  • Transformons les aides à fonds perdus en investissement pour l’avenir.
  • Affectons ces fonds à la transition écologique pour affronter en même temps la crise climatique et pour permettre des économies aux PME.
  • Affectons ces fonds à la transition technologique en accompagnant les PME dans leur transition numérique et technologique afin de réduire les impacts environnementaux et pour garantir la survie de nos PME en affrontant les défis de l’avenir.

Pascal Gemperli

Pascal est entrepreneur, écologiste et médiateur. Membre du Conseil communal de Morges pour le mouvement écologiste vaudois (les Vert.e.s) et président dudit Conseil en 2018/2019. Il s'engage également pour l'intégration et dans la coopération au développement.

9 réponses à “Vague Verte malgré la crise covid ? Une évidence écologique, économique et sociale

  1. Merci pour votre analyse et les solutions concretes que vous proposez; puisse votre article constructif trouver l’écho qu’il mérite💐 cordialement
    Corinne

  2. Merci pour votre analyse et surtout pour les quelques solutions simples que vous proposez !
    Vous devriez les proposez au parti des Verts.
    En général, les Verts, qui devraient défendre l’écologie et ne pas oublier l’économie ne proposent presque JAMAIS de solution, uniquement des TAXES pour que notre économie se tire une balle dans le pied, je salue donc votre engagement !

    1. merci pour votre commentaire, c’est justement un Vert qui vous le propose 😉

      meilleures salutations,
      Pascal Gemperli
      Conseiller communal Vert à Morges

      1. Cher Monsieur, je sais que vous êtes “Vert”, mais vous devriez faire passer vos idées à vos collègues “Vert” tout en haut du parti !
        Comme simple citoyen, nous avons une perception de plus en plus négative du parti “Vert” car ils ne font que proposer des taxes!
        Au final, ces taxes retombent sur le paysan qui paye son essence de plus en plus cher pour “entretenir les paysages” puisque les maigres subsides qu’il reçoit l’oblige à faire !
        Elles retomberont aussi sur le salaire des jeunes qui se feront de plus en plus pénaliser par toutes ces taxes, car ce n’est pas la hordes de propriétaires de vélos électriques qui vont payer pour les routes et les pistes cyclables !
        Bref, faites en sorte que votre parti imagine comme vous, des idées innovantes, et pas seulement des taxes!

        1. merci.
          personnellement je suis le principe “fordern und fördern”, donc exiger et soutenir. appliqué à votre example de l’essence du paysan, sans vraiment bien connaitre le domaine, cela voudrait dire qu’un exige une transition écologique, mais qu’on soutien les paysans à le faire, financièrement ou autrement. Mais encore une fois, je ne connais pas bien le domaine, mais le principe peut s’appliquer partout où c’est justifié.

          meilleures salutations

  3. cette analyse n’est pas dénuée de fondements, mais l’économie ne s’adapte pas en un clic de souris , c’est un paquebot monstrueux à piloter et il n’y pas qu’un seul pilote ! Il faut aussi amener les nouvelles technologies à maturité pour les rendre efficaces et rentables …
    L’agriculture de proximité ne pourra jamais satisfaire les besoins d’un Suisse devenue trop populeuse et qui exige de la diversité et donc implique une importation de produits venant du monde entier .
    On ne peut plus envisager une économie refermée sur un pays, ou même un continent, elle est devenue globale . On peut juste l’optimiser pour réduire la consommation d’énergie, mais d’un autre côté , les progrès en ressources énergétiques vont nous débarrasser du besoin des fossiles polluants à moyen et long terme en se focalisant uniquement sur les ressources renouvelables qui ne manquent pas .
    Le climat n’est pas à ce point critique qu’il faille renoncer à tout progrès et revenir au Moyen-Age !
    Son évolution n’est pas linéaire , mais subit aussi des vagues selon des cycles naturels plus importants que le réchauffement d’origine anthropique . Il suffit de lire les données climatiques des derniers millénaires pour s’en rendre compte :
    https://www.ncdc.noaa.gov/paleo-search/study/31353
    Après le Petit Age Glaciaire (1400-1800) , les températures sont remontées avant la révolution industrielle et notre consommation effrénée de pétrole ( après 1945) qui n’a amenée que quelques dixièmes de degré selon les instituts sérieux :
    https://www.ncdc.noaa.gov/cag/global/time-series/70.0,90.0/land_ocean/ytd/12/1880-2019
    Oubliez votre alarmisme qui n’est pas justifié !

    1. Bonjour et merci,

      ce que je voulais surtout dire dans mon article c’est d’utiliser les fonds qu’on met actuellement à long-terme en aidant aux PME à se transformer. Je pense au petit commerçant qui n’a pas de magasin en ligne, l’avenir sera rude pour lui. Donc on peut l’aider avec 20’000 ou 30’000 pour mettre ça en place, puis il bénéficiera de suite à travers ce nouveau canal de vente et à long terme car il ne survira pas sans.

      ps: l’alarmisme n’est pas le mien mais celui de la communauté scientifique et politique (Accord de Paris)

      meilleures salutations,
      pascal

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