Truffe et Vinsobres : mariage de saison

 

Très belle année à toutes et à tous ! Et si nous la commencions de manière gourmande en profitant de la saison de la truffe (jusqu’en mars) ? J’étais justement l’autre soir à une dégustation en compagnie de vignerons de Vinsobres, dont plusieurs sont aussi trufficulteurs. Personnellement, j’ai toujours aimé cette appellation un peu méconnue qui se trouve, pour reprendre l’expression d’un ami, à « l’équateur » des côtes du Rhône, c’est-à-dire ni trop au nord ni trop au sud.

 

Une appellation qui monte

Un beau village sur les hauteurs de la Drôme provençale qui invite à l’œnotourisme. Des vins du soleil à la fois puissants et aromatiques, mais frais et faciles à boire, alliant en général Grenache, Syrah, Mourvèdre (le fameux GSM) et d’autres cépages du sud.  Des prix … sobres, le plus souvent en dessous de 12 euros. De plus en plus de jeunes producteurs convertis au bio (environ un tiers de l’AOP). Et des truffes, donc, cachées comme des diamants noirs sous les chênes verts, à deux pas du mont Ventoux. On comprend mieux pourquoi cette appellation ne cesse depuis dix ans de monter en qualité comme en notoriété. Et si certains ne la trouvent pas encore assez chère ou chic tant mieux, il y en aura plus pour les autres !

A Vinsobres, marier truffe et vin, ce n’est pas jouer les snobs mais apprécier sobrement un produit local tout en sacrifiant à un rituel ancestral. Entre deux bouchées de pain grillé au beurre de truffe ou au brie truffé, les tannins fondus et les arômes de fruits noirs se marient parfaitement face aux arômes de la truffe sans les masquer. Un vrai bonheur !

 

Un diner truffe pour deux à 50 euros

Ce jour-là, j’ai dégusté une vingtaine d’échantillons et pas loin d’une dizaine auraient mérité d’être signalés, mais je me contenterai de vous livrer mon tiercé gagnant au rapport qualité/prix particulièrement intéressant. J’ai privilégié les producteurs en bio (en l’occurrence tous trois sont en biodynamie) qui sont également, en ce qui concerne les deux premiers, trufficulteurs. Ces trois vins à dominante de grenache présentent une robe grenat et un nez de fruits rouges et noirs bien mûrs. Le domaine Chaume-Arnaud 2016 (12 euros) dénote de légers arômes de garrigue. Le domaine La Péquelette  2015 (12 euros) une touche florale et épicée. Le domaine Vallot Le Coriançon 2015 (8,50 euros) offre une élégante acidité.

Alors me direz-vous, tout cela est bien gentil mais la truffe n’est pas à portée de bourse du premier gilet jaune venu. Certes, et pourtant, n’importe quel amateur vous prouvera exemples à l’appui (un jour je vous donnerai ma recette de la brouillade !), qu’avec 50 grammes de truffe – soit environ 35 euros si on achète en groupe au producteur ou au marché de Richerenches -, vous pouvez vous offrir un diner de rêve pour deux. Si vous ajoutez le coût d’une bouteille de Vinsobres, le tout vous reviendra moins cher qu’une soirée à la pizzeria du coin. Peut-être une idée pour votre prochaine Saint-Valentin ?

Olivier Le Naire

Olivier Le Naire

Olivier Le Naire, journaliste et écrivain, ancien rédacteur en chef adjoint du magazine français L’Express, est passionné par l’univers du vin et des spiritueux. Auteur de nombreux livres, dont "Découvrir lez vins bio et nature" publié chez Actes Sud, il est diplômé du fameux Wine & Spirit Education Trust (WSET). Juré de concours vinicoles, il anime aussi les formations de L’Atelier des Dégustateurs.

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