Elie Saab rocks!

Cela fait deux saisons qu’Elie Saab a totalement changé la direction qu’il donne à ses collections. Il s’adresse à une clientèle plus jeune: les filles de ses clientes traditionnelles, qui à leur tour convainquent leur mère de s’habiller plus rock. Une sorte d’effet miroir vertueux.

Les mannequins portent des robes comme des tatouages, de petits shorts et de grandes capelines noires, elles semblent être en partance pour le prochain Burning Man à Coachella, avec leur look années 70 revisité.

C’est une Femme bohème, gipsy, tous les ingrédients des années 70 sont présents dans cette collection. C’est pour cela qu’il y avait toute cette passementerie, cette dentelle, ces tissus en brocard, ces petits shorts. Et du noir pour donner un côté plus rock à la collection.

Mais Elie Saab est un couturier avant tout et une collection sans matières précieuses, sans robe de soirée, serait impensable.

J’ai voulu créer un  clash. La georgette de soie, les robes longues du soir en velours dévoré se portent avec une veste de cuir ou en jean. Avec cette collection la femme peut être jour et nuit à la fois.

Quand on dit années 70, on parle de la liberté. C’est joli une femme libre.

Veronique Leroy, on the road

Véronique Leroy a choisi de défiler chez Maxim’s

Pour ne pas avoir un lieu neutre. Et puis le côté très chargé art nouveau fonctionnait bien avec la collection, avec toutes ces superpositions.

Dès le premier look on comprends que la collection  automne hiver 2016 2017 explore tous les codes Véronique Leroy, même ceux des origines, qui relèvent d’avant la mode, quand elle s’habillait avec des vêtements achetés en seconde main et qu’elle mixait tout, affichant sa différence.

C’est une histoire de camionneuses, de filles qui partent au volant de la voiture. Il y a même un imprimé voiture. Je les ai imaginées dans plusieurs situations. Il y a celles qui sont plus féminines, habillées, moins habillées, et les autres, plus masculines, avec le portefeuille dans la poche arrière. 

Véronique Leroy s’est toujours jouée des genres, depuis ses premiers défilés.  Elle s’amuse avec les superpositions aussi:  un body  à lavallière gris perle se glisse sous justaucorps en maille de danseuse le tout porté sous un manteau de laine mauve ceint à la taille par une ceinture-bustier dorée, un bustier gris à volant casse la ligne entre un pull à l’imprimé voiture et un pantalon à carreau, un bustier de cuir fauve se porte sur une robe rouge portée avec un long gilet sans manche noir, la taille serrée par une ceinture XXL. Sur le papier, c’était risqué.  Dans la réalité c’est l’une de ses collections les plus enthousiasmantes depuis plusieurs saisons. Sans doute parce qu’elle y est 100% elle-même.

J’ai repris mes codes de mes premières collections. Je suis partie sur des couleurs que j’ai toujours aimées, les chocolats, les bruns, les roux, les beiges, les gris, les ocres, les verts foncés. Ces couleurs associés entre elles parfois se révèlent l’une l’autre.

J’adore pouvoir me refaire. À chaque saison je recommence. J’ai l’impression de m’améliorer, même si je rate. C’est comme une nouvelle chance à chaque fois.

 

Yohji Yamamoto, l’œuvre au noir

 

Vidéo: Studio Jungle

Depuis trois saisons on assiste à l’émergence d’un nouveau courant antifashion qui prend la mode de front. Ce n’est pas nouveau, mais la vague est suffisamment puissante pour qu’elle atteigne des marques établies depuis les origines du système : Balenciaga, et même Dior dans une certaine mesure. Dans le domaine de la déstructuration, de la proposition alternative, il y a deux maîtres : Rei Kawakubo, fondatrice de la marque Comme des Garçons, et Yohji Yamamoto.

La dernière collection de Yohji Yamamoto est une épure : pas de crinoline démesurée, cette fois-ci, mais de la mesure en (presque) tout. Une collection pour femme aux lignes masculines : pantalons, longs manteaux aux manches qui cachent les mains, comme si celle qui le porte l’avait emprunté à un homme.

Une palette réduite au minimum : le noir, sa signature, et le blanc. A peine un fil rouge qui scande une manche et s’envole d’un manteau. Et un tout petit peu de gris, mais du gris qui se fait manger par le noir sur un manteau hybride, mi- cuir mi- drap de laine, comme si l’un se fondait dans l’autre. En réalité une couche de cuir, fine comme du papier à cigarette a été apposé sur la matière. Une technique que le couturier avait déjà utilisée pour l’homme la saison passée.

Parce que le noir de Yohji Yamamoto n’est jamais à prendre au premier degré, au fur et à mesure du défilé, il y ajoute des effets. Les fameuses applications de cuir qui donnent un effet de brillance à la matière mate des manteaux. Mais surtout cette matière brillante étonnante qui semble dégouliner et donne l’impression que certains manteaux ont été arrosés d’eau. Il s’agit en réalité d’un geste maîtrisé : un coup de pinceau trempé dans une sorte matière servant à faire des collages, qui, en séchant, donne cet effet mouillé.

Pour le final, Yohji Yamamoto envoi une tribu de filles portant des manteaux sur lesquels il a fait ajouter des phrases – « A I come back Soon B » – « Don’t let me f…l again », messages qu’il nous laisse libre d’interpréter. Ou pas.

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Photo: Isabelle Cerboneschi

Lutz Huelle, jeu de vestiaire

Tout a l’air d’être ce que cela n’est pas dans la collection automne-hiver 2016-2017 de Lutz Huelle. Veste en jean ou robe robe du soir à sequin? Bomber jacket et jupe ou trench coat en trompe l’œil ? Ses vêtements sont des énigmes où l’œil doit apprendre à déchiffrer ce qu’il voit ou croit voir à chaque passage.

Il y a des manteaux avec un volume de tissu tiré vers le haut qui forme comme une capuche. Ou d’autres avec les épaules pliées ce qui leur donne une largeur sans avoir recours à des épaulettes. J’adore l’attitude cool que l’on a quand on porte un truc en jean. Pourquoi ne pas faire une robe du soir en jean ? Mais avec des paillettes. J’adore quand ça brille!

Le designer allemand a une manière particulière de traiter l’oversize : en maîtrisant, en contraignant les volumes.

L’idée de cette collection était de faire de l’oversize, mais rétréci par endroit. Comme les bomber jacket: c’est toujours porté très ample or je les ai resserrées à la taille avec une ceinture en matière plastique transparente. Ça ne coupe pas le vêtement mais ça le révèle à travers.

Les mannequins qui défilent sur Highway to Hell d’ACDC ont l’air d’avoir une vie à part le mannequinat.

Je veux mes collections soient portées par un certain genre de femmes: ce n’est pas une question d’âge, de poids, mais d’attitude. Je ne peux pas habiller des gens qui ne sont pas bien dans leurs vêtements. Si ce n’est pas le cas, ça se voit et ce n’est pas joli. Il faut que ça reste réel. Les mannequins ont été choisis dans cette idée. Ma meilleure amie défile. On se connaît depuis qu’on est enfant, depuis 40 ans. Ce n’est pas un métier toujours facile. C’est tellement agréable de s’entourer de gens qu’on aime, avec qui on peut rigoler. Qu’est-ce qu’on veut de plus?

Rien sans doute… A part peut-être un bomber kaki doublé d’orange pour traverser l’hiver à venir et se laisser emporter par cet esprit ludique émanant de la collection qui donne envie métamorphoser ses basiques et prendre la vie un peu moins au sérieux.

L’esprit des Romanov survole le défilé d’Andrew Gn

J’ai trouvé deux jolies photos il y a quelques mois: on y voit le tsar Nicolas II, avec sa famille. La photo a été colorisée. Sur la seconde on voit deux de ses filles: la grande duchesse Olga et l’une de ses sœurs en photo dans leur uniforme de régiment : deux vestes militaires brodées avec une longue jupe en taffetas. C’était à cette époque que l’on a commencé à mixer les costumes féminins et masculins.

C’est assez romantique. Quand on pense quelques années plus tard la famille avait disparu… C’est une histoire touchante et un look extraordinaire. C’est le point de commencement de la collection.

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Photos: Isabelle Cerboneschi

Avant son défilé, Andrew GN me montre quelques détails qui ne se voient bien que de près : les soutaches qui ornent les «Visiteuses », ces vestes d’inspiration militaire avec une ouverture dans le dos pour permettre aux femmes de les porter sur leurs robes à crinolines ou en montant à cheval, le travail de passementerie, les broderies noires sur noir. Il raconte aussi qu’il faut 2 jours à l’artisan pour terminer un T-Shirt avec du cachemire tressé à la main.

Je soutiens la slow fashion. Je crée des vêtements que l’on ne peut pas copier en 48 h.

La collection automne hiver crée par Andrew Gn est opulente mais sans ostentation. On s’imagine hors contexte porter l’une de ces vestes d’aspect militaire entièrement ornée, ces capes brodées avec une paire de jeans, en précieux décalage. On est aux antipodes de la mode inspirée du street style qui émerge un peu partout : on est dans l’univers des métiers d’art et de l’histoire. Une mode qui a des lettres.

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Dior, laboratoire de formes

Juste avant un défilé – lequel ? Impossible de m’en souvenir – j’ai entrevu une jeune femme, très belle, qui s’est avancée pour prendre une star en photo. C’est son allure qui a attiré mon regard. Elle portait une robe avec une épaule asymétrique : l’une couverte et l’autre dénudée, mais pas entièrement. Comme si le tissu avait glissé nonchalamment, dénudant la clavicule, dans un jeu de séduction pas si naïf, sauf que ce glissement n’avait rien de fortuit. Il faisait partie de la structure même de la robe. Je l’ai reconnue tout de suite (pas la fille, mais la robe): collection Dior haute couture printemps-été 2016  qui a défilé en janvier dernier.
Et ce jour-là j’ai pris conscience du fait que le vocabulaire stylistique mis en place par Lucie Meier et Serge Ruffieux, les deux Suisses à la tête du studio de création Dior, lors du dernier défilé haute couture était suffisamment puissant pour être reconnaissable en une fraction de seconde. Alors que cette collection ne semblait pas totalement aboutie, en janvier dernier.

La collection prêt-à-porter qu’ils ont dessinée pour l’automne hiver est dans la même veine : l’esprit de modernité hérité de Raf Simons, mais avec leur twist à eux.

On retrouve des éléments jaunes purs, comme une réminiscence du premier défilé du designer belge pour Dior, des imprimés panthère et un manteau rouge vermillon. Le tailleur bar a gardé sa taille abaissée, comme l’avait redessiné Raf Simons. Mais les cols-écharpe, les hauts zippés, les martingales inversées sur les manteaux et les cabans qui deviennent éléments de décoration, les effets de manches, d’épaules, de coupe, c’est leur signature.

Comme si la collection haute couture avait été leur laboratoire – avec les idées fulgurantes et les ratés naturels– et que l’on découvrait l’aboutissement de leurs recherches dans cette collection automne hiver.

Et l’on se prend à désirer ce caban en cachemire kaki, ce blouson ou ce manteau de cachemire Camel avec le col comme une écharpe arrêtée dans son envol, comme une sculpture baroque. Et l’on se prend à se demander : et si Lucie Meier et Serge Ruffieux restaient ?

VETEMENTS : la désacralisation

Vidéo: Studio Jungle

C’était l’un des deux shows les plus attendus de cette fashion week parisienne (l’autre, c’était Balenciaga). Mon amie Elisabeth Clauss y était. Elle raconte.

Demna Gvasalia change la donne. Le Géorgien de 34 ans élevé en Russie puis formé en Allemagne et à l’Académie d’Anvers a oeuvré chez Martin Margiela et Louis Vuitton, avant de former son collectif VETEMENTS. Ils étaient une poignée au départ, issus des quatre coins de l’Europe, ils sont plus d’une vingtaine désormais à secouer les codes du prêt-à-porter. Esthétiquement, économiquement, et philosophiquement.

Dans la cathédrale américaine de l’avenue Georges V, Demna Gvasalia a présenté deux collections, féminine et masculine. Il préparait cette diversification depuis longtemps, avec des pièces capsules et accessoires pour hommes, afin de créer ce qu’il appelle « une communauté VETEMENTS ». Désormais l’homme, c’est une collection complète, des vestes over-oversize à la maille en passant par les bottes cuissardes. Chez VETEMENTS, les lignes sont complémentaires et cohérentes dans leur subversive réinterprétation des essentiels du vestiaire « street-rock ». Le fil rouge : s’amuser, faire évoluer le regard, provoquer dans le bon sens du terme, s’exprimer.

Ils font un tabac, leurs points de ventes sont décuplés (mais désormais limités, pour entretenir le désir), ils créent l’événement, en matérialisant par des pièces restructurées à l’excès les notions de dérision, de protection (avec ces épaules si larges, ces capuches enveloppantes, ces messages punks qui pourraient faire fuir mais appellent en réalité l’intérêt). La ligne d’épaules qui dépasse et les manches courtes sur certaines pièces semblent le résultat d’un adulte qui a grandi dans ses vêtements d’enfants. Ailleurs, ce sont les volumes exagérés qui perdent la silhouette dans des gabarits trop grands (mais si bien coupés). Un peu comme les biscuits d’Alice au Pays des Merveilles, les collections de Demna Gvasalia propulsent dans d’autres dimensions, nous rappellent que nous sommes des gamins gourmands de nouveauté, désireux de nous identifier à une communauté qui a compris avant les autres.

Tout ceci, cette industrie très sérieuse, serait-ce un fond un jeu ? Ces pièces enveloppantes et ces manteaux comme des parachutes qui protègent de l’atterrissage dans un monde en plein évolution, ces robes sweat-shirts qui encagoulent la silhouette, cette sensualité brute, toute cette radicalité ramène aux fondamentaux, et c’est ça qui nous touche. Comme Demna le revendique sur un sweat-shirt : “May the bridges I burn light the way”. Et comment!

Rick Owens, mémoires d’outremonde

Vidéo: Studio Jungle

Ce qu’il y a de fascinant avec les défilés de Rick Owens, c’est que le créateur nous raconte à chaque fois une histoire, mais sans vraiment en dévoiler le synopsis. Le cadre, les personnages, les costumes, l’unité de lieu, tout est posé, mais il nous appartient d’y voir ce que l’on veut bien y percevoir.  Tout est question de projection.

Si son dernier défilé prenait le parti d’une bouleversante sororité, celui-ci, que raconte-t-il? Devant ces silhouettes, un sentiment difficile à définir. Les femme sont placées sous la haute protection d’un jumpsuit oversize orange,  ou blanc, comme on imagine devoir les porter dans des zones de danger. Elles semblent s’être vêtues des restes d’une civilisation, emmitouflées dans des vêtements-abri. Que s’est-il passé avant? On ne sait dans quelle ère on est sensé se trouver. Ni si Rick Owens s’était employé à faire des raccourcis avec l’espace-temps, façon Interstellar.

Et puis l’on remarque ces boules de cheveux qui servent à la fois de coiffure et de bulle protectrice, camouflant entièrement le visage: une sorte de scaphandre poreux. Elles ressemblent à des chrysalides.

Je me demande alors si  cette collection n’est pas la manière très personnelle de Rick Owens d’exprimer la révolution que vit le monde, et accessoirement, la mode? Ces chrysalides symbolisent-elles un monde en transformation? Ce serait un  message d’espérance: on sait que de la chrysalide sortira un papillon.

Chloé, fille du vent

« En haut, l’automne m’attendait, sec, transparent, mordant. Je savais qu’il serait au rendez-vous, j’avais dans ma sacoche de réservoir un gros pull-over et un foulard, La piste n’est pas bien facile (…) Mais le pays en est mille fois plus beau, parce qu’on le mérite. »

Et j’ai suivi le vent, Anne-France Dautheville, 1975

Ces mots ont été déposés sur les rangs, en attente d’être lus, en attente d’emporter. Comme la collection Chloé, d’ailleurs.

Dès le premier passage, on sent que la fille Chloé, sous ses airs bohème, a pris une nouvelle assurance et la tangente, affichant un désir de liberté absolue. Son vêtement est son armure, sa protection, sa fragile carapace. Une femme qui n’a besoin de personne en moto Guzzi, comme la journaliste Anne-France Dautheville, qui avait fait Paris-l’Afghanistan sur son engin en 1972, et dont l’esprit libre a inspiré à Clare Waight Keller cette collection.

C’est une femme différente que j’ai voulu cette saison. Un peu plus dure, confie Clare Waight Keller. Elle ose, elle est aventureuse. Je voulais apporter quelque chose de nouveau à l’esprit Chloé. Elle a un côté un peu masculin, un peu rude, mais en même temps elle possède une part de romantisme. C’est d’ailleurs ce qui était intéressant dans ce personnage. Quand elle voyageait, elle emportait des robes, des sweaters, de très belles capes. Même si elle portait une combinaison de cuir. C’est une attitude très pertinente aujourd’hui, cette manière de tout mélanger.

La fille Chloé de l’automne 2016 porte un poncho en drap de laine camel, comme une couverture dans laquelle elle pourrait se lover, si les circonstances le demandaient. Elles le demandent rarement, les circonstances. Mais rien que l’idée d’une chevauchée fantastique, avec son poncho en guise d’abri pour dormir dans le désert, donne tout son sel à ce vêtement.

Accrochées sur le mur, en backstage, quelques reproductions de photos d’Anne-France Dautheville la montrant en combinaison de motarde, mais aussi en robes hyper féminines aux imprimés ethniques, avec lesquelles elle faisait de la moto.

On retrouve cette attitude en regardant les filles passer dans des robes de mousselines ornées de dentelle, ou bien brodées de motifs indiens, les pieds bien ancrés sur la terre dans une paire de bottes.

Travailler ces contrastes extrêmes, cette tension entre les matières, entre la part féminine et masculine, c’était très inspirant.

Une collection qui donne envie. Envie d’avoir et de partir vers des ailleurs qui laissent présager de beaux lendemains.

 

Rochas, jardin d’hiver

Vidéo: Studio Jungle

Alessandro Dell’Acqua a présenté sans doute sa plus belle collection Rochas depuis qu’il a été nommé à la direction artistique de la maison. Il faut quelques saisons pour s’emparer des codes d’une marque qui n’est pas la sienne.

“Je voulais de la légèreté, de la fraîcheur, et surtout beaucoup de couleurs. Comme un jardin d’hiver.”

Le défilé Rochas possède un parfum des belles années du Club 54, quand les filles lancées faisaient les garage sales à Los Angeles pour dénicher du vintage qui ne portait pas encore ce nom et mixaient leur chaussures à plateforme avec des robes en lurex doré à volants. Sauf que les volants, chez Rochas, sont apposés d’une façon qui semble hasardeuse mais qui ne l’est pas et qui  donne aux robes une contemporanéité.

“J’aime les mélanges et les contrastes: les brocarts, la mousseline, les paillettes, les matières brillantes, les tissus mats”

Alessandro Dell’Acqua a fait un usage frénétique de la couleur et des associations dangereuses: un caban de cuir rose thé porté sur un pantalon moutarde, une robe vert pistache avec des chaussettes bleu canard et des chaussures de satin orange, une veste orange sur un pull vert anis et des chaussettes fuschia. Tout une palette de l’extrême hyper maîtrisée. Quelques imprimés floraux délicats, très Rochas, s’envolent sur des robes de mousseline.

Les filles sont juchées sur des talons compensés de satin, ou de brocard brodé de fleurs.
Un automne comme un éternel printemps.