Rahul Mishra, un défilé comme une déclaration de tendresse

Le défilé de Rahul Mishra est comme une pause délicate au milieu de la fashion week, un poème en motion. Les filles avancent lentement, les vêtements ont des accents de l’ailleurs, mais juste des accents. “On sent une influence indienne mais ce n’est pas folklorique, ni ethnique, ce qui rendrait le vêtement inaccessible et non mode. Là, étrangement, c’est très élégant, ça fait rêver, c’est une belle réussite”, souligne Didier Grumbach, l’ex-président de la fédération de la couture et du prêt-à-porter.

J’ai été béni par la naissance de ma fille lors de mon dernier défilé et pendant ces 5 derniers mois je l’ai vue grandir, apprendre, j’ai découvert ce qu’était l’amour inconditionnel. J’ai essayé de mettre un peu de cela dans ma collection. Nous vivons des temps tellement chaotiques avec ce qui est arrivé à Paris, à Mumbai, que j’ai ressenti le besoin de partager l’amour. Rien d’autre.

Je me suis inspiré d’objets du quotidien que j’aimais : la porcelaine, la poterie chinoise que j’utilise tous les matins, les motifs des serviettes, ce genre de choses, et aussi de magnifiques textiles fabriqués en Inde.

Cette collection est un doux mélange de style européen, contemporain. Rahul Mishra, qui a étudié à l’Istituto Marangoni, utilise du jersey, du néoprène, de la broderie traditionnelle – comme le french knot (ou point de noeud) et des technique de l’artisanat indien traditionnel, comme cette technique où la soie est nouée une infinité de fois avant d’être trempée dans la teinture. Certains endroits sont donc réservés et le tout donne un effet en 3D.

Je recherche cette dichotomie, ce contraste entre les cultures, les époques. C’est ce qui me touche. La technologie nous amène sur des chemins nouveaux que j’ai envie d’emprunter. Mais tout en faisant perdurer les traditions qui se pratiquent en Inde. Pour tout ce qui doit être fait à la main, j’utilise le savoir-faire de villageois indiens qui vivent dans dans le Gujarat Cela leur évite d’avoir à déménager dans les villes et vivre dans des bidonvilles. Ce travail leur permet de rester en famille et prendre soin des leurs.