Alexis Mabille, la haute couture en version XXL

Une cour d’immeuble chic pour décor, un podium brut qui monte et qui descend et des filles vêtues de robes couleur de l’aube. Imposantes les robes. Le satin duchesse semble avoir été sculpté pour s’imposer dans l’espace.

j’ai décidé de travailler une collection qui soit l’essence de la couture avec les tissus de la couture, les volumes de la couture, toute une architecture intérieure qui donne du volume à une robe et que personne ne connaît. Il y a des volants, d’immenses volumes compliqués à gérer, mais tant qu’il y a des clientes pour ce genre de robes on doit les faire”, confie Alexis Mabille. 


Les couleurs sont celles du jour quand il se lève. Il y a des gris un peu jaunes, des teintes pastel, très douces et d’autres incandescentes. Ce n’est pas une collection romantique, mais extrêmement féminine, jeune, toutes les robes ont des poches”, explique le couturier.


Le make up est inspiré dès mannequins star des années 60: Penelope Tree ou Twiggy

Pas de moquette sur le podium, mais quelque chose de très brut, comme pour un concert.”

Un concert de bruissements, le chant de la soie et du satin. 

Alexis Mabille, une ode à la beauté intemporelle

En voyant Carmen Kass, l’un des mannequins stars des années 90 ouvrir le défilé, on se doute qu’elle n’est pas venue seule et qu’il y aura d’autres femmes, des vraies, pour donner vie à la collection haute couture printemps-été 2016 d’Alexis Mabille. Estelle Lefébure, Audrey Marnay, Debra Shaw, Irina Lazareanu, le couturier a réuni quelques beautés intemporelles pour un défilé qu’il a intitulé à dessein “Timeless Beauty”.

Vidéo Copyright: Studio Jungle

On était tellement contentes de se retrouver ! Il y avait une ambiance géniale en backstage », relève la musicienne et ex-mannequin Irina Lazareanu, croisée le lendemain dans une soirée.

La collection ? Une haute couture très pure déclinée dans une palette restreinte au noir, blanc, et bleu nuit. Sans oublier la couleur de la chair, celle que l’on aperçoit sous une combinaison-pantalon en dentelle de Lyon noire, ou sous une robe de chantilly noire rebrodée de perles de cristaux, qui voilent à peine le corps. Alexis Mabille se joue des genres et s’amuse à métamorphoser un smoking de crêpe blanc en longue robe du soir ourlé de plumes d’autruche. Son art du tayloring l’autorise à toutes les transformations.

Dans le match qui oppose la nouvelle génération de mannequins de 17 ans à l’ancienne, c’est la seconde qui l’emporte. Ces femmes savent donner de la chair à une robe comme personne. Les podiums, elles connaissent : elles les ont arpentés pendant des années. Seul le public a changé: entretemps, il s’est armé d’Iphone et applaudit à retardement. Les ex-stars du podium se permettent alors des regards, des sourires, des clins d’œil en passant. Parce qu’elles savent qu’une robe sur un cintre n’a pas de sens et qu’il faut l’incarner pour lui en conférer.

La beauté c’est à tout âge, dit Alexis Mabille et on fait des robes pour accompagner cette beauté