YSL reloaded 

 

Une chose est sûre: Anthony Vaccarello connaît le vocabulaire d’Yves Saint Laurent et a dû passer du temps dans les archives. Même Pierre Bergé, à qui l’on n’a pas demandé son avis lors de la nomination du nouveau directeur artistique de la maison, le reconnaît volontiers.

J’ai été agréablement surpris de retrouver des éléments des collections de Yves » confie-t-il après le show.

C’est presque une légion d’honneur dans la bouche de l’ancien compagnon du couturier.


Ces éléments dont il parle, je les connais sur le bout des doigts, sur le bout des yeux, à force d’avoir lu et relu les monographies destinées à cet immense couturier du XXème siècle: le smoking noir avec les épaulettes marquées, le bolero a brandenbourgs, le décolleté en forme de coeur, l’imprimé panthère, la robe à une seule épaule, la dentelle noire, le sein qui apparaît en transparence, faisant référence à la « see-through blouse » de 1968. Et aussi cette sandale, avec le talon reprenant le sublime logo dessiné par Cassandre, qui évoque le soulier dessiné par Christian Louboutin pour la collection d’adieux du maître en 2002.


Le terme qui résume le mieux le vocabulaire stylistique d’Antony Vaccarello c’est le mot « sexy ». C’est d’ailleurs ce qui a fait le succès des collections Versus qu’il a dessinées pour Versace. Sexy, c’était un mot qui correspondait aussi à une partie des collections d’Yves Saint Laurent. Il aimait les collections à thèmes et n’hésitait pas à choquer. Comme par exemple avec sa collection Libération de janvier 1971, qui était une citation de l’allure des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais 1971 était bien trop proche de 1945 pour que le public avale la pilule. La collection s’est fait descendre par le public et la presse du moment.

Aujourd’hui la presse ne descend plus personne car ce n’est plus le propos. On vit dans un univers régi par l’instantanéité ce qui génère d’autres formes de ressentis, d’appréciation, plus versatiles, plus immédiats.

Mais cela n’empêche pas de regarder dans le rétroviseur pour mieux avancer. C’est ce qu’a fait Anthony Vaccarello, me semble-t-il, pour sa première collection YSL.