Jeux de mains chez Boucheron

Les joailliers qui se sont greffés sur la semaine de la haute couture parisienne pour présenter leurs collections prennent de plus en plus d’ampleur au fil des saisons. On pouvait donc s’attendre à ce que l’un d’entre eux choisisse de défiler. Boucheron a tiré le premier.

Mais parce qu’on ne présente pas de la haute joaillerie comme on montre des vêtements, la maison parisienne a fait appel à Olivier Saillard afin de mettre en scène ses joyaux dessinés par Claire Choisne.

Le directeur du musée Galliera s’est inspiré des gestes du quotidien pour les sublimer et mette les bijoux dans un contexte magnifié. Mains qui caressent, qui enveloppent, qui parent, Olivier Saillard a scénarisé des jeux de mains subtils sur des femmes vêtues de Balenciaga. 


IC – Cette présentation, c’est une incitation à user de ses bijoux de manière plus sensuelle: un usage à deux ou trois.

Olivier Saillard: – Oui, un bijou cela commence par les bras d’un homme qui vous enveloppe et vous met un joyau autour du cou. Peut être que les deux choses comptent: le fait de ne pas avoir uniquement des bijoux mais aussi les bras de quelqu’un autour de soi pour magnifier le visage? C’est quelque chose de tendre que l’on a voulu faire.


– c’était très chorégraphié. Avez vous eu beaucoup de répétitions? 

– Oui on a beaucoup répété les gestes avec chaque fille, chaque visage. On voulait un casting qui représente un peu tous les âges, tous les profils.  Je ne voulais pas que ce ne soit que des mannequins. 

– Quelques saynètes me rappellent certaines images emblématiques d’Avedon dans les années 50.

– Oui nous avons travaillé sur une mémoire d’image de mode, une mémoire de gestes du quotidien. Quand un homme veut embrasser son amoureuse, sa femme, son ami qu’est ce qu’il fait ? Ce sont  des gestes un peu archaïques mais on ne se lasse pas de les regarder.  Et puis la haute joaillerie ce n’est pas la mode. Quand on offre un bijou, c’est pour la vie. Il fallait retrouver des gestes de la vie.