Chanel dévoile les coulisses de la machine à rêves

Quand j’arrive au Grand Palais un jour de défilé Chanel, je me présente devant les portes avec l’âme d’une enfant à Noël. Je ne sais pas ce que va contenir cette grande boîte mais je sais toujours que ce sera surprenant, merveilleux, émouvant, inouï, fou, bref, renversant.Pour ce défilé haute couture automne hiver 2017, la maison a fait le choix très symbolique de reconstituer ses ateliers sous la coupole, avec les quelques 200 petites mains, leurs tables de travail, leurs aiguilles, leurs machines à coudre. Une très belle manière de dévoiler l’envers du décor à un public qui ne le connaît pas forcément et de rappeler que sans elles, sans toutes ces femmes au savoir faire unique (plusieurs centaines), la haute couture n’existerait pas.




“Certaines clientes sont allé saluer leur première d’atelier qui étaient très émues”, me confie Bruno Pavlovsky, le président des activités mode de Chanel.

Et tandis que chacune d’entre elles se livraient à leur travail extraordinaire de manière presque ordinaire sous le regard des premières d’atelier, les mannequins passaient vêtues de vestes ou de tuniques portées sur des jupes-culottes. Certains tailleurs semblaient être en tweed, mais chez Chanel, il ne faut pas toujours croire ce que l’on voit. Pour avoir découvert cette matière dans les ateliers d’art, il s’agissait en réalité d’une broderie réalisée sur un métier à tisser.


L’accent cette saison était mis sur les épaules: manches lanternes, ballons, épaulées, en pagode,… Et même des formes qui n’existent pas dans le répertoire comme ces manches biseautées qui semblent avoir été taillées comme des quart d’émeraudes.
Les mannequins portant le soir avançaient dans des robes longilignes aux manches rallongées de mitaines qui donnaient l’impression qu’elles avaient été sculptées par Giacometti. Cette impression de verticalité était renforcée par des coroles de plumes dessinant comme une aura autour des bras et épaules.


Mais l’art du merveilleux qui s’exprime de la manière la plus visible chez Chanel, c’est tout le travail des brodeurs, des paruriers, des plumassiers, qui savent faire pousser des jardins extraordinaires sur des vestes ou des manteaux.

Au moment du final, Karl Lagerfeld est allé chercher chaque première d’atelier afin de saluer avec elle. Sa manière de rendre hommage à ces femmes qui savent traduire ses dessins et les transposer de la 2ème à la 3ème dimension.

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

2 réponses à “Chanel dévoile les coulisses de la machine à rêves

  1. Chanel a toujours et fera toujours rêver comme Dior et Saint-Laurent !

    Je me souviens, il y a de cela quelques années, d’un reportage sur ARTE et les maisons de couture : il y avait Chanel. Monsieur Lagerfeld avait dessiné un croquis et l’avait remis à la Première de l’Atelier du flou et lorsque celle-ci avait restitué le croquis sur mannequin, j’avais trouvé cela magique.

    La couture et ses “dérivés” est un savoir-faire qui m’a toujours fait rêver :-)))

    Il ne faut pas oublier non plus que la Maison Chanel a racheté des ateliers pour éviter qu’ils ne tombent en mains … industrielles.

    Bon weekend Madame

    1. Chère Madame,
      Il est vrai qu’il y a de la magie dans les ateliers Chanel. Et les premières d’ateliers sont en quelque sorte des alchimistes qui vont donner une 3e dimension à un dessin de Karl Lagerfeld. Elles seules savent décrypter ce que signifie un simple trait: un pli? Une couture?
      Les montrer travaillant pendant le défilé était une très belle manière de rendre hommage à ces fées de l’ombre.
      Bon weekend à vous aussi.

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