Nina Ricci, “Un velours comme un baiser”

Guillaume Henry devrait faire du cinéma. Chacun de ses défilés est comme un court métrage sans parole. Mais a-t-on toujours besoin de mots pour comprendre ? La femme de l’automne hiver qu’il a dessinée court vers l’amour, ou vient de lui échapper, on ne sait pas très bien. Elle porte un trench froissé. Froissé d’avoir été trop serré, d’avoir été abandonné dans l’urgence ?

J’avais envie d’une femme amoureuse. C’est aussi simple que cela.

Dans les sentiments amoureux se mélangent tellement de choses : la joie, l’envie, la crainte, l’impatience, l’envie d’être protégée, la mélancolie. Qu’est-ce qu’on porte quand on est mélancolique ? C’est ce genre de question que j’aime me poser quand je dessine un vêtement. Voir un trench et se dire : il est trop ou il n’est pas assez. Ce n’est pas une histoire de mode, mais une histoire de style.

C’est comme un décor de cinéma, un défilé. C’est un nouveau scénario à chaque fois. Je fais une mode narrative qui raconte des histoires. Quand j’entends Nina Ricci je vois des images.

Les couleurs de la collection Nina Ricci ressemblent à celles d’une nuit parisienne après la pluie.

C’est exactement cela, la gamme de couleur ! Les premières images qui ont influencé cette collection c’est une femme au volant, sous la pluie, qui roule dans Paris. Des faux noirs, des faux bleus, des couleurs fumées, et des lumières.

Les jupes de velours luisent comme si tous les réverbères de la ville avaient choisi de jouer les projecteurs et se pencher sur cette femme-là. Elle et pas une autre.

On a développé ce velours spécialement avec des fabricants qui aiment tenter de nouvelles choses. C’est un velours comme un baiser.

Son héroïne amoureuse porte des trenchs en patchwork d’anguille, qui renvoient la lumière, et à son bras un sac fleur aux pétales de cuir que l’on n’a pas besoin d’effeuiller : Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément. Oui, c’est cela, passionnément.

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

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