Céline sous haute protection

« Elle n’est pas venue, elle était trop mal placée ». « Allo, tu es où ? Au premier rang ? On m’a assise tellement haut que je ne te vois même pas ! » C’est drôle d’écouter les humeurs des journalistes « déclassées » de leur premier rang habituel, assises dans les hauteurs. On nous avait prévenues pourtant : peu de premiers rangs, beaucoup de suivants…

Une foultitude de chaises de stade en lucite vert fluo attendaient les quelques 700 invités du show Céline. Comme si l’on allait assister à un match un dimanche matin, au Tennis Club de Paris, où ont lieu tous les défilés de la maison. Un avant-goût peut-être de la collection qui allait défiler, annonçant un certain sens de la nonchalance, mais très composée.

Si le premier look donne le ton de la saison, c’est un cocon. Un pull oversize noir dans lequel on se love comme dans une bulle porté sur un pantalon jaune soleil. La protection, la douceur, l’ampleur, ce sont les mots qui viennent à l’esprit en regardant le défilé Céline. Les pantalons ont des pattes non pas d’éléphants mais de mammouths. Les chemises noires ou blanches galonnées, les trenchs camel, les pulls, les capuches, le spencer noir au col en croco miel, et même les chaînes qui ceignent des robes, tout a l’air d’avoir été emprunté à quelqu’un de plus grand que soi, ou d’un sexe que l’on n’a pas.

Les robes, les pulls, sont « twistées », comme enfilés à la hâte, comme si rien n’avait vraiment d’importance au fond qu’un dimanche sous haute protection.

 

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

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