Stéphane Rolland, le pli à l’infini

Stéphane Rolland aurait aimé être architecte, ou sculpteur, il me l’a souvent répété. Et ces dernières années il a prouvé à quel point ses robes étaient le prolongement de son rêve : des architectures de tissu allant parfois jusqu’à l’équilibre instable.

Il faut croire que le couturier est allé au bout de ses fantasmes afin de revenir à une couture plus facile à aimer. Pour sa collection haute couture printemps-été 2016, il a choisi de défiler à l’ancienne, dans sa maison de couture, avec des mannequins portant des numéros et une voix racontant le modèle.

Sa collection  est une ode au pli. Peut-être pas à la manière de Gilles Deleuze, mais plutôt façon Diva. D’ailleurs son 17eme et ultime modèle portait ce nom: “Casta Diva”, cette chaste déesse qu’incarnait Maria Callas de manière bouleversante dans Norma.

Plissé soleil, froissé, cassé, orné de nuages d’organza, le pli est un parti pris car il est animé d’un mouvement qui lui est propre, indépendant de celui du corps qui le porte. Une beau message d’insubordination.

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

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