Chanel, l’étoffe dont les songes sont faits…

Il est des défilés qui pourraient se passer de mots. Ainsi fut Chanel.

Vidéo Copyright: Studio Jungle

Dans un décor de jardin japonais et de pavillon de bois d’inspiration nordique sont apparu des créatures marchant à pas lents, lenteur obligée par les robes entravées, vêtues de légèreté. Et de beige.

Gabrielle Chanel était la Reine du beige, déclare Karl Lagerfeld dans la note d’intention.

Le rythme chaloupé des mannequins juchés sur escarpins à semelle compensée en liège offrait aux invités le temps d’apprécier le raffinement du travail réalisé dans les ateliers. Travail que j’avais très partiellement découvert trois jours avant le défilé dans les ateliers Flou et Tailleur.
Une robe haute couture Chanel doit se voir de près, car de loin, elle n’est qu’illusion. Ainsi cette robe brodée d’une matière qui ressemble à des plumes alors qu’il s’agit  de fins copeaux de bois. Une manière très Lagerfeldienne de recycler en beauté.

Des copeaux comme ces chutes qui tombent des taille-crayons », révèle Hubert Barrère, directeur artistique du brodeur Lesage.

C’est la beauté du travail Chanel : plus on se rapproche et plus on voit le détail et plus on voit que c’est extraordinaire. Non ce n’est pas une simple robe : rapprochez-vous et vous allez voir, elle vous parle, explique Madame Cécile, la première d’atelier Flou.

Les silhouettes sont inversées : les jupes crayons se portent avec des vestes larges aux épaules en forme d’ogives, les jupes larges avec des vestes étroites. La légèreté des matières s’instille au fil des passages. Quand arrive les tenues de soir, les capes donnent l’illusion d’envelopper le mannequin d’une nuée de brume. Il y a une part de féérie dans cette collection-là, tissée « de l’étoffe dont les songes sont faits.”*

*La Tempête, William Shakespeare.

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

2 réponses à “Chanel, l’étoffe dont les songes sont faits…

  1. C’est sublime, magique, féérique … c’es Chanel que Karl Lagerfeld sublime chaque saison !!!

    On rêve devant tant de beauté et surtout du magnifique travail des couturières des Ateliers : des orfèvres !

    1. Chère Madame, merci d’être sensible à la beauté du geste. Ce sont les mains (faute de pouvoir montrer leurs visages) de ces femmes de l’ombre qui font un travail magnifique et magnifié par Karl Lagerfeld que j’essaie de mettre en lumière. C’est toute la beauté de ces métiers d’art qui sera révélée dans deux vidéos, samedi prochain sur le site du Temps.

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