Hermès, le luxe comme une esquisse

Il est des collections qui parlent haut et d’autres qui murmurent. Il est des vêtements qui sont comme une ligne claire. On les dirait ébauchés à main levée, d’un seul trait. Ils se contentent du strict minimum pour s’appeler vêtements, d’ailleurs. En deçà, c’est à peine un dessin, une esquisse.

A l’intérieur du trait il y a des aplats de couleurs. Du blanc souvent. Du rouge coquelicot, du jaune moutarde, du bleu cobalt, aussi. Et très peu d’ornements. Une ligne de couleur, voire plusieurs, mais surtout ne pas frôler la démesure ! Tenir toute profusion à distance. Ne garder que l’essentiel : le trait, la couleur pure, le geste, le mouvement.

J’essaie de circonscrire la collection Hermès pour le printemps-été dessinée par Nadège Vanhee-Cybulski. Sa deuxième. Et ce n’est pas l’exercice le plus facile car on est dans le domaine de l’épure. On navigue dans le monde de l’essentiel, de l’intemporel, dans un espace qui n’appartiendrait pas à la mode, si on laissait faire. On navigue dans des temps qui n’ont ni débuts, ni fin, où passent des essentiels : trench, blousons de cuir, robes trapèze, jupe-culotte et robes plissées comme en portait Renée Perle sur les photos de Jacques-Henry Lartigue. Les matières aussi sont de grands classiques : du cachemire double face, du coton, du cuir, de la soie,..

Cette collection pourrait être l’essence d’une maison sur laquelle le temps semble ne pas avoir de prise.

 

 

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *