Louis Vuitton, cyber-rock-mantique-fantastique!

Il fait presque noir dans l’annexe de la fondation Louis Vuitton construite pour le défilé printemps-été 2016. A peine est-on éclairé par les lumières mouvantes de gigantesques panneaux électriques qui scindent les espaces tandis que les murs sont des écrans géants où sont projetées des images choisies par Nicolas Ghesquière. On a l’impression d’être entré dans son esprit, de s’y balader façon « dans la peau de John Malkovich. » Car ces images sont ses obsessions du moment. Ou plutôt ses inspirations.

IMG_1100
Photos: Isabelle Cerboneschi

Je me suis inspiré d’un jeu vidéo très populaire chez les jeunes – Minecraft – une invitation à voyager dans le monde virtuel – et nous avons construit toutes les images qui sont dans mon esprit : des images de nature, de tempêtes de sable, de filles digitales créées pour nos futures vitrines, explique Nicolas Ghesquière après le défilé. On y voit ce mix entre la beauté de la nature et le monde de l’innovation et l’anticipation.

Et tandis que les images défilent des murs au plafond dans ce décor de science-fiction on découvre l’un des plus beaux, l’un des plus fantastiques shows de la saison. Les filles marchent vite, chaussées de bottes de cowboy au bout argent, de sandales à plateforme, de mocassins à franges, portant des combinaisons pantalons comme sprayées de couleurs, des mini-capes cloutées, des robes comme des hologrammes irisés en soie, et surtout il y a ces sublimes robes de cyber-pirates en popeline blanche sous des blousons de cuir frappés du fameux Monogram.

J’ai toujours été intéressé par la personnalisation du Monogram chez Louis Vuitton parce que la manière dont on tague, dont on pose les couleurs sur ce motif iconique le rend complètement vôtre. Et j’ai pensé que ce serait intéressant de le faire avec des vêtements. Est-ce la limite d’un logo de le mettre sur un vêtement ? J’aime travailler autour, le personnaliser de cette manière.

 Les silhouettes sont peu gothique, un peu cyber. C’est un look qui représente une certaine génération de jeunes femmes ou de femmes. On a tendance à le considérer d’une manière un peu étrange, or je trouvais intéressant de l’intégrer dans l’univers de Louis Vuitton.
Mes influences ? 2046 de Wong Kar Wai, le manga Neon Genesis Evangelion… On est tous est confrontés à la réalité à travers le digital. On vit avec. J’avais envie d’évoquer la manière dont on gère cette influence, comme s’il s’agissait d’une nouvelle manière de voyager. Ce qui est intéressant c’est que la plupart des matières que j’ai utilisées sont naturelles : soie, coton, laine, laine froide pour l’été. Il n’y a pas beaucoup de matières techniques dans cette collection, même si elles en ont l’air. Mais comme dans le monde virtuel, parfois on croit à l’existence d’une chose alors que cela n’est pas la réalité.
Ce n’est pas une collection futuriste, c’est une collection pour maintenant.

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *