Dior, la candeur dévoilée

Dans la cour carrée du Louvre a jailli une montagne magique. Bleue. Plus de 400000 delphiniums la recouvrent. A l’intérieur de cet antre mystérieux, un mur de fleurs, le reste est d’un blanc virginal, le podium est miroir. Parfaite mise en scène pour une collection Dior immaculée.

Photos: Isabelle Cerboneschi
Photos: Isabelle Cerboneschi

Raf Simons renoue avec l’innocence. Celle d’une fille qui porterait de la lingerie victorienne sous des parkas de soie où s’épanouissent des fleurs en 3 dimensions ; une femme, jeune, qui laisserait entrevoir ses dessous à travers des voiles translucides. Raf Simons invente le déshabillé candide. Les modèles sont vêtues de peu d’opacités et de beaucoup de transparences, mais sans que le mot « sexy » ne vienne à l’esprit. Ce n’est pas le propos. On est dans l’univers de la carte du tendre. Il y a beaucoup de douceur dans cette collection, aucune rigidité, tout est doux, tout est flou, et les épaules sont réchauffées par des pulls courts en shetland. Ils donnent envie de s’y lover.
Les silhouettes semblent conçues en différentes strates historiques. Ce travail sur le passé reconduit dans le présent, Raf Simons l’explore depuis plusieurs saisons. Mais pour le printemps-été 2016, les références à l’histoire du costume sont moins littérales: elles ont été assimilées au point qu’elles en sont devenues un langage contemporain.

Un assemblage qui me semble à la fois singulièrement futuriste et étrangement romantique, explique Raf Simons dans le dossier du défilé. Comme si cette femme était sur le point de voyager à travers l’espace et le temps.

Il y a quelque chose d’éminemment romantique dans la collection Dior du printemps-été.

Je voulais que la collection dégage une certaine pureté, explique Raf Simons dans le dossier du défilé. Une collection simplifiée à l’extrême, focaliser sur une seule ligne directrice qui exprimerait l’idée même de la féminité, de la fragilité, et de la sensibilité sans pour autant sacrifier la force et l’effet : une simplicité qui n’est qu’apparente car la collection est extrêmement compliquée techniquement.

Les filles qui défilent ont la beauté des aubes enchantées.

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

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