Splash ! Yiqing Yin renverse les codes chez Léonard

Pas d’orchidée pour Léonard…

Mais des couleurs primaires qui semblent avoir été jetées sur le tissu à la façon de Jackson Pollock. Des fleurs au contour tremblé brodées sur du vinyl. Des aplats de bleu cobalt achoppant contre une déchirure jaune acide. Des imprimés comme des affiches déchirées du street art. Des gribouillis (en réalité des imprimés d’archives des années 70) faits à la hâte sur une veste blanche. Des baskets de couleurs qui semblent avoir été lacérées.

L’interview vidéo de Yiging Yin:

Il y a une forme d’urgence du geste dans la collection printemps-été 2016 dessinée par Yiqing Yin pour Léonard. Une violence – fille de la candeur – qui s’exprime par une explosion de couleurs pures, par une frénésie du trait, par un usage rebelle des codes de la maison. Et de cet acte spontané en apparence, nait une forme de joie primaire.

Quand on porte des couleurs on se reconnecte avec son enfant intérieur, avec une confiance immuable, avec toutes ces choses dont la vie se charge de nous laver. C’est un retour à la joie primordiale.

On ne sait pas d’où l’on vient, on ne sait pas où l’on va. On est noyé dans une culture de l’image en transition, en mouvance permanente. Donc on essaie de se définir entre archaïsme et modernité. Les générations se mélangent, il y a un déplacement de toutes les bornes : intellectuelles, géographiques, temporelles, entre les genres aussi. On vit une époque de chaos créatif hyper inspirant. Une invitation au jeu, à l’explosion.

Et en regardant passer ces filles bariolées qui marchaient vite vers je ne sais quel destin, j’avais juste envie de répondre à cette invitation au jeu, me glisser sous l’un de ces voiles de couleur et les suivre.

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Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

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