Chloé, filles de l’air

Un défilé Chloé, c’est comme une longue séance de shopping virtuel qui se transforme très vite en jeu de la tentation : tout ce que dessine Clare Waigh Keller, j’en ai envie. C’est rare les créateurs qui parviennent à créer le désir avant même d’avoir montré leurs collections. Cela tient à un état d’esprit, une intention, un sens du moment. Cette collection printemps-été 2016 est une ode à la liberté, à l’innocence, si ce mot a encore un sens. Une manière de regarder la vie à travers des lunettes de couleur. Gaies, les couleurs.

Le premier look est une déclaration de nonchalance: un long jupon imprimé de micro fleurs porté avec un haut de jogging.  Une sorte de sporswear-bohème. On ne sait plus quels mots inventer d’ailleurs pour qualifier tous ces mélanges hybrides, toutes ces ruptures de codes qui donnent le ton d’une saison.

Chloé SS2016 - 01
Photos: DR/Chloé

Dans le dossier du défilé, Clare Waight Keller dédie cette collection « à des filles qui s’appellent Kate (Moss), Chloé (Sévigny), Cecilia (Chancellor),Corinne (Day), Rosemary (Ferguson), Emma (Balfour), Courtney (Love), et beaucoup d’autres qui incarnent la liberté et l’élégance et l’extrême simplicité parfaitement maîtrisée. » Les prénoms de ces filles qui ont fait les années 90 et imposé un style: le leur. Liberté, individualisme: deux mots clés.

Le casting des mannequins était un point très important : je voulais des femmes avec une personnalité, qui puissent incarner ces filles du passé dont on parle en ne mentionnant que leur prénom et qui ont apporté beaucoup à la mode, au style.

Il y a toujours une extrême légèreté et de l’ampleur dans les collections Chloé. ^La mousseline de soie est moins un vêtement qu’un voile séparant le corps du regard des autres, mais laissant celle qui la porte libre de ses gestes et de son destin. Les looks sont mouvants, les robes prennent des teintes arc-en-ciel, comme un sourire malgré la pluie.

«Cette collection est à la fois urbaine et sophistiquée. J’ai cherché à transcrire l’innocence, l’optimisme de la jeunesse, tout en conservant une formidable sophistication. C’est un mix de beaucoup de choses: la dentelle, les imprimés de micro fleurs, les couleurs douces et aussi un sartorialisme discret.

Le mot qui revient souvent dans les commentaires de Clare Waight Keller, c’est le mot “innocence”. Un sentiment qui a toujours fait partie du vocabulaire de la maison, mais qui prend aujourd’hui une tout autre dimension.

L’innocence est un sentiment qui résonne chez les gens actuellement. Cette idée de fraicheur est pertinente dans les temps que nous vivons.

Mais est-ce qu’un vêtement pourra jamais nous rendre l’innocence perdue?

L’optimisme est nécessaire aujourd’hui, répond en écho Clare Waight Keller. Il doit émerger de la mode. L’essence de la mode c’est l’optimisme, je pense. Et je voulais le refléter d’une manière généreuse avec les matières, les couleurs, le feeling des silhouettes. C’est sans doute ma collection la plus optimiste parce que cette notion était centrale dans ma réflexion. Toutes ces couleurs arc-en-ciel le traduisent bien. Quand il pleut et qu’en même temps il fait soleil, que ressentez-vous ? C’est tout une question de comment l’on appréhende les choses de la vie.  En les regardant sous un autre angle, on peut retrouver ce sentiment d’innocence véritable.

 

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

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