Ilja, sa première fois

Voir de nouveaux noms sur le calendrier des défilés de haute couture, ça fait un bien fou. La créatrice néerlandaise IljaVisser, qui a fondé sa maison de couture à Amsterdam en 2009, a défilé dimanche dans les jardins de la résidence de l’Ambassadeur des Pays-Bas. C’était son deuxième défilé parisien. Un moment qui compte.

Le nom de sa collection? « Ingenium Existere » Oui, je sais, c’est abscons. C’est souvent le cas, d’ailleurs, avec les premiers défilés, cette volonté de mettre de la substance dans un artisanat considéré à tort comme futile. Alors que ce défilé est tout sauf futile. Il convoque les lignes historiques de la haute couture. Et dans ces silhouettes qui se veulent des constructions géométriques hyper maîtrisées, limite abstraites, je retrouve la silhouette en 8 du fameux New Look de Christian Dior. Dans le cas de Ilya Visser, ce 8 est devenu un sablier avec des angles, mais l’idée est là. La créatrice ne le nie pas, bien au contraire.

Je me suis inspirée des 90’s et du New Look des années 50, mais je l’ai exprimé d’une manière exacerbée, géométrique. Je trouve que ces lignes sont magnifiques. C’est une silhouette qui correspond à notre époque. Les corsets sont traités différemment aujourd’hui. Les femmes qui en font le choix les combinent avec des matières très fluides : elles sont à la fois tenues et libres. Je voulais respecter l’histoire de la couture, mais jouer avec l’ancien et le contemporain, confie IljaVisser.

Et quand je regarde ces silhouettes géométriques, déconstruites à la manière des créateurs Japonais des années 80, je lis une filiation avec l’esprit New Look de Dior interprété par le photographe Patrick Demarchelier ci-dessous. Une collection en forme d’hommage.

A l’issue de son défilé, IljaVisser n’a pu retenir et son souffle et ses larmes. Tant de travail, tant d’attente, tant de pression.

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

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