Les mains de Nicolas Ghesquière

Quand on m’a proposé de tenir un blog sur la mode, je me suis demandé par quoi j’allais bien pouvoir commencer? Il fallait trouver un début. Pourquoi ne pas remonter au geste d’origine, celui qui a engendré la collection: l’idée transcrite par un dessin, lui même engendré par la main. Mettre la lumière sur les mains, voilà l’idée.

Et pas n’importe quelles mains: celles d’un autodidacte, un surdoué de la mode, qui a passé son enfance à dessiner des vêtements et les envoyer inlassablement, depuis la ville de Loudun où il a grandi, à tous les studios de mode de la capitale. Celles de Nicolas Ghesquière, le directeur artistique de Louis Vuitton, rencontré le 30 juin dernier.

Qu’est-ce que je peux dire de mes mains? Je les aime bien en fait, même si elles sont petites. Elles me ressemblent.

Je dessine beaucoup. Tout commence par le trait dans une collection. Enfin pas tout: il y a un mélange de différentes influences qui peuvent être visuelles, tactiles avec le choix des matières, ou simplement l’attitude d’une femme que j’aurais rencontrée. La capacité à matérialiser ses idées est essentielle dans ce métier. Il y a des gens qui dessinent extrêmement bien et qui n’arrivent pas à mettre leurs idées en volume et des gens qui font de très beaux volumes et qui n’auront jamais une idée qui exprime quelque chose.

Je ne suis pas manuel mais je suis instinctif. Je fais beaucoup de bricolages. Je n’ai pas de formation de patronnier ou de coupeur mais je n’ai pas peur de me confronter à toutes sortes de matières. Ici, avec le cuir je m’amuse beaucoup. Ils ont des cuirs tellement géniaux chez Louis Vuitton! Je prends ce que l’on me donne ou ce que j’ai demandé. Et je n’ai pas peur de couper, d’agrafer, d’épingler, de commencer à construire des volumes par rapport à mon dessin, très librement, sur un Stockman ou un mannequin cabine. Ce n’est pas du tout académique, la manche est toute twistée, mais j’arrive à exprimer les choses en volume de manière très libre.

Et la matière qu’il préfère?

La peau, évidemment. Vous vous y attendiez!

Et tandis qu’il parle, ses mains virevoltent, caressant un mannequin imaginaire ou un tissu que lui seul perçoit.

Lire aussi: Le reportage sur le dernier défilé croisière de Louis Vuitton

Trois questions à Nicolas Ghesquière après le show

 

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi

Isabelle Cerboneschi est la rédactrice en chef des Hors-Séries du Temps. La mode est un monde qu'elle aime arpenter Iphone en main. Cette "shoe addict" sait bien qu'un vêtement ne naît pas par hasard et qu'il parle autant de nous que de notre époque. Regards côté cour et côté jardin.

4 réponses à “Les mains de Nicolas Ghesquière

    1. Merci de votre adorable message! Je ne vous promets pas la main de chaque créateur, mais j’ai bien l’intention d’essayer. Les mains parlent si bien de celui ou celle qui les anime.

Répondre à Isabelle Cerboneschi Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *