Le code, les bitcoins et la musique classique

Voilà un polar bien informé, riche en suspense et généreux. Mais avec les défauts de ses qualités. Dans « Le code et la diva », Christian Grenier en fait un peu trop, comme s’il voulait à tout prix partager avec le lecteur sa passion pour l’art, et la musique classique en particulier. Résultat : son ton devient par moment un brin didactique, voire sentencieux. Mais on le lui pardonne volontiers. L’histoire est bonne, les personnages complexes et l’intrigue bien menée. Et l’on y apprend beaucoup de choses, ce qui n’est pas à dédaigner.

Un compte en bitcoins

Après un petit prélude rapide et efficace, le roman démarre …. le 20 octobre 2020.  Ce jour-là, Rémi Gémeaux, la quarantaine distinguée, atterrit à Orly en provenance de la Réunion. Une grève des contrôleurs aériens l’a empêché d’assister à l’enterrement de son père Gérard, mort dans un accident de voiture. Ce dernier se rendait à un rendez-vous fixé par Robert, son fils aîné, avec qui il entretenait des rapports difficiles.

Influencé par de mauvaises fréquentations, ce fils – qui se fait appeler Bob – a viré vaguement voyou. Endetté jusqu’au cou, il fait pression sur son frère Rémi pour toucher rapidement sa part d’héritage. Il lorgne en particulier sur un compte en bitcoins censé contenir entre deux et trois cents millions d’euros. Gérard Gémeaux n’en a toutefois pas transmis le mot de passe à ses proches. Un code d’accès qui peut contenir jusqu’à 80 caractères. L’a-t-il consigné quelque part ou s’est-il contenté de le mémoriser ?

Un rébus musical

Connaissant le goût de son père pour les rébus, Rémi imagine que la solution se trouve dans les morceaux de musique que Gérard a choisis lui-même pour son enterrement. Malheureusement, la clé USB contenant cette bande-son a disparu. Pour la reconstituer, Rémi va devoir enquêter. Il commence par interroger ceux qui, contrairement à lui, ont assisté à la cérémonie. Il retrouve aussi la mystérieuse mezzo-soprano qui, superbe et émouvante, a magistralement interprété le lied Im Abendrot de Richard Strauss. Lara Haberer, 34 ans, avait été brièvement la maîtresse de son père. Rémi en tombe à son tour éperdument amoureux.

L’histoire ne fait cependant que commencer. Après un démarrage andante, l’écrivain français nous réserve deux parties riches en rebondissements, en cadavres et en surprises. Et si, une fois dégusté le finale, il vous prend l’envie d’écouter les œuvres qui constituent la substantifique moelle de ce gros polar musical, il vous suffit de consulter le signet glissé entre ses pages. De Allegri à Verdi en passant par Bach, Mozart ou Prokofiev, il vous livre tous les indices nécessaires pour, à votre tour, « casser le code » et vous concocter un menu des plus alléchants.

« Le code et la diva ». De Christian Grenier. Editions du Rouergue, 478 p.

 

Mireille Descombes

Mireille Descombes

Scènes et mises en scène: le roman policier, l'architecture et la ville, le théâtre. Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d'art, d'architecture et de théâtre.

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