Meurtres dans la communauté juive de Glasgow

Plaies terrifiantes, cadavres mutilés, atmosphères glauquissimes. Les auteurs de polars aiment les débuts qui saignent et plongent sans tarder le lecteur dans le bain glacé du crime. L’Ecossais Gordon Ferris ne déroge pas à la règle. Les premières pages de “La filière écossaise” s’ouvrent avec la vision d’un cadavre crucifié dans un parc public de Glasgow. Un spectacle d’autant plus glaçant que la ville toute entière grelotte, prisonnière d’un des hivers les plus rudes du siècle.

Quel siècle? Le XXe, bien sûr. Comme dans ses précédents polars, Gordon Ferris marie avec brio le crime et la grande histoire. Troisième d’une série de quatre enquêtes situées dans l’immédiat après-guerre, “La filière écossaise” se passe en hiver 1947. Comme le reste de l’Europe, l’Ecosse souffre de graves pénuries, notamment en charbon. Ce n’est toutefois qui peu de chose face au mal qui rampe dans les ruelles du populaire quartier des Gorbals, menaçant de gangréner la société glaswégienne avant d’envahir le monde.

Filière d’exfiltration nazie

Au départ, pourtant, le mandat confié à Douglas Brodie – un ex-flic devenu journaliste après avoir servi comme officier dans l’armée – semble des plus anodins, presque sans danger. A la demande de son ami le tailleur Isaac Feldman, il accepte d’enquêter sur une série de cambriolages dont sont victimes les membres de la communauté juive de Glasgow. Très vite, toutefois, les cadavres se multiplient. DouglasBrodie soupçonne  “route des rats”, une filière d’exfiltration de criminels nazis, passe par Glasgow avec pour destination finale les Etats-Unis. Des fuyards aguerris, sans scrupules et qui n’ont plus rien à perdre. Replongé dans le cauchemar des camps, Douglas Brodie en perd le sommeil. Pas de violence gratuite toutefois, pas de complaisance malsaine dans ce polar riche et palpitant qui tisse avec subtilité et respect la vérité historique et la pure fiction.

“La filière écossaise”. De Gordon Ferris, Traduit de l’anglais (Ecosse) par Hubert Tézenas. Seuil, 471 p. 

 

 

Mireille Descombes

Mireille Descombes

Passionnée de roman policier, Mireille Descombes est journaliste culturelle indépendante, critique d’art, d’architecture et de théâtre.

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