Moi, Thomas Klühr, j’me marre !

Mon slogan ? SWISS (vous) vole ! Forcés de baisser nos tarifs pour cause de concurrence, notamment des compagnies genre Etihad, Emirates ou Qatar, qui achètent leur kérosène au prix de l’eau du robinet, il m’a fallu, comme directeur général de Swiss, trouver des recettes supplémentaires. De préférence discrètement…

Vous avez trouvé votre vol sur notre beau site internet, mais n’êtes pas encore décidé ? Pas de problème! Pour CHF 25, je vous garantis le tarif pour 72 heures. Votre bagage en soute ? taxé, bien sûr, comme sur EasyJet, à moins évidemment que vous choisissiez pas le tarif “light”, mais le “classic”, plus élevé !

Vous n’aimez pas être coincé et voulez donc réserver un siège ? En classe économique, je vous taxe. Cela varie évidemment en fonction du siège, mais comptez CHF 25 par trajet

Vous réglez par carte de crédit ? Merci ! Vous payerez en plus des OPC de 1,65 % du prix du billet (CHF 30 au maximum). Pas mal, hein ? Comme vous m’êtes sympa, je vous précise que OPC veut dire “optional paiement surcharge”, ce qui ne veut rien dire, mais vous amène  à payer vous, la commission que nous devons aux instituts de cartes de crédit. Hélas pas remboursables au cas où vous annulez votre réservation.

Un petit champagne vous ferait plaisir ? Commandez-le lors de votre réservation et on ne vous taxera que CHF 39 la demi-bouteille (certes, ce ne sont pas les prix Denner, mais nous c’est Swiss !)

Vous trouvez tout cela un peu riquiqui ?

Attendez que je vous parle de ma dernière trouvaille ! Un coup de G E N I E ! Une première mondiale !

J’ai introduit un choix de siège payant en classe Affaires et quasiment personne n’en a parlé ! Fallait oser ? J’ai ! Ainsi, même si vous déboursez plus de 5.000 francs pour voyager sur Hong Kong en Business avec nous, je vous offre – généreusement – la possibilité de “parfaire l’agrément de votre voyage” en réservant un siège “privacy”, soit un siège individuel situé près d’un hublot, pour le modique supplément de quelque 400 francs aller-retour.

Vous trouvez que je pousse le bouchon un peu loin ? Z’avez pas encore tout vu: j’envisage aussi d’introduire des toilettes payantes, une taxe pour les obèses, un forfait de 10 francs par bagage de cabine et pour les radins sans bagages du tout, des places debout, histoire de ne pas laisser ces long couloirs vides… Allez, bon dimanche les pigeons !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avocats: tous voleurs ?

“Punaise ! 600 balles de l’heure ! Ils s’en mettent plein le pognes” serait-on tenté de dire en lisant l’article consacré notamment à l’Etude Schellenberg Wittmer paru vendredi dans Le Temps sous la plume de Ghislaine Bloch.

“Un taux horaire atteignant jusqu’à 700 francs de l’heure” précise un sous-titre de l’article et cela m’a interpellé. Je trouve déjà fort de café d’être facturé 140 francs de l’heure par mon garagiste qui, soit dit au passage, a dû acheter du matériel parfois fort coûteux, alors 600 francs de l’heure pour un “bavard”, cela semble énorme !

Oui, mais…faisons un petit calcul pour voir cela de plus près. Une année de travail compte quelque 1.820 heures. Un(e) avocat(e) ne peut pas facturer la totalité de ces heures, ne serait-ce qu’à cause des recherches, des déplacements, de la réflexion, etc. Donc, en gros, il/elle peut facturer quelque 1.300 heures par an. Plus si il/elle travaille plus que la moyenne des gens ou si, comme dans le cas de l’Etude citée, c’est une exigeance.

Pour un collaborateur pouvant facturer 350 francs de l’heure, cela correspond à un chiffre d’affaires de 455.000 francs par an pour l’Etude. Admettons que ce collaborateur gagne 250.000 francs par année (un bon salaire certes, mais rien d’exceptionnel), il coûte donc quelque 320.000 francs à l’Etude, charges sociales (AVS, Chômage, LPP, etc.) incluses. Si on ajoute encore sa part aux frais généraux (loyer, réception, secrétariat, communications, informatique, etc.), soit environ 50.000 francs par an, il rapporte quelque 85.000 francs par an aux associés, propriétaires de l’Etude. Sympa et plutôt bon à prendre…

Passons aux associés qui eux, peuvent facturer quelque 600 francs par heure. Cela correspond à 780.000 francs par an. Comme l’Etude évoquée est organisée en société anonyme, ces associés ne sont donc pas des indépendants, mais des salariés de leur société. Sur ces 780.000 francs, un bon 25 % part en charges sociales. Il reste donc 585.000 francs, moins la participation aux frais généraux, donc mettons qu’en en gros il leur reste un “salaire” de 500.000 francs par an. Super ? Certes, c’est mieux payé que manutentionnaire, mais moins que nombre de chirurgiens et qu’un directeur de banque.

Par contre, là où effectivement, les associés doivent se faire du blé, c’est en “exploitant” leurs collaborateurs (voir ci-dessus) et leurs stagiaires. Au sujet de ces derniers, ils ont beau dire qu’un stagiaire, cela prend du temps à former, j’affirme (ayant moi-même été stagiaire avant de passer mon brevet d’avocat) que nous effectuons le même travail que n’importe quel avocat, expérience en moins. Or donc, ces derniers gagnent en général entre 3.000 et 4.000 francs par mois. Mettons 3.500 francs en moyenne. Ils coûtent donc à l’Etude quelque 75.000 francs par année, charges sociales et participation aux frais généraux inclus.

Comme on leur demande de facturer quelque 1.450 heures par an à 200 francs de l’heure, cela correspond à un chiffre d’affaires de 290.000 francs pour l’Etude et donc, cette dernière encaisse quatre fois plus d’un stagiaire que ce dernier ne leur coûte ! Un sympathique “bénéfice” de 215.000 francs par stagiaire.

Donc, les 210 collaborateurs et quelque 20 stagiaires (entre les bureaux de Genève et de Zurich) de Schellenberg Wittmer pourraient rapporter plus de 20 millions de francs par an à ses 42 associés…

Ce que Benjamin Borsodi, managing partner ne dit pas (mais le lui a t-on demandé ?) est ce que gagnent réellement les avocats associés d’une grande Etude. La réponse ? Au minimum 1 million de francs par an, souvent beaucoup plus.

Quant aux avocats indépendants, il y a de tout: ceux qui peinent à gagner de quoi vivre, ceux qui se débrouillent pas trop mal et un petit 10 % (c’est mon estimation perso) qui se font plus de 3 millions de francs par an, comme un certain conseiller national genevois qui aime beaucoup se voir dans les media ou un chevalier de naguère au fume-cigarette en acajou et au vocabulaire fleuri.

P.S: je précise que ces chiffres – qui me semblent proches de la réalité – se basent une une estimation personnelle et non sur les déclarations d’impôt des diverses personnes concernées…

Caramba ! Encore raté ?

“Merde à Bruxelles ! On est chez nous !” scandent à tue-tête les quelque 5.000 personnes venues assister au grand meeting de Marine le Pen, agitant force drapeaux tricolores et banderoles affichant “Marine Présidente”.

Il est 13h.30 et ce n’est que dans 90 minutes que Mme Le Pen fera son apparition et son discours, mais la salle du Zénith de Lille est déjà bien pleine. Cela fait plus d’une heure que les premiers militants ont fait leur apparition, entourés d’un dispositif important de police et du service de sécurité du Front National, dont les badges s’ornent d’un “honneur et patrie”.

Fouille personnelle, passage par un portique détecteur de métal et nous voilà à l’intérieur de la salle. Le parterre – environ 1.500 places – est entièrement réservé pour les ténors du parti, honorables invités de l’étranger et groupes de militants amenés en bus, depuis Londres, Bruxelles ou des villes avoisinantes.  Sur la scène, un orchestre “américain” (trompette, banjo, accordéon et guitare) joue des morceaux jazzés, histoire de chauffer la salle. Beaucoup d’ouvriers, hommes et femmes, la cinquantaine bien sonnée et beaucoup de jeunes gens entre 20 et 35 ans. Mais les 35-50 sont rares en ce beau dimanche.

Dûment badgé “presse” – le seul moyen de se balader librement partout dans cette salle du Zénith – je monte dans les gradins au moment une tonitruante Marseillaise jaillit de quelques centaines de jeune gorges. Quelques instants plus tard, je me fais accueillir par des “Salopard ! Vendu ! Tous des menteurs !”. Pas de doute, la presse n’a pas bonne presse auprès des militants du FN… A chaque contact, il me faudra préciser que je suis venu tout exprès de Suisse pour qu’on accepte de me parler.

Il est 14h.30 et la salle est quasiment pleine. Gérard, 27 ans, a mis ses habits du dimanche: chemise blanche, cravate avec fleur de lys et chaussures vernies, c’est un militant actif, comme il se décrit lui-même. Pourquoi au Front National ? “Les Sarkozy, Hollande et autres Fillon changent de langage comme de chemise, font des promesses qu’ils ne tiennent pas et piquent dans la caisse. Avec Marine au moins, les choses sont claires: elle seule ne change pas de discours avec le vent et elle tiendra ses promesses.”

Nénette (c’est ainsi qu’elle souhaite être citée) est, quant à elle, venue au FN il y a 2 ans. Elle a la soixantaine, les parait largement et travaille comme caissière dans un grand magasin. Pourquoi le FN ? “A cause des migrants, des musulmans et de l’insécurité”. “Il y a des endroits où je n’ose plus me balader”, dit-elle “et cela dans ma propre ville ! Macron, Fillon et compagnie, c’est du pareil au même, du balabla, du vent. Allez, Marine Présidente !”

 

Oui, mais…

Pas grand-chose à dire du discours de Marine Le Pen – dont les propos flottaient souvent bien au-dessus des têtes de ses “fans”, notamment lorsqu’elle parlait économie – si ce n’est de relever son habileté à mobiliser son monde, car dès qu’elle sentait le moindre relâchement d’attention, elle sortait une phrase “forte”, permettant à la foule de crier “On est chez nous ! Marine présidente !”

 

Mme Le Pen a-t-elle de réelles chances de gagner ? Je n’ai pas plus de compétences qu’un institut de sondage pour répondre à cette question et donc, je ne vais pas gêner pour donner mon avis. C’est oui. Pourquoi ?

La France compte en gros 70 millions d’habitants dont 45 millions sont des électeurs inscrits. Avec un taux de participation de l’ordre de 80 %, cela donne environ 36 millions de votants. Au premier tour du moins. Il semble acquis que le trio gagnant du 1er tour soit composé de Mme Le Pen et de MM. Macron et Fillon. Or, le second tour ne se joue qu’à deux. Je suis d’avis que Mme Le Pen jouera la finale, mais avec qui ?

Si c’est avec M. Fillon, c’est fichu, car même si Mme Le Pen peut compter sur ses 10-12 millions d’électeurs inconditionnels et qu’elle en glane 4-5 millions de plus, les pro Macron soit s’abstiendront, soit voteront Fillon ne serait-ce que pour faire barrage à Mme Le Pen. Et donc, son score sera inférieur à 40 %.

Par contre, si c’est avec M. Macron que se jouera la finale, je pense qu’elle aura toutes ses chances malgré ce qu’en disent les sondages. Car au cours de la quinzaine d’entre les tours, elle fera appel à son talent pour tenter de déstabiliser cette “girouette molle de Macron”, comme l’appelait un conseiller régional du Front National Nord-Pas-de-Calais. Et je crois surtout que le “ras-le-bol” d’une bonne partie des électeurs pèsera plus qu’on ne le pense.

“Pourquoi ne pas essayer Mme Le Pen ?” demandait un étudiant en droit venu au meeting en curieux. “Si elle fait mieux que MM. Hollande ou Sarkozy, super ! Si elle fait pire – ce qui ne va pas être facile – elle sera déboulonnée dans cinq ans et plus personne ne parlera du FN”

Faux culs, ma non troppo

Bouche en cul de poule et petit sourire triste et fatigué de circonstance, Ralph Büchi, éditeur de l'Hebdo se la joue un peu chirurgien qui vient annoncer à la famille que malgré tous ses efforts et ceux de son équipe, il n'a pas pu sauver le patient. "Les prévisions pour 2017 s’avèrent également très faibles au niveau de la publicité, nous avons donc dû tirer la conclusion qu’il n’y avait pas de possibilité de redresser la barre, et de retrouver un jour les chiffres noirs".

Comme naguère pour le Journal de Genève – que les Pictet, Lombard et autres Mirabaud auraient pu sauver en y consacrant chaque année un micro pourcentage de leurs bénéfices – L'Hebdo meurt pour cause de de mentalité d'épicier, d'imbécilité et de médiocrité.

Évitons les généralités: pas tous les éditeurs sont cupides et obsédés par la rentabilité et leur pognon. Il y en a qui sont conscients que pas TOUS les titres de leur portefeuille ne peuvent être rentables et que s'ils sont de qualité, ces titres méritent d'être maintenus en vie. Ringier Axel Springer Suisse aurait eu les moyens, mais il n'en a pas eu envie.

Peut-on lui en vouloir pour autant ? A mon avis, oui. Si cela faisait tellement longtemps que L'Hebdo perdait des lecteurs (et donc aussi de la pub), c'est qu'il ne répondait plus à un besoin. Et s'il ne répondait plus à un besoin, il aurait peut-être fallu effectuer des changements à la tête du magazine pour le "réinventer" à l'ère du numérique, plutôt que de se contenter de "réduire la voilure" (comme on le dit si élégamment) année après année…

N'est pas Jacques Pilet qui veut, mais depuis pas mal de temps, il me semblait que L'Hebdo devenait un peu ennuyeux, réactif, mpims de et de pep et de passion. Certes, on y trouvait encore des bons journalistes et chroniqueurs, mais manifestement pas suffisamment pour créer des débats et renouveler l'intérêt. Il ne reste qu'à espérer que Le Temps, qui semble s'être plutôt bien adapté au changement radical de paradigme, connaîtra le succès qu'on lui souhaite.

Bon, Hebdo ou pas, la terre ne va pas s'arrêter de tourner pour autant (même si je n'aurai plus le plaisir d'y publier des blogs). N'empêche, je sens passer un petit vent de nostalgie et de tristesse. Je pense à Jacques Pilet, fondateur, animateur, bouledogue et pit bull des débuts de L'Hebdo et à toutes celles et ceux qu'il a naguère rendu fiers d'être journalistes. Merci.

Une pensée aussi à vous, lectrices et lecteurs. Vous êtes sans doute nombreux à ne plus être de première jeunesse, comme moi d'ailleurs. C'est votre fidélité qui a rendu cette aventure possible….même s'il semble bien que vous ne soyez plus assez nombreux !

Trois d’un coup !

Lubrique ? Non, pratique ! En ce début d'année, il m'est venu une idée qui pourrait résoudre (partiellement) trois problèmes à la fois: le chômage des jeunes Suisses, les migrants et l'inactivité des seniors.

Contrairement aux réfugiés (personnes exposées à de sérieux préjudices en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leurs opinions politiques ou de leur appartenance dans leur pays d’origine), les migrants sont des personnes qui se déplacent volontairement dans un autre pays pour des raisons essentiellement économiques. Ainsi, si tout réfugié est un migrant, les migrants ne sont pas tous des réfugiés.

Si la Suisse a une tradition d'accueil des réfugiés, il est autrement des migrants, à qui nous souhaitons tout le bien du monde, mais de préférence ailleurs. C'est d'ailleurs le cas de quasi tous nos voisins européens…

Pourquoi donc ne pas faire en sorte que les migrants aient moins envie de migrer ? Il suffirait peut-être de leur offrir les moyens d'une vie décente et d'un revenu suffisant dans leur propre pays ! 1er point à l'ordre du jour: fermons nos frontières aux requérants purement économiques (généralement des hommes, qui acceptent n'importe quel travail pour pouvoir envoyer quelques sous à leurs famille restées au pays). Point 2, proposons chaque année une alternative à quelques milliers d'entre eux. Disons-leur "ne cherchez même pas à venir en Suisse: la porte sera close. Restez chez vous et nous vous aiderons à y vivre décemment".

Comment ? "En vous mettant à disposition, dans votre ville ou village, une jeune personne Suisse, ayant terminé sa formation, mais sans travail et ce, pendant 18 mois. Cette personne, qui sera salariée par la Confédération, bénéficiera du soutien actif d'un mentor (un/e retraité/e), examinera avec vous et son mentor le type de commerce ou de petite entreprise que vous pourriez créer, vous aidera à la réalisation et au suivi et disposera pour ce faire d'un budget pouvant aller jusqu'à CHF 20.000".

"Mouais, c'est n'importe quoi, me direz-vous. Comme si on avait les moyens de ce genre de truc alors que tant de gens vivent dans la précarité en Suisse". C'est juste, mais, la triste situation dans laquelle se trouvent tant de nos compatriotes n'empêchera pas la Confédération et les cantons de dépenser quelque 2,4 milliards de francs en 2017 pour les demandeurs d'asile, réfugiés et migrants. En changeant de paradigme, il devrait être possible de réduire ces dépenses, tout en réduisant le taux de chômage des moins de 24 ans, qui atteint 8,3 % ! De plus, ce projet impliquerait des retraités dont nombre ont des compétences inutilisées et pas grand-chose à faire.

Une folie financière ? Pas vraiment. Imaginons que nous décidions d'offrir cette opportunité à 5.000 personnes par année. Cela permettrait à 5.000 jeunes Suisses de disposer d'un emploi salarié, couplé à une superbe expérience à l'étranger pour 18 mois. Sans compter un mentoring passionnant pour 2.500 retraités (chacun s'occupant de deux projets).

Le coût ? Voyons cela de plus près: 5.000 jeunes gens, payés 3.000 francs par mois pendant 18 mois, cela fait 270 millions de francs. Auxquels on ajoute une allocation de 500 francs par mois pour 2.500 retraités, soit 22,5 millions de plus. Comptons encore deux aller-retour par année pour les jeunes gens et un pour le/la retraité, soit 18 millions de francs. Enfin, la création de 5.000 petites entreprises, même avec le budget maximum de 20.000 francs par entreprise, coûterait 100 millions de francs. Rajoutons 200 fonctionnaires chargés de trier parmi les demandes et d'engager les jeunes gens et seniors intéressés et on arrive à un total de 440 millions de francs sur 18 mois, le prix de trois avions de combat…

Bien sûr, tout cela devrait être affiné. Le coût réel mérite d'être mieux calculé, mais en réalité, il devrait être inférieur, ne serait-ce parce que les jeunes gens engagés ne seraient plus au bénéfice d'allocations chômage et que le budget "réfugiés et migrants" de la Confédération pourrait être réduit. En continuons de rêver, en imaginant par exemple que d'autres pays d'Europe fassent de même…

La Grenouille de Prilly

"Megalomanes !" disent les opposants… "Egoïstes !" disent les promoteurs.

La grenouille de La Fontaine

Une grenouille vit un boeuf

Qui lui sembla de belle taille.

Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,

Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille,

Pour égaler l'animal en grosseur,

Disant: "Regardez bien, ma soeur; Est-ce assez?

Dites-moi: n'y suis-je point encore?

Nenni- M'y voici donc? Point du tout. M'y voilà?

Vous n'en approchez point." La chétive pécore

S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,

Tout prince a des ambassadeurs,

Tout marquis veut avoir des pages.

 

La grenouille de Prilly

Les municipaux de Prilly admiraient Dubaï,

Ville dont les gratte-ciel lui semblaient de belle taille

Et même si Malley-Prilly ne compte que 12.000 âmes

Ils sont jaloux, s'enflent et veulent que l'on se pâme.

Egaler l'Emirat en hauteur, messieurs dames

Demande des sacrifices, les promoteurs l'ont dit.

Et sans de grandes tours, nous perdrons des millions, pardi !

Ils haranguent leurs administrés:

"Faut-il plus grand ? Est-ce assez ?"

Que non, il faut encore quelques mètres !

Nous y sommes presque ! Qu'importe le mal-être…

Et la petite Prilly s'enfla si bien

Qu'un trafic infernal

A sa qualité de vie porta un coup fatal.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs ,

Tout prince a des ambassadeurs,

Tout marquis veut avoir des pages.

Et tout syndic veut rester dans l'Histoire

 

http://www.avenirmalley.ch

 

Les emmerdeurs

Naguère, Brassens chantait les cons. Je chante aujourd'hui les emmerdeurs sans lesquels, le ronron d'autosatisfaction des politiciens, banquiers, patrons de pharma ou de multi, serait assourdissant.

Les emmerdeurs ? Il y a les doux, comme Noël Constant, dont l'engagement en faveur des démunis et sans-abri à Genève est remarquable. Il y a les empêcheurs de tourner en rond, genre Jacques Neirynck, toujours à fustiger quelque chose et à provoquer la réflexion. Il y a les tenaces, à la Jean Ziegler, qui consacrent leur vie aux causes qu'ils défendent. En font aussi partie, les lanceurs d'alerte, tels Yasmine Motarjemi, prêts à tout perdre pour que la vérité éclate (dans son cas sur les graves manquements de Nestlé).

Il y a aussi des emmerdeurs (bien rares hélas) dans la presse. Je pense notamment au Canard Enchaîné et à La Tuile. La quoi ? La Tuile, c'est LE journal satirique du Jura et bête noire de la droite bien-pensante (notamment PDC et UDC) et du clergé depuis 45 ans et 529 numéros. Son fondateur, Pierre-André Marchand, 73 années au compteur est un exemple du genre ! Instituteur, chroniqueur, auteur, compositeur, interprète, il a fondé La Tuile en 1971 et rares sont les numéros dans lesquels il ne dénonce pas un scandale, des abus sexuels et de pouvoir ou un cas de corruption dans ce canton du Jura qu'il adore.

Les procès ? Il ne les compte plus. Tout récemment, des écrits contre Isabelle Chevalley, conseillère nationale (VD) du groupe Vert'libéral, lui ont valu d'être reconnu coupable d'injures. Verdict: 3.000 francs d'amende auxquels s'ajoutent 3.000 francs de plus suite à la révocation d'un sursis. Car le Marchand n'en était pas à son coup d'essai. Souvent grossier, parfois vulgaire, le bonhomme n'y va pas de main morte ! A propos de Mme Chevalley, "promoteur des éoliennes dans le Jura, au service des Services industriels genevois", il écrit: «arrogante comme un camélidé, Bédouinette Chamelley, arriviste effrénée, est prête à écrabouiller tout le monde et son père, surtout les écolos sincères, uniquement par ambition personnelle». Et ce n'est pas là l'extrait le plus violent de ses diatribes…

Pierre-André Marchand se justifie. «Je défends les petites gens, dont on veut acheter l’âme et les terres pour installer des éoliennes et se faire du fric sur leur dos. Un journal satirique, c’est aussi un journal de résistance. Et ils ne me fermeront pas la gueule avant les yeux.»

Suite à cette condamnation, il écrit dans La Tuile d'octobre: "En 2013, Guy Bedos avait traité la ministre Nadine Morano de conne. Elle fut déboutée de sa plainte, la Cour estimant que Guy Bedos était resté dans la loi du genre humoristique". Il poursuit: "…le rédacteur de La Tuile n'aurait jamais imaginé que Mme Chevalley fût une conne. Donc, La Tuile n'a pas traité Isabelle Chevalley de conne. Et bien, malgré le fait que La Tuile ne s'est pas permis de comparer Mme Chevalley à une conne, son rédacteur a été condamné plus lourdement que s'il l'avait traité de conne".

Les emmerdeurs ont souvent des emmerdes. C'est un (juste) retour de manivelle, comme le savent bien les Ziegler, Kerviel, Snowden et autres. Marchand m'écrit: "Les gouvernants qui manipulent la justice s'acharnent sur La Tuile. Je prends des amendes monumentales même quand j'ai raison ! Ainsi, en mars 2014, je révélais que la vétérinaire cantonale, protégée par notre Gouvernement de minables, était une malade mentale. Mais il aura fallu attendre octobre 2016 pour que l'affaire sorte enfin dans le Journal du Jura et dans Le Matin !"

Tirée à 2500 exemplaires, La Tuile compte quelque 1500 abonnés. Avec toutes ces amendes, risque-t-il la banqueroute? «Non, me répond-il, mes lecteurs sont généreux et versent suffisamment pour couvrir les coûts de mes procès. Même un curé m’envoie de l’argent en cachette. C’est vrai que mon public n’est pas très large. Je m’aliène au moins 85% de la population, puisque les imbéciles ne lisent pas La Tuile.»

Neirynck:, 85 ans; Ziegler: 84 ans; Constant: 77 ans; Marchand: 73 ans. Je termine donc avec un appel: recherchons d'urgence jeunes emmerdeurs !

Arrogants et répugnants

Je n'ai pas cherché à les contacter, ces Jean-Marc Chappuis, patron de Coop Immobilier, Philippe Conod, avocat, Laurent Margot, juge, ou Sylvia Bracher-Grossenbacher, responsable du centre commercial de la Maladière (Neuchâtel) et vice-présidente de la commission Miss Neuchâtel-Fête des Vendanges. C'eut été inutile. Dans le Matin Dimanche de ce jour, Christophe Passer dit avoir cherché à contacter la plupart d'entre eux par mail et messages, mais en vain. Je connais Christophe et j'ai confiance en lui.

Mais de quoi parle-t-on ? De Florence Bourdin, libraire indépendante, la "David" de l'histoire et du centre Coop de la Maladière, le "Goliath" de l'histoire. Pour celles et ceux qui n'ont pas lu l'article paru ce matin, il s'agit d'une libraire indépendante en train de se faire royalement rouler dans la farine par Coop. Qui après avoir promis juré que Mme Bourdin n'aurait pas de concurrence dans le centre commercial en question, s'apprête à y faire venir la FNAC.

Ce qui provoque en moi ce coup de gueule, ce n'est pas la fond de l'histoire, qui se règlera je l'espère, avant que M. Jean-Marc Chappuis ne soit couvert de goudron et de plumes et chassé de son poste (pas trop grave, il a 62 ans…), mais c'est l'invraisemblable arrogance de ces avocats, patrons, directeurs de grosses boîtes qui ne cessent de lécher le c… des journalistes, flatter l'égo les chefs de rubriques inviter le rédacteurs en chef lorsqu'ils ont besoin d'eux, que l'on parle de leurs victoires, de leurs belles plaidoiries, de leur génie des affaires, etc. et qui ensuite, se planquent derrière le "no comment" et n'ont même pas le courage d'assumer leurs actes. Des pleutres.

Ils ne sont pas les seuls: nous le sommes tout autant, nous tous qui tolérons qu'ils y ait autant de gens qui se conduisent comme de vrais salopards, qu'ils soient banquiers-blanchisseurs, avocats-blanchisseurs, patrons de pharma, régisseurs-voleurs, parlementaires achetés-ou-vendu aux groupes de pression, patrons de Coop, Migros et autres Leclerc qui, malgré leurs belles paroles, écrasent impitoyablement les petits producteurs pour vendre plus de m… à des prix encore plus bas. Merde à la fin ! Ca suffit !

Que faire (à part un coup de gueule) ? Favoriser le commerce de proximité, les achats directs auprès des agriculteurs, boulangers, bouchers, petits libraires et artisans, etc. Et, dans mes grands moments idéalistes, je rêve que des milliers de citoyens-moutons commenent à demander des comptes à ceux qu'ils élisent aux parlements, qu'ils soient cantonaux ou fédéraux.

http://www.pressreader.com/ http://www.lematindimanche.ch/read/ch.lematindimanche.ipad.LMD20160911/economie/

Halte aux travaux forcés !

HOT ! La votation sur revenu de base inconditionnel échauffe les esprits et il semble – hélas – que les Suisses soient trop attachés à leur "métro-boulot-dodo" pour voter massivement OUI. Un petit rappel de ce qu'est réellement le travail me semblait utile il y a une année. Il me parait aujourd'hui indispensable !

Dieu n’a pas fait dans la dentelle! Au premier «couac» d’Adam, agréablement installé au paradis, la sentence tombe: «puisque tu as mangé du fruit de l'arbre défendu, c'est désormais à la sueur de ton front que tu te nourriras» lui dit en substance l’Eternel. Cette malédiction est à l’origine du mot «travail», du latin «trepalium», un instrument formé de trois pieux, auquel on attachait les esclaves pour les punir. Travailler devient ainsi «torturer, tourmenter avec le trepalium». Dans les sociétés primitives, on n’accordait aucune valeur au travail.

Les activités auxquelles elles s’adonnaient avaient pour objectif d’assurer leur survie. On n’en accordait pas plus dans la société grecque où le travail est assimilé à des tâches dégradantes. Ne sont alors valorisées que les activités éthiques et politiques. D’ailleurs, à l’époque romaine, même Dieu ne travaillait pas, la création du monde étant considérée comme «opus» (œuvre) et non «labor» (travail, châtiment). Pour l'église, le travail va être défini comme une loi naturelle à laquelle personne ne peut se soustraire pour subvenir aux besoins de la communauté. Il va progressivement devenir un instrument privilégié de lutte contre l'oisiveté, la paresse et les mauvaises tentations qui détournent de la tâche principale: la contemplation et la prière. Cependant le travail n'est pas valorisé: il est pénitence et jusqu’à la fin du Moyen Age, restera une activité dégradante.

Il faut attendre Adam Smith et son ouvrage «La Richesse des Nations», paru en 1776 pour assister à un début de valorisation du travail, car, dit Smith, bien organisé, le travail humain est une puissance formatrice de valeur et donc un facteur de production. Ce n'est toutefois qu'au cours de la seconde partie du 19ème siècle que les marxistes associent pleinement les mots «travail» et «valeur», en bonne partie en opposition aux "parasites" détenant le capital.

Ainsi, après 30 siècles au cours desquels le travail était une malédiction d’origine divine, le voici qui devient le rapport social qui structure nos sociétés. Mais travaille-t-on réellement par plaisir ou est-ce par nécessité, pour disposer d’un revenu permettant non seulement d’assurer notre survie, mais aussi nos envies et besoins ? Or, si le travail couplé à la rémunération n’est pas la panacée, pourquoi pointer du doigt ceux qui n’en ont pas ou n'en veulent pas ?

Dans nos sociétés industrialisées, ne pas avoir d'emploi, lorsqu'on n'est ni riche, ni retraité, est souvent assimilé à une perte d’identité. «Je travaille, donc je suis et si je ne travaille pas, je ne suis plus rien». Les personnes sans emploi ont donc souvent honte de leur situation. Ils/elles se sentent inutiles, culpabilisent, se terrent et perdent progressivement confiance en eux. Ils sont chômeurs et parfois, après quelques mois d’indemnisation et de découragement, disparaissent des statistiques et deviennent des «non-personnes».

Chômeur? un terme qui provient du grec «kauma» qui signifie «se reposer pendant la chaleur». Le rêve, non? Depuis le début du 20ème siècle, c’est toutefois devenu «l’état d’inactivité d’une personne souhaitant travailler». Souhaitant travailler ? hum… je dirais plutôt «ayant besoin d’un revenu». Car si tout le monde disposait d’un revenu qui ne soit pas lié au travail, ne travailleraient que ceux qui le souhaitent vraiment, que ce soit par passion, pour occuper leur temps ou mettre du beurre dans leurs épinards. Il me semble avéré qu'au cours des décennies à venir, il y aura de moins en moins de travail "humain" et donc d'emplois. Ce qui implique que le nombre de personnes sans revenu provenant d'une activité lucrative va fortement augmenter.

Toujours plus de monde pour toujours moins d’emplois est une recette explosive. Sauf si l’on "découple" travail et revenu. Car les richesses sont là. Certes, de moins en moins bien réparties, mais là quand-même. En l’espace de moins de 20 ans, nous avons assisté à un déplacement de richesses phénoménal. Le nombre de milliardaires recensés (2.325) bat des records, tout comme la fortune qu’ils possèdent (7.300 milliards de francs) et un petit pourcent de la population mondiale détient 95 % de l'ensemble des richesses de notre monde. Peut-être le moment est-il venu de repenser aussi bien le travail que la valeur qu’on y attache.

Le travail rémunéré? Il y en aura de moins en moins et donc, il est grand temps de réfléchir à un changement de paradigme auquel nous n’échapperons pas. Il faut donc voter en faveur du revenu de base inconditionnel. «Il ne peut y avoir de démocratie lorsque les richesses sont concentrées dans les mains de quelques individus». (Louis Brandeis, juge à la Cour Suprême des Etats-Unis, 1856-1941)

Davos et ses Calls Girls

Sacré Klaus Schwab ! Le Grand Sachem du Forum Economique de Davos frappe à nouveau ! Ce ne sont pas moins de 40 chefs d'Etat et 2.500 manitous de l'économie, du show-biz, etc. qui se retrouveront dès le 20 janvier dans la station grisonne pour papoter au sujet de la "La 4ème révolution industrielle", résauter et faire des affaires.

Une fois de plus, la plupart des quelque 500 journalistes conviés – quel honneur – à se frotter quelques heures durant à ces Maîtres du Monde, se prendront très au sérieux, feront sagement leur devoir de chantres asservis (histoire d'être réinvités l'année suivante…) et oublieront, le temps du Forum, la différence entre un chargé de relations publiques et le métier qu'ils disent pratiquer. Qu'importe, Ils auront "croisé" Bono, serré la louche de Manuel Valls, ou bu un verre avec Schneider-Ammann. Ce n'est pas rien !

Jean de la Fontaine m'ayant naguère inspiré, je leur dédie cette ode:

 

Maître journaliste à son bureau attablé,

Attendait que s'allume son PC.

Maître Klaus Schwab, par la pub alléché,

se fit fort de venir l'appâter.

"Hé ! Bonjour Monsieur du Journaliste.

Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !

Sans char, si vos textes sont aussi bien torchés

Que votre cerveau semble bien formé

Vous êtes LA personne qu'il nous faut !

Venez donc au Forum

Vous êtes notre invité !

Vous côtoierez de Grands Hommes

Ils seront enchantés !

Ne se tenant plus de joie et sacrément flatté,

Maître Journaliste s'empressa d'acquiescer.

Et ainsi on l'y vit, chanter, sans hésiter,

Dans la presse, la radio, et même à la TV

Les louanges de ses hôtes, évidemment charmés.

Sa voix est claire, son chant très beau

Le registre aigu, la tessiture soprano.

Une vraie voix de castrat ! Comparaison osée ?

Que nenni ! Après tout, notre ami est castré.

Sens critique et décence lui ont été ôtés,

Il n'est ni acheté, ni vendu, simplement… loué.

 

Un chiffre d'affaires que l'on peut estimer à 300 millions de francs pour cette manifestation, qui fait le bonheur des hôteliers de la région, de Klaus Schwab, de sa fondation, des agences de location de voiture (CHF 8 à 12.000 avec chauffeur), d'hélicoptères et… un peu moins des écologistes, puisqu'on estime que quelque 1.500 participants se déplaceront à bord de jets privés.