Davos et ses Calls Girls

Sacré Klaus Schwab ! Le Grand Sachem du Forum Economique de Davos frappe à nouveau ! Ce ne sont pas moins de 40 chefs d'Etat et 2.500 manitous de l'économie, du show-biz, etc. qui se retrouveront dès le 20 janvier dans la station grisonne pour papoter au sujet de la "La 4ème révolution industrielle", résauter et faire des affaires.

Une fois de plus, la plupart des quelque 500 journalistes conviés – quel honneur – à se frotter quelques heures durant à ces Maîtres du Monde, se prendront très au sérieux, feront sagement leur devoir de chantres asservis (histoire d'être réinvités l'année suivante…) et oublieront, le temps du Forum, la différence entre un chargé de relations publiques et le métier qu'ils disent pratiquer. Qu'importe, Ils auront "croisé" Bono, serré la louche de Manuel Valls, ou bu un verre avec Schneider-Ammann. Ce n'est pas rien !

Jean de la Fontaine m'ayant naguère inspiré, je leur dédie cette ode:

 

Maître journaliste à son bureau attablé,

Attendait que s'allume son PC.

Maître Klaus Schwab, par la pub alléché,

se fit fort de venir l'appâter.

"Hé ! Bonjour Monsieur du Journaliste.

Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !

Sans char, si vos textes sont aussi bien torchés

Que votre cerveau semble bien formé

Vous êtes LA personne qu'il nous faut !

Venez donc au Forum

Vous êtes notre invité !

Vous côtoierez de Grands Hommes

Ils seront enchantés !

Ne se tenant plus de joie et sacrément flatté,

Maître Journaliste s'empressa d'acquiescer.

Et ainsi on l'y vit, chanter, sans hésiter,

Dans la presse, la radio, et même à la TV

Les louanges de ses hôtes, évidemment charmés.

Sa voix est claire, son chant très beau

Le registre aigu, la tessiture soprano.

Une vraie voix de castrat ! Comparaison osée ?

Que nenni ! Après tout, notre ami est castré.

Sens critique et décence lui ont été ôtés,

Il n'est ni acheté, ni vendu, simplement… loué.

 

Un chiffre d'affaires que l'on peut estimer à 300 millions de francs pour cette manifestation, qui fait le bonheur des hôteliers de la région, de Klaus Schwab, de sa fondation, des agences de location de voiture (CHF 8 à 12.000 avec chauffeur), d'hélicoptères et… un peu moins des écologistes, puisqu'on estime que quelque 1.500 participants se déplaceront à bord de jets privés.

Ma dousssépouze…

…hypnothérapeute et enseignante en hypnose et PNL, vient de publier un livre. Evidemment, j'ai envie d'en parler. Pas (seulement) parce qu'il s'agit de mon épouse, mais parce que le livre vaut la peine d'être lu !

Si les thérapies courtes ont le vent en poupe, ce n’est pas par hasard. Nous sommes toujours plus nombreux à voir les limites de la médecine dite scientifique, dont les coûts augmentent plus rapidement que l'efficacité. C’est, notamment, ce qui explique l’engouement pour les traitements dits alternatifs, naturopathie, chromothérapie, PNL, EFT, AMO et surtout l’hypnose. Et donc, inutile de vous cacher que les pharma n'aiment pas beaucoup, que nombre de médecins se déclarent "sceptiques" et que les compagnies d'assurances maladie sont sourdes et aveugles, comme d'hab.

L’état hypnotique ? C’est un état de conscience modifié, donc différent de notre état habituel. Nous en faisons tous l’expérience, que ce soit lors de la lecture d’un roman, du visionnement d’un film ou en écoutant un morceau de musique : nous nous évadons. Et l’état hypnotique est justement ce moment de conscience où les choses sont perçues autrement. Cet état peut être reproduit avec un/e praticien/ne en hypnose et très rapidement faire disparaître des angoisses, phobies, addictions, mal de vivre, peur du lendemain, etc. Good-bye les anti-dépresseurs et les 600 francs par mois de psy…

Et c’est donc sans aucune gêne que je fais ici de la publicité pour le livre de mon épouse, qui nous emmène en voyage à l’intérieur d’une partie de nous encore bien mystérieuse, mais qui devient chaque jour un peu plus accessible: notre cerveau.

Sa thèse : jusqu’à peu, dans le domaine de l’accompagnement, chacun prêchait exclusivement pour sa propre paroisse, c’est-à-dire celle dans laquelle il/elle s’était spécialisé/e, que ce soit le coaching, la Programmation Neuro Linguistique (PNL), l’hypnose, la psychologie, les thérapies cognitivo-comportementales, etc. Depuis, les choses ont évolué avec l’émergence d’un accompagnement dit existentiel qui s’adresse à toutes les parties de l’être.

Son efficacité, d’abord empirique et clinique, a depuis été validé par les neurosciences et par des scientifiques provenant de nombreuses disciplines. Il s’agit d’un changement de paradigme extraordinaire dont nous ne sommes pas toujours conscients et qui pourtant a déjà commencé à modifier notre façon de penser, de fonctionner, d’enseigner, d’apprendre, d’interagir et… d’accompagner.

Dans son livre, Cécile Wyler Roulet va au-delà des différences et des guerres de chapelle entre thérapie et coaching, les différentes sortes d’hypnose ou techniques utilisées, pour rappeler ainsi combien l’accompagnement se doit par essence d’être intégratif. Et quoi de mieux que les symboles pour cela? Eux qui sont la porte d’entrée de chaque inconscient… Elle propose donc un voyage qui débute par la boucle corps, émotions, esprit, et la façon dont notre cerveau traite les informations qu’il reçoit. Voyage qui continue avec le langage de notre inconscient, celui des symboles et des métaphores.

Voyage enfin qui se conclut par des exemples de séances et de courtes explications sur les techniques utilisées, histoire de comprendre combien ce que nous croyons être la réalité n’est en fait que notre réalité subjective et personnelle. Celle que notre corps, nos sens, nos émotions et nos pensées créent ! Un petit extrait : « C'est grâce à nos cinq sens (visuel, auditif, kinesthésique, gustatif et olfactif) que nous appréhendons le monde qui nous entoure.

Les informations que ceux-ci nous transmettent sont instantanément acheminées vers notre cerveau. Celui-ci va les actualiser à chaque instant, en cartographiant l'état de notre corps mais aussi ce qui est extérieur au corps: l'environnement, les autres, etc. Les émotions liées à ces informations entraînent alors un mouvement qui va modifier le corps – en le faisant déglutir, pleurer, rire, trembler, transpirer, etc. Les émotions dites universelles telles que la peur, la colère, la tristesse, la joie, le dégoût et la surprise sont innées et entraînent des modifications corporelles automatiques dans le coeur, les poumons, les glandes, etc.

Notre cerveau va transformer ces perceptions et sensations en de nouvelles représentations mentales en les associant à celles qu’il a déjà créées et stockées dans son immense bibliothèque de représentations construites. Nous utilisons ce processus qu'il s'agisse de mémoriser quelque chose, d'évoquer un souvenir ou d'imaginer quelque chose. Ces représentations mentales… déterminent ce que nous croyons être la réalité, mais qui n'est en fait que notre interprétation de la réalité: une expérience subjective. Pourtant, cette dernière – parce que nous la croyons réelle – a un impact direct sur nos sensations, nos émotions, nos sentiments, nos valeurs, nos croyances ainsi qu'au niveau corporel. Car le corps va incarner ces expériences subjectives; et si celles-ci sont négatives, il va les traduire par des symptômes ou même des maladies. Mais, tout comme le corps peut influencer le cerveau, le cerveau peut influencer le corps".

Certes, on est encore loin d'avoir décrypté les mystères de notre cerveau. Ce qui par contre est certain, est que notre cerveau est notre meilleur médecin.

 

"COMMENT TRANSFORMER VOS VIES AVEC LES THERAPIES COURTES"

Cécile Wyler Roulet, Editions Favre. Dans les librairies et sur Amazon.fr

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Salut les masos !

Ras-le-bol de payer toujours plus pour votre assurance maladie ? Mais alors, pourquoi voter pour ceux qui, au parlement, roulent pour les pharma et/ou les assurances maladie ?

Notre industrie de la santé (pharma, hôpitaux et médecins notamment) pèse 70 milliards par année, soit plus que le budget de la Confédération. Ce n'est donc pas étonnant qu'elle s'offre les moyens de nous faire payer toujours plus. Elle dispose pour ce faire d'intervenants puissants et peut compter sur bien des parlementaires fédéraux et cantonaux acquis à leur cause. Chacun d'entre nous, femmes, hommes et enfants, malades et bien portants, est ainsi "taxé" de 830 francs par mois en dépenses de santé. Somme que nous payons à travers nos cotisations aux assurances-maladie, impôts et part des frais médicaux et pharmaceutiques à notre charge.

Il est donc grand temps de faire subir à cette industrie le sort que les Américains ont fait subir à nos banques, afin que cessent ces hausses et ce numéro de cirque qu'assureurs, médecins, hôpitaux, entreprises pharmaceutiques et petit monde politique nous présente chaque année en se renvoyant la balle pour dénoncer le(s) fautif(s) de l'explosion des coûts.

Il nous faut radicalement modifier notre approche du problème des coûts de la santé. La faire passer de réactive à proactive. En effet, cette industrie gagne ses milliards en soignant (pas toujours, mais souvent à grands frais) les effets de la maladie.

Or, pour la première fois de notre histoire, la médecine est progressivement en mesure de prévenir efficacement l'arrivée d'une maladie et donc d'éviter qu'elle intervienne. Ainsi, par exemple, un séquençage de l'ADN (un test que chacun peut faire faire aux Etats-Unis pour une centaine de francs), permet de calculer le pourcentage de risque d'attraper une certaine maladie et donc, dans de nombreux cas, de la prévenir. Quant aux soins à apporter une fois un mal déclaré, un séquençage du génome – qui coûte un millier de francs – permet de rechercher une mutation ou un gène particulier impliqué dans certaines maladies et donc, de guérir plutôt que de soigner.

Comme l'explique le médecin, généticien et chercheur Jacques Fellay: "il faut oublier la médecine paternaliste. Place maintenant à la médecine des 4P: préventive, prédictive, participative et personnalisée".

C'est également ce qu'explique brillamment le Dr. Eric Topol dans son récent ouvrage "The Creative Destruction of Medicine". Pour résumer ses thèses:

– les récents développement technologiques, notamment les connaissances en matière de génétique, révolutionnent l'industrie de la santé, qui est parmi les plus conservatrices au monde et qui résiste fortement aux changements qui affectent son porte-monnaie.

– nombre de médecins persistent à gaver de médicaments des personnes qui n'en ont pas besoin ou auxquelles ils ne produisent pas les effets désirés. – la formation des médecins est en retard d'une guerre au moins, notamment dans les domaines du développement de la génétique et la prévention.

– pour des raisons purement financières, il est pratiqués des milliers d'interventions chirurgicales inutiles et dangereuses chaque année et ces interventions, tout comme les erreurs médicales, provoquent de nombreux décès.

– Les thérapies brèves (hypnose, PNL, etc.) sont souvent très efficaces et ne coûtent que peu.

Or, nous avons largement de quoi faire mieux et moins cher. Comment ? En faisant usage courant des moyens dont nous disposons aujourd'hui en matière de prévention. Prévention ? C'est quoi ça ? Dans notre beau pays, où nombre de familles peinent à payer leurs cotisations d'assurance-maladie, la prévention, on s'en tamponne. Eh oui… les très rares mesures préventives prises en charge par nos assurances maladie sont énumérées exhaustivement dans une loi qui date et qui ne tient pas compte de l'évolution des connaissances médicales. Ainsi, par exemple, l'assurance de base refusera de prendre en charge une coloscopie – une mesure de prévention qui coûte quelques centaines de francs – sauf en cas de fréquence du cancer du côlon ou du rectum dans la famille. En clair, pour être remboursé, il faut que 3 personnes de la proche parenté aient souffert d'un tel cancer ou qu'un proche en ait fait un avant sa 30ème année. Mais si un individu constate avoir du sang dans les selles, son assurance payera sans rechigner les dizaines de milliers de francs qu'un traitement risque de coûter. Le fait qu'un cancer aurait pu être évité, n'est pas le problème des assurances qui se déchargent en disant: "ce n'est pas de notre faute si la loi est ainsi faite".

D'ailleurs, cette loi convient bien aux médecins (formés à "soigner", plutôt qu'à prévenir), aux hôpitaux (que les personnes en bonne santé n'intéressent que peu…) et au lobby des pharma (dont les membres engrangent des saladiers, surtout avec des maladies chroniques).

Prévenir vaut mieux que guérir, dit-on. Mais ce n'est pas (encore) la devise de l'industrie de la santé. Cela pourrait le devenir si nous étions moins passifs et résignés… A ce propos, évitez donc de voter pour ceux qui, année, après année font du lobbying pour les pharma et/ou les assurances maladie et contribuent à vous tondre. Ou alors, résignez-vous et payez !

Et, PS du Post-Scriptum: ce blog a paru il y a deux ans, mais comme pas grand chose n'a évolué depuis, je remets la sauce.

 

Quelques exemples de la façon dont les choses changent (cités par le Dr.Topol):

Les autorités de santé de Grande-Bretagne ont refusé l'homologation d'un médicament, son utilisation coûtant quelque 30.000 francs et par personne, estimant que le rapport entre le coût et le résultat obtenu était insatisfaisant. Son fabriquant, Johnson & Johnson a alors proposé de rembourser tout patient auquel ce médicament n'apporterait pas le résultat souhaité. Suite à cet engagement ce médicament a été approuvé.

Il existe déjà de nombreuses applications pour "smartphones" permettant à chaque individu de prendre certaines mesures vitales en temps réel, chez eux et de transmettre directement les informations à leur médecin. Ce dernier peut alors examiner les résultats et soit faire une consultation par skype (téléphone gratuite via internet, avec webcam), ce qui évite déplacements et perte de temps, soit ordonner des examens supplémentaires.

On utilise fréquemment le PEG-interferon, pour traiter l'hépatite C. Le traitement dure plusieurs mois et coûte plusieurs milliers, voire dizaine de milliers de francs. Or, il n'est efficace que dans 50 % des cas. La simple analyse d'une variante d'un seul gène du patient permet désormais de savoir à l'avance si le traitement fera effet ou pas.

 

(Au) Nom de Dieu !

« Non ! » tonna Cesla Amarelle, la pétulante Conseillère nationale, « Cela ne se passera pas comme ça !»

Pourtant, tout avait bien commencé. Dieu avait pu créer le ciel et la terre sans la moindre opposition. Les choses se gâtèrent toutefois rapidement. A peine s’était-Il exclamé « que la lumière soit ! » que Mme Amarelle fustigea ce « ton dictatorial, contraire à nos traditions démocratiques » et que par la voix de Ueli Leuenberger, les Verts exigèrent que l’énergie utilisée pour cette lumière provienne exclusivement d’éoliennes fabriquées en métal bio. Les socialistes, qui n’aiment pas se faire prendre de vitesse par les écolos, annoncèrent immédiatement que l’exploitation des masses laborieuses, y’en avait marre et qu’on ne forcerait pas les travailleurs à faire des heures supplémentaires pour faire face à la demande de lumière « Si négociations il doit y avoir, ce sera à la condition préalable qu’il n’y ait pas de conditions préalables » fit savoir le Président Levrat. Soucieux de montrer qu’il existait, Heinz Karrer, patron de Economie Suisse proposa donc la création d’un groupe de travail dont la tâche consisterait à mandater des d’experts dont la tâche serait d’animer une table ronde pour débattre du projet. Ce n’est qu’après que Dieu eut expliqué que la lumière proviendrait d’une grosse boule de feu dans le ciel, qu’il obtint le feu vert. Et la lumière fut.

Le second jour, ce fut le pied : personne ne s’opposa à la séparation entre ciel et terre – même si Bertrand Piccard fit savoir qu’il n’en voyait pas vraiment l’utilité.

Le troisième jour, catastrophe ! A peine Dieu avait-il crée les arbres, les fruits et les végétaux que Manuelle Pernoud, dans un « Spécial A Bon Entendeur » exigea que les produits de cette création soient bien conformes à l’ordonnance fédérale sur les denrées alimentaires. Christophe Blocher, interrogé par l’excellent Alain Rebetez, poussa une beuglante, comme quoi le bon peuple suisse n’avait « ni envie, ni besoin de produits étrangers », fut-ce des fruits et légumes. Quant à la Fédération romande des Consommatrices, elle insista sur un étiquetage rigoureux et détaillé. Un peu las, Dieu confirma dans l’après-midi que les fruits et végétaux qu’il venait de créer seraient produits sans pesticides. Dans les minutes qui suivirent, les actions de Monsanto et Syngenta perdirent plus de 80 % de leur valeur. « Une situation qui montre une fois de plus la passivité de notre gouvernement » clama Patrick Odier, au nom de l’Association Suisse des Banquiers.

Le lendemain, Dieu se mit tôt à l’ouvrage, créant la différentiation entre le jour et la nuit, les étoiles et l’organisation des saisons, des jours et des années. Ce fut un box monumental. Le standard de la RTS explosa sous les appels paniqués des téléspectateurs qui prenaient les étoiles pour des OVNI. Interrogée par l’ami Darius au TJ, Doris Leuthard annonça qu’elle aurait préféré une journée de 34 heures, vu que « chai peaucoup à faire et qu’une chournée de 24 heures est pas assez». Elizabeth Teissier fit savoir qu’elle avait prévu tout cela dans son livre paru l’an dernier et qu’il convenait simplement de savoir lire entre les lignes. Quant à Christian Lüscher, jamais en retard d’un p’tit coup de pub et proche, comme on le sait, du petit peuple, il affirma que le PLR lancerait tout prochainement une initiative populaire « pour que le peuple soit consulté sur le calendrier de saisons ».

Le cinquième jour ne fut guère plus propice aux projets divins. Certes, les poissons peuplèrent les océans et les oiseaux le ciel, mais le WWF peupla les ondes radio. « Les espèces doivent être répertoriées et protégées » fit savoir son porte-parole qui précisa : « il fait interdire aux animaux de manger d’autres animaux, sinon ce sera l’anarchie et la disparition programmée de certaines espèces ! ». Le lobby des assurances maladies demanda immédiatement au Conseil fédéral de leur accorder une hausse des primes, vu le risque important de voir ces animaux transmettre des maladies aux humains.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, on aperçut Joseph Jimenez et Severin Schwan, respectivement patrons de Novartis et de Roche s’envoyer un magnum de Château Pétrus chez Benoît Violier à Crissier (14.300 francs sur la carte). Car qui dit « maladies » dit « médicaments » et qui dit « médicaments » dit « Roche et Novartis ». Quant au commandant de corps André Blattmann, il se contenta de souhaiter que les pigeons aient un statut spécial, « leur utilité en temps de guerre n’étant plus à prouver ». Enfin, Christian Grobet, qui n’aime pas qu’on l’oublie, il fit savoir, au nom de l’Asloca, qu’ »aucune dérogation aux absences de demande d’autorisation refusées ne serait accordée ». Une fois de plus, personne ne comprit de quoi il parlait.

En ce soir du cinquième jour, Dieu était inquiet. Il avait prévu pour le lendemain, de créer les autres espèces animales et L’Homme, qu’il voulait à son image. Or, il venait d’être informé par les services de M. Schneider-Ammann que l’article 354 alinéa 3 de la loi sur le travail interdisait toute création les samedis et dimanches et que par ailleurs, fallait tenir compte des délais référendaires. Dieu alla donc consulter Raymond Lorétan, un PDC dont la modestie était aussi légendaire que son réseau. Moyennant des honoraires que la pudeur nous empêche d’évoquer ici, ce dernier lui proposa une étude détaillée et analytique des divers éléments de la création divine en vue de les rendre conformes aux nombreuses normes en vigueur. Le tout en un maximum dix-huit mois.

Dieu, qui avait aussi prévu de dire aux Etres Humains « croissez et multipliez et peuplez la surface de la terre » fut pris d’un grand doute – et d’un gros coup de blues. Avait-elle vraiment raison de vouloir peupler la terre de gens avides de pouvoir, belliqueux et plus enclins à expliquer les problèmes qu’à chercher des solutions ? Quelques verres de Damassine plus tard, elle se décida d’aller de l’avant. Et c’est ainsi que les 10 commandements se sont transformés en dizaines de milliers de pages de lois, règlements, arrêtés et ordonnances fédérales, cantonales et communales, les unes autorisant « à condition que… », les autres interdisant « à l’exception de… ».

Comme le disait naguère le chansonnier Gilles : « chez nous, tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire ». Santé !

Note : ce texte est satirique et les personnes citées n’ont jamais prononcé les mots qui leur sont attribués. Je précise, parce qu’on ne sait jamais…

Vols annulés, retardés ou surbookés: battez-vous!

Suite à mon post publié dans L'Hebdo du 3 septembre 2015, "Consommation: les voyous!", Voici un mode d'emploi pour vous défendre en cas de vols annulés, surbookés ou retardés.

 

La classe « bétail », c’est le petit nom sympa que certains professionnels de l’aviation donnent aux passagers de classe économique qui viennent s’entasser vers l’arrière des avions et attendent patiemment, genoux sur le menton l’arrivée des plateaux repas, alias « pitance » et de l’arrivée tout court.

Le développement des compagnies dites « low cost », genre EasyJet ou Ryanair n’a rien fait pour améliorer le confort des passagers – après tout, l’espace coûte cher – mais a par contre à considérablement contribué à l’augmentation des retards. Pourquoi ? Parce que ces compagnies savent qu’un avion qui est sur le tarmac ne rapporte rien et qu’il faut donc réduire autant que faire se peut la durée de la rotation, soit le temps qu’un avion passe au sol entre deux vols.

S’il faut aux compagnies traditionnelles 45 minutes ou plus pour décharger et charger des bagages, faire le plein, nettoyer la cabine, etc., les « low cost » tablent sur un temps réduit de moitié. Résultat des courses : un premier retard dans la journée est quasiment impossible à rattraper, car il n’y a pas de marge et les retards tendent à s’accumuler.

C’est une des raisons pour lesquelles près de 20% des vols au départ ou à l’arrivée de l’aéroport de Genève avaient plus de 15 minutes de retard en 2014, selon une enquête de « On en parle » et « Bon à Savoir» (problème technique, météo, engorgement du ciel font évidemment aussi partie des raisons des retards).

Que faire, à part pester ?

Depuis 2006, la Suisse a adopté le règlement européen (CE 261/2004) qui établit de nouvelles règles relatives au système de compensation pour refus d'embarquement, annulation et retard important dans les transports aériens. Ainsi, à condition d’avoir accompli les formalités d’enregistrement à temps, ces droits s’appliquent aussi bien en partance d’un aéroport suisse ou de l’Union européenne, comme en partance d’un aéroport situé en dehors, lorsque le vol est assuré par une compagnie suisse ou de l'Union européenne.

Facile à trouver sur internet, mais un peu technique, ce règlement indique les droits des passagers et les indemnités auxquelles ils peuvent prétendre. Une précision : un transporteur aérien n'est pas tenu de verser d'indemnisation s'il est en mesure de prouver que l'annulation est due à des circonstances extraordinaires (conditions météorologiques défavorables, risques en matière de sécurité, etc.).

Si votre vol est annulé, la compagnie aérienne doit vous donner le choix entre le remboursement du billet (avec, le cas échéant, un vol gratuit vers votre point de départ) ou un acheminement vers votre destination finale par un vol de remplacement. Elle doit aussi vous proposer à court terme des repas et des rafraîchissements, éventuellement un séjour à l’hôtel (avec prise en charge des transferts) et des moyens de communication. Vous devez être informés des transports alternatifs et la compagnie doit également vous verser une indemnisation (sauf si elle vous a averti suffisamment à l’avance) qui varie de € 250 à 600 selon la distance de votre vol. Cette indemnisation peut être diminuée de moitié si vous n’êtes pas retardé, respectivement, de plus de 2, 3 ou 4 heures.

 

Si votre vol est retardé de plus de 2, 3 ou 4 heures, la compagnie doit, selon la distance, vous proposer de repas, des rafraichissements et des moyens de communication, éventuellement un séjour à l’hôtel (avec prise en charge des transferts). Si le retard dépasse 5 heures et que vous renoncez à votre vol, elle doit également vous proposer un remboursement de votre billet (et, le cas échéant, un vol gratuit vers votre point de départ).

 

Si votre vol est surbooké (trop de passagers pour le nombre de sièges disponibles), la compagnie doit demander en premier lieu à des volontaires d’abandonner leur siège en échange des indemnisations prévues. Si vous n’êtes pas volontaire, vous avez droit à une indemnité, fonction de la distance, et pouvez choisir entre un remboursement du billet (avec le cas échéant, un vol gratuit vers votre point de départ), être acheminé vers votre destination finale par un vol de remplacement et/ou recevoir un dédommagement. Cette indemnisation peut être diminuée de moitié si vous n’êtes pas retardé, respectivement, de plus de 2, 3 ou 4 heures.

 

En cas de problème, contactez un/e représentant/e de la compagnie, afin qu’il/elle règle le problème. Cela peut se faire en personne, par courriel ou courrier postal. Il suffit d’indiquer la date, le numéro du vol et le nom du/des passagers, en se référant à la directive CE 261/2004. En cas de refus, vous pouvez porter plainte dans le pays de départ (Suisse ou l’UE) ou dans celui d’atterrissage si le vol décolle d’un autre pays avec une compagnie suisse ou européenne. Rappelez-vous cependant qu’une compagnie peut refuser un dédommagement si le problème est dû à des circonstances extraordinaires.

Une liste des autorités compétentes des différents pays est disponible via le site de l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC). Par ailleurs, l'OFAC a mis sur pied une ligne téléphonique ‑ +41 (0)58 465 95 96 ‑ destinée aux usagers pour toutes les questions d'ordre général en relation avec le droit des passagers. Elle est en service les jours ouvrables l'après-midi de 14 h à 16h. Enfin, vous trouverez aussi sur le site de l’OFAC le formulaire à remplir pour que l’OFAC prenne votre dossier en charge.

Grosses rognes !

Je suis en pétard. Et ce ne sont pas les raisons qui me manquent !

Elections fédérales : elles auront lieu le 18 octobre et 60 % de la population s’en tamponne, moi inclus. A qui la faute ? En ce qui me concerne, c’est en partie la mienne (j’y reviendrai). Mais j’en veux surtout à celles et ceux pour qui je votais naguère, pensant naïvement qu’ils avaient « quelque chose dans le ventre », qu’ils allaient diriger et choisir les meilleurs parmi eux, hommes et femmes de vision, pour devenir Conseillers fédéraux. Or, nos parlementaires comme nos conseillers fédéraux sont au mieux des gestionnaires. Et rarement des bons…

Ils jureront que non, mais nombre d’entre eux sont un peu achetés – ou un peu vendus – voir beaucoup. C’est que la demande est forte : lobbyistes et conseils d’administration de tout poil leur font la cour à coup d’honoraires, de champagne et de petits fours. Sans parler de celles et ceux qui, employés par une compagnie d’assurance, pharma, banque ou autre, vivent et votent déjà sous influence.

A gauche, trop de bien-pensants, vrais et faux naïfs, débiteurs d’âneries et de manipulation (opinion personnelle, évidemment). Entre les déclarations du genre : « une personne qui risque la mort dans son pays doit pouvoir être accueillie en Suisse, même s’il s’agit d’un terroriste » et les « exagérations » quant au nombre de conseils d’administration auxquels les députés appartiennent, ils et elles me fatiguent. Les slogans du genre « travailler moins et gagner plus » ? ras le bol. Le malheur de la gauche , c’est qu’elle a obtenu quasiment tout ce qu’elle demandait au cours des décennies écoulées et qu’à part exiger des loyers gratuits et un compte en banque garni pour tout le monde, c’est un peu le désert de Gobi niveau vision à long terme.

Quant à la droite, encore et toujours drapée dans son blabla sur le « trop de » (trop d’impôts, d’Etat, de demandeurs d’asile, de restrictions, de subventions, etc.), elle déborde de députés inféodés, qui à la pharma, qui à la banque, qui chez les fiduciaires. Elle me navre avec son manque de générosité congénital, son incapacité de penser au-delà des élections, sa tendance à légiférer en tenant compte de ses propres intérêts, ses poncifs et ses vieux pontes et pontesses qui ne pensent que poignon.

Le centre ? Bof, mollachu comme les autres. Ni de droite, ni de gauche, bien au contraire. Et des slogans creux genre « fais-le pour ta famille ». Ah oui… le PDC s’engage « pour une classe moyenne forte et une économie florissante ». Punaise ! Plus révolutionnaire que ça tu meurs ! Alors oui, je m’abstiens et je m’en veux, car je me dis parfois qu’au lieu de gueuler, il faudrait que je me bouge pour que ça change. Alors j’écris un blog. C’est faiblard, je sais.

Assez de politique. Autre rogne, à propos des abus de nos pharma et de l’imbécilité de ceux qui nous gouvernent en matière de (non) remboursement de certains soins et actes de prévention. Une lectrice m’écrit : »souffrant de sclérose en plaques, j’ai choisi de me soigner de manière naturelle, sans que cela ne coûte un centime à ma caisse maladie. Mais quel parcours du combattant… Si j’avais suivi la filière « médicaments », mon assurance en aurait eu pour un bon demi-million. Cela fait 26 ans que je suis malade, mais sans handicap, si ce n’est des lourdes dettes, car mon traitement n’est pas reconnu par la LAMAL (loi sur l’assurance maladie) ». Génial non ? Et qui donc peut modifier la LAMAL ? Réponse plus haut…

Rogne aussi quand je pense à Genève, canton-ville friqué s’il en est et aussi fortement endetté que mal géré. Bien des riches y travaillent et y habitent, fiers de se pavaner en smoking et de donner quelque ronds par ci et par là, lors des soirées mondaines où l’on récolte des fonds « pour les malheureux ». S’ils regardent parfois la télé, ils verront comment de gens comme Noël Constant (La Coulou, Carrefour-Rue) se battent pour trouver l'argent nécessaire pour venir en aide aux plus démunis, auxquels ils consacrent aussi leur temps. Et cela, dans ce même Genève où un seul associé d’une seule banque privée gagne plus d’argent en un mois qu’il en faudrait à Noël Constant pour fonctionner toute une année… Je fais du populisme ? Oui, et alors ? Ruth Dreifuss me disait naguère : « remercie ces personnes aisées, même si elles donnent peu par rapport à leurs moyens. Après tout, elles pourraient aussi ne rien donner ». Je n’étais alors pas d’accord et ne le suis toujours pas.

Histoire de ne pas en vouloir qu’aux politiciens et aux riches, une dernière petite rogne généraliste : vous trouvez normal de vous plaindre parce que les prix dans les supermarchés sont plus élevés en Suisse qu’en France ? N’oubliez-vous pas que les salaires (le vôtre notamment), les loyers, les rentes, etc. sont aussi nettement plus élevés qu’en France ? C’est en bonne partie à cause de tous ces petits malins qui vont faire leurs courses en France et exigent des prix toujours plus bas dans nos magasins que les COOP, Migros et autres Denner tuent gaiement les petits producteurs de Suisse. Et ceux qui survivent sont souvent contraints de produire moins cher et donc, de réduire la qualité. Donc, ne vous étonnez pas qu’en payant un prix de m… ce que vous mangez en sera aussi. Et que vivent les saumons gavés d’antibiotiques et les cultures intensives aux pesticides Monsanto !

PS : vous voulez savoir qui a « loué » votre parlementaire préféré ? consultez le registre officiel des intérêts des parlementaires : http://www.parlament.ch/d/organe-mitglieder/nationalrat/Documents/ra-nr-interessen.pdf

et lisez : http://www.rts.ch/info/dossiers/2015/elections-federales/6946212-interet-general-lobbyisme-des-parlementaires-dans-la-zone-grise-.html

Oh ! réveillez-vous !

Nous sommes des veaux schizo. Pourquoi ? Parce que nous avons tendance à lécher la main qui nous gifle et que nous perdons un peu trop souvent contact avec la réalité.

Petit exemple récent : Novartis, apprend-on, va payer jusqu’à 1 milliard de francs à GlaxoSmithKline pour les droits d’un médicament notamment lié au traitement de la sclérose en plaques, une maladie chronique qui affecte le système nerveux. Selon la banque Vontobel, le « marché » mondial de la sclérose en plaque – plus de 2 millions de malades – pèse 19 milliards. Donc, Hosannah au plus haut des cieux puisque Novartis pourrait se faire un saladier, ses actions prendre l’ascenseur et ses dividendes augmenter. Or, comme la plupart de nos caisses de pension ont des actions de cette société dans leur portefeuille, on est bien contents. Champagne !

Mais… car il y a un mais : il est probable que les quelque 10.000 personnes souffrant de cette maladie en Suisse achèteront ce médicament. Et si Novartis le paie un milliard, je doute qu’on le trouve en discount chez Aldi ou Lidl, Novartis ayant plutôt tendance à abuser d’une position dominante que faire œuvre de charité. Et donc, la dose risque fort de coûter bonbon. Vous ne vous sentez pas concernés ? Vous l’êtes cependant, car c'est grâce notamment à de tels « investissements » des Novartis, Roche et autres Bayer que le coût de la santé et celui des primes d’assurance, ne cesse d'augmenter. Cette année, ces dépenses atteindront quelque 800 francs par mois et par personne en moyenne (enfants inclus) et pour bien des ménages, ça coince déjà pas mal. Et et ce n’est pas près d’aller mieux.

Heureusement pour ces fleurons de notre industrie, le lobby de la santé (sic) reste très présent au parlement fédéral et entre les pharma et les caisses maladie, on peut dire – sans trop de risques d’être traîné devant la justice pour diffamation – que ce groupe de pression dispose de suffisamment de parlementaires inféodés (je n’ai pas dit achetés ou loués à l’année…) pour pouvoir mener ses petites affaires sans que quiconque ne s'en mêle.

En clair : Novartis investit l’argent de ses actionnaires (nous notamment, à travers nos caisses de pension), puis, va présenter son nouveau produit à des médecins (de préférence lors d’un congrès à Phuket en hiver, tous frais payés). Ces derniers, convaincus de son efficacité, vont le prescrire quel que soit son prix, puisque grâce au lobby de la santé, ce médicament sera approuvé au remboursement par nos aimables compagnies d’assurance maladie. Celles-ci paieront Novartis avec l’argent de nos primes (tout comme elles paient salaires, pub et autres magazines inutiles avec cet argent) et si tout va bien, les actions de Novartis grimperont (youpee) et les patrons de la boîte se feront voter des couilles en or, via augmentation de salaire et bonus.

Pas de doute, nous sommes donc bien schizo : contents que Novartis gagne de l’argent en oubliant que c’est sur notre dos ou ravis que UBS, Credit Suisse et autres payent des milliards d’amende pour s’être comportés comme des voyous, mais oubliant que c’est avec l’argent des actionnaires qu’elles sont payées.

Et nous sommes des veaux, car nous acceptons tout cela sans nous révolter !

Athènes: j’y étais, j’ai tout vu…

Ras-le-bol de lire tout et n’importe quoi sur la Grèce et donc, cap sur Athènes, où je viens de passer quelques jours, histoire de me faire ma propre idée.

Cela ne fait évidemment pas de moi un expert. Je pense toutefois avoir une vue plus complète – ou du moins plus terre à terre – de ce que vivent les habitants de ce pays que les nombreux journalistes qui savent tout sans avoir quitté leur bureau, les membres de la troïka, qui arrivent en limousine et séjournent dans les hôtels de luxe ou M. Schaüble qui ne connait de la Grèce que des chiffres.

Certes, Athènes n’est pas la Grèce, mais c’est quand-même 40% de la population du pays et sur les îles, où la plupart des habitants sont propriétaires de leur maison et font souvent pousser fruits et légumes, la situation semble être moins dure qu’en ville. Voici donc ce que j’ai vu, entendu et ressenti en allant me balader aussi bien dans les quartiers chics que défavorisés et dans les parcs du centre-ville où s’entassent des centaines de migrants notamment d’Afghanistan, d’Irak, de Turquie et Syrie, mais également de Roumanie, de Bulgarie et de Russie.

Les touristes sont très nombreux au centre d’Athènes, dans le triangle que forment les quartiers de Plaka et Monastiraki avec la place Syntagma. On y trouve des ruelles bardées de magasin de souvenirs (huile d’olive, T-shirts, Ouzo) affichant des prix « européens », tout comme une myriade de tavernes où la nourriture est aussi fade que les quelques refrains connus, débités par des musiciens fatigués.

En fin de journée, dès qu’il fait un peu moins chaud, la jeunesse dorée locale se donne rendez-vous sur les toits des plusieurs immeubles de la place Monastiraki, où se trouvent les bars branchés. Ils sont des centaines à s’envoyer des mojitos et autres caïpirinha à 10 euros le verre. Rejetons de parents aisés, Grecs vivant en Europe ou aux Etats-Unis, ils viennent retrouver leurs amis en été. La crise ? Elle ne les touche pas et en sortant du bar pour retrouver leur Porsche ou BMW, ils ne voient même pas les petits vieux qui cherchent à vendre l’un une nappe brodée, l’autre une icône, aux touristes qui déambulent sur la place.

Eux, ces petits vieux qui vivent à Athènes, ils la sentent passer, cette crise. Ils avaient souvent des emplois modestes, payaient leurs impôts et leur cotisations sociales et se réjouissaient de leur retraite. Mais leurs pensions ont fondu et ils doivent se débrouiller avec 200 euros par mois, voire moins, tout en ayant un loyer à payer et devoir se nourrir. Mendier ? Non. C’est indigne. Alors on joue de l’accordéon, on vend quelques bibelots, des nappes en espérant que la saison d’hiver, peu touristique, ne soit pas trop dure, ni trop froide et que le corps tienne le coup sans médicaments, souvent trop chers.

L’Eglise – ou plutôt les popes – sont omniprésents. Fonctionnaires de l’Etat, bien payés et manifestement bien nourris si l’on croit leur embonpoint, ils connaissent la dévotion de leurs ouailles et tout prétexte, que ce soit conjurer le mauvais sort, une naissance, un mariage, un baptême, une visite de malade, une bénédiction, un décès, est bon pour tendre la main et prendre à ces pauvres les quelques sous qui leur restent. Cela permet à l’Eglise d’être généreuse, de dispenser des soins et des aliments et donc, d’être populaire auprès de ceux qui oublient que c’est finalement avec leur argent que tout cela se paie…

On les voit moins, ces popes, derrière la grande place Omonia où de nombreux Chinois se sont installés. Petits commerces, gros trafics. Ce sont les triades qui alimentent en drogue les Africains qui monopolisent la vente. La plupart des immeubles sont tagués et on y voit dans les rues les ravages de l’héroïne. Quelques hommes s’y piquent déjà tôt le matin, sous le regard indifférent des prostituées roumaines, russes, moldaves ou autres, à 10 ou 20 euros la passe (« syphilis, sida ou hépatite garantie », me dit mon chauffeur de taxi). A quelques pas de cette Chine miniature, les ghettos d’Albanais, de Macédoniens, de Turcs qui souvent, dorment dans des maisons abandonnées, aux vitres cassées et aux murs plein de graffitis. Il est peu recommandé d’y venir seul la nuit….

Mon chauffeur, 32 ans, né en Allemagne de parents grecs est revenu au pays à l’âge de 12 ans. Il a deux enfants, travaille entre 12 et 14 heures par jour, 7 jours sur 7 et ramène entre 600 et 700 euros par mois quand tout va bien. Il m’amène dans un magnifique parc du centre-ville, naguère prisé tant des Grecs que des visiteurs. Il est 08h.30 et il fait déjà 34 degrés. Des centaines de tentes sont plantées le long des allées. Mises à disposition par des organisations caritatives, elles abritent des familles de migrants, demandeurs d’asile, réfugiés. Hommes, femmes, enfants, bébés. Ils n’ont. Ne font rien. Ne peuvent rien faire. Attendent. A un croisement d’allées, deux toilettes portables, un petit dispensaire et une distribution d’eau, d’habits et de nourriture sert de lieu de rencontre. Les Grecs, traditionnellement hospitaliers et généreux, aident. Mais souvent démunis, ils ne peuvent pas offrir grand-chose. Le moral est dans les chaussettes ; on se sent mal compris, incompris, abandonné alors que tant de migrants et réfugiés se poussent au portillon, surchargeant l’Etat et les organisations caritatives.

On a déjà tout dit et redit sur cette Grèce qui a « triché » pour entrer dans l’Europe, avec l’aimable complicité de ces fumiers de banquiers d’affaires et de gestionnaires de fonds qui s’en sont mis plein les poches sur le dos de ce pays. On a plus que largement fait état de cette Eglise, riche à milliards et qui ne paie pas d’impôts, de ces nantis ayant planqués des sommes faramineuses en Suisse et ailleurs, de cette « indiscipline » quant au paiement des impôts. Je sais tout cela.

Mais en voyant ce magnifique pays, ces habitants chaleureux, ouverts, bon vivants, ayant le sens de la fête, je me dis que nous nous comportons, nous aussi, amis Européens, comme une belle bande de salopards. Solidarité ? Bof. Partage ? Re bof. Empathie ? Connais pas. Pendant que les gouvernements européens, Suisse incluse, pratiquent la masturbation intellectuelle pour savoir combien de réfugiés ils pourraient éventuellement sous toutes réserves accepter sans que cela ne vienne trop troubler leur sieste, nos voisins, les habitants de la Grèce, souffrent.

J’aimerais tant que pour une fois, nous cessions de compter les francs et les centimes (ou les milliards de dettes, que d’autres pays ont également et dont on sait qu’ils ne seront jamais remboursés) et que nous agissions en frères humains. Certes, les Grecs ont le sens de la tragédie et tendent parfois à en rajouter. Et alors ? Quand rien ne va, les peuples du nord vont chez le psy et prennent du Prozac. Les Grecs pleurent, mais chantent et dansent. Y’a pas photo ! Alors… à vot’ bon cœur Messieurs-Dames des gouvernements européens : il est temps pour les Grecs de retrouver l’envie d’entreprendre et à nous de les aider pour y arriver.

Les voyous !

Il y en a de toute taille : des gros, comme UBS, HSBC, Goldman Sachs et des cabinets d’audit genre Ernst & Young (voir L’Hebdo de cette semaine, page 40). Il y en a de mois gros, que l’on trouve à la FIFA, à l’UEFA et dans certaines pharma,. Il y en a des plus petits, tout aussi roublards, tricheurs, escrocs à la petite semaine ou quand l’occasion se présente. Je pense notamment à certaines compagnies d’assurances – promptes à encaisser les primes et réticentes lorsqu’il s’agit de payer des dommages – ou de téléphonie, qui abusent de l’ignorance de leurs clients.

Et puis, il y a parfois les « essayé pas pu » et là, un exemple qui m’a touché de près : mon fils devait prendre un vol EasyJet au départ de Genève, prévu à 07h.05. A midi, après des annonces successives de retard, le vol n’était toujours pas parti…Je vous la fait courte : selon la directive européenne CE 261/2004, les passagers ont droit à des compensations en cas d’annulation ou de retard, la somme variant en fonction de la distance et de la durée du retard.

Donc, demande faite à EasyJet qui répond en substance : « désolés, vraiment désolés de ce retard, dû dans un premier temps à un problème technique, puis à un problème de créneau horaire dépendant de l’aéroport et donc, ce second délai ne nous étant pas imputable, nous ne pouvons pas vous offrir de compensation. Mais évidemment, on compte sur votre fidélité, merci ». Re courriel à EasyJet avec demande de préciser la durée occasionnée par chacune de ces deux causses de retard. Pas de réponse. Donc, le père journaliste que je suis contacte le service de presse de EasyJet avec la même demande : quelle ont été les durées des retards dus respectivement au problème technique et au problème de créneau qui, soit dit au passage, ne dépend pas de l’aéroport, mais du contrôle aérien…

Et là, MIRACLE !!! Non, toujours pas de réponse de EasyJet aux questions posées, mais un courriel confirmant qu’effectivement, le retard était dû à un problème technique et que mille excuses et désolation. Nous nous sommes plantés en écrivant qu’aucune compensation n’était due. Il s’agit d’une malencontreuse erreur et donc, le passager a droit à un dédommagement de EUR 400. Tout est bien qui finit bien ? Pas vraiment… En refusant de fournir les informations demandées tout en reconnaissant être responsable de ce retard considérable, EasyJet s'en tire agréablement bien, car qu'en est-il des autres passagers, auxquels EasyJet a sans doute répondu NIET dans un premier temps ? La compagnie offrira-t-elle une compensation à tous les passagers concernés ? uniquement à ceux qui ont réclamé ou seulement à ceux qui ont un père journaliste ?

Questions posées à EasyJet il y a une dizaine de jours. Silence radio depuis. Avis donc à tous ceux qui se font rouler dans la farine par des entreprises aux procédures parfois douteuses : ne vous laissez pas marcher sur les pieds et battez-vous. Cela en vaut souvent la peine et vous aurez plus de plaisir à vous regarder dans le miroir le matin que si vous vous résignez à jouer le rôle du pigeon…

 

PS : en cas de retard ou d’annulation d’un vol, adressez-vous tout d’abord à la compagnie aérienne. Si vous n’êtes pas satisfait par la réponse ou si vous n’avez pas reçu de réponse dans les 6 semaines, cliquez sur le lien ci-dessous, téléchargez le formulaire et envoyez-le à l’Office fédéral de l’aviation civile OFAC, Droits des passagers, CH-3003 Berne.

http://www.bazl.admin.ch/dienstleistungen/passagierrechte/01019/index.html?lang=fr

Dévalorisons le travail!

Dieu n’a pas fait dans la dentelle! Au premier «couac» d’Adam, agréablement installé au paradis, la sentence tombe: «puisque tu as mangé du fruit de l'arbre défendu, c'est désormais à la sueur de ton front que tu te nourriras» lui dit en substance l’Eternel. Cette malédiction est à l’origine du mot «travail», du latin «trepalium», un instrument formé de trois pieux, auquel on attachait les esclaves pour les punir. Travailler devient ainsi «torturer, tourmenter avec le trepalium».

Dans les sociétés primitives, on n’accordait aucune valeur au travail. Les activités auxquelles elles s’adonnaient avaient pour objectif d’assurer leur survie. On n’en accordait pas plus dans la société grecque où le travail est assimilé à des tâches dégradantes. Ne sont alors valorisées que les activités éthiques et politiques. D’ailleurs, à l’époque romaine, même Dieu ne travaillait pas, la création du monde étant considérée comme «opus» (œuvre) et non «labor» (travail, châtiment). Pour l'église, le travail va être défini comme une loi naturelle à laquelle personne ne peut se soustraire pour subvenir aux besoins de la communauté. Il va progressivement devenir un instrument privilégié de lutte contre l'oisiveté, la paresse et les mauvaises tentations qui détournent de la tâche principale: la contemplation et la prière. Cependant le travail n'est pas valorisé: il est pénitence et jusqu’à la fin du Moyen Age, restera une activité dégradante.

Il faut attendre Adam Smith et son ouvrage «La Richesse des Nations», paru en 1776 pour assister à un début de valorisation du travail, car, dit Smith, bien organisé, le travail humain est une puissance formatrice de valeur et donc un facteur de production. Il faut toutefois attendre la seconde partie du 19ème siècle pour que les marxistes associent pleinement les mots «travail» et «valeur», en bonne partie en opposition aux "parasites" détenant le capital.

Ainsi, après 25 siècles au cours desquels le travail était une malédiction d’origine divine, le voici qui devient le rapport social qui structure nos sociétés. Ce qui me semble paradoxal est qu’aujourd’hui, pas grand monde ne travaille pour son plaisir. On travaille par nécessité, pour disposer d’un revenu permettant non seulement d’assurer notre survie, mais aussi nos envies et besoins. Or, si le travail couplé à la rémunération n’est pas la joie, pourquoi pointer du doigt ceux qui n’en bénéficient pas? Dans nos sociétés industrialisées, ne pas avoir d'emploi, lorsqu'on n'est ni riche, ni retraité, est souvent assimilé à une perte d’identité. «Je travaille, donc je suis et si je ne travaille pas, je ne suis plus rien».

Les personnes sans emploi ont donc souvent honte de leur situation. Ils/elles se sentent inutiles, culpabilisent, se terrent et perdent progressivement confiance en eux. Ils sont chômeurs et parfois, après quelques mois d’indemnisation et de découragement, disparaissent des statistiques et deviennent des «non-personnes». Chômeur? un terme qui provient du grec «kauma» qui signifie «se reposer pendant la chaleur». Le rêve, non?  Depuis le début du 20ème siècle, c’est toutefois devenu «l’état d’inactivité d’une personne souhaitant travailler». Souhaitant travailler? hum… je dirais plutôt «ayant besoin d’un revenu». Car si tout le monde disposait d’un revenu qui ne soit pas lié au travail, je doute que tout le monde veuille travailler.

Convaincu qu’au cours des décennies à venir, il y aura de moins en moins de travail et donc d'emplois, je crains donc que le nombre de personnes sans revenu provenant d'une activité lucrative ne progresse fortement. Toujours plus de monde pour toujours moins d’emplois est une recette explosive. Sauf si l’on "découple" travail et revenu. Car les richesses sont là. Certes, de moins en moins bien réparties, mais là quand-même. En l’espace de moins de 20 ans, nous avons assisté à un déplacement de richesses phénoménal. Le nombre de milliardaires recensés (2.325) bat des records, tout comme la fortune qu’ils possèdent (7.300 milliards de francs) et un petit pourcent de la population mondiale détient 95 % de l'ensemble des richesses de notre monde. Peut-être le moment est-il venu de repenser aussi bien le travail que la valeur qu’on y attache. Le travail rémunéré? Il y en aura de moins en moins et donc, il est grand temps de réfléchir à un changement de paradigme auquel nous n’échapperons pas. «Il ne peut y avoir de démocratie lorsque les richesses sont concentrées dans les mains de quelques individus». (Louis Brandeis, juge à la Cour Suprême des Etats-Unis, 1856-1941)