Moi Johann S.A, j’me marre

 

 “Foutage de gueule et langue de bois”, telle pourrait être ma devise. Vous vous demandez peut-être ce que vous avez fait au bon Dieu et au PLR pour que je sois membre du Conseil fédéral ? Bonne question ! 

Ainsi donc, comme le révèlent les gazettes, je viens d’annoncer un paquet de mesures pour faciliter les importations, alléger la bureaucratie et réduire les achats transfrontaliers.  J’ai pris mon temps, pas vrai ? C’est qu’on n’est pas Bernois pour rien !  Comment je vais m’y prendre ? Fastoche ! Permettez que je me cite: “si les coûts peuvent être réduits grâce à de meilleures conditions cadres, alors les prix vont aussi baisser. C’est la meilleure recette contre le tourisme d’achat”. Vous n’avez pas bien compris ? Sans blââââgue… Moi non plus. Donc, précisons:

“Nous avons deux possibilités pour améliorer les conditions cadres des entreprises: soit réduire la bureaucratie, soit éliminer les obstacles au commerce ou en garder un nombre très bas. Je ne peux pas imposer aux consommateurs de faire leurs achats en Suisse. Mais chacun doit être conscient qu’il peut contribuer à conserver des places de travail et de la prospérité dans notre pays”.

C’est plus clair, d’accord, même si cela ne veut pas dire grand chose. Je terminerai donc pas un scoop-foutage-de-gueule: “nous allons continuer à nous attaquer aux cartels et à l’élimination des entraves techniques au commerce, à l’origine du niveau élevé des prix en Suisse”. Et merci d’avance aux esprits chagrins de ne pas me rappeler ce titre du magazine BILAN d’avril 2013: “La lutte contre les cartels prend du retard”.

Bon, va falloir que je vous quitte car je suis en route pour l’Arabie Saoudite et le bon roi Salman n’aime pas qu’on le fasse poireauter. Laissez-moi donc rapidement vous expliquer ce que signifie “dire pour ne rien parler”. Questionné par “Blick” sur l’opportunité de me rendre en Arabie alors que ce pays sème la mort au Yemen, boycotte le Qatar, finance (discrètement) des mouvements terroristes et considère la femme comme l’égale de la chèvre, voici ce que j’ai répondu (extraits):

“Les crises doivent être résolues par le dialogue. Au Yemen, nous aidons la population civile avec de l’aide humanitaire. Quant au matériel de guerre que nous vendons, nous devons éviter qu’il puisse être utilisé par les belligerents. Ainsi, la Suisse n’accepte de vendre du matériel militaire aux pays impliqués dans la guerre au Yemen que si nous n’avons aucune raison de croire que ce matériel pourrait y être utilisé”.

Pas mal, hein ? C’est comme si je vous vendais quelques lignes de coke, pour peu que je n’ai pas raison de croire que vous allez sniffer ! Quant au volet “terrorisme”, je suis très fier de mon “il est indéniable que l’Arabie Saoudite s’est engagée dans la lutte contre le terrorisme et que cet engagement s’est fortement développé au cours des années écoulées”. Le roi sera ravi et la délégation d’entrepreneurs de Suisse qui m’accompagne et espère quelques juteux contrats appréciera. A vos stylos, prêts ? signez !

 

Moi, roi Salman d’Arabie, j’me marre !

“Une affaire qui roule; une affaire qui VOUS roule”, telle est la devise du business que je dirige avec mon fils, prince héritier, et que vous appelez “Arabie Saoudite”. Moi, Salman ben Abdelaziz al Saoud, je ne fais pas dans la dentelle.

Et que j’inonde l’Occident de mosquées wahabites (financées par VOS achats de MON pétrole), et que j’exporte les imams les plus extrémistes dans vos sympathiques pays peuplés de “bien pensants”, et que j’organise des distributions de Coran dans vos rues ! Tout ça sans que vos gouvernants ne tiquent ! Pas de doute, y’a de quoi se marrer.

Dire qu’en plus, Donald T. me mange dans la main quand je mets le Qatar au ban des nations sous prétexte que ce morveux de Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani finance le terrorisme ! Comme si nous n’en faisons pas autant à nos heures perdues… C’est je crois ce qu’en Occident, vous appelez une assurance-vie.

Paraît que chez vous on dit que quand on aime, on ne compte pas. Moi non plus, je ne compte pas. Ni mes sous (y’en a trop), ni sur mes amis (traîtres en puissance). Raison pour laquelle je viens d’annuler ma venue au G20 de Hambourg de cette semaine. On ne sait jamais…

Ce que me coûte ce petit caprice ? A peine quelque 4 millions de francs. Faut dire que j’avais fait réserver les 160 chambres et suites du plus bel hotel de la ville, le Vierjahreszeiten, pour une semaine et pour un petit million de francs. Plus quelque 250 chambres dans d’autres hôtels pour un autre petit million. C’est que je n’aime pas trop voyager seuls, la cinquantaine de membres de ma suite rapprochée et mes 14 cuisiniers personnels vous le confirmeront.

Suite aux visites de mon staff, qui a photographié toutes les chambres, nous avions commandé quelques transformations au Vierjahreszeiten. L’hôtel n’a pas hésité à casser des murs pour agrandir la suite royale (minable, avec ses  400m2), installer des toilettes et lavabos en or et des vitres blindées et aménagé une salle pour le trône que j’emporte dans tous mes voyages, etc. Tout cela pour quelques 4 millions de francs seulement, alors que j’allais quand-même y rester deux jours !

Alors je me marre, car même au prix cassé de 49 dollars le baril de pétrole, les 10,5 millions de barils que nous vous vendons quotidiennement nous rapportent net dans les 400 millions de francs. Donc, claquer 1 % de mon revenu quotidien, ce n’est pas la fin du monde, même si en ce moment, on est un peu serrés. Les achats d’armes aux Etats-Unis nous coûtent bonbon, mais bof…L’amitié, je vous le disais, cela n’a pas de prix.

4 millions pour mon petit caprice ? C’est, chers amis Suisses, la somme (brute et totale) que ceux d’entre vous qui gagnent 8.000 francs par mois, auront gagné en 40 ans de travail. Rigolo, non ?

 

PS: les informations concernant l’hôtel à Hambourg proviennent en partie du magazine Der Spiegel

LES VOYOUS

RAS-LE-BOL de ces lobbyistes des assurances maladie qui ont envahi la coupole fédérale.

En 2017, l’industrie de la santé (médecins, hôpitaux et pharmas notamment) pèsera plus de 82 milliards de francs. Plus que le budget de la Confédération.

Il n’est donc pas étonnant que ces compagnies s’offrent les moyens de nous faire payer toujours plus. Elles disposent, pour ce faire, d’intervenants puissants et bien placés. Notamment aux Chambres fédérales où 15 % des parlementaires sont directement “acquis” à leur cause. C’est pire encore au sein des commissions de santé: près du tiers des élus ont des liens étroits avec les assurances maladie.

En 2017, la santé nous coûtera donc 10.000 francs par personne. Ce qui veut dire que chacun d’entre nous, des nourrissons aux vieillards aura été”taxé” de 833 francs par mois. Somme que nous payons à travers nos cotisations à l’assurance maladie, la part des frais non remboursés et nos impôts.

“Bof, direz-vous, rien de nouveau sous le soleil”. Eh bien si. Il est temps de faire clairement entendre nos voix et de cesser de nous faire tondre en bêlant quelque vague réclamation. Il nous faut modifier notre approche du problème des coûts de la santé et lors des prochaines élections fédérales, virer les parlementaires achetés ou vendus. Car:

RAS-LE-BOL de ce numéro de cirque qu’assureurs, médecins, hôpitaux, entreprises pharmaceutiques et petit monde politique nous présente chaque année en se renvoyant la balle pour dénoncer le(s) fautif(s) de l’explosion des coûts.

RAS-LE-BOL de ces parlementaires, élus pour défendre nos intérêts, mais s’occupant surtout des leurs.

RAS-LE-BOL des directeurs de compagnies d’assurance maladie qui s’octroient des salaires de plusieurs centaines de milliers de francs.

RAS-LE-BOL des dizaines de (nos) millions dépensés en marketing, périodiques et publicité par la centaine de compagnies d’assurances qui se partage le gâteau.

RAS-LE-BOL du manque de transparence, des réserves occultes et du blabla qu’on nous sert, genre: “le salaire de notre directeur n’a coûté que 78 centimes à chaque assuré”, plutôt que de dire: Daniel Schmutz, patron d’Helsana, a gagné 939.000 francs en 2015″

Pistes à suivre: 

  • Revoir la copie concernant la Caisse Unique. Rejetée en votations en 2007 et 2014, elle connait un regain de popularité aussi bien en Suisse romande qu’alémanique et, selon un sondage commandité par Le Temps, 67 % des Suisses la souhaitent.
  • Prendre conscience que l’industrie de la santé engrange une bonne partie de ses milliards en soignant (pas toujours, mais souvent à grands frais) les effets de la maladie.
  • Prendre conscience que la médecine est toujours plus fréquemment en mesure de prévenir  l’arrivée d’une maladie et donc…
  • Modifier la Loi sur l’Assurance Maladie en mettant l’accent sur le remboursement de la prévention.
  • D’une manière générale, passer à la médecine des 4P: préventive, prédictive, participative et personnalisée.
  • Améliorer la formation des médecins – en retard d’une guerre au moins – notamment dans les domaines du développement de la génétique et la prévention.
  • Réduire le nombre d’interventions chirurgicales inutiles et dangereuses, pratiquées pour des raisons purement financières.
  • Encourager et rembourser les soins dits alternatifs (biorésonance, hypnose, guérisseurs, etc.)

“Prévenir vaut mieux que guérir”, dit-on. Ce n’est manifestement pas (encore) la devise de nos parlementaires, ni de l’industrie de la santé. Cela pourrait le devenir si enfin, nous nous réveillons.

 

Z’êtes un veau ou un mouton ?

Suisse îlot de cherté ? Vous avez été (très, très ) nombreux à aimer, détester et/ou commenter mon blog. Merci. La plupart d’entre vous ont toutefois une chose en commun avec moi: nous sommes des veaux ou des moutons, rarement des “meneurs”.

En argot, les veaux sont des niais, sans énergie et  paresseux. Quant aux moutons, ce sont des béliers castrés élevés exclusivement pour leur viande et leur laine et… ce sont aussi des suiveurs qui ne se posent pas de questions.

La plupart des commentaires que j’ai lus étaient des condamnations. Trop de monopoles, trop de duopoles, trop d’abus, trop d’entreprises qui profitent des consommateurs Suisses. Trop de marques qui abusent. Des écarts de prix injustifiables et injustifiés, que ce soient pour des produits pharmaceutiques, des livres, des produits alimentaires ou autres.

OU I!!!!! Vous avez raison ! Et si on nous prend parfois pour des vaches à traire, c’est que c’est exactement ce que nous sommes.

Que ce soit à Genève, Vaud, Neuchâtel, Valais, Fribourg Jura ou ailleurs, nous élisons des représentants au Parlement dont nous ne connaissons rien (si ce n’est à quel parti ils appartiennent) et pendant la durée de la législature, soit quatre ans, nous ne leur demandons aucun compte.

Or VOS, parlementaires, MES parlementaires sont souvent inféodés. Les uns aux banques, les autres aux pharma, d’autres encore à leurs conseils d’administration  et nous les laissons légiférer sans jamais leur demander de comptes.

Donc, si nous continuons à être tondus dans certains domaines de notre consommation – alors que dans d’autres, une différence de prix avec l’étranger est justifiée – ce n’est QUE de notre faute.

Cela vous semble idiot ? Alors dites-moi, combien d’entre vous, chers lectrices et lecteurs, connaissent les noms des représentants de leur canton au Parlement fédéral ? Combien d’entre vous leur ont déjà écrit pour leur faire part de leur avis? Combien ont mobilisé leurs amis et connaissances pour faire bouger les choses ? Combien d’entre vous savent comment ont voté VOS représentants sur des sujets qui vous tiennent à coeur ?

Ma conclusion (et je sais, c’est super superficiel…:)  cessons de nous plaindre des abus et secouons-nous les puces: le pouvoir, nous l’avons et donc, bougeons !

 

 

 

 

Y sont débiles ou c’est moi ?

“Pauvres de nous, rackettés à tous les étages. Nous disons encore merci à la Coop et à la Migros qui quadrillent la Suisse avec les marges les plus importantes d’Europe sur l’alimentation”.

Ce “post” sur Facebook a été “aimé” par une flopée d’internautes, partagé une vingtaine de fois et largement commenté, genre “en Suisse, la nourriture coûte presque le double qu’en France; quant aux loyers pratiqués, c’est véritablement un scandale”. Ou “revenant en Suisse tous les 3 mois, je suis sidérée par les prix chaque fois” ou encore: “et dire qu’on ose critiquer ceux qui font faire leurs courses en France voisine…”

Et Swissinfo enfonce le clou expliquant que: ” les consommateurs de Suisse continuent de payer les prix alimentaires les plus élevés d’Europe. Les hôtels et restaurants ne sont nulle part ailleurs plus chers. Dans l’ensemble, les prix demeurent supérieurs de 61% en Suisse comparé au niveau européen….Dans le secteur de l’habillement, les vêtements étaient 43% plus coûteux en Suisse comparé à la moyenne européenne

Et de nous apprendre que l’Albanie, la Macédoine et la Bulgarie sont quand même sacrément moins chers que la Suisse. J’ajouterai pour ma part que le taxi entre l’aéroport de Bangkok et le centre-ville (36 km) coûte 12 francs, qu’à Athènes, le kilo de côtelette d’agneau en coûte 2, qu’à Luang Prabang (Laos), un repas complet au resto m’a coûté 3 francs et qu’à Cusco (Pérou), j’ai payé mon T-shirt 2,50 francs.

Ilôt de cherté  ?

Vous voyez où je veux en venir ? Non ? Alors une question: quel est votre salaire mensuel ? Vous n’aimez pas parler de cela ? Ce n’est pas grave. Prenons, au hasard, une infirmière. La connaissance à laquelle j’ai posé la question a 34 ans, 8 ans de métier et gagne brut: 5.300 francs par mois, plus les primes (nuit, dimanches, etc.). C’est le triple de sa collègue française, qui gagne 1.600 euros (1.750 francs).

En Albanie, Macédoine et Bulgarie, le salaire sera de 350 francs par mois. Idem à Bangkok où après 10 ans de métier, une infirmière touchera l’équivalent de 380 francs par mois. Au Laos, ce sera un peu mois: environ 250 francs. Bien sûr, il faudrait – pour être plus précis – tenir compte des impôts, vacances, charges sociales, etc.

En clair, comparer l’incomparable ne rime à rien. Si, pour le même travail, je gagne trois fois plus en Suisse qu’en France ou en Allemagne, 15 fois plus qu’en Albanie et 20 fois plus qu’au Laos, n’est-il pas normal que le prix des choses soit aussi plus élevé en Suisse qu’ailleurs (ce qui permet de payer des loyers et des salaires plus élevés) ? Car malgré le fait qu’en Suisse, tout ou presque est plus cher qu’ailleurs, nous avons un des niveaux de vie les plus élevés du monde.

A tout prendre, je préfère payer mon kilo de bidoche 5 fois plus cher qu’en Albanie plutôt que d’aller m’y installer et voir mon salaire réduit de 90 % (au cas où je trouverais du travail…).

Donc, il me semble que ce n’est pas moi qui suis débile, mais si vous n’êtes pas d’accord, dites-le !

Moi, Tamim bin Hamad Al Thani, j’me marre !

Emir du Qatar, 37 ans et toutes mes dents, je suis plus courtisé que les bimbos de vos téléréalités ! Même quand je sème une de ces m… dont j’ai le secret, Car contrairement à Louis XIV qui croyait que l’Etat, c’était lui, le Qatar, c’est effectivement moi (et ma famille). Eh oui… nous sommes les heureux propriétaires de ce lopin de sable, grand comme Vaud et les Grisons réunis, peuplé de 2,5 millions d’habitants – dont 2 millions d’étrangers – et gorgé de pétrole et gaz naturel.

Pourquoi j’me marre ? Ce ne sont pas les raisons qui me manquent: nous sommes bourrés aux as (mon fonds souverain pèse 340 milliards de dollars), je m’achète ce qui me fait plaisir, que ce soit le PSG, le Crédit Suisse, la FIFA ou les trois plus prestigieux hôtels de Suisse – pour ne citer que quelques exemples. Et comme Qatar Airways m’appartient aussi, je n’ai pas besoin de “Bon à Savoir” pour trouver les billets d’avion les moins chers !  On a beau nous pointer du doigt pour la façon dont nous traitons les travailleurs immigrés (enfin, ceux qui survivent…), le monde que je connais est peuplé de lèche-culs cupides, qu’ils soient chefs d’Etat, politiciens, banquiers, avocats ou patrons d’entreprises. Ils chantent mes louanges ? Je les fais danser !

Mais revenons à nos moutons (noirs): ces jours, j’me marre parce que personne ne pige que dalle à ma  politique extérieure. Pas évident, en effet. Je finance des groupes islamistes terroristes, une pincée de Hamas, une pichenette de Al Quaida, etc. (les Saoudiens nous ont toujours dit qu’il s’agit là d’une excellente assurance-vie), tout en maintenant des relations avec Israël. Je soutiens l’opposition au Président Assad de Syrie, mais en même temps, j’aide aussi ce dernier. Mon pays est membre de la coalition Sunnite crée par le bon roi Salman d’Arabie saoudite pour freiner l’appétit expansionniste des Iraniens – qui de plus sont des vilains Chiites – et en même temps, les Ayatollahs et nous sommes comme cul et chemise. Nous exploitons en effet ensemble et en parfaite harmonie le plus grand champ de gaz du Golfe et avons des accords de coopération militaire. Ce qui ne m’empêche pas d’accueillir aussi  la plus grande base militaire américaine du Moyen Orient (11.000 soldats y sont stationnés).

Heureusement, les Iraniens ne m’ont pas encore demandé de les aider à créer une base militaire de même taille au Mexique, à la frontière du Grand Satan, même si ce serait en somme assez équitable. Gag !

Donc, un jour, ce sont les Saoudiens qui me traitent de “traître”, vu que l’Iran, c’est leur bête noire. Un autre jour, c’est le pharaon Al-Sissi qui n’aiment pas que Al-Jazzeera, ma chaîne de TV soutienne les Frères Musulmans; une autre fois, ce sont les Iraniens, les Turcs ou les Américains qui poussent une beuglante, mais je m’en tamponne. D’ailleurs, récemment, il a suffi d’une promesse de 10 milliards d’investissement dans ses projets d’infrastructures pour calmer M. Trump !

Alors, le caca nerveux de ce matin de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, des Emirats et du Bahrein qui rompent leurs relations diplomatiques avec nous pour cause de soutien au terrorisme, cela ne me fait ni chaud ni froid, tout au contraire. A vrai dire, cela m’amuse plutôt de voir les Saoudiens, bailleur de fonds d’organisations terroristes et principaux exportateurs d’imams recruteurs venir nous faire la leçon…  Moi,  je fais comme la Suisse : je mets mes œufs dans plein de paniers. Vous, avec votre “neutralité” disons… active; nous avec notre pognon, qui calme plus efficacement que le Valium ou le Xanax ! Chez moi, le slogan n’est pas “un Mars et ça repart !”, mais “un p’tit milliard et on s’aime à nouveau !”

 

 

Moi, Richard Rodriguez, j’me marre !

 

Pigeon vole ? Non ! Pigeon volé !!! Il y a quand-même de quoi se tordre les côtes: malgré toutes ses tentatives de nous faire baisser nos tarifs, M. Prix est impuissant et ses recommandations, la Chambre Genevoise des Notaires que je préside, elle s’en tamponne le coquillard.

Ne croyez pas que nous manquons d’humour: un des buts de notre Chambre n’est-il pas de garantir le respect des règles de déontologie que nous nous sommes fixés ? En clair: nous faisons comme naguère les banques (avant que cela ne leur saute à la gueule): une sympathique auto-surveillance !

Nos tarifs ? C’est le pied géant ! Pour l’immobilier – passage obligatoire pour vous, chers pigeons – les émoluments sont fixés en proportion du montant de l’acte. Donc, l’augmentation de prix des objets immobiliers engendre automatiquement une hausse de nos émoluments ! Et vous savez comme moi qu’au cours de ces 20 dernières années, les prix ont flambé ! Cerise sur le gâteau, grâce à l’informatique, tout se fait plus rapidement et donc, c’est double bénéf !

En clair ? Nos revenus ont parfois plus que doublé pour les mêmes prestations…

Suite à la comparaison des tarifs cantonaux des notaires publiée il y a quelques années par le Surveillant des Prix, il y a eu des réductions dans plusieurs cantons. Des mollachus !

Concernant les cantons de l’Arc lémanique, le Surveillant des Prix écrivait: “la forte hausse des prix sur le marché immobilier constitue une raison de plus…pour réduire les barèmes d’instrumentation des actes immobiliers”. Il constatait par ailleurs que si le Canton de Vaud avait baissé son tarif des émoluments en 2016, le Canton de Genève avait refusé d’entrer en matière alors qu’il est le plus cher de Suisse.

Les notaires de Genève ? A la fois la Rolls, les Astérix et les Obélix du notariat Suisse !

Bon, soyons sérieux. Moi, je suis là pour défendre les intérêts de ma profession. Et donc, notamment nos tarifs. “Ca durera c’que ça durera”, comme disait naguère un banquier, bien payé pour aider ses clients à frauder le fisc, aussi longtemps que la loi ne le lui interdisait pas formellement…

Et ce n’est pas demain que cela changera: le consommateur “moyen” n’a pas de couilles. Il groume, il gueule, il peste, il jure, mais il paie et reste passif. Alors que nos tarifs fassent continuellement l’objet de plaintes, on n’en a rien à battre. Au nom de nos Range Rover, Porsche et chalets à Verbier, MERCI !

 

blog dédié à Alessandro Campanelli, docteur en droit, ami de la famille et futur pourfendeur de cette caste 🙂

Moi, Salman Ramadan Abedi, j’me marre

A peine de retour de Libye,  voilà que je me fais exploser, emportant avec moi 22 personnes et en en blessant une soixantaine.

Pas de quoi se marrer, me direz-vous. Il est vrai que je suis mort, mais j’ai atteint mon but: vous faire parler de moi en boucle sur toutes vos chaînes TV, dans vos journaux et sur les réseaux sociaux.

Et que t’envoie 24 heures sur 24 des images de victimes paniquées, de cris, de parents horrifiés, de sirènes d’ambulance et de déclarations outrées de politiciens de tout poil (toujours les mêmes…), jurant que ces crimes ne resteront pas impunis. Ha !

Comme mon but était justement de générer ces réactions, je suis gagnant. Car voyez-vous, vos media sont les meilleurs recruteurs qui soient et à chaque fois que quelqu’un comme moi se fait exploser, 20 autres, 100 autres sont prêts à prendre la relève, désireux, comme moi, de mourir en martyr et de servir d’exemple aux suivants.

Vos media n’ont pas encore compris que nous autres, jeunes gens de parents immigrés, pas toujours bien assimilés, peu formés, souvent au chômage, fréquemment condamnés pour des petits délits et radicalisés en prison, sommes nombreux. Si vous étiez malins, vous éviteriez la contagion. Vous cesseriez de faire tourner ces images en boucle, de mettre ma photo en première page de tous vos journaux et de me qualifier de “monstre”.

Vous ne vous en rendez même pas compte, mais c’est MOI qui ai été le metteur en scène et réalisateur de ces films que vous persistez à passer en boucle (faut bien faire de l’audience, n’est-ce pas…) et qui, croyez-moi, amèneront bien d’autres jeunes à vouloir, eux-aussi, mettre en scène leur mépris de votre société.

Faucher des gens avec un camion ? Faire exploser des enfants ? Bien sûr que cela continuera et ce ne seront pas les candidats jihadistes qui manqueront. Car plus l’horreur est grande et l’indignation universelle, plus les media en parlent. Non seulement, cela attise l’islamophobie dans votre Occident décadent (un autre de nos buts), mais de plus, cela sert de machine à recruter. Vous comprendrez donc que vierges ou pas au paradis, j’me marre…

 

 

 

Moi, Isabelle Chevalley, j’me marre !

 

“J’en ai marre d’être une vierge qui perd. Je préfère être une dépucelée qui gagne”, ai-je affirmé. Me voilà maintenant une dépucelée qui perd…La TOTALE ! J’ai pourtant toujours dit que si j’aimais porter des vestes, je ne tenais pas à en prendre et là, c’en est une belle ! Quand je pense qu’une “rouge” fait presque 10.000 voix de plus que moi, je reste sans… voix.

 

Il est vrai que mon mariage tardif avec l’UDC, tout comme celui de Nicolas Dupont-Aignan avec Marine le Pen, c’était une bonne idée. Pourvu qu’on gagne. Car là,  c’est un peu la m… . Parce que l’image qui va me coller aux basques est celle d’une politicienne ambitieuse et prête à tout pour y arriver. Eh oui, c’est bien moi qui ai dit “il faut passer par des alliances pour arriver à ce que l’on veut”. Et je n’ai pas exclu les alliance contre nature…

Alors pourquoi est-ce que je me marre ? Parce que j’ai obtenu la condamnation pour injures de Pierre-André Marchand, rédacteur en chef du mensuel satirique «La Tuile», coupable de m’avoir grossièrement injurié.  Critiquée, moquée, raillée, d’accord, mais injuriée, ça non!: Je n’ai jamais porté plainte, mais là, les bornes ont été dépassées: il s’agit de faire respecter les lois que je vote en tant que parlementaire.

Quand je pense que ce sale bonhomme avait, entre autres, écrit que «arrogante comme un camélidé, Bédouinette Chamelley, arriviste effrénée, est prête à écrabouiller tout le monde et son père, surtout les écolos sincères, uniquement par ambition personnelle».

Donc, je me marre, parce que sur le fond, il n’a pas vraiment tort, Marchand. N’empêche: si j’ai pris une veste, lui, il a pris une claque ! Mais bon, les juges Jurassiens sont en général des PDC bon teint et ils n’allaient quand-même pas préférer un vieil anar à une vert-libérale proche de l’UDC…

 

 

 

 

Moi, Thomas Klühr, j’me marre !

Mon slogan ? SWISS (vous) vole ! Forcés de baisser nos tarifs pour cause de concurrence, notamment des compagnies genre Etihad, Emirates ou Qatar, qui achètent leur kérosène au prix de l’eau du robinet, il m’a fallu, comme directeur général de Swiss, trouver des recettes supplémentaires. De préférence discrètement…

Vous avez trouvé votre vol sur notre beau site internet, mais n’êtes pas encore décidé ? Pas de problème! Pour CHF 25, je vous garantis le tarif pour 72 heures. Votre bagage en soute ? taxé, bien sûr, comme sur EasyJet, à moins évidemment que vous choisissiez pas le tarif “light”, mais le “classic”, plus élevé !

Vous n’aimez pas être coincé et voulez donc réserver un siège ? En classe économique, je vous taxe. Cela varie évidemment en fonction du siège, mais comptez CHF 25 par trajet

Vous réglez par carte de crédit ? Merci ! Vous payerez en plus des OPC de 1,65 % du prix du billet (CHF 30 au maximum). Pas mal, hein ? Comme vous m’êtes sympa, je vous précise que OPC veut dire “optional paiement surcharge”, ce qui ne veut rien dire, mais vous amène  à payer vous, la commission que nous devons aux instituts de cartes de crédit. Hélas pas remboursables au cas où vous annulez votre réservation.

Un petit champagne vous ferait plaisir ? Commandez-le lors de votre réservation et on ne vous taxera que CHF 39 la demi-bouteille (certes, ce ne sont pas les prix Denner, mais nous c’est Swiss !)

Vous trouvez tout cela un peu riquiqui ?

Attendez que je vous parle de ma dernière trouvaille ! Un coup de G E N I E ! Une première mondiale !

J’ai introduit un choix de siège payant en classe Affaires et quasiment personne n’en a parlé ! Fallait oser ? J’ai ! Ainsi, même si vous déboursez plus de 5.000 francs pour voyager sur Hong Kong en Business avec nous, je vous offre – généreusement – la possibilité de “parfaire l’agrément de votre voyage” en réservant un siège “privacy”, soit un siège individuel situé près d’un hublot, pour le modique supplément de quelque 400 francs aller-retour.

Vous trouvez que je pousse le bouchon un peu loin ? Z’avez pas encore tout vu: j’envisage aussi d’introduire des toilettes payantes, une taxe pour les obèses, un forfait de 10 francs par bagage de cabine et pour les radins sans bagages du tout, des places debout, histoire de ne pas laisser ces long couloirs vides… Allez, bon dimanche les pigeons !