Faux culs, ma non troppo

Bouche en cul de poule et petit sourire triste et fatigué de circonstance, Ralph Büchi, éditeur de l'Hebdo se la joue un peu chirurgien qui vient annoncer à la famille que malgré tous ses efforts et ceux de son équipe, il n'a pas pu sauver le patient. "Les prévisions pour 2017 s’avèrent également très faibles au niveau de la publicité, nous avons donc dû tirer la conclusion qu’il n’y avait pas de possibilité de redresser la barre, et de retrouver un jour les chiffres noirs".

Comme naguère pour le Journal de Genève – que les Pictet, Lombard et autres Mirabaud auraient pu sauver en y consacrant chaque année un micro pourcentage de leurs bénéfices – L'Hebdo meurt pour cause de de mentalité d'épicier, d'imbécilité et de médiocrité.

Évitons les généralités: pas tous les éditeurs sont cupides et obsédés par la rentabilité et leur pognon. Il y en a qui sont conscients que pas TOUS les titres de leur portefeuille ne peuvent être rentables et que s'ils sont de qualité, ces titres méritent d'être maintenus en vie. Ringier Axel Springer Suisse aurait eu les moyens, mais il n'en a pas eu envie.

Peut-on lui en vouloir pour autant ? A mon avis, oui. Si cela faisait tellement longtemps que L'Hebdo perdait des lecteurs (et donc aussi de la pub), c'est qu'il ne répondait plus à un besoin. Et s'il ne répondait plus à un besoin, il aurait peut-être fallu effectuer des changements à la tête du magazine pour le "réinventer" à l'ère du numérique, plutôt que de se contenter de "réduire la voilure" (comme on le dit si élégamment) année après année…

N'est pas Jacques Pilet qui veut, mais depuis pas mal de temps, il me semblait que L'Hebdo devenait un peu ennuyeux, réactif, mpims de et de pep et de passion. Certes, on y trouvait encore des bons journalistes et chroniqueurs, mais manifestement pas suffisamment pour créer des débats et renouveler l'intérêt. Il ne reste qu'à espérer que Le Temps, qui semble s'être plutôt bien adapté au changement radical de paradigme, connaîtra le succès qu'on lui souhaite.

Bon, Hebdo ou pas, la terre ne va pas s'arrêter de tourner pour autant (même si je n'aurai plus le plaisir d'y publier des blogs). N'empêche, je sens passer un petit vent de nostalgie et de tristesse. Je pense à Jacques Pilet, fondateur, animateur, bouledogue et pit bull des débuts de L'Hebdo et à toutes celles et ceux qu'il a naguère rendu fiers d'être journalistes. Merci.

Une pensée aussi à vous, lectrices et lecteurs. Vous êtes sans doute nombreux à ne plus être de première jeunesse, comme moi d'ailleurs. C'est votre fidélité qui a rendu cette aventure possible….même s'il semble bien que vous ne soyez plus assez nombreux !

Trois d’un coup !

Lubrique ? Non, pratique ! En ce début d'année, il m'est venu une idée qui pourrait résoudre (partiellement) trois problèmes à la fois: le chômage des jeunes Suisses, les migrants et l'inactivité des seniors.

Contrairement aux réfugiés (personnes exposées à de sérieux préjudices en raison de leur race, de leur religion, de leur nationalité, de leurs opinions politiques ou de leur appartenance dans leur pays d’origine), les migrants sont des personnes qui se déplacent volontairement dans un autre pays pour des raisons essentiellement économiques. Ainsi, si tout réfugié est un migrant, les migrants ne sont pas tous des réfugiés.

Si la Suisse a une tradition d'accueil des réfugiés, il est autrement des migrants, à qui nous souhaitons tout le bien du monde, mais de préférence ailleurs. C'est d'ailleurs le cas de quasi tous nos voisins européens…

Pourquoi donc ne pas faire en sorte que les migrants aient moins envie de migrer ? Il suffirait peut-être de leur offrir les moyens d'une vie décente et d'un revenu suffisant dans leur propre pays ! 1er point à l'ordre du jour: fermons nos frontières aux requérants purement économiques (généralement des hommes, qui acceptent n'importe quel travail pour pouvoir envoyer quelques sous à leurs famille restées au pays). Point 2, proposons chaque année une alternative à quelques milliers d'entre eux. Disons-leur "ne cherchez même pas à venir en Suisse: la porte sera close. Restez chez vous et nous vous aiderons à y vivre décemment".

Comment ? "En vous mettant à disposition, dans votre ville ou village, une jeune personne Suisse, ayant terminé sa formation, mais sans travail et ce, pendant 18 mois. Cette personne, qui sera salariée par la Confédération, bénéficiera du soutien actif d'un mentor (un/e retraité/e), examinera avec vous et son mentor le type de commerce ou de petite entreprise que vous pourriez créer, vous aidera à la réalisation et au suivi et disposera pour ce faire d'un budget pouvant aller jusqu'à CHF 20.000".

"Mouais, c'est n'importe quoi, me direz-vous. Comme si on avait les moyens de ce genre de truc alors que tant de gens vivent dans la précarité en Suisse". C'est juste, mais, la triste situation dans laquelle se trouvent tant de nos compatriotes n'empêchera pas la Confédération et les cantons de dépenser quelque 2,4 milliards de francs en 2017 pour les demandeurs d'asile, réfugiés et migrants. En changeant de paradigme, il devrait être possible de réduire ces dépenses, tout en réduisant le taux de chômage des moins de 24 ans, qui atteint 8,3 % ! De plus, ce projet impliquerait des retraités dont nombre ont des compétences inutilisées et pas grand-chose à faire.

Une folie financière ? Pas vraiment. Imaginons que nous décidions d'offrir cette opportunité à 5.000 personnes par année. Cela permettrait à 5.000 jeunes Suisses de disposer d'un emploi salarié, couplé à une superbe expérience à l'étranger pour 18 mois. Sans compter un mentoring passionnant pour 2.500 retraités (chacun s'occupant de deux projets).

Le coût ? Voyons cela de plus près: 5.000 jeunes gens, payés 3.000 francs par mois pendant 18 mois, cela fait 270 millions de francs. Auxquels on ajoute une allocation de 500 francs par mois pour 2.500 retraités, soit 22,5 millions de plus. Comptons encore deux aller-retour par année pour les jeunes gens et un pour le/la retraité, soit 18 millions de francs. Enfin, la création de 5.000 petites entreprises, même avec le budget maximum de 20.000 francs par entreprise, coûterait 100 millions de francs. Rajoutons 200 fonctionnaires chargés de trier parmi les demandes et d'engager les jeunes gens et seniors intéressés et on arrive à un total de 440 millions de francs sur 18 mois, le prix de trois avions de combat…

Bien sûr, tout cela devrait être affiné. Le coût réel mérite d'être mieux calculé, mais en réalité, il devrait être inférieur, ne serait-ce parce que les jeunes gens engagés ne seraient plus au bénéfice d'allocations chômage et que le budget "réfugiés et migrants" de la Confédération pourrait être réduit. En continuons de rêver, en imaginant par exemple que d'autres pays d'Europe fassent de même…

La Grenouille de Prilly

"Megalomanes !" disent les opposants… "Egoïstes !" disent les promoteurs.

La grenouille de La Fontaine

Une grenouille vit un boeuf

Qui lui sembla de belle taille.

Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,

Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille,

Pour égaler l'animal en grosseur,

Disant: "Regardez bien, ma soeur; Est-ce assez?

Dites-moi: n'y suis-je point encore?

Nenni- M'y voici donc? Point du tout. M'y voilà?

Vous n'en approchez point." La chétive pécore

S'enfla si bien qu'elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,

Tout prince a des ambassadeurs,

Tout marquis veut avoir des pages.

 

La grenouille de Prilly

Les municipaux de Prilly admiraient Dubaï,

Ville dont les gratte-ciel lui semblaient de belle taille

Et même si Malley-Prilly ne compte que 12.000 âmes

Ils sont jaloux, s'enflent et veulent que l'on se pâme.

Egaler l'Emirat en hauteur, messieurs dames

Demande des sacrifices, les promoteurs l'ont dit.

Et sans de grandes tours, nous perdrons des millions, pardi !

Ils haranguent leurs administrés:

"Faut-il plus grand ? Est-ce assez ?"

Que non, il faut encore quelques mètres !

Nous y sommes presque ! Qu'importe le mal-être…

Et la petite Prilly s'enfla si bien

Qu'un trafic infernal

A sa qualité de vie porta un coup fatal.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.

Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs ,

Tout prince a des ambassadeurs,

Tout marquis veut avoir des pages.

Et tout syndic veut rester dans l'Histoire

 

http://www.avenirmalley.ch

 

Les emmerdeurs

Naguère, Brassens chantait les cons. Je chante aujourd'hui les emmerdeurs sans lesquels, le ronron d'autosatisfaction des politiciens, banquiers, patrons de pharma ou de multi, serait assourdissant.

Les emmerdeurs ? Il y a les doux, comme Noël Constant, dont l'engagement en faveur des démunis et sans-abri à Genève est remarquable. Il y a les empêcheurs de tourner en rond, genre Jacques Neirynck, toujours à fustiger quelque chose et à provoquer la réflexion. Il y a les tenaces, à la Jean Ziegler, qui consacrent leur vie aux causes qu'ils défendent. En font aussi partie, les lanceurs d'alerte, tels Yasmine Motarjemi, prêts à tout perdre pour que la vérité éclate (dans son cas sur les graves manquements de Nestlé).

Il y a aussi des emmerdeurs (bien rares hélas) dans la presse. Je pense notamment au Canard Enchaîné et à La Tuile. La quoi ? La Tuile, c'est LE journal satirique du Jura et bête noire de la droite bien-pensante (notamment PDC et UDC) et du clergé depuis 45 ans et 529 numéros. Son fondateur, Pierre-André Marchand, 73 années au compteur est un exemple du genre ! Instituteur, chroniqueur, auteur, compositeur, interprète, il a fondé La Tuile en 1971 et rares sont les numéros dans lesquels il ne dénonce pas un scandale, des abus sexuels et de pouvoir ou un cas de corruption dans ce canton du Jura qu'il adore.

Les procès ? Il ne les compte plus. Tout récemment, des écrits contre Isabelle Chevalley, conseillère nationale (VD) du groupe Vert'libéral, lui ont valu d'être reconnu coupable d'injures. Verdict: 3.000 francs d'amende auxquels s'ajoutent 3.000 francs de plus suite à la révocation d'un sursis. Car le Marchand n'en était pas à son coup d'essai. Souvent grossier, parfois vulgaire, le bonhomme n'y va pas de main morte ! A propos de Mme Chevalley, "promoteur des éoliennes dans le Jura, au service des Services industriels genevois", il écrit: «arrogante comme un camélidé, Bédouinette Chamelley, arriviste effrénée, est prête à écrabouiller tout le monde et son père, surtout les écolos sincères, uniquement par ambition personnelle». Et ce n'est pas là l'extrait le plus violent de ses diatribes…

Pierre-André Marchand se justifie. «Je défends les petites gens, dont on veut acheter l’âme et les terres pour installer des éoliennes et se faire du fric sur leur dos. Un journal satirique, c’est aussi un journal de résistance. Et ils ne me fermeront pas la gueule avant les yeux.»

Suite à cette condamnation, il écrit dans La Tuile d'octobre: "En 2013, Guy Bedos avait traité la ministre Nadine Morano de conne. Elle fut déboutée de sa plainte, la Cour estimant que Guy Bedos était resté dans la loi du genre humoristique". Il poursuit: "…le rédacteur de La Tuile n'aurait jamais imaginé que Mme Chevalley fût une conne. Donc, La Tuile n'a pas traité Isabelle Chevalley de conne. Et bien, malgré le fait que La Tuile ne s'est pas permis de comparer Mme Chevalley à une conne, son rédacteur a été condamné plus lourdement que s'il l'avait traité de conne".

Les emmerdeurs ont souvent des emmerdes. C'est un (juste) retour de manivelle, comme le savent bien les Ziegler, Kerviel, Snowden et autres. Marchand m'écrit: "Les gouvernants qui manipulent la justice s'acharnent sur La Tuile. Je prends des amendes monumentales même quand j'ai raison ! Ainsi, en mars 2014, je révélais que la vétérinaire cantonale, protégée par notre Gouvernement de minables, était une malade mentale. Mais il aura fallu attendre octobre 2016 pour que l'affaire sorte enfin dans le Journal du Jura et dans Le Matin !"

Tirée à 2500 exemplaires, La Tuile compte quelque 1500 abonnés. Avec toutes ces amendes, risque-t-il la banqueroute? «Non, me répond-il, mes lecteurs sont généreux et versent suffisamment pour couvrir les coûts de mes procès. Même un curé m’envoie de l’argent en cachette. C’est vrai que mon public n’est pas très large. Je m’aliène au moins 85% de la population, puisque les imbéciles ne lisent pas La Tuile.»

Neirynck:, 85 ans; Ziegler: 84 ans; Constant: 77 ans; Marchand: 73 ans. Je termine donc avec un appel: recherchons d'urgence jeunes emmerdeurs !

Arrogants et répugnants

Je n'ai pas cherché à les contacter, ces Jean-Marc Chappuis, patron de Coop Immobilier, Philippe Conod, avocat, Laurent Margot, juge, ou Sylvia Bracher-Grossenbacher, responsable du centre commercial de la Maladière (Neuchâtel) et vice-présidente de la commission Miss Neuchâtel-Fête des Vendanges. C'eut été inutile. Dans le Matin Dimanche de ce jour, Christophe Passer dit avoir cherché à contacter la plupart d'entre eux par mail et messages, mais en vain. Je connais Christophe et j'ai confiance en lui.

Mais de quoi parle-t-on ? De Florence Bourdin, libraire indépendante, la "David" de l'histoire et du centre Coop de la Maladière, le "Goliath" de l'histoire. Pour celles et ceux qui n'ont pas lu l'article paru ce matin, il s'agit d'une libraire indépendante en train de se faire royalement rouler dans la farine par Coop. Qui après avoir promis juré que Mme Bourdin n'aurait pas de concurrence dans le centre commercial en question, s'apprête à y faire venir la FNAC.

Ce qui provoque en moi ce coup de gueule, ce n'est pas la fond de l'histoire, qui se règlera je l'espère, avant que M. Jean-Marc Chappuis ne soit couvert de goudron et de plumes et chassé de son poste (pas trop grave, il a 62 ans…), mais c'est l'invraisemblable arrogance de ces avocats, patrons, directeurs de grosses boîtes qui ne cessent de lécher le c… des journalistes, flatter l'égo les chefs de rubriques inviter le rédacteurs en chef lorsqu'ils ont besoin d'eux, que l'on parle de leurs victoires, de leurs belles plaidoiries, de leur génie des affaires, etc. et qui ensuite, se planquent derrière le "no comment" et n'ont même pas le courage d'assumer leurs actes. Des pleutres.

Ils ne sont pas les seuls: nous le sommes tout autant, nous tous qui tolérons qu'ils y ait autant de gens qui se conduisent comme de vrais salopards, qu'ils soient banquiers-blanchisseurs, avocats-blanchisseurs, patrons de pharma, régisseurs-voleurs, parlementaires achetés-ou-vendu aux groupes de pression, patrons de Coop, Migros et autres Leclerc qui, malgré leurs belles paroles, écrasent impitoyablement les petits producteurs pour vendre plus de m… à des prix encore plus bas. Merde à la fin ! Ca suffit !

Que faire (à part un coup de gueule) ? Favoriser le commerce de proximité, les achats directs auprès des agriculteurs, boulangers, bouchers, petits libraires et artisans, etc. Et, dans mes grands moments idéalistes, je rêve que des milliers de citoyens-moutons commenent à demander des comptes à ceux qu'ils élisent aux parlements, qu'ils soient cantonaux ou fédéraux.

http://www.pressreader.com/ http://www.lematindimanche.ch/read/ch.lematindimanche.ipad.LMD20160911/economie/

Halte aux travaux forcés !

HOT ! La votation sur revenu de base inconditionnel échauffe les esprits et il semble – hélas – que les Suisses soient trop attachés à leur "métro-boulot-dodo" pour voter massivement OUI. Un petit rappel de ce qu'est réellement le travail me semblait utile il y a une année. Il me parait aujourd'hui indispensable !

Dieu n’a pas fait dans la dentelle! Au premier «couac» d’Adam, agréablement installé au paradis, la sentence tombe: «puisque tu as mangé du fruit de l'arbre défendu, c'est désormais à la sueur de ton front que tu te nourriras» lui dit en substance l’Eternel. Cette malédiction est à l’origine du mot «travail», du latin «trepalium», un instrument formé de trois pieux, auquel on attachait les esclaves pour les punir. Travailler devient ainsi «torturer, tourmenter avec le trepalium». Dans les sociétés primitives, on n’accordait aucune valeur au travail.

Les activités auxquelles elles s’adonnaient avaient pour objectif d’assurer leur survie. On n’en accordait pas plus dans la société grecque où le travail est assimilé à des tâches dégradantes. Ne sont alors valorisées que les activités éthiques et politiques. D’ailleurs, à l’époque romaine, même Dieu ne travaillait pas, la création du monde étant considérée comme «opus» (œuvre) et non «labor» (travail, châtiment). Pour l'église, le travail va être défini comme une loi naturelle à laquelle personne ne peut se soustraire pour subvenir aux besoins de la communauté. Il va progressivement devenir un instrument privilégié de lutte contre l'oisiveté, la paresse et les mauvaises tentations qui détournent de la tâche principale: la contemplation et la prière. Cependant le travail n'est pas valorisé: il est pénitence et jusqu’à la fin du Moyen Age, restera une activité dégradante.

Il faut attendre Adam Smith et son ouvrage «La Richesse des Nations», paru en 1776 pour assister à un début de valorisation du travail, car, dit Smith, bien organisé, le travail humain est une puissance formatrice de valeur et donc un facteur de production. Ce n'est toutefois qu'au cours de la seconde partie du 19ème siècle que les marxistes associent pleinement les mots «travail» et «valeur», en bonne partie en opposition aux "parasites" détenant le capital.

Ainsi, après 30 siècles au cours desquels le travail était une malédiction d’origine divine, le voici qui devient le rapport social qui structure nos sociétés. Mais travaille-t-on réellement par plaisir ou est-ce par nécessité, pour disposer d’un revenu permettant non seulement d’assurer notre survie, mais aussi nos envies et besoins ? Or, si le travail couplé à la rémunération n’est pas la panacée, pourquoi pointer du doigt ceux qui n’en ont pas ou n'en veulent pas ?

Dans nos sociétés industrialisées, ne pas avoir d'emploi, lorsqu'on n'est ni riche, ni retraité, est souvent assimilé à une perte d’identité. «Je travaille, donc je suis et si je ne travaille pas, je ne suis plus rien». Les personnes sans emploi ont donc souvent honte de leur situation. Ils/elles se sentent inutiles, culpabilisent, se terrent et perdent progressivement confiance en eux. Ils sont chômeurs et parfois, après quelques mois d’indemnisation et de découragement, disparaissent des statistiques et deviennent des «non-personnes».

Chômeur? un terme qui provient du grec «kauma» qui signifie «se reposer pendant la chaleur». Le rêve, non? Depuis le début du 20ème siècle, c’est toutefois devenu «l’état d’inactivité d’une personne souhaitant travailler». Souhaitant travailler ? hum… je dirais plutôt «ayant besoin d’un revenu». Car si tout le monde disposait d’un revenu qui ne soit pas lié au travail, ne travailleraient que ceux qui le souhaitent vraiment, que ce soit par passion, pour occuper leur temps ou mettre du beurre dans leurs épinards. Il me semble avéré qu'au cours des décennies à venir, il y aura de moins en moins de travail "humain" et donc d'emplois. Ce qui implique que le nombre de personnes sans revenu provenant d'une activité lucrative va fortement augmenter.

Toujours plus de monde pour toujours moins d’emplois est une recette explosive. Sauf si l’on "découple" travail et revenu. Car les richesses sont là. Certes, de moins en moins bien réparties, mais là quand-même. En l’espace de moins de 20 ans, nous avons assisté à un déplacement de richesses phénoménal. Le nombre de milliardaires recensés (2.325) bat des records, tout comme la fortune qu’ils possèdent (7.300 milliards de francs) et un petit pourcent de la population mondiale détient 95 % de l'ensemble des richesses de notre monde. Peut-être le moment est-il venu de repenser aussi bien le travail que la valeur qu’on y attache.

Le travail rémunéré? Il y en aura de moins en moins et donc, il est grand temps de réfléchir à un changement de paradigme auquel nous n’échapperons pas. Il faut donc voter en faveur du revenu de base inconditionnel. «Il ne peut y avoir de démocratie lorsque les richesses sont concentrées dans les mains de quelques individus». (Louis Brandeis, juge à la Cour Suprême des Etats-Unis, 1856-1941)

Davos et ses Calls Girls

Sacré Klaus Schwab ! Le Grand Sachem du Forum Economique de Davos frappe à nouveau ! Ce ne sont pas moins de 40 chefs d'Etat et 2.500 manitous de l'économie, du show-biz, etc. qui se retrouveront dès le 20 janvier dans la station grisonne pour papoter au sujet de la "La 4ème révolution industrielle", résauter et faire des affaires.

Une fois de plus, la plupart des quelque 500 journalistes conviés – quel honneur – à se frotter quelques heures durant à ces Maîtres du Monde, se prendront très au sérieux, feront sagement leur devoir de chantres asservis (histoire d'être réinvités l'année suivante…) et oublieront, le temps du Forum, la différence entre un chargé de relations publiques et le métier qu'ils disent pratiquer. Qu'importe, Ils auront "croisé" Bono, serré la louche de Manuel Valls, ou bu un verre avec Schneider-Ammann. Ce n'est pas rien !

Jean de la Fontaine m'ayant naguère inspiré, je leur dédie cette ode:

 

Maître journaliste à son bureau attablé,

Attendait que s'allume son PC.

Maître Klaus Schwab, par la pub alléché,

se fit fort de venir l'appâter.

"Hé ! Bonjour Monsieur du Journaliste.

Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !

Sans char, si vos textes sont aussi bien torchés

Que votre cerveau semble bien formé

Vous êtes LA personne qu'il nous faut !

Venez donc au Forum

Vous êtes notre invité !

Vous côtoierez de Grands Hommes

Ils seront enchantés !

Ne se tenant plus de joie et sacrément flatté,

Maître Journaliste s'empressa d'acquiescer.

Et ainsi on l'y vit, chanter, sans hésiter,

Dans la presse, la radio, et même à la TV

Les louanges de ses hôtes, évidemment charmés.

Sa voix est claire, son chant très beau

Le registre aigu, la tessiture soprano.

Une vraie voix de castrat ! Comparaison osée ?

Que nenni ! Après tout, notre ami est castré.

Sens critique et décence lui ont été ôtés,

Il n'est ni acheté, ni vendu, simplement… loué.

 

Un chiffre d'affaires que l'on peut estimer à 300 millions de francs pour cette manifestation, qui fait le bonheur des hôteliers de la région, de Klaus Schwab, de sa fondation, des agences de location de voiture (CHF 8 à 12.000 avec chauffeur), d'hélicoptères et… un peu moins des écologistes, puisqu'on estime que quelque 1.500 participants se déplaceront à bord de jets privés.

Ma dousssépouze…

…hypnothérapeute et enseignante en hypnose et PNL, vient de publier un livre. Evidemment, j'ai envie d'en parler. Pas (seulement) parce qu'il s'agit de mon épouse, mais parce que le livre vaut la peine d'être lu !

Si les thérapies courtes ont le vent en poupe, ce n’est pas par hasard. Nous sommes toujours plus nombreux à voir les limites de la médecine dite scientifique, dont les coûts augmentent plus rapidement que l'efficacité. C’est, notamment, ce qui explique l’engouement pour les traitements dits alternatifs, naturopathie, chromothérapie, PNL, EFT, AMO et surtout l’hypnose. Et donc, inutile de vous cacher que les pharma n'aiment pas beaucoup, que nombre de médecins se déclarent "sceptiques" et que les compagnies d'assurances maladie sont sourdes et aveugles, comme d'hab.

L’état hypnotique ? C’est un état de conscience modifié, donc différent de notre état habituel. Nous en faisons tous l’expérience, que ce soit lors de la lecture d’un roman, du visionnement d’un film ou en écoutant un morceau de musique : nous nous évadons. Et l’état hypnotique est justement ce moment de conscience où les choses sont perçues autrement. Cet état peut être reproduit avec un/e praticien/ne en hypnose et très rapidement faire disparaître des angoisses, phobies, addictions, mal de vivre, peur du lendemain, etc. Good-bye les anti-dépresseurs et les 600 francs par mois de psy…

Et c’est donc sans aucune gêne que je fais ici de la publicité pour le livre de mon épouse, qui nous emmène en voyage à l’intérieur d’une partie de nous encore bien mystérieuse, mais qui devient chaque jour un peu plus accessible: notre cerveau.

Sa thèse : jusqu’à peu, dans le domaine de l’accompagnement, chacun prêchait exclusivement pour sa propre paroisse, c’est-à-dire celle dans laquelle il/elle s’était spécialisé/e, que ce soit le coaching, la Programmation Neuro Linguistique (PNL), l’hypnose, la psychologie, les thérapies cognitivo-comportementales, etc. Depuis, les choses ont évolué avec l’émergence d’un accompagnement dit existentiel qui s’adresse à toutes les parties de l’être.

Son efficacité, d’abord empirique et clinique, a depuis été validé par les neurosciences et par des scientifiques provenant de nombreuses disciplines. Il s’agit d’un changement de paradigme extraordinaire dont nous ne sommes pas toujours conscients et qui pourtant a déjà commencé à modifier notre façon de penser, de fonctionner, d’enseigner, d’apprendre, d’interagir et… d’accompagner.

Dans son livre, Cécile Wyler Roulet va au-delà des différences et des guerres de chapelle entre thérapie et coaching, les différentes sortes d’hypnose ou techniques utilisées, pour rappeler ainsi combien l’accompagnement se doit par essence d’être intégratif. Et quoi de mieux que les symboles pour cela? Eux qui sont la porte d’entrée de chaque inconscient… Elle propose donc un voyage qui débute par la boucle corps, émotions, esprit, et la façon dont notre cerveau traite les informations qu’il reçoit. Voyage qui continue avec le langage de notre inconscient, celui des symboles et des métaphores.

Voyage enfin qui se conclut par des exemples de séances et de courtes explications sur les techniques utilisées, histoire de comprendre combien ce que nous croyons être la réalité n’est en fait que notre réalité subjective et personnelle. Celle que notre corps, nos sens, nos émotions et nos pensées créent ! Un petit extrait : « C'est grâce à nos cinq sens (visuel, auditif, kinesthésique, gustatif et olfactif) que nous appréhendons le monde qui nous entoure.

Les informations que ceux-ci nous transmettent sont instantanément acheminées vers notre cerveau. Celui-ci va les actualiser à chaque instant, en cartographiant l'état de notre corps mais aussi ce qui est extérieur au corps: l'environnement, les autres, etc. Les émotions liées à ces informations entraînent alors un mouvement qui va modifier le corps – en le faisant déglutir, pleurer, rire, trembler, transpirer, etc. Les émotions dites universelles telles que la peur, la colère, la tristesse, la joie, le dégoût et la surprise sont innées et entraînent des modifications corporelles automatiques dans le coeur, les poumons, les glandes, etc.

Notre cerveau va transformer ces perceptions et sensations en de nouvelles représentations mentales en les associant à celles qu’il a déjà créées et stockées dans son immense bibliothèque de représentations construites. Nous utilisons ce processus qu'il s'agisse de mémoriser quelque chose, d'évoquer un souvenir ou d'imaginer quelque chose. Ces représentations mentales… déterminent ce que nous croyons être la réalité, mais qui n'est en fait que notre interprétation de la réalité: une expérience subjective. Pourtant, cette dernière – parce que nous la croyons réelle – a un impact direct sur nos sensations, nos émotions, nos sentiments, nos valeurs, nos croyances ainsi qu'au niveau corporel. Car le corps va incarner ces expériences subjectives; et si celles-ci sont négatives, il va les traduire par des symptômes ou même des maladies. Mais, tout comme le corps peut influencer le cerveau, le cerveau peut influencer le corps".

Certes, on est encore loin d'avoir décrypté les mystères de notre cerveau. Ce qui par contre est certain, est que notre cerveau est notre meilleur médecin.

 

"COMMENT TRANSFORMER VOS VIES AVEC LES THERAPIES COURTES"

Cécile Wyler Roulet, Editions Favre. Dans les librairies et sur Amazon.fr

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Salut les masos !

Ras-le-bol de payer toujours plus pour votre assurance maladie ? Mais alors, pourquoi voter pour ceux qui, au parlement, roulent pour les pharma et/ou les assurances maladie ?

Notre industrie de la santé (pharma, hôpitaux et médecins notamment) pèse 70 milliards par année, soit plus que le budget de la Confédération. Ce n'est donc pas étonnant qu'elle s'offre les moyens de nous faire payer toujours plus. Elle dispose pour ce faire d'intervenants puissants et peut compter sur bien des parlementaires fédéraux et cantonaux acquis à leur cause. Chacun d'entre nous, femmes, hommes et enfants, malades et bien portants, est ainsi "taxé" de 830 francs par mois en dépenses de santé. Somme que nous payons à travers nos cotisations aux assurances-maladie, impôts et part des frais médicaux et pharmaceutiques à notre charge.

Il est donc grand temps de faire subir à cette industrie le sort que les Américains ont fait subir à nos banques, afin que cessent ces hausses et ce numéro de cirque qu'assureurs, médecins, hôpitaux, entreprises pharmaceutiques et petit monde politique nous présente chaque année en se renvoyant la balle pour dénoncer le(s) fautif(s) de l'explosion des coûts.

Il nous faut radicalement modifier notre approche du problème des coûts de la santé. La faire passer de réactive à proactive. En effet, cette industrie gagne ses milliards en soignant (pas toujours, mais souvent à grands frais) les effets de la maladie.

Or, pour la première fois de notre histoire, la médecine est progressivement en mesure de prévenir efficacement l'arrivée d'une maladie et donc d'éviter qu'elle intervienne. Ainsi, par exemple, un séquençage de l'ADN (un test que chacun peut faire faire aux Etats-Unis pour une centaine de francs), permet de calculer le pourcentage de risque d'attraper une certaine maladie et donc, dans de nombreux cas, de la prévenir. Quant aux soins à apporter une fois un mal déclaré, un séquençage du génome – qui coûte un millier de francs – permet de rechercher une mutation ou un gène particulier impliqué dans certaines maladies et donc, de guérir plutôt que de soigner.

Comme l'explique le médecin, généticien et chercheur Jacques Fellay: "il faut oublier la médecine paternaliste. Place maintenant à la médecine des 4P: préventive, prédictive, participative et personnalisée".

C'est également ce qu'explique brillamment le Dr. Eric Topol dans son récent ouvrage "The Creative Destruction of Medicine". Pour résumer ses thèses:

– les récents développement technologiques, notamment les connaissances en matière de génétique, révolutionnent l'industrie de la santé, qui est parmi les plus conservatrices au monde et qui résiste fortement aux changements qui affectent son porte-monnaie.

– nombre de médecins persistent à gaver de médicaments des personnes qui n'en ont pas besoin ou auxquelles ils ne produisent pas les effets désirés. – la formation des médecins est en retard d'une guerre au moins, notamment dans les domaines du développement de la génétique et la prévention.

– pour des raisons purement financières, il est pratiqués des milliers d'interventions chirurgicales inutiles et dangereuses chaque année et ces interventions, tout comme les erreurs médicales, provoquent de nombreux décès.

– Les thérapies brèves (hypnose, PNL, etc.) sont souvent très efficaces et ne coûtent que peu.

Or, nous avons largement de quoi faire mieux et moins cher. Comment ? En faisant usage courant des moyens dont nous disposons aujourd'hui en matière de prévention. Prévention ? C'est quoi ça ? Dans notre beau pays, où nombre de familles peinent à payer leurs cotisations d'assurance-maladie, la prévention, on s'en tamponne. Eh oui… les très rares mesures préventives prises en charge par nos assurances maladie sont énumérées exhaustivement dans une loi qui date et qui ne tient pas compte de l'évolution des connaissances médicales. Ainsi, par exemple, l'assurance de base refusera de prendre en charge une coloscopie – une mesure de prévention qui coûte quelques centaines de francs – sauf en cas de fréquence du cancer du côlon ou du rectum dans la famille. En clair, pour être remboursé, il faut que 3 personnes de la proche parenté aient souffert d'un tel cancer ou qu'un proche en ait fait un avant sa 30ème année. Mais si un individu constate avoir du sang dans les selles, son assurance payera sans rechigner les dizaines de milliers de francs qu'un traitement risque de coûter. Le fait qu'un cancer aurait pu être évité, n'est pas le problème des assurances qui se déchargent en disant: "ce n'est pas de notre faute si la loi est ainsi faite".

D'ailleurs, cette loi convient bien aux médecins (formés à "soigner", plutôt qu'à prévenir), aux hôpitaux (que les personnes en bonne santé n'intéressent que peu…) et au lobby des pharma (dont les membres engrangent des saladiers, surtout avec des maladies chroniques).

Prévenir vaut mieux que guérir, dit-on. Mais ce n'est pas (encore) la devise de l'industrie de la santé. Cela pourrait le devenir si nous étions moins passifs et résignés… A ce propos, évitez donc de voter pour ceux qui, année, après année font du lobbying pour les pharma et/ou les assurances maladie et contribuent à vous tondre. Ou alors, résignez-vous et payez !

Et, PS du Post-Scriptum: ce blog a paru il y a deux ans, mais comme pas grand chose n'a évolué depuis, je remets la sauce.

 

Quelques exemples de la façon dont les choses changent (cités par le Dr.Topol):

Les autorités de santé de Grande-Bretagne ont refusé l'homologation d'un médicament, son utilisation coûtant quelque 30.000 francs et par personne, estimant que le rapport entre le coût et le résultat obtenu était insatisfaisant. Son fabriquant, Johnson & Johnson a alors proposé de rembourser tout patient auquel ce médicament n'apporterait pas le résultat souhaité. Suite à cet engagement ce médicament a été approuvé.

Il existe déjà de nombreuses applications pour "smartphones" permettant à chaque individu de prendre certaines mesures vitales en temps réel, chez eux et de transmettre directement les informations à leur médecin. Ce dernier peut alors examiner les résultats et soit faire une consultation par skype (téléphone gratuite via internet, avec webcam), ce qui évite déplacements et perte de temps, soit ordonner des examens supplémentaires.

On utilise fréquemment le PEG-interferon, pour traiter l'hépatite C. Le traitement dure plusieurs mois et coûte plusieurs milliers, voire dizaine de milliers de francs. Or, il n'est efficace que dans 50 % des cas. La simple analyse d'une variante d'un seul gène du patient permet désormais de savoir à l'avance si le traitement fera effet ou pas.

 

(Au) Nom de Dieu !

« Non ! » tonna Cesla Amarelle, la pétulante Conseillère nationale, « Cela ne se passera pas comme ça !»

Pourtant, tout avait bien commencé. Dieu avait pu créer le ciel et la terre sans la moindre opposition. Les choses se gâtèrent toutefois rapidement. A peine s’était-Il exclamé « que la lumière soit ! » que Mme Amarelle fustigea ce « ton dictatorial, contraire à nos traditions démocratiques » et que par la voix de Ueli Leuenberger, les Verts exigèrent que l’énergie utilisée pour cette lumière provienne exclusivement d’éoliennes fabriquées en métal bio. Les socialistes, qui n’aiment pas se faire prendre de vitesse par les écolos, annoncèrent immédiatement que l’exploitation des masses laborieuses, y’en avait marre et qu’on ne forcerait pas les travailleurs à faire des heures supplémentaires pour faire face à la demande de lumière « Si négociations il doit y avoir, ce sera à la condition préalable qu’il n’y ait pas de conditions préalables » fit savoir le Président Levrat. Soucieux de montrer qu’il existait, Heinz Karrer, patron de Economie Suisse proposa donc la création d’un groupe de travail dont la tâche consisterait à mandater des d’experts dont la tâche serait d’animer une table ronde pour débattre du projet. Ce n’est qu’après que Dieu eut expliqué que la lumière proviendrait d’une grosse boule de feu dans le ciel, qu’il obtint le feu vert. Et la lumière fut.

Le second jour, ce fut le pied : personne ne s’opposa à la séparation entre ciel et terre – même si Bertrand Piccard fit savoir qu’il n’en voyait pas vraiment l’utilité.

Le troisième jour, catastrophe ! A peine Dieu avait-il crée les arbres, les fruits et les végétaux que Manuelle Pernoud, dans un « Spécial A Bon Entendeur » exigea que les produits de cette création soient bien conformes à l’ordonnance fédérale sur les denrées alimentaires. Christophe Blocher, interrogé par l’excellent Alain Rebetez, poussa une beuglante, comme quoi le bon peuple suisse n’avait « ni envie, ni besoin de produits étrangers », fut-ce des fruits et légumes. Quant à la Fédération romande des Consommatrices, elle insista sur un étiquetage rigoureux et détaillé. Un peu las, Dieu confirma dans l’après-midi que les fruits et végétaux qu’il venait de créer seraient produits sans pesticides. Dans les minutes qui suivirent, les actions de Monsanto et Syngenta perdirent plus de 80 % de leur valeur. « Une situation qui montre une fois de plus la passivité de notre gouvernement » clama Patrick Odier, au nom de l’Association Suisse des Banquiers.

Le lendemain, Dieu se mit tôt à l’ouvrage, créant la différentiation entre le jour et la nuit, les étoiles et l’organisation des saisons, des jours et des années. Ce fut un box monumental. Le standard de la RTS explosa sous les appels paniqués des téléspectateurs qui prenaient les étoiles pour des OVNI. Interrogée par l’ami Darius au TJ, Doris Leuthard annonça qu’elle aurait préféré une journée de 34 heures, vu que « chai peaucoup à faire et qu’une chournée de 24 heures est pas assez». Elizabeth Teissier fit savoir qu’elle avait prévu tout cela dans son livre paru l’an dernier et qu’il convenait simplement de savoir lire entre les lignes. Quant à Christian Lüscher, jamais en retard d’un p’tit coup de pub et proche, comme on le sait, du petit peuple, il affirma que le PLR lancerait tout prochainement une initiative populaire « pour que le peuple soit consulté sur le calendrier de saisons ».

Le cinquième jour ne fut guère plus propice aux projets divins. Certes, les poissons peuplèrent les océans et les oiseaux le ciel, mais le WWF peupla les ondes radio. « Les espèces doivent être répertoriées et protégées » fit savoir son porte-parole qui précisa : « il fait interdire aux animaux de manger d’autres animaux, sinon ce sera l’anarchie et la disparition programmée de certaines espèces ! ». Le lobby des assurances maladies demanda immédiatement au Conseil fédéral de leur accorder une hausse des primes, vu le risque important de voir ces animaux transmettre des maladies aux humains.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, on aperçut Joseph Jimenez et Severin Schwan, respectivement patrons de Novartis et de Roche s’envoyer un magnum de Château Pétrus chez Benoît Violier à Crissier (14.300 francs sur la carte). Car qui dit « maladies » dit « médicaments » et qui dit « médicaments » dit « Roche et Novartis ». Quant au commandant de corps André Blattmann, il se contenta de souhaiter que les pigeons aient un statut spécial, « leur utilité en temps de guerre n’étant plus à prouver ». Enfin, Christian Grobet, qui n’aime pas qu’on l’oublie, il fit savoir, au nom de l’Asloca, qu’ »aucune dérogation aux absences de demande d’autorisation refusées ne serait accordée ». Une fois de plus, personne ne comprit de quoi il parlait.

En ce soir du cinquième jour, Dieu était inquiet. Il avait prévu pour le lendemain, de créer les autres espèces animales et L’Homme, qu’il voulait à son image. Or, il venait d’être informé par les services de M. Schneider-Ammann que l’article 354 alinéa 3 de la loi sur le travail interdisait toute création les samedis et dimanches et que par ailleurs, fallait tenir compte des délais référendaires. Dieu alla donc consulter Raymond Lorétan, un PDC dont la modestie était aussi légendaire que son réseau. Moyennant des honoraires que la pudeur nous empêche d’évoquer ici, ce dernier lui proposa une étude détaillée et analytique des divers éléments de la création divine en vue de les rendre conformes aux nombreuses normes en vigueur. Le tout en un maximum dix-huit mois.

Dieu, qui avait aussi prévu de dire aux Etres Humains « croissez et multipliez et peuplez la surface de la terre » fut pris d’un grand doute – et d’un gros coup de blues. Avait-elle vraiment raison de vouloir peupler la terre de gens avides de pouvoir, belliqueux et plus enclins à expliquer les problèmes qu’à chercher des solutions ? Quelques verres de Damassine plus tard, elle se décida d’aller de l’avant. Et c’est ainsi que les 10 commandements se sont transformés en dizaines de milliers de pages de lois, règlements, arrêtés et ordonnances fédérales, cantonales et communales, les unes autorisant « à condition que… », les autres interdisant « à l’exception de… ».

Comme le disait naguère le chansonnier Gilles : « chez nous, tout ce qui n’est pas interdit est obligatoire ». Santé !

Note : ce texte est satirique et les personnes citées n’ont jamais prononcé les mots qui leur sont attribués. Je précise, parce qu’on ne sait jamais…