Moi, Kim Jong Un, j’me marre !

Touché, coulé ! Enfoncé, le “leader” autoproclamé du monde libre. Niveau insulte, il est nul de chez nul.

Grand-père, Kim avait traité Lyndon Johnson de “cadavre vivant” et de “chien enragé”. Papa avait traité Bush senior de “tyran imbécile”, Mme Clinton d’une “vieille qui va faire son shopping aux soldes” et Barak Obama de “clown et singe”.  Aucune des personnes concernées n’avait réagi et grand-père, comme papa, trouvaient cela frustrant, ne sachant plus que faire pour attirer l’attention.

Moi ? je suis le top du top ! Il m’a suffit de traiter cet égomaniaque de Trump de “gâteux complètement dérangé”, de “chien apeuré” et de vieux sénile”, pour qu’il réagisse sur les chapeaux de roues en voulant me prouver qu’il peut faire pipi plus loin que moi. Mais le  tweeteur en chef n’a pas trouvé mieux que de dire que je suis “clairement un fou” et qu’il va “éradiquer la Corée du Nord de la carte du monde” C’est nul… et d’une tristesse…

L’insulte, c’est un art. Certes, Le présidemt Duarte a traité le pape François de “fils de pute” et Bush de “singe grimaçant”, mais la classe, c’est pas ça. La classe, c’est Thomas Jefferson (un des pères fondateurs des Etats-Unis) traitant John Adams de “hideux hermaphrodite,  n’ayant ni la force et la fermeté d’un homme, ni la douceur et la sensibilité d’une femme”.

J’aime aussi beaucoup ce que John Montagu a dit à John Wicks: “je ne sais pas si vous mourrez sur la potence ou de la vérole”. A quoi Wicks avait répondu: “cela dépend si j’embrasse d’abord vos principes ou vos maîtresses”.

La classe, c’est la réaction de Churchill, lorsque Lady Astor lui dit: “si j’étais votre épouse, je mettrais du poison dans votre whisky” et Churchill qui répond: “si j’étais votr époux, je le boirais sans hésiter”.

Je reconnais avoir encore beaucoup à apprendre de ce côté, mais avouez  que pour un petit jeune, qui a fait ses écoles à Berne, je me débrouille pas mal… La Chine, le Japon, la Corée du Sud, les Etats-Unis, tous font pipi dans leur culotte et se posent des questions sur ma santé mentale. “Boum ! mon petit coeur fait Boum ! Et mes missiles aussi !”

Quant au tweeteur en chef, pas de doute, il a bien choisi son prénom…Restez-donc avec nous pour la suite des aventures de Donald et Kim. Prochain épisode: “si tu me montres les tiennes, je te montre les miennes”. On parle de nos bombes, bien sûr !

 

Moi, Pierre Keller, j’me marre !

Vous connaissez la dernière ? Combien coûte un journaliste ? Ben ça dépend du prix du billet d’avion que vous lui offrez ! Elle est bonne, hein ?

En vadrouille au Japon pour l’Office des vins vaudois (billet en 1ère payé par l’horloger Hublot), j’ai fait inviter quelques journalistes par l’Office et hop ! Une page pleine dans le “Matin Dimanche” (qui m’appelle “le samouraï des vins vaudois”) et une longue tartine dans “Le Temps” (qui parle de moi comme du “toujours flamboyant Pierre Keller”). Pas de doute, un billet pour Tokyo, même en classe affaires, c’est sacrément moins cher qu’une page de pub et méchamment plus efficace !

Les journalistes ? Certes, il y en a quelques mauvais. Ceux qui ne parlent pas de moi, ou alors en mal. Et il y a les bons, que je sais caresser dans le sens du poil et qui écrivent que je suis “généreux, solitaire parfois, attentif à tout, hilarant et amateur de blagues lestes” (c’est écrit dans le Matin Dimanche, c’est donc vrai).

On a aussi dit de moi que je suis “activateur, catalyseur, créateur, un intrépide dompteur, exubérant et colérique”. On m’a aussi appelé le “Houdini de la Riviera vaudoise” et “l’infatigable prêcheur de la cause du chasselas”. Il est vrai que j’ai raté mon entrée en politique, n’empêche, je n’en suis pas moins le lauréat 2010 du Mérite culturel de reconnaissance de la ville de Renens et officier de l’ordre des palmes académiques. De quoi faire la nique aux pense-petit !

Comment je fais pour qu’on parle autant de moi ? C’est simple: je m’aime, j’aime qu’on m’aime, j’aime qu’on parle de moi. Et surtout, je sais renvoyer l’ascenseur. Que ce soit avec des invitations au voyage ou par écrit. Ainsi, dans un des chroniques que j’ai publié, j’écrivais: “Dans un article par ailleurs excellent, Le Matin titrait blablabla…”. Vous pensez bien que les journalistes dudit Matin me mangent dans la main !

Et quand personne ne parle de moi, j’en parle moi-même, parfois à la 3ème personne. Vous ne me croyez pas ? J’ai intitulé un article publié dans “Le Temps” et consacré à mon activité à l’Office des vins vaudois: “Mais pourquoi en veut-on à Pierre Keller ?” J”y disais notamment que “fonceur, innovateur et non-conformiste, je contrarie certains esprits étroits”. Signé Pierre “modeste” Keller. Tout moi.

Deux mots quand-même sur le chasselas, puisque je suis président de l’Office des vins vaudois: il mérite qu’on le vante et qu’on le vende et la vente, ça me connait. Pensez donc, j’ai convaincu 65 restaurants nippons de servir du chasselas ! En 4 ans, la vente de chasselas au Japon a passé de 1.000 à 6.000 bouteilles (c’est vrai puisque c’est “Le Temps” qui l’affirme). Ce n’est pas encore le Pérou, vu que le chasselas, on en produit quelque 40 millions de bouteilles par année en Suisse. N’empêche, c’est pratiquement le double de ma consommation personnelle… (blague !).

Mais surtout cela me fait de beaux voyages chaque année, en compagnie de quelques sympathiques vignerons avec lesquels je sifflote leurs meilleurs vins (qu’ils m’offrent, évidemment). En prime ? Quelques articles dithyrambiques à la gloire de ma modeste personne et (un peu) à celle des vins vaudois. Que demander de plus…

 

Moi, Marc Voltenauer, j’me marre !

“Le prince du polar”, “un entrepreneur-né”, c’est moi ! Vous ne le savez peut être pas encore, mais je suis le nouveau génie des Carpates, le Marc Levy romand, le Messie du polar alpestre et l’auteur qui ne dément pas avoir vendu 30.000 exemplaires de son premier roman (ce que heureusement, personne n’a pu réellement vérifier…).

Or donc, je sors cette semaine un deuxième polar et j’organise une grosse bamboula à l’occasion. Y’aura du beau monde, croyez-moi: je bosse dans l’industrie pharmaceutique et donc, vendre n’a pas de secrets pour moi.

Vous en doutez ? Je vous raconte: cela fait quelques semaines que je titille mon réseau (allez voir sur Facebook !) et il y a trois jours, le 18 août, j’ai eu droit à un super papier, long, détaillé, encenseur et flatteur sur le site Bon Pour La Tête. Préparé de longue date et programmé pour sortir ce jour-là. Un samedi, aussi propice à la lecture des journaux comme Le Temps et 24 Heures, qui se sont aussi fendu d’articles encenseurs. Hasard ? Que nenni, bande de naïfs… Dans l’article de BPLT, l’auteur annonçait samedi déjà qu’il y aurait des articles sur moi dans le Matin Dimanche du lendemain (deux pages, s’il vous plait…un record pour un bouquin) et dans L’Illustré de cette semaine. Claro que ça sent sérieusement la campagne super bien orchestrée, et alors ?

Ces articles évoquaient aussi les lancements qui se feront en fin de semaine, les huit (!) séances de signature déjà programmées et avec le buzz que je me fais, plus les infos à la radio, il y aura des centaines de personnes ce samedi dans mon petit bled vaudois et si je leur offre la verrée, ils achèteront bien mon petit dernier, sur lequel , ce jour là,  je me fais 50 % du prix de vente de 28 francs. Bref, il ne manque plus que l’interview de Darius, suivi des télés françaises, mais cela ne saurait tarder.

Nombre d’auteurs peinent à vendre plus de 300 exemplaires de leurs bouquins. Ce n’est ni par manque de talent et souvent, la qualité de leur écriture est bien meilleure que la mienne. N’empêche, ils n’intéressent pas les gazettes, car contrairement à moi, ce ne sont pas des auteurs-entrepreneurs et ne savent pas se vendre. Commercialement ? Des loosers.

Les mauvaises langues disent que mon 1er roman n’a pas dépassé les 10.000 exemplaires vendus. Je ne confirme, ni n’infirme. Comme disait Léon Zitrone: “qu’on parle en bien ou en mal de moi, peu importe; l’essentiel est qu’on en parle”. Alors merci Mireille, Isabelle, Caroline et tant d’autres pour vos beaux articles, compliments et caresses dans le sens du poil. Sans vous, je me serais peut-être fait des couilles en cuivre. Grâce à vous, elles seront en or !

Moi Bashar al Assad, j’me marre !

“Boucher de Damas” qu’ils m’appelaient ! “Monstre sanguinaire”. Et tous juraient qu’ils n’auraient pas de repos avant de m’avoir dégommé. De quoi se marrer, non ? Obama, Hollande, Hun Jintao et quelques autres sont à la retraite et Trump joue au golf. Moi ? Présent mon capitaine ! Et pas rien qu’un peu…88,7 % des voix aux dernières élections présidentielles !

6 ans de guerre, 270.000 morts, 5 millions de réfugiés: pas mal pour un pays de 18 millions d’habitants ! Et que je te franchisse la “ligne rouge” et que je te gaze des villages entiers et que vogue la galère…Vos dirigeants se contentent de pousser quelques cris d’orfraie puis retournent se servir au buffet.

Tiens d’ailleurs, hier une des dernières grandes gueules, une Suissesse au caractère bien trempé a finalement aussi décidé de laisser tomber. Votre Carla del Ponte, ancienne procureur membre de la Commissions d’enquête des Nations Unies sur la Syrie se dit “frustrée”.

«Je quitte cette commission qui n’est portée par aucune volonté politique. Nous n’avons aucun pouvoir tant que le Conseil de sécurité ne fait rien. Nous sommes impuissants, nous servons d’alibi et il n’y a pas de justice pour la Syrie».

Elle a raison de dire que la passivité de la communauté internationale est un vrai scandale. Il faut toutefois dire que j’ai des alliés de poids: la Russie, la Chine et l’Iran notamment et (mais chut… c’est un secret…), il y a des enjeux économiques qui expliquent la position mollachue de vos dirigeants.

Mon papa, Hafez, dictateur éclairé comme moi, avait déjà compris que gazer des villages entiers ne posait aucun problème niveau “relations publiques” et comme lui, je sais que le chien aboie et que la caravane passe.  Militaire frustre et peu éduqué, il massacrait systématiquement toute opposition. Moi, je fais un peu plus subtil: quelques massacres, certes (faut bien maintenir les traditions), mais j’ai volontairement laissé la situation dégénérer, car aujourd’hui, plus personne ne comprend qui fait quoi à qui en Syrie.

Allez, je vous la fait simple: regardez ce diagramme et dites-vous que cela change chaque semaine !

 

Vous préférez un peu plus complexe ?

Tout le monde se tape sur la gueule. Il y a des Kurdes, des Irakiens, des Iraniens, les Libanais du Hezbollah, les p’tits gars de l’Etat Islamique, ceux d’Al Qaida, d’Al Nousrah et j’en passe. Vous comprendrez que dans ces conditions, je préfère passer du bon temps au palais, avec mes amis Iraniens et Russes. Caviar et vodka n’y sont pas sous embargo…

Hasard du calendrier, je fêtais mes 36 ans le 11 septembre 2001…Et donc, pour fêter mes 52 ans (avec quelques jours d’avance), je me suis fait un beau cadeau: un tout nouveau billet de 2.000 Livres (environ 9 francs suisses) à mon effigie.

J’ai un peu tardé à le mettre en circulation, mais comme maintenant je sais que les Européens et les Américains ne cherchent plus à me dégommer, je n’avais plus de raison d’attendre. Papa n’avait son portrait que sur le billet de 1.000 Livres, mais il y a eu de l’inflation et après tout, je suis plus grand que lui, non ?

 

 

Moi Johann S.A, j’me marre

 

 “Foutage de gueule et langue de bois”, telle pourrait être ma devise. Vous vous demandez peut-être ce que vous avez fait au bon Dieu et au PLR pour que je sois membre du Conseil fédéral ? Bonne question ! 

Ainsi donc, comme le révèlent les gazettes, je viens d’annoncer un paquet de mesures pour faciliter les importations, alléger la bureaucratie et réduire les achats transfrontaliers.  J’ai pris mon temps, pas vrai ? C’est qu’on n’est pas Bernois pour rien !  Comment je vais m’y prendre ? Fastoche ! Permettez que je me cite: “si les coûts peuvent être réduits grâce à de meilleures conditions cadres, alors les prix vont aussi baisser. C’est la meilleure recette contre le tourisme d’achat”. Vous n’avez pas bien compris ? Sans blââââgue… Moi non plus. Donc, précisons:

“Nous avons deux possibilités pour améliorer les conditions cadres des entreprises: soit réduire la bureaucratie, soit éliminer les obstacles au commerce ou en garder un nombre très bas. Je ne peux pas imposer aux consommateurs de faire leurs achats en Suisse. Mais chacun doit être conscient qu’il peut contribuer à conserver des places de travail et de la prospérité dans notre pays”.

C’est plus clair, d’accord, même si cela ne veut pas dire grand chose. Je terminerai donc pas un scoop-foutage-de-gueule: “nous allons continuer à nous attaquer aux cartels et à l’élimination des entraves techniques au commerce, à l’origine du niveau élevé des prix en Suisse”. Et merci d’avance aux esprits chagrins de ne pas me rappeler ce titre du magazine BILAN d’avril 2013: “La lutte contre les cartels prend du retard”.

Bon, va falloir que je vous quitte car je suis en route pour l’Arabie Saoudite et le bon roi Salman n’aime pas qu’on le fasse poireauter. Laissez-moi donc rapidement vous expliquer ce que signifie “dire pour ne rien parler”. Questionné par “Blick” sur l’opportunité de me rendre en Arabie alors que ce pays sème la mort au Yemen, boycotte le Qatar, finance (discrètement) des mouvements terroristes et considère la femme comme l’égale de la chèvre, voici ce que j’ai répondu (extraits):

“Les crises doivent être résolues par le dialogue. Au Yemen, nous aidons la population civile avec de l’aide humanitaire. Quant au matériel de guerre que nous vendons, nous devons éviter qu’il puisse être utilisé par les belligerents. Ainsi, la Suisse n’accepte de vendre du matériel militaire aux pays impliqués dans la guerre au Yemen que si nous n’avons aucune raison de croire que ce matériel pourrait y être utilisé”.

Pas mal, hein ? C’est comme si je vous vendais quelques lignes de coke, pour peu que je n’ai pas raison de croire que vous allez sniffer ! Quant au volet “terrorisme”, je suis très fier de mon “il est indéniable que l’Arabie Saoudite s’est engagée dans la lutte contre le terrorisme et que cet engagement s’est fortement développé au cours des années écoulées”. Le roi sera ravi et la délégation d’entrepreneurs de Suisse qui m’accompagne et espère quelques juteux contrats appréciera. A vos stylos, prêts ? signez !

 

Moi, roi Salman d’Arabie, j’me marre !

“Une affaire qui roule; une affaire qui VOUS roule”, telle est la devise du business que je dirige avec mon fils, prince héritier, et que vous appelez “Arabie Saoudite”. Moi, Salman ben Abdelaziz al Saoud, je ne fais pas dans la dentelle.

Et que j’inonde l’Occident de mosquées wahabites (financées par VOS achats de MON pétrole), et que j’exporte les imams les plus extrémistes dans vos sympathiques pays peuplés de “bien pensants”, et que j’organise des distributions de Coran dans vos rues ! Tout ça sans que vos gouvernants ne tiquent ! Pas de doute, y’a de quoi se marrer.

Dire qu’en plus, Donald T. me mange dans la main quand je mets le Qatar au ban des nations sous prétexte que ce morveux de Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani finance le terrorisme ! Comme si nous n’en faisons pas autant à nos heures perdues… C’est je crois ce qu’en Occident, vous appelez une assurance-vie.

Paraît que chez vous on dit que quand on aime, on ne compte pas. Moi non plus, je ne compte pas. Ni mes sous (y’en a trop), ni sur mes amis (traîtres en puissance). Raison pour laquelle je viens d’annuler ma venue au G20 de Hambourg de cette semaine. On ne sait jamais…

Ce que me coûte ce petit caprice ? A peine quelque 4 millions de francs. Faut dire que j’avais fait réserver les 160 chambres et suites du plus bel hotel de la ville, le Vierjahreszeiten, pour une semaine et pour un petit million de francs. Plus quelque 250 chambres dans d’autres hôtels pour un autre petit million. C’est que je n’aime pas trop voyager seuls, la cinquantaine de membres de ma suite rapprochée et mes 14 cuisiniers personnels vous le confirmeront.

Suite aux visites de mon staff, qui a photographié toutes les chambres, nous avions commandé quelques transformations au Vierjahreszeiten. L’hôtel n’a pas hésité à casser des murs pour agrandir la suite royale (minable, avec ses  400m2), installer des toilettes et lavabos en or et des vitres blindées et aménagé une salle pour le trône que j’emporte dans tous mes voyages, etc. Tout cela pour quelques 4 millions de francs seulement, alors que j’allais quand-même y rester deux jours !

Alors je me marre, car même au prix cassé de 49 dollars le baril de pétrole, les 10,5 millions de barils que nous vous vendons quotidiennement nous rapportent net dans les 400 millions de francs. Donc, claquer 1 % de mon revenu quotidien, ce n’est pas la fin du monde, même si en ce moment, on est un peu serrés. Les achats d’armes aux Etats-Unis nous coûtent bonbon, mais bof…L’amitié, je vous le disais, cela n’a pas de prix.

4 millions pour mon petit caprice ? C’est, chers amis Suisses, la somme (brute et totale) que ceux d’entre vous qui gagnent 8.000 francs par mois, auront gagné en 40 ans de travail. Rigolo, non ?

 

PS: les informations concernant l’hôtel à Hambourg proviennent en partie du magazine Der Spiegel

LES VOYOUS

RAS-LE-BOL de ces lobbyistes des assurances maladie qui ont envahi la coupole fédérale.

En 2017, l’industrie de la santé (médecins, hôpitaux et pharmas notamment) pèsera plus de 82 milliards de francs. Plus que le budget de la Confédération.

Il n’est donc pas étonnant que ces compagnies s’offrent les moyens de nous faire payer toujours plus. Elles disposent, pour ce faire, d’intervenants puissants et bien placés. Notamment aux Chambres fédérales où 15 % des parlementaires sont directement “acquis” à leur cause. C’est pire encore au sein des commissions de santé: près du tiers des élus ont des liens étroits avec les assurances maladie.

En 2017, la santé nous coûtera donc 10.000 francs par personne. Ce qui veut dire que chacun d’entre nous, des nourrissons aux vieillards aura été”taxé” de 833 francs par mois. Somme que nous payons à travers nos cotisations à l’assurance maladie, la part des frais non remboursés et nos impôts.

“Bof, direz-vous, rien de nouveau sous le soleil”. Eh bien si. Il est temps de faire clairement entendre nos voix et de cesser de nous faire tondre en bêlant quelque vague réclamation. Il nous faut modifier notre approche du problème des coûts de la santé et lors des prochaines élections fédérales, virer les parlementaires achetés ou vendus. Car:

RAS-LE-BOL de ce numéro de cirque qu’assureurs, médecins, hôpitaux, entreprises pharmaceutiques et petit monde politique nous présente chaque année en se renvoyant la balle pour dénoncer le(s) fautif(s) de l’explosion des coûts.

RAS-LE-BOL de ces parlementaires, élus pour défendre nos intérêts, mais s’occupant surtout des leurs.

RAS-LE-BOL des directeurs de compagnies d’assurance maladie qui s’octroient des salaires de plusieurs centaines de milliers de francs.

RAS-LE-BOL des dizaines de (nos) millions dépensés en marketing, périodiques et publicité par la centaine de compagnies d’assurances qui se partage le gâteau.

RAS-LE-BOL du manque de transparence, des réserves occultes et du blabla qu’on nous sert, genre: “le salaire de notre directeur n’a coûté que 78 centimes à chaque assuré”, plutôt que de dire: Daniel Schmutz, patron d’Helsana, a gagné 939.000 francs en 2015″

Pistes à suivre: 

  • Revoir la copie concernant la Caisse Unique. Rejetée en votations en 2007 et 2014, elle connait un regain de popularité aussi bien en Suisse romande qu’alémanique et, selon un sondage commandité par Le Temps, 67 % des Suisses la souhaitent.
  • Prendre conscience que l’industrie de la santé engrange une bonne partie de ses milliards en soignant (pas toujours, mais souvent à grands frais) les effets de la maladie.
  • Prendre conscience que la médecine est toujours plus fréquemment en mesure de prévenir  l’arrivée d’une maladie et donc…
  • Modifier la Loi sur l’Assurance Maladie en mettant l’accent sur le remboursement de la prévention.
  • D’une manière générale, passer à la médecine des 4P: préventive, prédictive, participative et personnalisée.
  • Améliorer la formation des médecins – en retard d’une guerre au moins – notamment dans les domaines du développement de la génétique et la prévention.
  • Réduire le nombre d’interventions chirurgicales inutiles et dangereuses, pratiquées pour des raisons purement financières.
  • Encourager et rembourser les soins dits alternatifs (biorésonance, hypnose, guérisseurs, etc.)

“Prévenir vaut mieux que guérir”, dit-on. Ce n’est manifestement pas (encore) la devise de nos parlementaires, ni de l’industrie de la santé. Cela pourrait le devenir si enfin, nous nous réveillons.

 

Z’êtes un veau ou un mouton ?

Suisse îlot de cherté ? Vous avez été (très, très ) nombreux à aimer, détester et/ou commenter mon blog. Merci. La plupart d’entre vous ont toutefois une chose en commun avec moi: nous sommes des veaux ou des moutons, rarement des “meneurs”.

En argot, les veaux sont des niais, sans énergie et  paresseux. Quant aux moutons, ce sont des béliers castrés élevés exclusivement pour leur viande et leur laine et… ce sont aussi des suiveurs qui ne se posent pas de questions.

La plupart des commentaires que j’ai lus étaient des condamnations. Trop de monopoles, trop de duopoles, trop d’abus, trop d’entreprises qui profitent des consommateurs Suisses. Trop de marques qui abusent. Des écarts de prix injustifiables et injustifiés, que ce soient pour des produits pharmaceutiques, des livres, des produits alimentaires ou autres.

OU I!!!!! Vous avez raison ! Et si on nous prend parfois pour des vaches à traire, c’est que c’est exactement ce que nous sommes.

Que ce soit à Genève, Vaud, Neuchâtel, Valais, Fribourg Jura ou ailleurs, nous élisons des représentants au Parlement dont nous ne connaissons rien (si ce n’est à quel parti ils appartiennent) et pendant la durée de la législature, soit quatre ans, nous ne leur demandons aucun compte.

Or VOS, parlementaires, MES parlementaires sont souvent inféodés. Les uns aux banques, les autres aux pharma, d’autres encore à leurs conseils d’administration  et nous les laissons légiférer sans jamais leur demander de comptes.

Donc, si nous continuons à être tondus dans certains domaines de notre consommation – alors que dans d’autres, une différence de prix avec l’étranger est justifiée – ce n’est QUE de notre faute.

Cela vous semble idiot ? Alors dites-moi, combien d’entre vous, chers lectrices et lecteurs, connaissent les noms des représentants de leur canton au Parlement fédéral ? Combien d’entre vous leur ont déjà écrit pour leur faire part de leur avis? Combien ont mobilisé leurs amis et connaissances pour faire bouger les choses ? Combien d’entre vous savent comment ont voté VOS représentants sur des sujets qui vous tiennent à coeur ?

Ma conclusion (et je sais, c’est super superficiel…:)  cessons de nous plaindre des abus et secouons-nous les puces: le pouvoir, nous l’avons et donc, bougeons !

 

 

 

 

Y sont débiles ou c’est moi ?

“Pauvres de nous, rackettés à tous les étages. Nous disons encore merci à la Coop et à la Migros qui quadrillent la Suisse avec les marges les plus importantes d’Europe sur l’alimentation”.

Ce “post” sur Facebook a été “aimé” par une flopée d’internautes, partagé une vingtaine de fois et largement commenté, genre “en Suisse, la nourriture coûte presque le double qu’en France; quant aux loyers pratiqués, c’est véritablement un scandale”. Ou “revenant en Suisse tous les 3 mois, je suis sidérée par les prix chaque fois” ou encore: “et dire qu’on ose critiquer ceux qui font faire leurs courses en France voisine…”

Et Swissinfo enfonce le clou expliquant que: ” les consommateurs de Suisse continuent de payer les prix alimentaires les plus élevés d’Europe. Les hôtels et restaurants ne sont nulle part ailleurs plus chers. Dans l’ensemble, les prix demeurent supérieurs de 61% en Suisse comparé au niveau européen….Dans le secteur de l’habillement, les vêtements étaient 43% plus coûteux en Suisse comparé à la moyenne européenne

Et de nous apprendre que l’Albanie, la Macédoine et la Bulgarie sont quand même sacrément moins chers que la Suisse. J’ajouterai pour ma part que le taxi entre l’aéroport de Bangkok et le centre-ville (36 km) coûte 12 francs, qu’à Athènes, le kilo de côtelette d’agneau en coûte 2, qu’à Luang Prabang (Laos), un repas complet au resto m’a coûté 3 francs et qu’à Cusco (Pérou), j’ai payé mon T-shirt 2,50 francs.

Ilôt de cherté  ?

Vous voyez où je veux en venir ? Non ? Alors une question: quel est votre salaire mensuel ? Vous n’aimez pas parler de cela ? Ce n’est pas grave. Prenons, au hasard, une infirmière. La connaissance à laquelle j’ai posé la question a 34 ans, 8 ans de métier et gagne brut: 5.300 francs par mois, plus les primes (nuit, dimanches, etc.). C’est le triple de sa collègue française, qui gagne 1.600 euros (1.750 francs).

En Albanie, Macédoine et Bulgarie, le salaire sera de 350 francs par mois. Idem à Bangkok où après 10 ans de métier, une infirmière touchera l’équivalent de 380 francs par mois. Au Laos, ce sera un peu mois: environ 250 francs. Bien sûr, il faudrait – pour être plus précis – tenir compte des impôts, vacances, charges sociales, etc.

En clair, comparer l’incomparable ne rime à rien. Si, pour le même travail, je gagne trois fois plus en Suisse qu’en France ou en Allemagne, 15 fois plus qu’en Albanie et 20 fois plus qu’au Laos, n’est-il pas normal que le prix des choses soit aussi plus élevé en Suisse qu’ailleurs (ce qui permet de payer des loyers et des salaires plus élevés) ? Car malgré le fait qu’en Suisse, tout ou presque est plus cher qu’ailleurs, nous avons un des niveaux de vie les plus élevés du monde.

A tout prendre, je préfère payer mon kilo de bidoche 5 fois plus cher qu’en Albanie plutôt que d’aller m’y installer et voir mon salaire réduit de 90 % (au cas où je trouverais du travail…).

Donc, il me semble que ce n’est pas moi qui suis débile, mais si vous n’êtes pas d’accord, dites-le !

Moi, Tamim bin Hamad Al Thani, j’me marre !

Emir du Qatar, 37 ans et toutes mes dents, je suis plus courtisé que les bimbos de vos téléréalités ! Même quand je sème une de ces m… dont j’ai le secret, Car contrairement à Louis XIV qui croyait que l’Etat, c’était lui, le Qatar, c’est effectivement moi (et ma famille). Eh oui… nous sommes les heureux propriétaires de ce lopin de sable, grand comme Vaud et les Grisons réunis, peuplé de 2,5 millions d’habitants – dont 2 millions d’étrangers – et gorgé de pétrole et gaz naturel.

Pourquoi j’me marre ? Ce ne sont pas les raisons qui me manquent: nous sommes bourrés aux as (mon fonds souverain pèse 340 milliards de dollars), je m’achète ce qui me fait plaisir, que ce soit le PSG, le Crédit Suisse, la FIFA ou les trois plus prestigieux hôtels de Suisse – pour ne citer que quelques exemples. Et comme Qatar Airways m’appartient aussi, je n’ai pas besoin de “Bon à Savoir” pour trouver les billets d’avion les moins chers !  On a beau nous pointer du doigt pour la façon dont nous traitons les travailleurs immigrés (enfin, ceux qui survivent…), le monde que je connais est peuplé de lèche-culs cupides, qu’ils soient chefs d’Etat, politiciens, banquiers, avocats ou patrons d’entreprises. Ils chantent mes louanges ? Je les fais danser !

Mais revenons à nos moutons (noirs): ces jours, j’me marre parce que personne ne pige que dalle à ma  politique extérieure. Pas évident, en effet. Je finance des groupes islamistes terroristes, une pincée de Hamas, une pichenette de Al Quaida, etc. (les Saoudiens nous ont toujours dit qu’il s’agit là d’une excellente assurance-vie), tout en maintenant des relations avec Israël. Je soutiens l’opposition au Président Assad de Syrie, mais en même temps, j’aide aussi ce dernier. Mon pays est membre de la coalition Sunnite crée par le bon roi Salman d’Arabie saoudite pour freiner l’appétit expansionniste des Iraniens – qui de plus sont des vilains Chiites – et en même temps, les Ayatollahs et nous sommes comme cul et chemise. Nous exploitons en effet ensemble et en parfaite harmonie le plus grand champ de gaz du Golfe et avons des accords de coopération militaire. Ce qui ne m’empêche pas d’accueillir aussi  la plus grande base militaire américaine du Moyen Orient (11.000 soldats y sont stationnés).

Heureusement, les Iraniens ne m’ont pas encore demandé de les aider à créer une base militaire de même taille au Mexique, à la frontière du Grand Satan, même si ce serait en somme assez équitable. Gag !

Donc, un jour, ce sont les Saoudiens qui me traitent de “traître”, vu que l’Iran, c’est leur bête noire. Un autre jour, c’est le pharaon Al-Sissi qui n’aiment pas que Al-Jazzeera, ma chaîne de TV soutienne les Frères Musulmans; une autre fois, ce sont les Iraniens, les Turcs ou les Américains qui poussent une beuglante, mais je m’en tamponne. D’ailleurs, récemment, il a suffi d’une promesse de 10 milliards d’investissement dans ses projets d’infrastructures pour calmer M. Trump !

Alors, le caca nerveux de ce matin de l’Arabie saoudite, de l’Egypte, des Emirats et du Bahrein qui rompent leurs relations diplomatiques avec nous pour cause de soutien au terrorisme, cela ne me fait ni chaud ni froid, tout au contraire. A vrai dire, cela m’amuse plutôt de voir les Saoudiens, bailleur de fonds d’organisations terroristes et principaux exportateurs d’imams recruteurs venir nous faire la leçon…  Moi,  je fais comme la Suisse : je mets mes œufs dans plein de paniers. Vous, avec votre “neutralité” disons… active; nous avec notre pognon, qui calme plus efficacement que le Valium ou le Xanax ! Chez moi, le slogan n’est pas “un Mars et ça repart !”, mais “un p’tit milliard et on s’aime à nouveau !”