Saype : une fresque de l’avenir

Comment orienter les questions de développement durable vers une vision positive tout en soulignant la nécessité de l’effort humain ? Un défi relevé avec brio par l’artiste Saype à travers ses fresques géantes peintes à même le sol.

Jusqu’au 30 septembre se tiendra le Festival Vevey Image, l’édition de cette année se concentrant sur le thème « Extravaganza ». Parmi les invités, Saype, artiste peintre passionné de développement durable, a dessiné une fresque de plus de 1500 m2 dans le parc du Château de La Tour-de-Peilz, dont l’inauguration aura lieu demain.

Dans sa symbolique, sa forme et sa concrétisation, l’image sert de pôle de réflexion quant au futur réservé aux prochaines générations. Une petite fille imaginée comme emblème de l’enfance est portée dans une piscine par une bouée de sauvetage, cette dernière représentant l’évolution actuelle de l’humanité. L’œuvre souligne la fragilité de notre avenir en évoquant, à travers cette bouée, le besoin de nous protéger d’un danger impalpable auquel nous sommes confrontés. Néanmoins, elle rappelle aussi le pouvoir que nos actes du présent peuvent avoir sur notre progéniture, en dépeignant l’insouciance de cette enfant, confortablement installée dans une invention humaine qui garantit sa sécurité. « L’idée, c’est de montrer que si on donne vraiment de soi et qu’on prend le temps de bien réfléchir, on peut réussir à faire de belles choses en respectant la nature », explique l’artiste.

Un message que la fresque délivre également à travers sa matérialisation, étant donné qu’au terme de nombreux essais, Saype a réussi à fabriquer lui-même une peinture 100% biodégradable afin d’œuvrer dans le respect de l’environnement. Au-delà des questions que pose l’image, elle offre également une réponse, illustrant la possibilité de minimiser son impact sur l’environnement dans chacun de ses actes, toutes dimensions comprises. Si beaucoup d’artistes ont à cœur de représenter et dénoncer la crise environnementale, Saype se démarque en poussant la réflexion jusque dans la concrétisation de l’œuvre. Selon ce peintre engagé, « le rôle de l’art est de servir à l’écologie et à l’humain dans le réel. »

C’est sur cette ligne directrice qu’il réalise, en parallèle de ses autres projets, sa série de Land Art, voyageant avec son matériel pour dessiner des fresques géantes, dont en France et en Russie cette année. Image notamment intéressante parmi beaucoup d’autres, celle qu’il a réalisée au Luxembourg en 2017 : pour le Kufa’s Urban Art Festival, Saype a rassemblé les générations autour de l’écologie en dessinant un grand-père qui plante un arbre avec une petite fille. La valeur esthétique, morale et originale de cette représentation a beaucoup attiré l’attention, ce qui a permis aux organisateurs de vendre des graines, non seulement dans l’idée de planter des arbres, mais dont les bénéfices ont également été versés à des associations de lutte contre la déforestation. L’objectif de l’artiste, qui se renouvelle continuellement, est d’orienter l’attention portée à son œuvre sur les éléments positifs de notre évolution, permettant ainsi de cultiver une énergie favorable au changement. Ce qu’il conclut par sa vision responsable de l’être humain : « Nos vies et nos actes sont voués à être les traces de notre passage en ce monde. À nous de savoir quoi en faire. »


En savoir plus :

Festival Vevey Image

Saype

Marion Marchetti

Marion Marchetti

Marion Marchetti est étudiante, enseignante, et traductrice. Elle écrit sur divers thèmes qui la marquent au quotidien : écologie, questions de genre, mode de vie, consommation bio et locale. Vivant actuellement à Lausanne, elle souhaite partager les découvertes régionales qui lui permettent de se rapprocher autant que possible d’un mode de vie sain et éthique.

5 réponses à “Saype : une fresque de l’avenir

  1. “étudiante, enseignante, et traductrice”
    Ca, c’est déjà performer:)!

    Blague à part, vous êtes encore jeune, alors ne cédez pas aux sirènes de pseudo-artistes qui, non seulement ont inventé la peinture recyclable, tout seuls, mais en plus, prétendent éduquer le monde avec une “oeuvre” de… 1’500m2

    Qui a dit, “moins, c’est plus”?

    Bien à vous

    1. Merci pour votre commentaire. J’aurais beaucoup de plaisir à prendre connaissance des sources auxquelles vous vous référez concernant, d’une part, l’existence d’une autre peinture tenant sur l’herbe pendant plusieurs semaines sans endommager l’environnement, et d’autre part, la définition de ce qu’est une œuvre. Accepteriez-vous de les partager ?

      1. Le matériau doit être gras pour tenir 3 semaines à l’humidité et je ne suis pas sûr que recouvrir une prairie de gras soit l’idéal.
        Non, ce qui me parait le plus ambigü est de lutter pour la planète en recouvrant 1’500m2 donc avec une énorme quantité de cette peinture miracle.
        Et de plus qui ne peut être vue que depuis une hauteur de 100m. (J’ose espèrer que le survol en hélicoptère n’est pas prévu:)

        C’est dans ce sens que je parlais de pseudo-artiste.
        Pour le reste, je ne me prononce pas sur l’oeuvre de cet artiste:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *