Par une chaude soirée d’été…

C’était une chaude soirée d’été, le rythme de la ville s’était ralenti et les battements des espadrilles des derniers badauds rompaient parfois le silence qui remontait de la rue par les fenêtres grandes ouvertes.

Elle attendait là, immobile, dans la pénombre, les jambes fermement écartées ; d’un bref regard, je confirmai que la chaleur environnante n’empêcherait rien, et que la tension mise ne ferait long feu de nos habits. Je terminai de préparer mon café glacé, le complétai d’une rasade de Grand Marnier. J’étais pieds nus et avait déjà ôté mon T-shirt. Dans l’air fébrile, une Morna de Cesaria Evora complétait le tout d’une douce langueur. J’entendis alors l’appel de son soupir, qui me signalait qu’il n’était plus temps d’attendre.

Accordés au rythme lent de la musique, mes doigts effleurèrent cette chemise que je connaissais si bien. Pour mieux la tendre, bouton par bouton, je remontai jusqu’au col. Je sentais la chaleur humide me brûler presque, en poursuivant depuis les reins jusqu’au dos ; les pans de la chemise ouverte pendaient au sol, et ondulaient avec les manches tandis que ma main plaquait le tissu sous son souffle chaud.

J’avais posé la chemise sur la table du salon ; sans interrompre le mouvement, je passai au pantalon d’été, dont les chiffonnements témoignaient de l’attente qui n’avait que trop duré ; du plat de la main j’en lissai les contours des cuisses tendues, les entrouvrant légèrement pour mieux y glisser le long de la couture, jusqu’à sentir brûler la fermeture éclair. Le pantalon tomba dans un pli souple à côté de la chemise.

En nage, mes pensées s’échappaient sous le lent balancement de mon effort. Après une rasade de café, de la pointe de mon fer-à-repasser brûlant, j’attaquai la prochaine chemise.

Je pensais alors au sujet de mon prochain blog, qui nécessitera encore quelques séances de repassage, mais plus fraîches.

Marc Münster

Marc Münster

ApaRtide féru de politique suisse et curieux de l’avenir de mes deux filles, arpenteur inlassable de la twittosphère (@Munsterma) et de ma planche à repasser, je poursuis la chimère de l’humanisme des Lumières. Suisse allemand de culture vaudoise ou inversement, je m’entraîne de longues heures au retourné de röstis dans ma cuisine bernoise. Passionné de passé – latiniste puis géologue - je consacre ma vie professionnelle au futur et à la société (formation et accompagnement stratégique en développement durable).

2 réponses à “Par une chaude soirée d’été…

  1. hahaaha, excellent, d’ailleurs je pensais à vous aujourd’hui en me disant que je n’avais plus rien lu de ce bougre à repasser, tout en souhaitant que l’on ne vous avait pas trérepassé à la censure:)
    Courage et courant frais

  2. Séance de repassage prévue aujourd’hui. Parviendrais-je à atteindre le 7e ciel;-)) ? J’ai des doutes. *Sourire*.
    Jolie inspiration et belle prose.

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