Pas encore la parité… mais presque!

Les élections fédérales ont porté un nombre record de femmes au Conseil national. La grève des femmes de juin et les efforts de certains partis politiques pour proposer à des listes paritaires ont permis d’atteindre le pourcentage de 42% de femmes au Conseil national, du jamais vu ! Ce chiffre pourrait évoluer légèrement en fonction des élections au Conseil des États.

Pourquoi une meilleure représentation des femmes en politique est-elle un signal bienvenu ? Parce qu’elles constituent la moitié de la population suisse et que les problèmes spécifiques aux femmes récoltent encore trop peu d’attention de la part de notre Parlement très masculin. La nouvelle composition du Parlement devrait permettre de faire avancer des dossiers qui n’étaient jusqu’alors pas considérés comme des priorités.

Des femmes plus sensibles aux violences qui affectent leur genre

Notamment le problème des violences sexuelles, qui touche les femmes de façon disproportionnée. Prenons l’exemple du viol : une sous-commission des affaires juridiques du Conseil des États, composée de trois hommes, estime qu’il n’est pas nécessaire de modifier le Code pénal et de punir toute relation sexuelle non consentie comme un viol. Or, selon un sondage mandaté par Amnesty International au début de l’année, une femme sur cinq en Suisse a subi durant sa vie des actes sexuels non consentis, et seule une infime minorité des victimes (moins de 10%) est allée dénoncer ces actes à la police. Parce qu’elles savent que de telles agressions ne sont pas poursuivies et qu’elles craignent de ne pas être prises au sérieux.

Ces chiffres sont effarants. Il est urgent de prendre des mesures, notamment en changeant la loi qui est obsolète, en formant la police et en récoltant des données systématiques sur toutes les formes de violence sexuelle en Suisse. Des femmes parlementaires de tous les partis, sauf l’UDC, ont déposé des interpellations en demandant au Conseil fédéral de mieux protéger les femmes contre les violences sexuelles. De nombreux hommes parlementaires adhèrent aussi à cette demande, fort heureusement.

Une majorité des Suissesses veut une modification de la définition du viol

Du côté de la population, c’est clair : 85% des femmes interrogées dans notre enquête estiment qu’une relation sexuelle sans consentement devrait être considérée comme un viol. Des milliers de signatures en faveur d’une révision du Code pénal ont déjà été récoltées et seront remises aux autorités suisses en novembre. Espérons qu’un Parlement plus féminin accorde enfin aux droits des femmes l’attention que ceux-ci méritent.

Davantage d’informations sur la campagne que mène Amnesty International sur la question du consentement: stop-violences-sexuelles.amnesty.ch

Manon Schick

Manon Schick

Manon Schick est depuis 2011 la directrice d’Amnesty International Suisse et s'engage en faveur de la défense et la promotion des droits humains.

2 réponses à “Pas encore la parité… mais presque!

  1. Je ne sais plus qui a dit que la suppression d’un abus est souvent son remplacement par l’abus contraire.

    Il y a un mois, un festival féministe a proposé de « sortir de l’hétérosexualité ». Selon les organisatrices « l’hétérosexualité est la pierre angulaire de la construction du patriarcat et les féminismes en parlent sans jamais la nommer. ».

    A votre place je me méfierais car, selon elles, « l’émancipation des femmes blanches s’est faite par l’exploitation des femmes non-blanches ». Le femmes blanches du même mauvais côté de la barrière que les hommes ?

    Intégralité de l’article ici : https://www.lesinrocks.com/2019/09/20/actualite/societe/a-paris-un-festival-feministe-propose-de-sortir-de-lheterosexualite/

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