Pourquoi les soignants ont le devoir moral de se vacciner contre le COVID-19 ?

Dr Semmelweis
Timbre de la République Fédérale d’Allemagne en l’honneur du Dr Semmelweis

La campagne de vaccination est proche de son démarrage en Suisse. Au delà des défis logistiques inédits, l’évaluation des résultats cliniques est déjà possible pour les professionnels soignants avec des récentes publications médicales. Un éditorial dans le New England Journal Medicine parle d’un triomphe  pour le vaccin de Pfizer/BioNTech.

En fait, est-ce qu’il est sage de déjà commencer la campagne de vaccination ?
Une autorisation de produits thérapeutiques ou préventifs demande bien plus qu’une lecture d’article. Les authorités Swissmedic examinent le(s) dossier(s) soumis à approbation et équivalents à des dizaines de classeurs fédéraux  et ont répété que les aspects de sécurité sont examinés au peigne fin. Il faut en particulier examiner les effets secondaires aigus juste après l’injection et ceux arrivant dans les mois suivants comme des maladies inflammatoires ou autoimmunes dont on doit évaluer si la fréquence globale augmente.
Pour la santé publique, il sera important aussi de savoir si les vaccins peuvent réduire le taux de transmission avec la réduction des infections asymptomatiques.

Prenons le pari que le bilan d’efficacité et de sécurité est jugé favorable comme plusieurs pays l’ont déjà conclu
Dans le cas probable d’une approbation du premier vaccin par Swissmedic, les autorités des divers cantons vont pouvoir déployer leur plan de vaccination envers les personnes vulnérables comme annoncé. Vu l’impressionnante efficacité des vaccins à ARNm à réduire les infections COVID-19 graves, il est logique et moral de vacciner les personnes à risques au plus vite.

Mais qu’en est-il de la vaccination des soignants ?
Les USA ont une stratégie différente de celle prévue par la Suisse car ils ont décidé de d’abord vacciner le personnel soignant. Il y a une certaine logique à cela vu les multiples infections des soignants américains, le nombre élevés de décès dans les maisons de retraites et un certain nombre d’infections nosocomiales (à l’hôpital) même en Suisse.
Toutefois, on doit noter qu’il n’y a pas d’étude scientifique montrant que le vaccin réduit la transmission du virus SARS-CoV2. Vu que le COVID-19 est une maladie virale, il est probable que la vaccination anti-COVID réduise en effet la transmission

Alors faudra-t-il que les soignants se vaccinent contre le COVID-19?
Cadrons la question!  Cette question se pose au futur en Suisse vu la stratégie nationale vaccinale mais aussi à cause du manque actuel de données scientifiques approfondies sur les effets du vaccin menant à des effets secondaires rares mais graves et sur le taux effectif de réduction de la transmission du virus.
Ces données scientifiques arriveront rapidement en 2021. Alors la question de la vaccination des soignants se posera de manière vive dans un débat publique. On entend déjà certains syndicats et des élus verts se positionner contre l’obligation de vacciner en demandant uniquement une information sur le vaccin. Une initiative “anti-vax” est lancée. Le débat doit s’élargir.

Est-il moral de demander aux soignants de vacciner contre le COVID-19?
C’est un débat qui doit rapidement être posé car il met en avant les questions de choix personnels, la nature infectieuse du risque, les choix inévitablement collectif de la politique de médecine préventive et aussi des débats annexes de sociétés.

Primum non nocere, en premier ne pas nuire à ses patients !
Primum non nocere (d’abord ne pas nuire) est le principe enseigné aux étudiants en médecine. C’est un principe de prudence d’Hippocrate qui rappelle que tout traitement doit être d’abord sûr et que la sécurité des patients doit être au coeur des équipes soignantes. Le combat du Dr Semmelweis au 19eme siècle contre les infections des femmes accouchantes en est un exemple fameux et contreversé à l’époque (il s’agissait de se laver les mains).
Ce principe de ne pas nuire s’applique d’abord au vaccin lui-même. Il doit être sûr. C’est la raison même de la prudence des autorités suisse Swissmedic qui prennent le temps nécessaire pour évaluer le(s) vaccin(s) anti-COVID-19.
Ce principe s’applique aussi aux effets vaccinaux indésirables et possibles pour des personnes qui ne sont pas à risque pour le COVID-19. Pour énoncer clairement, il faut que le vaccin offre un niveau de risque qui soit nettement plus bas que le risque déjà bas pour la population générale.
Mais ce principe de prudence s’applique aussi de manière particulière aux soignants qui ne doivent pas être eux-mêmes vecteurs de la maladie et être facteurs de risque aux malades vulnérables ! Pour ma part en tant que médecin, je suis convaincu qu’il y a des forts arguments moraux pour chaque soignant de se vacciner si le vaccin est démontré être sûr et réduisant la transmission. Le principe du primum non nocere doit être appliqué lorsque le soignant peut être lui-même vecteur de la maladie. Comme au temps du Dr Semmelweis !

Et est-ce que les soignants auront l’obligation de se vacciner en Suisse ?
A tout lecteur vaillant ou lectrice vaillante qui lit ces lignes, qu’il ou qu’elle soit convaincu ou convaincue que le débat sera vif et que les autorités suisses seront très mesurées. On sait déjà que d’autres pays auront des politiques plus directives. Ainsi aller en Australie demandera d’être vacciné, ce qui permet à chacun de répondre à une question de choix dans une situation pratique.

Si vous gagnez un voyage en Australie, est-ce que vous vous vaccineriez ?
Le choix est donc simple: pour accepter le prix, vous avez l’obligation de vous faire vacciner. Est-ce que vous le faites ou non ? On peut faire le pari que la plupart d’entre vous se ferait vacciner et trouverait saugrenu de ne pas le faire pour avoir des vacances d’une vie.
Maintenant, on peut recommencer à se poser la question: est-ce que les soignants auront le devoir moral de se vacciner contre le COVID-19 ?

 

 

Luc Otten

Luc Otten est médecin et biologiste. Après 15 années de recherche académique, il a travaillé 7 ans comme analyste financier puis comme venture capitaliste dans le domaine des sciences de la vie. Depuis 2015, il travaille dans le monde des start-ups en biotechnologie dans des positions opérationelles le plus souvent.

34 réponses à “Pourquoi les soignants ont le devoir moral de se vacciner contre le COVID-19 ?

  1. Bonjour,

    Actuellement l’état n’impose pas les masques ffp2 dans les ems, ni en psychoger. Les soignants ont des masques de chirurgien, pas de lunettes, au bon vouloir de l’établissement, le gouvernement de basant sur l’étude swissnoso, qui ne prend pas compte des derniers résultats sur les aérosols et ne prend pas en considération que les patients psychoger ne gardent pas le masque. Avant de balancer des injonctions moralisantes aux soignants il faudrait d’abord mettre l’état en face de son devoir moral à lui, à savoir fournir le matériel adéquat, ne pas casser la convention et ne pas baisser les salaires.

  2. Du moment où les 2 injections n’empêchent pas la contamination, il serait du devoir moral de l’Etat de ne rien exiger et de personne, au contraire, d’encourager les soignants à ne pas céder aux pressions !

    1. L’impact de la vaccination sur la transmission du COVID-19 n’est pas connue à ce jour. C’est pour cela que mon post parle d’une question au futur.

      1. Primum non nocere, en premier ne pas nuire à ses patients !

        Le soignant est patient de son médecin, qui doit appliquer ce principe. Ne pouvant garantir l’innocuité du vaccin ce médecin ne saurait le recommander à une personne dont les risques sont très faibles. On n’en sait trop peu sur les effets à moyens et long termes des vaccins à ARNm.

        Un vaccin à virus atténué pourrait sans doute être recommandé (ou écarté) beaucoup plus rapidement. Suivons donc au mieux la campagne de vaccination au moyen d’un vaccin de ce type qui se dessine au Maroc.

  3. Difficile de parler d’obligation morale si les infirmières réfractaires restent persuadées de la nocivité des vaccins en général. Nous avons connu une époque où le 60 % des infirmières refusaient les vaccins pourtant éprouvés qui avaient permis d’éradiquer des maladies telles que la rougeole. Durant cette même période c’était 5 % des médecins qui ne se vaccinaient pas non plus, soit 12 fois moins. Le taux d’infirmières qui se vaccinent a depuis heureusement remonté, avez-vous un chiffre ? Pensez-vous que cette évolution soit due à une formation plus poussée du monde infirmier ? Si ce devait être le cas, la responsabilité morale n’entre à mon avis pas en ligne de compte, celle-ci pouvait avoir un effet du temps où l’infirmière obéissait au médecin sans avoir le droit de donner son avis ! Nous en sommes bien loin aujourd’hui, où les diagnostics simples peuvent être effectués par cette dernière, et les statistiques sur le taux d’erreurs dues à des notions mal comprises ne sont certainement pas à l’ordre du jour en raison de la surcharge de travail des médecins hospitaliers… Au milieu des années 80, quand les infirmières en psychiatrie avaient obtenu de participer aux prises de décision sur la sortie ou non d’un patient présentant des risques de suicide, le taux de récidive et de décès après le retour à domicile a augmenté de manière significative. On n’en a jamais parlé dans la presse. À cette époque un psychiatre de la clinique de Cery m’avait donné son avis : « La femme de ménage voudrait être infirmière, et l’infirmière médecin. On tend à ne plus vouloir faire la distinction entre celle qui a appris et celui qui a étudié. Si cette évolution de nouvelles répartitions des rôles se poursuit, cela ne pourra qu’aller de plus en plus mal… » Il n’aurait pu imaginer que dans le futur les Caisses maladie homologuent des pseudos formations telles que la réflexologie, ou d’autres spécialités sans fondement scientifique. Les Caisses ont apporté leur part dans la décrédibilisation de la médecine tout court, celle qui tente de guérir sur des bases de réelles connaissances. Les Caisses n’agissent de loin pas dans l’esprit du Serment d’Hyppocrate. Je me demande même si un jour celui-ci ne sera pas considéré comme désuet, et le sens de la « responsabilité morale » sera une notion qui s’adaptera à ce que certains veulent déjà assimiler au « bon sens », comme par exemple : « Vivre trop longtemps, à partir d’un certain âge, c’est s’opposer à la nature ». Toutes proportions gardées, je songe à une déclaration d’Adolf Hitler, filmé lors d’un discours devant une foule enthousiaste : « La nature est cruelle, nous appartenons à la nature, soyons cruels !.. » Il est à espérer que si l’on remplace « cruel » par « insensible », l’avenir ne lui donne pas raison…

    1. Merci pour votre long commentaire qui pose des bonnes questions.
      Malheureusement, je ne sais pas si les différences éventuelles de taux de vaccination des infirmiers et médecins est connu.

    2. @ Dominic

      Les médecins, enfin de nombreux médecins pas tous, n’ont pas les compétences scientifiques pour apprécier le sérieux d’une étude relative à un vaccin ARNm. De nombreux autres, enfin pas tous et plutôt les plus anciens, n’ont plus les bases en immunologie fondamentale nécessaires pour envisager les risques de ce nouveau procédé vaccinal. N’oubliez pas qu’un médecin praticien n’est pas un scientifique mais un ingénieur en santé humaine (ou maladie).

      Etre méfiant face à ce vaccin n’est pas d’être opposé aux vaccins, ni même à d’autres vaccins de technologie plus traditionnelle contre le coronavirus. L’exclusion de ces autres vaccins par les occidentaux est une faute.

      1. Bien avant les médecins que vous estimez incapable de comprendre les messages des chercheurs, ce sont plutôt les esprits imaginatifs des opposants à la vaccination en général à qui il faudrait cesser d’offrir une tribune. Dans la situation actuelle, c’est une perte de temps de vouloir prendre au sérieux des personnes tout juste capables de comprendre la recette d’un gâteau aux pommes, et ne disposant pas même des connaissances de la chimie de base ou de la biologie cellulaire d’un collégien de quinze ans. Le journal du Temps y contribue largement en publiant les articles d’un clown se félicitant que son pays a découvert un remède à base de fruit efficace contre le Covid, montrant le président de Madagascar prêt à boire sa bouteille de limonade. Et d’autres proses dignes des « Précieuses ridicules » de Molière, mais pas du « Malade imaginaire », parce que là il s’agit plutôt d’imbéciles qui se sentent en bonne santé, voulant faire connaître leurs découvertes aux autres. Si le médecin praticien n’est pas le bon porte-parole qui peut informer ses patients ou le public, alors je me demande bien qui. Les connaisseurs de la nature qui ont étudié l’effet bienfaisant d’une tasse de thé ? Le manque de confiance actuel, qui remet systématiquement en question les sources sérieuses, c’est le monde à l’envers. Comme le disait le psychiatre que je cite, la femme de ménage deviendra une auxiliaire de la santé humaine après avoir appris à soigner le sol.

        1. A ceux qui doutent des paroles de Dominic que je remercie pour ses lignes, je recommande de lire le bilan de santé publique de l’Australie contre le COVID-19.
          Certes, en Australie, c’est l’été et c’est un île. Mais les Australiens ont eu beaucoup d’infections et n’en ont quasiment plus. La recette: une politique de santé publique extrêmement stricte avec un sévère confinement, une population qui a suivi et un système de santé plus pyramidal que chez nous avec peu de responsabilités chez les infirmières par exemple.
          Cela peut rebuter ici mais les résultats exemplaires de santé publique sont atteints.

    3. Inka Moritz: disait «Une infirmière qui ne se vaccine pas, c’est une pilote qui refuse de monter dans l’avion
      Le seul problème, si l’avion n’a pas fait tout les tests de sécurité … Le pilote serai fou de prendre l avion , même si un dossier de presse certifié que tout est sur … !

      1. La citation d’Inka Moritz mérite d’être actualisée après 2.3 milliards de personnes vaccinées dans le monde, le suivi de pharmacovigilance, les dizaines de milliers de personnes inclues dans des essais cliniques contrôlées démontrant l’efficacité et la sécurité des vaccins approuvés et bien malheureusement les millions de morts causés par la pandémie COVID-19.
        En juin 2021, il est justifié d’écrire “Une infirmière qui ne se vaccine pas, c’est une pilote qui refuse de monter dans un avion de LIGNE”

  4. Le titre de votre article est indécent. Il n’a pour but que de justifier votre opinion et de la transformer en vérité.

    Laissez le corps médical libre de son corps et faites ce que vous voulez du votre.

    1. En effet mon opinion de médecin transparait comme mon appel à la reflexion morale à la fin du post:
      “Maintenant, on peut recommencer à se poser la question: est-ce que les soignants auront le devoir moral de se vacciner contre le COVID-19 ?”

  5. bonjour: devoir moral ! êtes vous jésuite ? à une époque de conflits d’intérêts (en France assurément) où des décideurs souhaiteraient imposer la vaccination, et quand on sait que le parait-il vaccin relève plutôt de la thérapie génique aux effets non connus, votre propos semble irréel ! joyeux Noël !

    1. Bonjour à vous,
      Merci pour votre commentaire.En Suisse, il n’est pas question de rendre obligatoire la vaccination et il est heureux que l’expertise dans les vaccins existe aussi dans l’université avec par exemple une chaire en vaccinologie à Genève (voir l’interview du Prof Siegrist dans le Temps).
      Pour en finir avec la fausse théorie des vaccins menant à des changements génétiques, non les vaccins à ARNm ne sont pas une thérapie génique comme l’explique bien Philippe Eggimann dans Le Temps du jour.

  6. Le devoir “moral ” s’applique quand on a une vrai recul sur une nouvelle therapie et qu’elle est prouvée efficace . Dans ce cas-ci on va demander aux soignants de prendre un risque pour eux supplémentaire après avoir été exposé massivement au Covid 19 , mais en plus ils devront garder les même précautions qu’avant au cas où le “vaccin” ne serait pas assez efficace ( avec des masques bas de gamme , ffp2 régulés au compte goutte etc … ) . A quoi bon ?

    1. Merci Olaf pour votre commentaire,
      Mon poste mention la question au futur sur le devoir “moral” et non pas au présent car il faut du recul comme vous le notez.
      A mon avis, vous mentionnez le risque pour les soignants du vaccin comme d’ailleurs le risque d’être exposé au COVID-19 mais vous manqez de voir le bénéfice attendus pour eux-mêmes d’être vaccinés. Les premières études cliniques de Phase 3 montrent une prévention remarquable des cas symptomatiques de COVID-19.

  7. Je lis beaucoup que l’épaisseur des dossiers transmis aux organes chargés d’autoriser le vaccin en un temps record devrait suffire à inspirer le respect, voire la confiance. Voilà un argument de poids.
    La qualité n’est pas mesurable, elle n’a même pas d’unité. Il n’y a que les économistes qui la considèrent comme une grandeur, mais eux, en matière de grandeur… Dans le domaine technique, on parle de conformité. On spécifie, on réalise puis on compare le résultat à la spécification pour en évaluer la conformité. La démarche de qualité se résume à cela. La qualité du produit se réduit donc à la qualité de la spécification. On ne peut dans le meilleur des cas que spécifier ce que l’on attend en fonction des expériences passées. Il s’agit donc d’une démarche itérative reposant sur l’expérience. Qui donc compile les expériences passées, qui spécifie?
    Reste la question fondamentale: nous avons eu tout loisir d’observer que dès lors qu’il y a des intérêts économiques prépondérants, les études présentées ne valent plus un clou.
    Il y a déjà eu des clashs retentissants avec des vaccins moins innovants que les vaccins ARN. Même le H1N1, un vaccin contre la grippe…

    1. Je vous remercie Gwaskell pour votre message.
      Selon vous, “les études présentées ne valent plus un clou” à cause des intérêts économiques. Vous faites peu de cas du sérieux du travail des autorités de surveillance des médicaments comme la lourdeur des dossiers.
      Mais jugeons les faits: oui il y a des effets secondaires inattendus et graves pour le vaccin H1N1 (narcolepsie). Pas d’accord avec vous, ces cas ont été bien publiés dans des journaux médicaux sérieux et la recherche de ce risque éventuel est mentionnée par les autorités. Pas d’accord avec vous, la vaste majorité des vaccins est sûre et efficace (polyo, rougeole, cancer du col, etc) et c’est leur succès qui leur fait de l’ombre comme l’expliquait bien un interview dans LeTemps.ch

      1. J’ai parlé d’intérêts économiques prépondérants, ce qui est le cas avec le COVID et cela semble rendre le monde à moitié fou… visible dans les contradictions et les manipulations des différentes études. Je rappelle que la mise au point d’un vaccin sûr n’est pas une opération de routine. Je rappelle qu’un processus de qualité est toujours fragile, repose sur l’expérience et ne résiste pas aux pressions. Je ne mets pas en cause les bienfaits de la vaccination en général.

        1. Merci pour votre précision.
          Pour ma part, j’apprécie que Swissmedic puisse prendre son temps dans l’évaluation de ces 4 nouveaux vaccins car comme vous le dites bien “un processus de qualité est toujours fragile, repose sur l’expérience et ne résiste pas aux pressions.”

          1. Le temps nécessaire à une autorité de régulation occidentale, qui doit être convaincue de la sécurité du vaccin, se mesure en années. Certaines de ces autorités ont la possibilités d’accorder des autorisation-urgente-dérogatoires reposant sur l’appréciation prima facie de la sécurité du vaccin. Que vaut cette appréciation prima facie pour une technique nouvelle dont les impacts auto-immunologiques n’ont jamais été étudiés sérieusement ? Pas grand chose.

            Il en découle que Swissmedic, qui ne peut accorder une autorisation-urgente-dérogatoire, puisque le droit suisse ignore cette possibilité, en a pour de années à se prononcer sur la sécurité du vaccin. C’est dire que toute autorisation donnée au mois de janvier 2021, serait une autorisation donnée en violation du droit suisse.

            Dès lors quel crédit accorder à cette agence prétenduement indépendante du pouvoir politique, que cela soit pour les vaccins à ARNm ou pour les autres produits thérapeutiques ?

            Cette autorisation est susceptible de recours. Qui a qualité pour recourir ? Ceux qui pourraient se voir imposer une obligation de vaccination à teneur de la loi fédérale sur les épidémies ?

            Tout laisse envisager que l’innocuité du vaccin à ARNm, ne saura pas établie avant que celle des vaccins chinois à virus atténués le soit.

          2. Merci Madame ou Monsieur CEDH pour votre commentaire éclairant sur le droit et Swissmedic,
            Deux commentaires de ma part:
            – les vaccins non-vivant dont ceux à ARNm vont induire une réponse immunitaire qui se transforme en mémoire immunitaires dans les semaines de la dernières injections. C’est pour cette raison que les risques de maladie autoimmune sont le plus haut dans les 2 premiers mois puis diminuent fortement. Les fenêtres de temps sont donc au max de quelques trimestres. Evidement, cela peut prendre du temps de découvrir des risques rares..qui sont justement rares (disons moins de 1/10’000 ou 1/100’000
            – Au contraire les vaccins vivants atténués qui peuvent conduire à une protection de très longue durée si le virus persiste dans le corps sont d’un autre niveau de complexité pour en maitriser la sécurité. Pensons aux années pour mettre au point le vaccin vivant contre la polyomyélite.

          3. Bonjour,

            Je vous remercie de vos précisions. Certains contestent votre optimisme, mais à s’y tenir, il faudrait tout de même attendre quelques trimestres en phase IV pour pouvoir prononcer une décision d’autorisation ordinaire. C’est dire qu’une décision favorable de Swissmedic ne pourrait pas intervenir au mois de janvier sans violer le droit suisse.

            Or cette autorisation se profile. Ce qui est en passe de démontrer l’abscence d’indépendance de cette organisme face à des pressions politiques et médicales et, par là, son manque de crédibilité.

            Peut-être y-a-t’il eu carence législative ? Evidemment combler une telle lacune par une loi fédérale urgente aurait été catastrophique.

            Quant au vaccin à virus inactivé (et non atténué, désolé de cette imprécision qui le rendait plus “vivant” qu’il ne l’est en réalité) , sa mise au point peut-être rapide ou non. Tout dépend des résultats de la phase III/IV en cours.

          4. Merci pour vos précisions qui apportent un éclairage intéressant.
            Un point technique pour vous qui êtes bien dans le sujet: la protéine utilisée dans des/les vaccins a été “changée” pour la forcer à avoir une forme 3D (conformation) particulière afin de renforcer l’efficacité de la réponse immunitaire par anticorps. Je ne sais pas si cet ingeneering est ou serait possible avec un virus inactivé.

  8. Devoir moral et quoi encore ? Je suis infirmière dans un foyer pour personnes handicapées. Depuis ce printemps on reçoit un masque chirurgical pat jour. Lorsqu une collègue a osé afficher au bureau les directives de l ofsp préconisant un masque toutes les 4h, elle s est fait sèchement rabrouer pat notre hiérarchie qui ne pense qu aux économies. On nous a applaudis sur les balcons mais plus personne quand il s agit de nous offrir une prime même symbolique, il paraît que nous n avons fait que notre boulot. Donc pas question de servir de cobaye à Big Pharma, de toute façon tout le monde sait que le personnel soignant n est que du bétail productif.

    1. Bonjour Patricia,
      Merci pour votre commentaire. Mon appel à cette question morale concerne les vaccins approuvés dans le futur et évalués comme efficaces et sûrs (donc vous protégeant) et prévenant les infections (donc protégeant les patients).
      Il ne s’agit pas d’être un ou une volontaire pour un essai clinique. Les articles sur les résultats des essais cliniques sont en accès libre. Bonne lecture !

  9. Il a fallu beaucoup de temps pour que l’on trouve dans ce journal des articles instructifs rédigés directement par les personnes qui ont une approche autre que celle du journaliste, lequel a pour premier objectif d’offrir au lectorat ce qu’il demande à savoir… ou à entendre. Bien sûr ceux-ci ont relayé les messages de préventions, comme peut le faire n’importe quel support de communication. Ils ont également offert les feuilletons des affrontements d’opinions dans le monde médical. Et la plus grande place occupée dans les pages du journal était des articles abordant la question du virus pour ce qu’il « pourra » apporter de positif après son passage : Freiner notre surconsommation de « biens inutiles » en rapport du climat et des injustices générées par « la croissance », et même de multiples conseils pour « mieux se nourrir ». Autrement dit : « Nous aurons acquis une précieuse sagesse après ce malheur qui nous touche tous ». Et pour les plus fervents acteurs du changement espéré : « Nous y serons obligés ! », étape préliminaire avant d’annoncer ce qui devra être, devinez… Un devoir moral ! (Cela vous paraîtra-t-il plus agréable, vous les lecteurs qui accueillent mal d’aborder sous l’angle de la morale (au sens large, la sienne par exemple) la question de se vacciner ou non, quand on est soignant ou inévitablement en proximité régulière avec beaucoup de personnes ?)

    Il fut un temps, pour les lecteurs plus âgés qui ont connu la « Feuille d’Avis de Lausanne », où l’on découvrait régulièrement des articles de journalistes scientifiques, des vrais qui avaient la capacité de comprendre avant de transmettre. Cette rubrique côtoyait des enquêtes sur « la vie des gens » dans tous milieux, ou des interviews qui n’avaient pas pour premier objectif de surprendre ou distraire… Une part importante de cet ancêtre de la presse était presque un enseignement accessible à tous. Il n’était pas nécessaire d’afficher des images au design de carton à pizza pour inciter à lire le contenu, le titre suffisait. Alors parlons-en de notre société de consommation excessive, de la qualité proclamée des journaux romands qui peinent à se maintenir, et de ce que les lecteurs demandent en grande majorité… Les fabricants d’aliments composés ont réussi à former le goût pour mieux orienter les consommateurs vers leur production, pareil pour les journaux, y compris Le Temps qui jongle pour ne pas prendre trop de risque entre ses engagements pour « un journal de qualité », et le besoin de subsister dans les bons chiffres.

    La qualité, l’honnêteté et le courage des opinions, je les trouve chez certains auteurs de blogs, et rarement dans les pages payantes en lecture sous abonnement. À méditer…

    (@ M. Luc Otten : Si j’occupe trop de place dans votre blog, ou si je m’éloigne trop du sujet, vous être libre de ne pas publier).

    1. Dominic, je vous remercie pour vos contributions comme toutes les autres. Le but d’un blog est d’enrichir notre reflexion entre nous tous et toutes.

  10. Après nous avoir exposé SANS SCRUPULE au COVID-19, maintenant on voudrait nous FORCER à nous faire vacciner ? Il faudrait déjà commencer par fournir le matériel adéquat pour protéger le personnel soignant.

    Les soignants ne sont pas des objets ! Respectez leur droit à l’autodétermination. Un soignant qui respecte les mesures additionnelles n’a pas besoin de se faire vacciner.

    1. Merci Svane pour votre message,
      Demander une reflexion morale n’est pas forcer quelqu’un. Dans ce cas, le choix qui SERA probablement posé est le suivant: si le vaccin fournit un bénéfice personnel aux soignants plus haut que le risque et s’il permet de réduire le risque pour les patients, est-ce qu’il y a un devoir moral (pas une obligation) de se vacciner ?
      A chacun d’y répondre comme un sujet et non pas comme un objet.

    2. Svane, l’obligation de se soigner n’existe pas en Suisse, et lorsqu’elle est imposée malgré tout par un médecin (cas psychiatriques le plus souvent), le recours à la Justice de Paix est possible. Par contre, la personne qui met en péril son entourage ou le public peut faire l’objet d’une contrainte. Ici dans ce blog le Dr Otten insiste sur la non-intention de rendre le vaccin obligatoire, mais si vous-même, faisant partie du personnel soignant, estimez avoir la capacité de faire un choix bien réfléchi, ce n’est pas le cas de nombreuses personnes appelées à aider les personnes âgées à domicile, par exemple. Soignant : personne qui aide en se servant de son savoir médical ou paramédical. Aide simple, salarié(e) ou bénévole : personne qui contribue aussi au maintien de la santé, sans avoir les connaissances des « soignants ». Parmi les aides simples, je peux vous assurer que j’en connais qui ne prennent pas les précautions élémentaires comme le port du masque (dont un prêtre). Leur instruction ou croyances ne leur permettent pas de faire un choix comme celui que vous revendiquez pour vous… Posez-vous alors la question, faut-il les laisser libres de transmettre le virus ? En analogie avec les lois suisses que j’ai exposées en début de commentaire, les personnes qui présentent sérieusement un risque pour les autres sans en être conscientes justifieraient à mon avis plus d’autorité à leur égard. Déjà en l’état actuel, j’estime que la liberté que vous voulez protéger est en décalage avec les réalités que nous vivons. Nous ne sommes pas un état soviétique où les médecins sont les exécutants d’un programme politique (dans le passé du moins). Vous vous faites confiance personnellement, comme beaucoup d’autres, y compris ceux qui se trompent complètement et peuvent nous mener dans une situation encore plus difficile à maîtriser, ou qui occasionnera des décès dans d’autres proportions que les actuelles. On ne verra alors plus ces décès comme un taux non alarmant en rapport du nombre de contaminés, mais sous l’angle du malheur bien réel pour les humains qui veulent vivre autant que soi, quel que soit leur âge ou leur capacité de résistance moindre pour laquelle ils ne peuvent rien…

  11. Luc Otten est surtout un financier

    (Luc Otten est médecin et biologiste. Après 15 années de recherche académique, il a travaillé 7 ans comme analyste financier puis comme venture capitaliste dans le domaine des sciences de la vie. Depuis 2015, il travaille dans le monde des start-ups en biotechnologie. )

    et la recherche académie n’est pas une science qui fait le moufflon

    1. A Pierrot:
      Je vous laisse le choix de votre opinion et ajouterai simplement qu’être un financier ne serait pas une honte et qu’en réalité la recherche académique par sa nature très compétitive sélectionne un nombre important d’individus dominants type alpha.

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