L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe lance l’initiative «Sexisme, abus sexuels: #PasDansMonParlement»

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le 25 novembre, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a lancé l’initiative «Sexisme, abus sexuels: #PasDansMonParlement». Son but: engager une mobilisation contre la généralisation du harcèlement et du sexisme à l’encontre des femmes dans les parlements.

Cette initiative fait suite à une étude menée par l’Union interparlementaire (UIP) et l’APCE, publiée en octobre de cette année, qui révèle que les actes de sexisme, d’abus et de violence à l’encontre des femmes sont répandus dans les parlements partout en Europe. Ainsi, 85% des femmes parlementaires ou travaillant au sein d’un parlement ayant participé à cette étude ont été victimes d’agressions physiques ou de violences psychologiques dans le cadre de leur fonction. Ce chiffre particulièrement élevé est alarmant et requiert que des actions soient prises rapidement. Comment imaginer un engagement des femmes en politique si ces dernières sont quasi assurées de subir le sexisme ou des violences ?

Avec cette initiative, l’APCE vise donc à mettre en lumière cette réalité que vit la quasi-unanimité des femmes – élues ou travaillant – dans nos parlements. Elle rappelle également aux femmes et aux hommes politiques leur responsabilité à faire passer clairement ce message : les comportements sexistes, le harcèlement et la violence sexuelle sont totalement inacceptables dans nos parlements – comme partout dans nos sociétés – et doivent être combattus sans exception. Cette étude propose également des solutions concrètes pour remédier à ces situations de sexisme et de violence. Elle débouche sur plusieurs recommandations, notamment celle de mettre en place des mécanismes confidentiels de dépôt de plainte et d’enquête, ainsi que d’imposer des sanctions disciplinaires aux auteurs de tels actes. Ce travail que mène aujourd’hui l’APCE, aux côtés de l’UIP, doit trouver un écho positif dans tous les parlements européens et nécessite d’être repris partout où cela est nécessaire. Ce n’est qu’à cette unique condition que nous pourrons créer des lieux de travails égalitaires et sûrs pour toutes et tous, ce qui, j’en suis persuadée, permettra d’augmenter le nombre de femmes en politique !

Enfin, ce message de tolérance zéro peut également être repris dans d’autres milieux professionnels où chacune et chacun peut le décliner à l’infini, jusqu’à ce qu’il n’ait plus lieu d’être : #PasDansMaVille, #PasDansMonUniversité, #PasDansMonEquipe, etc. !

Liliane Maury Pasquier

Liliane Maury Pasquier

Sage-femme, Liliane Maury Pasquier a une longue expérience politique : après le législatif communal de Veyrier et le Grand Conseil genevois, elle siège au Conseil national, de 1995 à 2007, qu'elle préside en 2002. Depuis 2007, elle siège au Conseil des États et dans la délégation au Conseil de l'Europe. Depuis 2018, elle préside l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Une réponse à “L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe lance l’initiative «Sexisme, abus sexuels: #PasDansMonParlement»

  1. Bon, mais sans minimiser les besoins et exigences humaines et légitimes des femmes, j’ai peur que ça devienne un trend momentané avec le forcing et la boulimie de toutes ces actions, encore une fois compréhensibles.

    Des millénaires de patriarcat (même si les matriarcats coexistent) ne disparaîtront que peu à peu avec l’éducation. Le pire serait le coup de grisou de reflux indigeste!
    🙂

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