Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Mai 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: Des drones sabotent 2 tankers et 2 stations de pompages
– Iran: La Dream Team américaine met la pression
– Planète: Les investissements dans le renouvelable stagnent
– Chine: Subventionner ses entreprises fait partie de son ADN
– USA: La centrale nucléaire de Three Mile Island va fermer
– Russie: Un pipeline pollué mis hors service pour les livraisons en Europe
– Allemagne: Lilium réussit à faire décoller son drone-taxi
– Suisse: Largement à la traîne dans les énergies solaires et éoliennes
– Suède: Un camion de 26 tonnes entièrement autonome.


Le monde pétrolier est entré dans une spirale d’incertitude rarement égalée. La lumière qui brille au fond du tunnel semble être un nouveau train qui arrive surtout avec les tweets de @RealDonaldTrump.

Alors qu’il aurait pu exploser à 80-90$ avec toutes les péripéties, il est resté dans une fourchette de +/-10$. A Londres, il termine ce mois à 65,15$ (fin avril 72,12$). A New York, il se retrouve au bas de la marge à 56,52 (63,79$ fin avril).

 

Graphique du mois :

Investissements et variations dans les Energies en 2018 et comparaison avec 2017

Explications du graphique

L’Agence Internationale de l’Energie annonce qu’en 2018, pour la deuxième année consécutive, les investissements dans les énergies renouvelables ont diminué à 304 milliards $, alors que ceux de l’extraction pétrolière ont augmenté de 3,7% à 477 milliards $ et le charbon +2% à 80 milliards $.

Globalement dans l’industrie pétrolière, entre extraction et vente, les investissements ont augmenté de 1%.

Les nouvelles installations d’énergies renouvelables ont plafonné à 180 GW, pratiquement à l’identique de 2017. C’est la première fois depuis 2001 que les nouvelles capacités n’ont pas dépassé celles de l’année précédente.

 

Planète

Toute corrélation, avec le paragraphe précédent, n’est pas fortuite.

La concentration de CO2 a atteint le niveau record de 415 parts par million pour la première fois dans l’histoire humaine.

En 1982, le géant pétrolier américain, ExxonMobil, avait noté une augmentation de 8% du CO2 à 340 ppm. Cette tendance avait débuté dès 1850 et la Révolution Industrielle et l’utilisation des énergies fossiles.

Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre 25 fois plus virulent que le CO2, atteignent des niveaux records à plus de 1’858 ppm. Entre les périodes 2007-2012 et 2013-2018, la hausse est de 50%. Une importante part de ce méthane provient de l’extraction et de la consommation de gaz naturel et notamment du gaz de schiste américain.

 

Pétrole

L’Agence Internationale de l’Energie pense que la situation pétrole actuelle est «compliquée». Entre l’écroulement attendu du Venezuela, l’embargo américain sur l’Iran, les muscles du Général Haftar en Libye, le pétrole frelaté en Russie, les attaques contre les raffineries et tankers de l’Arabie Saoudite et la production réelle de schiste aux USA, nous devrions voir les prix pratiquer le yoyo durant cet été.

Entre 2008 et 2017, la demande mondiale a augmenté de 9,6 millions b/j dont les deux tiers (6,3 millions) ont été apportés par les USA. Le thème de la réflexion du mois est: “Sommes-nous préparés à un choc pétrolier?”

 

OPEP

Après des mois de baisse, l’extraction pétrolière de l’OPEP se stabilise à 30,26 millions b/j. pour enfin atteindre les quotas.

La prochaine rencontre de l’OPEP+ (avec la Russie) se tiendra le 24-25 juin. Moscou privilégie l’abandon des quotas actuels. Le dilemme pour le cartel repose sur la situation géopolitique et les capacités d’exportations du Venezuela, de la Libye et de l’Iran ainsi que les prochains Tweet de Donald Trump. De tous ces facteurs, ce dernier est le plus imprévisible et impactant.

 

Les pays sous la loupe

Arabie Saoudite

La région est devenue une poudrière depuis que Trump a décidé de jouer au bras de fer avec l’Iran.

Deux tankers pétroliers ont été endommagés dans le détroit d’Hormuz et des drones ont paralysé deux stations de pompage de pipelines en Arabie Saoudite.

Pour les tankers, toutes les suppositions sont sur la table et certains pointent du doigt l’un des 3 B: Mohammed bin Salman, prince de l’Arabie Saoudite; John Bolton des USA; Benyamin Netanyahoud’Israël. A moins que ce soit l’Iran ou les Houtis du Yémen.

Les Etats-Unis ont délégué sur place leurs deux armes de destructions massives préférées: John Bolton et Mike Pompeo. Les deux faucons va-t-en-guerre de l’administration Trump ont ajouté dans la région autant d’huile sur le feu que d’étincelles. Les Européens n’ont pas encore pipé mot pour désamorcer la situation. Les héros de Marvel et James Bond pourraient dénouer la situation.

Les exportations de l’Arabie Saoudite sont au centre de beaucoup de spéculations. L’extraction pétrolière est bien en-dessous de la normal. Riyad explique cette situation par le maintien des prix sur les marchés. Pour ne rien arranger les choses, le Royaume va fortement augmenter sa propre consommation afin de générer l’air conditionné durant les chauds mois d’été.

La compagnie nationale Aramco ne croit pas à un «peak demand» (pic de la demande) durant les décennies à venir. L’entreprise désire vendre plus d’or noir à la Chine et l’Inde dont les besoins en pétrole ne cessent d’augmenter.

Iran

Donald Trump n’hésite pas à faire monter la tension. Il est épaulé par John Bolton, créateur du concept des «armes de destructions massives» de Saddam Hussein. On le retrouve ici dans une position qu’il affectionne tout particulièrement. Pour le coup, en plus de la Navy, des bombardiers B-52, il aimerait envoyer 120’000 soldats dans la région.

Du côté Iranien, l’arme ultime repose sur les 17 millions de barils qui traversent quotidiennement le détroit d’Hormuz.

L’Iran exportait 2 millions b/j avant la remise en service des sanctions US. Il se pourrait que ce chiffre soit descendu à 500’000 en mai.

La situation du Président Rouhani pousse la ligne dure du régime à être plus assertif. Pour éviter cette évolution et son départ, Rouhani a demandé à l’Europe de le soutenir et d’autoriser l’exportation de 1,5 millions b/j de pétrole. C’est avec courage et détermination que l’Europe n’a pas encore rien décidé.

Téhéran a notifié à la Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et l’Angleterre son intention d’arrêter ses obligations contenu dans l’accord nucléaire. A ce jour, l’Iran respecte les termes de ce traité.

Nous ripostons face aux agressions futures de l’Iran
Dessin: L’excellent Chappatte

 

Chine

Le bras de fer sur les tarifs douaniers continue. Les USA maintiennent que la Chine subventionne trop lourdement ses industries et que les entreprises étrangères doivent entièrement céder leurs savoir-faire et technologies pour entrer sur le marché chinois. Sur ces points, il est difficile de mettre en défaut le Président américain.

La Chine a répliqué en soulignant que “l’Economie chinoise ne peut fonctionner qu’avec des subventions.” En 2018, elles se sont élevées à 22,3 milliards $. Le plus grand bénéficiaire fut le pétrolier Sinopec suivi par les constructeurs automobiles.

La Chine a menacé de diminuer les livraisons de terres rares aux USA. Pékin possède le 90% de ces terres utilisées pour la construction de panneaux solaires et d’éoliennes, de voitures électriques, de batteries, de puces électroniques, etc…

Stratégiquement, chacun essaie d’envoyer des coups là où ça fait mal. Les chinois ont freiné leurs importations de gaz liquide (LNG) américain en y ajoutant une taxe de 25%. Ce geste perturbe les investisseurs Yankees pour la construction de nouvelles installations.

Pékin a également vendu pour 20,5 milliards d’obligations du trésor américain sur les 1’120 que la Chine détient dans ses coffres.

La Maison Blanche a bloqué les ambitions de Huawei et la 5G. Au vue de l’impact probable sur la santé que soulèvent la 5G, les américains s’en sortent finalement bien.

La Chine ne va pas atteindre ses objectifs 2020 d’extractions de gaz de schiste. Selon Platts and Wood Mackenzine, elle ne pourrait qu’atteindre la moitié de ses prévisions.

La grippe africaine qui touche les porcs s’étend dans toute l’Asie. Plus d’un million de porcs ont dû être abattus. La Chine englouti plus de 50% de la production mondiale.

 

Russie

Moscou a diminué sa production à 11,16 million b/j et atteint ses quotas pétroliers de l’OPEP+.

Ce déclin est dû à la contamination dans le pipeline Druzhba par du chlore organique hautement corrosif pour les raffineries. Les 19 millions de barils le pétrole contenu dans le pipeline, qui relie la Biélorussie et l’Allemagne, sont inutilisables.

Les entreprises et les raffineries affectées ont demandé des dommages pour les dégâts occasionnés. Moscou a annoncé que l’entreprise Transneft, responsable du problème, prendra à sa charge les 1,2 milliards $ estimés. Cette situation pourrait encore durer quelques semaines.

Rosatom présente un cahier de commandes avec 34 réacteurs nucléaires dans 12 pays pour un montant de 300 milliards $.

Vladimir Poutine a inscrit 8 buts lors du traditionnel match de hockey des légendes de la NHL et du gouvernement. Durant ce match annuel, on notera la créativité du gardien pour laisser filer dans ses filets les pucks du Président.

 

Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

USA

Dans la bataille pour acquérir le producteur de schiste Anadarko, c’est le chèque de 55 milliards $ d’Occidental Petroleum qui a devancé l’offre de Chevron et ses 50 milliards $. Du coup, Occidental devient le plus grand acteur de schiste dans les gisements du Bassin Permien. L’achat laisse perplexe et soulève la question: “Est-ce que Occidental Petroleum pourra réussir, là où les petits acteurs pétroliers ont été incapables de générer du bénéfice?” Durant ces dernières années, la stratégie des managers étaient: «take the money and run.» (prendre l’argent et déguerpir sans se soucier de la rentabilité et du futur de l’entreprise.)

Le fond de pension de New York et la puissante Church of England (10 milliards $) ne vont pas voter leur support à la réélection des directeurs d’ExxonMobil à cause de leurs réponses inadéquates face au changement climatique.

En 2018, 60 entreprises, du top «Fortune 500», ont réussi à échapper au payement de 16,4 milliards de l’impôt fédéral US. Mieux, elles ont même reçu 4,3 milliards $ de subsides de la part de la Maison Blanche. Sur ces 60 entreprises, 24 (40%) font partie de l’industrie pétrolière et gazière.

Au premier trimestre, ExxonMobil a investi 2,5 milliards $ dans l’exploitation de son pétrole pour un bénéfice de 96 millions. De son côté, Apache Corp a perdu 47 million $ dans l’exploitation de schiste. Le financement des activités devient compliqué pour les petits producteurs. Une consolidation de l’industrie par les grands acteurs est en route aux USA.

Le 30 septembre, Exelon Corp va fermer la fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island. Dans les années 70, Three Mile fut le plus sérieux accident nucléaire aux USA.

Lawrence Kudlow, le principal conseiller économique de Trump, a donné des informations sur la hausse des tarifs douaniers. Elle sera payée par les importateurs américains des produits chinois. Des importateurs, qui vont s’empresser de répercuter les tarifs sur les prix destinés aux consommateurs. Ce n’est donc pas les Chinois qui vont payer directement les taxes.

 

Nombre de forages pétroliers d’exploration aux USA
Source: Jean Laherrere

 

Explications du graphique: Les forages d’exploration sont en forte diminution aux USA. Depuis 1859, le sol des USA a été complètement exploré. Une fois que la page du pétrole de schiste se tournera, il ne semble pas y avoir un plan B pour maintenir les niveaux actuels.

En 2019, l’extraction de charbon devrait diminuer de 7,2% à 699,8 millions de tonnes et tendre vers 638 en 2020 selon l’EIA.

ExxonMobil pense que 94% des gisements offshores US ne sont financièrement pas profitables. Comme une mauvaise nouvelle arrive rarement seule, d’ici à 2040 plus de 2’000 forages nécessiteront d’être décommissionnés pour un montant de 13 milliards $.

 

Etats-Unis Schiste

L’EIA pense qu’une partie substantielle de l’augmentation mondiale de la demande mondiale sera satisfaite par les gisements de schiste du Bassin Permien aux USA. En moyenne, la croissance Economique mondiale a besoin de +1,5 million b/j par an.

Grâce aux nouvelles technologies comme les forages horizontaux, l’inclusion de plusieurs têtes dans le même forage, l’augmentation des quantités de sable et de produits chimiques, l’industrie a réussi à accélérer de 2,6 fois la vitesse d’extraction. Cependant, si la vitesse augmente, les quantités de pétrole récupérées restent pratiquement identiques.

En 2018, les investissements dans le pétrole et gaz de schiste américain se sont élevés à 70 milliards $ répartis sur 9’975 forages. Sur ce montant, les 70% remplacent les forages en déclin et 30% servent à augmenter la production. Ce dernier ratio devrait continuer à diminuer avec l’assèchement d’un nombre toujours plus grands de forages ainsi que le passage à des gisements moins prolixes de la deuxième catégorie.

Rystad Energy pense que les coûts moyens d’extraction du pétrole de schiste, dans le Bassin Permien, atteindraient 46$ le baril, contre 42$ en Arabie Saoudite. Tant qu’ils n’auront pas trouvé où se trouve l’erreur dans leur feuille Excel, il est probable qu’ils vont continuer à nous faire rire.

Dans les faillites de ce mois, on relève: Triangle Petroleum, soutenue par JP Morgan; Product & Logistics Services, une société fille de Schlumberger, avec ses 124 employés ainsi que Weatherford International. Histoire de compléter sa liste d’investissements dans des pétroliers américains qui font faillites, personne ne s’étonnera de voir le nom de la Banque Nationale Suisse dans les actionnaires de Weatherford.

 

Production pétrolière vs coûts d’explorations
ExxonMobil

 

Venezuela

Le pays continue son bonhomme de chemin vers son effondrement.

Un problème supplémentaire s’est rajouté à la liste déjà longue. Faute d’importations de diluants pour liquéfier le pétrole lourd, la deuxième plus grande raffinerie du pays a cessé son activité.

Comme Caracas ne peut pas acheter de l’essence sur les marchés internationaux, une pénurie de carburants plombe le pays.

L’extraction de pétrole lourd des gisements de la ceinture d’Orinoco s’enlise. Les systèmes, qui permettent de liquéfier les sables bitumineux sont en panne. Les quatre unités de PDVSA sont hors service depuis les coupures d’électricité.

La production pétrolière du pays pourrait passer sous les 500’000 b/j en mai, contre 768 en avril et 1’340 l’année dernière.

L’administration Trump a suspendu tous les transports avions ou bateaux entre les USA et le Venezuela.

 

Mexique

Le gouvernement va injecter 5,5 milliards $ et supprimer 2,5 milliards $ de dettes dans sa compagnie pétrolière Pemex.

L’objectif est de produire +400’000 b/j en finançant des forages anciens qui ne sont financièrement plus rentables. Le Mexique prend exemple sur la stratégie française utilisée pour sauver EDF. Il est vrai que Pemex et EDF croulent sous des dizaines de milliards € de dettes.

Le Président Andrés Manuel López Obrador s’est engagé à construire une raffinerie d’une capacité de 300’000 b/j. Le projet devisé à 8 milliards $ fait partie de sa stratégie pour diminuer les importations notamment des USA.

 

Guyane

Depuis 2015, le pays est passé de «nobody» à l’un des endroits pétroliers du future. ExxonMobil et Hess Corp ont découvert 12 champs qui pourraient contenir un total de 5 milliards de barils. Cela représente quand même 25 jours de consommation mondiale.

 

Europe

Le marché de l’automobile enregistre un 7ème mois de baisse d’affilée. L’incertitude économique, la préoccupation des consommateurs et les problèmes de diesel influence le marché.

Le président Trump a repoussé de 6 mois l’imposition de tarifs douaniers dans le secteur de l’automobile européenne.

Malgré l’explosion des niveaux de méthane dans l’atmosphère, la commission européenne va doubler ses importations de gaz liquide des hyper polluants champs de schiste des USA. D’ici à 2023, 8 milliards de m3 de gaz seront acheminés en Europe (17 milliards kg de CO2 et des wagons de méthane).

 

Allemagne

Volkswagen planifie la construction de 1 million de voitures électriques en 2025. L’entreprise désire fabriquer ses propres batteries et opérer leur recyclage. Actuellement 53% du contenu des batteries sont recyclées. L’objectif est fixé à 97%.

D’ici à 2038, Berlin va offrir 40 milliards € à l’industrie du charbon pour cesser son activité dans le pays. L’Allemagne produit 40% de son électricité avec du charbon.

L’Allemand Lilium fait décoller son drone-passager

 

France

Ce qui devait arriver, arriva. La hausse des prix du baril a fait grimper les prix à la pompe. Le diesel, (80% des ventes) est grimpé à 1,47 € et le sans-plomb 95 à 1,58€ soit 8 ct de plus que lors du début des gilets jaunes.

On reste dans l’ambiance «hausse des prix» mais cette fois avec EDF. Dès le mois de juin, l’électricien va augmenter ses tarifs de 5,9%, soit une moyenne de 85€/an par ménage. Cet ajustement aurait dû entrer en vigueur en décembre, mais la crise des gilets jaunes a reporté cette initiative.

Pendant des années, afin de promouvoir son industrie nucléaire, la France a artificiellement vendu son électricité à perte. Corolaire à cette stratégie, ses champions comme EDF et Areva ont accumulé des dizaines de milliards de dettes systématiquement épongées par le gouvernement. Sous la présidence Sarkozi, le PDG d’EFD de l’époque, Henri Proglio, avait demandé une augmentation de 30% des prix de l’électricité pour refléter les coûts de production. Cette requête avait été refusée pour des raisons politiques.

Fiat, Chrysler et Renault pourraient collaborer afin de construire des voitures électriques et pour former une nouvelle alliance qui produirait 8,7 millions de voitures par année. Fiat-Chrysler a mis sur la table 33 milliards €. De nombreux emplois devraient passer à la trappe.

En France, le meilleur moyen de paralyser toute décision sur la transition énergétique est d’inclure les mots «centrales nucléaires» dans un projet. Le ministre de l’environnement François de Rugy l’a bien compris. Il propose d’allonger de 10 ans la durée de vie des centrales. On ne le dira pas assez, mais une transition énergétique, c’est la diminution du pétrole, du gaz et du charbon. Le nucléaire ne représente qu’une petite partie (15%) du total d’énergie consommée dans le pays.

La RATP a annoncé un partenariat avec Airbus pour utiliser un Drone-Taxi électrique dans les 5 prochaines années. Reste à savoir si les citoyens donneront l’accord de voir des VIP voler sur leurs têtes.

En France, l’évasion fiscale est estimée à 100 milliards € soit largement assez pour éponger le déficit du gouvernent ou pour d’effectuer une transition énergétique. Mais quand on veut pas, on veut pas.

Le médiateur de l’énergie s’inquiète du manque (total) de transparence et des pratiques des fournisseurs d’électricité et de gaz. En 2018, plus de 16’000 personnes ont saisi le médiateur et plus de 5’000 cas font l’objet d’une médiation. Dans le collimateur, des offres vertes pas si vertes ou faussement alléchantes, des promotions qui n’en sont pas. Toute la panoplie du parfait producteur d’électricité et de gaz.

L’entreprise américaine General Electric va licencier 1’000 salariés en France. En 2014, lors du rachat d’Alstom par GE, Emanuel Macron, en charge du dossier, avait assuré la création de 1’000 emplois.

Le gouvernement français, via la DGSI, a interrogé 8 journalistes, dont la grande reporter du Monde Ariane Chemin, qui enquêtent l’affaire Benalla ou sur la vente d’armes françaises à l’Arabie Saoudite. Ces armes sont utilisées dans la guerre au Yémen notamment contre les civils. Voir le dossier du site d’investigation Disclose.

 

Suisse

La Suisse est largement à la traine dans les énergies renouvelables solaires et éoliennes avec une production par habitant de 250 kWh/an selon la Schweizerische Energie-Stiftung SES. Cette production correspond à la consommation annuelle d’un lave-vaisselle! Au niveau Européen, seuls 4 pays font moins bien. Le Danemark, premier de classe, produit 2’500 kWh d’énergie solaire et éolienne et couvre le 50% de ses besoins d’électricité.

Pour 489 millions de francs suisses (425 millions €), EDF a vendu sa participation de 25% du producteur d’électricité Alpiq. Les trois membres EDF du conseil d’administration, François Driesen, Birgit Fratzke et Xavier Lafontaine se sont immédiatement retirés. Le rachat a été opéré par Primeo Energie et EOS. Ainsi EOS Holding détient 43,96% et Primeo Energie 26,17%.

La ville de Zurich aimerait proposer d’atteindre des émissions de CO2 à zéro d’ici à 2030. Cette proposition va devoir être encore validée par les différents partis politiques dont les deux partis les plus réfractaires en matière de climat: l’UDC et le PLR.

Les présidents suisses ont ajouté un nouveau mandat à leur fonction. Celui de nous faire rire. Après, les rires du Conseiller Fédéral Schneider Aman, c’est au tour d’Ueli Maurer. Le président a choisi CNN pour partager qu’il «can nothing say» suite à la rencontre avec Donald Trump.

 

CNN: le Président Suisse, Ueli Maurer can nothing say

 

Angleterre

Le chat Grumpy Cat est décédé. Vedette des réseaux sociaux, sa propriétaire a engrangé plus de 100 millions €. Quand je pense qu’au lieu de passer des heures à réaliser cette chronique, il me suffisait de mettre en scène un chat qui tire la gueule!

La première ministre, Theresa May a démissionné. Chappatte résume en un dessin le coquasse de la situation.

 

Suède

Le chinois Volvo a conclu des accords pour s’assurer la livraison de batteries électriques. Volvo va ainsi acheter des batteries made in China.

En compagnie du champion de la logistique Schenker, l’entreprise Einride a lancé un camion électrique sans chauffeur de 26 tonnes, pour la livraison de marchandises.

 

Ukraine

Le Coluche Ukrainien, l’acteur humoristique et nouveau Président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, est entré en fonction.

 

Suède: Einride T-Pod Autonomous 26-tonnes Electrique Truck

 

Moyen-Orient

Irak

Les exportations restent stables à 3,58 millions b/j en avril alors que les inondations ont touché la région du sud à Basra.

L’Irak fait face à une crise sévère d’eau. L’été passé, à Basra, plus de 100’000 personnes se sont rendues à l’hôpital pour des intoxications dues à la qualité de l’eau. Aujourd’hui, la même ville est noyée sous l’eau.

A l’approche de l’été et des 54 degrés Celsius enregistré en 2018, Bagdad se préoccupe pour son accès à l’électricité. L’année dernière, l’Iran avait dû renoncer à livrer 400 MW d’électricité à la région pétrolière de Basra sans le sud du pays. Sans électricité pour refroidir les maisons (et ses habitants) ou stocker la nourriture, la situation est proche de l’invivable. Faisant fi de ce détails, Washington a demandé à l’Irak de couper tous les liens avec l’Iran y compris pour la livraison d’électricité ou de gaz qui sert à produire l’électricité.

La Maison Blanche a demandé l’évacuation des personnes non-essentielles de son ambassade à Bagdad et ExxonMobil a retiré ses ingénieurs du gisement pétrolier de West Qurna. De son côté BP, Shell et les chinois n’ont pas opté pour ce scénario catastrophe.

 

Egypte

Le pays est en train de construire la plus grande centrale solaire de 1,6 GW pour un montant de 2 milliards $. Elle devrait entrer en fonction cette année.

La Banque Mondiale a fait une entorse à ses habitudes et a décidé d’investir dans autre chose que du charbon, du gaz ou du pétrole. Elle a mis 653 millions sur la table. D’ici à 2022, l’Egypte désire produire 20% de son électricité avec du renouvelable alors qu’aujourd’hui le compteur indique 3%.

 

Votation Européenne
Dessin Chappatte

 

Asie

Japon

Sous le nom de code, ALFA-X du Shinkansen, un nouveau train ultra rapide, capable d’atteindre 400 km/h, est en train d’être testé. Cette vitesse de pointe devrait être atteinte d’ici à 2030. Il sera 15 km/h plus rapide que le train chinois Fuxing.

 


De 2008 à 2017, les USA et le Canada ont fourni 7,9 millions b/j de plus soit le 82% de l’augmentation pétrolière mondiale
Source: BP 2018

 

Afrique

Plus de 640 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité en Afrique soit les 2/3 de la population.

 

Libye

La National Oil Company a affiché des revenus de 4,4 milliards $ durant le premier trimestre. Jusqu’à présent, la compagnie pétrolière nationale répartit les revenus entre toutes les factions du gouvernement. La tentative du Général Haftar avec son «Armée Nationale Libyenne» de s’emparer de Tripoli et de créer sa propre compagnie pourrait changer la donne. On pourrait bien imaginer que le Général Kadhafi aurait trouvé son successeur.

L’Organisation Mondiale de la Santé décompte plus de 400 morts, 2’000 blessés et 60’000 personnes ont fui les combats.

Cette situation n’offre pas les meilleures garanties pour l’extraction pétrolière du pays qui annonce 1,176 millions b/j en avril. Mustafa Sanallah, PDG de la compagnie pétrolière nationale National Oil Corporation craint que l’instabilité pourrait faire chuter l’extraction de 95%.

L’Etat Islamique a également mis son grain de sable en voulant s’accaparer d’un gisement dans le sud du pays.

 

Angola

Le Président Joao Lourenço a renvoyé Carlos Saturnino, PDG, de l’entreprise pétrolière nationale Sonangol ainsi que toute la direction. Carlos Saturnino avait réussi à redresser l’entreprise suite au règne d’Isabel dos Santos, fille de l’ancien président José dos Santos.

On spécule que l’entreprise et les pétrodollars vont retourner dans les mains du président.

L’italien Eni a trouvé un nouveau gisement pétrolier offshore de 250 millions de barils avec une capacité de 10’000 b/j.

 


Le nouveau train japonnais ALFA-X Shinkansen

 

Phrases du mois

«Entre 1979 et 2019, les prévisions, “Annual Energy Overview” de l’Agence Internationale de l’Energie, montrent clairement qu’elles n’étaient pas bonnes par le passé et les prévisions actuelles sont de la même veine. Aux USA, le schiste va se terminer bientôt et ce sera un retour à la réalité d’avant 1970. La dépendance énergétique américaine est une Fake News.»  Jean Laherrère.

Declining well productivity in some [tight oil/shale] plays, despite the application of better technology, is a prelude to what will eventually happen in all plays: production will fall as costs rise.  Assuming shale production can grow forever based on ever-improving technology is a mistake—geology will ultimately dictate the costs and quantity of resources that can be recovered.” David Hughes

Assuming shale production can grow forever based on ever-improving technology is a mistake—geology will ultimately dictate the costs and quantity of the oil and gas that can be recovered.” David Hughes

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Avril 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– USA: Trump active les sanctions pétrolières contre l’Iran et le Venezuela
– Libye: Le Général Haftar tente de prendre le pays
– USA: Une bataille à 50 milliards $ pour acheter Anadarko Petroleum
– Chine: La Chine courtise les pays européens avec sa route de la soie
– France: Le démantèlement d’EDF dans le viseur du gouvernement et de Bruxelles
– Algérie: Le CEO du géant pétrolier et gazier Sonatrach contraint de démissionner
– Suisse: l’EPFL produit de l’hydrogène vert
– Arabie Saoudite: Le gisement pétrolier de Ghawar n’est plus le plus grand au monde.


 

Donald Trump a décidé de durcir le ton avec l’Iran et de réintroduire les sanctions pétrolières. Il n’en fallait pas plus pour que le baril grimpe à 75$. Trump a immédiatement éteint l’incendie avec un tweet: “Spoke to Saudi Arabia and others about increasing oil flow. All are in agreement”.  Qui aurait pu imaginer qu’un jour un simple tweet serait capable de faire fluctuer les prix du baril de pétrole!

A Londres, il termine ce mois à 72,12$   (fin mars 68,39$). A New York, il grimpe à 63,79$  (60.14$ fin mars).

Graphique du mois :

Dépenses des 5 plus grandes compagnies pétrolières européennes
Pétrole et Gaz vs Renouvelables


En millions $
Source: Reuters, Ron Bousso

 

Pétrole

Le Venezuela est en train de s’effondrer. La Libye est son million de barils pourrait entrer dans une guerre civile. Après une sécheresse historique, l’Irak et de l’Iran sont noyés par des inondations qui paralysent certains champs pétroliers. Donald Trump réactive les sanctions contre le pétrole iranien. Même la série Dallas n’aurait pas rêvé d’un scénario aussi complexe et imprévisible.

 

OPEP+

La Russie et l’Arabie Saoudite sont dans une position d’attente afin d’analyser l’évolution du marché dans les mois à venir. Il est urgent d’attendre.

La production actuelle atteint 30,2 millions b/j. au plus bas depuis 2015.

 

Solaire

Gridserve propose des nouveaux panneaux solaires bifaciaux. Les deux faces (recto et verso) produisent de l’électricité et augmentent de 20% les rendements. L’Arabie Saoudite a choisi ces modules avec une offre à 1,79 centimes $ le kWh pour une ferme de 300 MW.

 

 

Sous les projecteurs du mois

Venezuela

Au moment où cette rubrique est écrite, Juan Guaido tente un coup d’Etat contre le président Nicolas Maduro. John Bolton, le conseiller de la Sécurité Nationale Américaine demande à l’armée vénézuélienne de rejoindre les rangs de son protégé Juan Guaido. Historiquement, un coup d’état dans un pays producteur de pétrole signifie une baisse de la production. Dans le cas du Venezuela, il sera difficile d’aller encore plus bas. Qu’importe le nom du président le mois prochain, l’avenir du Venezuela semble justement ne plus en avoir.

Les exportations pétrolières pour le mois d’avril pourraient avoir chuté à 300’000 b/j contre 1 million en mars, mais nul ne sait vraiment. En tout cas, ce brut lourd manque cruellement aux raffineries qui ont besoin de cette qualité pour produire du kérosène et du diesel.

En mars, la compagnie nationale PSVSA avait réussi à charger des tankers en direction de la Russie et de l’Asie avec du pétrole extrait durant les mois précédents. Il y a quelques années, le pays exportait 3 millions b/j.  Avec l’embargo américain, la production pétrolière est fortement touchée.

Cependant, un autre problème freine les ambitions de PDVSA. Afin de transporter le brut lourd des gisements d’Orinoco, le pays possède 4 unités de fluidification. Ces installations sont opérées par la Russie, les USA, la France et la Norvège et permettent de liquéfier 700’000 b/j.  Suite aux blackout électriques, 2 unités sont hors service depuis le 7 mars et les deux autres ont arrêté leurs productions le 25 mars. Quand ces unités s’arrêtent de manière subite, c’est un peu comme un caquelon à fondue : il faut un certain temps pour tout nettoyer et relancer le processus.

Trois unités pourraient redémarrer, mais pour la 4ème l’alignement des étoiles pourraient prendre un certain temps. Du coup, PDVSA a annulé une grande partie des exportations de pétrole durant avril.

 

Iran

Le président Trump a décidé de ne plus accorder d’exemptions pétrolières pour l’importation de pétrole iranien. Dès le 2 mai, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et la Turquie n’auront plus le droit d’acheter du brut iranien. L’annonce arrive alors que l’Iran subit les plus graves inondations depuis 70 ans avec plus de 1’900 villages affectés et 500’000 personnes évacuées. Les régions pétrolifères du Khuzestan sont également touchées. Washington espère mettre le pays sur les genoux alors que l’eau monte.

Mike Pompeo a souligné que le pétrole est la première source de cash du pays et que l’objectif est d’atteindre zéro sur tous les plans.

Les sanctions américaines étaient entrées en force en novembre 2018 afin de renégocier l’accord sur le nucléaire signé en 2015. Cependant, Donald Trump a voulu éviter une trop forte augmentation des prix du baril. Il avait autorisé 8 pays à importer du brut iranien.

 

Inondations en Iran

 

Libye

L’échiquier libyen a été entièrement bouleversé avec l’avancée du Général Haftar sur la capitale Tripoli. L’homme a le potentiel de remplacer le Général Kadhafi et apprécie le soutient de l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et la Russie.

Dans cette situation, la capacité de résilience de la production pétrolière du pays est sur la table. Si une guerre civile devait éclater, la production d’un million b/j semble en danger. Il y a un mois, le Général Haftar avait déjà dû intervenir afin de rétablir l’extraction de 315’000 b/j dans le gisement de Sharara. Le Général en a profité pour créer sa propre entreprise pétrolière.

Le Secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, s’est opposé au Général Haftar en lui demandant de «retourner à la table des négociations». Pour ajouter un peu de clarté dans cette situation déjà chaotique, Trump s’est opposé à son secrétaire d’Etat Pompeo! et a reconnu la position du général et son rôle pour combattre le terrorisme.  Bon, attendons le mois prochain le temps que tout ce beau monde puisse accorder leurs violons.

 

USA

Donald Trump fait joujou avec le pétrole. Les sanctions contre le Venezuela ont été activées et celles de l’Iran débuteront le 2 mai. Ces décisions impactent le monde entier.

En janvier, la production pétrolière US a diminué à 11,871 millions b/j (11,961 en décembre). L’Agence Américaine de l’Energie, EIA, et Morgan Stanley prévoient une extraction de 12,39 millions b/j d’ici à la fin 2019. Cet optimisme fait froncer les sourcils.

Au premier trimestre 2019, la croissance du PIB américain s’élève à 3,2% et dépasse les attentes.

Dans le jeu «qui peut amasser 1 milliard pour devenir président», les compteurs indiquent: Trump 40 millions $, Beto o’Rourke 9,4, Bernie Sanders 18, Kamala Harris 12. Joe Biden est entré dans la course. Déjà 21 démocrates se lancent dans un concours qui promet de voler aussi haut que “Les Anges de la TV ” avec Nabilla.

La production charbonnière des USA sera inférieure de 9,2% à 684 millions de tonnes en 2019 soit au même niveau qu’en 1978. En 2020, les USA devraient extraire 640 millions de tonnes de charbon contre 753 l’année dernière.

Le président Trump a annoncé que les éoliennes donnent le cancer. Il n’a pas précisé si elles faisaient tourner la tête.

 


Aux Etats-Unis, la consommation totale d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) a augmenté de 4% en 2018
et représente 80% de l’énergie dévorée dans le pays.
Le gaz affiche des taux record (+10%) tandis que le charbon a diminué de 4%.
Au niveau des gaz à effet de serre, si le gaz émet moins de CO2,
il explose les chiffres du côté du méthane.

 

Les présidents Trump et Xi Jinping pourraient devenir les meilleurs amis du monde une fois que l’accord USA-Chine sera signé. La date n’est pas fixée, mais dans le doute, on espère. Pour éviter l’ennui, Donald Trump a immédiatement ouvert un nouveau champ de bataille en Europe avec une ardoise de 11 milliards $ au sujet d’Airbus.

Le programme de recherche de centrales nucléaires de l’administration Trump coutera 40% que prévu selon le département de l’Energie.

Les constructeurs automobiles américains font face à une situation paradoxale. Le gouvernement Trump désire relâcher la régulation sur la consommation des voitures de 4,4 à 6,4 lt/100km alors qu’un tiers des Etats désirent garder les objectifs actuels.

ExxonMobil rejoint d’autres entreprises pétrolières pour se plaindre de la mauvaise qualité du pétrole de la réserve américaine. Des quantités 250 fois plus élevée de sulfure d’hydrogène ont été relevées.

La Corée du Nord ne veut plus du secrétaire d’État américain Mike Pompeo comme interlocuteur et souhaite discuter dorénavant avec un responsable qui soit «plus prudent et plus mature dans sa façon de communiquer». La remarque est savoureuse.

Le fabriquant de bus électrique Proterra et le japonais Mitsui & Co vont proposer le leasing des batteries afin d’éliminer les freins d’acquisitions des e-bus, plus chers à l’achat mais plus économique à l’entretien. Les économies de carburants compenseront mensuellement le coût des batteries.

Les USA sont à la 7ème place mondiale dans l’utilisation de voitures électriques et Tesla détient le 30% de part de marché. En 2018, 361’307 e-voitures ont été vendues sur le territoire qui compte 265 millions de voitures thermiques.

 


Evolution du nombre de véhicules à moteur aux USA 1900-2017
en millions d’unité

 

Les Amériques

USA: Pétrole et gaz de schiste

Une vague de consolidations fait rage dans le schiste américain. Les grandes majors comme ExxonMobil et Chevron mettent sur la table des milliards pour acquérir les petits acteurs dans le Bassin Permien. Cette région du Texas permet à Exxon d’extraire 226’000 b/j avec un objectif à 1 million d’ici à 2024.

Dans cette lutte entre géants, Chevron a proposé 50 milliards $ et Occidental Petroleum 55 milliards $ pour acquérir Anadarko Petroleum très actif dans le schiste américain, notamment dans le Bassin Permien. Chevron pensait pouvoir convertir les pertes d’Anadarko en bénéfices grâce à un processus d’industrialisation et des réductions des coûts. Finalement, c’est Occidental Petroleum qui a gagné dont 10 milliards $ injecté par Warren Buffett. A 88 ans, le réchauffement climatique n’est pas une préoccupation de Warren.

L’Agence Américaine de l’Energie a révisé ses chiffres de la production de schiste. L’EIA avait annoncé une augmentation de +282’000 b/j entre décembre et mars 2019. Comme prévu, un mois après la publication, l’agence apporte un correctif à leur fichier Excel. L’augmentation réelle n’est que de +42’000 b/j.   L’EIA est coutumière du fait et publie systématiquement des chiffres dithyrambiques sur le schiste pour les corriger à la baisse.

Dans le Bassin Permien, en plus du pétrole, les producteurs extraient d’énormes quantités de gaz qu’ils sont obligés de brûler faute de pouvoir les transporter. Bloomberg estime que le gaz brûlé pourrait chauffer toutes les habitations du Texas sans compter les émanations de méthane.  Des gazoducs devraient être mis en service en 2020.

Paal Kibsgaard, CEO de Schlumberger, pense que les investissements dans le schiste américain continuent de chuter, que la croissance d’extraction diminue et que les investissements se dirigent vers d’autres gisements à travers le monde.

Dans le Bassin Permien, la productivité a diminué de 6% en mars par rapport à mars 2018 selon l’EIA. Le nombre de forages productifs diminuent forçant les compagnies à se rabattre sur les fruits de plus en plus hauts dans l’arbre.

 


Dessin Chappatte

 

Canada

La province pétrolière de l’Alberta a élu Jason Kenney comme nouveau gouverneur de l’Etat. L’homme de droite est favorable à l’extraction pétrolière, à la construction de pipelines et s’oppose aux taxes sur le carbone. Toute l’artillerie du parfait pétrolier en un seul homme politique. Il se fera un plaisir de remplacer les décisions de Rachel Notley qui avait tenté d’amener un vent nouveau.

Le Premier Ministre Trudeau est de plus en plus écartelé entre le climat et l’industrie pétrolière canadienne. Alors qu’il espère sa réélection en octobre dernier, l’exercice montre que son indécision et ses contradictions entre la construction de pipelines et le réchauffement climatique peinent à générer un soutien populaire. Les résultats climatiques de Trudeau sont tout aussi misérables que son prédécesseur Stephen Harper et la comparaison n’est pas flatteuse.

La hausse des températures est en moyenne deux fois plus élevées au Canada que dans le reste du monde selon le département du gouvernement canadien Environment and Climate Change Canada.

 

Argentine

La production de pétrole de schiste, dans la région de la Vaca Muerta, Mendoza, pourrait atteindre 200’000 b/j en 2021 selon Rystad Energy. La région produisait 78’000 bj en février 2019.

 

 

Asie

Chine

Pour la première fois depuis 4 mois, les chiffres de l’activité industrielle du pays sont en hausse. On ne connait pas encore la cause de ce revirement. Il pourrait provenir de l’énorme stimulation financière du Gouvernement, d’une simple manipulation des chiffres ou d’une reprise réelle. A confirmer.

Les compagnies pétrolières vont augmenter de 20%, à 74 milliards $, leurs dépenses pour tenter de stimuler la production pétrolière et gazière. Parfois le fait d’injecter des milliards dans des vieux gisements est une stratégie gagnante, parfois pas.

La Corporation Chinoise Nucléaire espère pouvoir construire entre 6 et 8 centrales nucléaires par an si le gouvernement donne son feu vert. Depuis Fukushima, Pékin n’avait pas approuvé la construction de nouvelles centrales. Pékin vient de donner l’autorisation pour 2 nouvelles unités.

Le pays subit une épidémie de peste porcine africaine. Plusieurs millions de porcs ont été abattus en Chine, pays qui est à la fois le premier producteur (50% du cheptel porcin mondial), mais aussi le premier consommateur mondial de porc. L’Europe, le Brésil, le Canada et les USA compensent les pertes. Cette situation impacte également les livraisons de soja notamment du Brésil.

La Chine a organisé une réunion avec les pays qui se trouvent sur «La route de la Soie» dont 1’000 milliards $ d’investissements sont prévus pour des infrastructures de transports. L’idée est de créer une alternative commerciale aux USA.

 

Japon

Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, a débuté le retrait des 566 barres de combustible nucléaire de la piscine du réacteur no 3. Cette opération a été reportée plusieurs fois et elle devrait durer 2 ans.

La piscine du réacteur 4 a déjà été vidée entre 2013 et 2014. Les travaux pour les piscines des Réacteurs 1 et 2 ne devraient pas débuter avant 2023. La piscine 1 contient 392 et la piscine 2 615 barres de combustible.

L’autorité de surveillance nucléaire japonaise a refusé d’étendre les délais pour mettre en place des mesures antiterroristes pour les centrales. Les propriétaires rechignent à entreprendre les travaux qui devraient se terminer durant l’été 2020. Le pays pourrait voir toutes ses centrales mises à l’arrêt.

L’Empereur Akihito a laissé son siège à son fils Naruhito.

 

Australie

L’entreprise Tritium propose des chargeurs de voitures électriques super rapides permettant d’ajouter 300 km en 10 minutes.

 

 

Europe

Les compagnies pétrolières européennes comme Shell, BP, Total sont en train d’ajuster leur business model en ajoutant la production d’électricité à base de gaz ou de renouvelables. Ces majors vont entrer en frontal avec les grands producteurs électriques traditionnels. Du côté des citoyens, la possibilité d’auto-consommer sa production d’électricité solaire et de stocker ou de revendre le surplus à ces voisins est de plus en plus une option incontournable.

 

Russie

La production Russe aurait diminué à 11,24 millions b/j en avril afin de satisfaire les quotas de l’OPEP: -230’000 b/j par rapport à la production d’octobre de 11,421 millions b/j. Moscou est passé maître dans l’art d’augmenter artificiellement sa production afin de baser les coupes sur des niveaux anormalement élevés. Pour le coup, la Russie n’a pas eu à forcer la main pour revenir à une situation normale.

Rosneft, le plus grand producteur pétrolier du pays, va se développer en Arctique grâce à la fonte des glaces. Les sanctions occidentales avaient ralenti le processus et ExxonMobil avait dû se retirer. Pour maintenir sa production pétrolière Moscou a besoin de trouver de nouveaux gisements pour remplacer ses vieux gisements.

La nature a horreur du vide et la géopolitique copie la nature. Le vide laissé par l’administration américaine est instantanément comblé par Moscou. Ce mois, Vladimir Poutine en a profité pour rencontrer, à Vladivostok, Kim Jong Un. Il s’est également rendu à Pékin pour le sommet de « la route de la soie ». Le président chinois Xi Jinping a souligné : «Le Prédisent Poutine est un bon ami et un vieux ami du peuple chinois. Il est l’un de mes meilleurs amis».

 

Hollande

La compagnie Shell a annoncé sa démission de l’un des plus grands groupe de lobby pétrolier des USA : American Fuel & Petrochemical Manufacturers qui compte 300 entreprises. Le lobby refuse les taxes sur le CO2 pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Royal Dutch Schell a lancé un programme de 3 ans de reforestation pour un montant de 300 millions $. Les arbres seront plantés en Hollande et en Espagne.

 

En Europe, les prix du gaz sont au plus bas depuis 5 ans.
N’espérez pas un rabais de la part de votre fournisseur, leur marge n’est que de 800 à 900% (8 et 9x le prix d’achat).
Source: Platts, graphique FT

 

 

Angleterre

L’américain ConocoPhillips se retire de l’exploration et de la production pétrolière anglaises. Conoco a vendu à Chrysaor e&P Ltd ses deux actifs dans la Mer du Nord pour 2,68 milliards $.

Le département du gouvernement «Business, Energy & Industrial Strategy» envisage d’augmenter la production d’énergies renouvelables de 75% d’ici à 2035 afin de réduire la production d’électricité à base de gaz. L’objectif est d’atteindre 211 TWh ce qui représentera le 58% des besoins électriques en 2035.

Londres a ouvert sa zone « Ultra low emission zone » (ULEZ) où les véhicules les plus polluants devront s’acquitter d’une obole journalière de 14,5€ pour y circuler en plus des droits pour entrer dans la ville.

Julian Assange, Fondateur de WikiLeaks a été arrêté et les USA ont demandé son extradition. WikiLeaks avait notamment publié de nombreux documents sur les entreprises pétrolières américaines et sur l’Arabie Saoudite.

 

Allemagne

Le groupe VW est responsable de 2% des émissions de CO2 dans le monde, soit la même quantité que l’Allemagne. La répartition est répartie à part égales entre les camions et les voitures.

 

Suisse

Pour la première fois, une voiture électrique a été la plus immatriculée sur un mois, devançant des modèles à essence de Skoda et VW. Le Model 3 de Tesla s’est écoulé à 1’094 exemplaires, devançant la Skoda Octavia à essence (801) et la Golf de VW (546), selon les statistiques d’Auto Suisse. Après des mois d’attente, la Tesla 3 a été livré sur le marché Suisse.

La production d’électricité solaire pourrait être multipliée par 40 en Suisse si l’on profitait de tout le potentiel en façade et sur les toits. L’Office fédéral de l’énergie vient de publier le site Façade au Soleil. Ces instruments montrent que l’électricité solaire exploitable en Suisse pourrait avoisiner les 67 térawattheure, contre 1,7 récoltés en 2017 sur toute la Suisse.

L’EPFL (Ecole polytechnique Lausanne) a mis au point un système qui produit une quantité record d’hydrogène propre. Le dispositif concentre la lumière du soleil et réduit la quantité de matériaux rares et coûteux. Il est actuellement testé sur le campus de la Haute Ecole et pourra produire 1 kg d’hydrogène par jour en cassant des molécules d’eau grâce à l’énergie solaire. A suivre.

 

France

Le gouvernement Macron travaille sur une réorganisation ou le démantèlement d’EDF demandé par Bruxelles. Le premier électricien européen pourrait voir une partie de ces activités… et la privatisation progressive des autres.

EDF fait face à une équation quasi impossible avec la perte de centaines de milliers de clients par an et doit prévoir des milliards € d’investissement pour maintenir en vie un parc nucléaire vieillissant voir de leur remplacement.

Cerise sur le gâteau, EDF cumule plus de 33 milliards € de dettes. En France, l’électricité est vendue à perte afin de donner la perception que le nucléaire est bon marché.

La mise en service de la centrale nucléaire EPR à Flammanville va être retardée de deux ans à cause d’un défaut dans des soudures dans la cuve. Les coûts de la centrale française dépasse les 11 milliards € au lieu des 3 initialement prévus.

En 48 heures, la cathédrale Notre Dame de Paris a récolté plus d’argent que les Restos du Coeur durant les 5 dernières années.

Le site d’investigation Disclose publie des documents “secret défense” qui indique que l’Arabie Saoudite utilise massivement des armes françaises dans la guerre contre le Yémen. Ces armes sont également utilisées contre des civils.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Les USA ont annulé les exemptions pour les exportations de pétrole iranien pour le 2 mai. Washington a demandé à l’Arabie Saoudite de remonter son niveau d’extraction afin de combler le manque. Le Ministre de l’Energie a demandé de voir l’effet sur les marchés avant d’effectuer un changement. Actuellement, les exportations de l’Arabie Saoudite s’élèvent à 6,977 millions b/j (7,6 en décembre 2018).

La compagnie pétrolière Saudi Aramco prévoit de mettre en vente 10 milliards $ de ses actions. Pour réussir son coup, elle est forcée à apporter un peu de transparence. La muette a ainsi publié ses premiers chiffres depuis sa nationalisation dans les années 80.

La surprise vient des chiffres du plus grand gisement du monde «Ghawar». Il ne produirait plus que 3,8 millions b/j au lieu des 5,8 estimés par l’EIA. Est-ce le royaume pourrait entrer sur une phase de déclin? Ainsi le Bassin Permien américain avec ses 4,1 millions b/j devient le plus grand gisement pétrolier mondial, même si la qualité des deux gisements est fondamentalement différent.

Aramco possèderait des réserves pétrolières de 257 milliards de barils (toujours le même chiffre depuis 40 ans). Sur les 224 milliards de bénéfices, avant la ponction réservée au gouvernement et à la famille royale, Saudi Aramco publie un bénéfice net de 111 milliards $ en 2018. Record du monde battu.

Saudi Aramco est «en discussion sérieuse» afin d’acquérir 25% de l’Indien Reliance Industries actif dans la pétrochimie et le raffinage. L’accord pourrait se faire avec un chèque de 10 à 15 milliards $. Cet achat pourrait encrer l’utilisation du pétrole saoudien en Inde qui est devenu le 3ème plus grand consommateur mondial.

Pour les 5 prochaines années, le Paris-Dakar va quitter l’Amérique Latine pour rejoindre l’Arabie Saoudite.

Riyad a menacé de cesser d’utiliser le dollar américain pour la vente de son pétrole si les USA signent la plainte antitrust contre l’OPEP et ses membres. Pour l’instant, il ne s’agit qu’un bombage de torse. Mais si l’OPEP devait quitter le dollar, l’égo et le statut de la monnaie américaine en prendrait un coup. Dans cette configuration, on peine à imaginer que le NOPEC de la justice US ait une chance de succès.

 

Egypte

Sous pression du FMI, le gouvernement pourrait cesser les subsides sur les carburants d’ici au 15 juin 2019. En échange, le FMI va accorder un prêt de 12 milliards $.

Les prix de l’essence, du diesel et du kérosène vont presque doubler. On peut s’attendre à une vague de gilets jaunes.

 

Irak

Les exportations ont diminué à 3,377 millions b/j en mars (-240’000 par rapport à février). La région pétrolifère de Basra a subi de fortes inondations après des mois de sécheresses.

Le premier ministre Abdul-Mahdi s’est rendu en Arabie Saoudite pour rencontrer le roi Salman. Pendant des années, l’Arabie a supporté financièrement les groupes Sunnites alors que Bagdad est solidement relié aux Chiites d’Iran.

L’Irak voudrait construire une raffinerie au nord de la ville de Kirkuk pour utiliser son pétrole localement. Actuellement, le pays doit exporter 300’000 b/j de pétrole via la Turquie et le Kurdistan.

 

Koweït

Le petit Etat va débuter une première phase d’extraction pétrolière. Après avoir extrait 60’000 b/j en janvier, l’objectif est d’atteindre 430’000 b/j de brut lourd.

 


Dessin: Chappatte

 

Afrique

Algérie

Le PDG du géant gazier algérien Sonatrach, Abdelmoumene Ould Kaddour, a été licencié trois semaines après le retrait du Président Bouteflika. Il s’agit d’un nouveau signe que l’armée veut purger le pays des personnes associées avec l’ancien régime. En 9 ans, 7 PDG ont été licenciés de cette entreprise nationale.

Ce geste pourrait retarder ou activer les investissements étrangers dans les vétustes installations gazières et pétrolières. L’Algérie fait face à une baisse de production à cause d’installations et de gisements vieillissants ainsi que de l’augmentation de la consommation interne. En Algérie, le gaz est bradé et vendu à perte ce qui bloque tout émergence des énergies renouvelables ou toutes les initiatives d’efficience énergétique.

Le budget de l’Etat repose à 40% sur la vente d’hydrocarbures et 95% des entrées de devises étrangères. Le Général Saleh a également arrêté plusieurs « milliardaires » actifs dans la construction.

 

Nigeria

La crise de carburant, que traverse le plus grand producteur pétrolier d’Afrique, s’aggrave alors que les automobilistes font la queue pour faire le plein. Jamais à court d’idée pour apporter un peu d’ambiance, le Fond Monétaire International (FMI) suggère au gouvernement d’abandonner les subsides sur les carburants qui maintiennent les prix sous les 40 ct € le litre.

La Banque Mondiale en rajoute une couche et évalue les subsides à 2 milliards $.

 


Coûts d’extraction par baril de pétrole en $
Source: Saudi Aramco. Graphique FT.com

 

Phrases du mois

«Je ne suis pas un économiste et j’ai déjà dit que je ne comprends rien à l’Economie. Les chauffeurs de camions sont ceux qui transportent la richesse du nord au sud et d’est en ouest. Ils doivent être traités avec soin et considération. Nous voulons un prix correct pour le diesel.» Jair Bolsonaro, Président du Brésil qui explique sa décision de ne pas augmenter les prix du diesel.

«Les décennies de croissance économique auront épuisé les ressources de la planète avant d’étancher notre soif de posséder, notre modèle de production-consommation nous ayant entraînés dans une économie de l “avoir” plutôt que de l “être”», avec pour conséquence «l’insoutenable concentration de la richesse dans le monde, véritable bombe à retardement. Il faudra notamment lutter contre «la déshumanisation de l’économie». Emmanuel Faber, PDG de Danone,

La colère fait les émeutes, seul l’espoir fait la révolution“.  Pierre Kropotkine

Construire des centrales nucléaires pour résoudre le changement climatique, c’est comme mettre un glaçon dans une baignoire pour la refroidir. L’impact sur la température est négligeable et les dégâts d’un accident ou d’une catastrophe nucléaire sur l’environnement est pire que le problème original“. Pablo Servigne

De défaites, en défaites, nous volons vers la victoire.

«Les riches qui règnent sur une société en voie d’effondrement s’achètent seulement le privilège d’être les derniers à mourir de faim». Jared Diamond.

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

 

 

Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela

La malédiction du pétrole s’illustre une fois de plus. Cette fois c’est le Venezuela qui en fait les frais. Si pour le grand public, l’image d’un gouvernement incapable et corrompu a été vendue, la partie non visible de l’iceberg révèle un enjeu pétrolier extrême. Actuellement dans les mains de la Chine et de la Russie, les Etats-Unis ont la cruelle nécessité de s’approprier cet or noir.

Même si les USA sont devenus les plus grands producteurs pétroliers au monde, la mauvaise qualité de leur pétrole les oblige à incorporer le brut extra lourd du Venezuela pour produire du kérosène ou du diesel.

Sans ce pétrole, qui s’épuise, la suprématie énergétique des USA ne tient qu’à un fil.


Le Dilemme Américain

Grâce au pétrole de schiste, les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier au monde. Si la légèreté du schiste convient à merveille pour la pétrochimie, les pesticides ou le plastique, le diesel et le kérosène nécessitent de le mélanger à un brut plus lourd. Pour produire ces carburants, les raffineries du pays importent plus de 500’000 barils/jour de brut extra lourd du Venezuela.

Le Canada pourrait venir en aide à Washington, mais les capacités limitées des transports et les coûts importants des sables bitumineux de l’Alberta freinent le processus.

Pour ne pas se tirer une balle dans le pied avec les lourdes sanctions financières, imposées par le président Trump au régime Maduro, les USA continuent d’accepter les livraisons de brut mais déposent les payements sur des comptes bloqués. Qui entre Caracas et Washington pourra tenir le plus longtemps, la question est posée.

 

26% du pétrole américain peut être raffiné.
Le restant 74%, doit être mélangé avec du brut lourd ou exporté.
Source: EIA

 

Trump : une pierre plusieurs coups

La stratégie du Président Trump repose sur plusieurs piliers : l’opinion publique, les élections de 2020 et l’argent.

Donald Trump fustige les dérives et l’incapacité d’un gouvernement «socialiste» en soulignant la précarité du peuple vénézuélien et le manque d’investisseurs. Ce message fait une pierre deux coups. A l’interne, il permet d’entrer en frontal avec les candidats démocrates «ouvertement socialistes» aux élections de 2020 et à l’externe de scinder le monde entre les méchants et les gentils.

Cette perception est renforcée par l’envoi d’une aide humanitaire, qui a pris une tournure de communication hollywoodienne, alors qu’elle devrait être organisée de manière neutre et indépendante. Cette suspicion de Cheval-de-Troie a été renforcée par, John Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale. Son bloc-notes a dévoilé : “5’000 soldats américains en Colombie.”

 

Sur le bloc notes de John Bolton:
“5’000 soldats américains en Colombie.”

 

De manière plus discrète, le même John Bolton travaille sur le véritable objectif d’un renversement du président Maduro par son protégé Juan Guaidó : le pétrole.

ExxonMobil et Chevron devraient reprendre les installations pétrolières du Venezuela et assurer l’approvisionnement des raffineries américaines. Les Français, Total, Anglais BP et Espagnol Repsol sont également impliqués dans cette réflexion d’où la coopération immédiate du Président Emmanuel Macron et des Premiers Ministres Theresa May et Pedro Sánchez.

Nous discutons actuellement avec de grandes entreprises pétrolières américaines. Cela ferait une différence si nous pouvions faire en sorte que des entreprises américaines produisent le pétrole au Venezuela. Nous avons tous les deux un large intérêt. Ce serait une bonne chose pour le Venezuela et les habitants des États-Unis.” – John Bolton, Conseiller à la sécurité nationale (voir la vidéo sur Twitter)

 

Voir 5min40 secondes pour le pétrole

 

Peak Oil

A lui seul, le pays est en train d’illustrer le paradoxe pétrolier actuel. Le pétrole bon marché s’épuise et il devient de plus en plus onéreux d’extraire un baril.

Membre de l’OPEP, le Venezuela possède potentiellement les réserves pétrolières les plus importantes au monde et ses rentrées économiques sont à 96% assurées par cette manne.

Historiquement, le Venezuela ne s’est jamais remis de la crise de sa monnaie et de sa dette des années 80-90. Les régimes drastiques imposés par le FMI et la Banque Mondiale n’ont finalement réussi qu’à monter la population appauvrie contre le président de droite Rafael Caldera.

Le libéralisme porté par les américains devait permettre de revitaliser le secteur privé et attirer les investisseurs internationaux. Pour tenter d’augmenter la production pétrolière, Caldera privatisa le secteur pétrolier. Malgré les efforts, le Venezuela a atteint son peak oil en 1997 avec 3,5 millions b/j.

Quand Hugo Chavez prit le pouvoir en 1999, la production avait déjà diminué de 1 million b/j. et la corruption ravageait le pays.

Aujourd’hui, avec l’illusion d’être assis sur une richesse pétrolière, le blâme se porte essentiellement sur le modèle économique socialiste des gouvernements Chavez et Maduro.

Il n’y a aucun doute que les erreurs de casting et la corruption ont endommagé l’extraction du précieux liquide. Mais la grande partie de l’or noir vénézuélien nécessite d’énormes quantités d’argent, des techniques avancées et un management professionnel. Tant que le baril tenait au-dessus de 100$, l’équation pouvait se résoudre. Avec la chute du baril en 2008 et en 2014, le Venezuela subit le même sort que l’Union Soviétique dans les années 1990.

Si aux USA, le pétrole de schiste ou les sables de schiste canadiens ont vu affluer, à perte, des milliards $ d’investisseurs étrangers comme des fonds de pension européens, les banques privées ou la Banque nationale Suisse, le Venezuela n’a pas eu autant de chance.

Au contraire, Caracas a dû continuellement se battre contre la justice et les fonds vautours (ex: Crystallex ou Pharo Gaia Fund Ltd) d’investissements américains pour rembourser, avec des taux indécents, les prêts effectués. Dans ce désastre financier, de Bush à Obama, Washington aura tout fait pour tendre vers la situation actuelle.

Ainsi, de 1998 à 2013, Chavez n’a pas réussi à saisir l’importance d’injecter de l’argent dans le système pétrolier. Il a dévié cet argent pour son usage propre mais aussi pour réduire la pauvreté en passant de 55 à 34%, à instruire 1,5 million d’adultes et avec l’aide de docteurs cubain à d’offrir là 70% de la population un système de santé gratuit.

Dès que le baril à chuté en juin 2014, le gouvernement s’est retrouvé à court d’argent pour soutenir la production pétrolière et ses programmes sociaux.

Le retour de manivelle fut édifiant avec plus de 3,5 millions de vénézuéliens obligés de s’expatrier pour simplement manger. En quelques années, le pays est tombé en ruine.

 


Moyenne de la Production pétrolière Venezuela depuis son peak oil en 1997.
Source EIA

 

Indépendance pétrolière

Demain, celui qui sera en charge du Venezuela héritera d’un pays dont l’agonie n’égalera que la vitesse de la baisse de sa production pétrolière.

Si pour la Russie et la Chine les risques se résument par la perte de plusieurs dizaines de milliards $ de créances et d’actifs ainsi que d’influence en Amérique Latine, le président Trump doit absolument garantir l’importation de brut conventionnel ou très lourd pour assurer la production de carburants pour ses camions et ses avions.

On pensait les petites nations plus vulnérables aux variations pétrolières. La position très inconfortable des USA démontre ce changement de paradigme. Nous produisons de plus en plus de pétrole, de moins en moins bonne qualité mais de plus en plus cher. L’équation n’a pas de solution dans le système économique actuel.

La vitesse à laquelle le Venezuela s’est écroulé, ne peut que nous inciter à trouver une indépendance pétrolière sous peine de subir le même sort.

Serions-nous tous en passe de devenir Vénézuéliens?

 

Les 3 plus grandes importations de pétrole, des raffineries américaines du Sud des USA
en milliers de barils par jour


Source: RBC Capital Markets

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Venezuela: Le pays se trouve à un tournant. Décisif?
– USA: La production de diesel est à la peine
– Mexique: Un pipeline explose : 107 morts
– Allemagne: Le pays annonce sa sortie du charbon d’ici à 20 ans
– Inde: La demande de pétrole et de charbon en forte hausse
– Angleterre: Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires
– Libye: L’insécurité plombe la production pétrolière
– USA: Boeing annonce son drone-passagers électrique et sans pilote.


 

Le pétrole a repris des couleurs. Il avait débuté l’année à 52,23$ et il est grimpé à 60,86 à Londres. A New York, il flirtait à 45,30$ le baril avant de se redresser à 53,74$.

 

Graphique du mois:

Par manque de pétrole lourd,
la production mondiale de diesel pourrait avoir touché un plateau

 

Pétrole

Le pétrole joue avec la barre des 60$ à Londres. Pour se déterminer sur son prix, il hésite entre plusieurs options comme les réductions de l’OPEP+, l’augmentation de la production de schiste aux USA ou le ralentissement de l’Economie chinoise. Pour l’instant la crise au Venezuela n’a pas encore fait bouger clairement les prix.

En 2019, les majors pétrolières vont investir 208 milliards $ pour le forage en haute mer selon Rystad Energy. Au total, 110 projets vont être lancés contre 96 en 2018 et 43 en 2016.

Le directeur de l’IEA, Fatih Birol, a souligné que sur un total de 1 milliard de voitures en circulation, les 5 millions de voitures électriques ne font pas le poids pour solidement influencer la demande pétrolière.

Son exemplem est parlant. “Cette année, la demande pétrolière mondiale va augmenter de 1,3 millions barils/jour (b/j). Les 5 millions de voitures électriques vont économiser 50’000 barils/jour. 50’000 contre 1,3 millions”. Il est vrai que l’impact est minime.

Selon lui, les voitures ne jouent pas un rôle prépondérant dans la demande pétrolière. A l’inverse, les camions, la pétrochimie et les avions sont le sont. Au niveau mondial, l’aviation est exemptée de taxe pétrolière et de TVA.

 

Monde

Depuis 1978, les salaires des PDG ont augmenté de 997,2%, la productivité de 122,01% et les revenus des travailleurs de 10,9% selon Economic Policy Institute. Alors que la croissance s’est affirmée comme une nouvelle normalité, la productivité et les salaires s’essoufflent.

Comme les salaires des PDG, les températures de la planète ont atteint des records en 2018, +1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle.

La fonte annuelle des glaces, en Antarctique, est 6 fois plus rapide qu’en 1979, selon l’Académie américaine des sciences (PNAS).

 

Moyenne des températures pour 2018
par rapport à la moyenne 1951-1980

 

Les pays phares du mois

Venezuela

Sans conteste, le Venezuela est sur la première marche du mois de janvier. Une fois de plus, le pétrole se transforme en malédiction pour son pays.

L’agonie du pays semble arriver à un tournant. Washington et plusieurs pays dont la France, le Canada, le Brésil et l’Espagne ont annoncé soutenir Juan Guaido, l’ancien président du Parlement. Avant de se lancer, ce jeune homme de 35 ans avait reçu des garanties des grandes puissances.

Cependant, la Russie et la Chine ont investi des milliards $ sur Nicolas Maduro et son pétrole. On comprend que Moscou et Pékin n’ont pas envie de voir leurs actifs disparaître.

Dans la foulée, Trump a annoncé des sanctions pétrolières contre le Venezuela et l’arrêt des importations de 500’000 b/j. Revers de la médaille, cette décision pourrait faire augmenter les prix de l’essence aux USA, car le brut du Mexique, de l’Arabie Saoudite et du Canada est plus onéreux.

De plus, le pétrole lourd du Venezuela se marie parfaitement au pétrole de schiste américain très léger. Sans pétrole lourd, il est compliqué de raffiner le diesel ou le kérosène indispensable aux camions, bateaux et avions. De son côté, le Venezuela a besoin du pétrole de schiste américain pour liquéfier son pétrole lourd afin de le transporter.

Les entrées en devises du Venezuela proviennent essentiellement des ventes de pétrole aux Etats-Unis. Le reste sert à repayer les dettes russes et chinoises. Le pays devrait rapidement atteindre le point de bascule.

Actuellement, la production pétrolière va passer sous le million de barils/jour (b/j). Au temps de Chavez, elle dépassait les 3,5 millions.

En cas de renversement du gouvernement Maduro, les exportations pourraient encore fortement diminuer. L’histoire montre que le renversement d’un gouvernement ne permet pas de remonter aux niveaux d’extractions pétrolières initiaux.

 

Chine

Trump continue de demander à la Chine de respecter les brevets US, d’arrêter les subsides directs aux entreprises et de permettre aux entreprises américaines d’entrer dans le marché chinois. En résumé, le chef de la Maison Blanche demande simplement aux chinois de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde. Le prochain épisode devrait figurer dans la revue de février.

Les prévisions de croissance du PIB de la Chine pointent vers 6,3%. Pas sûr que les chiffres du gouvernement soient d’une précision chirurgicale, mais ils indiquent une tendance à la baisse.

La Chine a développé une certaine dépendance envers les dettes et les constructions. Au niveau de la dette, on avoisine les 300% du PIB et la Banque Centrale Chinoise vient d’injecter 84 milliards $ dans l’économie locale. Est-ce que quelqu’un pourrait toucher un mot à la Banque Nationale Suisse pour qu’elle injecte 1$ dans les entreprises suisses ? Oui, c’est possible !

Il n’aura fallu que 58,8 milliards $ d’investissements par Pékin pour soutenir ses entreprises de voitures électriques et devenir le No1 mondial dans ce secteur selon Center for Strategic and International Studies.

Le constructeur chinois de voitures électriques, Byton, annonce la venue de son nouveau bolide. La bête sera commercialisée autours des 40’000 € et affiche des performances remarquables ainsi qu’un design digne des constructeurs italiens. Byton entre en frontal direct avec les modèles de Tesla et les futures allemandes.

Le groupe chinois CNOOC espère doubler sa production pétrolière d’ici à 7 ans comme l’a gentiment demandé le Président Xi Jinping. L’objectif est de booster la production pétrolière nationale pour moins dépendre de l’étranger.

Dans l’univers fabuleux que crée le gouvernement chinois, ce mois, on relève la mise en service d’une application qui permet d’identifier dans un rayon de 500m les personnes qui ont des dettes! Via l’utilisation de l’application de communication et de payements WeChat (équivalent de What’s app), les informations des utilisateurs sont transmis au gouvernement.

Ce service actuellement en service dans la région de Hebei, devrait être généralisé dans toute la Chine dans une année. Elle permettra de rejoindre l’évaluation des citoyens, qui bloque à plus de 10 millions de citoyens, l’accès aux trains ou aux transports en commun.

 

26% de la production pétrolière américaine est apte au raffinage
Le reste doit être mélangé avec du pétrole plus lourd pour en faire du diesel, kérosène ou essence.

 

USA

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,4% aux USA.

Selon l’EIA, les USA devraient atteindre une production pétrolière de 12,1 millions b/j en 2019 et 12,9 en 2020. Les USA sont devenus le plus grand producteur mondial.

Les USA font face à une pénurie de pétrole lourd nécessaire à produire du diesel et du kérosène. Les coupes dans les importations du Canada, Mexique et l’arrêt des importations du Venezuela inquiètent les raffineurs américains. Le Mars, une qualité de pétrole lourd, se traite avec une prime de 6,8$ par rapport aux cours pétroliers, au plus haut depuis 5 ans. Le Peak Diesel commence à inquiéter.

En 2018, les investissements en énergie solaire ont diminué de 25% à 130,8 milliards $. Sur la même année, les investissements en énergie renouvelables ont diminué de 8% à 332 milliards $.

Malgré l’enthousiasme et le support du Président Trump, le nombre de centrales à charbon diminue à un rythme encore plus soutenu que sous Obama. Depuis le peak de production en 2011 avec 317,4 MW la production décroit.

Durant les 5 dernières années, 6 centrales nucléaires ont été mises à l’arrêt et 35% du parc actuel devrait fermer dans les années à venir. Le nucléaire n’arrive plus à concurrencer les tarifs des énergies renouvelables et du gaz de schiste.

General Motors (GM) va utiliser sa marque Cadillac pour les voitures électriques et ses batteries BEV3. L’objectif est d’offrir une voiture avec un rayon d’action de 500 km.

BP va ajouter 1,3 milliard $ pour étendre les forages en haute mer de son gisement Atlantis dans le Golf du Mexique. L’entreprise avait essuyé un bouillon lors de la catastrophe DeepWater Horizon en 2011 avec des coûts qui ont dépassé les 60 milliards $.

L’entreprise PG&E, Pacific Gas & Electric, est l’une des premières grandes entreprises à faire les frais du changement climatique et des incendies monstrueux de la Californie. En octobre dernier, sa valorisation boursière atteignait 25 milliards $. Ce mois, elle est tombée à 4 et s’est placée sous la protection des faillites. C’est ballot pour la Banque Nationale Suisse qui vient de perdre ainsi 1,7 million $ supplémentaires dans la longue liste de ses déboire dans ses investissements fossiles aux USA.

BP a testé un nouveau système sismique pour découvrir du pétrole en eau profonde. Suite à son succès dans le Golfe du Mexique, cette technologie va être apportée en Angola et au Brésil.

Tesla Motor annonce le licenciement de3’000 employés (7%) afin de réduire les coûts. Les chinois arrivent sur le marché avec des véhicules aussi performants mais à un prix bien plus concurrentiel. Dans la foulée, Elon Musk annonce deux versions de ses camions entre 150 et 180’000$ et un rayon d’action de 900 km. La production n’a pas commencé. Cependant, dans le domaine des transports lourds, les camions à hydrogène semblent nettement plus performants et attractifs.

D’ici à 2022, VW va investir 800 millions $ pour construire une usine à voitures électriques au Tennessee. Plus de 1’000 emplois vont être créés.

Apple a fortement récompensé son PDG Tim Cook en lui offrant pour 2018 une compensation annuelle de 15,7 millions de dollars, + 22%.

 

Boeing a testé son premier drone taxi à décollage verticale et à propulsion électrique.
Airbus va présenter sa version durant le mois de février

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite va limiter ses exportations à 7,1 millions b/j pour février avec l’espoir de voir le baril remonter.

Dès 2021, Ryad planche sur la vente d’une petite part de son champion pétrolier Aramco. Au total, le gouvernement espère obtenir 10 milliards $ au lieu des 40 qui étaient sur la table l’année dernière.

L’offre avait été retirée car Aramco aurait dû publier ses réserves pétrolières et les investisseurs n’étaient pas hyper convaincus du business model. Selon l’agence DeGolyer et MacNaughton immatriculée à Dallas, Texas, les réserves d’Aramco atteignent 263,1 milliards de barils. Cette estimation a été accueillie avec scepticisme et un large sourire. Depuis 30 ans, ce chiffre n’a pratiquement pas bougé d’une virgule.

L’Arabie Saoudite n’abonde absolument pas dans la narrative du peak oil (pic pétrolier) et voit l’offre pétrolière augmenter au moins jusqu’en 2040. Le PDG de Saudi Aramco, Amin Nasser, assure que l’Arabie Saoudite pompera le dernier baril de pétrole mais cela ne devrait pas arriver dans les décennies et des décennies à venir.

Saudi Aramco et US Air Products and Chemicals vont construire la première station de production d’hydrogène dans le Royaume. La station sera prête cette année et alimentera des voitures Toyota.

Riyad a choisi le français EDF et Abu Dhabi Masdar pour construire une ferme d’éolienne de 400 MW pour 500 millions $ dans le nord du pays.

 

Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Rystad Energy a publié des chiffres stratosphériques sur l’avenir du pétrole de schiste US. A se demander quelle mouche a piqué le statisticien en chef ou s’il n’y a pas une formule qui est partie en vrille dans leur feuille Excel. A 58$ le baril, ils pensent que les USA pourraient extraire 24 millions b/j en 2025 soit plus que la Russie et l’Arabie Saoudite réunies.

Dans son Annuel Energy Outlook 2019, l’EIA est également d’humeur joviale pour le pétrole de schiste US. On sent que l’Agence de l’Information de l’Energie Américaine veut faire plaisir à son Président. On n’atteint pas les sommets de Rystad mais l’enthousiasme est intact. Jusqu’en 2040, les USA devraient produire 14 millions b/j.  Dès 2050, ils devraient redevenir importateur de pétrole. D’ici là, Baron Trump devrait reprendre les commandes du pays à son cher papa. Difficile de dire laquelle de ces deux prévisions se réalisera.

Sur le terrain, la tendance actuelle suggère que les forages les plus productifs ont déjà été épuisés et que les coûts de production grimpent avec les forages de seconde qualité. Après avoir augmenté de 1,6 millions b/j en 2018, la hausse prévue pour 2019 se limiterait à 950’000 b/j.

Argentine

Les gisements de gaz de schiste de la Vaca Muerta pourraient attirer jusqu’à 165 milliards $ d’investissements de la part de Chevron, Total et ExxonMobil. Il reste à déterminer si ces investissements seront rentables.

Mexique

Un pipeline a été percé par des voleurs de carburant et a explosé dans la ville de Tlahuelilpan. Le bilan de l’explosion a grimpé plus de 100 morts et 40 blessés. Deux jours plus tard, dans l’Etat de Querétaro, un autre pipeline a subit le même sort. Là, l’explosion n’a fait aucune victime.

Cette tragédie s’est déroulée après que le président Andrés Manuel López Obrador ait demandé à l’armée de prendre le contrôle de 58 installations pétrolières majeures dans le pays. L’objectif est de réduire la corruption et les vols de pétrole dans l’entreprise nationale Pemex.

Certains groupes ponctionnent la production de diesel et de carburants pour financer leurs activités. Les vols se monteraient à 3 milliards $ par an. Le carburant ainsi volé s’achète à la moitié du prix de marché. Les vols sur des pipelines sont produits 42 fois par jour, en moyenne, durant 2018.

Le gouvernement a coupé la distribution via certains pipelines. Le transport pourrait se faire grâce à l’achat de 500 nouveaux camions citernes. Cependant, le pétrole continue de s’accumuler dans les terminaux des différents ports. Plus d’une douzaine de tankers attendent d’être déchargés.

Les raffineries de Pemex ont une capacité de 1,63 millions b/j mais tournent à mi-capacité. Le pays importe plus de 600’000 b/j de carburants distillés aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Angleterre

Le Brexit est toujours en cours et les automobilistes roulent toujours du mauvais côté de la route.

Concernant les trains, Alstom France va produire des trains à hydrogène pour le marché anglais. Les trains Breeze entreront en service en 2022.

Suite à la demande du producteur de schiste Cuadrilla, de ramollir les normes environnementales pour l’extraction de schiste, le gouvernement est resté droit dans ses bottes et a refusé la requête.

Malgré plus de 2 milliards d’investissements déjà effectués, Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires. L’année dernière, Toshiba avait également abandonné l’idée. Au total, 6 projets ont été abandonnés ce qui ouvre une voie royale à la Chine, qui montre un intérêt certain à vendre ses centrales nucléaires « Made in China ». Cette perspective génère étrangement un frisson dans le dos.

Le démantèlement des plateformes pétrolières va coûter 31,4 milliards $ aux contribuables durant les 45 prochaines années selon la National Audit Office.

 

Allemagne

Après être sorti du nucléaire, l’Allemagne s’attaque au charbon et à la lignite. Le plan propose une sortie du charbon d’ici à 2038 avec un budget de 40 milliards €. Plus de 20’000 personnes travaillent actuellement dans cette filière. Vingt ans, est-ce trop court ou trop long ? La question divise les deux parties.

Le groupe VW va investir 30 milliards € dans les voitures électriques durant les 5 prochaines années. L’entreprise est en train de développer un châssis appelé MEB qui va lui permettre de limiter les coûts de production pour les 50 prochains modèles prévus d’ici à 2025.

 

Russie

A cause de l’hiver… la Russie ne peut pas diminuer sa production pétrolière selon le Ministre de l’Energie Alexander Novak. Le Ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite, al Falih espère que Moscou réduise sa production (-288’000 b/j) afin de respecter la décision de l’OPEP+. La base de calcul  se base sur les chiffres d’octobre 2018 à 11,41 millions b/j.

De son côté, l’IEA annonce que la Russie a augmenté sa production à 11,5 millions b/j en décembre. Durant les 3 premières semaines de janvier, elle se situe à 11,39.

 

France

La fusion entre le français Alstom et Siemens rails pourrait être interdite par la Commission Européenne sur la concurrence. Les ministres de l’économie français Bruno Le Maire et l’allemand Peter Altmaier aimeraient voir l’émergence d’un géant européen du rail pour contrer le chinois CRRC. La fusion de ces deux géants permettrait de diminuer le nombre d’employés et les coûts. Reste à déterminer de quel côté de la frontière les pertes d’emplois seront les plus douloureuses.

Il est préférable que cette question ne doit pas être abordée tant que les gilets jaunes rodent dans les rues.

 

Suisse

Grâce à une essence très bon marché et un pouvoir d’achat élevé, le parc automobile suisse est le plus polluant d’Europe. Les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2018 (+0,2%).

Du côté des constructeurs, les amendes pour les dépassements de CO2 se sont élevées en 2016 : à Frs zéro pour le groupe VW, BMW. Peugeot, Citroën et Frs 195’480 (€170’00) pour Mercedes soit fr 7.50—par voiture ! (€6.50). Il n’y a aucun doute, ces amendes sont dissuasives!

En 2018, le nombre de vente de voitures a reculé de 4,6% à 299’716. Les moteurs diesel ont chuté de 20,4%. L’hybride essence (+25,5%) et hybrides diesel (+209,6%), les véhicules électriques ont progressé de 7%. Par constructeur, le marché se décompose de la manière suivante: Volkswagen, une part de marché de 11%, Mercedes (8,6%), BMW (8,1%), Skoda (6,4%) et Audi (6,1%).

Un deuxième barrage de l’entreprise minière Vale s’est effondré au Brésil. Plus de 65 personnes sont mortes et 300 sont portées disparues. Le géant brésilien s’est établi à Saint-Prex, Suisse pour éviter de payer des impôts. Bien que l’entreprise ne compte qu’une poignée d’employés suisses, elle bénéficie d’un forfait fiscal qui défie toute concurrence.

Depuis 2016, un employé de la centrale nucléaire de Leibstadt a inventé des données dans les protocoles d’inspection sans avoir procédé aux tests. L’inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) note que ce n’est pas un cas isolé et il s’inscrit dans une série d’incidents dus à des erreurs humaines. La population et la sécurité de la centrale n’ont pas été mises en danger.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Suite aux sanctions, version allégée de l’administration Trump, Téhéran exporte 1 million b/j alors que ce chiffre était de 2,7 en mai dernier. Les passe-droits accordés à la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud arrivent à échéance à la fin mai 2019.

La situation du Venezuela pourrait aider l’Iran. Une coupure de livraison de l’Iran et de Caracas pourrait faire grimper les prix sur les marchés.

L’Iran va tenter de maintenir sa production pétrolière malgré l’âge avancé de ses forages. Plus de 30 projets vont être lancés pour un montant de 6 milliard $ et une augmentation de capacité de 281’000 b/j, en théorie…

 

Syrie

Le russe Gazprom va commencer à exploiter le pétrole et le gaz syrien. Avant la guerre, la Syrie extrayait 387’000 b/j dont 140’000 pour l’exportation.

L’instabilité dans la région nécessite une protection militaire pour les employés. Gazprom est en passe de devenir la première major à être militarisée.

Une pénurie de gaz pour générer de l’électricité, aider à la cuisson et le chauffage, touche la capitale Damas. A cause des sanctions américaines, le gaz iranien n’arrive plus dans le pays.

 

Irak

Au plus grand bonheur de Bagdad, la production pétrolière atteint 4,15 millions b/j avec des rentrées financières bienvenues.

La création d’une entreprise pétrolière nationale, INOC (Iraqi National Oil Company), s’avère plus difficile que prévu. La Cour Suprême demande de réviser les modalités notamment avec la partie Kurde du pays.

Le budget 2019 augmente fortement les dépenses du gouvernement et notamment les revenus garantis pour les Kurdes.

 

Depuis 2006, la production pétrolière de l’OPEP reste stable

Asie

Inde

Le pays importe de plus en plus de charbon pour ses besoins énergétiques. D’avril à décembre 2018, les quantités ont augmenté de 17% sur la même période en 2017.

La demande pétrolière indienne va augmenter de 245’000 b/j en 2019. Elle avait déjà augmenté de 250’000 barils en 2018. La consommation atteint 4 millions b/j.

La Northern India Public Service estime que la sortie de la production électrique à base de charbon va lui faire économiser 4 milliards $ sur 30 ans. La transition devra débuter par l’augmentation des tarifs (11$ par mois) pour ses 470’000 clients, afin de payer les investissements et de fermer les centrales à charbon. Les tarifs devraient diminuer dès 2023.

 

Australie

Pour la xème année consécutive, une vague de chaleur recouvre le pays. L’Australie ploie sous les incendies de forêts et l’augmentation d’hospitalisations. Visiblement, ce n’est pas encore suffisant pour que le gouvernement se penche sur le réchauffement climatique.

Pour l’instant, le charbon et le gaz conservent leurs privilèges.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Depuis décembre, les incidents, entre les milices, plombent la production pétrolière. Elle est descendue à 928’000 b/j soit 200’000 b/j de moins.

L’Italie tacle la France. Matteo Salvini accuse Macron d’être responsable du chaos libyen, alors que des affrontements ont ensanglanté la capitale Tripoli.

Évidemment il y a quelqu’un derrière les combats actuels. Cela n’arrive pas par hasard. Ma crainte, c’est que quelqu’un, pour des motifs économiques nationaux, mette en péril la stabilité de toute l’Afrique du Nord et par conséquent de l’Europe. Je pense à quelqu’un qui est allé faire la guerre alors qu’il ne devait pas la faire. À quelqu’un qui fixe des dates pour les élections sans prévenir les alliés, l’ONU et les Libyens” dixit Salvini.

 

Nigeria

Le français Total va développer un nouveau gisement en haute mer selon Patrick Pouyanné son PDG. L’avantage des forages en mer est d’éviter de devoir payer les milices locales qui demandent une rétribution sur le pétrole. Annuellement, les vols de pétrole et les petites enveloppes sont estimées à 3 milliards $.

La raffinerie de Dangote va pouvoir traiter plus de 650’000 b/j et couvrir la totalité des besoins en carburants au pays. La bête aura coûté plus de 12 milliards $ au milliardaire Aliko Dangote. Le brave homme a construit sa richesse avec le ciment. La raffinerie devrait entrer en fonction dès 2022.

Actuellement, le plus grand producteur africain doit exporter son pétrole pour le raffiner et le réimporter.

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

«La transformation du secteur de l’énergie, et des autres industries, n’a pas lieu parce que des environnementalistes nous y forcent. Elle a lieu pour des raisons économiques. Si on néglige cette transition vers davantage de durabilité, on va en payer le prix.» Francesco Starace, PDG, ENEL energie, Italie

«L’industrie automobile planifient des investissements sans précédent dans les batteries et les voitures électriques durant les 10 prochaines années. Une grande part significative de ces 300 milliards $ d’investissements sont dirigés vers la Chine.» Paul Lienert, Christine Chan, Reuters.

«Le monde n’est jamais prêt à la naissance d’un clown». Omar Porras

Clean energy solutions are not moving fast enough to meet the UN targets for curbing the effects of global warming, and alternative energies are unlikely to meet those targets without policy support” Charles Holliday, hairman, Shell.

For US shale production to go down, you need oil prices at $40 per barrel and below. That is not healthy for the Russian economy. We should not take competitive action to destroy US shale production.” Kirill Dmitriev, head of the state-backed Russian Direct Investment Fund,

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:

– Venezuela: Maduro réélu, mais la production pétrolière chute
– Iran: Le bras de fer avec l’Administration Trump débute
– Brésil: Les grèves des camionneurs et des employés du pétrole paralysent le pays
– Japon: 44 nouvelles centrales à charbon pour produire l’électricité
– USA schiste: Verrons-nous le peak oil de schiste dès 2023?
– Chine: Solaire: le pays possède 60% des emplois dans le monde
– Russie: La première centrale nucléaire flottante est en route
– Angola: Réduction des taxes pour trouver de nouveaux gisements pétroliers.


Le baril de pétrole est brièvement passé sur les 80$. Un petit coup de mou, le laisse à 77.59$ (75.17$ fin avril) à Londres et à 67.09$ à New York (68.57$ fin avril).

L’uranium est en vie!  On l’a vu bouger. Il termine mai à 22.65$ (20.85$ fin avril).

 

Graphique du mois
Production pétrolière du Venezuela 2008-2018

Source: Bloomberg, OPEP; graphique Financial Times

Monde

Selon l’Agence Internationale de l’Energie Renouvelable (IRENA), le renouvelable compte 10 millions d’employés dans le monde.

L’effondrement de la production pétrolière du Venezuela et les sanctions américaines contre l’Iran pourraient être un parfait cocktail pour boire un baril à 100$. Cependant les avis divergent. Le PDG de Total penche pour 100$, alors que le PDG de BP pense que le pétrole de schiste américain va réduire le baril à 50$. L’IEA suppose que la demande va être détruite par les tarifs élevés. Morgan Stanley assure que les nouvelles régulations maritimes vont pousser le baril à 90$ et Westbeck Capital parie sur un baril à 100$ puis 150$ sur le modèle de 2008. Forcément, quelqu’un a raison, mais qui? La patience apportera la réponse.

Dès 2020, l’organisation mondiale du transport maritime va mettre en vigueur de nouvelles règles pour l’utilisation de pétrole lourd. L’industrie navale avale 5 millions barils/jour (b/j) de déchet de brut (résidu des raffineries). Le diesel pourrait compenser ce vide, mais il est bien plus cher que les 1 à 5 ct le litre des résidus.

Les 2’500 milliards $ de dettes des producteurs de pétrole et de gaz inquiètent les marchés financiers. Ce mois, l’américain Energy XXL a fait une faillite XXL à 4 milliards $. JPMorgan Chase, Well Fargo et Bank of America s’inquiètent de l’augmentation de l’augmentation des dettes pourries dans leurs comptes.

 

OPEP

Sous la pression de Donald Trump et de la Chine, l’OPEP pourrait remonter sa production de 1 million b/j. En réalité l’augmentation de la production de l’Arabie Saoudite et de la Russie (non membre de l’OPEP) compensera simplement la baisse du Venezuela, de l’Angola, de l’Equateur et du Nigeria.

Il aura suffi d’une suspicion d’augmentation des quotas de l’OPEP pour que le baril passe de 80 à 75$. In fine, cette décision pourrait être prise le 22 juin à Vienne lors de leur prochaine réunion.

Selon Citigroup, l’Arabie Saoudite aurait 2,12 millions b/j de capacité supplémentaire de production alors que la Russie 400’000 b/j. Pour l’instant, il y a encore de la marge pour atteindre le peak oil. Cependant, ces deux mots pourraient redevenir «très tendance» dans les moteurs de recherche.

 

Les Acteurs du Mois

USA

La production pétrolière a atteint le record de 10,543 millions b/j en avril. Même si les prix de l’essence grimpent à 2,90$ le gallon, la demande interne a également augmenté de 750’000 b/j, au plus haut depuis 2007.

Depuis l’élection de Donald Trump, le nombre d’employés dans le charbon a augmenté de 800 unités. De 80’000 employés en 2013, ils sont un peu plus de 55’000 aujourd’hui. La spirale baissière a été interrompue.

Le président Orange a coupé les budgets de la NASA pour évaluer la quantité de gaz à effet de serre. Cette coupe met en péril le calcul des émissions prévu dans l’accord de Paris.

Selon l’administration américaine, la diminution des taxes sur les entreprises a généré 1’000 milliards $ de dividendes supplémentaires pour les actionnaires. Pour le simple citoyen, la ristourne aura été de 900$ en moyenne, en grande partie mangée par l’augmentation des prix de l’essence.

Le constructeur de bus Motor Coach Industries (MCI) annonce que son bus J4500E “tout électrique” est capable de rouler à 113 km/h et sera commercialisé dès 2020.  La batterie de 450 kWh se recharge en 3 heures pour une autonomie de 8 à 10h.

L’Université de Stanford annonce des succès dans l’utilisation de batteries au manganès et eau pour les voitures électriques ou le stockage de l’électricité.  Ce type de batterie serait une alternative plus efficace et moins chère aux solutions actuelles.

En Californie, les nouvelles maisons et constructions devront avoir des panneaux solaires. La Californie exporte déjà une partie de son énergie solaire dans les autres Etats. Le temps est loin où l’Etat avait des coupures électriques sur son réseau.

Eric Schneiderman, l’avocat général de New York, a dû démissionner. Il est accusé de violences sur des femmes. Eric Schneiderman est connu pour avoir poursuivi Exxon Mobil sur le réchauffement climatique ainsi que les excès de Wall Street dans les high frequence trading.

Les dettes de subprimes dans le marché de l’automobile a atteint 300 milliards $. Cette bulle est notamment soutenue par la plus grande entreprise de private equitiy: Blackstone. Il semble que les leçons de la crise de 2008 soient oubliées.

Lors des mauvais résultats trimestriels, le CEO de Tesla Motors, Elon Musk, s’est copieusement gaussé des investisseurs et de Wall Street. Même Trump aurait déployé plus de tact. Ce moment de solitude pourrait soit révéler le succès futur de l’entreprise soit son effondrement.

 

Venezuela

Moscou et Pékin demandent au président Maduro de remplacer le Général Manuel Quevedo promu CEO de l’entreprise nationale de pétrole PDVSA. Depuis son arrivée, en novembre dernier, plus de 25’000 employés sur 140’000 sont partis. Au plus bas depuis 70 ans, la production pétrolière a déjà diminué de 450’000 b/j et elle pourrait encore chuter de 500’000 d’ici la fin de l’année.

Le président Maduro a été réélu, mais l’avalanche de créanciers qui réclament leurs avoirs, n’améliore pas la situation. De plus, les USA pourraient revenir à la charge avec des sanctions notamment en limitant les importations de pétrole et l’utilisation du dollar. Si Washington a toujours évité cette option, c’est que les raffineries américaines raffolent du brut lourd vénézuélien.

A en juger le nombre de tankers qui ont quitté le pays, PDVSA n’aurait extrait que 1,1 million b/j en avril.

 

Russie

La Russie a mis à l’eau sa première centrale nucléaire flottante. La barge, Akademik Lomonosov, a appareillé à Saint-Pétersbourg tractée par des remorqueurs. Les 2 réacteurs ont une puissance de 35 MW soit 20 fois moins qu’une centrale nucléaire standard. La barge sera amenée à Pevek, dans l’Arctique. Elle pourra produire de l’électricité pour les forages pétroliers ainsi que pour désaliniser l’eau de mer et alimenter en courant des plateformes pétrolières.

Vladimir Poutine se satisfait d’un baril à 60$ et pense qu’il est nécessaire de maintenir les prix en-dessous de 100$.

Le ministre du pétrole Novak confirme son accord avec l’Arabie Saoudite afin de remonter les niveaux de production, même s’il est prématuré d’avancer un chiffre précis.

Les USA pensent que la construction du gazoduc Nord Stream II, entre la Russie et l’Allemagne, pose un problème de sécurité nationale. Ca ne s’invente pas. Washington étudie des sanctions contre les entreprises impliquées dans sa construction. De l’autre côté, les USA tentent d’écouler leur gaz de schiste en Europe.

Suite à la construction d’un gazoduc entre les deux pays, la Russie va livrer du gaz à la Turquie avec un rabais de 10,25%. Ce gazoduc permettra à la Russie de contourner l’Ukraine pour ses livraisons au sud de l’Europe.

 

La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov

 

Iran

Trump a dénoncé l’accord sur le nucléaire. La partie entre les joueurs de poker américains et les joueurs d’échec iraniens va débuter.

Les nouvelles sanctions ont ravivé la partie la plus extrême du régime iranien qui désire revisiter la doctrine actuelle sur l’arme atomique.

L’Europe, qui achète 2,4 millions b/j à l’Iran, a déjà commencé à limiter ses importations de pétrole afin de respecter les volontés américaines. Téhéran compte sur l’Inde et la Chine pour prendre le relais.

Total a 60 jours pour négocier avec le gouvernement américain pour obtenir que le géant puisse continuer l’extraction gazière en Iran. En vertu de l’accord conclu en juillet 2017, d’un montant de 4,8 milliards $, Total détient 50,1% des parts du consortium pour le développement du champ gazier No 11 de Pars Sud. Le groupe chinois CNPC détient 30% des parts et l’Iranien Petropars 19,9%.

Malgré la rhétorique du gouvernement, il sera difficile pour l’Iran d’atteindre une production 4,2 million b/j. Cependant, la hausse des prix du baril compensera la baisse de la production.

La monnaie locale le Rial a perdu plus de 22% contre le dollar américain durant les 12 derniers mois.

Goldman Sachs pense que le pétrole de schiste américain ne pourra pas compenser la diminution probable de la production iranienne si les sanctions américaines devraient entrer en force.

 


L’excellent Chappatte

 

Europe

France

Total va fabriquer du biocarburant à base… d’huile de palme. Ce n’est pas une typo. Le pétrolier français percevra même des subventions de l’Etat français. Et ce n’est toujours pas une typo.

Le gouvernement annonce la création d’un fonds de 100 millions € afin d’activer la filière de l’hydrogène dans la mobilité.

La sortie du glyphosate d’ici 2021, supportée par le Président Macron, a de la peine à sortir du sol. Le ministre de l’agriculture Stéphane Travert tente de sulfater la proposition.

La France du Nucléaire est secouée par la chute des prix des énergies renouvelables et par l’ambition du gouvernement de diminuer à 50% la part d’électron atomique. Le bras de fer s’est engagé et le lobby du nucléaire déroule son plan de communication. Ce mois, c’est une déferlante activée par Areva et EDF qui s’est propagée dans les médias. L’importance du plan pub est à la hauteur des sommes en jeu.

 

Suisse

L’UBS pense que le prix du baril va continuer sur sa lancée et dépasser les 100$. Le manque d’investissements dans les nouveaux gisements va se faire cruellement sentir dès 2019. Parole d’une banque qui investit lourdement dans le pétrole et le schiste US.

La Banque Suisse pense que l’inflation mondiale devrait grimper de 3,1 à 4% notamment grâce à la hausse du baril de pétrole.

 

Allemagne

Audi prévoit d’écouler jusqu’à 800’000 voitures électriques d’ici à 2025. L’objectif de la marque est de vendre 30% de ses voitures en mode électrique ou hybride.

De son côté, Mercedes espère lancer 10 modèles électriques d’ici à 2022, de la petite au gros SUV. Le géant allemand prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 15 à 25% d’ici à 2025 avec ses véhicules électriques.

Mercedes Daimler est soupçonné d’avoir équipé certains de ses modèles diesel de logiciels «capables de fausser les niveaux d’émissions». Mais nooon! L’agence fédérale de l’automobile KBA a ordonné le rappel de près de 5000 Mercedes Vito pour inspection.

La ville de Hambourg a interdit les véhicules diesels les plus polluants, qui ne respectent pas la norme Euro6, sur deux tronçons de 1’600m et de 580m. D’autres secteurs vont être ajoutés. Stuttgart et Dusseldorf devraient en faire de même.

Donald Trump étudie l’imposition d’une taxe de 25% sur les voitures européennes vendues aux USA (2,5% actuellement). De son côté, l’Europe impose déjà une taxe de 10% sur les importations de voitures américaines. Pour se défendre, les constructeurs allemands ont souligné qu’ils emploient 115’000 employés sur le sol US (y compris les fournisseurs) et exportent vers l’Europe une partie de cette production américaine. Wait a minute! Ne serait-ce pas à l’Europe de taxer les constructeurs allemands qui exportent les emplois européens vers les USA?

 

Angleterre

Le distributeur de gaz Cadent va investir 1,2 milliard $ dans une station d’hydrogène afin de stocker l’énergie du solaire et de l’éolien.

Le gouvernement va faciliter l’exploitation du gaz de schiste sur le territoire afin de tenter de compenser la baisse de production de la Mer du Nord.

 

Chypre et Turquie

Les problèmes économiques de la Turquie sont en train de gâcher les nuits du président Erdogan au point de passer sa mauvaise humeur sur l’île de Chypre. Le petit Etat continue ses explorations de gaz et de pétrole dans ses eaux territoriales. Mais comme les gisements ne s’arrêtent pas à la frontière, la marine turque a menacé de couler un bateau de prospection affrété par l’Italien ENI.

Le nord de l’île, la République turque de Chypre du Nord, est gérée par des turques. Cet Etat non reconnu a justement été reconnu par la Turquie.

 

Dessin Chappatte

Asie

Chine

L’agence internationale de l’énergie renouvelable estime que le 60% des nouveaux emplois dans ce domaine sont réalisés sur les marchés asiatiques. Pour le solaire, la Chine compte 60% des emplois dans le monde (2,2 millions). Dans le domaine éolien, la Chine détient 44% des employés au niveau mondial. A vrai dire, Pékin a fait le nécessaire dans des domaines qui ont été abandonnés par les européens et les américains. L’heure des dividendes est arrivée pour la Chine.

La Chine devrait vendre 1 million de voitures électriques en 2018 (50% des voitures mondiales). Durant les 4 premiers mois de l’année, 225’310 véhicules électriques ont été écoulés. Est-ce que l’hégémonie des constructeurs européens arrive à son terme ?

Donald Trump a envoyé 7 émissaires pour débuter les négociations sur les échanges commerciaux entre les 2 pays. Les menaces ont débuté à 50 puis 200 milliards du côté US. Sans tamtam sur Twitter, les chinois ont fortement diminué leurs achats de soja (un marché de 12 milliards $). Le bras de fer est à suivre.

Depuis l’ouverture des exportations américaines de pétrole et de gaz en 2015, la Chine n’a cessé d’augmenter ses achats de gaz à Washington afin de réduire sa consommation de charbon. “Dans le but de réduire la balance commerciale avec les USA“, Pékin va augmenter ses importations de gaz US. L’excuse est bien trouvée.

La Chine a lancé sur les océans sont deuxième porte-avions militaire le «Type 001A». A contrario du Liaoning, qui était un bateau russe entière reconstruit par les chinois, le Type 001A a été réalisé par les chinois. Sans propulsion nucléaire et plus maniable que les monstres américains, il pourra transporter jusqu’à 38 avions. Il fait partie d’une stratégie chinoise de maîtrise des mers.

 

Inde

Le pays vient de terminer la construction d’un nouveau centre de stockage de pétrole à Mangaluru. La réserve stratégique du pays atteint 41 millions de barils.

L’Inde a fait face à une nouvelle vague de pollution assez percutante. Il ne serait pas étonnant que le pays décide de prendre en main ce problème récurrent.

 

Japon

Suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon se tourne vers le charbon. Le pays a ouvert 8 nouvelles centrales en 2 ans et 36 supplémentaires sont prévues dans les 10 prochaines années.

 

Vietnam

L’un des forages de Rosneft sur les côtes du Vietnam pose des soucis à l’entreprise russe. Il pourrait fâcher Pékin. Le gouvernement vietnamien confirme que le bloc est bien sous la juridiction et dans le périmètre du pays. Il demande à la Chine de respecter son droit souverain.

 

J’ai décidé de me retirer d’un accord avec la Corée du Nord que je n’ai pas fait. Fort. Décisif
Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Etats-Unis : Schiste

Le Wall Street Journal reporte que les pétroliers de schiste ont perdu 2 milliards $ depuis le début de l’année. En moyenne ils dépensent 1,13$ pour chaque dollar gagné.

Grâce aux taux d’intérêt proche de zéro, les pétroliers de schiste ont pu emprunter plus de 1’000 milliards $ entre 2006 et 2014 et perdre plusieurs centaines de milliards dont 7 ont été payés par la Banque Nationale Suisse. Avec l’augmentation des intérêts, certains pourraient avoir de la peine à rembourser leurs échéances.

Deux des trois plus gros exploitants des gisements d’Eagle Ford et du Bakken terminent l’exploitation de leurs meilleurs gisements de catégorie 1. Les résultats financiers du 2ème trimestre donneront une indication sur la rentabilité des catégories 2 et 3.

Le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste US, voit le ratio gaz/pétrole augmenter. Ce détail indique que les poches se vident de pétrole. Comble de malchance, les exploitants n’arrivent pas à commercialiser ce gaz, par manque de moyen de transports. Ils doivent ainsi le brûler sur place.

Quand un forage de schiste entre en fonction, le ratio eau/pétrole varie de 3:1 à 11:1. Le stockage et de traitement de cette eau mélangée aux produits chimiques devient une source de coûts importante pour les producteurs.

Le peak oil du schiste américain pourrait arriver d’ici à 2023. Cette bulle aura duré un peu plus de 10 ans.

 

Brésil

Le grand producteur pétrolier est en panne d’essence. Les routiers ont paralysé le trafic. Ils protestent contre l’augmentation de 21% des prix du diesel depuis juillet 2017 à cause de la remontée des cours et de la nouvelle politique de tarifs de pétrolier national Petrobras.

Comme le pays ne compte pas de réseau ferroviaire, les habitants et les marchandises sont entièrement dépendants des axes routiers. Du coup, les prix des denrées alimentaires ont flambé. Petrobras et le Président ont dû faire un geste. Le litre de diesel de 3,788 réais (88 ct €), baissera de 0,46 réais (-12%). Cependant, les grèves persistent.

Suite à la grève des routiers, le secteur pétrolier est également entré en grève. Les employés de PetroBras réclament une réduction des prix des carburants et du gaz de ville, la fin de la politique de vente d’actifs de Petrobras et la démission du président de cette compagnie pétrolière publique, Pedro Parente.

 

Dessin Chappate

 

Moyen Orient

Irak

Le gouvernement a signé un contrat de 25 ans avec la China ZhenHua Oil pour le développement d’un champ à proximité de Badgad.

Le Russe Rosneft a trouvé un nouveau champ pétrolier dans le sud du pays. Jusqu’à présent, Rosneft était surtout présent dans le nord et la partie Kurde de pays.

 

Arabie Saoudite

L’IPO sur la major pétrolière nationale, Saudi Aramco n’aura pas lieu cette année. Le gouvernement tente de vendre 5% des actions de son joyau, mais les investisseurs ne semblent pas se bousculer.

L’Arabie Saoudite a proposé à la Russie et aux membres de l’OPEP de remonter les quotas afin de compenser la perte de production du Venezuela et du Nigeria.

Plusieurs séries de missiles, tirés depuis le Yémen, ont été interceptés par Riyad. L’ambiance est toujours aussi chaude entre les différentes parties. Pour autant, aucune raffinerie et champ pétrolier n’ont encore été touchés.

Boston Dynamics, vendue par Google à l’Arabie Saoudite via la banque japonaise SoftBank, vient de sortir un nouveau robot assez effrayant.

 

«Les robots peuvent faire peur» Marc Raibert, fondateur de Boston Dynamics, propriété de l’Arabie Saoudite

 

Afrique

Libye

Une unité de la Libyan National Oil Corporation a dû fortement réduire sa production (-120’000 b/j). Les fortes chaleurs ont arrêté les turbines.

Plusieurs milices ont débuté des discussions pour redonner une certaine stabilité au pays. Depuis la chute de Kadhafi, la production pétrolière n’a jamais réussi à remonter à son niveau initial.

 

Nigeria

Le pays semble jouer continuellement la même partition. Les producteurs extraient du pétrole et les milices locales sabotent les pipelines ou détournent du pétrole alors que les pétrodollars finissent dans de petites enveloppes destinées aux membres du gouvernement.

Bref, la production nationale peine à dépasser les 2 millions b/j.

Pour apporter un peu de bonne humeur, 60 tankers pétroliers sont bloqués au terminal de Forcados. Ils n’ont pas trouvé preneur et alors que les coûts d’expéditions augmentent et que la Chine et l’Inde ont diminué leurs importations de pétrole nigérien.

 

Angola

Le président Joao Lourenco a réduit de moitié les taxes sur l’exploration pétrolière dans le pays. L’objectif, de ce membre de l’OPEP, est d’accélérer les investissements car les gisements en activité sont sur le point de rendre l’âme. Il ne resterait que 300 millions de barils dans le sol du pays.

 

Soudan

A cause d’une pénurie importante, le litre de diesel ne coûte plus de 5,6$ au marché noir. Inutile de préciser qu’à ce prix, une grande partie de la population doit se déplacer à pieds ce qui cause d’importants problèmes de transport.

 

Phrases du mois

«La Chine attend les demandes que les Etats-Unis vont mettre sur la table. Mais s’ils sortent un revolver et le pointe sur nous, ils peuvent terminer leur thé et partir.» Lü Xiang, Accadémie Chinoise des Sciences Sociale.

There is a lack of machines, there is a lack of tools, there is a lack of everything.” Patrick Pouyanne sur l’exploitation pétrolière au Venezuela

«Nous devons prendre très au sérieux la possibilité d’un pic des prix du pétrole, ne serait-ce que parce que ces pics ont précédé cinq des six dernières récessions.» UBS

How did we go from a president who could not tell a lie to politicians who cannot tell the truth?” Former New York City Mayor Michael Bloomberg

History suggests that financial abuses tend to multiply at the end of an economic boom. We are in the eighth year of an upcycle, yet President Donald Trump’s administration is loosening the rules on banks.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Le Pétrole: entre joueurs de poker et d’échec

Depuis le début de l’année, le baril de pétrole a gagné plus de 10$ et les probabilités de le voir continuer sur cette tendance augmentent. Le manque d’investissements dans l’exploration de nouveaux gisements, la chute du Venezuela, les problèmes de la Libye et le choix de Trump sur l’accord iranien pourraient à nouveau voir le baril émerger au-dessus de 100$.

Une partie mondiale entre joueurs de poker et joueurs d’échec est engagée.


Du côté des exportateurs, le premier regard se tourne vers le Moyen-Orient notamment vers l’Arabie Saoudite et l’Iran.

 

Iran et Arabie Saoudite

Si les coûts d’extractions pétroliers des deux pays rayonnent dans une fourchette de 4 à 10$/baril, leurs dépenses sont diamétralement opposées.

L’embargo a maintenu les prétentions financières de Téhéran dans des proportions minimales tout en gérant une solide présence militaire en Syrie et au Yémen. Depuis la levée des sanctions, le pays a augmenté sa production de 1 million b/j. et ses exportations se sont presque exclusivement tournées vers l’Asie (Chine, Inde, Corée du Sud). Les entrées de pétrodollars ont apporté une bouffée d’air frais à l’Economie du pays.

En l’état actuel, l’Iran peut se contenter d’un baril à 40-50$. Le reste n’est que bénéfice.

 

La grandiloquence du business modèle de l’Arabie Saoudite caractérise son budget. Les glorieuses années, qui voyaient un baril à plus de 100$, ont fondamentalement modifié les habitudes. Le faste et le brillant ont un prix.

Pour garder son peuple sous tutelle et éviter toute révolution, la famille royale distribue annuellement des dizaines de milliards $ à ses 22 millions de citoyens nationaux. Cet obole pèse lourdement dans les caisses du royaume.

De plus, l’Arabie Saoudite entretient la plus dispendieuse et certainement la plus inefficace armée du monde. Pour 2018, 60 milliards $ sont prévus soit 10% du PIB. Pour comparaison, le budget militaire russe se monte à 46 milliards $ (2,8% PIB) et 14 milliards $ pour l’Iran. (2,1% PIB).

Pour la santé de son bilan comptable et pour tenir tête à l’Iran, Riyad espère un baril à 80$.

Afin de combler son budget, le prince héritier Mohammed bin Salman désire mettre en vente 5% des actions de l’entreprise nationale pétrolière: Saudi Aramco. Il espère lever entre 100 et 200 milliards $. L’IPO pourrait enfin titiller l’intérêt des investisseurs étrangers à condition que le baril passe sur la barre des 80$.

On comprend ainsi mieux la volonté de Riyad de maintenir les quotas minimaux actuels de l’OPEP. La vis devrait se desserrer à l’approche des 100$ le baril afin de ne pas mettre en péril la demande et l’Economie mondiale.

 

Production pétrolière du Venezuela


Sources: Bloomberg, OPEP, Financial Times

La Russie

En deux ans grâce aux quotas de l’OPEP, Moscou est devenu un allié improbable de Riyad. Réélu, Vladimir Poutine compte sur une hausse du baril pour couvrir les dépenses de son nouveau programme et ses ambitions internationales. Le pétrole et le gaz sont les carburants essentiels au budget russe puisque qu’ils pèsent un peu plus de 50% dans les recettes du budget fédéral.

Si au Moyen-Orient, Donald Trump a parié sur Israël et l’Arabie Saoudite, la nature ayant horreur du vide, la porte a été laissée grande ouverte à la Russie et à la Chine pour y jouer un rôle clé auprès des autres nations.

Ainsi, l’influence russe augmente à chaque poussée de fièvre du pétrole notamment en Syrie, au Qatar, en Irak ou en Iran.

L’Iran et la Russie ont même débuté un troc: pétrole contre nourriture et produits russes des plus prometteurs.

 

La Chine

Pékin a des raisons de se réjouir du pari américain de réinstaurer les sanctions contre l’Iran. Le premier importateur de pétrole au monde a ouvert sa propre bourse pétrolière à Shanghai nominée en Yuan.

Au lieu d’utiliser le dollar américain, sensible aux remontrances de Washington, l’Iran pourra ainsi faire confiance au Yuan chinois. On ne doute pas une seconde que la Chine pourra bénéficier de «tarifs avantageux et préférentiels» en signe de remerciements.

Cependant Pékin peut craindre une escalade des tensions entre l’Iran et les USA/Israël/Arabie Saoudite. Le détroit d’Hormuz peut être bloqué par les iraniens et, paralyser le quart de la production mondiale.

La Chine aura intérêt à modérer les ardeurs des différentes parties. L’arrivée d’un deuxième porte-avions dans l’armée chinoise tombe à point nommé.

 

Routes Maritimes pétrolières Sources: EIA

 

Les USA

Washington a également besoin d’un baril supérieur à 80$ pour que les producteurs de schiste deviennent rentables et puissent maintenir la production actuelle.

La décision iranienne de Donald Trump pourrait participer à cette perspective même si les automobilistes américains sont directement impactés. On peut douter que Joe America prédispose de plus de place que les pétroliers dans le cœur de Trump.

Il faut espérer que l’inflation induite par le pétrole ne fasse pas exploser les nouvelles bulles des subprimes des crédits d’achats de voitures ou des crédits aux étudiants. Le taux du rendement du 10 ans américain vient tout juste de passer au-dessus des 3%.

Finalement, en activant le spectre de l’Iran, c’est tout le secteur de l’armement qui est galvanisé. Des emplois américains pourraient être maintenus notamment par la vente d’équipements à Israël et à l’Arabie Saoudite.

 

Venezuela

L’outil de production pétrolier et l’Economie nationale semblent dans un tel état de déliquescence, que l’on peine à imaginer que même un baril à 100$ évitera l’écroulement.

Avec la pénurie mondiale annoncée, la chute du Venezuela risque de propulser rapidement les prix à la hausse.

 

Si un joueur de poker peut rapidement amasser une fortune, la vision à long terme d’un joueur d’échec peut faire merveille dans la configuration actuelle.

Quoi qu’il en soit, par leur incapacité à découpler leur Economie de l’or noir, les pays “sans pétrole” sont relégués au rôle de simples spectateurs qui paient leurs billets…  au prix qu’on leur impose.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Avril 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Pétrole: Rester sous les 100$ pour ne pas détruire l’Economie mondiale
– Arabie Saoudite: 33.8 milliards $ de bénéfices en 6 mois pour Saudi Aramco
– Chine: 9’500 nouveaux bus électriques mis en service tous les mois
– Irak: Le pays a doublé ses réserves pétrolières et devient No1 mondial
– France: EDF a perdu 1 million de clients en une année
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ dans l’énergie solaire
– Venezuela: 25’000 employés ont quitté la compagnie pétrolière nationale
– Libye: De fortes craintes sur la production pétrolière de 1 million de barils/jour.


 

Les T-shirts “Le baril à 80$, j’y étais” sont en train d’être imprimés au cas où le pétrole garde sa forme olympique. A Londres, il grimpe à 75.17$ (70.27$ fin mars) et à 68.57$ à New York (64.94$ fin mars).

L’uranium n’est plus que l’ombre de lui-même. Plus personne ne le regarde ou lui envoie une carte pour son anniversaire. En pleine dépression, il dort à 20.85$ (21.10$ fin mars).

 

Graphique du mois
Facteurs déclencheurs de la crise de 2008 vs situation actuelle

 

OPEP: Pétrole

L’Arabie Saoudite collabore avec la Russie (qui n’est pas membre du cartel) pour tenter de maîtriser les prix du baril sur une période de 10 ans. L’objectif est de le maintenir dans une fourchette de 80 à 100$. Juste assez pour remplir les caisses des pays producteurs et pas assez pour détruire l’Economie.

Dès 2020, un peak de production pourrait défier cet objectif. Ce rapprochement serait une première pour Moscou qui a toujours voulu garder son indépendance.

Avec 50 millions barils/jour (b/j), le poids de l’alliance pèserait 50% de la production mondiale ce qui pourrait crisper les importateurs comme les USA, la Chine et l’Europe. Donald Trump s’est d’ailleurs fendu d’un tweet sur le sujet.

Depuis janvier 2017, le surplus des réserves pétrolières mondiales est passé de 332 à 12 millions de barils!

 

 

Gaz

L’International Maritime Organisation tente de réduire de 50% d’ici à 2050 l’utilisation de pétrole lourd pour les transports maritimes. Initialement prévu à 70% l’Arabie Saoudite, les USA et l’Argentine ont fait pression pour diminuer les ambitions de l’organisation.

Le gaz naturel a été perçu pour remplacer le pétrole brut lourd (déchets de raffinage) utilisé traditionnellement par les bateaux/tankers. Fausse bonne idée, même le pétrole lourd, voir le charbon, est moins dangereux pour le climat que l’utilisation du gaz naturel. Causes: les émanations de méthane lors de l’extraction du gaz et lors de son utilisation. Lire l’étude de la commission européenne.

 

Dessin Chappatte

 

Les Acteurs Clés

Russie

Moscou exerce un lobby tout aussi féroce que les USA et Bruxelles sur le gouvernement Danois afin d’obtenir (ou pas) l’autorisation de construire du gazoduc Nord Stream 2 qui reliera l’Allemagne et la Russie. Le projet de 11,7 milliards $ crispe. De leur côté, les américains militent pour la livraison de gaz de schiste en Europe afin de diminuer la part de marché du gaz russe en Europe.

L’IEA pense que la Russie va atteindre son peak oil dans les 3 années à venir. En 2017, Moscou a extrait 11,2 millions b/j, au plus haut depuis 29 ans. En 2021, elle devrait atteindre son pic à 11,7 millions.

Toujours selon l’Agence Internationale de l’Energie, en 2035, la Russie produira 6 millions b/j de quoi satisfaire sa consommation interne sans pouvoir exporter. En même temps, cela fait 10 ans que l’on annonce que la Russie va peaker et les gisements de schiste n’ont pas encore été exploités.

 

USA

L’administration Trump s’est fortement investie dans la promotion de nouveaux champs pétroliers offshores (en mer). Malgré les appels aux majors pétrolières, seul 1% des lots mis aux enchères ont trouvé preneur. Les coûts d’investissements et le risque de marée noire refroidissent les potentiels acquéreurs.

En moyenne en 2018, les foyers américains vont dépenser 400$ de plus pour acheter leur essence. En contraste, la classe moyenne bénéficie d’une ristourne de 930$ de déductions fiscales votées en fin d’année 2017. Le prix moyen de l’essence est de 3$ le gallon (3,7 lt) contre 1,75 en février 2016.

Citi et Wells Fargo ont trouvé un nouveau moyen de refaire du «subprime» via des prêts à des sociétés «non-financières». Ce concept avait créé la crise de 2008. Imaginer que les «grosses banques» s’y remettent, ça fait froid dans le dos. Remettre une couche dans le «subprime», c’est un peu comme retourner dans le réacteur de la centrale de Fukushima en maillot de bain pour voir «si tout se passe bien.»

L’organisation environnementale EDF, Environmental Defense Fund va lancer un satellite capable de mesurer les émissions et les fuites de méthane reliées aux forages gaziers et pétroliers.

L’administration Trump a décidé d’assouplir les normes de pollution pour les voitures particulières. Les consommateurs américains ont recommencé à racheter des véhicules plus gros et plus polluants. Les SUV et les «pickup» représentent désormais plus de 60% du marché.

Momentum Dynamics a développé un système de recharge sans fil pour bus BYD K9S. La recharge, par induction, s’effectue en 5 minutes et peut également recharger les voitures électriques. Ce système remplace les bornes de recharge avec prises. Sympa.

L’énergie éolienne a représenté 6,3% de la production américaine. Pour les Etats de l’Iowa, le Kansas, l’Oklahoma et le Dakota du Sud, l’éolien a représenté le 30% de leur consommation.

Le raffineur Marathon Petroleum rachète son rival Andeavor pour la modique somme de 36 milliards $. La nouvelle entité pourra raffiner 3 millions b/j, soit le 15% des capacités du pays et devient le No1 aux USA.

 

Recharge par induction: Momentum Dynamics

 

Arabie Saoudite

Le Prince héritier bin Salman est de retour au pays après 3 semaines passées aux USA, en France et en Angleterre pour assurer le service après-vente de son projet de réformes. La “Vision 2030” du pays exige 500 milliards $ d’investissements et le Royaume recherche des investisseurs étrangers. Une certaine dose d’audace est nécessaire pour investir dans un pays qui se dirige vers le peak oil, qui manque cruellement d’eau et qui devient invivable à cause du réchauffement climatique.

L’IPO de Saudi Aramco pourrait se faire dès septembre 2018 selon Armin Nasser son CEO. A la question, quels dividendes seront versés aux investisseurs? Le Ministre de l’Energie al-Falih s’est fendu d’un laconique: «on verra ça en temps voulu». L’IPO pourrait se faire à New York ou Londres même si aux USA des menaces de poursuites face aux attaques du 11 septembre 2001 sont sur la table.

Bloomberg pense que Saudi aurait gagné 33.8 milliards $ durant les 6 premiers mois de 2017. Si cette information est vraie, la major serait la plus profitable au monde et engrangerait plus de profit que Exxon, Shell, Chevron, Total et BP réunis.

Toujours selon Bloomberg, les coûts d’extraction du pétrole de Saudi Aramco avoisinent les 4$ le baril. Shell et Exxon tournent à 20$ le baril. Le schiste américain à plus de 60$.

L’Arabie Saoudite a lancé une campagne de communication qui a pour but de rassurer les importateurs de pétrole. Le Royaume annonce pouvoir maitriser les prix du baril entre 80 et 100$. Au-delà, l’Economie mondiale pourrait entrer en récession et/ou reproduire le schéma de 2008.

Le fond souverain du pays et la banque japonaise SoftBank ont annoncé le lancement du plus grand projet solaire au monde. Cette année, SoftBank Vision Fund sortira de sa poche 1 milliard $ sur les 200 milliards $ prévus d’ici à 2030 pour produire 200 Gigawatts soit bien plus que la consommation du pays.

Afin de construire, la nouvelle ville Neom voulue par le Prince héritier, l’Arabie Saoudite a acheté les terres du Sinaï à l’Egypte pour 10 milliards $. En manque de cash, le Président Abdel Fattah el-Sisi a également lâché deux îles de la Mer Rouge: Tiran et Sanafir.

 

Chine

La Chine a instauré une bourse pétrolière basée sur le Yuan. L’indice de Shanghai pourrait apporter un avantage financier à la Chine dont l’importation dans sa monnaie. Le Yuan pourrait obtenir une reconnaissance internationale par rapport à la monnaie de Trump d’autant que le pétrole brasse 14’000 milliards $ par année.

Au premier trimestre la croissance chinoise fut de 6,8% (objectif the 6,5%) alors que le gouvernement a pris des mesures pour combattre la bulle immobilière.

Avec 385’000 bus électriques, le parc chinois détient le 99% du parc mondial. Chaque mois 9’500 bus de plus sont mis en service notamment par le constructeur BYD.  Les 275’000 barils/jour de pétrole économisé commencent à heurter l’industrie pétrolière.

La Chine pourrait ajouter 700 forages de gaz de schiste d’ici à 2020 sur 3 gisements opérés par PetroChina et Sinopec. Pékin a l’objectif d’extraire 30 milliards m3 d’ici à 2020 pour remplacer le charbon. Le charbon est plus polluant pour l’air alors que le gaz est plus dangereux pour le réchauffement climatique. Quand il faut choisir entre deux poisons.

L’énergie éolienne a atteint 163,7 GW soit le 10% de la production nationale. Certaines régions comme dans la province du Shaanxi est capable de fournir bien plus d’éolien mais l’infrastructure électrique n’arrive pas à suivre.

 

Dessin: l’Excellent Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

Le 12 mai, Donald Trump pourrait revisiter les sanctions contre l’Iran. Alors que les prix du baril augmentent, cette décision pourrait pousser le baril encore plus haut. Donal Trump n’est pas sans savoir que les automobilistes cherchent toujours un coupable pour justifier une hausse de l’essence. Comme les élections de mi-mandat arrivent à l’automne, le maître du Monde a certainement ce paramètre en tête. Pour s’émanciper de la hausse, il a envoyé un tweet accusant l’OPEP.

Si le baril devait remonter sur les 100$, les risques de récession pourraient mettre à mal les ambitions économiques de Trump.

La Russie et l’Iran ont démarré un programme de troc: “pétrole/marchandises” afin d’éviter les transactions en dollar américain. Moscou recevra 100’000 barils/jour en échange de marchandises et des produits agricoles russes.

 

Irak

Selon le ministre du pétrole al-Luaibi, les réserves du pays sont plus élevées que les estimations de 153 milliards de barils. En fait, le brave homme a doublé et passé les réserves à 310 milliards de barils. Avec cette règle de trois, l’Irak prend le leadership mondial devant le Venezuela à 300 milliards et l’Arabie avec 260 milliards de barils. Tous ces chiffres sont à prendre avec des pincettes et un certain scepticisme.

L’objectif du pays est d’augmenter sa production pétrolière de 5 à 6,5 millions b/j d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, le pays va devoir pomper d’importantes quantités d’eau de la mer et la dessaler afin de l’injecter dans les forages. Une usine est en train d’être construite. Sa mise en service est prévue en 2022.

Europe

La part de marché des ventes de voitures diesel est descendue à 39% en février (46% en 2017).

France

Comme Shell, le pétrolier Total continue sa transition de pétrolier à électricien. Le géant a acheté 75% de Direct Energie pour 1,4 milliards €. Direct Energie livre de l’électricité aux particuliers. Sur ce marché, Total se retrouve en 3ème position après Engie et EDF dans la livraison de gaz et d’électricité avec 3,1 millions de clients.

En 2016, Total avait déjà acheté le Belge Lampiris avec 6 millions de clients en France et 1 million en Belgique.

De son côté Engie compte 4 millions de clients et EDF 25.6. En 2017, EDF a perdu plus de 1 million de clients.

Engie et EDF importent de plus en plus de gaz de schiste américain. Ce comportement amène la question : est-ce que les citoyens veulent vraiment du gaz aussi sale ?

Le PDG de Direct Energie (donc Total) Xavier Caïtucoli, a annoncé: “le compteur électrique Linky, ce n’est pas Facebook!” On ne voudrait pas mettre sa parole en doute, mais côté transparence, ça reste opaque. Avec la nouvelle loi DGPR sur la protection des données, l’entreprise devra demander l’autorisation à ses usagers pour les traquer et de passer à une prise de données toutes les 30 minutes.

Plus de sept millions de ces compteurs numériques ont déjà été installés en France, mais ils sont contestés dans environ 300 villes et communes.

Emmanuel Macron et Donald Trump ont planté un chêne dans le jardin de la Maison-Blanche pour afficher l’amitié entre les deux rois du marketing. Cinq jours plus tard, le chêne a déjà été retiré de la pelouse de la Maison Blanche.

 

.

Hollande

Sous la pression de l’association Friends of the Earth, Shell a publié sa “Transition Energétique” et explique comment elle va réduire ses émissions de carbone. Shell désire s’insérer dans l’électricité générée de manière renouvelable.

Le rapport arrive alors que Friends of the Earth avait menacé légalement la major pétrolière avant son assemblée générale.

 

Allemagne

Berlin demande à ses constructeurs automobiles d’effectuer une rapide transition vers la voiture électrique et les batteries afin de sauvegarder les emplois dans le pays. L’Allemagne a produit 16,5 millions de voitures en 2017 avec 825’000 travailleurs. Les constructeurs devraient mettre 50 milliards $ sur la table pour développer leurs voitures électriques.

Herbert Diess a remplacé Matthias Müller au poste de président de Volkswagen. Matthias Müller a eu droit à une augmentation de 40% de son salaire à 10 millions €. Le mois dernier, il avait prédit un grand retour du Diesel. Quant à Herbert Diess, il s’est régulièrement heurté aux syndicats. On peut imaginer que l’ambiance au sein de la multinationale va être intéressante.

 

Norvège

Les norvégiens de InterWell ont réussi à trouver un moyen pour condamner définitivement un puits pétrolier ou gazier. L’injection de Thermite, un mélange d’aluminium métallique et d’oxyde de fer, permet de brûler et de faire fondre à 3000 degrés les tuyaux ainsi que les roches alentours en créant un magma artificiel. Ce système permet de stopper les émanations de méthane dans les puits abandonnés.

 

Suisse

Vous n’allez jamais le croire. Le Département fédéral de l’énergie Suisse a revu à la hausse les coûts de désaffectation des centrales nucléaires et de gestion des déchets radioactifs. La douloureuse devrait se monter à 24,581 milliards $, soit 1,097 milliard $ de plus que l’estimation de décembre dernier et le double d’il y a quelques années. Certains parlent d’une facture à 40 milliards. Qu’importe le montant final, nos enfants s’en chargeront.

La Banque Nationale Suisse annonce une perte de 6,5 milliards francs. Coïncidence, la BNS a justement perdu 7 milliards $ dans ses investissements dans le pétrole et gaz de schiste aux USA. L’institution, qui fait preuve d’autant de transparence et d’ouverture que le KGB, aurait déclaré «c’est injuste, c’est vraiment trop injuste

 

Déclaration du Président de la Banque Nationale Suisse sur les pertes de 6,5 milliards francs

 

Les Amériques

Venezuela

La production pétrolière plonge à 1,6 millions b/j (2,4 en 2015). Selon Reuters, les employés quittent massivement l’entreprise nationale pétrolière PDVSA sous le contrôle du Général Manuel Quevedo. A son arrivée, le Général a licencié une grande quantité d’employés et les a remplacés par des militaires. Sur les 146’000 employés, 25’000 sont partis depuis janvier 2017. Si PDVSA devrait s’écrouler, le prix du baril pourrait secouer l’Economie mondiale.

L’inflation atteint les 13’000% et l’Economie a chuté de 15%.

Le pays doit honorer une dette de 8 milliards $ cette année et un défaut n’est pas exclu.

Le Venezuela est l’un des plus grands exportateurs de pétrole vers Washington et livre 41% sa production. Ce chiffre est en baisse alors que les USA préfèrent le Mexique et le Canada. Les raffineries US apprécient le brut très lourd de Caracas et d’éventuelles sanctions de Trump pourraient mettre à mal des unités de raffinage.

Le Président Nicolas Maduro espérait rembourser 3,15 milliards $ de dettes à la Russie via sa nouvelle crypto monnaie. Evidemment, Moscou a décliné l’offre.

 

Chili

Le gouvernement chilien étudie la possibilité d’interdire la vente de 32% du plus grand producteur national de lithium SQM au chinois Tianqi Lithium. Le montant de la transaction est  estimée à 5 milliards $. Le lithium est un composant essentiel pour les batteries de voitures électriques.

Le Président Sebastián Piñera fait face à une pression et aux menaces chinoise. Si Tianqi arrive à exécuter cette transaction, il détiendra une place dominante sur le marché mondial. Tianqui possède déjà la mine de Talison Lithium en Australie. La décision pourrait intervenir en août.

 

Argentine

Le président Mauricio Macri, l’ami des multinationales, propose d’étendre la prospection pétrolière et gazière en Patagonie.

Omar Gutierrez , gouverneur de la province de Neuquen, estime qu’il faut maintenant lever les règles sur l’extraction de schiste dans la formation de la Vaca Muerte. L’extraction est actuellement deux fois moins chère et représente le 22% de la production nationale.

 

Dessin Chappatte

 

Asie

Corée du Nord et du Sud

Les leaders des deux pays se sont rencontrés lors d’une rencontre… historique.

La Russie a proposé de construire un gazoduc pour relier la Corée du Sud via la Corée du Nord.

Les syndicats de Hyundai Motor préviennent que 70% des employés pourraient perdre leurs emplois à cause de l’arrivée des voitures électriques. Ces véhicules ne nécessitent pas de boites de vitesses et de moteurs compliqués.

 

Afrique

Libye

L’homme fort du pays, le Général Khalifa Hifter, 75 ans, a été emmené en France pour se faire soigner d’une possible attaque.

Les efforts du général pour maintenir la production pétrolière du pays ont été essentiels. Aidé par les forces militaires, la Libye est passée de 300’000 à 1 million b/j. depuis la chute de Kadhafi. Si Hifter ne devait pas retourner au pays, on peut imaginer que les fractions rivales redeviennent rivales.

Les amabilités n’ont d’ailleurs pas tardé. A al Waha, un pipeline a explosé perdant 100’000 b/j. Il reste à espérer que le chaos ne reviendra pas dans tout le pays.

 

Algérie

L’italien ENI a signé une série d’accords pour développer l’exploitation gazière dans le pays. L’Algérie est le 10 ème plus grand producteur de gaz mondial et le 3ème fournisseur pour l’Europe.

Anadarko, Total, et Statoil sont également dans les parages, mais la bureaucratie et l’inertie du pays réfrènent les ardeurs des pétroliers et gaziers.

 

Nigeria

La production du pays plafonne à 2,022 millions b/j au lieu des 2,3 du budget. Alors que le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole, il est le plus grand importateur d’essence.

 

Phrases du Mois

We are working to shift from a year-to-year agreement to a 10 to 20-year agreement. We have agreement on the big picture with Russia, but not yet on the detail.” Mohamed bin Salman, prince Héritier de l’Arabie Saoudite.

« Les USA présente une solide candidature pour la Coupe du Monde de Football en 2026 avec le Canada et le Mexique. Ce serait une honte si les pays que nous  avons toujours financièrement aidés feraient du lobby contre la candidature américaine. Pourquoi devrions-nous supporter ces pays, s’ils ne nous supportent pas (inclus les Nations Unies). » Donald Trump

The military guys arrive calling the engineers thieves and saboteurs,” un cadre vénézuélien de PDVSA.

Le pessimisme de l’intelligence face à l’optimisme de la volonté. Au point de vue purement intellectuel, ce n’est pas facile d’être optimiste, mais nous avons besoin d’être optimiste.”  Antonio Gramsci.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.