Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– OPEP: 700’000 barils de plus pour stabiliser les prix
– Venezuela: La production pétrolière du pays s’effondre
– USA: Trump demande à l’Arabie Saoudite d’ajouter 2 millions b/j
– Allemagne: L’industrie automobile secouée par l’électricité
– Vatican: Le Pape convie les pétroliers à se pencher sur le réchauffement climatique
– Jordanie: L’augmentation des prix de l’essence crée des manifestations
– Iran: Total va se retirer d’un projet à 4 milliards $
– Libye: Les milices se battent, les exportations toussent.


 

L’OPEP a annoncé une augmentation de la production, mais rien n’y fait. Le baril grimpe à 79.44$ (77.59$ fin mai) à Londres et surtout il prend des gallons dans le monde merveilleux de Donald à 74.15$ (67.09$ fin mai).

L’uranium fait comme Neymar dans les 16 mètres. Il tombe tout seul et perd 10 centimes 22.55$ (22.65$ fin mai).

 

Graphique du mois
Evolution du CO2 par pays entre 1965-2017

Si l’Europe et les USA stabilisent leurs émissions de CO2,
le teste du monde fait grimper les statistiques

 

Monde

La fonte des glaces de l’Antarctique ont plus que doublé depuis 2012. Le continent contient entre 60 et 90% de l’eau potable dans le monde. Si toute cette glace devait fondre, le niveau des océans augmenterait de 60 mètres.

En 1920, le monde comptait 10 millions de véhicules à moteur. 36 ans après, une multiplication par 10, amena les 100 millions en 1956. Il n’aura fallu que 44 ans revoir une augmentation de 10 et attendre 1 milliard en 2010. En juste 5 ans, nous avons ajouté 300’000 unité pour arriver à 1,3 milliard en 2015.

D’ici à 2025, Volvo Cars pense que le 50% de ses ventes proviendront des voitures électriques et 1/3 seront autonomes.

A eux deux, la Chine et l’Inde sont responsable à 69% de l’augmentation de la demande pétrolière mondiale.

 

OPEP

L’OPEP+ va compenser les pertes de production de ses pays membre, dont le Venezuela, et augmenter la production de 1 million barils/jour (b/j). En réalité 9 des 14 membres de l’OPEP ont atteint le peak oil et seuls la Russie (non membre de l’OPEP), l’Arabie Saoudite, le Koweit, les Emirats Arabes Unis et l’Irak ont les capacités d’extraire plus de barils.

Après cette annonce, le baril est légèrement descendu pour remonter comme un bouchon de liège.  Visiblement les soucis du Venezuela, du Nigeria, de la Libye et les sanctions de l’Iran pèsent trop lourdement sur l’offre/demande.

A cause de problèmes de production, l’OPEP délivre 700’000 barils de moins que les quotas qui avait été déjà amputés de 1,8 millions b/j.

Selon l’IEA la demande devrait augmenter de 1,3 million b/j en 2019 et l’offre de 2 millions b/j. Le schiste américain devrait amener 1,4 millions b/j. Il semble que le marché puisse être équilibré en 2019, mais la prévision est à verifier.

Quelques heures avant de terminer l’écriture de cette rubrique, le Roi Trump a demandé au Roi bin Salman d’Arabie Saoudite d’augmenter sa production de 2 millions b/j. En novembre prochain, les USA vont élire leur parlement et un litre d’essence élevé fait tâche dans le CV républicain. L’Arabie Saoudite a immédiatement relativisé le tweet de @realDonaldTrump car il est peu probable que le pays ait la capacité d’extraire 2 millions de barils supplémentaires. De plus, les autres membres de l’OPEP verraient d’un mauvais oeil une baisse d’entrée de pétrodollars.

 

 

Les pays du Mois

Venezuela

Sans aucune discussion, le Venezuela est le pays le plus important de ce mois. La production mondiale est sur le fil du rasoir avec une marge maximale de 2% pour augmenter l’offre. Si le Venezuela s’écroule, on voit mal comment combler cette perte.

Ainsi, la compagnie pétrolière, PDVSA, a annoncé à 8 clients internationaux (Nynas, Tipco, Chevron, CNPC, Reliance, Conoco, Valero et Lukoil) son incapacité de livrer les quantités de pétrole promises. En juin, PDVSA devrait exporter 1,49 millions b/j mais elle n’aurait que 694’000 b/j à disposition.

L’International Energy Agency pense que la production du Venezuela pourrait descendre à 800’000 bj au lieu des 2,5 millions il y a quelques mois encore.

Les employés de PDVSA continuent de démissionner par milliers. Les ouvriers désespérés pillent les derniers outils, véhicules et équipements qu’ils échangent contre de l’argent et de la nourriture.

Les tankers pétroliers pourraient charger 24 million de barils, mais une dispute juridique/financière avec l’américain ConocoPhillips empêche les tankers de s’approvisionner dans certains ports. PDVSA doit utiliser ses propres terminaux, qui sont incapable d’accueillir des grands tankers.

Pour contourner ce problème, PDVSA transvase le pétrole de tanker à tanker, en haute mer, pour éviter le blocus des ports.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a pesé de tout son poids au sein de l’OPEP pour augmenter les quotas de 700’000 b/j  (400 pour l’Arabie, 300 pour la Russie non membre de l’OPEP). Depuis l’annonce Riyad a déjà augmenté sa production de 100’000 b/j, mais  Donald Trump insiste pour pousser la machine à 2 millions b/j. Objectif: maîtriser les prix de l’essence aux USA avant les élections du mid-term en novembre prochain. C’est que Joe America, accessoirement électeur de Trump, a besoin d’un gallon d’essence bon marché pour son pickup truck. Après ce cap, les prix pourront augmenter.

Avant le retrait des USA de l’accord avec l’Iran, Washington a demandé à l’Arabie Saoudite de compenser les éventuelles pertes pétrolières sur les marchés. Par le passé, Riyad a souvent résisté aux demandes américaines. Mais si cela permet d’affaiblir l’Iran, on comprend le geste de la famille Royale.

Il reste encore des dizaines de membres de la famille royale en prison et de nombreuses personnes interdites de quitter le pays. Alors que le Prince bin Salman tente donner un peu d’air aux règles sociales strictes, il garde une main de fer sur les dissidents.

Au palais royal, une fusillade a éclaté entre des membres de la famille et les gardes du corps. Plusieurs personnes ont été tuées. Si cette information est confirmée, cela souligne deux points : A) la capacité des saoudiens à couvrir les informations B) la division entre les 15’000 membres de la famille et les 2’000 membres de l’élite. De la volonté de fer du Prince dépend la stabilité du pays.

L’Arabie Saoudite voudrait organiser un sommet mondial du pétrole avec les membres et non membres de l’OPEP afin de réguler les prix sur les marchés. 60 ans après sa création, l’OPEP pourrait ainsi disparaître.

Dans le but de rendre la mariée encore plus belle, Saudi Aramco a investi plusieurs milliards $ en Chine, en Inde et en Malaysie. 44 milliards $ ont été investi dans 3 raffineries en Inde. Les capacités de raffinage d’Aramco vont monter à 10 millions b/j. (5 actuellement).

Les femmes sont autorisées à conduire une voiture. Il s’agit d’une ouverture importante depuis le séisme du siège de la Mecque, par Juhayman al-Utaybi en 1979 qui a forcé la famille royale à des règles religieuses conservatrices radicales.

Les 2/3 des Saoudiens n’ont pas 30 ans. Cette jeunesse impose une grande pression sur le régime dictatorial.

 


Le pétrole, le gaz, le charbon continuent leurs progressions
alors que les énergies renouvelables sont à la traine

 

USA

Donald Trump propose de soutenir financièrement les centrales à charbon et les centrales nucléaires qui accumulent les déficits. De son côté, Xcel Energy, le plus grand producteur d’électricité du Colorado, va mettre à la retraire 2 centrales à charbon pour les remplacer par des sources renouvelables. Xclel espère économiser 215 millions $ d’ici à 2054.

A la dernière minute, l’administration Trump, a retiré sa proposition de diminuer l’aide fédérale pour les biocarburants (essence à base de céréales). Les milieux agricoles (et électeurs blancs) ont réussi à faire plier le gouvernement.

Trump a rencontré Kim Jong Un. A part des communiqués de presse dithyrambiques et de belles photos pour la galerie, il ne s’est strictement rien passé.

Darren Woods, CEO d’Exxon Mobil Corp, veut s’acheter une virginité. Après avoir noyé le monde de CO2, Exxon veut devenir «un acteur de la solution» contre le changement climatique. Pour ce faire, Exxon étudie la possibilité de faire de l’essence à base d’algue et de diminuer de 15% les émissions de méthane. Là, il faut penser à quelque chose de très triste pour ne pas hurler de rire.

Chevron et Exxon Mobil refusent de divulguer les informations comptables afin de combattre la corruption pétrolière au niveau mondial.

General Motors et Honda collaborent à un nouveau composant chimique pour les batteries de voitures électriques. Les objectifs sont d’augmenter la capacité, diminuer la dimension et de réduire le temps de charge. Ces batteries sont prévues pour le marché US.

Sous la pression de l’administration Trump, les installations solaires stagnent aux USA. Le marché US avait déjà reculé de 30%. Les nouvelles taxes sur les importations de panneaux solaires auraient gelé pour 2,5 milliards $ d’investissements.

La ville de Chicago va investir 32 millions $ pour acheter 20 nouveaux bus électriques de la firme Proterra. À quelques km de là, au Canada, la ville de Toronto a également acheté 10 bus Proterra Catalyst E2.

La Californie va investir 78.7 millions $ pour remplacer ses vieux bus d’école par des bus électriques et 13 millions pour les infrastructures.

Elon Musk, le PDG de Tesla Motors, a licencié 9% de ses employés et si la production du nouveau Model 3 augmente, l’entreprise fait face à une pénurie de batteries. Tesla commence à ressembler au Venezuela. On sait que tout va s’écrouler, mais on ne sait pas quand.

 

Russie

Gazprom aimerait construire un gazoduc en direction de la Corée du Sud en passant par la Corée du Nord. Le relâchement des tensions dans la région pourrait également permettre à la Russie d’alimenter l’ami Kim.

L’italien Enel et la compagnie russe des trains vont collaborer pour développer une batterie de stockage afin de stabiliser le réseau électrique russe. Enel va coupler un système avec le système de freinage des trains afin d’optimaliser la consommation.

La Russie va supprimer les taxes sur l’exportation de pétrole et la remplacer par une imposition sur les bénéfices des majors. Ce genre de tour passe-passe bénéficie toujours à quelqu’un et l’on peut imaginer que ce quelqu’un va se faire une fortune.

Gazprom aurait reçu la permission de la Suède pour le passage du gazoduc Nord Stream 2 qui relie la Russie à l’Allemagne. Le petit frère du Nord Stream 1 a toujours besoin de l’accord du Danemark qui aimerait voir l’Europe diversifier ses sources énergétiques. Cependant au rythme où la Chine siphonne le gaz russe, on peut se demander s’il en restera pour l’Europe.

L’entreprise ukrainienne Naftogaz a demandé à la cours hollandaise de geler les actifs de Gazprom en Hollande afin de rembourser 2,6 milliards $.  Les gazoducs de Naftogaz font transiter le gaz de la Russie à l’Europe. On comprend mieux l’empressement de Moscou pour trouver des alternatives de transports gazier.

L’Europe va continuer ses sanctions contre le gouvernement Russe durant les 6 prochains mois.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

La Commission européenne a proposé d’atteindre 32% d’énergies renouvelables d’ici à 2030. En pratique, l’objectif n’est pas contraignant. On ne peut que s’incliner devant aussi peu d’enthousiasme et de prise de risque. On en vient presque à espérer que la crise pétrolière, qui s’annonce d’ici à 2020, soit d’une telle virulence qu’elle secoue tout ce beau monde.

La Commission autorise l’importation d’huile de palme d’Indonésie et de Malaisie pour l’intégrer aux carburants pour nos voitures par «souci de protéger les intérêts des industriels et des agriculteurs déjà engagés dans cette filière!»

 

Vatican

Le Pape François a rencontré les CEO de plusieurs majors pétrolières comme Bob Dudley, CEO BP, Eldar Saetre, CEO Equinor (anciennement Statoil), Larry Fink du fonds BlackRock et des managers d’ExxonMobil pour les entretenir sur les changements climatiques.

«Le réchauffement climatique est un problème global avec de graves implications environnementales, sociales, économiques, politiques ainsi que pour la distribution des marchandises » a souligné le Pape François.

 

France

La France est totalement immunisée contre les accidents nucléaires. Dans le cadre de la «programmation pluriannuelle de l’énergie» qui fixe les scénarios énergétiques pour 2025, 2030, 2050, aucun incident d’une centrale nucléaire est prévu. C’est étrange, il y a 10 ans, le Japon tenait exactement le même langage.

Les 100 élus du comité du Syndicat Autolib Paris ont décidé de terminer l’expérience Bolloré. Le Groupe du Magnat, demande une somme abracadabrantesque (233,7 millions €), selon Mme Hidalgo, pour combler le déficit d’Autolib d’ici à 2023.

A Bar-le-Duc, alors que des déchets nucléaires ne sont pas encore enfuis, ça chauffe déjà. Plus d’un millier d’opposants se sont opposés à l’enfouissement des déchets à Bure, Meuse. L’Agence ANDRA vise à enfuir à 500 m. sous terre, les éléments les plus radioactifs du parc nucléaire français.

Le groupe General Electric, qui avait racheté il y a 4 ans la branche énergie d’Alstom, ne tiendra pas son engagement de créer 1’000 emplois. Si une multinationale américaine tenait sa parole, ça se saurait.

Les prix du gaz vont augmenter de 7% : motif les prix du gaz sur les marchés augmentent. En réalité, ce ne sont que les prix du pétrole qui grimpent, pas ceux du gaz. Quant aux revendeurs de gaz, ils multiplient de 6 à 8 fois les tarifs de vente par rapport au prix d’achat sur les marchés.

La vitesse sur les routes va passer de 90 à 80 km/h. C’est une excellente initiative pour réduire la pollution et augmenter la sécurité. L’expérience n’a pas commencé, mais comme prévu, ça gueule déjà.

 

Allemagne

Après Volkswagen et Audi, c’est au tour de Mercedes d’être pris la main dans le sac. Ainsi 774’000 voitures Mercedes diesel équipées de logiciels pour contourner les émissions de CO2 sont rappelées. Même le modèle Vito est concerné. Etrange car ce moteur est préparé par…. le français Renault.

Dans le cadre de l’enquête sur le scandale des moteurs diesel truqués, le PDG d’Audi, Rupert Stadler a été arrêté et mis en prison en raison du risque de le voir supprimer des preuves.

Le retard des constructeurs automobiles allemands dans l’électrification de leurs modèles pourraient coûter 75’000 emplois d’ici à 2030. La prévision semble assez optimiste quand l’on voit la vitesse à laquelle les chinois ont saisi l’opportunité. L’industrie automobile allemande emploie 840’000 personnes dont 210’000 pour les moteurs thermiques.

Le géant allemand E-On va installer une ferme solaire de 100 MW aux Texas, USA.

 

Suisse

Le géant américain General Electric, GE, va biffer 1’200 et non plus 1’400 emplois comme annoncé il y a quelques mois. En 2015, GE avait acheté Alstom et avait promis de ne pas licencier.

Les BKW ont prévu 925 millions frs pour la désaffection de la post exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg et 1,25 milliards pour les déchets radioactifs. Pour la désaffection elle-même, les BKW n’ont prévu que 550 millions alors que la Confédération estime la douloureuse à 611 millions. Le Tribunal Fédéral devra départager les deux acteurs. La centrale fonctionnera jusqu’au 31 décembre 2019 et le chantier devrait se terminer en 2034.

L’institut fédéral de surveillance nucléaire va acquérir des drones et des robots en cas de catastrophe nucléaire.

 

Angleterre

Le pays n’a pratiquement pas produit d’électricité éolienne pendant 9 jours consécutifs. Cette sécheresse de vent a poussé les prix du marché à un plus haut depuis 10 ans.

 

Accord entre Trump et Kim:
On va voir ce qu’il va se passer

 

Asie

Corée du Nord

La quantité d’air brassée avant, pendant et après la rencontre entre Kim et Donald aurait pu produire autant d’électricité que les éoliennes du Danemark pendant une journée. Au final, le document signé par les deux zozos ressemble à l’Accord sur le Climat de Paris : pas d’engagement ferme, pas de contrôle et pas de limite dans le temps.

 

Chine

La Chine et l’Inde étudient la possibilité de grouper leurs achats pétroliers afin de mieux négocier les prix du pétrole. Les deux pays importent entre 13-14 millions b/j (11,6 millions pour l’Europe et 7,9 pour les USA). On imagine les maux de têtes des vendeurs qui devront négocier avec les chinois et les indiens en même temps.

Le pays s’impose comme le leader mondial des véhicules électriques. General Motors va proposer 10 nouveaux modèles électriques jusqu’en 2020 et doubler le nombre de véhicules vendus dans ce pays.

Il n’aura fallu qu’une heure pour que la Chine riposte au Tweet de Donald Trump déclarant des taxes sur 50 milliards $ de produits chinois importés. Pékin a immédiatement annoncé une réplique équivalente dont une possible taxe sur les 360’000 b/j de pétrole importés des USA. La chine va également taxer là où ça fait mal : les paysans américains. Ainsi le soja, la viande de bœuf sont dans le viseur.

La Chine devait importer plus de gaz de schiste ainsi que des produits agricoles des USA. La commande est sur le mode «pause». Pékin aimerait mêler ces achats avec la diminution de la balance commerciale entre les USA et la Chine.

La Chine continue d’importer à grande vitesse du pétrole et du gaz. Les importations de pétrole ont augmenté de 7,8% durant les 12 derniers mois à 9,6 million b/j. Les importations de charbon restent stable à 22 millions de tonnes. Trump espère que Pékin achète du charbon «made in USA» pour compenser les 375 milliards $ de la balance commerciale entre les deux pays. Cependant, il ne reste pas assez de charbon américain pour faire pencher sensiblement cette balance.

Le montant des dettes des entreprises et des consommateurs dépasse de 168% le PIB. Depuis la crise de 2008, Pékin a conduit une politique monétaire très relax en créant pour des milliers de milliards $ de dettes. Le gouvernement tente de réduire ces excès mais l’opération est délicate pour ne pas faire exploser ces deux bulles.

 

Dessin Chappatte
Epargnez moi les détails. Où est-ce se trouvent les caméras?

 

Les Amériques

Schiste USA

A cause du manque de capacité de transport, les producteurs de schiste vendent leur pétrole avec un rabais qui va jusqu’à 20$ le baril. Ainsi alors que le WTI indique 65-70$, le prix réel de vente avoisine les 55$.

Les investisseurs de Wall Street se lamentent sur les retours du boom de schiste du bassin Permien, le plus juteux des USA. Malgré la hausse des prix du baril du marché, les producteurs n’arrivent financièrement pas à s’en sortir.

Selon le BP World Energy Review, la productivité des puits du bassin Permien diminue fortement.

Alors que l’EIA (Energy Information Administration) pense qu’un part grandissante des véhicules américains va utiliser du pétrole de schiste, l’agence oublie que les faibles niveaux d’octane du schiste sont trop bas pour les moteurs. Pour produire du diesel, les producteurs doivent ajouter du kérosène pour augmenter la lubrification. Du coup, les prix du kérosène à disposition des avions grimpent.

L’EIA annonce que la production de schiste augmenté de 80’000 b/j en juin et 1 million b/j supplémentaire devraient arriver courant 2019. La production pétrolière US atteindrait 11,8 millions b/j.

 

Brésil

Après 10 jours de grève, le PDG de la major pétrolière nationale, Pretrobras a démissionné.

Le géant pétrolier Equinor (anciennement Statoil) prendra 25% des actions dans le champ du bassin de Campos. Petrobras recevra un chèque de 2 milliards $.

 

Canada

Un train de wagons-citernes a déraillé dans l’Iowa et relâché presque 1 million litres. Les 30 wagons pétroliers ont terminé leur chemin dans la rivière et 14 wagons ont relâché leur contenu.

Désirez-vous une leçon de schizophrénie?  Qui de plus naturel que le premier ministre canadien comme professeur?
«Le Canada peut faire d’avantage pour s’attaquer au problème mondial du réchauffement climatique, et nous le ferons» Justin Trudeau, Paris Climate Change 2015
«Le Canada a approuvé le projet d’expansion de l’oléoduc Kinder Morgan. Le projet va multiplier par trois notre capacité de production pétrolière pour le marché international.» Justin Trudeau, premier ministre du Canada,  Juin 2018.

 

Les 30 wagons pétroliers ont terminé leur chemin dans la rivière et 14 wagons ont relâché leur contenu.

 

Moyen Orient

Jordanie

Le pays fait face à des troubles et des manifestations suite à la hausse de 5,5 % des carburants ainsi que de 19% électricité. Plus tôt dans l’année, le prix du pain avait également été augmenté.

Le gouvernement a fait marche arrière.

 

Egypte

Sous la pression du FMI, l’Egypte a augmenté de 50% le prix des carburants. Le pays, qui subventionne lourdement l’essence, n’arrive plus à supporter ce fardeau. Est-ce que la population va se rebeller comme en Jordanie ? Les jours qui viennent vont le montrer.

 

Iran

Téhéran s’inquiète de plus en plus de l’impact des nouvelles sanctions américaines sur son économie. Si les iraniens devraient recevoir le support de la Chine et de la Russie, l’Europe va probablement suivre les instructions données par Donald Trump. Les importations de pétrole iranien sont déjà en baisses.

Comme plus grand importateur de pétrole iranien, la Chine va ignorer les sanctions américaines. On imagine que les chinois vont demander « un rabais » pour ce geste.

La plus grande banque indienne ne va plus effectuer les transactions pétrolières dès novembre. Les raffineries indiennes utilisent l’euro et désirent passer à la Rupee. Pour la Chine, l’Iran va utiliser le Yuan chinois. En avril dernier, la Banque Centrale Iranienne a ouvert une ligne de crédit avec la Turquie pour continuer le commerce avec ce pays.

Les iraniens vont tenter d’augmenter la production de 29 gisements avec leurs propres industries. Cette décision souligne l’inquiétude de Téhéran de voir ses revenus diminuer et son incapacité à rajeunir son parc pétrolier vieillissant.

Le leader religieux Khamenei a prévenu que si les sanctions devaient être réactivées, le pays recommencera l’enrichissement nucléaire à des buts militaires.

Le français Total va se retirer de ses projets de 4 milliards $ en Iran. En échange, l’Arabie Saoudite a offert aux français une joint-venture de 44 milliards $ avec Saudi Aramco pour un projet en Inde.

Washington a demandé à SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) de couper ses liens avec les banques iraniennes d’ici à novembre. Ce système est utilisé pour les échanges bancaires. Dans une humeur alarmiste, le gouverneur iranien de l’OPEP, Ardebili, annonce que le pétrole pourrait monter à 140$ à cause du Venezuela et de l’Iran.

 

Irak

En mai, les exportations ont augmenté de 5% à 3,8 millions b/j (3,62 en avril) avec un prix moyen de 69,93$ le baril. Les revenus pétroliers se montent à 7,56 milliards $.

La production pétrolière du pays a grimpé à 4,59 millions b/j (4,325 en avril) selon les données de Bagdad. Cependant, les chiffres officieux montrent une production supérieure.

Le ministre du pétrole dément l’activation d’un accord de livraison du brut de Kirkuk vers l’Iran alors que de plus en plus de camions citernes traversent la frontière.

 

Afrique

Libye

Ca bastonne dans les ports pétroliers de Ras Lanuf et Es Sider entre les milices du commandant Khalifa Haftar et ses opposants. Deux réservoirs de stockage de 440’000 barils ont été incendiés. Les forces de Haftar avaient pris contrôle de ces deux ports en 2016 afin d’assurer les exportations pétrolières. Les livraisons pétrolières ont dû être coupées.

La situation en Libye a influencé l’OEPP+ à contrecarrer cette perte.

 

Nigeria

Les sabotages des pipelines freinent les exportations pétrolières et le pays n’arrive plus à produire ses 1,8 millions b/j. et stagne à 1 million b/j.

L’augmentation de la pauvreté dans le Delta du Niger, lieu de production pétrolière, souligne l’incapacité du gouvernement à redistribuer la rente pétrolière au peuple, mais au talent pour remplir les comptes bancaires de ses dirigeants.

 

Phrases du mois

Si nous voulons que tout reste comme tel que c’est, il faut que tout change.

Climate change is a global problem with grave implications: environmental, social, economic, political and for the distribution of goods.” Pape Francois

45 % des 13-17 ans reconnaissent être connectés presque toute la journée. «Les comportements et les états émotionnels des adolescents ont brutalement changé à partir de 2012. Plus un adolescent passe du temps devant un écran et plus il est probable qu’il devienne malheureux.»  Jean Twenge

«Pour imposer leur pouvoir les régimes autoritaires ont choisi la force, nos démocratie ont inventé les relations publiques.» La Fabrication du consentement, Edouard Bernays.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Réunion de l’OPEP: Le pouvoir de stabiliser les prix du pétrole

Il y a 18 mois, les membres de l’OPEP avaient réduit leurs exportations dans le but maintenir le baril sur la barre des 40$. Ce vendredi, la réunion de l’OPEP+ (OPEP et la Russie) devra répondre à l’épineuse question : faut-il maintenir ces quotas ou augmenter la production pour éviter de passer sur les 100$?

Pendant que la demande augmente et atteint les 100 millions de barils/jour (b/j), l’offre devient insuffisante. Les stocks s’amenuisent. D’un baril qui favorisait la relance économique, la perspective d’un baril onéreux met à rude épreuve le concept de croissance mondiale.


L’espoir repose sur les épaules de l’OPEP et de la Russie

Hors de l’OPEP, seul le Canada et éventuellement les USA pourraient rapidement augmenter leur production. Le Brésil reste toujours un pays en devenir.

Cependant, l’Amérique de schiste, que l’on voyait comme panacée, accumule des pertes estimées à 1 milliards $ par jour depuis le début de l’année. Incapable de transporter leur précieux liquide jusqu’aux raffineries, certains producteurs bradent leurs barils avec un rabais de 14 à 21$ par rapport aux prix du marché.

De plus, la qualité du pétrole de schiste, parfait pour la pétrochimie et les plastiques, ne convient pas particulièrement à nos voitures. Le monde réalise que le mirage de schiste n’était qu’un mirage.

Pour parer à cette mauvaise nouvelle, les USA se tournent vers les gisements offshores plus onéreux mais plus prolixes. Cependant, les efforts actuels devraient se concrétiser dans les 4-6 ans à venir. Rien à court terme.

 

Entre Arabie Saoudite, Iran et les Budgets

Avec la dégringolade du Venezuela, les problèmes récurrents du Nigeria et de la Libye, les baisses de l’Angola et de l’Equateur et les menaces américaines sur l’Iran, il est osé d’insérer un «smiley» dans la production pétrolière mondiale ou de déborder d’optimisme.

L’Arabie Saoudite et la Russie donnent l’impression d’être les seuls producteurs à pouvoir augmenter leurs exportations dans les semaines qui viennent. Selon l’institution financière américaine Citigroup, l’Arabie Saoudite aurait 2,12 millions b/j de capacité supplémentaire de production alors que la Russie 400’000 b/j. Cela tombe bien, il faudrait ajouter 1,2 million b/j pour stabiliser les marchés.

Quant aux autres monarchies pétrolières du Moyen-Orient, elles préfèrent d’abord voir les prix augmenter de manière substantielle, avant de changer de cap.

D’autres courants contraires sont également en jeu avec l’Iran. Téhéran fait face aux nouvelles sanctions américaines dont l’objectif est de faire chuter la production pétrolière et gazière nationale. L’Europe annonçait son attachement au traité actuel, mais en quelques semaines, la volonté du vieux continent s’est dégonflée comme une baudruche. L’Europe suit, à la virgule près, les volontés de Donald Trump et a déjà commencé à diminuer ses importations iraniennes. On ne parle même pas des banques européennes et suisses totalement sous le joug de Washington.

Le conflit entre l’Iran et les producteurs arabes sera au centre de l’équation tout comme le rôle de la Chine, de l’Inde et de la Russie, seuls pays capable de résister à la tornade Trump.

Du côté du Qatar et de l’Arabie Saoudite, l’ambiance ne s’est toujours pas réchauffée et les sanctions perdurent. Pour assurer l’ambiance, Riyad vient de menacer son voisin en cas d’achat de missiles antiaériens russes S-400.

Finalement à d’Hodeida, Yémen, la poussée des forces loyalistes appuyées par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis pourrait forcer les chiites Houti à l’ultime recours et menacer les tankers pétroliers qui transitent par le Golfe d’Aden. Ce détroit stratégique voit passer 12% du pétrole mondial.

 

Offre, demande ou baisse de la croissance

Dans ce contexte géopolitique aussi disparate, les alliances pourraient être fragiles. Cependant une tendance se dégage: éviter de voir un baril rejouer le tour de 2008 et de grimper au-delà de 120$. Mais est-ce que les capacités de production existent?

Sans le vouloir, un acteur improbable pourrait aider à diminuer la demande pétrolière: le président Trump. Les tarifs douaniers entre les USA et le reste du monde, pourraient ralentir l’Economie mondiale. Comme le PIB est intimement lié à la consommation pétrolière, une baisse de la demande apportera un relâchement bienvenue de l’offre.

Baisse de la croissance ou baisse de la demande, n’est-ce pas justement là où nous nous dirigeons petit à petit?

 

Drone Taxi: La course décolle entre l’Europe, les USA et la Chine

Les drones électriques ne cessent d’augmenter leur puissance au point de bientôt pouvoir transporter des personnes et ils apportent de nouvelles solutions à la mobilité urbaine. Si l’on ne devrait pas pouvoir utiliser ce potentiel nouveau moyen de transport dans nos villes avant 2030, c’est aujourd’hui que tout commence.

De plus en plus de villes et d’entreprises explorent cette possibilité dans le cadre de la mobilité urbaine. Si du côté des entreprises les technologiques aéronautiques et de télécommunication 5G progressent, c’est du côté de la législation, de l’environnement et de l’énergie que les regards se tournent. Verrons-nous un ciel rempli de ces engins ou désirons-nous limiter l’accès à des utilisations spécifiques?

Entre les USA, la Chine et l’Europe, une course-poursuite se met en place pour imposer son point de vue.


 

Les drones taxis empruntent le même cheminement que la voiture autonome. Au départ, peu de personnes voulaient voir circuler des bus et des voitures sans chauffeur. Aujourd’hui, sous l’impulsion des fabricants et des géants de l’informatique, les barrières sont en train d’être repoussées.

Il n’existe pratiquement plus aucune grande ville qui n’a pas son démonstrateur. Corolaire à ce changement, les législations doivent être adaptées.

Bien qu’à sa genèse, il en va de même pour les drones taxis. Les grandes puissances économiques commencent à jouer des coudes pour imposer leurs standards, leurs niveaux de sécurité et la maîtrise du ciel.

 

USA : place aux géants de l’internet

Washington compte sur les géants de l’internet comme Google, Apple ou Uber pour déployer mondialement leur business model.

L’actuel leader, UberAir, ne cache pas son ambition de démultiplier les drones-taxis. Dans le but de contrôler l’espace aérien, le géant californien a déjà approché de la Federal Aviation Administration (FAA) et a conclu un accord de collaboration avec la NASA.

Fidèle à sa stratégie, Uber ne construira pas ou n’opèrera pas ses propres drones. Elle mettra à disposition son système de réservations et de guidage. Son business model se base sur la démultiplication des drones et des trajets.

Si Dallas Fort Worth, Texas, et Los Angeles sont partants, le géant recherche encore une ville d’au moins 2 millions d’habitants «hors des USA». Dubaï serait sur les rangs mais l’appel d’offre est ouvert jusqu’au 1er juillet 2018.

Dans cette course,  Apple et Google sont au coude à coude. Cette dernière via Larry Page, son co-fondateur, a décidé de s’expatrier en Nouvelle Zélande pour expérimenter son taxi-volant dénommé Cora. L’objectif est identique à Uber. Le temps et l’argent devraient les départager.

Sous l’impulsion de ses géants informatiques et téléphoniques, les USA se positionnent clairement pour une maximalisation de l’utilisation des drones-taxis dans les villes densément peuplées.

 

Larry Page, Google

 

L’Europe des régions

Dans une stratégie diamétralement opposée, l’Europe compte sur ses villes et ses régions pour proposer des solutions cohérentes et plus à l’écoute de ses citoyens.

D’ici à la fin juin 2018, la Commission Européenne annoncera les 6 villes et régions qui débuteront une étude de faisabilité.

Cette collaboration “de la base au sommet” est notamment l’un des atouts de l’Association Villes Smart Agiles et Ouvertes (OASC). Cet échange entre les villes/régions, pourrait permettre à l’Europe de gagner un temps précieux afin de délimiter le cadre législatif ainsi que le potentiel de son espace aérien.

Une fois es règles du jeu connues, les entreprises européennes, comme Volkopter ou Airbus, pourront examiner l’opportunité de ce marché.

La probabilité n’est pas nulle que l’Europe se distancie des USA et propose une utilisation bien plus modérée et moins anarchique des drones taxis.

 

Pékin soutien la Chine

Pékin propose une troisième vision basée sur un soutien illimité à ses entreprises locales. Ce système a déjà valu à la Chine de prendre le leadership mondial dans les énergies renouvelables et bientôt dans la construction de voitures électriques.

Le constructeur Ehang a débuté ses tests «grandeur nature» dans la province de Canton. Comme les chinois ne font pas dans la demi-mesure, il est imaginable de voir une industrialisation massive à l’image du pays ainsi qu’un changement législatif sur-mesure afin de satisfaire ses champions de l’innovation.

Comme les USA, le pays tentera d’imposer rapidement son système hors de ses frontières.

 

L’enjeu pour tous ces pays et de protéger leur espace aérien et/ou d’imposer leur système dans une industrie du contrôle aérien qui n’a pas évolué depuis le premier homme sur la lune. Il s’agira également d’imposer son point de vue sur la quantité de drones en circulation tout en mettant en avant ses propres entreprises.

Cependant, comme le montre tous les projets de smart city réussis, c’est le citoyen qui a le dernier mot. Sur ce point, l’Europe a pris une longueur d’avance sur ces concurrents.

L’avenir se lira dans le ciel, mais pour l’instant, que la course décolle!

 

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Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage ?

Le Pétrole: entre joueurs de poker et d’échec

Depuis le début de l’année, le baril de pétrole a gagné plus de 10$ et les probabilités de le voir continuer sur cette tendance augmentent. Le manque d’investissements dans l’exploration de nouveaux gisements, la chute du Venezuela, les problèmes de la Libye et le choix de Trump sur l’accord iranien pourraient à nouveau voir le baril émerger au-dessus de 100$.

Une partie mondiale entre joueurs de poker et joueurs d’échec est engagée.


Du côté des exportateurs, le premier regard se tourne vers le Moyen-Orient notamment vers l’Arabie Saoudite et l’Iran.

 

Iran et Arabie Saoudite

Si les coûts d’extractions pétroliers des deux pays rayonnent dans une fourchette de 4 à 10$/baril, leurs dépenses sont diamétralement opposées.

L’embargo a maintenu les prétentions financières de Téhéran dans des proportions minimales tout en gérant une solide présence militaire en Syrie et au Yémen. Depuis la levée des sanctions, le pays a augmenté sa production de 1 million b/j. et ses exportations se sont presque exclusivement tournées vers l’Asie (Chine, Inde, Corée du Sud). Les entrées de pétrodollars ont apporté une bouffée d’air frais à l’Economie du pays.

En l’état actuel, l’Iran peut se contenter d’un baril à 40-50$. Le reste n’est que bénéfice.

 

La grandiloquence du business modèle de l’Arabie Saoudite caractérise son budget. Les glorieuses années, qui voyaient un baril à plus de 100$, ont fondamentalement modifié les habitudes. Le faste et le brillant ont un prix.

Pour garder son peuple sous tutelle et éviter toute révolution, la famille royale distribue annuellement des dizaines de milliards $ à ses 22 millions de citoyens nationaux. Cet obole pèse lourdement dans les caisses du royaume.

De plus, l’Arabie Saoudite entretient la plus dispendieuse et certainement la plus inefficace armée du monde. Pour 2018, 60 milliards $ sont prévus soit 10% du PIB. Pour comparaison, le budget militaire russe se monte à 46 milliards $ (2,8% PIB) et 14 milliards $ pour l’Iran. (2,1% PIB).

Pour la santé de son bilan comptable et pour tenir tête à l’Iran, Riyad espère un baril à 80$.

Afin de combler son budget, le prince héritier Mohammed bin Salman désire mettre en vente 5% des actions de l’entreprise nationale pétrolière: Saudi Aramco. Il espère lever entre 100 et 200 milliards $. L’IPO pourrait enfin titiller l’intérêt des investisseurs étrangers à condition que le baril passe sur la barre des 80$.

On comprend ainsi mieux la volonté de Riyad de maintenir les quotas minimaux actuels de l’OPEP. La vis devrait se desserrer à l’approche des 100$ le baril afin de ne pas mettre en péril la demande et l’Economie mondiale.

 

Production pétrolière du Venezuela


Sources: Bloomberg, OPEP, Financial Times

La Russie

En deux ans grâce aux quotas de l’OPEP, Moscou est devenu un allié improbable de Riyad. Réélu, Vladimir Poutine compte sur une hausse du baril pour couvrir les dépenses de son nouveau programme et ses ambitions internationales. Le pétrole et le gaz sont les carburants essentiels au budget russe puisque qu’ils pèsent un peu plus de 50% dans les recettes du budget fédéral.

Si au Moyen-Orient, Donald Trump a parié sur Israël et l’Arabie Saoudite, la nature ayant horreur du vide, la porte a été laissée grande ouverte à la Russie et à la Chine pour y jouer un rôle clé auprès des autres nations.

Ainsi, l’influence russe augmente à chaque poussée de fièvre du pétrole notamment en Syrie, au Qatar, en Irak ou en Iran.

L’Iran et la Russie ont même débuté un troc: pétrole contre nourriture et produits russes des plus prometteurs.

 

La Chine

Pékin a des raisons de se réjouir du pari américain de réinstaurer les sanctions contre l’Iran. Le premier importateur de pétrole au monde a ouvert sa propre bourse pétrolière à Shanghai nominée en Yuan.

Au lieu d’utiliser le dollar américain, sensible aux remontrances de Washington, l’Iran pourra ainsi faire confiance au Yuan chinois. On ne doute pas une seconde que la Chine pourra bénéficier de «tarifs avantageux et préférentiels» en signe de remerciements.

Cependant Pékin peut craindre une escalade des tensions entre l’Iran et les USA/Israël/Arabie Saoudite. Le détroit d’Hormuz peut être bloqué par les iraniens et, paralyser le quart de la production mondiale.

La Chine aura intérêt à modérer les ardeurs des différentes parties. L’arrivée d’un deuxième porte-avions dans l’armée chinoise tombe à point nommé.

 

Routes Maritimes pétrolières Sources: EIA

 

Les USA

Washington a également besoin d’un baril supérieur à 80$ pour que les producteurs de schiste deviennent rentables et puissent maintenir la production actuelle.

La décision iranienne de Donald Trump pourrait participer à cette perspective même si les automobilistes américains sont directement impactés. On peut douter que Joe America prédispose de plus de place que les pétroliers dans le cœur de Trump.

Il faut espérer que l’inflation induite par le pétrole ne fasse pas exploser les nouvelles bulles des subprimes des crédits d’achats de voitures ou des crédits aux étudiants. Le taux du rendement du 10 ans américain vient tout juste de passer au-dessus des 3%.

Finalement, en activant le spectre de l’Iran, c’est tout le secteur de l’armement qui est galvanisé. Des emplois américains pourraient être maintenus notamment par la vente d’équipements à Israël et à l’Arabie Saoudite.

 

Venezuela

L’outil de production pétrolier et l’Economie nationale semblent dans un tel état de déliquescence, que l’on peine à imaginer que même un baril à 100$ évitera l’écroulement.

Avec la pénurie mondiale annoncée, la chute du Venezuela risque de propulser rapidement les prix à la hausse.

 

Si un joueur de poker peut rapidement amasser une fortune, la vision à long terme d’un joueur d’échec peut faire merveille dans la configuration actuelle.

Quoi qu’il en soit, par leur incapacité à découpler leur Economie de l’or noir, les pays “sans pétrole” sont relégués au rôle de simples spectateurs qui paient leurs billets…  au prix qu’on leur impose.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Avril 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Pétrole: Rester sous les 100$ pour ne pas détruire l’Economie mondiale
– Arabie Saoudite: 33.8 milliards $ de bénéfices en 6 mois pour Saudi Aramco
– Chine: 9’500 nouveaux bus électriques mis en service tous les mois
– Irak: Le pays a doublé ses réserves pétrolières et devient No1 mondial
– France: EDF a perdu 1 million de clients en une année
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ dans l’énergie solaire
– Venezuela: 25’000 employés ont quitté la compagnie pétrolière nationale
– Libye: De fortes craintes sur la production pétrolière de 1 million de barils/jour.


 

Les T-shirts “Le baril à 80$, j’y étais” sont en train d’être imprimés au cas où le pétrole garde sa forme olympique. A Londres, il grimpe à 75.17$ (70.27$ fin mars) et à 68.57$ à New York (64.94$ fin mars).

L’uranium n’est plus que l’ombre de lui-même. Plus personne ne le regarde ou lui envoie une carte pour son anniversaire. En pleine dépression, il dort à 20.85$ (21.10$ fin mars).

 

Graphique du mois
Facteurs déclencheurs de la crise de 2008 vs situation actuelle

 

OPEP: Pétrole

L’Arabie Saoudite collabore avec la Russie (qui n’est pas membre du cartel) pour tenter de maîtriser les prix du baril sur une période de 10 ans. L’objectif est de le maintenir dans une fourchette de 80 à 100$. Juste assez pour remplir les caisses des pays producteurs et pas assez pour détruire l’Economie.

Dès 2020, un peak de production pourrait défier cet objectif. Ce rapprochement serait une première pour Moscou qui a toujours voulu garder son indépendance.

Avec 50 millions barils/jour (b/j), le poids de l’alliance pèserait 50% de la production mondiale ce qui pourrait crisper les importateurs comme les USA, la Chine et l’Europe. Donald Trump s’est d’ailleurs fendu d’un tweet sur le sujet.

Depuis janvier 2017, le surplus des réserves pétrolières mondiales est passé de 332 à 12 millions de barils!

 

 

Gaz

L’International Maritime Organisation tente de réduire de 50% d’ici à 2050 l’utilisation de pétrole lourd pour les transports maritimes. Initialement prévu à 70% l’Arabie Saoudite, les USA et l’Argentine ont fait pression pour diminuer les ambitions de l’organisation.

Le gaz naturel a été perçu pour remplacer le pétrole brut lourd (déchets de raffinage) utilisé traditionnellement par les bateaux/tankers. Fausse bonne idée, même le pétrole lourd, voir le charbon, est moins dangereux pour le climat que l’utilisation du gaz naturel. Causes: les émanations de méthane lors de l’extraction du gaz et lors de son utilisation. Lire l’étude de la commission européenne.

 

Dessin Chappatte

 

Les Acteurs Clés

Russie

Moscou exerce un lobby tout aussi féroce que les USA et Bruxelles sur le gouvernement Danois afin d’obtenir (ou pas) l’autorisation de construire du gazoduc Nord Stream 2 qui reliera l’Allemagne et la Russie. Le projet de 11,7 milliards $ crispe. De leur côté, les américains militent pour la livraison de gaz de schiste en Europe afin de diminuer la part de marché du gaz russe en Europe.

L’IEA pense que la Russie va atteindre son peak oil dans les 3 années à venir. En 2017, Moscou a extrait 11,2 millions b/j, au plus haut depuis 29 ans. En 2021, elle devrait atteindre son pic à 11,7 millions.

Toujours selon l’Agence Internationale de l’Energie, en 2035, la Russie produira 6 millions b/j de quoi satisfaire sa consommation interne sans pouvoir exporter. En même temps, cela fait 10 ans que l’on annonce que la Russie va peaker et les gisements de schiste n’ont pas encore été exploités.

 

USA

L’administration Trump s’est fortement investie dans la promotion de nouveaux champs pétroliers offshores (en mer). Malgré les appels aux majors pétrolières, seul 1% des lots mis aux enchères ont trouvé preneur. Les coûts d’investissements et le risque de marée noire refroidissent les potentiels acquéreurs.

En moyenne en 2018, les foyers américains vont dépenser 400$ de plus pour acheter leur essence. En contraste, la classe moyenne bénéficie d’une ristourne de 930$ de déductions fiscales votées en fin d’année 2017. Le prix moyen de l’essence est de 3$ le gallon (3,7 lt) contre 1,75 en février 2016.

Citi et Wells Fargo ont trouvé un nouveau moyen de refaire du «subprime» via des prêts à des sociétés «non-financières». Ce concept avait créé la crise de 2008. Imaginer que les «grosses banques» s’y remettent, ça fait froid dans le dos. Remettre une couche dans le «subprime», c’est un peu comme retourner dans le réacteur de la centrale de Fukushima en maillot de bain pour voir «si tout se passe bien.»

L’organisation environnementale EDF, Environmental Defense Fund va lancer un satellite capable de mesurer les émissions et les fuites de méthane reliées aux forages gaziers et pétroliers.

L’administration Trump a décidé d’assouplir les normes de pollution pour les voitures particulières. Les consommateurs américains ont recommencé à racheter des véhicules plus gros et plus polluants. Les SUV et les «pickup» représentent désormais plus de 60% du marché.

Momentum Dynamics a développé un système de recharge sans fil pour bus BYD K9S. La recharge, par induction, s’effectue en 5 minutes et peut également recharger les voitures électriques. Ce système remplace les bornes de recharge avec prises. Sympa.

L’énergie éolienne a représenté 6,3% de la production américaine. Pour les Etats de l’Iowa, le Kansas, l’Oklahoma et le Dakota du Sud, l’éolien a représenté le 30% de leur consommation.

Le raffineur Marathon Petroleum rachète son rival Andeavor pour la modique somme de 36 milliards $. La nouvelle entité pourra raffiner 3 millions b/j, soit le 15% des capacités du pays et devient le No1 aux USA.

 

Recharge par induction: Momentum Dynamics

 

Arabie Saoudite

Le Prince héritier bin Salman est de retour au pays après 3 semaines passées aux USA, en France et en Angleterre pour assurer le service après-vente de son projet de réformes. La “Vision 2030” du pays exige 500 milliards $ d’investissements et le Royaume recherche des investisseurs étrangers. Une certaine dose d’audace est nécessaire pour investir dans un pays qui se dirige vers le peak oil, qui manque cruellement d’eau et qui devient invivable à cause du réchauffement climatique.

L’IPO de Saudi Aramco pourrait se faire dès septembre 2018 selon Armin Nasser son CEO. A la question, quels dividendes seront versés aux investisseurs? Le Ministre de l’Energie al-Falih s’est fendu d’un laconique: «on verra ça en temps voulu». L’IPO pourrait se faire à New York ou Londres même si aux USA des menaces de poursuites face aux attaques du 11 septembre 2001 sont sur la table.

Bloomberg pense que Saudi aurait gagné 33.8 milliards $ durant les 6 premiers mois de 2017. Si cette information est vraie, la major serait la plus profitable au monde et engrangerait plus de profit que Exxon, Shell, Chevron, Total et BP réunis.

Toujours selon Bloomberg, les coûts d’extraction du pétrole de Saudi Aramco avoisinent les 4$ le baril. Shell et Exxon tournent à 20$ le baril. Le schiste américain à plus de 60$.

L’Arabie Saoudite a lancé une campagne de communication qui a pour but de rassurer les importateurs de pétrole. Le Royaume annonce pouvoir maitriser les prix du baril entre 80 et 100$. Au-delà, l’Economie mondiale pourrait entrer en récession et/ou reproduire le schéma de 2008.

Le fond souverain du pays et la banque japonaise SoftBank ont annoncé le lancement du plus grand projet solaire au monde. Cette année, SoftBank Vision Fund sortira de sa poche 1 milliard $ sur les 200 milliards $ prévus d’ici à 2030 pour produire 200 Gigawatts soit bien plus que la consommation du pays.

Afin de construire, la nouvelle ville Neom voulue par le Prince héritier, l’Arabie Saoudite a acheté les terres du Sinaï à l’Egypte pour 10 milliards $. En manque de cash, le Président Abdel Fattah el-Sisi a également lâché deux îles de la Mer Rouge: Tiran et Sanafir.

 

Chine

La Chine a instauré une bourse pétrolière basée sur le Yuan. L’indice de Shanghai pourrait apporter un avantage financier à la Chine dont l’importation dans sa monnaie. Le Yuan pourrait obtenir une reconnaissance internationale par rapport à la monnaie de Trump d’autant que le pétrole brasse 14’000 milliards $ par année.

Au premier trimestre la croissance chinoise fut de 6,8% (objectif the 6,5%) alors que le gouvernement a pris des mesures pour combattre la bulle immobilière.

Avec 385’000 bus électriques, le parc chinois détient le 99% du parc mondial. Chaque mois 9’500 bus de plus sont mis en service notamment par le constructeur BYD.  Les 275’000 barils/jour de pétrole économisé commencent à heurter l’industrie pétrolière.

La Chine pourrait ajouter 700 forages de gaz de schiste d’ici à 2020 sur 3 gisements opérés par PetroChina et Sinopec. Pékin a l’objectif d’extraire 30 milliards m3 d’ici à 2020 pour remplacer le charbon. Le charbon est plus polluant pour l’air alors que le gaz est plus dangereux pour le réchauffement climatique. Quand il faut choisir entre deux poisons.

L’énergie éolienne a atteint 163,7 GW soit le 10% de la production nationale. Certaines régions comme dans la province du Shaanxi est capable de fournir bien plus d’éolien mais l’infrastructure électrique n’arrive pas à suivre.

 

Dessin: l’Excellent Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

Le 12 mai, Donald Trump pourrait revisiter les sanctions contre l’Iran. Alors que les prix du baril augmentent, cette décision pourrait pousser le baril encore plus haut. Donal Trump n’est pas sans savoir que les automobilistes cherchent toujours un coupable pour justifier une hausse de l’essence. Comme les élections de mi-mandat arrivent à l’automne, le maître du Monde a certainement ce paramètre en tête. Pour s’émanciper de la hausse, il a envoyé un tweet accusant l’OPEP.

Si le baril devait remonter sur les 100$, les risques de récession pourraient mettre à mal les ambitions économiques de Trump.

La Russie et l’Iran ont démarré un programme de troc: “pétrole/marchandises” afin d’éviter les transactions en dollar américain. Moscou recevra 100’000 barils/jour en échange de marchandises et des produits agricoles russes.

 

Irak

Selon le ministre du pétrole al-Luaibi, les réserves du pays sont plus élevées que les estimations de 153 milliards de barils. En fait, le brave homme a doublé et passé les réserves à 310 milliards de barils. Avec cette règle de trois, l’Irak prend le leadership mondial devant le Venezuela à 300 milliards et l’Arabie avec 260 milliards de barils. Tous ces chiffres sont à prendre avec des pincettes et un certain scepticisme.

L’objectif du pays est d’augmenter sa production pétrolière de 5 à 6,5 millions b/j d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, le pays va devoir pomper d’importantes quantités d’eau de la mer et la dessaler afin de l’injecter dans les forages. Une usine est en train d’être construite. Sa mise en service est prévue en 2022.

Europe

La part de marché des ventes de voitures diesel est descendue à 39% en février (46% en 2017).

France

Comme Shell, le pétrolier Total continue sa transition de pétrolier à électricien. Le géant a acheté 75% de Direct Energie pour 1,4 milliards €. Direct Energie livre de l’électricité aux particuliers. Sur ce marché, Total se retrouve en 3ème position après Engie et EDF dans la livraison de gaz et d’électricité avec 3,1 millions de clients.

En 2016, Total avait déjà acheté le Belge Lampiris avec 6 millions de clients en France et 1 million en Belgique.

De son côté Engie compte 4 millions de clients et EDF 25.6. En 2017, EDF a perdu plus de 1 million de clients.

Engie et EDF importent de plus en plus de gaz de schiste américain. Ce comportement amène la question : est-ce que les citoyens veulent vraiment du gaz aussi sale ?

Le PDG de Direct Energie (donc Total) Xavier Caïtucoli, a annoncé: “le compteur électrique Linky, ce n’est pas Facebook!” On ne voudrait pas mettre sa parole en doute, mais côté transparence, ça reste opaque. Avec la nouvelle loi DGPR sur la protection des données, l’entreprise devra demander l’autorisation à ses usagers pour les traquer et de passer à une prise de données toutes les 30 minutes.

Plus de sept millions de ces compteurs numériques ont déjà été installés en France, mais ils sont contestés dans environ 300 villes et communes.

Emmanuel Macron et Donald Trump ont planté un chêne dans le jardin de la Maison-Blanche pour afficher l’amitié entre les deux rois du marketing. Cinq jours plus tard, le chêne a déjà été retiré de la pelouse de la Maison Blanche.

 

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Hollande

Sous la pression de l’association Friends of the Earth, Shell a publié sa “Transition Energétique” et explique comment elle va réduire ses émissions de carbone. Shell désire s’insérer dans l’électricité générée de manière renouvelable.

Le rapport arrive alors que Friends of the Earth avait menacé légalement la major pétrolière avant son assemblée générale.

 

Allemagne

Berlin demande à ses constructeurs automobiles d’effectuer une rapide transition vers la voiture électrique et les batteries afin de sauvegarder les emplois dans le pays. L’Allemagne a produit 16,5 millions de voitures en 2017 avec 825’000 travailleurs. Les constructeurs devraient mettre 50 milliards $ sur la table pour développer leurs voitures électriques.

Herbert Diess a remplacé Matthias Müller au poste de président de Volkswagen. Matthias Müller a eu droit à une augmentation de 40% de son salaire à 10 millions €. Le mois dernier, il avait prédit un grand retour du Diesel. Quant à Herbert Diess, il s’est régulièrement heurté aux syndicats. On peut imaginer que l’ambiance au sein de la multinationale va être intéressante.

 

Norvège

Les norvégiens de InterWell ont réussi à trouver un moyen pour condamner définitivement un puits pétrolier ou gazier. L’injection de Thermite, un mélange d’aluminium métallique et d’oxyde de fer, permet de brûler et de faire fondre à 3000 degrés les tuyaux ainsi que les roches alentours en créant un magma artificiel. Ce système permet de stopper les émanations de méthane dans les puits abandonnés.

 

Suisse

Vous n’allez jamais le croire. Le Département fédéral de l’énergie Suisse a revu à la hausse les coûts de désaffectation des centrales nucléaires et de gestion des déchets radioactifs. La douloureuse devrait se monter à 24,581 milliards $, soit 1,097 milliard $ de plus que l’estimation de décembre dernier et le double d’il y a quelques années. Certains parlent d’une facture à 40 milliards. Qu’importe le montant final, nos enfants s’en chargeront.

La Banque Nationale Suisse annonce une perte de 6,5 milliards francs. Coïncidence, la BNS a justement perdu 7 milliards $ dans ses investissements dans le pétrole et gaz de schiste aux USA. L’institution, qui fait preuve d’autant de transparence et d’ouverture que le KGB, aurait déclaré «c’est injuste, c’est vraiment trop injuste

 

Déclaration du Président de la Banque Nationale Suisse sur les pertes de 6,5 milliards francs

 

Les Amériques

Venezuela

La production pétrolière plonge à 1,6 millions b/j (2,4 en 2015). Selon Reuters, les employés quittent massivement l’entreprise nationale pétrolière PDVSA sous le contrôle du Général Manuel Quevedo. A son arrivée, le Général a licencié une grande quantité d’employés et les a remplacés par des militaires. Sur les 146’000 employés, 25’000 sont partis depuis janvier 2017. Si PDVSA devrait s’écrouler, le prix du baril pourrait secouer l’Economie mondiale.

L’inflation atteint les 13’000% et l’Economie a chuté de 15%.

Le pays doit honorer une dette de 8 milliards $ cette année et un défaut n’est pas exclu.

Le Venezuela est l’un des plus grands exportateurs de pétrole vers Washington et livre 41% sa production. Ce chiffre est en baisse alors que les USA préfèrent le Mexique et le Canada. Les raffineries US apprécient le brut très lourd de Caracas et d’éventuelles sanctions de Trump pourraient mettre à mal des unités de raffinage.

Le Président Nicolas Maduro espérait rembourser 3,15 milliards $ de dettes à la Russie via sa nouvelle crypto monnaie. Evidemment, Moscou a décliné l’offre.

 

Chili

Le gouvernement chilien étudie la possibilité d’interdire la vente de 32% du plus grand producteur national de lithium SQM au chinois Tianqi Lithium. Le montant de la transaction est  estimée à 5 milliards $. Le lithium est un composant essentiel pour les batteries de voitures électriques.

Le Président Sebastián Piñera fait face à une pression et aux menaces chinoise. Si Tianqi arrive à exécuter cette transaction, il détiendra une place dominante sur le marché mondial. Tianqui possède déjà la mine de Talison Lithium en Australie. La décision pourrait intervenir en août.

 

Argentine

Le président Mauricio Macri, l’ami des multinationales, propose d’étendre la prospection pétrolière et gazière en Patagonie.

Omar Gutierrez , gouverneur de la province de Neuquen, estime qu’il faut maintenant lever les règles sur l’extraction de schiste dans la formation de la Vaca Muerte. L’extraction est actuellement deux fois moins chère et représente le 22% de la production nationale.

 

Dessin Chappatte

 

Asie

Corée du Nord et du Sud

Les leaders des deux pays se sont rencontrés lors d’une rencontre… historique.

La Russie a proposé de construire un gazoduc pour relier la Corée du Sud via la Corée du Nord.

Les syndicats de Hyundai Motor préviennent que 70% des employés pourraient perdre leurs emplois à cause de l’arrivée des voitures électriques. Ces véhicules ne nécessitent pas de boites de vitesses et de moteurs compliqués.

 

Afrique

Libye

L’homme fort du pays, le Général Khalifa Hifter, 75 ans, a été emmené en France pour se faire soigner d’une possible attaque.

Les efforts du général pour maintenir la production pétrolière du pays ont été essentiels. Aidé par les forces militaires, la Libye est passée de 300’000 à 1 million b/j. depuis la chute de Kadhafi. Si Hifter ne devait pas retourner au pays, on peut imaginer que les fractions rivales redeviennent rivales.

Les amabilités n’ont d’ailleurs pas tardé. A al Waha, un pipeline a explosé perdant 100’000 b/j. Il reste à espérer que le chaos ne reviendra pas dans tout le pays.

 

Algérie

L’italien ENI a signé une série d’accords pour développer l’exploitation gazière dans le pays. L’Algérie est le 10 ème plus grand producteur de gaz mondial et le 3ème fournisseur pour l’Europe.

Anadarko, Total, et Statoil sont également dans les parages, mais la bureaucratie et l’inertie du pays réfrènent les ardeurs des pétroliers et gaziers.

 

Nigeria

La production du pays plafonne à 2,022 millions b/j au lieu des 2,3 du budget. Alors que le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole, il est le plus grand importateur d’essence.

 

Phrases du Mois

We are working to shift from a year-to-year agreement to a 10 to 20-year agreement. We have agreement on the big picture with Russia, but not yet on the detail.” Mohamed bin Salman, prince Héritier de l’Arabie Saoudite.

« Les USA présente une solide candidature pour la Coupe du Monde de Football en 2026 avec le Canada et le Mexique. Ce serait une honte si les pays que nous  avons toujours financièrement aidés feraient du lobby contre la candidature américaine. Pourquoi devrions-nous supporter ces pays, s’ils ne nous supportent pas (inclus les Nations Unies). » Donald Trump

The military guys arrive calling the engineers thieves and saboteurs,” un cadre vénézuélien de PDVSA.

Le pessimisme de l’intelligence face à l’optimisme de la volonté. Au point de vue purement intellectuel, ce n’est pas facile d’être optimiste, mais nous avons besoin d’être optimiste.”  Antonio Gramsci.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Un baril de pétrole à 74$, ça vous change le monde

Le baril de pétrole a pris l’ascenseur et gagné 7$ en 2 semaines pour atteindre 74.72$ à Londres. Pour autant, l’avenir de l’or noir est toujours aussi difficile à prédire même si la probabilité de le voir remonter à 100$ gagne du terrain.

Les fondamentaux actuels ne sont pas sans rappeler la crise de 2008: forte hausse des prix du baril, dérégulation financière, poussée de l’inflation et niveau inquiétant de la dette. Le tout avait débouché sur un crash. L’histoire est-elle en train de se répéter?


 

Depuis de nombreux mois, l’industrie pétrolière s’inquiète de la pénurie de production à venir. Générée par le manque de 1’000 milliards $ d’investissements nécessaires à combler la déplétion des gisements, l’Economie Mondiale pourrait être impactée dans les 2 années à venir.

La semaine dernière, Paal Kibsgaard, CEO de Schlumberger, craignait le «sous-investissement dramatique qui pourrait conduire à un déficit de l’offre dès le mois de septembre 2018 déjà».

Présenté comme le sauveur mais démenti par l’implacable froideur des chiffres, le pétrole de schiste aura d’avantage été un buzz médiatique qu’une solution pérenne pour les décennies à venir.

 

 

Arabie Saoudite : «L’Economie Mondial peut vivre avec un baril entre 80 et 100$»

Dans l’immédiat, c’est la baisse de production de 1,8 million barils/jour voulue par l’OPEP et Moscou qui stimule les prix du baril. Depuis janvier 2017, les stocks mondiaux ont diminué de 360 millions de barils.

Conscient du risque, Riyad a lancé une campagne de communication rassurante. Le ministre du pétrole saoudien, Khalid al-Falih, souligne que «l’Economie Mondiale a les capacités d’absorber un baril entre 80 et 100$.» L’objectif est clair : éviter d’essouffler l’Economie avec un baril trop cher. De son côté, le Prince héritier Mohammed bin Salman a tenté de rassurer en «désirant maîtriser les prix du baril sur une période de dix ans et de les maintenir dans cette fourchette».

Est-ce que l’OPEP et la Russie auront la capacité technique d’augmenter leurs productions pour éviter que les prix explosent? Cette question n’a pas encore de réponse mais éveille des craintes.

Vendredi dernier, le Président Trump s’est fendu d’une première mise en garde via Twitter. Dans une position schizophrénique, Trump acclame une hausse qui permet de soutenir son pétrole de schiste mais condamne une essence trop chère qui pénalise ses électeurs avides de pick-up trucks et autres SUVs.

 

A 100$ : le pétrole détruit l’Economie

Le mécanisme macro-économique est maintenant connu et testé. Dès 100$, le pétrole tend à détruire l’Economie et provoque sa chute en entrainant le prix du baril à la baisse. Ainsi durant la crise de 2008, après avoir atteint 147$, le baril a chuté en quelques mois à 30$.

De manière conceptuelle, le schéma se résume ainsi. La dérégulation financière permet aux institutions bancaires de créer des «produits exotiques» qui facilitent l’accès aux prêts des particuliers et des entités publiques.

L’augmentation du pétrole, pousse l’inflation et fait augmenter les taux d’intérêt. L’incapacité de payer les intérêts fait exploser la bulle.

L’Economie se contracte et fait chuter les prix du baril.

 

La dette mondiale atteint un nouveau record

Avec 164’000 milliards de dollars, soit 12% de plus qu’en 2009, l’année qui a suivi la faillite de la banque Lehman Brothers, la dette mondiale a atteint un nouveau record avec 225% du produit intérieur brut mondial.

Depuis 2007, la Chine représente 43% de l’augmentation de cette dette. Les USA cumulent 21’000 milliards $ soir 5’600 milliards sont des emprunts de l’État et 15’300 milliards, des emprunts des collectivités publiques.

Même le Fonds Monétaire International (FMI) s’inquiète de cette hausse et suggère de «terminer les stimulations fiscales qui ne font que d’aggraver la dette publique». Ces recommandations doivent siffler aux oreilles de Donald Trump qui vient d’instaurer une baisse fiscale importante tout en augmentant la dette du pays. Elle pourrait même atteindre les oreilles de la Suisse qui propose de diminuer la fiscalisation des entreprises.

Après la bulle de l’immobilier via les subprimes de 2008, aujourd’hui les dettes des étudiants et propriétaires d’automobiles américains ainsi que la dette immobilière chinoise préoccupent.

 

Un changement majeur

Parmi les similitudes avec 2008, il y a un élément qui diffère fondamentalement. Contrairement à la précédente crise, de nombreux responsables de l’industrie pétrolière ainsi que le directeur de l’Agence Internationale de l’Energie, Fatih Birol, s’inquiètent ouvertement de l’impact à venir des prix de l’or noir sur l’Economie. C’est déjà un progrès!

Serait-il opportun de réellement s’attaquer au cœur du problème: découpler notre croissance par rapport au pétrole. Pour 1% de croissance mondiale, nous avons toujours besoin de 690’000 barils/jour.

Avons-nous besoin de croissance ou avons-nous besoin de pétrole? Ces questions deviendront certainement d’actualité dans les 2 années à venir. Un baril à 74$ ne changera peut-être pas le monde, mais il pourrait donner le signal.

 

Le Pétrole de schiste Américain nous sauvera-t-il?

La puissance d’un pays est souvent mesurée par sa capacité à générer de l’énergie. Le Gouvernement Obama (photo) avait pris à la lettre ce principe en portant à bout de bras le pétrole de schiste. Donald Trump a dignement repris le flambeau.

Depuis 2009, l’industrie de schiste a perdu des centaines de milliards $. En faisant miroiter une abondance à venir Washington et Wall Street ont réussi le tour de force à faire supporter les pertes par les banques et les investisseurs souvent étrangers.

Corolaire de cette communication, le monde a fini par croire que le schiste allait apporter une réponse définitive à nos besoins pétroliers. Qu’en est-il ?


Une demande qui arrive à 100 millions de barils par jour (b/j)

La demande pétrolière mondiale est en passe de toucher les 100 millions de barils/jour (16 milliards de litres par jour ou 5’000 piscines olympiques).

Depuis 2014, la chute des investissements d’exploration a poussé les découvertes à un plus bas jamais vu depuis 70 ans. Les pétroliers s’inquiètent de leurs capacités à satisfaire les marchés d’ici à 2020.

Si l’OPEP et la Russie semblent encore avoir une certaine marge de progression, pour 2018 et 2019, la quasi-totalité de l’augmentation de la production pétrolière hors-OPEP repose sur les USA. A eux seuls, les gisements de schiste du Bassin Permien devraient garantir les 70% de la hausse américaine.

Découvertes pétrolières depuis 1952.
Les trois moins bonnes années: 2014-15-16
Source: Bloomberg

 

Le pétrole de schiste du Bassin Permien

Aux USA, la croissance pétrolière continue avec un niveau record de 808 forages, au plus haut depuis 2015.

Aujourd’hui, le pétrole de schiste représente le tiers des 10,4 millions b/j extrait dans le pays et son plus grand gisement, le Bassin Permien, contiendrait 35 milliards de barils.

C’est sur cette nouvelle mine d’or que tablent les pétroliers américains même si l’on ne connaît pas la quantité de pétrole qui pourra être effectivement extraite en tenant compte des considérations techniques et économiques.

Cette année, la production du Bassin Permien pourrait augmenter de 40% passant de 3,15 millions à 4 millions b/j. Cette course pousse les acteurs à exploiter les gisements les plus prometteurs et à vendre les terrains de seconde zone pour maintenir leur cash flow.

Voilà pour le tableau idyllique peint par l’industrie.

 

Certains signaux passent au rouge

Si le Bassin Permien n’arrive pas à concrétiser une progression mensuelle de 80’000 b/j, dès 2020 l’impact se fera sentir sur les marchés.

Dans les indicateurs, un ratio est à regarder de très près. Alors que les champs de pétrole conventionnel (Arabie, Russie) ont une durée de vie qui se calcule en décennies, la production d’un forage de schiste se limite entre 1 et 3 ans.

A l’image d’une bouteille de champagne bien secouée, la capacité d’un forage peut diminuer de 60% dès le premier mois. Dans le Bassin Permien, cette déplétion se monte aujourd’hui à 75%. Il y a une année, ce taux était encore de 62%.

L’EIA projette qu’en avril, la déplétion du Bassin Permien atteindra 195’000 barils/jour. Elle sera compensée par l’arrivée de nouveaux gisements à hauteur de 275’000 b/j.  (+80’000). En comparaison, dans le Dakota du Nord, la déplétion mensuelle est de 59% soit une perte de 59’000 b/j compensée par une nouvelle production de 72’000 soit un surplus de 12’000 b/j.

La raison de cette chute brutale du Bassin Permien pourrait s’expliquer par la proximité des forages qui cannibalisent le même pétrole.

Autre signe d’inquiétude, l’augmentation de la quantité de gaz dans le pétrole. Quand le pétrole est extrait, la pression dans le réservoir diminue et le gaz contenu dans le pétrole se sépare et fini par remonter. Dans le bassin Permien, la production de gaz est cinq fois plus importante que dans le Bakken alors que sa production n’est que de 3 fois supérieure.

Finalement, alors que les exploitants se sont focalisés sur les gisements les plus prolixes, l’année à venir va pouvoir déterminer si les puits moins prometteurs pourront augmenter ou maintenir la production américaine.

C’est à ce jeu du chat et la souris que joue le schiste US et sur lequel nous planifions notre avenir.

 

Réactions de Donald Trump

La Maison Blanche tente bien d’anticiper le plafonnement ou l’effondrement du schiste en ouvrant les côtes américaines aux forages en haute mer, plus onéreux mais plus consistants sur la durée. Depuis cette annonce, peu d’acteurs ont marqué un intérêt. La catastrophe DeepWater Horizon et les 60 milliards $ déboursés par BP fonctionne toujours comme une piqure de rappel pour les pétroliers téméraires.

Jusqu’à la fin de son premier mandat, est que le schiste suffira à maintenir le statu de “dominance énergétique” voulu par le président Trump? Il est trop tôt pour y répondre.

Ces signaux devraient également nous interpeler. Mais comme le souligne le directeur de l’IEA, International Energy Agency, Fatih Birol, le monde n’arrive pas à diminuer sa dépendance aux énergies fossiles. Dans les années 80, la consommation énergétique provenait à 83% des énergies fossiles. Nous en sommes à 81% aujourd’hui.

Nous pourrions bientôt voir radicalement évoluer ces indicateurs.

Paradoxalement, c’est justement à cause du manque d’énergie à empoigner de ce problème, qui nous conduira au manque d’énergie.

Pour l’instant, tous nos oeufs sont dans le même panier. Les années à venir souligneront ou pas la justesse de cette stratégie.

 

Sources: IEA (agence internationale de l’énegie), EIA (agence américaine de l’énergie), Bloomberg, Financial Times, Tom Whipple, David Hughes ASPO-USA

 

Energies, Economie, Pétrole: La Revue Mondiale Mars 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie. Même si elle est publiée le 1er avril, il n’y a aucun poisson!
– Allemagne: FlexiBus passe aux bus électriques “longue distance”
– Pétrole: La demande grimpe à 98,6 millions barils/jour
– USA: Tesla entre en zone de turbulences financières
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman recherche des fonds aux USA
– Norvège: Le pétrolier Statoil change de nom pour devenir vert
– Irak: 30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait
– Russie: ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique
– Suisse: Le français Bouygues Construction s’offre le Suisse Alpiq Intech


 

Les casquettes “Le baril à 70$, J’y étais” fleurissent dans les salles de trading. Il tient la forme à Londres où il plane à 70.27$  (66.63$ fin février) et à 64.94$ à New York (63.01$ fin février).

L’uranium profite de l’hiver pour piquer un roupillon. Il ne fait plus rien depuis des mois. On le retrouve à 21.10$ (21.75$ fin février).

 

Graphique du mois
Découvertes de pétrole depuis 1952

en milliards de barils
Les 3 dernières années sont les plus basses depuis 1952. Source : Bloomberg

 

Pétrole / Gaz

Les membres du cartel de l’OPEP estiment que la demande pétrolière devrait augmenter de 1,6 millions de barils par jour à 98,6 millions pour 2018. La grande partie de cette hausse provient de la Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine. Le cartel estime que la production américaine pourrait couvrir intégralement cette hausse.

Dans le monde en 2017, la demande pétrolière s’est accrue de 2,1% selon l’International Energy Agency, soit deux fois plus rapidement qu’en 2016. C’est le double de la moyenne des dix dernières années.

Le gaz, pas si naturel que ça. Les quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2, relâchées lors de l’extraction et le transport du gaz naturel dépassent celles du permafrost en Arctique. La stratégie chinoise de “tout au gaz” pourrait s’avérer cruelle pour le climat et bien plus dangereuse que celle du «tout au charbon».

 

Planète

Nous devrions construire 1’100 MW/annuel d’infrastructures renouvelables pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés. La Carnegie Institution l’estime actuellement à 151 MW/an.

La production énergétique combinée du solaire, éolien, géothermie, marée, hydro représente le 4% de la production mondiale.

Tu es le meilleur et le plus gentil des enfants. Je me souviendrai toujours de toi. Je l’aime…
Maman, je vais juste à l’école…
(Suite aux attaques armées aux USA)

 

USA

A lui seul, le Bassin Permien, est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation  (+80 000 barils) pétrolière américaine du mois de mars. Si le gisement pétrolier de schiste continu sur sa lancée, la production américaine pourrait augmenter de 1 million de barils durant 2018.

Pour la première fois depuis 1957, les USA ont exporté plus de gaz qu’ils en ont importé.

Pas de bol pour l’exploration pétrolière en Alaska. Les températures trop chaudes de cet hiver ont causé des soucis aux machines optimalisées pour des froids de canard. Résultat:  -15’000 barils/jour au gisement de North Slope.

Tesla Motor, le constructeur de voitures électriques est financièrement à la peine. Le malheur de Tesla est de combiner le meilleur vendeur de voitures au monde (Elon Musk), doublé du pire manufacturier. (voir graphique des ventes ci-dessous)

Big data : Une bataille des données secoue l’industrie pétrolière. Les foreurs collectent des données de plus en plus précieuses pour l’extraction et l’optimalisation pétrolière. Ils désirent revendre ces données aux exploitants. Ces derniers rétorquent que ces données leur appartiennent.

Le Président Trump a viré pratiquement tous ses collaborateurs de base afin de monter sa propre «dream team». L’impact sur les USA et le monde est à vérifier dans les mois à venir. Le taux d’opinion favorable de Donald Trump remonte à 42%, au plus haut depuis 11 mois.

Les USA sont le seul pays au monde qui permet à un individu d’être propriétaire des matières premières situées dans le sous-sol. La National Association of Royalty Owners estime que 12 millions d’Américains reçoivent des royalties d’exploitation de pétrole, de gaz et d’autres minéraux.

La consommation américaine d’essence et de diesel est restée super stable en 2017 à 9,317 millions de barils par jour.

Facebook et Cambridge Analytica aiment à croiser et commercialiser vos données. Voici quelques outils: Ghostery ou Privacy Tracker pour vous protéger des cookies, des mouchards et des trackers. Lightbeam pour suivre vos suiveurs ou le très amusant ClickClickClick.click qui analyse votre comportement. Pour vos e-mails sécurisés: Proton mail.

 

Malgré une économie robuste, la demande d’électricité a diminué de 2,1 % l’année dernière. Il est vrai que les Américains ont une énorme marge de progression quant à l’efficience énergétique.

L’Etat de Pennsylvanie veut faire cesser la faillite de Philadelphia Energy Solutions. Ce propriétaire de raffineries doit plus de 3,8 milliards $ de taxes à l’État, alors qu’il n’a que 43 millions en cash.

La Californie va interdire la construction de nouvelles centrales électriques à gaz. En cause les émanations de méthane.

Evolution des ventes de voitures Tesla
Source: Statista 2018

Russie

Les relations entre l’Europe et Moscou continuent de se détériorer suite à la tentative d’assassinat d’un ancien espion soviétique vivant à Londres. Mais même si devant les caméras, les leaders européens hérissent les poils, en coulisse ils se félicitent de la réélection de Vladimir Poutine. En effet, la dépendance énergétique de l’Europe ne peut s’accommoder d’une disruption russe des livraisons de gaz et de pétrole.

Moscou est en train de construire 2 nouveaux gazoducs en direction d’une Europe toujours plus gourmande et dépendante du gaz russe.

ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique. La production de pétrole conventionnel en Russie augmente lentement mais ses champs s’épuisent. Pour le plus grand producteur de pétrole mondial, l’Arctique est nécessaire pour maintenir sa position et ses exportations. Actuellement, la Russie ne semble pas posséder les technologies de forage spécifiques à l’Arctique.

 

Arabie Saoudite

Le Prince Mohammed bin Salman (MbS), a réalisé une course d’école de 3 semaines aux USA notamment à New York, Washington, Boston, Houston, San Francisco et Seattle. L’objectif fut de lever des fonds pour financer ses projets pharaoniques de 500 milliards $. Avant d’arriver aux USA, le prince héritier est passé par Londres pour jauger l’intérêt des anglais pour l’IPO de Saudi Aramco.

Le Prince héritier a également parlé avec Donald Trump de l’opportunité d’acquérir l’arme atomique, histoire de mettre un peu d’ambiance au Moyen-Orient. Dans l’attente, il a passé une commande de 12,5 milliards $ d’armes militaires.

Le Royaume va garder ses exportations pétrolières en-dessous de 7 millions b/j en avril afin de soutenir les prix sur les marchés. La production totale reste sous les 10 millions b/j.

La compagnie pétrolière nationale Aramco va certainement attendre pour effectuer son IPO et entrer à la bourse de New York ou de Londres. Le concept de base espérait lever 200 milliards $, mais l’empressement des investisseurs ne s’est pas vérifié. Riyad valorise l’entreprise à 2’000 milliards $ alors qu’aucun rapport financier sérieux n’a jamais été rendu public.

Shell et l’Arabie Saoudite se rapprochent au niveau mondial pour des projets gaziers. L’Arabie Saoudite aimerait jouer un rôle plus important dans l’industrie gazière. Riyad voudrait remplacer le pétrole par du gaz notamment pour sa production électrique.

12,5 milliards d’investissements militaires américains de l’Arabie Saoudite
Prince bin Salman et Trump

Asie

Chine

Les actifs pétroliers à l’étranger, détenus par des entreprises chinoises, dépassent la production pétrolière interne. Cependant, une partie de la production étrangère n’est pas rapatriée en Chine mais est revendue sur les marchés internationaux. L’IEA estime que la production de pétrole chinois couvre les 30% de sa demande interne. D’ici à 2023, ce chiffre descendra à 25%.

En imposant à des millions de ménages de passer du charbon au gaz pour se chauffer, la Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz au monde.

Les USA pourraient être bien positionnés pour écouler leurs stocks excédentaires de gaz de schiste mais cela pourrait dépendre des facéties de Trump ainsi que la capacité pour l’industrie de schiste américaine à maintenir la production sur le long terme.

Le Vietnam a subi la pression de la Chine afin d’arrêter son deuxième forage pétrolier dans le sud de la Mer de Chine.  La Chine revendique le pétrole qui se trouve dans cette région. Les pressions économiques sont trop fortes pour le petit pays.

Le parlement a modifié la Constitution pour permettre au chef de l’Etat, Xi Jinping, de garder son poste à vie.

Votre voiture en 3D! XEV, une startup italienne et le chinois Polymaker spécialisé dans l’impression 3D, ont mis au point une voiture imprimée en 3D. Quelques composants sont néanmoins fabriqués avec des méthodes traditionnelles: le châssis, les vitres et les pneus. La LSEV (Low Speed Electric Vehicle) de deux places coûtera moins de 7’500$. Trois jours de travail sont nécessaires pour fabriquer et monter les pièces. Pour l’instant, elle n’a pas passé les crash tests.

 

Japon

Ce 11 mars 2018, 7 bougies ont été soufflées sur le gâteau de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon. Le démantèlement estimé à 620 milliards$, qui devrait durer 40 ans, suit son bonhomme de chemin.

 

Une voiture imprimée en 3D

 

Europe

Norvège

L’entreprise pétrolière nationale Statoil va changer son nom. L’entité va s’appeler Equinor. Ce changement de nom a pour objectif de donner une image verte claire à ce géant pétrolier dont le vert est très foncé. On sent déjà que la planète va mieux.

Ce changement est une excellente nouvelle pour le vétérinaire qui possède le site Equinor.no . Il semble en bonne position pour monnayer son site auprès de la multinationale.
Un tuyau pour les élèves de marketing de 1er année qui lisent cette rubrique. Quand vous choisissez une nouvelle marque, il est toujours de bon ton de faire quelques recherches sur la disponibilité des noms sur la grande toile.

La Finlande, le Danemark, la Norvège et la Suède possèdent le 8% des voitures électriques à travers le monde. La Norvège, l’Islande et la Suède ont le ratio «voitures électriques/nombre habitants» le plus élevé. De 250’000 voitures électriques aujourd’hui, la projection est de 4 millions en 2030.

 

Angleterre

Selon BP depuis 2010, les coûts de production d’électricité éolienne a diminué de 23 % et le solaire de 73 %.

Selon les standards de la firme anglaise, ces deux énergies sont complètement concurrentielles face aux énergies fossiles. Les coûts de la production éolienne diminuent notamment grâce à l’allongement des pales et de la puissance totale des machines.

Le salaire de Bob Dudley, CEO de BP, a augmenté de 13% à 13,4 millions $ en 2017. Afin de partager et de copier les bonnes pratiques de l’industrie, je me suis empressé de partager cette nouvelle avec mon boss.  Je signe même pour la moitié.

 

France

Suite à la catastrophique visite du premier ministre canadien, Justin Trudeau, le président français Macron a nettement mieux su gérer sa campagne de promotion lors de sa visite en Inde.

Avec le Président Macron, ENGIE, le géant français, a inauguré à Mirzapur, Inde, une ferme solaire de 101 MW. Elle prétend également avoir signé pour plus de 608 MW de projets d’énergie solaire et éolienne dans ce pays. Cependant, il faut toujours se méfier d’annonces aussi gigantesques surtout quand elles sont signées avec l’Inde. En effet, la corruption, l’absence d’éthique et les pratiques locales dans les affaires font parfois capoter les projets même les plus ambitieux.

EDF claironne un investissement de 8 milliards € dans les énergies renouvelables d’ici à 2035. Une goutte d’eau pour faire face aux vrais besoins ou un montant suffisant? L’avenir le dira.

 

Allemagne

Le patron de Volkswagen, Mathias Müller, a reçu un bonus de 10 millions d’euros, + 40%. Au passage, il déclare que le diesel va «revenir». On notera toute la saveur de l’histoire. Non seulement il se prend 10 millions, juste après le pire scandale de l’histoire du diesel et dans la foulée il ajoute qu’il va continuer à nous gaver de particules fines. Il pourrait se reconvertir et finir CEO dans une banque, parce qu’en terme d’hypocrisie, c’est assez remarquable!

L’entreprise allemande de bus, Flixbus, investit dans la production de bus électriques en Chine auprès de Zhengzhou Yutong Bus Co ainsi que BYD. La première ligne de bus électriques pourrait être: Paris – Amiens en avril déjà.

Dessin Chappatte

 

Suisse

Pour 850 millions frs, Bouygues Construction a acheté au Suisse Alpiq: Alpiq Intech ainsi que l’Allemand Kraftanlagen. Le fleuron Alpiq Intech génère de juteux profits depuis des années. EDF actionnaire à 25% dans le capital action d’Alpiq a fortement influencé ce fructueux accord pour le français. On s’étonne également du prix excessivement bas de cette transaction alors qu’Alpiq Inteq a généré un profit de 221 millions frs en 2017.

Les résultats 2017 d’Alpiq sont excellents avec un bénéfice de 278 millions frs. et des fonds propres de 2,851 milliards. Après avoir passé les comptes dans la moulinette d’optimalisation fiscale et stratégique, Alpiq enregistre une perte magique de 84 millions frs! Ayons une pensée émue pour tous ceux qui paient des impôts.

En Suisse, la consommation électrique se compose à 55,9% d’hydraulique (53.4% en 2016), 16,9% de nucléaire (20.7), 5,9% de renouvelables (4.9) et 21.3% de charbon. Pour la bienséance, les statistiques ne parlent pas de charbon mais utilise la terminologie environnementalement plus neutre: «sources inconnues». Du côté de la production : 59% hydraulique, 33% nucléaire, 3% gaz, 5% renouvelables.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Les médias commencent à comprendre la différence entre le pétrole de schiste et le pétrole conventionnel. Trop léger, le schiste n’est pas le meilleur ami du diesel ou du kérosène dont le monde a besoin. Les raffineries américaines ne s’accommodent que difficilement de ce schiste et les places de stockage sont déjà pleines en attente de lui trouver une utilité. Morgan Stanley pense les producteurs vont devoir accepter un tarif bien plus bas pour cette mauvaise qualité de pétrole.

La Oklahoma Corporation Commission a créé un nouveau protocole de fracturation hydraulique après que 70 tremblements de terre, d’une magnitude minimale de 2,5, ont secoué l’Oklahoma en 2016. Les entreprises devront immédiatement suspendre leurs opérations 6h après un nouveau tremblement de terre.

Le bassin Permien produit également des quantités record de gaz de schiste, qui sont pour l’instant intransportable à cause du manque d’infrastructures. De plus, cette quantité de gaz s’ajoute à un marché saturé. Cette surproduction sonne le signal d’alarme de l’épuisement des gisements.

 

Venezuela

La production du brut est passée de 2,3 millions de barils/jour en janvier 2016, à 1,6 million aujourd’hui.

Avec le nouveau secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, la situation pourrait rapidement tourner au vinaigre avec le Venezuela. Ainsi, si les sanctions Trumpiennes devaient encore se greffer sur les problèmes du pays, l’impact sur la production pétrolière ne fera qu’accentuer le déclin.

Le nombre de forages actifs est passé de 70 en 2016 à 43 aujourd’hui. Le manque d’employés qualifiés, de pétrole capable de liquéfier le brut vénézuélien et le déclin des investissements précipitent cette chute.

 

Mexique

Le candidat de gauche à la course à la présidentielle, Andres Manuel López Obrador, désire geler les investissements d’entreprises privées dans le domaine pétrolier. Il propose également d’augmenter les capacités de raffinage indigène et de stopper les exportations de brut. Actuellement, le brut mexicain est expédié vers les États-Unis pour être raffiné, pour être ensuite réimporté sous forme de carburant.

Durant les trois dernières années, le montant des exportations pétrolières américaines vers le Mexique (diesel, essence, gaz) a dépassé la valeur du brut mexicain vendu aux USA.

Les menaces douanières proférées par Trump ont le mérite de faire éclore des idées autant au Canada qu’au Mexique.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient & Océanie

Iran

La production pétrolière du pays stagne à 3,85 millions b/j. selon l’IEA.

Le renvoi du Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, par le président Trump, cause des insomnies au gouvernement iranien, surtout que l’ancien CEO d’ExxonMobil a été remplacé par un va-en-guerre farouchement opposé à la Corée du Nord et l’Iran.

Trump ne cache pas son envie de casser l’accord nucléaire avec l’Iran, même si Téhéran respecte toutes les clauses. Dans son arsenal, les États-Unis pourraient mettre une pression sur les pays qui achètent le pétrole et le gaz iranien notamment la Chine et l’Inde.

Si Washington impose à nouveau des sanctions à l’Iran et au Venezuela, la baisse pétrolière pourrait se monter à 1 million de barils par jour d’ici à la fin de l’année.

De son côté, Téhéran s’autorisera à recommencer son programme nucléaire. Du coup, l’Arabie Saoudite, par son prince héritier Mohammed bin Salman, réclame elle aussi son joujou nucléaire.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, aimerait garder le prix du baril à 60$. A ce niveau les caisses de l’Etat se remplissent et le schiste américain n’est pas rentable.

La Russie et l’Iran vont développer deux champs pétroliers à la frontière de l’Irak. C’est le deuxième grand accord international suite au 5 milliards $ avec Total. Cependant, l’Iran est déçu du manque d’enthousiasme des pétroliers occidentaux.

 

Irak

Promis à une déferlante pétrolière, le pays stagne à 4,71 millions b/j. Les grandes majors internationales ont diminué leur enthousiasme car les profits ne sont pas mirobolants. Si l’Irak a réussi à augmenter sa production de 2 millions b/j, c’est grâce à BP, Exxon Mobil, Lukoil, Eni, Total ou Royal Dutch Shell.

L’objectif de Bagdad était de monter la production à 12 million b/j. Il est revu à la baisse à 7 million pour 2022.

30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait de ses cendres grâce au gouvernement. L’entité sera chargée de gérer le pétrole à travers le pays.

 

Nouvelle Zélande

Des drones-taxis volants, électriques et sans pilote, vont être testés sous l’élan du cofondateur de Google, Larry Page et sa start up Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk. Une dizaine de rotors ont été installés sur ses ailes, ce qui lui permet de décoller et d’atterrir à la verticale comme un hélicoptère. Le drone pourrait transporter des passagers en zone urbaine en se servant de toits ou de parkings comme aire d’atterrissage. (lire: Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage?)

 

Australie

Simec Zen Energy, contrôlé par le groupe GFG Alliance, va installer une batterie de stockage d’électricité d’une capacité de 120 MW/140 MWh, à Port Augusta. Record du monde. Objectif stocker l’électricité de la nouvelle ferme solaire en train d’être construite à l’aciérie Whyalla Steelworks.

 

Cora, le drone électrique de Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk

 

Afrique

Nigeria

Comme il fallait s’y attendre, la commission nationale chargée d’enquêter sur la corruption de pétrole, ne brille pas par les progrès obtenus. Le montant dépasse les 20 milliards $.

Les pénuries de carburant aux stations d’essence continuent dans ce pays qui est pourtant le plus grand producteur africain de pétrole.

 

Sud Soudan

Les USA sanctionnent 15 opérateurs pétroliers du pays. Motif : les ventes pétrolières profitent au gouvernement du Président Salva Kiir et ce moyen de pression pourrait terminer les conflits dans le pays.

 

Phrases du Mois

«L’Arabie saoudite est un pays très riche, et vous allez, je l’espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d’emplois et d’achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.» Donald Trump à Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite pour l’achat de 12,5 milliards $ d’armes.

 

I believes that “shale oil growth potential may be over-stated as the prime areas of the Eagle Ford and Bakken are already drilled up. The question is how far does the Permian have left. Probably a couple of years.” Mark Papa, former CEO of EOG Resources.

 

Now that I have retired, I have begun to look at the whole nuclear fusion enterprise more dispassionately, and I feel that a working, every-day, commercial fusion reactor would cause more problems than it would solve.” Daniel Jassby, physicien, Princeton Plasma Physics Lab, New Jersey.

 

Nous sommes à une bifurcation des médias et des réseaux sociaux où plus personne accepte de lire quelque chose dont il ne veut pas y croire.” Tim DeChristopher, cofounder of Climate Disobedience Center.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie:
– Allemagne: Des tests de pollution sur des singes par VW, BMW, Mercedes
– France: AREVA change de nom et efface 7 milliards € de dettes
– USA: Trump taxe les panneaux solaires chinois
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ récupérés auprès des Princes
– Hydrogène: L’Allemagne se lance dans les trains. La Hollande dans les bus
– Chine: Le pays devient le plus grand importateur de gaz, de pétrole et de charbon
– Guyane: De larges champs offshores prêts à être exploités


Durant le mois, le baril est passé à 70,37$ à Londres, au plus haut depuis décembre 2014. A la fin de ce premier mois 2018, on le retrouve à 69.02$ à Londres (66.60$ en décembre) et à 64.50$ à New York (60.42$ en décembre).

L’uranium continue d’hiberner à 23.15$ (23.75$ fin décembre).

 

Graphique du Mois
Exportations de pétrole brut et condensé de la Russie vers la Chine  2002-2017

Source: EIA

Pétrole

En 2018, les investissements pétroliers exploratoires touchent un bas historique à 37 milliards $. Du jamais vu en 70 ans (-60% par rapport à 2014).

A l’heure actuelle, il semble que la production de schiste ne va pas être capable de compenser la hausse de la demande ainsi que la déplétion des gisements conventionnels. Un grincement pourrait se produire dès 2020.

Planète

2017 est la 3ème année la plus chaude après 2015 et 2016 selon la NASA. Le mois de Janvier 2017 a été le plus chaud en Suisse depuis 1880.

Du côté des Grands Acteurs:

 

Russie

Le Président Russe Vladmir Poutine a été réélu le 18 mars prochain!

Un deuxième pipeline russe en direction de la Chine a été mis en service entre la Sibérie et l’Océan Pacifique. Pékin importe 600’000 b/j avec ces pipelines.

La production pétrolière russe a atteint un niveau record depuis 30 ans à 10,98 millions b/j.

Gazprom a explosé ses exportations +8,1%, à 193 milliards m3, selon son CEO Alexey Miller. La production de Gazprom est de 471 milliards m3 et le double en kg de CO2. Les deux pays les plus friands du gaz russe sont l’Allemagne et la Turquie.

L’Allemagne a augmenté sa consommation de gaz russe de 7,1% en 2017. Depuis les soucis avec l’Ukraine et les sanctions européennes, les importations de gaz russe en direction de l’Europe ont augmenté de 25%!

USA

L’administration Trump vogue toute voile dehors pour éradiquer les lois concernant les forages offshores établies après la marée noire BP Deepwater Horizon. Ainisi, la Maison Blanche veut autoriser ces forage sur le 90% des côtes US, contre 6% actuellement. Après l’aventure BP, les compagnies pétrolières hésitent à se lancer dans cette galère. En cas de problèmes, elles feront face à de lourdes pénalités légales, les boycottes, les protestations et surtout que l’ami Trump risque de faire ses bagages dans 3 ans.

La marée noire DeepWater Horizon aura finalement coûté à BP plus de 60 milliards $ à la compagnie.

Avec l’arrivée du renouvelable, le nombre d’emplois pour générer de l’électricité diminue. Il faut 5 fois plus d’employés avec le charbon et le nucléaire par rapport aux énergies renouvelables selon BW Research Partnership.

Depuis l’arrivée de Trump, dans le charbon 771 emplois supplémentaires ont été créés pour un total de 54’819.

Washington va instaurer des taxes de 30% sur les panneaux solaires chinois.

Le Gouverneur Andrew Cuomo de l’Etat de New York a créé une force de travail sur le style californien pour combattre le réchauffement climatique et éviter les interférences de la Maison Blanche. Paradoxalement, cela risque de chauffer pour diminuer le réchauffement

La CEO de General Motors, Mary Barra, a promis aux investisseurs, que dès 2021, le fabricant de voitures va générer des profits avec les voitures électriques. GM sera le premier constructeur à générer du cash avec ce type de voitures. Elle n’a pas détaillé son plan d’attaque d’autant que les ventes record de pickups et de SUVs ont battu des records en 2017.

Avec l’essence bon marché et surtout les publicités à base de testostérone, les automobilistes ont acheté plus de pickup trucks que de voitures de tourisme. La consommation US stagne à 8,5 lt/100 km (identique à 2016).

Deux producteurs d’uranium ont demandé au Président Trump de renoncer à utiliser l’uranium russe ou d’Asie centrale pour la confection d’armes ou pour les centrales. Presque 50% de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

La major pétrolière ConocoPhillips va vendre entre 5 et 8 milliards $ d’actifs, principalement dans le secteur du gaz ainsi que racheter 3 milliard $ de ses propres actions pour faire remonter les cours et le bonus de son PDG. ConocoPhillips traine une dette de 20 milliards $.

En Alaska, Conocco Phillips planifie 5 nouveaux forages dont 4 dans la Réserve Naturelle NPR-A nouvellement ouverte par Trump.

La croissance américaine a marqué le pas au quatrième trimestre, à 2,6 % en rythme annuel, repassée sous l’objectif de 3% que s’est fixé Donald Trump.

Publicité réalisée et publiée par Donald Trump.
Imaginez un président européen réaliser une pub pour défendre ses projets!

 

Arabie Saoudite

En quelques mois, le Gouvernement a récolté 100 milliards $ auprès des notables du Royaume suite aux arrestations pour motif de corruption.

Les prix de l’essence ont augmenté à 0.40$ le litre. Par rapport au 6 centimes d’il y a quelques années, l’envolée est remarquable. Le Gouvernement désire stopper les subsides dans le domaine énergétique.

L’Arabie Saoudite tente de reprendre le leadership de l’OPEP en proposant d’inclure les pays hors OPEP dans la régulation de la production mondiale. Moscou a précisé que les inventaires pétroliers, et non les prix du pétrole, seront décisifs pour fixer les prix du marché.

Le Prince milliardaire Alwaleed bin Talal, détenu depuis 2 mois pour cause de corruption, a proposé un accord financier. Le Prince a offert une «donation» au Gouvernement afin d’effacer l’ardoise. Riyad semble tergiverser sur le montant de la douloureuse. Tout ne semble être qu’une question de temps.

L’Arabie Saoudite va choisir l’heureux élu qui aura le privilège de construire sa première centrale nucléaire. La France, les USA, la Corée du Sud et la Russie sont en lice. Riyad ne cache plus le désire de créer une bombe atomique avec le plutonium généré par cette centrale pour un concept à 360 degrés.

Le choix tombera d’ici à décembre. D’ici là, on devrait voir une belle collection de présidents aller se plier à l’exercice prévente du côté de Riyad.

Les exportations de l’Arabie Saoudite en direction des USA touchent un bas à 415’000 b/j.

Dessin: L’excellent Chappatte

 

Europe

France

AREVA synonyme de difficultés, d’échecs commerciaux et de démêlés judiciaires change de nom. La nouvelle princesse s’appelle ORANO. L’équipe marketing a pêché ce nom dans les livres de Latin: “le dieu Uranus” qui a donné son nom à la planète puis à l’uranium.  Le Prince sera d’autant plus charmé que les 7 milliards € de dettes d’AREAVA ont été effacées… par enchantement.

Quarante ans après son ouverture, la centrale nucléaire de Fessenheim vit ses derniers mois. Elle devrait être fermée d’ici à la fin de l’année 2018 ou le début de 2019. L’Etat français a commencé les négociations avec les travailleurs.

La consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.

 

Suisse

Depuis le 1 janvier, les Suisses peuvent autoconsommer l’électricité produite par leurs panneaux solaires. Mieux, ils peuvent vendre leur électricité à leurs voisins et ceux-ci peuvent acheter les électrons solaires produit localement sans passer par un grand groupe électrique.

Ce changement pourrait pousser les grands groupes électriques à se soucier (pour une fois) de leurs clients. Des initiatives intéressantes sont en train de se créer. La Coopérative Robin des Bois semble bien porter son nom surtout qu’il s’agit de redonner aux citoyens la place qui leur revient.

 

Allemagne

Le groupe énergétique allemand E.ON cède 46,65 % de ses actions dans Uniper au finlandais Fortum. Créée en 2016 par E.On pour déverser tous ces actifs à risques comme les centrales à gaz et au charbon, Uniper a ainsi totalement quitté les mains d’E.ON.

Alstom a été choisi pour réaliser le premier train à hydrogène en Allemagne. La Basse-Saxe a commandé 14 trains pour remplacer les locomotives à diesel. D’une autonomie de 1’000 km. Ils pourront circuler à une vitesse maximale de 140 km/h et emporteront environ 300 voyageurs.

Selon le le New York Times, Volkswagen, BMW, Daimler Mercedes et l’équipementier Bosch ont mené des tests aux Etats-Unis sur dix singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu’on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeur de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen. En Allemagne, un institut hospitalier d’Aix-la-Chapelle a fait inhaler de 2013 à 2014 du dioxyde d’azote (NO2) à des étudiants pour voir l’impact sur leur santé.

Le plus choquant, c’est qu’ils ont utilisé des singes pour leurs tests!!! Pour les humains, rien de neuf, cela fait des années qu’ils le font en grandeur nature.

 

Belgique

oBike Bruxelles Gobee.bike  va abandonner les vélos en libre services sans station. Problème le vandalisme coûte trop cher à la société alors que ses vélos coûtent 28 euros à la production.

 

Angleterre

Avec des vents venteux, des éoliennes en pleine forme et une demande électrique en baisse, l’Angleterre a de nouveau vécu des périodes où l’électricité se vend à des prix négatifs (en-dessous de zéro).

Le démantèlement des infrastructures pétrolières offshores dans la mer du Nord est estimé à 77,3 milliards $.

2017 fut une année record pour les énergies renouvelables dans le réseau anglais avec 13 records dont 1 journée d’avril entière sans charbon. Une première depuis la révolution industrielle.

 

Norvège

Le pays a accordé un record de 75 permis d’exploration pétrolière : 45 dans la Mer du Nord, 22 dans la Mer de Norvège et les 8 autres dans la Mer de Barents.

 

Hollande

Après l’Allemagne et sa commande de trains à l’hydrogène, c’est la Hollande qui pourrait se lancer dans les Bus à Hydrogène à base de solaire et d’éoliennes.

Une usine d’électrolyse de 20 mégawatt capable de produire 3’000 tonnes d’hydrogène/an et 300 bus serait la plus grande en Europe.

L’hydrogène pourrait prendre le pas l’électricité surtout dans les domaines plus volumineux et lourds que les voitures (bus, bateau, camions).

Les Amériques

Venezuela

Difficile de prévoir l’avenir du pays tant les signes indiquent des zones de tempêtes. Le pays produit encore 1,5 million b/j de pétrole et la tendance est à la baisse. Dans les coulisses, la Chine, la Russie et les USA préparent le terrain pour se partager les restes et surtout les réserves pétrolières.

Oscar Perez, le rambo Vénézuélien, a été abattu ou assassiné par les militaires du régime. Selon les images qu’il a filmées lors de ses derniers instants, la deuxième option est privilégiée.

En effet, les Vénézuéliens ont suivi en direct, par le biais des réseaux sociaux, le pilonnage subi par l’homme le plus recherché par le régime chaviste : Oscar Pérez, 36 ans, ancien inspecteur de la police criminelle, qui s’est insurgé contre le président Nicolas Maduro. En juin 2017, il s’était emparé d’un hélicoptère et avait jeté des grenades contre des bâtiments officiels à Caracas, sans faire de victimes.

La production pétrolière du Venezuela a diminué de 15% en décembre pour toucher un bas à 1,5 millions b/j. (-29% sur une année). Les sanctions américaines ne font qu’amplifier les difficultés du pays. La production 2018 pourrait fortement diminuer.

Canada

L’opérateur de pipeline TransCanada annonce que des contrats pour 500’000 barils/jour pendant 20 ans (60% de la capacité) peuvent suffire pour couvrir les frais du pipeline Keystone XL. Même sans boule de cristal, il semble peu probable que ces chiffres soient atteints.

Le nombre de forages est en forte hausse à 185 (+87).

 

USA Schiste

L’EIA pense que la production de schiste va augmenter de 1,8 million b/j d’ici à la fin de l’année ou début 2019. La production américaine pourrait atteindre 11 millions b/j et dépasser l’Arabie Saoudite et la Russie.

Les chiffres n’indiquent aucune progression des gisements du Bakken, di Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste repose sur le Bassin Permien et d’Eagle Ford.

Si les agences de communication, le gouvernement et les pétroliers usent clairons et trompettes, un autre regard apporte justement un autre regard. Ainsi 7’500 puits attendent d’être forés. A une moyenne de $2,2 millions/pce ,il faut trouver 17 milliards $ pour les mettre en service. Comme les investisseurs n’ont jamais eu de retour sur investissement, une certaine dose de courages est nécessaire.

Un autre grain de sable dans les estimations américaines. Le Bassin Permien devrait augmenter de 900’000 b/j d’ici à la fin 2019. Cependant avec les rapides taux de déplétion, il va falloir fortement augmenter le rythme pour couvrir la perte des forages actuels et améliorer la rentabilité économique pour extraire d’avantage de pétrole de schiste.

 

Mexique

Les cartels de la drogue ont trouvé une nouvelle manne financière: le vol de pétrole. Les différentes raffineries du pays estiment leur manque à gagner à 5 milliards de dollars.

 

Guyane

Le spot offshore le plus intéressant au monde se trouverait sur les côtes de la Guyane. Depuis qu’ExxonMobil a trouvé une grande quantité de pétrole début 2017, Washington aimerait donner une priorité à ses investisseurs pour l’extraction.

 

Argentine

La compagnie pétrolière nationale YPF va travailler avec le norvégien Statoil pour développer les champs de schiste de la Vaca Muerta et du Bajo del Toro dans la province du Neuquen.

 

Brésil

Le producteur pétrolier national, Petrobras, va payer 2.95 milliards $ de dédommagements à des investisseurs américains, qui avaient porté plainte contre les pertes dues à la corruption de l’entreprise.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

En mer de Chine orientale, le pétrolier iranien Sanchi, a sombré après avoir heurté un bateau chinois. Le tanker a pris feu et coulé en laissant derrière lui une marée noire. Le bateau gît par une profondeur de 115 mètres.

Les froids glacials dans le nord du pays augmentent la consommation de charbon pour le chauffage et l’électricité.

En 2018, la Chine va remplacer le Japon à la place du plus grand importateur de gaz mondial. La Chine est déjà le plus grand importateur de pétrole et de charbon.

En 2018, la Chine va importer 70% de son pétrole. La Chine a remplacé les USA comme plus grand importateur de pétrole mondial.

D’ici à 2020, Pékin veut créer des «méga » compagnies minières de charbon afin de regrouper toutes les forces et moderniser le secteur. Chaque structure devra extraire 100 million de tonnes de charbon par année.

Les chinois ont acheté 777’000 véhicules électriques ou plug-in en 2017, +53% par rapport à 2016. Cette hausse est attribuée aux subsides accordés aux modèles réalisés par les entreprises chinoises. Les voitures sont au nombre de 579’000. Le solde représente les bus et véhicules commerciaux sous la houlette du Gouvernement.

Le 23 février, la Chine va lancer ses premiers contrats pétroliers à sa bourse. On perçoit comme une envie de s’émanciper des USA.

 

Kazakhstan

La production pétrolière du pays a augmenté de 180’000 b/j en 2017 pour atteindre 1,74 million b/j.

Il est probable que l’OPEP aille tirer les oreilles du président pour lui demander de diminuer sa production afin de maintenir la hausse des prix.

Moyen Orient

Emirats Arabes Unis

Comme tous les pays du Moyen-Orient l’eau commence à faire cruellement défaut. Actuellement le pétrole ou le gaz servent au dessalement de l’eau des mers environnantes. De nouveaux systèmes, à base d’énergie solaire, sont mis en service pour générer cette eau potable.

 

Iran

Les manifestations ont été contenues et le calme retrouvé. Cela ne veut pas dire pour autant que les solutions ont été trouvées. Aucun impact sur la production pétrolière ou gazière n’a été mesuré.

Téhéran va combattre toutes les nouvelles sanctions si Washington va de l’avant. Trump a donné à l’Europe ainsi qu’à l’Iran un ultimatum final pour réparer «les points désastreux » de l’accord nucléaire.

Le ministre des affaires extérieures russes, Lavrov, a précisé qu’il ne supportera pas les tentatives de l’administration Trump de modifier ce traité.

 

Irak

L’américain Chevron aimerait retourner au Kurdistan pour tenter de nouveaux forages. BP va tenter de d’augmenter la production des champs de Kirkuk. Le gouvernement irakien a demandé à la major de doubler la production soit +700’000 b/j.

La tâche sera compliquée par les vues des Kurdes sur les gisements de Kirkuk dont ils étaient en possession pendant 3 ans. L’armée irakienne avait délogé les Kurdes en octobre après le référendum d’indépendance lancé par les Kurdes.

De son côté, Shell abandonne l’Irak et son dernier champ West Qurna 1.

Afrique

Ghana

Exxon Mobile Corp a signé directement avec le gouvernement pour l’extraction exclusive du champ Deepwater Cape Three Point. Il n’y a pas eu d’appel d’offre et le montant de la petite enveloppe à l’attention du président n’a pas été dévoilé. Les forages offshores devront aller entre 2’000 et 4’000 m sous le niveau de la mer pour extraire le pétrole.

 

Phrase du Mois

La question à plus long terme, est: Est-ce 2018 sera la dernière grande augmentation de la production pétrolière américaine? Si vous regardez les chiffres économiques de la plupart des grands acteurs du Bassin Permien, peu d’entre eux génèrent des bénéfices“.  Ian Taylor, CEO, Vitol.

“In the US shale oil, cash required per barrel metric has been rising for several consecutive quarters, hitting an average $64 per barrel in the third quarter of 2017”. Al Rajhi Capital

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pétrole de Schiste Américain: La tempête avant le calme

La poussée de fièvre à 70$ du baril est une excellente nouvelle pour les producteurs américains de pétrole de schiste. Après des années de pertes abyssales, ils pourraient enfin voir la fin du tunnel et générer des profits.

Cependant, cette lueur arrive au moment où les signes avant-coureurs d’un pic de pétrole de schiste aux USA émergent. Au lieu de temporiser et de thésauriser le précieux liquide dans le sol, les pétroliers ont préféré l’extraire immédiatement. Ironiquement, le calme temps revenu, c’est le schiste russe qui pourrait engranger les bénéfices.


Les années folles du schiste

Depuis 2006, les producteurs de schiste ont réalisé des prouesses pour convaincre Wall Street d’investir dans leur industrie. Après la crise de 2008 marqué par une pénurie de pétrole, l’émergence de ce nouvel or noir a permis de balancer l’offre et la demande, de faire chuter les prix et de relancer la croissance.

Mais durant cette dernière décennie, les investisseurs ont perdu plusieurs centaines de milliards $ devant l’incapacité des exploitants à forer à des coûts raisonnables.

Selon la Réserve Fédérale Américaine, le schiste US nécessite un baril à plus de 60$ pour atteindre le seuil de rentabilité. C’est chose faite depuis le début de l’année. Si le pétrole se traite à 70$ en Europe, il atteint les 64$ sur les marchés américains et la tendance est à la hausse.

On peut se demander pourquoi les pétroliers américains n’ont stratégiquement pas attendu la hausse des marchés pour exploiter leurs gisements. La question est également ouverte pour les investisseurs qui ont déversé à grande perte leur deniers.

 

Peak oil de schiste ?

Ainsi après une exploitation intensive, le schiste américain est en train de montrer des signes d’épuisement. Si la durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se calcule en décennies, deux à trois ans est la moyenne pour le schiste.

Le dernier et le plus prometteur des gisements, le Bassin Permien, est en croissance avec 129,58 milliards de litres extraits en 2017 soit 5 milliards de plus qu’en 2016. Ainsi les 2,75 millions de barils/jour (b/j) devraient booster la production américaine totale à 10,5 – 11 million b/j dans l’année à venir.

Mais dans les autres régions du pays, la vague est passée. Les statistiques n’indiquent aucune progression dans les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste ne repose plus que sur le Bassin Permien et celui d’Eagle Ford.

Pour retarder l’issue fatale, les producteurs ont réussi à grappiller les dernières gouttes et à allonger la durée de vie des gisements grâce à de nouvelles techniques comme l’extension des forages à l’horizontal ou l’ajout de quantité énorme de sables pour faciliter la fracturation des roches.

Ces innovations ont permis l’allongement de la durée de vie de quelques mois, histoire de couvrir les coûts supplémentaires. Ainsi, bien que plus de pétrole soit extrait, le bilan financier n’est pas forcément meilleur.

 

Production des gisements de schiste aux USA
Source EIA

Les points de vue divergent sur le pic de schiste US, mais la fourchette converge vers 2019 et 2025. De son côté l’Agence Américaine de l’Energie ne voit pas de pic avant 2040. Mais son enthousiasme a souvent été rattrapée par la réalité du terrain.

Les exploitants, qui ont navigué dans la tempête pendant des années, se retrouveront à sec au moment de récolter les fruits.

 

Le Schiste Russe gagnant ?

Si l’Argentine ou la Chine font figure de nouvel eldorado du schiste, les quantités restent limitées.

C’est du côté de la Russie et des formations de Bazhenov que les regards se tournent.

A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont pris un retard technologique important. Aujourd’hui, alors que les cours du baril montent, ils sont enfin prêts pour débuter l’extraction. Si les prix se maintiennent, ils pourront faire le plein de pétrodollars.

D’autant qu’a contrario des américains, qui ont compté sur les investisseurs privés, c’est à l’Etat Russe que cette manne devra être reversée.