Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela

La malédiction du pétrole s’illustre une fois de plus. Cette fois c’est le Venezuela qui en fait les frais. Si pour le grand public, l’image d’un gouvernement incapable et corrompu a été vendue, la partie non visible de l’iceberg révèle un enjeu pétrolier extrême. Actuellement dans les mains de la Chine et de la Russie, les Etats-Unis ont la cruelle nécessité de s’approprier cet or noir.

Même si les USA sont devenus les plus grands producteurs pétroliers au monde, la mauvaise qualité de leur pétrole les oblige à incorporer le brut extra lourd du Venezuela pour produire du kérosène ou du diesel.

Sans ce pétrole, qui s’épuise, la suprématie énergétique des USA ne tient qu’à un fil.


Le Dilemme Américain

Grâce au pétrole de schiste, les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier au monde. Si la légèreté du schiste convient à merveille pour la pétrochimie, les pesticides ou le plastique, le diesel et le kérosène nécessitent de le mélanger à un brut plus lourd. Pour produire ces carburants, les raffineries du pays importent plus de 500’000 barils/jour de brut extra lourd du Venezuela.

Le Canada pourrait venir en aide à Washington, mais les capacités limitées des transports et les coûts importants des sables bitumineux de l’Alberta freinent le processus.

Pour ne pas se tirer une balle dans le pied avec les lourdes sanctions financières, imposées par le président Trump au régime Maduro, les USA continuent d’accepter les livraisons de brut mais déposent les payements sur des comptes bloqués. Qui entre Caracas et Washington pourra tenir le plus longtemps, la question est posée.

 

26% du pétrole américain peut être raffiné.
Le restant 74%, doit être mélangé avec du brut lourd ou exporté.
Source: EIA

 

Trump : une pierre plusieurs coups

La stratégie du Président Trump repose sur plusieurs piliers : l’opinion publique, les élections de 2020 et l’argent.

Donald Trump fustige les dérives et l’incapacité d’un gouvernement «socialiste» en soulignant la précarité du peuple vénézuélien et le manque d’investisseurs. Ce message fait une pierre deux coups. A l’interne, il permet d’entrer en frontal avec les candidats démocrates «ouvertement socialistes» aux élections de 2020 et à l’externe de scinder le monde entre les méchants et les gentils.

Cette perception est renforcée par l’envoi d’une aide humanitaire, qui a pris une tournure de communication hollywoodienne, alors qu’elle devrait être organisée de manière neutre et indépendante. Cette suspicion de Cheval-de-Troie a été renforcée par, John Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale. Son bloc-notes a dévoilé : “5’000 soldats américains en Colombie.”

 

Sur le bloc notes de John Bolton:
“5’000 soldats américains en Colombie.”

 

De manière plus discrète, le même John Bolton travaille sur le véritable objectif d’un renversement du président Maduro par son protégé Juan Guaidó : le pétrole.

ExxonMobil et Chevron devraient reprendre les installations pétrolières du Venezuela et assurer l’approvisionnement des raffineries américaines. Les Français, Total, Anglais BP et Espagnol Repsol sont également impliqués dans cette réflexion d’où la coopération immédiate du Président Emmanuel Macron et des Premiers Ministres Theresa May et Pedro Sánchez.

Nous discutons actuellement avec de grandes entreprises pétrolières américaines. Cela ferait une différence si nous pouvions faire en sorte que des entreprises américaines produisent le pétrole au Venezuela. Nous avons tous les deux un large intérêt. Ce serait une bonne chose pour le Venezuela et les habitants des États-Unis.” – John Bolton, Conseiller à la sécurité nationale (voir la vidéo sur Twitter)

 

Voir 5min40 secondes pour le pétrole

 

Peak Oil

A lui seul, le pays est en train d’illustrer le paradoxe pétrolier actuel. Le pétrole bon marché s’épuise et il devient de plus en plus onéreux d’extraire un baril.

Membre de l’OPEP, le Venezuela possède potentiellement les réserves pétrolières les plus importantes au monde et ses rentrées économiques sont à 96% assurées par cette manne.

Historiquement, le Venezuela ne s’est jamais remis de la crise de sa monnaie et de sa dette des années 80-90. Les régimes drastiques imposés par le FMI et la Banque Mondiale n’ont finalement réussi qu’à monter la population appauvrie contre le président de droite Rafael Caldera.

Le libéralisme porté par les américains devait permettre de revitaliser le secteur privé et attirer les investisseurs internationaux. Pour tenter d’augmenter la production pétrolière, Caldera privatisa le secteur pétrolier. Malgré les efforts, le Venezuela a atteint son peak oil en 1997 avec 3,5 millions b/j.

Quand Hugo Chavez prit le pouvoir en 1999, la production avait déjà diminué de 1 million b/j. et la corruption ravageait le pays.

Aujourd’hui, avec l’illusion d’être assis sur une richesse pétrolière, le blâme se porte essentiellement sur le modèle économique socialiste des gouvernements Chavez et Maduro.

Il n’y a aucun doute que les erreurs de casting et la corruption ont endommagé l’extraction du précieux liquide. Mais la grande partie de l’or noir vénézuélien nécessite d’énormes quantités d’argent, des techniques avancées et un management professionnel. Tant que le baril tenait au-dessus de 100$, l’équation pouvait se résoudre. Avec la chute du baril en 2008 et en 2014, le Venezuela subit le même sort que l’Union Soviétique dans les années 1990.

Si aux USA, le pétrole de schiste ou les sables de schiste canadiens ont vu affluer, à perte, des milliards $ d’investisseurs étrangers comme des fonds de pension européens, les banques privées ou la Banque nationale Suisse, le Venezuela n’a pas eu autant de chance.

Au contraire, Caracas a dû continuellement se battre contre la justice et les fonds vautours (ex: Crystallex ou Pharo Gaia Fund Ltd) d’investissements américains pour rembourser, avec des taux indécents, les prêts effectués. Dans ce désastre financier, de Bush à Obama, Washington aura tout fait pour tendre vers la situation actuelle.

Ainsi, de 1998 à 2013, Chavez n’a pas réussi à saisir l’importance d’injecter de l’argent dans le système pétrolier. Il a dévié cet argent pour son usage propre mais aussi pour réduire la pauvreté en passant de 55 à 34%, à instruire 1,5 million d’adultes et avec l’aide de docteurs cubain à d’offrir là 70% de la population un système de santé gratuit.

Dès que le baril à chuté en juin 2014, le gouvernement s’est retrouvé à court d’argent pour soutenir la production pétrolière et ses programmes sociaux.

Le retour de manivelle fut édifiant avec plus de 3,5 millions de vénézuéliens obligés de s’expatrier pour simplement manger. En quelques années, le pays est tombé en ruine.

 


Moyenne de la Production pétrolière Venezuela depuis son peak oil en 1997.
Source EIA

 

Indépendance pétrolière

Demain, celui qui sera en charge du Venezuela héritera d’un pays dont l’agonie n’égalera que la vitesse de la baisse de sa production pétrolière.

Si pour la Russie et la Chine les risques se résument par la perte de plusieurs dizaines de milliards $ de créances et d’actifs ainsi que d’influence en Amérique Latine, le président Trump doit absolument garantir l’importation de brut conventionnel ou très lourd pour assurer la production de carburants pour ses camions et ses avions.

On pensait les petites nations plus vulnérables aux variations pétrolières. La position très inconfortable des USA démontre ce changement de paradigme. Nous produisons de plus en plus de pétrole, de moins en moins bonne qualité mais de plus en plus cher. L’équation n’a pas de solution dans le système économique actuel.

La vitesse à laquelle le Venezuela s’est écroulé, ne peut que nous inciter à trouver une indépendance pétrolière sous peine de subir le même sort.

Serions-nous tous en passe de devenir Vénézuéliens?

 

Les 3 plus grandes importations de pétrole, des raffineries américaines du Sud des USA
en milliers de barils par jour


Source: RBC Capital Markets

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Venezuela: Le pays se trouve à un tournant. Décisif?
– USA: La production de diesel est à la peine
– Mexique: Un pipeline explose : 107 morts
– Allemagne: Le pays annonce sa sortie du charbon d’ici à 20 ans
– Inde: La demande de pétrole et de charbon en forte hausse
– Angleterre: Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires
– Libye: L’insécurité plombe la production pétrolière
– USA: Boeing annonce son drone-passagers électrique et sans pilote.


 

Le pétrole a repris des couleurs. Il avait débuté l’année à 52,23$ et il est grimpé à 60,86 à Londres. A New York, il flirtait à 45,30$ le baril avant de se redresser à 53,74$.

 

Graphique du mois:

Par manque de pétrole lourd,
la production mondiale de diesel pourrait avoir touché un plateau

 

Pétrole

Le pétrole joue avec la barre des 60$ à Londres. Pour se déterminer sur son prix, il hésite entre plusieurs options comme les réductions de l’OPEP+, l’augmentation de la production de schiste aux USA ou le ralentissement de l’Economie chinoise. Pour l’instant la crise au Venezuela n’a pas encore fait bouger clairement les prix.

En 2019, les majors pétrolières vont investir 208 milliards $ pour le forage en haute mer selon Rystad Energy. Au total, 110 projets vont être lancés contre 96 en 2018 et 43 en 2016.

Le directeur de l’IEA, Fatih Birol, a souligné que sur un total de 1 milliard de voitures en circulation, les 5 millions de voitures électriques ne font pas le poids pour solidement influencer la demande pétrolière.

Son exemplem est parlant. “Cette année, la demande pétrolière mondiale va augmenter de 1,3 millions barils/jour (b/j). Les 5 millions de voitures électriques vont économiser 50’000 barils/jour. 50’000 contre 1,3 millions”. Il est vrai que l’impact est minime.

Selon lui, les voitures ne jouent pas un rôle prépondérant dans la demande pétrolière. A l’inverse, les camions, la pétrochimie et les avions sont le sont. Au niveau mondial, l’aviation est exemptée de taxe pétrolière et de TVA.

 

Monde

Depuis 1978, les salaires des PDG ont augmenté de 997,2%, la productivité de 122,01% et les revenus des travailleurs de 10,9% selon Economic Policy Institute. Alors que la croissance s’est affirmée comme une nouvelle normalité, la productivité et les salaires s’essoufflent.

Comme les salaires des PDG, les températures de la planète ont atteint des records en 2018, +1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle.

La fonte annuelle des glaces, en Antarctique, est 6 fois plus rapide qu’en 1979, selon l’Académie américaine des sciences (PNAS).

 

Moyenne des températures pour 2018
par rapport à la moyenne 1951-1980

 

Les pays phares du mois

Venezuela

Sans conteste, le Venezuela est sur la première marche du mois de janvier. Une fois de plus, le pétrole se transforme en malédiction pour son pays.

L’agonie du pays semble arriver à un tournant. Washington et plusieurs pays dont la France, le Canada, le Brésil et l’Espagne ont annoncé soutenir Juan Guaido, l’ancien président du Parlement. Avant de se lancer, ce jeune homme de 35 ans avait reçu des garanties des grandes puissances.

Cependant, la Russie et la Chine ont investi des milliards $ sur Nicolas Maduro et son pétrole. On comprend que Moscou et Pékin n’ont pas envie de voir leurs actifs disparaître.

Dans la foulée, Trump a annoncé des sanctions pétrolières contre le Venezuela et l’arrêt des importations de 500’000 b/j. Revers de la médaille, cette décision pourrait faire augmenter les prix de l’essence aux USA, car le brut du Mexique, de l’Arabie Saoudite et du Canada est plus onéreux.

De plus, le pétrole lourd du Venezuela se marie parfaitement au pétrole de schiste américain très léger. Sans pétrole lourd, il est compliqué de raffiner le diesel ou le kérosène indispensable aux camions, bateaux et avions. De son côté, le Venezuela a besoin du pétrole de schiste américain pour liquéfier son pétrole lourd afin de le transporter.

Les entrées en devises du Venezuela proviennent essentiellement des ventes de pétrole aux Etats-Unis. Le reste sert à repayer les dettes russes et chinoises. Le pays devrait rapidement atteindre le point de bascule.

Actuellement, la production pétrolière va passer sous le million de barils/jour (b/j). Au temps de Chavez, elle dépassait les 3,5 millions.

En cas de renversement du gouvernement Maduro, les exportations pourraient encore fortement diminuer. L’histoire montre que le renversement d’un gouvernement ne permet pas de remonter aux niveaux d’extractions pétrolières initiaux.

 

Chine

Trump continue de demander à la Chine de respecter les brevets US, d’arrêter les subsides directs aux entreprises et de permettre aux entreprises américaines d’entrer dans le marché chinois. En résumé, le chef de la Maison Blanche demande simplement aux chinois de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde. Le prochain épisode devrait figurer dans la revue de février.

Les prévisions de croissance du PIB de la Chine pointent vers 6,3%. Pas sûr que les chiffres du gouvernement soient d’une précision chirurgicale, mais ils indiquent une tendance à la baisse.

La Chine a développé une certaine dépendance envers les dettes et les constructions. Au niveau de la dette, on avoisine les 300% du PIB et la Banque Centrale Chinoise vient d’injecter 84 milliards $ dans l’économie locale. Est-ce que quelqu’un pourrait toucher un mot à la Banque Nationale Suisse pour qu’elle injecte 1$ dans les entreprises suisses ? Oui, c’est possible !

Il n’aura fallu que 58,8 milliards $ d’investissements par Pékin pour soutenir ses entreprises de voitures électriques et devenir le No1 mondial dans ce secteur selon Center for Strategic and International Studies.

Le constructeur chinois de voitures électriques, Byton, annonce la venue de son nouveau bolide. La bête sera commercialisée autours des 40’000 € et affiche des performances remarquables ainsi qu’un design digne des constructeurs italiens. Byton entre en frontal direct avec les modèles de Tesla et les futures allemandes.

Le groupe chinois CNOOC espère doubler sa production pétrolière d’ici à 7 ans comme l’a gentiment demandé le Président Xi Jinping. L’objectif est de booster la production pétrolière nationale pour moins dépendre de l’étranger.

Dans l’univers fabuleux que crée le gouvernement chinois, ce mois, on relève la mise en service d’une application qui permet d’identifier dans un rayon de 500m les personnes qui ont des dettes! Via l’utilisation de l’application de communication et de payements WeChat (équivalent de What’s app), les informations des utilisateurs sont transmis au gouvernement.

Ce service actuellement en service dans la région de Hebei, devrait être généralisé dans toute la Chine dans une année. Elle permettra de rejoindre l’évaluation des citoyens, qui bloque à plus de 10 millions de citoyens, l’accès aux trains ou aux transports en commun.

 

26% de la production pétrolière américaine est apte au raffinage
Le reste doit être mélangé avec du pétrole plus lourd pour en faire du diesel, kérosène ou essence.

 

USA

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,4% aux USA.

Selon l’EIA, les USA devraient atteindre une production pétrolière de 12,1 millions b/j en 2019 et 12,9 en 2020. Les USA sont devenus le plus grand producteur mondial.

Les USA font face à une pénurie de pétrole lourd nécessaire à produire du diesel et du kérosène. Les coupes dans les importations du Canada, Mexique et l’arrêt des importations du Venezuela inquiètent les raffineurs américains. Le Mars, une qualité de pétrole lourd, se traite avec une prime de 6,8$ par rapport aux cours pétroliers, au plus haut depuis 5 ans. Le Peak Diesel commence à inquiéter.

En 2018, les investissements en énergie solaire ont diminué de 25% à 130,8 milliards $. Sur la même année, les investissements en énergie renouvelables ont diminué de 8% à 332 milliards $.

Malgré l’enthousiasme et le support du Président Trump, le nombre de centrales à charbon diminue à un rythme encore plus soutenu que sous Obama. Depuis le peak de production en 2011 avec 317,4 MW la production décroit.

Durant les 5 dernières années, 6 centrales nucléaires ont été mises à l’arrêt et 35% du parc actuel devrait fermer dans les années à venir. Le nucléaire n’arrive plus à concurrencer les tarifs des énergies renouvelables et du gaz de schiste.

General Motors (GM) va utiliser sa marque Cadillac pour les voitures électriques et ses batteries BEV3. L’objectif est d’offrir une voiture avec un rayon d’action de 500 km.

BP va ajouter 1,3 milliard $ pour étendre les forages en haute mer de son gisement Atlantis dans le Golf du Mexique. L’entreprise avait essuyé un bouillon lors de la catastrophe DeepWater Horizon en 2011 avec des coûts qui ont dépassé les 60 milliards $.

L’entreprise PG&E, Pacific Gas & Electric, est l’une des premières grandes entreprises à faire les frais du changement climatique et des incendies monstrueux de la Californie. En octobre dernier, sa valorisation boursière atteignait 25 milliards $. Ce mois, elle est tombée à 4 et s’est placée sous la protection des faillites. C’est ballot pour la Banque Nationale Suisse qui vient de perdre ainsi 1,7 million $ supplémentaires dans la longue liste de ses déboire dans ses investissements fossiles aux USA.

BP a testé un nouveau système sismique pour découvrir du pétrole en eau profonde. Suite à son succès dans le Golfe du Mexique, cette technologie va être apportée en Angola et au Brésil.

Tesla Motor annonce le licenciement de3’000 employés (7%) afin de réduire les coûts. Les chinois arrivent sur le marché avec des véhicules aussi performants mais à un prix bien plus concurrentiel. Dans la foulée, Elon Musk annonce deux versions de ses camions entre 150 et 180’000$ et un rayon d’action de 900 km. La production n’a pas commencé. Cependant, dans le domaine des transports lourds, les camions à hydrogène semblent nettement plus performants et attractifs.

D’ici à 2022, VW va investir 800 millions $ pour construire une usine à voitures électriques au Tennessee. Plus de 1’000 emplois vont être créés.

Apple a fortement récompensé son PDG Tim Cook en lui offrant pour 2018 une compensation annuelle de 15,7 millions de dollars, + 22%.

 

Boeing a testé son premier drone taxi à décollage verticale et à propulsion électrique.
Airbus va présenter sa version durant le mois de février

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite va limiter ses exportations à 7,1 millions b/j pour février avec l’espoir de voir le baril remonter.

Dès 2021, Ryad planche sur la vente d’une petite part de son champion pétrolier Aramco. Au total, le gouvernement espère obtenir 10 milliards $ au lieu des 40 qui étaient sur la table l’année dernière.

L’offre avait été retirée car Aramco aurait dû publier ses réserves pétrolières et les investisseurs n’étaient pas hyper convaincus du business model. Selon l’agence DeGolyer et MacNaughton immatriculée à Dallas, Texas, les réserves d’Aramco atteignent 263,1 milliards de barils. Cette estimation a été accueillie avec scepticisme et un large sourire. Depuis 30 ans, ce chiffre n’a pratiquement pas bougé d’une virgule.

L’Arabie Saoudite n’abonde absolument pas dans la narrative du peak oil (pic pétrolier) et voit l’offre pétrolière augmenter au moins jusqu’en 2040. Le PDG de Saudi Aramco, Amin Nasser, assure que l’Arabie Saoudite pompera le dernier baril de pétrole mais cela ne devrait pas arriver dans les décennies et des décennies à venir.

Saudi Aramco et US Air Products and Chemicals vont construire la première station de production d’hydrogène dans le Royaume. La station sera prête cette année et alimentera des voitures Toyota.

Riyad a choisi le français EDF et Abu Dhabi Masdar pour construire une ferme d’éolienne de 400 MW pour 500 millions $ dans le nord du pays.

 

Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Rystad Energy a publié des chiffres stratosphériques sur l’avenir du pétrole de schiste US. A se demander quelle mouche a piqué le statisticien en chef ou s’il n’y a pas une formule qui est partie en vrille dans leur feuille Excel. A 58$ le baril, ils pensent que les USA pourraient extraire 24 millions b/j en 2025 soit plus que la Russie et l’Arabie Saoudite réunies.

Dans son Annuel Energy Outlook 2019, l’EIA est également d’humeur joviale pour le pétrole de schiste US. On sent que l’Agence de l’Information de l’Energie Américaine veut faire plaisir à son Président. On n’atteint pas les sommets de Rystad mais l’enthousiasme est intact. Jusqu’en 2040, les USA devraient produire 14 millions b/j.  Dès 2050, ils devraient redevenir importateur de pétrole. D’ici là, Baron Trump devrait reprendre les commandes du pays à son cher papa. Difficile de dire laquelle de ces deux prévisions se réalisera.

Sur le terrain, la tendance actuelle suggère que les forages les plus productifs ont déjà été épuisés et que les coûts de production grimpent avec les forages de seconde qualité. Après avoir augmenté de 1,6 millions b/j en 2018, la hausse prévue pour 2019 se limiterait à 950’000 b/j.

Argentine

Les gisements de gaz de schiste de la Vaca Muerta pourraient attirer jusqu’à 165 milliards $ d’investissements de la part de Chevron, Total et ExxonMobil. Il reste à déterminer si ces investissements seront rentables.

Mexique

Un pipeline a été percé par des voleurs de carburant et a explosé dans la ville de Tlahuelilpan. Le bilan de l’explosion a grimpé plus de 100 morts et 40 blessés. Deux jours plus tard, dans l’Etat de Querétaro, un autre pipeline a subit le même sort. Là, l’explosion n’a fait aucune victime.

Cette tragédie s’est déroulée après que le président Andrés Manuel López Obrador ait demandé à l’armée de prendre le contrôle de 58 installations pétrolières majeures dans le pays. L’objectif est de réduire la corruption et les vols de pétrole dans l’entreprise nationale Pemex.

Certains groupes ponctionnent la production de diesel et de carburants pour financer leurs activités. Les vols se monteraient à 3 milliards $ par an. Le carburant ainsi volé s’achète à la moitié du prix de marché. Les vols sur des pipelines sont produits 42 fois par jour, en moyenne, durant 2018.

Le gouvernement a coupé la distribution via certains pipelines. Le transport pourrait se faire grâce à l’achat de 500 nouveaux camions citernes. Cependant, le pétrole continue de s’accumuler dans les terminaux des différents ports. Plus d’une douzaine de tankers attendent d’être déchargés.

Les raffineries de Pemex ont une capacité de 1,63 millions b/j mais tournent à mi-capacité. Le pays importe plus de 600’000 b/j de carburants distillés aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Angleterre

Le Brexit est toujours en cours et les automobilistes roulent toujours du mauvais côté de la route.

Concernant les trains, Alstom France va produire des trains à hydrogène pour le marché anglais. Les trains Breeze entreront en service en 2022.

Suite à la demande du producteur de schiste Cuadrilla, de ramollir les normes environnementales pour l’extraction de schiste, le gouvernement est resté droit dans ses bottes et a refusé la requête.

Malgré plus de 2 milliards d’investissements déjà effectués, Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires. L’année dernière, Toshiba avait également abandonné l’idée. Au total, 6 projets ont été abandonnés ce qui ouvre une voie royale à la Chine, qui montre un intérêt certain à vendre ses centrales nucléaires « Made in China ». Cette perspective génère étrangement un frisson dans le dos.

Le démantèlement des plateformes pétrolières va coûter 31,4 milliards $ aux contribuables durant les 45 prochaines années selon la National Audit Office.

 

Allemagne

Après être sorti du nucléaire, l’Allemagne s’attaque au charbon et à la lignite. Le plan propose une sortie du charbon d’ici à 2038 avec un budget de 40 milliards €. Plus de 20’000 personnes travaillent actuellement dans cette filière. Vingt ans, est-ce trop court ou trop long ? La question divise les deux parties.

Le groupe VW va investir 30 milliards € dans les voitures électriques durant les 5 prochaines années. L’entreprise est en train de développer un châssis appelé MEB qui va lui permettre de limiter les coûts de production pour les 50 prochains modèles prévus d’ici à 2025.

 

Russie

A cause de l’hiver… la Russie ne peut pas diminuer sa production pétrolière selon le Ministre de l’Energie Alexander Novak. Le Ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite, al Falih espère que Moscou réduise sa production (-288’000 b/j) afin de respecter la décision de l’OPEP+. La base de calcul  se base sur les chiffres d’octobre 2018 à 11,41 millions b/j.

De son côté, l’IEA annonce que la Russie a augmenté sa production à 11,5 millions b/j en décembre. Durant les 3 premières semaines de janvier, elle se situe à 11,39.

 

France

La fusion entre le français Alstom et Siemens rails pourrait être interdite par la Commission Européenne sur la concurrence. Les ministres de l’économie français Bruno Le Maire et l’allemand Peter Altmaier aimeraient voir l’émergence d’un géant européen du rail pour contrer le chinois CRRC. La fusion de ces deux géants permettrait de diminuer le nombre d’employés et les coûts. Reste à déterminer de quel côté de la frontière les pertes d’emplois seront les plus douloureuses.

Il est préférable que cette question ne doit pas être abordée tant que les gilets jaunes rodent dans les rues.

 

Suisse

Grâce à une essence très bon marché et un pouvoir d’achat élevé, le parc automobile suisse est le plus polluant d’Europe. Les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2018 (+0,2%).

Du côté des constructeurs, les amendes pour les dépassements de CO2 se sont élevées en 2016 : à Frs zéro pour le groupe VW, BMW. Peugeot, Citroën et Frs 195’480 (€170’00) pour Mercedes soit fr 7.50—par voiture ! (€6.50). Il n’y a aucun doute, ces amendes sont dissuasives!

En 2018, le nombre de vente de voitures a reculé de 4,6% à 299’716. Les moteurs diesel ont chuté de 20,4%. L’hybride essence (+25,5%) et hybrides diesel (+209,6%), les véhicules électriques ont progressé de 7%. Par constructeur, le marché se décompose de la manière suivante: Volkswagen, une part de marché de 11%, Mercedes (8,6%), BMW (8,1%), Skoda (6,4%) et Audi (6,1%).

Un deuxième barrage de l’entreprise minière Vale s’est effondré au Brésil. Plus de 65 personnes sont mortes et 300 sont portées disparues. Le géant brésilien s’est établi à Saint-Prex, Suisse pour éviter de payer des impôts. Bien que l’entreprise ne compte qu’une poignée d’employés suisses, elle bénéficie d’un forfait fiscal qui défie toute concurrence.

Depuis 2016, un employé de la centrale nucléaire de Leibstadt a inventé des données dans les protocoles d’inspection sans avoir procédé aux tests. L’inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) note que ce n’est pas un cas isolé et il s’inscrit dans une série d’incidents dus à des erreurs humaines. La population et la sécurité de la centrale n’ont pas été mises en danger.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Suite aux sanctions, version allégée de l’administration Trump, Téhéran exporte 1 million b/j alors que ce chiffre était de 2,7 en mai dernier. Les passe-droits accordés à la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud arrivent à échéance à la fin mai 2019.

La situation du Venezuela pourrait aider l’Iran. Une coupure de livraison de l’Iran et de Caracas pourrait faire grimper les prix sur les marchés.

L’Iran va tenter de maintenir sa production pétrolière malgré l’âge avancé de ses forages. Plus de 30 projets vont être lancés pour un montant de 6 milliard $ et une augmentation de capacité de 281’000 b/j, en théorie…

 

Syrie

Le russe Gazprom va commencer à exploiter le pétrole et le gaz syrien. Avant la guerre, la Syrie extrayait 387’000 b/j dont 140’000 pour l’exportation.

L’instabilité dans la région nécessite une protection militaire pour les employés. Gazprom est en passe de devenir la première major à être militarisée.

Une pénurie de gaz pour générer de l’électricité, aider à la cuisson et le chauffage, touche la capitale Damas. A cause des sanctions américaines, le gaz iranien n’arrive plus dans le pays.

 

Irak

Au plus grand bonheur de Bagdad, la production pétrolière atteint 4,15 millions b/j avec des rentrées financières bienvenues.

La création d’une entreprise pétrolière nationale, INOC (Iraqi National Oil Company), s’avère plus difficile que prévu. La Cour Suprême demande de réviser les modalités notamment avec la partie Kurde du pays.

Le budget 2019 augmente fortement les dépenses du gouvernement et notamment les revenus garantis pour les Kurdes.

 

Depuis 2006, la production pétrolière de l’OPEP reste stable

Asie

Inde

Le pays importe de plus en plus de charbon pour ses besoins énergétiques. D’avril à décembre 2018, les quantités ont augmenté de 17% sur la même période en 2017.

La demande pétrolière indienne va augmenter de 245’000 b/j en 2019. Elle avait déjà augmenté de 250’000 barils en 2018. La consommation atteint 4 millions b/j.

La Northern India Public Service estime que la sortie de la production électrique à base de charbon va lui faire économiser 4 milliards $ sur 30 ans. La transition devra débuter par l’augmentation des tarifs (11$ par mois) pour ses 470’000 clients, afin de payer les investissements et de fermer les centrales à charbon. Les tarifs devraient diminuer dès 2023.

 

Australie

Pour la xème année consécutive, une vague de chaleur recouvre le pays. L’Australie ploie sous les incendies de forêts et l’augmentation d’hospitalisations. Visiblement, ce n’est pas encore suffisant pour que le gouvernement se penche sur le réchauffement climatique.

Pour l’instant, le charbon et le gaz conservent leurs privilèges.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Depuis décembre, les incidents, entre les milices, plombent la production pétrolière. Elle est descendue à 928’000 b/j soit 200’000 b/j de moins.

L’Italie tacle la France. Matteo Salvini accuse Macron d’être responsable du chaos libyen, alors que des affrontements ont ensanglanté la capitale Tripoli.

Évidemment il y a quelqu’un derrière les combats actuels. Cela n’arrive pas par hasard. Ma crainte, c’est que quelqu’un, pour des motifs économiques nationaux, mette en péril la stabilité de toute l’Afrique du Nord et par conséquent de l’Europe. Je pense à quelqu’un qui est allé faire la guerre alors qu’il ne devait pas la faire. À quelqu’un qui fixe des dates pour les élections sans prévenir les alliés, l’ONU et les Libyens” dixit Salvini.

 

Nigeria

Le français Total va développer un nouveau gisement en haute mer selon Patrick Pouyanné son PDG. L’avantage des forages en mer est d’éviter de devoir payer les milices locales qui demandent une rétribution sur le pétrole. Annuellement, les vols de pétrole et les petites enveloppes sont estimées à 3 milliards $.

La raffinerie de Dangote va pouvoir traiter plus de 650’000 b/j et couvrir la totalité des besoins en carburants au pays. La bête aura coûté plus de 12 milliards $ au milliardaire Aliko Dangote. Le brave homme a construit sa richesse avec le ciment. La raffinerie devrait entrer en fonction dès 2022.

Actuellement, le plus grand producteur africain doit exporter son pétrole pour le raffiner et le réimporter.

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

«La transformation du secteur de l’énergie, et des autres industries, n’a pas lieu parce que des environnementalistes nous y forcent. Elle a lieu pour des raisons économiques. Si on néglige cette transition vers davantage de durabilité, on va en payer le prix.» Francesco Starace, PDG, ENEL energie, Italie

«L’industrie automobile planifient des investissements sans précédent dans les batteries et les voitures électriques durant les 10 prochaines années. Une grande part significative de ces 300 milliards $ d’investissements sont dirigés vers la Chine.» Paul Lienert, Christine Chan, Reuters.

«Le monde n’est jamais prêt à la naissance d’un clown». Omar Porras

Clean energy solutions are not moving fast enough to meet the UN targets for curbing the effects of global warming, and alternative energies are unlikely to meet those targets without policy support” Charles Holliday, hairman, Shell.

For US shale production to go down, you need oil prices at $40 per barrel and below. That is not healthy for the Russian economy. We should not take competitive action to destroy US shale production.” Kirill Dmitriev, head of the state-backed Russian Direct Investment Fund,

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
Tous mes Voeux pour l’année 2019. Que la vie vous traite avec élégance et bonté.
– Pétrole: Des hauts et des bas pour terminer au plus bas
– Energies fossiles: Année record de consommation
– OPEP: Une année charnière et passée à jongler avec les prix
– Pétrole de schiste: Bientôt 8 millions de barils par jour
– Economie Mondiale: Quelle direction pour 2019?
– Asie: Record de consommation de charbon et de pétrole
– Climat: Il aura fallu une fille de 15 ans.


 

Avant de débuter cette revue, un grand merci pour votre fidélité à la revue mensuelle. Vous avez été plus de 550’000 à la lire durant cette année. Les nombreuses heures passées à dénicher les informations et les retranscrire trouvent preneurs.

Année chaotique pour le pétrole, une vraie montagne russe. A Londres, il avait débuté l’année relax à 69.02$ pour prendre un coup de chaud à 87$. Là, c’était sûr il devait atteindre les 100$ d’ici à la fin de l’année. Bingo, après une soirée trop arrosée, on le retrouve fin décembre avec un gueule de bois à 52,23$. Même topo à New York où il avait débuté à 64.50$ pour terminer à 45,30$.

 

Graphique du mois: Evolution du prix du baril de pétrole Brent en 2018  (Londres)

Climat

La COP24 de Varsovie s’est terminée. Le discours de Greta Thunberg, 15 ans, résume parfaitement le tout (voir vidéo ci-dessous).

On peut souligner la très forte présence des lobbies du charbon, du pétrole et du gaz avec des présentations qui donnaient à croire que les énergies fossiles sont la solution. L’industrie du tabac et des arracheurs de dents avaient mis la barre très haut, mais là, c’est encore plus fort.

Pour revenir aux choses plus sérieuses, nous avons atteint les 408 ppm de CO2. Un record et 2018 est la deuxième année la plus chaude depuis 1880.

Discours de Greta Thunberg (avec traduction) – COP 24

 

Economie Mondiale

En théorie, la demande de pétrole devrait augmenter de 1,5 million b/j en 2019. La croissance mondiale du PIB devrait atteindre 3,7%.

Quelle est la direction de l’Economie mondiale pour 2019? Les Banques Fédérales ont terminé leur alchimie après avoir injecté plus de 1’500 milliards $ dans les institutions financières. Est-ce une panacée ou la création d’un nouveau Frankenstein? Les premiers indices pointent du doigt le monstre.

Pour l’instant, les USA vont relativement bien. L’Europe tousse. La Chine continue de publier des chiffres enthousiastes sur son PIB, mais sont-ils réels?

Si l’on regarde du côté des bourses, 65% des traders sont des machines. Les machines pensent que cette année 2018 est moche. Pas facile d’avoir l’avis d’un humain. Heureusement qu’il y a Thomas Veillet et ses chroniques matinales.

En 2018, nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz et de charbon. Cette tendance souligne deux points: 1) l’Economie mondiale atteint des sommets 2) nous ne sommes pas sur le point d’apporter le début d’une réponse à Greta Thunberg.

 

OPEP

Année yoyo pour le cartel. Le début d’année avait débuté avec un resserrement de la production avec l’objectif de faire remonter les prix. La tâche fut facilitée par les problèmes au Nigeria, Venezuela et en Libye.

Il aura fallu un cafouillage iranien par le président Trump pour faire passer le baril de 87 à 52$.

Ce mois à Vienne, l’OPEP a proposé de réduire sa production de 1,2 million barils/jour (b/j). Cependant, aucun objectif contraignant n’a été indiqué par pays. L’OPEP cherche des volontaires.

L’utilité de l’OPEP est remise en question car la Russie (11,4 millions b/j), les USA (11,6) et l’Arabie Saoudite (11) produisent le tiers des besoins mondiaux de 100 millions b/j.

La relation de proximité entre l’Arabie et les USA, débutée après la deuxième guerre mondiale, est en train de se fracturer. La politique de fer menée par la pétromonarchie est de plus en plus en confrontation avec les valeurs occidentales. L’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, par le prince héritier, n’a pas aidé. Cette tendance pousse l’Arabie à se rapprocher de la Russie comme le témoigne l’accueil, devant les caméras, de Vladimir Poutine à MbS lors de la dernière rencontre du G20.

Du côté des USA, on désire démembrer l’OPEP via le Département de la Justice. Motif: “manipulation des prix”. Nom de code: No Oil Producing and Exporting Cartels Act ou NOPEC.


Le changement climatique est causé par deux choses: L’activité humaine et l’inactivité humaine
Dessin Chappatte

 

Pétrole et Diesel

Une part de plus en plus grande de pétrole provient du schiste et des sables bitumineux. Cette qualité de pétrole est peu propice à produire du diesel ou du kérosène nécessaires à nos camions, trains, transports maritimes, voitures ou avions.

Si l’ère du peak diesel se confirme, cela génèrera d’importants changements dans notre consommation énergétique.

Du côté du brut, certaines prévisions tablent sur un baril entre 70-80$ pour 2019. Bien malin qui peut prédire le prix de l’or noir.

 

Paris 1896-1900. Magnifique vidéo de l’époque de nos arrières-grands-parents.

 

Charbon

Poussé par l’Inde et la Chine, la demande de charbon augmente à 3’800 millions de tonnes (+0,2% par rapport à 2017).

Pékin consomme toujours le 50% du charbon mondial. Il devient de plus en plus apparent que l’ambition de la Chine d’améliorer la qualité de l’air tout en augmentant son PIB soit difficile à tenir.

La Chine va mettre en service 259 GW de nouvelles centrales à charbon qui correspond à la totalité du parc actuel américain.

 

Nucléaire

L’avenir du nucléaire repose essentiellement sur la Chine. Il n’y a pas d’autre pays au monde qui construit autant de centrales nucléaires. Huit sont en construction et dans les mois à venir, Pékin va mettre en service 3 nouvelles centrales pour arriver à un total de 40 réacteurs.

En Chine, la part du nucléaire représente 4% de l’électricité produite (7% pour le solaire et l’éolien).

Détail effrayant ou intéressant, les coûts de construction d’une centrale en chine sont deux fois plus bas qu’en Europe et aux USA. Du côté de la France, de la Finlande en passant par les USA et l’Angleterre, les coûts des centrales en construction explosent.

Dessin Chappatte

 

Arabie Saoudite

Année très difficile pour l’Arabie Saoudite qui s’embourbe dans la guerre au Yémen et dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. La stabilité de l’approvisionnement mondial de pétrole repose sur la stabilité de Riyad. L’équation devient de plus en plus ardue.

Afin de combler la diminution pétrolière de l’Iran, suite aux sanctions de l’Administration Trump, l’Arabie avait poussé ses exportations à 7,7 millions b/j en octobre (+268’000 b/j par rapport à septembre).

Suite à ce manque de coordination avec la famille Trump, le Ministre du pétrole saoudien a annoncé que le pays allait réduire sa production. Il espère l’équilibre entre l’offre et la demande durant l’année 2019.

Le budget du pays va augmenter de 7% à 295 milliards $ (+34 milliards par rapport au budget 2018). Une partie de cet argent ira au budget surréaliste alloué à l’armée (70 milliards $) ainsi qu’aux aides financières octroyées aux saoudiens. Ces aides financières permettent à la famille royale de rester en charge du pays et d’acheter les récalcitrants.

Pour boucler ce budget, l’Arabie a besoin d’un baril à 84$ soit 30$ de plus qu’actuellement.

A la surprise générale, le Roi Salman bin Abdelaziz Al Saoud a remanié son gouvernement. Il a gardé son fils le Prince Mohammed ainsi que le ministre du pétrole.

 

Chine

Pékin ne va pas acheter du pétrole aux américains. Habiles négociateurs, les chinois s’engagent avec confiance avec le fantasque Trump et semblent attendre avant d’utiliser le gaz et de pétrole pour limiter la balance commerciale entre les deux pays.

Xie Zhenhua, le chef du Climat de la délégation chinoise, est «déçu» du retrait des américains et encourage les USA à reprendre sa place dans les discussions sur le climat. Il y a 3 ans, cette déclaration aurait été impensable de la part de la Chine.

Pour tempérer les ardeurs climatiques de la Chine, la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) a signé des accords avec Chevron, ConocoPhillips, Shell, Total et Equinor pour développer les champs pétroliers offshores de Pearl River Mouth Basin.

La Chine a importé 9,3% de charbon de plus qu’en 2017, à 271 millions de tonnes.

Pékin a validé les restrictions les émissions polluantes du transport maritime. Cette règle, implémentée au niveau mondial, limitera la vitesse des bateaux ainsi que l’utilisation du brut extra lourd.

En novembre, 173’000 voitures électriques ou hybrides ont été vendues, +18,5% sur une année à l’autre. Depuis le début de l’année 1,05 millions de ces véhicules ont été vendues en Chine, +63%.

A la Bourse de Shanghai, l’indice composite a perdu cette année 24,6%, celui de Shenzhen a chuté de 33,2% et Hong Kong, qui a régressé de 14%.

 

USA

La production pétrolière atteint 11,6 millions b/j et augmentera de 1,5 millions b/j en 2019. Les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier mondial.

Les importations de pétrole se sont élevées à 3,1 millions b/j en 2018. Il y a dix ans, avant l’arrivée du schiste, les USA importaient 11,1 millions b/j.

Grâce au gaz de schiste, les USA sont en passe de devenir un acteur mondial dans le gaz liquide (LNG). Cependant, l’arrivée du très polluant gaz de schiste dans les maisons européennes pose de gros soucis environnementaux. Alors que le méthane du gaz naturel est dangereux pour le climat, le schiste américain explose toutes les statistiques.

ExxonMobil demande à l’Agence de l’Environnement EPA d’augmenter la régulation sur les émissions de méthane lors de l’extraction pétrolière et gazière. Deux raisons à cette requête. La major fait face à une pression de ses investisseurs sur les conséquences du réchauffement climatique et les petits acteurs pétroliers n’arrivent pas à s’offrir ces systèmes.

La production électrique éolienne du Texas a atteint un niveau record de 51% à 19,2 GW.

Dès 2029, tous les bus qui circuleront en Californie devrait être électrique ou à hydrogène afin de respecter les réglementations sur les émissions.

Quand Trump a changé les règles de consommation et de polluants pour les véhicules, les plus grands supporters se trouvaient dans l’industrie automobile, même s’ils ont souligné que les changements étaient trop importants. Sans surprise, il s’avère que le véritable déclencheur fut l’industrie pétrolière. Marathon Petroleum, le plus grand raffineur du pays, a fortement utilisé de son influence et celle de ses actionnaires, les frères Koch, pour amoindrir la législation.

 


Les gisements de pétrole/gaz de schiste aux USA

 

Europe

Après des années de perfusions pour les banques privées, la Banque Européenne va arrêter d’injecter des milliards dans le système.

Les ventes de voitures ont diminué de 8,1% en novembre à 1,16 million d’unités.

 

Finlande

La Finlande a mal à ses nouvelles centrales nucléaires. Alors que l’EPR Areva, de Olkiluoto, a déjà plus de 10 ans de retard et un budget pulvérisé, le gouvernement avait confié au russe Rosatom la construction d’une nouvelle centrale. Basé sur un type de réacteur standardisé, tout devait rouler comme sur des roulettes.

Ce qui devait arriver, arriva. La construction de la centrale nucléaire de Hanhikivi 1 va prendre 4 années de retard selon Rosatom. Décidé en 2010, le réacteur devrait entrer en fonction en 2028 au lieu de 2024. Pour ne pas trop fâcher les citoyens durant les Fêtes de fin d’année, on ne parlera pas du dépassement financier.

 

Hollande

Sous la pression des actionnaires, Royal Dutch Shell va devoir réduire son empreinte carbone. Total et BP ont déjà plié et la major hollandaise en fait de même.

Dès 2020, les bonus du PDG Ben van Beurden et des cadres seront influencés par l’atteinte de ces objectifs. Cimate Action 100+, qui regroupe 300 institutions et 32’000 milliards $, pousse les gros pollueurs à réduire leurs émissions pour atteindre les objectifs de Paris.

Ainsi Total investit dans le solaire et les batteries. ExxonMobil dans les biocarburants à base d’algues. Chevron dans la captation du CO2 et le norvégien Equinor dirige 15% de ses investissements dans de nouvelles solutions énergétiques dont l’éolien. Les investissements restent modestes, mais c’est un début. Voir le graphique ci-dessous:

 


Investissements dans les énergies vertes par les majors pétrolières de 2010-2018
en % de leurs investissements totaux
Source Financial Times

 

France

Le gouvernement a reculé face à la pression des gilets jaunes. Il a aboli sa taxe sur les carburants, renonce aux conditions de contrôles techniques des véhicules polluants et gèle les prix de l’électricité jusqu’en mai 2019.

Paradoxalement, 4 ONG, dont celle de Nicolas Hulot, ont lancé une pétition pour lancer un recours en justice contre le Gouvernement Macron. Motif «action insuffisante contre le réchauffement climatique. » Ce qui est un euphémisme pour qualifier l’enthousiasme du gouvernement Macron dans ce domaine. En quelques jours, 2 millions de personnes ont signé la demande.

On ne met jamais un banquier à la tête d’un pays! La France découvre cet adage et ce principe de précaution élémentaire.

Durant les 2 dernières années, les banques françaises ont financé à hauteur de 43 milliards € les énergies fossiles selon l’association OCSFAM.

Les pays qui possèdent un taux d’égalité élevé entre les citoyens obtiennent souvent les meilleurs résultats dans l’implémentation de la transition énergétique (les pays nordiques).

Contre toutes les règles de protection de la nature et de l’environnement mais avec le feu vert du président Macon, le pétrolier TOTAL a commencé à forer du pétrole dans la Guyane française. De son côté le Brésil a refusé de donner son feu vert sur sa portion de territoire.

 

Suisse

Le fabricant de scies à silicium et de panneaux solaires, Meyer Burger, va transférer 90 emplois en Chine. Fin 2012, l’entreprise employait encore plus de 2’200 collaborateurs. Ils ne sont plus que 900.

Le développement pour les scies à diamant reste en Suisse car la recherche est presque entièrement subventionnée par le gouvernement helvétique. La Chine aurait tord de refuser cette aide généreuse.

Le producteur d’électricité AXPO annonce une progression de 29% de son bénéfice avant intérêts et impôts (Ebit) à 348 millions de francs.

Le canton de Vaud a interdit l’exploitation de gaz ou de pétrole de schiste ou toutes les hydrocarbures sur son territoire.

L’empreinte de gaz à effet de serre d’un citoyen suisse est de 14 tonnes par années. La moyenne mondiale est de 6 tonnes. Le Suisse consomme deux fois plus l’avion que ses collègues européens avec une moyenne de 2’000 km/an. L’Aéroport de Genève désire passer de 18 à 25 millions de passagers dans les années à venir.

Le gouvernement Suisse ne veut pas limiter l’extraction de pétrole ou de gaz de schiste. Cerise sur le gâteau, les gaziers vont pouvoir importer le très polluant gaz de schiste des USA. Les très puissants lobbies comme l’Union Pétrolière Suisse et des gaziers comptent de nombreux élus dans leurs escarcelles.

Un drone pliable qui se rétracte pour passer où il veut

 

Russie

Le ministre du pétrole, Alexander Novak, prévoit une production de 11,145 à 11,165 millions b/j pour 2019. Cela dépendra également de la politique de l’OPEP+ et d’une diminution de 228’000 b/j que la Russie devrait réaliser. La Russie produit actuellement 11,42 millions b/j.

La production pétrolière russe ne fait que de monter depuis la mise en service en 2008 de nouveaux champs pétroliers. Si les informations du Ministre Novak se confirment, ce serait une première baisse en 10 ans.

Le Parlement Européen condamne la construction du gazoduc Nord Stream 2 qui pourrait relier la Russie et l’Allemagne et doubler la quantité de gaz livrée à Berlin et à la Hollande. Le Parlement parle de sécurité d’approvisionnement énergétique. Sous la pression américaine, l’Europe importe de plus en plus de gaz de schiste des USA. De son côté, Gazprom, dévie de plus en plus ses livraisons européennes vers l’Asie.

L’entreprise atomique russe Rosatom a reçu la mission par Moscou d’ouvrir une voir maritime dans l’Arctique durant toute l’année. Les brise-glaces nucléaires de Rosatom ouvriront une ligne taxi pour les cargos qui relient l’Europe à l’Asie. Cette route permettra également l’extraction et le transport du pétrole exploité dans l’Arctique.

 

Allemagne

BMW et Porsche ont réalisé un nouveau système de recharge FastCharge de 450 kW. Cette nouvelle centrale de recharge permet de connecter les voitures électriques du standard européen Type 2 en moins de 3 minutes pour 100 km pour une batterie de 90 kWh comme pour la nouvelle Porsche.

Jusqu’en 2030, Daimler prévoit d’acheter pour 23 milliards $ de batteries pour ses véhicules électriques. Pour l’instant, Daimler se fournit chez LG Chem, China’s Contemporary Amperex Technology et SK Innovation.

Le constructeur de camion MAN va tester son eTruck dans l’usine de Porsche à Stuttgart. Le camion pourra transporter 32 tonnes. Avec 149 kWh, il pourra parcourir 130 km. Il faudra 45 minutes de plus pour ajouter 100 km. Est-ce que l’électrique est adéquat pour les camions ?  La réponse est en cours.

Daimler Trucks Amérique du Nord a livré son premier camion électrique pour le marché américain: le Freightliner eM2 106 d’une puissance de 480 chevaux et 325 kWh avec un rayon d’action de 300 km.

 

Le Freightliner eM2 106 Electrique de Dailmer. A destination du marché américain

 

Moyen Orient

Iran

Les revenus pétroliers du pays ont augmenté de 55% entre mars et octobre 2018. La fin de l’année est nettement plus compliquée. Suite aux sanctions américaines en octobre, les exportations se monteraient à 762’000 b/j, au plus bas depuis 5 ans avec une diminution d’un million de barils par jour.

La Suisse pourrait vendre à l’Iran des produits humanitaires comme de la nourriture, médicaments ou appareils hospitaliers en utilisant un nouveau mécanisme de payement approuvé par Washington.

Le pétrolier Total a été puni d’une amende de 572’000$ par une cour de justice parisienne. Motif: le géant pétrolier aurait corrompu, en 1997, des officiels (30 millions $) pour développer des champs pétroliers South Pars en Iran.

Depuis les sanctions américaines de novembre 2018, Total s’est retiré de South Pars et de l’Iran. Le français a été remplacé par une entreprise chinoise.

 

Irak

Le ministre du pétrole, Thamir, a annoncé que Schlumberger va forer 40 puits dans le champ pétrolier de Majnoon. Le champ produit déjà 240’000 b/j. En juin, Shell avait quitté ce champ.

L’administration Trump a accordé 90 jours de plus à l’Irak. Motif, l’Irak à besoin du gaz iranien pour produire 30% de son électricité.

 

Qatar

Le pays a annoncé sa sortie de l’OPEP pour «officiellement» se concentrer sur l’exploitation de gaz. Le Qatar était membre de l’OPEP depuis 1961 et produit 600’000 b/j sur les 31 millions de l’OPEP.

Cependant, cet acte symbolique est un pied de nez à l’Arabie Saoudite qui dirige le cartel.

L’embargo de l’Arabie Saoudite contre Doha est toujours en vigueur même si les effets restent minimes.

Pour améliorer l’ambiance entre les deux pays, Riyad a proposé la création d’un canal sur sa frontière afin d’isoler le Qatar et d’en faire une île. Les soucis de budget de l’Arabie Saoudite pourraient compromettre cette idée.

 

Syrie

Le président Trump a décidé de retirer ses boys du pays. Comme la nature à horreur du vide, les turques, russes, iraniens et syriens se sont portés volontaires afin de reprendre cette place. L’avenir des Kurdes est en question.

Il faudra surveiller les implications de cette décision à travers le Moyen-Orient. Mine de rien, cette région pétrolière alimente en pétrole notre standard de vie.


Demande pétrolière mondiale 2014-2018
Source IEA

 

Les Amériques

Etats-Unis Schiste

Les USA annoncent que le Bassin Permien contiendrait 46 milliards de barils de pétrole, 20 milliards de baril de gaz liquide et 8 milliards m3 de gaz. Ces chiffres indiquent les ressources techniquement exploitables. Aucun information n’est donnée sur le niveau des prix à atteindre pour rentabiliser ces réserves.

L’EIA prévoit une augmentation d’extraction du schiste de 134’000 barils/jour en janvier.

Au Dakota du Nord et au Sud Texas, les exploitants ont dû passer aux forages de deuxième catégorie. Le Dakota du Nord pourrait déjà avoir atteint son peak oil. A confirmer. Le peak oil du pétrole de schiste aux Etats-Unis pourrait arriver dans les 3-5 années à venir.

ExxonMobil est devenu le plus grand pétrolier dans le Bassin Permien et annonce des coûts de production à 35$ alors que les compétiteurs avoisinent les 45$. L’avantage d’Exxon, c’est de pouvoir noyer ses chiffres du schiste avec ceux bien plus prolifique du pétrole conventionnel.

Dans la presse spécialisée, l’impact de la chute des cours de l’or noir sur les producteurs de schiste est abondamment analysé. L’un des moyens utilisés par les pétroliers est de manipuler les chiffres de la comptabilité et de se focaliser sur les forages les plus lucratifs. L’allongement des forages horizontaux et l’injection de quantité de sable toujours plus important augmentent les coûts sans toutefois garantir une meilleure profitabilité.

Comparaison des prix Octobre 2018 et 19 décembre 2018
entre les différentes qualités de pétrole américain

Baril Américain (prix standard) / Pétrole de schiste Eagle Ford / Pétrole de schiste du Bakken / Pétrole bitumineux
Ex: quand le baril américain se vend à 47,41, le schiste du Bakken et à 20$

 

Canada

L’expansion des pipelines Trans Mountain et Keystone XL sont au point mort. Le projet du pipeline Northern Gateway a été mis de côté. Du coup, les producteurs des sables bitumineux de l’Alberta ont été forcés de faire des rabais jusqu’à 40$ le baril pour écouler leur pétrole à perte. (voir graphique ci-dessus)

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau offre 1,2 milliards $ à l’industrie pétrolière des sables bitumineux afin de soutenir les emplois dans l’Alberta. Au lieu de donner cet argent aux pétroliers, ne serait-il pas plus efficace de donner cet argent aux employés pour les aider à trouver un nouvel emploi? Je dis ça, je ne dis rien.

Pour aider à réduire les stocks, la première ministre de l’Alberta Rachel Notley a ordonné une réduction de 325’000 barils par jour, à compter du 1er janvier.

Justin Trudeau envisage d’aider à financer l’achat de wagons citerne pour accroître le volume de transports pétrole des sables bitumineux. Pour mémoire à son arrivée, l’ami Trudeau plaidait pour que le Canada prenne des initiatives sur le réchauffement climatique.

 

Mexique

Le nouveau président, Andrés Manuel López Obrador, veut que son pays produise plus de pétrole d’ici à 3 ans.

Le gouvernement va injecter 3,7 milliards $ pour soutenir l’entreprise nationale Pemex. Le pétrolier devra investir dans une nouvelle raffinerie pour 8 milliards $ ainsi que 23 milliards $ (+14%) pour l’extraction pétrolière.

 

Venezuela

La production pétrolière a chuté à 1,1 million b/j. Au début de l’année, elle était de 2,2 millions. En 1998, le pays exploitait 3,5 millions.

Dans une situation financière critique, le Président Maduro a demandé et obtenu de Vladimir Poutine, une rallonge financière de 5 milliards $ en échange de pétrole.

La Chine et la Russie portent financièrement à bout de bras le Venezuela en échange d’or noir. Cependant, Moscou s’est plaint que les remboursements pétroliers envers la Russie se font parfois attendre, alors que Caracas s’exécute à la minute pour les traites chinoises.

 

Brésil

En 1 an en Amazonie, l’équivalent de 1 million de terrains de foot de forêts ont été rasés pour laisser place à la culture du soja et à l’exploitation forestière.


Production du pétrole de schiste aux USA, en milliers de barils/jour
Source IEA

 

Asie

Inde

Le pays a importé 4,2 millions b/j de pétrole en novembre. Les besoins énergétiques de l’Inde grimpent à une vitesse fulgurante.

L’Inde est devenue le deuxième importateur de charbon derrière la Chine.

 

Australie

Le pays est devenu le plus grand exportateur de gaz liquide (LNG) devant le Qatar avec 6,5 millions de tonnes contre 6,2 pour Doha.

 

Singapour

Plus de 150 millions $ de pétrole ont été volés dans la plus grande raffinerie du pays. Une douzaine de personnes ont été arrêtées dont plusieurs employés de Royal Dutch Shell.

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

La National Oil Company (NOC) a déclaré l’état de force majeur dans le champ d’El Sharara et ses 315’000 b/j. Le gisement a été intercepté par une milice locale qui désire recevoir une part du bénéfice ainsi que des emplois rémunérés.

Le premier ministre, Fayez al-Sarraj, s’est rendu sur place pour détendre l’atmosphère. Pour l’instant, la NOC a refusé de payer afin d’éviter de donner des idées aux dizaines d’autres milices du pays.

 

Nigeria

La justice italienne a reconnu que Eni et Shell ont préparé des petites enveloppes à destination des dignitaires du pays. Les deux entreprises avaient payé 1,3 milliards $ dont 1,1 pour les petites enveloppes.

Le français Total va commencer à exporter du pétrole en très grande profondeur du gisement Egina à proximité des côtes du pays. Le gisement a une capacité de 200’000 b/j. et se trouve immunisé des sabotages qui a lieu sur les terres.

 

Phrases du mois

«La France des gilets jaunes constitue un contre-exemple, dans lequel l’Etat n’a pas réussi la synthèse entre la portée environnementale et la portée sociale. La taxe carbone s’est ajoutée à un système fiscal terriblement inégalitaire. La transition juste, ce n’est certainement pas de faire payer les citoyens les plus modestes, mais plutôt de faire participer les entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre » Anabella Rosemberg, Greenpeace.

Alors que les standards techniques et technologies ne sont pas établis dans beaucoup de nouvelles technologies, c’est une opportunité en or pour l’industrie de notre pays pour augmenter nos efforts de standardisations afin de “dépasser” tout le monde en prenant une autre voie.». Gouvernement Chinois: China Standardization Administration

L’économie de la qualité, il faut se battre pour ça. Le prix n’est pas une valeur. La valeur est ailleurs comme le disait Warren Buffet. Entre une baguette de pain à 80 ct € et une baguette de pain à 1,2€, la baguette à 80 ct n’a aucun sens.  Elle ne vient pas d’une bonne farine, elle ne vient pas d’une bonne agriculture, elle ne paie pas suffisamment l’agriculteur qui l’a produit.
Une baguette à 80 ct € on la paie 3 fois. Une fois à la caisse, une fois chez votre médecin, une fois avec vos impôts pour nettoyer les terres des produits chimiques.
”  Frédéric Anton, chef cuisinier, Meilleur ouvrier de France

Nous vendons les voitures que les gens veulent acheter (selon un fabricant automobile). “Non, vous vendez les véhicules grâce aux pubs que vous faites sur les voitures que vous voulez leur vendre.” Corinne Lepage, ancienne ministre environnement France

«Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Même ce fardeau, vous le laissez aux enfants (…) Notre civilisation est sacrifiée pour qu’un tout petit nombre de personnes puisse continuer à faire beaucoup d’argent, pour que ces mêmes personnes puissent continuer à vivre dans le luxe. En 2078, je fêterai mes 75 ans. Si j’ai des enfants, ils passeront peut-être cette journée avec moi. Ils me parleront peut-être de vous… Ils me demanderont pourquoi vous n’avez rien fait pendant qu’il était encore temps d’agir. Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout et pourtant vous volez leur avenir sous leurs yeux. (…) Nous sommes venus ici pour vous faire savoir que le changement était en train d’arriver, que vous le vouliez ou non.» Greta Thunberg

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Pétrole: le baril dégringole à 45$

Comme un pied de nez à la COP24 sur le climat, le baril de pétrole dégringole à 45,79$ à New York et 55,89$ à Londres, soit une baisse de plus de 30$ depuis début octobre.

A la fin de l’été, le consensus tablait sur un baril à 100$. Mais à la bourse, à chaque fois que c’est «évident», c’est le contraire qui se passe. Surproduction des 3 géants USA, Russie et Arabie Saoudite et perspectives économiques moins roses que prévues sont les ingrédients pour tenter d’expliquer cette dégringolade.


 

Début décembre, l’OPEP+ annonçait une réduction d’extraction pétrolière de 1,2 millions barils/jour (b/j) afin de faire remonter les cours. Le top départ de cette initiative était annoncée pour janvier.

Comme une marmotte au début de l’hiver et avant l’entrée en vigueur des quotas, les producteurs ont profité pour accumuler un maximum de réserves en extrayant des quantités maximales de pétrole.

L’Agence Américaine de l’Energie annonce que les USA sont devenus les plus grands producteurs du monde avec 11,7 millions b/j. Même si ces chiffres seront «corrigés» à la baisse dans quelques mois, la tendance est là. La Russie a également poussé ses machines à fonds avec 11,4 millions b/j en décembre et l’Arabie Saoudite tourne à 11.

De plus, comme les perspectives économiques de la croissance mondiale sont moins enthousiastes, les traders poussent les prix vers le bas.

 

Production de schiste aux USA en millions de barils/jour. Source IEA

 

Aux USA, les extractions de pétrole de schiste sont en forte augmentation de +134’000 b/j sur décembre ce qui compense les pertes du Venezuela.

Cependant, le prix de vente du pétrole de schiste US est passé sous les 40$ à 39$ le baril.

Déjà qu’à 60$, les pétroliers américains espéraient un timide bénéfice, à 39$, leurs pertes se chiffrent en milliards $. Le soutien inconditionnel des institutions financières internationales reste un mystère.

 

 

Champs de pétrole de schiste aux USA

 

L’OPEP tente de repousser les prix du pétrole vers 70-80$

La réunion des membres de l’OPEP a entériné une diminution de 1% de l’extraction mondiale de pétrole à -1,2 million de barils par jour. L’objectif est de freiner la chute des cours de 87 à 58$ le baril (-33%) des deux derniers mois pour remonter dans une fourchette de 75 à 85$.

Pour le cartel, cette base devrait permettre des rentrées suffisantes de pétrodollars, de soutenir la croissance pour maintenir la demande de pétrole et de freiner les investissements dans les énergies renouvelables. A ce petit jeu, chaque pays défend ses propres intérêts.

Ne serait-il pas le moment d’envisager une transition hors des griffes du pétrole?


 

Depuis 2006, les variations extrêmes du baril déstabilisent autant les producteurs que les pays importateurs de pétrole.

C’est la deuxième fois depuis 2014 que l’OPEP doit intervenir de manière aussi vigoureuse. De 100$, les cours étaient descendus à 40$ en quelques mois. Aujourd’hui, la potion magique est la même: réduire l’offre.

Cette fois, ce sont les décisions à l’emporte-pièce de Donald Trump face à l’Iran qui ont totalement déstabilisé l’industrie pétrolière mondiale. D’un embargo total, Washington a lâché du lest à la dernière minute, en vue des élections de mi-mandat.

Dans les faits, Donald Trump terrasse tous les fondamentaux pour imposer sa vision à très court terme et assurer sa prochaine réélection en 2020.

 

Quel est le juste prix du baril ?

Les USA

Donald Trump souhaite des tarifs pétroliers sous la barre des 50$. Cela permet d’offrir à son électeur, Joe America, un carburant bon marché, ainsi que de stimuler l’activité industrielle et l’économie nationale. Ces trois facteurs pourraient lui accorder un second mandat.

Quant aux monstrueux déficits de l’extraction de pétrole de schiste, les Blackrock, JP Morgan, Wells Fargo, Bank of America, UBS, Credit Suisse, etc. sont passés maître pour exporter les pertes américaines à des institutions financières étrangères comme la Banque la Banque Nationale Suisse ou les fonds de pensions des retraités européens.

Qu’importe que le baril soit à 50$ et que les producteurs de schiste perdent des centaines de milliards $. Tant que leurs managers sont massivement payés et que des milliers d’emplois sont générés aux USA, le «Make the America Great Again» triomphe.

Un baril à 50$ permet également de limiter et de contenir l’implémentation des solutions renouvelables dévastatrices pour les énergies fossiles et pour la doctrine Trump.

 


Avant la réunion de l’OPEP, le président Trump a fait pression sur le cartel
dans le but de ne pas diminuer l’offre

 

Les Pays producteurs

Les pays producteurs privilégient un baril entre 70-90$ afin d’équilibrer leurs budgets. Le train de vie de l’Arabie Saoudite nécessite un baril supérieur à 80$. Plus frugale, la Russie, , peut se contenter d’un baril à 43$. Le surplus n’est que confort et bénéfice.

Le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Libye ou le Nigeria prient pour que la fourchette supérieure devienne la norme tant leurs besoins financiers sont importants.

Un baril à 80$ permet également aux pétroliers de pouvoir investir dans l’exploration pétrolière afin de remplacer les gisements qui s’épuisent. Durant cette dernière décennie, les coûts d’extractions sont passés de 5$ le baril à plus de 70$. L’industrie doit forer de plus en plus profond pour extraire du pétrole de moins en moins riche.

 

Les pays importateurs

Comme les membres de l’OPEP, les gouvernements des pays importateurs bénéficient aussi de la bénédiction du pétrole, via des taxes qui génèrent de substantiels revenus. A cet égard, la décision du cartel est une bonne nouvelle. Le montant optimal du baril raisonne le mieux dans la fourchette 80-90$.

Mais attention, au-dessus de 100$, le pétrole détruit tant la croissance économique que la demande de carburants. Comme le montre la crise de 2008, l’Economie est incapable de supporter un baril à plus de 140$.

 

Sortir du pétrole

La décision de l’OPEP de réduire l’offre implique directement la vie de tous les citoyens de la planète. La volonté du cartel de garder l’hégémonie du pétrole sur les autres énergies est compréhensible. Paradoxalement, on retrouve également cette même volonté au sein des pays importateurs.

Cependant, les variations extrêmes des prix du baril doivent nous inciter à effectuer une transition énergétique et une sortie rapide des produits pétroliers. Ces variations sont les premiers effets du peak oil et elles ne vont que s’amplifier, tout comme les changements du climat.

Une première étape pourrait demander l’interdiction de financement de projets pétroliers par les institutions financières publiques. Durant les deux dernières années, les banques françaises ont investi, à l’étranger, plus de 43 milliards € dans le pétrole.

En Suisse, le président de la Confédération, Alain Berset, a annoncé frs 120 millions de francs d’investissements dans les projets de réduction de CO2, majoritairement à l’étranger. Si au lieu d’utiliser les impôts des citoyens, il avait tout simplement régulé les investissements des fonds de pensions des caisses publiques, de l’UBS, du Crédit Suisse ou de la Banque Nationale Suisse, les bénéfices seraient répercutés sur l’entier du pays et pas uniquement aux USA. Cela aurait éventuellement permis à la BNS d’éviter de perdre des milliards $ dans ses investissements pétroliers au pays de Trump.

Combien de temps encore, la poudre de perlimpinpin va-t-elle résister aux turbulences pétrolières?

 

Essence: Les Gilets Jaunes: Qui paralyse qui?

En France, la hausse des prix du baril de pétrole et les nouvelles taxes sur les carburants ont initié la vague de gilets jaunes. Paradoxalement, dans un pays où laisser son moteur allumé pour aller chercher sa baguette de pain est un sport national, la transition énergétique se heurte à la réalité du terrain.

La France n’est pas seule à avoir mis tous ses œufs dans le panier du pétrole et de tenter, même maladroitement, de s’en extraire. La grogne illustre la difficulté d’effectuer cette transition en embarquant tous les citoyens.


La paralyse des cartels

Paris perçoit plus de € 30 milliards de taxes sur l’utilisation du pétrole, dont à peine 10% sert à soutenir une transition de la mobilité et du chauffage.

De plus, quand cette minuscule quote-part sert à offrir des subsides au pétrolier Total pour l’aider à générer de l’essence à partir d’huile de palme, la perplexité est de rigueur.

Dans les faits, les présidents successifs, de droite comme de gauche, ont laissé la stratégie énergétique du pays dans les mains des multinationales dont les intérêts divergent totalement de l’intérêt public.

Comment expliquer les choix de relier les grandes villes par TGV en abandonnant le transport dans les régions périphériques, d’ériger 19 sites nucléaires au lieu de disséminer les centres de production, de favoriser systématiquement EDF ou Engie afin de freiner les PME innovantes et l’efficience énergétique, de favoriser le diesel pour écouler les voitures des constructeurs nationaux ou de ne pas imposer le kérosène des compagnies d’aviation ou de transports maritimes.

Dénoncer cette méthodologie ne peut être corrélée à une idéologie de droite ou de gauche d’autant que l’on découvre petit à petit que ces faveurs résultent souvent d’avantages financiers à des élus ou des partis des deux bords.

Bref, le sentiment que l’argent collecté va directement dans les poches d’élus ou des géants de l’économie n’est peut être pas étranger à ces manifestations.

 

Indépendance énergétique

La France n’est pas un cas isolé. L’Allemagne, l’Angleterre où les USA font face aux mêmes défis même si les approches diffèrent.

En Allemagne, le gouvernement Merkel a saisi l’opportunité de débuter par une transition électrique en abandonnant le nucléaire et demain le charbon. Sur cette base, elle peut maintenant électrifier son industrie automobile, bien aidée par les scandales des moteurs truqués.

Les années sont comptées pour effectuer une passation en douceur. Plus on attend, plus elle sera ardue et violente. Elle sera de toute façon imposée par la conjonction de la pénurie pétrolière et de la crise climatique.

La France va devoir fortement investir, et par ricochet, créer des emplois, afin de proposer des alternatives à la voiture thermique, aux camions et aux avions, d’isoler et de chauffer différemment les bâtiments.

Des cartels et des oligopoles, peut agile, vont disparaître et être remplacés par des acteurs inattendus. Uber, Amazon, Tesla ou Goole montrent le potentiel disruptif. (pour autant, du point de vue social, ces entreprises sont souvent exécrables.)

 

Générer et garder la valeur dans l’économie locale

Une fois n’est pas coutume, nous pourrions recopier l’exemple chinois. Solaire, éolien, construction de voitures électriques ou à hydrogène, Pékin a créé des millions d’emplois et a fortement réduit ses émissions polluantes et freiné la hausse de sa consommation pétrolière. Aujourd’hui, plus de 400 producteurs de voitures électriques chinoises se battent pour conquérir le monde.

Cette démarche peut irriter les fervents croyants de la main invisible qui équilibre les marchés. Si en pratique, cette théorie n’a fonctionné que dans les livres, le pragmatisme chinois ou américain l’a balayée.

Le gouvernement français, comme les autres pays, a intérêt à diminuer le temps passé sur la création d’articles de presse et à augmenter l’implémentation de solutions et d’alternatives pour les citoyens.

Non seulement, ces solutions sont funs et améliorent la qualité de vie, mais en plus elles créent des emplois et gardent la valeur dans les communautés et les entreprises locales. Annuellement, la France offre et exporte plus de 40 milliards € aux pays producteurs de pétrole.

Imaginez le potentiel de ce montant s’il restait dans l’économie locale.

Badaboum! Le pétrole repasse sous les 70$

Début octobre, le pétrole atteignait 86,74$. Un baril à 100$ était un coup sûr, d’autant que les sanctions du président Trump envers l’Iran auraient dû retirer des marchés plus d’un million de barils par jour.

Cependant, à la bourse, à chaque fois qu’une évidence est trop évidente (et que le 20Minutes en parle), c’est exactement le contraire qui se produit.

L’or noir vient de perdre plus de 20% et se retrouve à 69,13$ à Londres et 59,28$ à New York.

 

 

Un homme influence les prix: Donald Trump

Dans une situation tendue de l’offre et de la demande, les sanctions américaines contre les exportations pétrolières iraniennes ont déjà retiré des marchés plus de 1 million de barils par jour. L’objectif était de stopper les 2,8 millions de barils exportés chaque jour par Téhéran.

Pris dans les élections de mi-mandat et la hantise de voir grimper les prix de l’essence de Joe America, Donald Trump a exercé une pression maximale sur les pays producteurs afin d’augmenter leurs exportations avec l’objectif de maintenir les prix dans une fourchette acceptable. Ainsi la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA ont démultiplié leurs efforts pour combler ce manque. Toutes voiles dehors, les trois pays ont atteint des niveaux records d’extraction.

Devant l’urgence de la situation et en surréagissant, le Président américain a rétropédalé en accordant à 8 pays sa bénédiction et l’autorisation d’acheter du pétrole iranien.

Dans le même temps, le gouvernement irakien a réussi à trouver un accord avec les Kurdes du Nord de l’Irak afin d’exporter entre 200’000 et 400’000 barils supplémentaires par jour.

 

Le yoyo et la roulette russe

D’une pénurie, nous sommes passés dans phase de surproduction. Il n’en fallait pas plus pour se retrouver aujourd’hui devant un alignement de planètes compliqué pour l’industrie.

Le pétrole de schiste américain, fortement déficitaire, pourrait être sur le point de creuser sa tombe. En début d’année, les producteurs Yankees avaient juré, la main sur le cœur, que leurs entreprises allaient être profitable et générer des dividendes d’ici à décembre. Incapable de générer des profits à 70$ le baril, la douloureuse devrait éloigner les investisseurs téméraires floués par ce mirage.

Ce yoyo des prix est un véritable cauchemar pour les producteurs et les financiers. Il rend les investissements et les revenus aléatoires. Si par le passé, la stabilité des cours pétroliers assurait une rente connue, aujourd’hui ce jeu est aussi prévisible qu’une roulette russe.

 

Découplage Economie/Pétrole

Cette chute des cours semble temporaire. Elle ne remet pas en cause le manque d’investissement chronique pour l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements. L’amplitude des variations (+/-20% en quelques semaines) n’est, en tout cas pas, la bonne prescription.

Les fondamentaux et les questions restent les mêmes: comment extraire 102 millions de barils d’ici à 2020 et où se situera son prix?

Pour fuir ces secousses, la stabilité des énergies renouvelables devient une valeur refuge. Les pays, qui sauront le plus rapidement découpler leur Economie du pétrole, auront une longueur d’avance.

Pour les autres, la grève des carburants prévue en France le 17 novembre, pourrait devenir une norme.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: La main de fer du Prince déborde en Turquie
– USA: TESLA annonce un bénéfice ainsi qu’un français pour remplacer Elon Musk
– Chine: Importations record de pétrole iranien avant l’embargo
– Australie: “Irresponsable” de sortir du charbon selon le gouvernement
– Israël: Plus de voitures thermiques dès 2030. Place à l’électricité
– Iran: Le pays met en vente son pétrole à la bourse pour contourner les USA
– Pétrole: Hausse de la demande prévue pour 2019
– Allemagne: Audi et Amazon s’allient pour recharger les voitures électriques
– Nigeria: Une grande partie du pétrole volé transite par le Cameroun.


 

Le pétrole fait des bonds de kangourou sans trop savoir où il va. A Londres, Il est passé de 86$ à 75$ en quelques jours. A New York, il perd presque toutes ses plumes, ce qui est paradoxal pour un kangourou. On le retrouve à 75,91$ (82,72$ fin septembre) à Londres et à 66,18$ à New York (73,25$ fin septembre).

Après une belle grimpette, l’uranium reprend son souffle et s’arrête net. On le retrouve assis sur un banc à méditer à la page 27.60$ (27.35$ fin septembre).

 

Graphique du mois: Utilisation de l’Energie dans les principales économies

Nous consommons toujours plus d’Energie.
Si l’efficience énergétique et l’utilisation des technologies propres gagnent du terrain,
l’accroissement de l’activité efface largement le tout.   Source IEA

 

Planète

Selon l’assureur Swiss Re, l’année 2017 a été la plus dispendieuse de tous les temps. Plus de 144 milliards $ ont été versés pour les catastrophes naturelles et le réchauffement climatique. Selon Edi Schmid, les pertes économiques se montent à 337 milliards $ et plus de la moitié des dégâts n’ont pas été couverts par les assurances.

Mammifères, oiseaux, poissons… sous la pression de l’homme, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60% entre 1970 et 2014, selon le WWF.

 

OPEP

Le cartel pense que la demande de pétrole va augmenter +1,54 millions barils/jour (b/j) cette année, et de +1,36 millions en 2019. Selon l’OPEP, les marchés sont bien alimentés en pétrole. L’Arabie Saoudite et la Russie (non membre du cartel) auraient encore une marge de manœuvre pour augmenter leur production et faire face à la demande.

D’ici à 2040, le Secrétaire Général, Mohammad Barkindo, estime qu’il faudra 11’000 milliards $ d’investissements pour que l’industrie pétrolière puisse suivre la demande dont 8’300 milliards avant la production.

En septembre, la production pétrolière de l’OPEP a augmenté de 132’000 b/j à 32,76 millions b/j. Les pays non membre de l’OPEP ont augmenté leur production de 2,2 millions b/j en 2018 (majoritairement les USA et la Russie).

Pour 2019, l’OPEP devrait livrer à 31,8 millions de barils par jour.

 

Pétrole

Les investissements pétroliers vont atteindre 500 milliards $/an en 2019 et 2020. En comparaison selon WoodMac, les investissements furent de 460 milliards $ en 2016, loin des 750 milliards de 2014. Selon WoodMac, il serait nécessaire d’investir 600 milliards $/an pour pouvoir assurer l’offre pétrolière et gazière pour les 10 prochaines années.

Du côté de Wood Mackenzie pense également que 100 milliards $ de plus sont nécessaires aux investissements actuels. L’OPEP et l’IEA demandent des investissements à hauteur de 1’000 milliards $. En résumé, il manque une coquette somme pour que nous puissions assurer l’approvisionnement pétrolier dès 2020.

Le FMI et l’Agence Internationale de l’Energie se soucient de la cherté de l’énergie avec un baril à 80$ ainsi que de son influence négative sur la croissance mondiale. Le Fond Monétaire International a revu sa croissance à 3,7% pour 2019 (-0,2%).

Le débat sur le peak oil se focalise souvent entre voitures électriques et thermiques. Cependant, la pétrochimie représente le tiers de la croissance pétrolière mondiale. Les besoins en plastiques, détergents, plastiques durs pour les tv ou ordinateurs et pesticides augmentent rapidement. Les USA et l’Europe consomment 20 fois plus de plastiques et 10 fois plus de fertilisants que les autres pays.

 

Transport maritime

Les nouvelles règles sur les émissions de souffre et autres polluants dans la marine marchande devraient entrer en vigueur dès 2020. Les armateurs peuvent soit installer des systèmes de nettoyage des fumées soit ralentir la vitesse de leurs bateaux. La seconde option est celle qui a retenu le plus d’attention.

L’utilisation des déchets de pétrole brut, comme carburant pour les bateaux, sera réglementée. Ce rebut des raffineries sera remplacé par une qualité qui se trouve entre le diesel et le kérosène. Ce changement va mettre une forte pression sur l’industrie de l’Aviation qui pourrait voir les prix du kérosène augmenter.

L’administration Trump cherche à ralentir l’introduction de cette mesure adoptée par tous les pays.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

 

Sous les projecteurs, les 3 pays du mois

Iran

L’embargo pétrolier et économique des USA va débuter le 5 novembre. Quel sera l’impact de la décision du président Trump sur un marché pétrolier qui a déjà de la peine à satisfaire la demande? La réponse viendra dans quelques mois.

Pour contrer l’embargo, l’Iran a tenté de vendre du pétrole à des acheteurs privés via une bourse de l’énergie. Seuls 280’000 barils ont été vendus à un acheteur, sur le million qui avait été proposé aux enchères avec un prix du baril à 79,16 $. Téhéran compte proposer son pétrole à la Bourse de l’énergie une fois par semaine. L’Iran espère que la vente de son pétrole à des acheteurs privés, plutôt qu’à des pays, rendra plus difficile la surveillance et le blocage de ses exportations par les Etats-Unis.

Les exportations pétrolières ont déjà diminué  (1,7 million b/j) dans des proportions inespérées pour Washington. Du coup, l’administration Trump pourrait autoriser quelques exceptions afin de ne pas faire trébucher le marché mondial du pétrole.

Selon Reuters, une quantité record de pétrole est arrivée dans le port chinois de Dalian. 20 millions de barils seraient en route au lieu des 1-3 millions de barils par mois. La Chine pourrait réduire ses importations iraniennes dès l’entrée des sanctions américaines.

Pour la première fois en 6 ans, la Corée du Sud n’a pas importé de pétrole de l’Iran.

 

Arabie Saoudite

L’assassinat du journaliste Khashoggi a vu éclore quelques réprimandes internationales. Est-il judicieux de se fâcher avec un royaume qui met 10 millions b/j de pétrole sur la table? Le président Macron a clairement répondu: non.

Dans les réseaux sociaux, le jeune Prince Mohammed bin Salmane, s’est bien offert quelques buzz gratifiants comme l’autorisation de conduire accordée aux femmes. Pour le reste, son management ressemble à une dictature traditionaliste hyper musclée.

Le ministre du pétrole, Khalid al Falih confirme que le pays extrait 10,7 millions b/j (+700’000 b/j) en quelques mois.

Pour contourner un éventuel blocage par l’Iran du détroit d’Hormuz, qui voit transiter 18,5 millions b/j, l’Arabie Saoudite a ajouté des capacités d’exportation de 3 millions b/j via la Mer Rouge.

Donald Trump pense que le roi d’Arabie Saoudite ne pourrait rester en place plus de 2 semaines sans l’aide militaire des USA. Il suggère que Riyad mette la main à la poche pour cette protection.

Lors de la dernière visite de Trump début 2018, le roi Salman bin Abdulaziz Al Saud avait acheté pour 110 milliards $ d’armements aux américains.

Saudi Aramco va installer une raffinerie de 400’000 b/j en Chine. L’objectif est de garantir la livraison de pétrole dans le pays du milieu.

Dessin:  Chappatte

 

USA

L’administration Trump a supprimé les règles de sécurité pour les forages pétroliers en haute mer. Ces règles avaient été édictées suite à la catastrophe de BP Deepwater Horizon en 2011. L’administration va également remettre sur le marché, des concessions pour forer en haute mer dans le Golfe du Mexique.

Après s’être fait remis à l’ordre par la bourse et démis de ses fonctions de Président de Tesla, Elon Musk continue de tweeter autant que Trump. C’est le français Jérôme Guillen qui a été nommé pour remplacer et épauler Elon Musk. Bonne nouvelle pour “the fixer”, Tesla a publié des bénéfices: 311,5 millions $.

Les élections de mi-mandat brassera, ou pas, les cartes du Sénat et de la Chambre. Les américains devront choisir entre un Trump droit dans ces bottes et des démocrates “progressistes” avec une sensibilité à fleur de peau sur le moindre sujet. Le taux d’abstention s’annonce élevé. In fine, le choix d’un l’un ou l’autre va déterminer la stratégie énergétique du pays (et du monde).

La croissance américaine a atteint 3,5% au 3ème trimestre. Elle était de 4,2% au 2ème trimestre.

La Maison Blanche a nommé Neil Chatterjee à la tête de la Commission Fédérale de l’Energie. Le brave homme est un ardent supporter des subventions pour le charbon et le nucléaire.

A l’approche des élections de mi-mandat, début novembre, l’une des craintes de l’administration Trump était l’envolée des prix du baril. So far so good.

Les habitants du Colorado vont voter pour augmenter la distance de sécurité des forges de schistes, notamment par rapport aux écoles et aux habitations. Les lobbies du pétrole ont déversé plus de 20,3 millions $ en publicité pour éviter que cette proposition passe. Réponse le 6 novembre.

ExxonMobil a fait une donation de 1 million $ pour un comité qui soutient les taxes sur le CO2. Le mois dernier, Exxon avait accepté de mettre 100 millions $ pour réduire ses émissions de CO2.

L’Etat de New York a porté plainte contre ExxonMobil au motif que “l’entreprise a trompé les investisseurs” au sujet du réchauffement climatique. Le fonds de pension de l’Etat de New York détient 1,5 milliard $ d’actions. Exxon connaissait depuis les années 80 l’influence du pétrole sur le climat mais avait tout fait pour cacher la vérité.

General Electric a passé l’achat d’Alstom dans pertes et profits pour une valeur de 23 milliards $. GE avait acheté le français Alstom pour 10,1 milliards $ et repris les dettes. Au total GE a affiché une perte de 22,8 milliards $ au 3ème trimestre. La division énergie de GE sera scindée en 2: les services gaziers dans la première partie et les générateurs et le nucléaire dans l’autre.  L’entreprise a distribué plus de 150 milliards $ de dividendes depuis 2000.

Boeing, JetBlue et Zunum Aero ont choisi Safran Helicopter Engines comme fournisseurs de turbines pour le prochain avion hybride/électrique, le ZA10. L’avion de 12 places aura une capacité de 1’000 km. Les coûts de fonctionnement de l’avion devraient être inférieurs de 60-80% par rapport à un avion à kérosène.

 

Zunum Aero, avion électrique hybride

 

Europe

L’essence diesel et le sans-plomb 98 ont changé de nom dans toute l’Europe. Le Diesel s’appelle «B». Le B7 indique qu’il s’agit de Diesel avec 7% de biodiesel (céréales ou huile de palme). Le Sans-Plomb 98 s’appelle «E5». Les fans de la Guerre des Etoiles espéraient R2D2, mais Bruxelles a tenu bon.

Le système installé par la Commission Européenne afin de contourner l’embargo américain sur l’Iran est un fiasco. Selon Kpler, agence de tracking pétrolier, l’Europe a diminué ses importations de pétrole iranien de 843’000 b/j durant les 12 derniers mois.

 

Russie

La production du pays pourrait monter à 11,4 millions b/j. Après avoir augmenté de 400’000 b/j durant cet été, Moscou annonce une augmentation de 300’000 b/j dans les mois qui viennent. Les gisements russes sont âgés et on peut se questionner sur l’ardeur de la production actuelle et l’influence sur la production future.

La Russie et l’Arabie sont devenus de bons amis depuis leur collaboration réussie afin de faire remonter les prix du pétrole début 2018. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, les deux compères planchent maintenant sur les prix du gaz liquide. Cela pourrait mettre de la pression sur le gaz américain.

 

Suisse

L’entreprise germano-suisse Innolith a développé un nouveau type de batterie, supérieure au lithium-ion. Cette batterie non organique ne prend pas feu et possède un cycle de vie 50 fois plus grande que sa collègue à 50’000 recharges.

A ce rythme, un I-Phone pourrait durer 100 ans (pour autant qu’Apple ne fasse pas une mise à jour). La solution sera offerte aux villes pour le stockage d’électricité. Pour l’instant, cette batterie n’est pas assez puissante pour équiper les voitures électriques.

A cause d’une sécheresse particulièrement sèche, le niveau du Rhin a bloqué pendant quelques jours la livraison de pétrole par bateaux.

Pour des raisons “stratégiques” mais surtout pour générer des liquidités, le producteur d’électricité Alpiq désire se séparer de ses deux centrales à charbon à Kladno et Zlin en Tchéquie.

Le canton du Jura ambitionne l’installation de 3 parcs éoliens. Le processus pourra durer une dizaine d’années.

 

France

Renault lance son programme «Advanced Battery Storage» qui utilisera les batteries usagées de voitures électriques afin de créer une méga batterie de 60 MWh. Ce système sera le plus puissant en Europe. En 2019, il sera installé en France et en Allemagne.

Lors du mondial de l’auto à Paris, le patron de Mercedes, Dieter Zetsche, a annoncé que « le diesel a encore de l’avenir car les moteurs sont devenus presque aussi propre que les moteurs à essence. » Il devait certainement se référer aux moteurs à diesel avec des logiciels “made in Germany”. Les rappels et les mises à jour de logiciels sur des voitures diesel Mercedes ont coûté 453 millions € à son entreprise.

Total devrait ajouter 500’000 b/j de pétrole d’ici à 2025 suite à des résultats positifs au Brésil et dans le Golfe du Mexique.

Suite à l’augmentation du baril de 30% et les taxes françaises, les prix des carburants ont augmenté de 25% à la pompe. Quelques 300’000 ont liké  (67 millions n’ont pas liké) une page Facebook, qui demande au gouvernement de diminuer les taxes sur le pétrole. En réalité, la grande partie de la hausse des carburants provient de la hausse des prix du baril.

Si ça coince à 80$, attendons de voir la réaction avec un baril à 100$. Il est pourtant assez facile de réduire sa facture d’essence. Il suffit de ralentir. A 100 km/h au lieu de 120 sur autoroute, et à 80km/h sur les nationales au lieu de 90, vous économisez  20% à 30% sur la douloureuse à la station d’essence.

 

Allemagne

BMW Northvolt et Umicore ont formé consortium afin de réaliser des batteries pour voitures électriques. L’Union Européenne a également décidé de soutenir financièrement la réalisation de batteries européennes afin de diminuer la totale dépendance des livraisons chinoises.

Le secteur automobile emploie 13 millions d’européens. Si la Chine continue sur le rythme actuel, une grande partie de ces emplois disparaîtront.

Audi a annoncé son nouveau SUV électrique le E-Tron. Aux USA, la firme allemande s’est alliée à Amazon pour les recharges électriques. Amazon entre dans la liste des distributeurs d’électricité.

Des milliers de militants, venus de toute l’Europe, ont bloqué la plus grande mine à ciel ouvert d’Europe à Hambach. L’entreprise RWE y exploite la lignite pour ses centrales à charbon. L’agrandissement du site a connu un revers au début du mois après le dépôt d’un recours par l’organisation environnementale allemande Bund. La justice a en effet estimé qu’un effet suspensif était pertinent jusqu’au verdict, d’ici 2020.

 

Siemens a inauguré le premier tram autonome à Postdam

 

Angleterre

Cuadrilla Resources a reçu l’autorisation d’effectuer des forages de gaz de schiste. Cependant, Schlumberger, l’entreprise contractée, devra faire des simulations pendant 3 mois afin d’éviter un tremblement de terre. Aux USA, cette procédure prend quelques jours pour des résultats souvent catastrophiques. Cuadrilla ne semble pas prêt à approcher un retour sur investissement d’autant qu’après quelques jours, des premiers tremblements de terre ont été ressentis.

Trois protestants contre les forages de schiste au Lancashire ont été condamnés à 16 mois de prison. C’est la première fois que des manifestants sont condamnés à la prison. Plus de 200 professeurs académiques ont signé une lettre pour que le système judiciaire révise cette absurdité.

Les USA ont mis en garde l’Angleterre que la Chine utilise le partenariat EDF-Areva pour construire les centrales nucléaires EPR d’Hinkley Point, afin de transférer du savoir-faire à des fins militaires. Selon les USA, la China General Nuclear profite de sa position dans le consortium franco-chinois pour un transfert de technologie. Ce message d’alerte intervient alors que Theresa May désire apporter de la lumière sur les investissements chinois en Angleterre.

Le timing de cette annonce surprend. Areva a construit 2 centrales EPR en Chine dont l’une entièrement construite par les chinois. Pékin a donc déjà effectuer ce transfert de technologie.

 

Europe: Le budget de l’Italie ne sera pas équilibré

 

Asie

Inde

Des subsides de 10 milliards $ sont prévus pour aider les entreprises mises en difficulté par l’augmentation des prix du pétrole.

Delhi active également des subsides afin de limiter l’impact de la hausse du baril pour les automobilistes. L’effort proviendra également des pétroliers qui acceptent de réduire leurs marges.

Le gouvernement planifie l’installation de 175 GW d’énergies renouvelables d’ici à 2022 dont 100 GW de solaire et 75 GW d’éolien.

 

Australie

Le gouvernement a rejeté la proposition de sortir le pays du charbon d’ici à 2050. Le plus grand exportateur mondial de charbon pense qu’il serait irresponsable de se conformer aux engagements sur le climat de Paris. Canberra donne la priorité à la réduction des prix de l’électricité au lieu diminuer ses émissions qui grimpent depuis quatre années consécutives.

Paradoxalement, Canberra prévoit plusieurs milliards $ de dédommagements aux agriculteurs qui subissent une sécheresse dévastatrice.

 

Le plus long pont du monde relie la Chine à Hong Kong

 

Chine

Pékin a lancé un plan de secours de 175 milliards $ pour relancer son Economie. Le tout est fait via des prêts bancaires obtenus en diminuant les réserves bancaires.

Les chinois sont très attaché au cash et représente le 70% de leur épargne privée.

Le bras de fer avec Donald Trump s’enlise. Pékin ne prend même plus la peine de répondre aux questions de l’administration US. Les chinois utilisent à merveille leur patience et leur capacité à calmer les ardeurs des entreprises locales et de la population. A ce petit jeu, qui va céder en premier?

Le Président chinois a demandé à son armée de se ternir prêt pour une guerre. Quand on connait la retenue des chinois, on peut s’interroger sur cette annonce. La vente d’armement américain à Taïwan irrite de plus plus en plus Pékin.

Selon S&P Global, la dette chinoise pourrait se monter à 6’000 milliards $.

La pollution en particules fines, 2,5 PM, a chuté d’un tiers grâce au remplacement du charbon par du  gaz. L’année dernière la Chine est devenue le 2ème plus grand importateur de gaz liquide mondial avec 38 millions de tonnes (+46% en un an).

En 2017, les chinois avaient acheté 29 millions de nouveaux véhicules (17 millions aux USA). Pour la première fois depuis 1990, les ventes sont en baisse. Les voitures importées représentent le 62% du marché chinois. L’arrivée sur le marché des voitures de seconde-main et le succès des véhicules en partage expliquent cette tendance.

Pékin annonce une augmentation du PIB de 6,5% au 3ème trimestre. La solidité des chiffres du gouvernement est admirablement synthétisée dans le dessin ci-dessous:

 

Les Amériques

Schiste américain

Le Secrétaire de l’Intérieur, Ryan Zinke, annonce que la production pétrolière grimpera à 14 millions b/j d’ici à 2020. Vicki Hollub, PDG de Occidental Petroleum Corp, pense que le Bassin Permien pourra produire de très larges quantités de pétrole pendant 10 à 20 ans. Autant d’enthousiasme fait plaisir à voir.

L’Agence Américaine de l’Energie a enfin annoncé que le manque d’infrastructure va ralentir l’augmentation du pétrole de schiste même si elle annonce une progression de 98’000 b/j pour le mois de septembre.

Les managers de fonds financiers s’insurgent contre les rémunérations stratosphériques des cadres des entreprises de schiste et demandent des dividendes. Si en début d’année, les producteurs parlaient de profitabilité et de dividendes, il est peu probable que ce veut se réalise d’ici à décembre. Est-ce que les investisseurs continueront à déverser leur argent dans ce qui ressemble au jeu de l’avion, la question reste ouverte.

Même avec une production de 700 barils/jour un forage de schiste n’est pas rentable. Quand après 1-3 mois, quand sa production descend à 300 ou 150 barils la situation s’empire. Faut-il continuer ? Jusqu’à présent les pétroliers ont allongé les forages utilisant 4 fois plus d’eau, de sable et de produits chimiques.  Cette stratégie a permis de doubler la capacité des forages mais à des coûts non rentables.

Le CEO de Schlumberger, Paal Kibsgaard, pense que le défi actuel est de mesurer la performance des gisements et des forages de schiste. «L’industrie doit comprendre comment les gisements réagissent lorsque nous continuons à déverser des milliards de litres d’eau et des tonnes de sable dans le sol. La capacité du plus grand champ de pétrole de schiste des USA, le Bakken, pourrait être bien moindre qu’espéré. Si la demande reste soutenue au niveau mondial, nous allons devoir trouver de nouvelles technologies

 

HES Energy Systems Element One planche sur la construction d’un avion à hydrogène
capable de transporter 4 personnes sur 500 ou 5’000 km.

 

Brésil

Jair Boslason a été élu nouveau président du Brésil. Il semble n’y avoir aucune casserole en forme de corruption sur son chemin. Sa stratégie pétrolière est attendue car le Brésil possède de larges champs pétroliers sur ses côtes. Du côté de l’environnement, il semble être aligné sur la position de Trump.

Pour 1,7 milliards $, Shell et Chevron ont gagné les mises aux enchères de droits de forages sur les côtes du Brésil.

 

Mexique

Pour la première fois depuis des décennies, le Mexique importe du pétrole pour sa propre consommation. Il y a 14 ans, le Mexique atteignait son peak oil. Durant les deux dernières semaines, les USA ont livré plus de 1 million b/j au Mexique.

 

Venezuela

Citgo, la compagnie pétrolière basée à Houston Texas, mais propriété du Venezuela depuis 1990, est ciblée par les créanciers étrangers. Si l’entreprise est saisie afin de rembourser les créanciers notamment américains, le pays perdra une grande source de revenus. Les tribunaux américains et européens rendront leurs décisions d’ici à décembre.

 

Argentine

Le pays est à nouveau dans une crise économique alors que sa monnaie a reculé de 40% contre le $. La Banque Centrale a relevé ses taux à 60% pour contrer une inflation de 30%. La demande de gaz naturel est en chute libre et le pétrolier national YPF a diminué sa production pétrolière.

Jusqu’en 2022, YPF va investir entre 4 et 5 milliards $ par année pour tenter d’augmenter de 5-7% sa production pétrolière et gazière notamment dans les gisements de schiste de la Vaca Muerta proche de de la région viticole de Mendoza.

 


Dessin: Chappatte

 

Moyen-Orient

Irak

Le nouveau ministre du pétrole, Jabar al-Luaibi, a issu un décret pour transférer les actifs de plusieurs compagnies pétrolières dans une seule unité : la National Oil Company.

La production a augmenté de 1% à 4,86 millions b/j.

Le gouvernement espère augmenter sa production de gaz notamment pour sa production interne d’électricité. Les sanctions américaines bloquent les livraisons de gaz iraniennes qui permettent de générer 1’200 MG d’électricité.

 

Qatar

Les coûts d’extraction du pétrole est passé de 47,10$ aujourd’hui à 24,20$ le baril il y a 10 ans.

 

Israël

Le ministre de l’Energie aimerait terminer les ventes de voitures à essence et diesel d’ici à 2030 et les remplacer par des véhicules électriques. Les camions pourraient utiliser le gaz naturel produit par les nouveaux gisements du pays. L’objectif est de diminuer la dépendance pétrolière.

Le premier train à hydrogène en Allemagne

 

Afrique

Libye

La situation est toujours chaotique. La National Oil Corporation a dû suspendre la production à la raffinerie de Zawiya pour des raisons de menace sur son personnel par les milices.

 

Nigeria

De manière répétitive, le Nigeria subit un désastre pétrolier. En général, c’est une brèche réalisée dans un pipeline, des villageois qui se rassemblent pour récolter le pétrole jusqu’à ce qu’une étincelle explose le tout. Ce mois, 150 personnes ont péris brûlés.

Deutsche Welle, la radio allemande, a investigué sur les 10 milliards $ de pétrole nigérien disparu durant les 2 dernières années. Il semble qu’une grande partie du pétrole se trouve au Cameroun ou certains membres du gouvernement, de la police, de l’armée sont impliqués. Le Cameroun produit 30’000 b/j en comparaison avec les 1,8 million du Nigeria. Le vol de ce pétrole devient une tradition et une source de revenus important pour ce pays de 25 millions d’habitants.

 

Phrases du mois

«Donald, si vous voulez trouver le coupable de l’augmentation des prix du baril de pétrole, vous devez vous regarder dans le miroir.» Vladimir Poutine

There’s a healthy price for oil and energy… it’s somewhere between $50 and $65 a barrel.  The world can live with this.” CEO of BP, Bob Dudley

Au 2 trimestre, deux-tiers des producteurs américains de pétrole ont vécu au-dessus de leur capacité financière bien que les prix du baril ont augmenté de 40% en une année et qu’il se trouvait sur les 70$. Cinquante majors US ont dépensé 2 milliards $ de plus que leurs revenus.» FactSet

«Le consensus du marché que le Bassin Permien de schiste peut continuer accroitre de 1,5 million b/j dans un avenir prévisible commence à être remis en question.» Paal Kibsgaard, PDG Schlumberger

We protect Saudi Arabia. Would you say they’re rich? And I love the King … King Salman but I said ‘King, we’re protecting you. You might not be there for two weeks without us. You have to pay for your military.'” Donald Trump

«Dans le capitalisme, les hommes exploitent les hommes. Dans le communisme, c’est exactement le contraire.» John Kenneth Galbraith

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Le pétrole passe sur les 80$ le baril
– USA: Elon Musk n’est plus le PDG de Tesla Motors
– Russie: Le Ministre du Pétrole annonce le peak oil russe pour 2021
– Iran: Il manque déjà 1 million de barils dans les exportations
– BMW lance une moto autonome. Bluffant!
– Libye: Des combats entre les milices menacent la stabilité et la production pétrolière
– Allemagne: Le premier train à hydrogène est sur les rails
– Irak: le sud du pays s’embrase et ressemble de plus en plus à la Syrie
– Volvo se lance dans la construction de camion électrique autonome sans chauffeur.


 

Le pétrole mime les températures de notre planète et grimpe comme un bouchon de liège dans un baignoire. Il termine ce mois à 82,72$ (77.77$ fin août) à Londres et 73,25$ à New York  (70,25$ fin août). En route pour les 100$? L’avenir le dira.

Certainement jaloux du succès pétrolier, l’uranium ne pouvait en rester là. Il continue sa montée à 27.35$ (26.20$ fin août).

 

Graphique du mois:  Changements dans la production de pétrole 2005-2018

Les USA, l’Irak, le Canada, la Russie et le Brésil sont les seuls pays à pouvoir solidement
alimenter les marchés pétroliers.  Source EIA

 

Monde

Pétrole

L’extraction pétrolière a dépassé les 100 millions de barils par jour (b/j). Une question émerge. Y aura-t-il bientôt un pic de la demande (lire en anglais)?

Si les compagnies pétrolières européennes, Equinor (Nor), Rpsol (Esp), Total (Fr), BP (GB), Shell (NL), OMV (Aut), et Galp (Por) veulent atteindre leurs objectifs de réduction de CO2 d’ici à 2020 via leur Initiative Oil & Gaz Climate, elles vont devoir doubler leurs efforts. Actuellement, elles consacrent 5% de leurs investissements aux énergies renouvelables. Ces parts devraient monter à 9% en 2020 et 17% en 2025.

ExxonMobil et Chevron ont rejoint les européens dans l’initiative Oil & Gaz Climate. Cette volte-face est un signe que la pression du public et des investisseurs porte ses fruits. Green waching ou volonté réelle? A vérifier dans 2-3 ans. Ecoutez l’interview de la radio Radio Suisse Romande, Tout un Monde (vous m’entendrez sur la fin).

Les 3 supercomputers les plus puissants aux monde, opérés par des entreprises privées, appartiennent à l’italien ENI, le français Total et Petroleum Geo-Services de Norvège. Les besoins de calculs pour l’exploration, les recherches sismiques et l’optimalisation de la production expliquent ces besoins.

 

OPEP

Suite à la réunion du cartel, le baril est repassé sur les 80$. Le président Trump a bien essayé de forcer la main à l’OPEP afin de compenser la chute des exportations iraniennes et du Venezuela. Téhéran s’est opposé à cette requête. Comme l’unanimité est demandée, les quotas de production de l’OPEP restent, en théorie, inchangés.

Le sentiment est que les membres de l’OPEP+ (avec la Russie non membre de l’OPEP) ne vont pas être capable de compenser la perte du pétrole iranien. Il est également évident que tous les producteurs veulent voir les prix du baril monter jusqu’au seuil de douleur limite pour les pays importateurs. Durant la crise de 2008, la destruction de l’Economie avait débuté avec un baril à 110-120$.

Durant les 15 dernières années, les 15 membres de l’OPEP n’ont pas réussi à augmenter leurs extractions de pétrole. En plus des gisements âgés et en déclins, le Venezuela, le Nigeria, la Libye et l’Iran sont dans une situation politique délicate qui ne permet pas l’optimalisation de leurs ressources.

 


Nous protégeons les pays du Moyen-Orient. Ils ne seraient pas sûr très longtemps sans nous.
Et ils continuent de pousser les prix du pétrole de plus en plus haut. Nous nous en rappellerons.
Le monopole de l’OPEP doit faire baisser les prix.

 

 

Charbon

Contrairement à la perception, durant les 20 dernières années, le charbon a maintenu une part de marché constante dans le mix électrique mondial. Dans l’analyse de BP, de 1998 à 2017, c’est toujours 38%!

 

 

Les pays phares du mois

Iran

Pas de surprise, l’Iran est au sommet de la liste.

Les sanctions américaines ont découragé le Japon, l’Inde, la Corée du Sud et les pays européens d’importer du gaz et du pétrole de Téhéran. L’Europe tente bien de trouver une astuce en faisant du troc, mais l’impact sera minime. Les grands acteurs ne veulent pas se mettre à dos le mari de Melania.

Histoire de jouer à cache-cache, au moins 7 tankers pétroliers iraniens sur 12 ont coupé leur système de tracking ce qui complique la géolocalisation et l’identification du pétrole.

Les exportations de gaz ont baissé à 356’000 tonnes après le pic de 568’000 en août. Avant l’entrée en force des sanctions américaines le 4 novembre, les exportations de pétrole auraient déjà diminué de 1 million de barils/jour (b/j).

Le président Rouhani a rejeté une offre américaine pour renégocier l’accord nucléaire. Les américains veulent maintenant inclure le programme de missiles balistiques et «la mauvaise» influence iranienne dans la région.

Quatre hommes armés ont surgi lors d’une parade militaire à Ahvaz. Ils ont tué 24 personnes et blessé 60. La cérémonie commémorait le début de la guerre 1980-1988 avec l’Irak de Saddam Hussein.

Dessin Chappatte

 

Russie

La production pétrolière est restée stable à 11,21 millions b/j. Elle devrait le rester jusqu’à la fin de l’année. En juillet, la production avait touché un record de 11,215 millions b/j.

Si de nouveaux investissements ne sont pas réalisés pour stimuler la production, le Ministre de l’Energie Russe, Alexander Novak, pense que la production pétrolière du pays pourrait atteindre son peak oil d’ici à 2021. On ne sait pas s’il s’agit d’un coup de bluff pour desserrer l’étau des sanctions américaines et européennes.

Une fois le peak oil atteint, la production pourrait chuter de 44% pour atteindre les 6 millions b/j en 2035. La Russie compte sur son pétrole de schiste et l’Arctique pour compenser ses vieux gisements. Cependant, dans les deux cas, les embargos américains et européens bloquent cette option.

Le président Poutine a besoin de 120 milliards $ durant les 6 prochaines années pour réaliser son plan social, notamment pour les retraites et rénover les infrastructures. Ca tombe plutôt bien, le baril remonte. Les nouvelles taxes sur l’industrie pétrolière sont prévues à cet effet, mais du coup, les pétroliers russes râlent. En comparaison, les Jeux Olympiques de Sotchi ont coûté 45 milliards $.

Le rouble s’est à nouveau pris les pieds dans le tapis et redescend à 70 roubles pour 1 $. La directrice de la Banque Nationale, Elvira Nabiullina (ne pas confondre avec notre Nabilla), va maintenir les taux d’intérêt à 7,25%. En comparaison la Turquie de Recep Tayyip Erdogan a poussé les taux d’intérêt de 17,75 à 24% pour soutenir sa monnaie.

 

Quels pays dépendent du gaz russe avec les gazoducs
Source: Bloomberg

 

Chine

Dans la bisbille des tarifs avec les USA, les importations de gaz américain seront taxées +10% alors que +25% était sur la table. Même avec 10%, le gaz américain reste le moins cher sur les marchés. La Chine se tourne vers le Qatar et l’Australie pour assurer ses livraisons sur le long terme.

Les importations pétrolières chinoises se montent à 9,04 millions b/j (8 million en 2017). +6,5% depuis le début de l’année.

Le géant de l’énergie CNPC pense que la demande diesel a atteint son pic en Chine. Pour l’essence, il faudra attendre 2025. La demande pétrolière de la Chine devrait atteindre son maximum d’ici à 2030 avec 13,8 millions b/j.

L’américain ExxonMobil va investir 10 milliards $ dans la province de Guangdong afin de construire une usine pétrochimique et un terminal de gaz liquéfié.

Pour ceux qui douteraient que la Chine va devenir le no 1 mondial de la production automobile, les chinois ont acheté 1,75 millions de mini-voitures électriques et 770’000 voitures électriques en 2017. Le pays compte plus de 400 constructeurs qui devraient vendre 6,5 millions de voitures en 2018. La production est presque entièrement réservée à la consommation locale. Depuis 3 ans, la qualité des voitures a été fortement augmentée et certaines marques n’ont bientôt plus rien à envier aux allemandes.

La Route de la Soie est un plan d’une ingéniosité toute chinoise. Au lieu d’utiliser la force, comme les USA, Pékin emploie la “Diplomatie de la Dette”. La Chine accorde des prêts généreux pour construire des infrastructures (train, routes, centrales électriques) et utilise ses propres travailleurs pour les réaliser. Une fois l’heure de rembourser la dette, les pays asiatiques et africains se voient alors obligé de brader leurs matières premières.

En Europe et aux USA, la Chine rachète simplement les entreprises locales et notamment les réseaux électriques et les entreprises énergétiques.

 Le typhon Mangkhut a touché la Chine avec des vents surpuissants

 

Venezuela

La production pétrolière chute à 1,22 million b/j en août (1,8 million b/j en août 2017).

Le président Nicolas Maduro s’est rendu en Chine pour trouver du cash. En signe de bonne volonté, il a cédé 9,9% de Sinvensa (entreprise pétrolière). Pékin devrait ainsi avancer 5 milliards $ pour stimuler la production pétrolière, et au final, envoyer 1 million b/j à la Chine pour rembourser le tout. A vrai dire, la production du Venezuela est au plus bas depuis 60 ans et il faut faire un grand effort pour imaginer que le pays puisse rembourser la totalité de la dette chinoise qui se monte à 50 milliards $.

Caracas doit également 65 milliards $ aux USA dont le fonds BlackRock.

Au total, le pays possède une ardoise de plus de 150 milliards $ . C’est certainement sous le poids de la dette et les remboursements des intérêts que le régime s’écroulera.

Malgré les problèmes, le pays continue de livrer du pétrole à Cuba. Entre juin et août, 4 millions de barils ont été expédiés. En échange Cuba propose ses services d’intelligence et de sécurité rapprochée du président.

Les Routes de la Soie proposées par la Chine

 

Libye

Alors que le 95% du budget national provient du pétrole, les 7-8 milices, qui se partagent le pays, ont décidé d’en venir aux armes d’autant que la France et l’Italie préfèrent se chamailler et imposer leurs agendas au lieu de réparer le jouet qu’ils ont cassé.

Avant l’intervention Française et la mort de Kadhafi, le pays produisait 1,8 million de barils par jour. Au début de l’été, il en pompait un peu plus de la moitié, avec toute l’incidence sur le budget de l’Etat.

Pour la première fois, le siège de la compagnie nationale de pétrole (NOC) a été attaqué. Le bâtiment se situe dans le centre de la capitale Tripoli. Au moins quatre personnes sont mortes, deux civils et deux assaillants. Dix employés de la compagnie ont été blessés. Grace à son PDG, Mustaffa Sanalla, la NOC dialogue avec toutes les milices et partage équitablement les revenus pétroliers entre les différentes factions. Si ce fragile équilibre et la commercialisation du pétrole par la NOC est remis en cause, il est probable que la production pétrolière en fasse les frais.

Plus de 400 prisonniers se sont échappés de la prison d’Ain Zara lors de combats entre les milices. Une grande partie de ces prisonniers étaient des supporters du Général Kadhafi.

 

BMW ConnectedRide. BMW présente sa moto autonome.

 

Europe

Afin d’éviter les foudres de Donald Trump, l’Europe pourrait importer du soja OGM ainsi que du gaz de schiste liquéfié. Notre président à tous désire que l’Europe diminue ses importations de gaz russe.

 

Angleterre

La production pétrolière anglaise est au plus bas depuis 1965. Durant les 5 dernières années, la baisse s’élève à 50%.

D’ici à octobre et malgré l’opposition des habitants, Cuadrilla Resources pourrait débuter le premier forage de gaz de schiste au Lancashire.

Les fonds de pension ont investi plus de 9 milliards £ dans le schiste américain : En chiffres : Greater Manchester Pension Fund (17,2 milliards £ de fonds investis, 5,8% investis dans le schiste) , Dumfries and Galloway Pension Fund (834 million,  6,7%), Lancashire County Pension Fund (7,1 milliards, 2,6%).

Le gouvernement va lancer un appel d’offres pour réaliser un réseau de recharge pour les voitures électriques. Pour accélérer le processus, le gouvernement met 523 millions $ sur la table.

 

Allemagne

La Basse-Saxe remplace ses trains à diesel par des trains à hydrogène entre Cuxhaven et Bremehaven. Les piles à combustible transforment l’hydrogène et oxygène en électricité. Un plein d’hydrogène permet aux rames d’Alstom de circuler sur 1’000 km.

De son côté, le canadien Bombardier Transportation a lancé son premier train électrique à batterie. Les trains sont prévus pour remplacer les locomotives diesels là où les lignes électriques n’existent pas, notamment dans la région du lac de Constance. Actuellement, le prototype peut circuler sur 40 km. Dès l’année prochaine, l’autonomie montera à 100 km.

RWE s’oppose à la fermeture de ses centrales à charbon d’ici à 2035 prévue par le gouvernement. RWE sert le plat habituel: «sécuriser la fourniture d’électricité». Objectif: optimaliser les dédommagements payés par l’Etat pour ces fermetures.

 

France

Le remplaçant de Nicolas Hulot, François de Rugy, pense qu’EDF doit démontrer que la nouvelle centrale nucléaire EPR fonctionne et que les coûts de production soient compétitifs. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, espère industrialiser la construction des EPR et offrir un kWh à 6 ou 7 ct €. A Hinkley Point, GB, EDF vendra son kWh à 9,25 £ (10,5 ct €) assez loin des 5, 75 ct des derniers contrats signés dans l’éolien. Si François de Rugy tient promesse, on ne devrait plus voir la construction de centrale nucléaire en France.

Le premier EPR français à Flammanville dépasse de 8 milliards les budgets (au total 10,9 milliards €) et 7 ans de retard. Le premier EPR chinois a été mis en production et connecté sur le réseau.

La ville de Paris a choisi Renault pour remplacer les voitures électriques en partage de Bolloré. Plus de 120 voitures ont été mises en circulation.

 

Suisse

La ministre de l’énergie et de l’environnement, Doris Leuthard, a annoncé se retrait d’ici à la fin de l’année au lieu d’attendre la fin de son mandat en automne 2019.

La ville de Berne a lancé un nouveau système de recyclage. Les ménages vont avoir 6 containers supplémentaires pour effectuer leurs tris!!! Les déchets des ménages représentent seulement le 3% de la production totale des déchets aux USA et 8,3% en Europe. Une question: si 95% des déchets ne sont pas recyclés, faut-il ajouter 6 containers de plus? A ce sujet lire l’excellent livre de Cyril Dion “Petit Manuel de Résistance Contemporaine“.

 

Votation Suisse: Le peuple dit oui aux pistes cyclables.
Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

USA

Trump tente de peindre l’OPEP comme le responsable de la hausse du baril. Tactiquement cette stratégie est judicieuse car elle lui permet de désigner un coupable. En réalité, c’est sa décision de diminuer les exportations iraniennes qui a mis le feu au poudre. Les prix de l’essence ont augmenté de 15 ct $ en un mois et 28 centimes durant les 12 derniers mois pour se retrouver à 2,68 $ le gallon.

Le concurrent d’Uber, Lyft propose 500$ à ceux qui n’utilisent pas leur voiture pendant 1 mois. Les participants reçoivent des chèques pour utiliser le système Lyft, les transports en commun, les vélos, etc…  L’offre va être étendue dans 35 villes à travers les USA.

Les frasques d’Elon Musk, PDG, de Tesla Motors lieu auront coûté son poste de PDG. Il reste directeur. Elon avait notamment indiqué qu’un fonds financier d’Arabie Saoudite était prêt à racheter Tesla. L’action avait grimpé comme une flèche suite à l’annonce. Il n’en était rien. On apprend également que les tuiles solaires font un flop. Seul rayon de lumière, le système de stockage d’électricité qui cartonne notamment en Afrique du Sud et en Australie.

Suite à la chute des cours Green Plains Inc. a fermé deux centres de production d’éthanol dans le Minnesota. La production de carburant à base de céréales fait les frais de la guerre économique avec la Chine. L’administration Trump a coupé l’accès de l’éthanol à la Chine et Green Plains ne sait pas comment écouler les surplus.

L’Etat de Californie va répondre à la proposition de l’Administration Trump de supprimer la régulation et la surveillance des émanations de méthane dans le gaz de schiste. Le gouverneur Jerry Brown a annoncé l’envoi d’un satellite pour effectuer les mesurer.

Jerry Brown, toujours lui, a passé une loi afin que la Californie devienne «neutre en carbone» d’ici à 2045. Pas uniquement pour la production d’électricité, mais pour toute l’économie, la mobilité et les industries.

Il n’y a pas que les EPR d’AREVA qui sont à la peine. La construction de 2 centrales nucléaires Westinghouse à Vogtle, Jacksonville tourne à la banqueroute. A l’origine en 2005, les deux réacteurs devaient coûter 9,5 milliards $. Aujourd’hui, nous en sommes à 27 et l’ardoise s’allonge. On comprend que la ville de Jacksonville tousse et refuse de payer la douloureuse. Le constructeur a porté plainte contre la ville. L’installation a reçu 12 milliards $ de garanties de Washington dont 3,7 de l’administration Trump.

Exelon Generation a fermé sa centrale nucléaire Oyster Creek, à Forked River, NJ. Il s’agissait de la plus vieille centrale en activité. Elle avait débuté sa production en avril 1969.

Selon Bloomberg, l’énergie solaire avec stockage batterie est moins chère que les centrales à gaz. C’est une prouesse car le gaz américain est 3 fois moins cher que le gaz européen.

Malgré la croissance, depuis 9 ans, la consommation électrique des USA est restée stable. On se demande d’ailleurs comment ils pourraient consommer plus!

Apple a lancé sa montre avec fréquence cardiaque intégrée. Superbe ajout qui permettra à la Pomme corroborer vos pulsions avec vos achats en ligne. Couplé avec la reconnaissance faciale, la firme américaine détectera, avant que vous ne le sachiez, vos envies d’achats dans un magasin. A se demander qui est vraiment la pomme.

 

Evolution cumulative de pétrole brut

Si le marché pétrolier est actuellement à l’équilibre, nous le devons aux USA à l’Irak et au Canada.
Source EIA

 

USA Schiste

Selon l’EIA la production de schiste atteint 7,59 millions b/j. dont 3,427 du Bassin Permien et 1,449 d’Eagle Ford, Texas. Le principal problème réside dans le manque transport du schiste vers les raffineries. Pour séduire les raffineurs, les producteurs doivent vendre leur baril 15$ au-dessous des prix du marché WTI.

Dans le Bakken, les forages les plus prometteurs ont presque tous été exploités (tier 1). D’une production initiale de 1’000 b/j, les majorités des nouveaux forages (tier 2) produisent 500 b/j (80’000 lt par jour).

Jeff Miller, PDG d’Halliburton, a confirmé une baisse de régime dans le fracking de schiste américain. L’entreprise active dans les services pétroliers a légèrement baissé à la bourse suite à cette déclaration.

Duke University conclue que durant la période 2011-2016, la quantité d’eau nécessaire au fracking a augmenté de 770% et la quantité d’eau contaminée de 1’440%. Lire le Dallas News: «Disposal nightmare».

 

Equateur

Le pays a perdu devant un tribunal international contre la compagnie pétrolière Chevron. L’Equateur avait condamné Chevron à une amende de 9,5 milliards $ pour pollution. Le géant américain a fait recours et a gagné.

Le tribunal a jugé que le gouvernement avait basé sa plainte sur de la corruption, fraude et que cette demande avait déjà été résolue des années auparavant. Normalement une compagnie privée ne peut pas porter devant un tribunal un pays, mais des accords de libre-échange peuvent permettre ce processus (ex : accord Canada-Europe).

 

Argentine

La Royal Navy anglaise a intercepté un navire de prospection pétrolière argentin au bord des îles Falkland. La région pourrait posséder du pétrole et les deux pays se crêpent le chignon depuis 1982 pour revendiquer la propriété. Pour l’instant, l’île est dans les mains anglaises.

Les émanations de méthane exposent dans la vallée de la Vaca Muerta. Les gisements de gaz de schiste relâchent plus de 5% du puissant gaz à effet de serre. Les producteurs pétroliers sont aidés par le manque total de supervision de l’Etat argentin.

Le pays s’enfonce dans une nouvelle crise financière.

 

Brésil

L’ancien président Lula ne pourra pas se représenter aux élections pour redevenir président. Il purge actuellement une peine de 12 ans pour corruption.

Petrobras va payer une amende de 853,2 millions $ d’amende pour l’affaire de corruption Odebrecht. C’est un jugement d’une cours de justice américaine, basée aux USA qui a demandé cette sanction. Les USA recevront le 20%, 85,3 millions $ et le Brésil le solde de 682 millions $.

 

Canada

Walmart Canada désire utiliser une flotte de camions 100% électrique d’ici à 10 ans. L’entreprise désire acheter 30 camions Tesla. Cette première série convertira 1/5 des trucks 18-wheller cômon-dit-chez-vous-autres.

Le chinois Sinopec Corp va construire une raffinerie de 167’000 b/j dans le royaume des sables bitumineux en Alberta.

Le gouvernement canadien a finalement plié et signé l’accord douanier imposé par Donald Trump. Le Canada va devoir ouvrir ses marchés aux produits agricoles américains dont les produits laitiers. Détail intéressant, la totalité des exportations de pétrole du Canada sont vendues aux USA. Et si le Canada trouvait d’autres clients?

 

Mexique

Le nouveau président, Andres Lopez Obrador désire que la production pétrolière du pays remonte à 2,6 millions b/j d’ici à la fin de son mandat dans 6 ans. (1,8 aujourd’hui). Il a étendu les budgets d’exploration de Pemex de 4 à 11 milliards $.

Dans le nouvel accord négocié avec les USA, le Mexique va augmenter ses importations de gaz de schiste américain.

 

Volvo Camion autonome

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Donald Trump a de nouveau demandé à l’Arabie Saoudite d’ouvrir les vannes pour freiner la hausse du baril. En août, Riyad avait remonté sa production à 10,49 millions b/j au lieu des 10,06 prévus. Cependant, le pays est en-dessous des 10,8 promis en juin. On ne sait pas encore s’il s’agit d’une stratégie ou si le pays peine à extraire plus d’or noir.

Cette année, l’Arabie pourrait générer 161 milliards $ au lieu des 131 du budget.

La peine de mort a été demandée pour 3 membres du clergé notamment pour corruption. Cependant, un acte contre des leaders religieux pourrait faire des étincelles parmi la population. Les signes d’instabilité politique dans un pays qui génère autant de pétrole produit toujours des frissons dans le dos.

Les Houtis du Yémen ont revendiqué une attaque de missiles Badr 1 sur des installations pétrolières à Jizan.

L’Arabie Saoudite planifierait la construction d’un canal afin d’isoler le Qatar pour en faire une île. On voit où sont les priorités du gouvernement.

 

Irak

Selon le Gouvernement, le pays aurait les possibilités d’augmenter sa production pétrolière pour alimenter les marchés notamment après l’entrée en force des sanctions américaines contre l’Iran.

L’Irak a pompé 4,68 millions b/j en août (+110’00 par rapport à juillet) un record en 30 ans.

L’agence anglaise, IHS Markit, pense qu’en théorie, le pays pourrait produire 7 millions b/j. Cependant, le manque d’infrastructures et de stockage sont des facteurs bloquants. IHS Markit pense que l’Irak pourrait atteindre 5 millions b/j en 2028 et 6 en 2036.

Les manifestations contre la corruption et l’administration s’étendent dans la zone pétrolière de Bassora. Les USA ont fermé le consul à Bassora et demandé à ses citoyens de quitter la région. Avec la conjonction de la sécheresse, la situation fait penser à la Syrie avant la guerre civile.

 

Egypte

Royal Dutch Shell et Petronas vont investir 1 milliard $ pour l’exploration de gaz dans le Delta du Nil.

Le champ gazier de Zohr a vu sa production multiplier par 6 depuis le début de son exploitation en janvier pour atteindre 5 millions m3. L’Italien ENI avait découvert ce gisement en 2015. La production devrait atteindre une pointe maximale de 6 million m3 en 2019.

 

Syrie

Avant la guerre, la Syrie exploitait 400’000 b/j. En 2013, seuls 58’000 b/j étaient au rendez-vous.

En janvier de cette année, Vladimir Poutine a signé avec Bashar al-Assad, l’exclusivité de l’exploitation pétrolière en Syrie. La Russie pourrait investir 30 milliards $ pour restaurer les infrastructures pétrolières et gazières du pays. On peut se demander si la restauration de l’exploitation pétrolière est une priorité pour le pays.

Dessin: l’excellent Chappatte

 

Asie

Inde

L’entreprise Maharashtra State Power Generation Company Limited a lancé un appel d’offres pour acquérir 2 millions de tonnes de charbon pour générer de l’électricité.

La mousson indienne a été destructrice. Les inondations et les glissements de terrain ont fait 1’400 morts.

 

Japon

Jebi, le plus violent typhon depuis 25 ans a frappé l’île de Shikoku. Depuis quelques mois le Japon est frappé par des vagues de chaleurs, pluies torrentielles et inondations. Des pointes de vent à 216 km/h et 500 litres d’eau au m2 ont été enregistrées.

La violence du phénomène a provoqué l’inondation de l’aéroport international du Kansai, construit sur un polder. Un pétrolier s’est encastré dans le tablier du pont qui le relie à la terre et notamment à l’agglomération d’Osaka

Un nouveau record de température a été établi, à 41,1 degrés, le 23 juillet dans la ville de Kumagaya, au nord de Tokyo. Les températures ont dépassé de 2,8 degrés les moyennes saisonnières.

 

L’ouragan Jebi touche la ville d’Osaka

 

Afrique

Nigeria

Au deuxième trimestre, la production pétrolière a chuté de 2 millions b/j à 1,84.

La situation avec la coalition des milices du Delta du Niger se fragilise. En 2016, le Nigeria a perdu des centaines de milliers de barils/jour suite à des attaques des milices. Elles demandent de recevoir une plus grande part dans la répartition du pétrole.

La Navy nigérienne a acheté 16 bateaux pour surveiller les infrastructures pétrolières.

Le pays aurait perdu plus de 7 milliards $ entre 2016 et 2017 à cause des vols et on ne parle pas de la corruption.

L’Italie a condamné deux intermédiaires dans la vente de gisements propriété de Shell à Eni pour un montant de 1,3 milliard $. La fraude se monte à seulement 1,1 milliard $. Le gouvernement nigérien aurait quand même reçu 210 millions $, ce qui n’est pas rien. Ce scandale touche le PDG d’Eni, Claudio Descalzi et quatre managers de Shell dont Malcolm Brinded, Directeur de la fondation Shell. Ce jugement pourrait freiner les ardeurs de corruption qui règne dans les majors.

La police nigérienne annonce avoir retrouvé 470 millions $ de la compagnie pétrolière nationale siphonnés dans un compte privé.

 

 

Phrases du mois

Conserving oil is no longer economically necessary for the US”. Donald Trump.

«Alors que la science est sous l’attaque et la menace climatique grandissante, nous allons lancer notre propre satellite (own damn satellite pour mesurer les émanations de méthane des forages gaziers» Jerry Brown, Gouverneur de la Californie, suite à l’annonce de Trump d’abandonner la restriction de méthane pour les gaziers.

«Tout le monde est en train de travailler sur des moyens de contourner les USA. Le vrai gagnant est la Chine». Richard Gowan, UN University.

«Un député n’a pas à être une chambre d’enregistrement des desiderata des lobbys. Son job est de défendre l’intérêt général dans le cadre de la démocratie.» Delphine Batho

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2018

Tous les mois, vous êtes plus de 25’000 à lire cette revue! Merci pour votre fidélité.
Bref, le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Chine: Les glaciers se vident. Le pic d’eau dès 2020?
– USA: Le charbon US s’exporte bien. 2’200 emplois créés depuis l’arrivée de Trump
– Iran: Grosse pression sur les exportations pétrolières
– France: A peine Hulot parti, 6 nouvelles centrales nucléaires EPR sont réclamées
– Russie: Le gazoduc Nord Stream II a reçu le feu vert pour sa construction vers l’Allemagne
– Australie: Le premier ministre viré pour avoir présenté sa loi sur le climat
– Afrique: La Chine et l’Inde ratissent large pour avoir accès aux matières premières
– Rwanda: Pour du pétrole, Total exproprie 15’000 personnes sans indemnisations


Après la baisse consécutive à l’annonce de la hausse de la production de l’OPEP, le mois d’août termine fort. Le baril atteint 77.77$ (74.06$ fin juillet) à Londres et 70,25$ à New York  (69.30$ fin juillet).

Houps! L’uranium s’est réveillé d’un coup. Est-ce l’annonce de l’envie française de construire 6 nouvelles centrales nucléaires…  il grimpe de 4$ depuis juin et termine ce mois à 26.20$ (23.35$ fin juillet).

 

Graphique du mois:  Consommation d’énergie depuis 1850, par personne

 


Monde

En 10 ans, le nombre de passagers aériens a augmenté de 64% pour atteindre 4,08 milliards en 2017.

Le PIB de l’Economie mondiale croit à un rythme de 4,3%. La demande de pétrole augmente de +1,4 million barils/jour (b/j) pour arriver à 99,4 millions b/j. (+1,1 million par rapport à 2017). En 2019, la production devrait augmenter de +1,5 million b/j.

Selon, le Directeur de l’IEA, Fatih Birol, les investissements dans l’exploration pétrolière sont insuffisants pour répondre à la demande à venir.

En 2017, les membres de l’OPEP ont encaissé 567 milliards $ de pétrodollars. (+29% par rapport à 2016). A elle-seule, l’Arabie Saoudite a engrangé 167 milliards $. Cette année, les pays importateurs de pétrole vont verser 736 milliards $ à l’OPEP.

Les températures prennent l’ascenseur à travers le monde. Lire l’excellent article de Sylvestre Huet sur la canicule et la fonte des glaces.

 

Les pays clés du mois

Chine

Le bras de fer, sur les taxes douanières avec les USA, influence le baril et l’Economie mondiale. Pour l’instant la Chine répond du tac au tac aux impulsions de Trump. Cependant, des deux côtés de la frontière, le seuil de douleur émerge. Cette partie de poker menteur débute sur une mise à 100 milliards $.

La Chine avait initialement mis le pétrole sur la liste des produis à taxer. Elle est revenue sur ce choix privilégiant la diversification de ses fournisseurs. De plus, un litre pris aux USA est un litre qu’ils n’auront plus à l’avenir.

Depuis le début de l’année, la Chine a augmenté ses importations pétrolières à 8,98 millions b/j (+5,6%). Pour le gaz, l’augmentation est de +28,3% à 7,38 millions de tonnes. La croissance du PIB et la volonté de générer 10% de l’électricité avec du gaz expliquent ces augmentations.

En juillet, la Chine a augmenté de 14% ses importations de charbon (au plus haut depuis 4 ans). Les températures de 40 degrés et les besoins d’air conditionné ont poussé la demande d’électricité.

Le réchauffement climatique va sérieusement impacter les quantités d’eau à disposition en provenance des glaciers. Leur fonte accélérée diminue les réserves d’eau contenues dans la glace et le pic d’eau (peak water) pourrait arriver dès 2020. Ce pic influencera la quantité d’électricité hydraulique ainsi que l’agriculture.

La Yuan a perdu 7% par rapport au dollar américain ce qui est excellent pour les exportations chinoises.

Tesla Motors aimerait construire une usine à Shanghai pour un montant de 5 milliards $. La Model 3 devrait y être produite courant 2020.

 

Iran

La grande question est: “dès novembre 2018, de combien de barils les exportations iraniennes vont-elles baisser?“. Les exportations iraniennes seraient déjà en baisse de 700’000 b/j alors que les sanctions ne sont pas encore entrées en force. Washington table sur une baisse d’au moins 1 million b/j.

L’agence Platts estime la production iranienne de juillet à 3,72 millions b/j au plus bas depuis 18 mois et les exportations de 2,32 millions b/j (-7%).

Les raffineries, qui s’accommodent du brut iranien, sont localisées en Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Turquie et en Europe. Les alternatives de remplacement de cette qualité de pétrole ne sont pas triviales. Il est difficile pour les raffineries de changer si facilement de crèmerie.

Avant l’imposition des sanctions en novembre, l’Inde fait le plein. Les raffineurs indiens redoutent de se faire couper l’accès au dollar américain s’ils continuent d’importer le brut iranien. Il faudra attendre la fin de l’année pour avoir une image plus précise de la situation.

Le Président Trump a proposé de rencontrer sans conditions les leaders iraniens. La réponse iranienne a été immédiate en qualifiant la proposition de Trump de «sans aucune valeur et un rêve». Sans prendre de risque, on peut qualifier l’ambiance de froide.

Téhéran a mentionné que «les sanctions cruelles imposées à l’Iran vont affecter les fonctions pétrolières du Détroit d’Hormuz». La Navy américaine a confirmé une plus forte présence armée iranienne dans le détroit stratégique. Sans prendre de risque, on peut qualifier l’ambiance de chaude.

L’Economie du pays souffre. Depuis mai, le Rial a perdu la moitié de sa valeur face au dollar US. Il faudra garder un œil sur la réaction des citoyens. Le commandant des Gardes de la Révolution, le général Mohammad Ali Jafari souligne que «les faiblesses de la situation interne sont plus sérieuses que la menace militaire américaine».

Sous pression américaine, le français Total quitte Téhéran et renonce à plusieurs milliards de dollars d’investissements en Iran. En contrepartie, l’Arabie Saoudite a offert un juteux contrat à Total en Inde.

British Airways, Air France et KLM suspendent leurs vols vers l’Iran.

USA

La croissance américaine atteint les 4,2% durant le deuxième trimestre 2018. Corolaire à ce boom, la consommation d’essence est repartie à la hausse (+1,5% en 12 mois) et pourrait être en passe de battre de nouveaux records.

Le nombre de forages pétroliers s’élève à 860 (759 il y a 12 mois).

En juin, les USA ont exporté 9,2 millions de tonnes de charbon (+38,6% par rapport à juin 2017) selon la US Census Data. L’Inde a été friande de ce charbon notamment pour la sidérurgie et la production d’électricité pour les systèmes d’air conditionné. Durant les 12 derniers mois, la production de charbon américain a augmenté de 7,8%.

Depuis l’arrivée de Trump, 2’200 emplois ont été créés dans l’industrie du charbon pour atteindre 52’900 employés. Le charbon US est revigoré par de fortes exportations +61% en 12 mois.

Pour combler la diminution des exportations pétrolières iraniennes, Trump va relâcher 11 millions de barils dans sa réserve stratégique. De quoi compenser le manque iranien pendant 11 jours. Le Congrès a accepté une diminution de 240 millions de barils jusqu’en 2027. Actuellement la réserve stratégique se monte à 660 millions de barils, soit la consommation d’un mois.

L’administration Trump va aider financièrement les centrales à charbon et augmenter les niveaux de pollution afin de réduire les coûts de production.

Pour produire leur électricité, les américains ont brûlé 661 millions de tonnes de charbon en 2017, au plus bas depuis 1983. Le peak de consommation a été atteint en 2008 avec 1’037 millions de tonnes.

La production pétrolière américaine a atteint 10,68 millions b/j. L’EIA estime que les USA pourraient augmenter de 1,02 millions b/j en 2019 à 11,7 millions b/j. Cependant, comme les chiffres de l’EIA sont systématiquement corrigés, il y a de bonne chance que les USA ne produisent pas autant de brut.

La Californie compte 4’819 véhicules à hydrogène et 36 stations de recharge.

Le postier UPS va collaborer avec le constructeur Thor Truck pour réaliser des camionnettes de livraisons entièrement électriques avec un rayon d’action de 160 km. Les premiers tests seront réalisés à Los Angeles.

Les dettes des étudiants américains s’élèvent à 1’300 milliards $. Certains pensent qu’elles pourraient être la prochaine bombe qui fera dérailler l’Economie mondiale.

Le Hoover Dam, Las Vegas, pourrait être équipé d’un système de pompage/turbinage via des éoliennes et du solaire. Objectif : faire remonter l’eau dans le barrage et produire de l’électricité à la demande. Le coût du projet est estimé à 3 milliards $.

De mai à juillet, la température moyenne des USA a battu tous les records depuis la création des mesures en 1895. (70,9 fahrenheit)

Ce mois, Elon Musk, le fantasque CEO de TESLA Motos, a conforté son statut. Dans un tweet, il avait annoncé qu’un fond d’Arabie Saoudite était prêt à investir dans son entreprise et sortir TESLA de la bourse. Après une séance de psychanalyse avec le New York Times, il a rétropédalé.

Le numéro un mondial des services parapétroliers, Schlumberger, a vendu pour 600millions $, au norvégien Shearwater, sa flotte de 10 navires spécialisés dans l’échographie des  fonds sous-marins pour la recherche pétrolière. Cerise sur le gâteau, le géant américain annonce une nette amélioration du marché des services parapétroliers en 2018, avec un chiffre d’affaires semestriel en hausse de +12,4 %, à plus de 16 milliards $.

 

 

Europe

Durant l’été et contre toute attente, les prix de l’électricité ont pris l’ascenseur. Une conjonction de facteurs ont paralysé la production. Les trop fortes chaleurs ont freiné la production solaire (quand un panneau solaire et trop chaud, sa production diminue), l’eau des rivières trop chaude pour refroidir les centrales nucléaires et un manque chronique de vent. Si les étés passés, l’électricité était pratiquement gratuite, elle est montée à des niveaux inconnus depuis le début de la décennie à plus de € 9ct le kWh.

 

Russie

La production pétrolière touche 11,2 millions b/j soit à deux doigts de son record d’octobre 2016 (+265’000 b/j en 12 mois). Le ministre du pétrole a souligné que la production devrait rester à ce niveau jusqu’à la fin de l’année. Il semble que le pays aurait atteint sa capacité maximale. A confirmer.

Pour pouvoir augmenter ou maintenir sa production, la Russie a besoin de développer ses réservoirs en Arctique et ses gisements de schiste. Dans les deux cas, les sanctions américaines et européennes bloquent l’accès aux fonds et à la technologie. Tiens, en parlant de sanctions, les américains ont rajouté une couche en bloquant une grande partie des exportations russes vers les USA ainsi que d’utilisation du dollar pour certaines banques russes.

Le gazoduc South Stream II a reçu l’aval du Danemark pour la traversée de son espace territorial. Il s’agissait du dernier obstacle à sa construction. La visite de Vladimir Poutine à Angela Merkel marque le début de sa réalisation. Gazprom va pouvoir doubler ses livraisons de gaz à l’Allemagne tout en évitant l’Ukraine et la Pologne.

 

France

Nicolas Hulot, ministre de l’Ecologie a démissionné du gouvernement Macron. Il n’aura fallu attendre que 2 jours pour qu’un rapport du lobby du nucléaire demande la construction de 6 centrales  de type EPR. (Dans une négociation, il faut bien commencer quelque part). Objectifs: maintenir les compétences industrielles, donner des perspectives aux salariés et assurer la relève du nucléaire français. Une tartine de 50 milliards € que l’ancien directeur des affaires publiques d’Areva, Edouard Philippe, actuel premier ministre, doit savourer.

Au 2ème trimestre, la croissance française grimpe de 0,2%.

Avec l’ouverture des marchés depuis 2007, les citoyens peuvent librement changer de fournisseur d’électricité. Onze années ont passé et malgré l’arrivée de nouveaux acteurs, 81 % des ménages sont fidèles à EDF. Pour les prix, la différence porte sur un tiers de la facture seulement. Les deux autres tiers sont identiques pour tous les fournisseurs, et servent à payer les taxes et le transport d’électricité. L’arrivée des mini-grids et l’autoconsommation devraient pouvoir modifier la donne, même si le mot: “autoconsommation” est encore un gros mot dans le pays.

Allemagne

Pendant que la France roupie avec son nucléaire et tente de mettre en service sa première centrale EPR sans faire exploser tout le continent, en Allemagne un groupe de travail a été instauré afin d’élaborer la sortie du charbon électrique d’ici à 10 ans. Le rapport sera rendu d’ici à décembre 2018.

Berlin compte sur le renouvelable et le gaz pour effectuer la transition sans nucléaire et sans charbon. Cependant, les nouvelles études montrent que les émanations de méthane, dégagées lors de la combustion et de l’extraction du gaz, sont plus néfastes pour le climat que le charbon.

Le pays a ajouté 2 GW d’électricité solaire durant les 12 derniers mois. Un plus haut depuis 2013. Depuis le début de l’année 2018, l’augmentation est de 40% par rapport à 2017. De 2010 à 2012, l’Allemagne avait ajouté 20 GW.

Angela Merkel s’est rendue en Azerbaïdjan pour évaluer l’opportunité de créer un gazoduc en passant par la mer Caspienne. La réunion souligne l’envie (en tout cas devant les médias) de la chancelière de diminuer la dépendance de l’Allemagne face au gaz russe.

 

Angleterre

Suite à une douzaine de tremblements de terre dans la région du Surrey, les citoyens appellent à l’arrêt des forages de schiste responsables de ces secousses.

 

Suisse

Les niveaux du Rhin sont tellement bas que les barges pétrolières ne peuvent pas dépasser certaines limites de chargement ce qui augmente les coûts. C’est en tout cas l’excuse donnée par l’Union Pétrolière pour justifier la solide hausse des prix de l’essence à 1,71 frs le litre.

Le géant Alpiq a réalisé un bénéfice de 93 millions de francs (85 millions €) avant les amortissements. Au final, le producteur d’électricité présente une dette car ce serait ballot de payer des impôts. A l’avenir, Alpiq va se recentrer sur son cœur du métier : la production d’électricité.

Depuis les 6 premiers mois de l’année, le Suisse Glencore a généré plus de 2,5 milliards $ de bénéfices grâce à l’extraction de charbon et à la hausse des cours. Le CEO pense que les bénéfices charbonniers vont représenter la plus grande source de revenus de la multinationale et dépasser les profits du cuivre. Son concurrent BHP Billiton, la plus grande entreprise minière du monde, focalise également ses efforts dans l’extraction de charbon thermique utilisé pour la production d’électricité.

Le Suisse a également acheté le 49% des parts dans la construction d’une nouvelle centrale à charbon en Australie. Il est à noter que Glencore s’est établi dans le canton de Zoug dans des buts d’optimalisation fiscale.
A ranger dans le dossier: ->polluer -> esquiver les impôts.

 

Portugal

Plusieurs forages pétroliers pourraient émerger dans le pays. Les citoyens s’inquiètent de l’impact de ces forages sur les plages et le tourisme. De plus, le Portugal produit 44% de son électricité avec du renouvelable. Certains s’inquiètent de la place que pourrait prendre le pétrole face à l’éolien et le solaire.

La Chine investit dans les infrastructures électriques européennes notamment dans le domaine stratégique du transport par lignes à haute tension. Aujourd’hui, China Three Gorges (CTG) désire acquérir Electricité du Portugal (EDP).

Depuis 2011, 34,5 milliards de dollars ont été investis dans des entreprises du secteur, selon Bloomberg. A tel point que l’énergie est la deuxième industrie dans lequel les capitaux chinois ont le plus afflué ces dix dernières années en Europe, derrière la chimie.

Moyen Orient

Arabie Saoudite

La production du pays a plafonné à 10,29 millions b/j en juillet. Si le marché n’arrive pas à satisfaire la demande pétrolière mondiale, notamment après novembre, Riyad devra dévoiler ses capacités réelles. Nous pourrons ainsi juger l’écart entre la réalité et les communiqués de presse.

L’IPO de Saudi Aramco, le géant pétrolier national, a été mis sur pause et continuera « quand les conditions seront optimales ». Le Prince héritier désirait lever entre 100 et 200 milliards $ mais les investisseurs ont montré un enthousiasme limité.

Parallèlement le Prince Mohammed bin Salman a ordonné à Saudi Aramco d’acheter le 70% des actions de l’entreprise pétrochimique saoudienne Sabic: un jeu de vases communicants évalué à 70 milliards $. Pour payer la douloureuse, Saudi Aramco va emprunter auprès des banques internationales. Ce tour de passe-passe permet au Prince d’obtenir presque le même résultat que l’IPO de Saudi.

 

Yémen

Selon CNN, la bombe, Mark 82 (Mk 82) à guidage laser de précision, (qui a tué 51 personnes, dont 40 enfants, larguée sur un bus dans un raid aérien attribué à la coalition menée par l’ Arabie saoudite dans le nord du  Yémen), a été commercialisée par les Etats-Unis et conçue par l’entreprise de défense américaine Lockheed Martin. La coalition a remis ça quelques jours plus tard en tuant à nouveau 20 enfants. L’ONU a ouvert des enquêtes.

La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts depuis l’intervention de la coalition sous commandement de l’actuel Prince Héritier MBS selon l’ONU.

Malgré la guerre le pays a réussi à exporter 500’000 barils de pétrole à la Chine. La première livraison par tanker depuis 2015.

 

Irak

Trois mois après les élections, la victoire a consacré Moqtada Al-Sadr, le dirigeant populiste chiite. En deuxième position se trouve la liste des anciens du Hachd al-Chaabi, qui ont combattu l’Etat islamique. Quant au premier ministre, Haider Al-Abadi, soutenu par la communauté internationale, il arrive en troisième position.

En juillet, les exportations ont atteint des records à 3,54 millions b/j et 7,5 milliards $. Ce brut provient exclusivement des régions du sud. La région du nord, Kirkuk n’aurait pas exporté de pétrole.

Chômage, corruption, coupures d’eau et d’électricité, la région pétrolifère de Bassora est le théâtre de manifestations depuis plusieurs semaines. Alors que cette région apporte la quasi-totalité des revenus du pays via son pétrole, l’argent part et reste à Bagdad. La malédiction du pétrole frappe à nouveau. Les manifestants demandent l’autonomie de la région dans le but de faire revenir des pétrodollars. Des blocus des champs pétroliers commencent à émerger.

Bassora est la plus importante province économique du pays. Avec 1,5 million d’habitants et ses nombreux gisements pétroliers, elle apporte 100 millions de barils par mois (7 milliards $)

Asie

Japon

Honda lance un programme de recharge «Smart Charge» de voitures électriques. La recharge de la voiture se réalisera selon la disponibilité d’électricité verte et les habitudes des conducteurs.

 

Inde

India Coal Ltd a augmenté l’extraction de charbon à 40,56 millions de tonnes en juillet (+10,6% par rapport à juillet 2017).

Le gouvernement approuve l’exploration de gaz et de pétrole de schiste dans le pays, dans le but de réduire les importations.

Le pays fait face à une mousson meurtrière. Avec plus de 400 victimes, l’Etat du Kerala est particulièrement touché. Plus de 10’000 kilomètres de routes ont été endommagés et les vannes de 34 barrages et réservoirs où l’eau a atteint un niveau jugé dangereux ont été ouvertes.

 

Pakistan

En plus d’avoir un nouveau premier ministre champion de Cricket, ExxonMobil pourrait avoir découvert un énorme réservoir de pétrole (plus grande que les réserves du Koweit) à sa frontière avec l’Iran.

 

Corée du Sud

Le pays va réduire les taxes de gaz liquide de 74% et augmenter les taxes sur le charbon de 27%. Objectif: réduire la consommation de charbon pour sa production d’électricité.

 

Australie

L’Australie est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. La Barrière de Corail (Great Barrier Reef) est en train de mourir, les incendies dévastent les forêts et la sécheresse secoue le pays et surtout les paysans. Bref, on pourrait penser que les australiens soient prêts à prendre leur survie en main.

Premier ministre depuis septembre 2015, Malcolm Turnbull s’était engagé à respecter l’Accord de Paris sur le climat et à implémenter des règles contre la pollution et limiter les émissions des producteurs d’électricité. Cette proposition a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il a été contraint à renoncer à ce projet et à démissionner!

Avec un sens certain de la formule, l’ancien premier ministre Tony Abbott avait torpillé cette loi en disant : «nous ne faisons pas assez pour diminuer les prix de l’énergie et nous devons mettre nos retraités avant Paris». Le brave homme demande de diminuer les prix de l’électricité et de maintenir le charbon dans le mix énergétique du pays. Visiblement les épisodes climatiques et les impacts extrêmes dans le pays ne sont pas encore suffisants. Patience.

Malcolm Turnbull a été remplacé par son ministre des finances Scott Morrison.

Les Amériques

USA Schiste

Dans la région du Bakken, l’utilisation d’eau pour les forages de schiste devient un problème. En temps normal, les besoins en eau augmentent en même temps que les quantités de pétrole. Selon le North Dakota Department of Mineral Resources, le Bakken a produit 201 millions de barils de pétrole et 268 millions de barils d’eau contaminée. Il faut donc toujours plus d’eau pour extraire moins de pétrole ce qui pourrait indiquer un balancement vers peak oil. Le traitement de l’eau contaminée coûte entre 4-5$ le baril.

Pour 10,5 milliards $, BP a acheté les terrains de schiste de BHP Billiton.

 

Canada

A cause de la capacité réduite de transport, les pétroliers canadiens vendent leur brut aux alentours de 40$ le baril au lieu de 70$. Les producteurs canadiens ont mis tous les œufs dans le même panier et n’ont qu’ un seul acheteur: les USA.

Le PIB du pays a augmenté de 0,5% en mai poussé par les ventes de brut. Les pétroliers ont vu une progression de +2,5% et les sables bitumineux de +5,3%.

Le Canada s’est retrouvé au milieu d’une tempête avec l’Arabie Saoudite. Sur Twitter, la ministre canadienne des affaires étrangères, Chrystia Freeland, s’inquiétait de l’arrestation en Arabie saoudite de la militante des droits des femmes Samar Badawi. Curieusement, Riyad a sur-réagit comme si le gouvernement donnait un signal d’alarme aux autres pays et de ne pas toucher à ce problème.

Il est fort à parier que le choix du Canada n’est pas anodin. La faiblesse du premier ministre Justin Trudeau fait du Canada une cible privilégiée.

 

Venezuela

La production est tombée au plus bas depuis 30 ans. Le pays est en totale déliquescence. On passe pour ce mois.

 

Mexique

Après avoir atteint son peak oil en 2005 avec 3,5 millions b/j, la production atteint aujourd’hui 1,87 millions b/j soit un déclin de 50% en 13 ans. Cette chute souligne la rapidité du déclin après le pic.

Afrique

Les présidents indiens et chinois ont sillonnés l’Afrique afin de resserrer les liens entre les deux géants et surtout bénéficier des matières premières. La Chine propose d’étendre sa «Route de la Soie» au contiennent africain. Pékin propose de l’argent facile avec des prêts généreux. En temps voulu et le couteau sous la gorge, les pays rembourseront avec des matières premières bradées.

Melania Trump a annoncé qu’elle organise un voyage en Afrique sans son président de mari.

 

Nigeria

La Nigerian National Petroleum Corporation a perdu 663 millions $ en une année. Avec seulement 4 raffineries d’une capacité de 650’000 b/j, le Nigeria doit exporter le brut et importer de l’essence qu’elle vend à perte à 0,40$ le litre.

En un mois, le pays consomme 80 millions litres d’essence.

Une nouvelle raffinerie est en construction et devrait entrer en service dès 2022.

La production pétrolière avoisine le 2,3 millions b/j.

 

Libye

La production de juin, 670’000 b/j est au plus bas depuis avril 2017. Le pays fait face à des problèmes de sécurité interne.

 

Rwanda

Plus de 15’000 personnes ont été déplacées, souvent sans indemnisation, pour permettre au pétrolier français Total de commencer l’extraction pétrolière dans des champs prometteurs.

 

Soudan

Le pays va exporter une partie de son pétrole en Chine.

 

Phrases du mois

«Le gaz naturel est une énergie qui possède un effet de serre incroyablement puissant et émet d’énormes quantités de méthane, qui produit un effet de réchauffement beaucoup plus rapide que le carbone. Une grande partie du gaz naturel que vendent des sociétés comme Shell est du gaz de schiste, ce qui génère encore plus de fuites de méthane et crée également toutes sortes d’autres problèmes environnementaux pour l’eau, etc. Non, je ne pense pas que le gaz naturel soit une énergie de transition.» Naomi Klein

Nous nous sommes trompés dans l’évaluation du changement climatique. Ce qui se passe aujourd’hui, nous l’avions prévu pour 2030-2040.” Martin Beniston, climatologue suisse

According to the IEA’s executive director, Fatih Birol, “The overall trend of energy investment remains insufficient for meeting energy security, climate, and air quality goals, and is not spurring an acceleration in technologies needed for the clean energy transition.

«Je quitte le gouvernement pour ne plus avoir à me résigner à une politique des «petits pas» insuffisante à mes yeux face aux enjeux environnementaux.» Nicolas Hulot

«Pour moi, c’est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou à un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne?» Nicolas Hulot.

«A l’échelle cosmique, l’eau est un élément plus rare que l’or». Hubert Reeves

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.