Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Février 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Hollande: Pédalez et injectez votre électricité dans les réseaux
– USA: L’extraction de pétrole américain coûte très cher à ExxonMobil
– Suisse: Le parti politique PLR secoué par les jeunes et le climat
– Allemagne: Shell achète l’allemand Sonnen et ses batteries
– Europe: L’EU va acheter du biocarburant américain
– Algérie: Manifestations contre un 5ème mandat de Bouteflika
– Chine: Une station spatiale solaire pour générer de l’électricité
– Chine: Une application pour réviser les citations du président Xi Jinping.


Le pétrole est d’humeur haussière au point d’agacer le Sieur Trump, qui a sauté sur son compte Twitter, pour pointer du doigt l’OPEP.   A Londres, il (le pétrole pas Trump) termine ce mois à 66,39$  (fin janvier 60,86$). A New York, il pointe à 56,94$  à un cheveux de la barre des 57. (53,74$ fin janvier).

 

Graphique du mois

Il n’y a pas que les températures qui grimpent sur notre brave planète. En 2018, les dividendes mondiaux versés aux actionnaires ont grimpé de 9,3% à 1’370 milliards $. Parmi les généreux donateurs, les entreprises pétrolières et énergétiques. Dans le pétrole, les dividendes sont obligatoires pour appâter les investisseurs. Pour 2019, ils devraient encore grimper de 3,3%. Deviendrait-il plus agréable d’être un actionnaire qu’un travailleur?

Selon l’American Geophysical Union, la quantité de méthane dans l’atmosphère a fortement augmenté depuis 2014. Le méthane est l’un des gaz à effet de serre le plus efficace. L’extraction et l’exploitation de gaz contribuent à cette hausse. La mauvaise nouvelle: la demande de gaz liquide (LNG) pourrait doubler d’ici à 2030 à 550 millions de tonnes.

 

Pétrole

Le pétrole repart à la hausse. Malgré l’augmentation de la production du schiste américain, les disruptions du Venezuela et de la Libye ainsi que la demande chinoise donnent une poussée de fièvre à l’or noir. De son côté, la consommation européenne diminue au rythme de son économie.

Selon Bank of America et Merill Lynch, le pic de la demande (demand peak) pourrait être atteint en 2030. D’ici à 2024, la hausse de la demande freinerait à 0.6 million de barils par jour (b/j), (1,2 million pour 2019). Comme l’Economie mondiale est strictement corrélée à la quantité de pétrole consommée, il n’est pas impensable d’assister à un pic de la croissance.

A l’opposé de cette prévision, BP pense que la demande pétrolière sera résiliente durant les 20 prochaines années, même avec l’adoption des accords sur le Climat de Paris et l’arrivée des énergies renouvelables.

Cette année, la production pétrolière en eau très profonde va atteindre un record de 10,3 millions b/j, grâce à de nouveaux gisements du Brésil, du Golfe du Mexique, de l’Angola, de la Norvège et du Nigeria.

 

OPEP

Afin de soutenir les prix, l’OPEP+ avait décidé de diminuer de 1,2 million b/j sa production. Sans surprise, l’Arabie Saoudite porte le plus gros fardeau avec une baisse de 550’000 b/j et des exportations limitées à 7,687 millions b/j.

De son côté, la Russie (non membre de l’OPEP) traine les pieds et annonce qu’il est impossible de réduire sa production durant l’hiver.<insérer un éclat de rire ici>.

Moscou et Riyad ont un besoin de pétrodollars pour équilibrer leurs budgets. Est-ce que l’alliance Russie/Arabie pourra tenir encore longtemps? Un effondrement de la production pétrolière du Venezuela pourrait parfaitement faire l’affaire et arranger toutes les parties.

De son côté, Donald Trump, n’a pas pu s’empêcher de maintenir la pression sur l’OPEP: “Les prix du pétrole vont trop haut. OPEP, soyez relax et prenez-le calmement. Le Monde ne peut pas supporter une hausse de prix. Fragile!

 

Les pays du Mois

Arabie Saoudite

Le budget de l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 80$ pour couvrir son budget. On comprend l’envie de revoir le baril rôder dans ce quartier.

L’encre d’un bateau a coupé le câble électrique de la barge pétrolière offshore de Safaniyah. La production a été totalement arrêtée. En temps normal, l’incident aurait passé inaperçu. Mais avec la baisse de la production mondiale du brut lourd, cette coupure souligne la pénurie de cette qualité de pétrole nécessaire à la production de diesel et de kérosène.

Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale, va développer son business à l’étranger selon le Ministre de l’Energie, Khalid al Falih. Ce changement pourrait apporter un indice sur la diminution possible de la production du pays dans les années à venir. Saudi Aramco va ainsi jouer dans la cours des BP, Shell ou ExxonMobil. Comment cette décision va s’aligner sur les plans de MbS et « la dangereuse addiction pétrolière du pays » dixit le Prince, cela reste à voir.

Saudi Aramco a formé une joint-venture de 10 milliards $ avec le chinois Norinco pour développer un complexe pétrochimique et de raffinerie à Panjin city. La Huajin Aramco Petrochemical Co produira 300’000 b/j de carburants et annuellement 1,5 million de tonnes d’éthylène.

Afin de redorer son blason, le Prince Mohammed bin Salman (MbS) a effectué une tournée d’investissements en Asie. En Chine, il a promis 28 milliards $, 20 milliards avec le Pakistan ainsi que de la menue monnaie dans des raffineries en Inde. L’Histoire montrera si l’argent peut acheter des amis.

L’Europe a publié sa liste de pays peu recommandables, financièrement parlant, notamment pour des raisons d’aide au blanchiment et de manque de transparence. L’un des nouveaux venus est l’Arabie Saoudite, qui a adoré apprendre la nouvelle, eux qui ne sont pas susceptible du tout. Le Nigeria, autre membre de l’OPEP, fait également sont entrée. Dans ce cas, on peut se demander pourquoi il n’y était pas avant ?

Très joli coup de communication effectué par le Gouvernement. Pour la première fois, il a nommé une femme en tant qu’ambassadrice. La princesse Rima bint Bandar va succéder au frère cadet du prince héritier Mohammed ben Salmane. L’Arabie Saoudite a choisi la plus grande caisse de résonance pour montrer patte-blanche: les USA. De là à dire: “Vive le Prince ouvert et réformateur” il y a encore du chemin.

 

Presque…
Dessin: Chappatte

 

Russie

En janvier, la Russie a diminué sa production de 35’000 b/j à 11,38 millions. Le Ministre des finances, Alexei Sazanov a souligné que le peak oil Russe n’est pas d’actualité. Moscou prendra les mesures nécessaires pour maintenir la production pétrolière. Ce message entre en opposition avec le Ministre de l’Energie qui avait annoncé une baisse signifiante de la production dans les années à venir.

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, pense que la Russie ne rejoindra pas l’OPEP d’autant que les USA étudient des sanctions contre le cartel. Selon Reuters, les membres de l’OPEP ont défini les contours d’une nouvelle alliance tout en évitant soigneusement une référence sur les prix du baril.

Nouveau sommet Trump-Kim
Dessin Chappatte

Venezuela

Depuis que les sanctions imposées par les USA sont entrées en vigueur, la production pétrolière a chuté, de 1,17 millions b/j à moins de 800’000.

PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, ne peut plus importer des solvants et des diluants pétroliers pour diluer ses extractions de pétrole extra-lourd. La compagnie est dans l’impossibilité de produire 300’000 b/j sans l’injection de ces produits afin de liquéfier le pétrole dans le but de le transporter.

Le gouvernement Maduro a commencé à rationner les ventes d’essence dans le pays. La Russie, qui porte à bout de bras le gouvernement, devient de plus en plus pessimiste sur les chances de Maduro à sortir de cette crise. La conjonction entre le peak oil et les prix relativement bas du pétrole n’arrivent pas à équilibrer les budgets du pays qui dépendent à 96% du pétrole. Son successeur fera face au même dilemme. (Lire: Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela)

Le trader Trafigura, qui collaborait avec PDVSA pour des livraisons en Chine et aux USA, a décidé d’arrêter ses services.

Grâce à l’utilisation du dollar, les sanctions paralysent les payements vers l’entreprise pétrolière nationale PDVSA. L’argent déposé sur un compte bloqué sera à disposition du nouveau président soutenu par Washington.

Pékin a pris langue avec le parti d’opposition. On n’est jamais assez prudent. La Chine détient plus de 20 milliards $ de dettes ainsi que des gisements pétroliers dans le pays.

 

Explications ci-dessous
Source: ExxonMobil

USA

En 2018, ExxonMobil a investi 12,524 milliards $ en investissements (CAPEX) afin de produire 1,7 millions b/j. Rien qu’aux USA, la major a utilisé 7,67 milliards $ pour extraire seulement 551’000 b/j. Les 4,8 milliards restants ont généré 1,149 million b/j. Ainsi, Exxon dépense 3 fois plus pour extraire chaque baril de pétrole américain. Les résultats financiers montrent une tendance claire. Si les grandes majors n’arrivent pas à générer du cash avec le pétrole de schiste, qui pourra le faire ?

L’administration Trump veut annuler les limitations de consommation d’essence pour l’industrie automobile. Cette stratégie permettra au pays de consommer 500’000 barils de pétrole en plus par jour.

L’américain Bye Aerospace continue son chemin dans la création d’un avion électrique pour 4 personnes. Le Sun Flyer 2 est réalisé avec des moteurs électriques de 90 kW à 120 chevaux de Siemens. L’avion est également nettement plus silencieux qu’un avion thermique.

La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island va cesser son activité le 30 septembre prochain. Trois autres centrales nucléaires devraient fermer cette année.

Pour 218 millions $, Tesla Motor a acheté le fabricant californien de batteries Maxwell Technologies. Maxwell compte dans ses clients le chinois Volvo-Geely, Lamborghini et General Motors. Elon Musk désire réduire les coûts de production pour faire face à la concurrence chinoise. Maxwell travaille également sur une batterie au lithium sans solvant et avec des capacités supérieures.

VW va installer 100 stations de recharge PowerBack de Tesla aux USA. Suite au scandale des moteurs truqués, VW a dû créer une entreprise, Electrify America, avec une enveloppe de 2 milliards $ pour offrir des services de recharge aux automobilistes.

La National Oceanic and Atmospheric Administration annonce que les ouragans sur l’Atlantique deviennent de plus en plus violents et le changement climatique est l’une des raisons. L’étude s’est focalisée sur l’intensification et le passage rapide de la catégorie 1 à 4 ou 5.

La dette américaine vient de dépasser les 22 billions. Soit 22 fois 1’000 milliards $. C’est là que ça se complique, parce qu’aux USA, ils disent trillion, mais en Europe, nous disons billion. Mais aux USA un billion c’est un milliard. Par contre ici; un billion, c’est mille milliards. Bref, pour faire simple, ça fait: 22’000’000’000’000 $.

 

 

Europe

La Commission Européenne plie devant les USA. Du biocarburant à base de soja OGM américain sera importé par l’Europe pour alimenter les voitures européennes et voir les avions.

Le marché automobile européen est stable avec 15,6 millions de voitures (identique par rapport à 2017). La Norvège possède le plus grand parc de voitures électriques avec une part de marché de 31% sur son territoire.

 

Allemagne

La major pétrolière Shell a racheté l’entreprise allemande Sonnen, spécialisée dans le stockage d’électricité solaire pour les particuliers et les entreprises. Shell vend déjà de l’électricité en Angleterre et le transfert de son business, pétrole vers électricité, s’amplifie à petit pas. Les majors marchent ainsi sur les plates-bandes des fournisseurs d’électricité.

Shell se positionne également sur la livraison d’électricité pour les voitures électriques.

 

Belgique

Comme tous les jeudis, jusqu’à 90’000 étudiants se mettent en grève pour soutenir le climat. La réponse du gouvernement est cocasse. Des coaches climatiques ont été envoyés pour visiter les écoles afin de désamorcer le mouvement.

Une question un peu bête: Si en Belgique, 100 entreprises émettent 45% des gaz à effet de serre du pays, pourquoi ne pas envoyer ces coaches dans les entreprises ?

 

Angleterre

Le production de schiste Cuadrilla et le géant de la chimie Ineos pensent que l’extraction de gaz de schiste en Angleterre ne peut pas se faire avec les règles environnementales proposées par le gouvernement et signées par les industriels. L’entreprise américaine demande de relâcher les normes relatives aux tremblements de terre causés par les forages.

Cuadrilla tente de terminer un premier test à Preston dans le Lancashire. Elle n’a été capable d’injecter que 14% de sable avant qu’un tremblement de terre n’intervienne. Aux USA, la limite pour les tremblements de terre causés par le fracking sont autorisée jusqu’à 4 sur l’échelle de Richter. L’entreprise suggère de monter à 1,5 pour l’Angleterre.

BP reporte un bénéfice de 12,7 milliards $ pour 2018. Sa production pétrolière a augmenté de 2,4% à 3,7 millions b/j.

Dans son BP Outlook 2019, l’entreprise pense que la guerre contre le plastique va être le principal facteur pour diminuer la demande pétrolière. Le plastique représente 13% du pétrole. C’est la première fois que BP prévoit un peak oil.

 

Amsterdam, pédalez, produisez de l’électricité que vous injectez dans le réseau

 

France

Dès 2021, le constructeur Airbus arrêtera la production de l’avion géant A380. Les compagnies préfèrent les modèles plus petits. L’aventure avait commencé au début des années 2000.

Airbus annonce son premier prototype de Drone capable de transporter des personnes. Le mois passé, Boeing avait brûlé la politesse aux européens avec une annonce identique. A terme, ce type de drones-passagers pourront être propulsés par l’hydrogène en lieu et place du pétrole.

La dernière mouture du projet de loi «Energie France 2050» ne divise plus par 4 les émissions de gaz à effet de serre. Pour déguiser ce recul, le gouvernement Macron propose une «neutralité carbone». C’est drôle comme l’on sent immédiatement l’entourloupe!

Ainsi le Président compte sur les forêts, les prairies, les sols agricoles ou les zones humides pour faire le travail qu’il ne fait pas. Ce tour de passe-passe permettra au gouvernement Macron d’augmenter ses émissions de CO2 jusqu’à la fin de son mandat et de passer la patate chaude à son successeur. Il est intéressant de noter que ce sujet passe de président en président.

En 2016, la France émettait 463 millions de tonnes équivalent CO2.

 

Suisse

Ivan Glasenberg, président de géant minier Glencore a annoncé qu’il allait plafonner ses extractions de charbon à 150 millions de tonnes/an. L’élan «écologiste» de Glencore provient du fait que le Suisse a acquis plusieurs mines en 2018 et que les prochaines opportunités d’achats se font rares. Du coup, la multinationale en a profité pour reverdir son image.

Est-ce que les manifestations des jeunes pour le climat pourraient faire plier le parti politique de droite PLR (Libéral-Radical)? Les jeunes ont détourné le logo du parti FDP en «Fuck de Planet». La tête du parti a pris conscience que pour l’opinion publique le PLR se moque du défi climatique autant que Donald Trump. Le rétropédalage est édifiant à quelques mois d’élections et il souligne la potentielle puissance de la mobilisation des jeunes.

Lors d’une votation, le canton de Berne a décidé à 50,6%, de ne pas interdire la construction de nouvelles maisons avec du chauffage à mazout (diesel-fioul).

Depuis que Nestlé a arrêté de produire des bouteilles en verre et abandonné un système de recyclage performant, Nestlé Suisse produit 200 millions de bouteilles en PET à base de pétrole. Le système permet à la multinationale de passer les coûts

En moyenne par an, un suisse consomme 186 bouteilles en PET soit 1,4 milliards de bouteilles pour la Suisse. Le PET est réalisé à base de pétrole. Le 27% termine dans la nature ou sont brûlées. Le reste est broyé pour tenter d’être réutilisé.

Manifestation des jeunes pour le climat à Zurich
Le logo du parti politique, FPD en allemand, a été détourné en “Fuck de Planet”

 

Moyen-Orient

Iran

Les exportations sont supérieures aux attentes. En février le pays a exporté 1,3 millions b/j. contre 1 million en décembre. Ceci est dû aux exemptions accordées par les USA. Elles devraient s’arrêter à la fin du mois de mars.

Le ministre du pétrole, Bijan Zangeneh, a annoncé la fin de la 3ème phase de la construction de la raffinerie New Persian Gulf Star qui couvrira la consommation interne. Depuis des années, Téhéran devait importer des carburants de l’Inde ou l’Asie.

 

Irak

En janvier, la production irakienne a atteint son deuxième plus haut niveau à 4,081 millions b/j.

Dans la région de Basra, Basra Oil Co. va forer 40 nouveaux puits dans le but de doubler sa production de 240’000 b/j d’ici à 2021.

 

Qatar

Qatar Petroleum et ExxonMobil Corp annoncent un projet de 10 milliards $ pour la construction d’un centre d’exportation de gaz liquide (LNG).

 

Yémen

Le gouvernement soutenu par l’Arabie Saoudite espère augmenter la production de pétrole à 110’000 b/j en 2019. Abd-Rabbu Mansour Hadi contrôle le port de la ville de Aden et une région pétrolière.

Dans la capitale Sanaa, les groupes Houthi soutenus par l’Iran, contrôlent toujours le terminal de Ras Issa. Depuis 2015 et l’arrivée de l’armée Arabie Saoudite pour soutenir le gouvernement de Hadi, la production pétrolière a chuté.

 

Le Mur et l’Etat d’Urgence aux USA.  Dessin Chappatte

 

Les Amériques

USA pétrole de schiste

Selon l’EIA, Drilling Productivity Report, la production par forage est de 1’400 b/j dans le Bakkeen et Eagle Ford. Dans le Permian, l’extraction est de seulement 600 b/j. Cette différence implique qu’il faut deux fois plus de forages pour obtenir la même quantité de pétrole.

Les chiffres du schiste américain sont impressionnants mais la croissance d’extraction semble ralentir. L’EIA prévoit 12,4 millions b/j pour cette année et 13,2 pour 2020.

La pression des investisseurs demande de réaliser des bénéfices au lieu de se focaliser sur des records de production. Selon Cowen & Co, les investissements de production pourraient diminuer de 6% en 2019. Depuis le mois de janvier, l’on observe déjà une baisse du nombre de forages en activité (-32 unités).

 

Canada

Très mauvaise nouvelle pour le premier Ministre Justin Trudeau. La Cour Suprême a confirmé qu’une compagnie pétrolière ou gazière en faillite doit nettoyer et fermer ses forages abandonnés avant de payer ses créditeurs.

Cette annonce ne résout pas la crise de l’abandon des vieux forages dans une industrie qui croule sous les dettes. Il faudrait 260 milliards $ pour désaffecter, les forages, les pipelines et les mines des sables bitumineux.

 

Mexique

Le Mexique a produit 1,62 million b/j en janvier, au plus bas depuis 30 ans. Le nouveau président Lopez Obrador a offert à la compagnie pétrolière nationale Pemex un cadeau fiscal de 3,5 milliards $ pour les 6 prochaines années.

Comme c’est Noël avant l’heure, il a ajouté une couche avec 3,9 milliards $ d’investissements dans l’entreprise.

Pemex cumule une dette de 106 milliards $ mais elle n’est pas la seule compagnie énergétique à faire payer ses dettes par les citoyens. En France, EDF, qui bénéficie encore de 37 milliards € de dettes, a déjà épongé une partie de ce gouffre avec le même mécanisme.

Le président Obrador tente également de diminuer la dépendance du Mexique au gaz américain qui comble 50% de la demande. Le Mexique génère 60% de son électricité avec le gaz.

 

Le discours de Donald Trump devant les scénateurs
Dessin Chappatte

Asie

Inde

La demande d’électricité devrait doubler d’ici à 20 ans. Par le passé, le pays s’était tourné vers le charbon. Avec la chute des prix des énergies renouvelables, l’Inde se détourne de la lignite.

Au Cachemire, l’ambiance entre le Pakistan et l’Inde, qui possèdent tous les deux l’arme nucléaire, se réchauffe. Au niveau des avions abattus, le Pakistan clame un 2-0. De son côté l’Inde indique qu’elle gagne 1-0. L’arbitre du match est en train de regarder les images de la VAR pour en savoir un peu plus.

 

Chine

Les équipes des présidents Xi Jinping et Trump auraient trouvé un accord sur leurs relations commerciales. La Chine est en passe de devenir la plus grande puissance mondiale et la passation de pouvoir avec les USA est intéressante.

La Chine a importé 10,07 millions b/j (+5,1% en comparaison annuelle) de pétrole. Du côté du gaz, la croissance est de +26,8% à 9,81 millions de tonnes.

PetroChina extrait 733 b/j de pétrole de schiste dans le réservoir Jimsar, dans la province du Xinjiang. Le sol de la Chine n’est pas propice aux gisements de schiste.

Dans l’univers merveilleux du président Xi Jinping, l’application Xuexi Qiangguo permet de calculer la durée passée par les internautes à réviser les citations du président ou à visionner des vidéos consacrées à ses discours. Des points sont à gagner. Plus vous avez de points, plus il vous sera facile de trouver ou garder un job. L’application a été téléchargée 44 millions de fois depuis janvier.

La Chine aimerait construire une station spatiale solaire afin de capturer les rayons du soleil 24h/7. Pékin a déjà débuté la construction une tour expérimentale dans la ville de Chongquing. Cette technologie pourrait livrer de l’énergie à 99% avec des ratios 6 fois plus élevé que les fermes solaires actuelles.

 

La station solaire chinoise afin de générer de l’électricité

 

Afrique

Algérie

Un sursaut populaire, inédit et spectaculaire contre le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika a eu lieu dans le pays gazier contre le cinquième mandat du président actuel (et non pas en fonction).

Cela fait quelques années, que le brave homme est maintenu en vie pour permettre à son frère, Saïd Bouteflika, de diriger le pays dans l’ombre en accord avec une grande partie des généraux de l’armée. Abdelaziz Bouteflika a effectué un cours séjour à Genève, Suisse pour se remettre en forme.  Paradoxalement, son frère Saïd serait également malade.

Par la taille de ses réserves annoncées, l’Algérie est le 11ème plus grands pays gazier au monde.

 

Libye

Le pétrole attise toujours plus les milices. Cette fois, les forces libyennes de l’Est ont repris le contrôle du plus grand champ pétrolier: El Sharara (315’000 b/j). La compagnie pétrolière nationale, NOC, espère pouvoir redémarrer les extractions quand la sécurité sera garantie.

Si une baguette magique pouvait régler les bisbilles entre les différents groupes, la production pourrait remonter de 1 million b/j.

 

Nigeria

Le pays de 191 millions d’habitants a élu un nouveau président. Le choix se portait entre Atiku Abubakar qui possède une bonne réputation dans le crime organisé ou Muhammadu Buhari, 76 ans dans un état de santé précaire. Ce dernier a gagné. Il est rassurant de voir qu’un pays aussi important au point de vue du pétrole et du nombre d’habitants soit dans des mains solides.

Le gouvernement a trouvé une source de financement très lucrative. Elle consiste à exiger le payement de taxes par les majors comme Shell, Chevron, ExxonMobil, Eni, Total, Equinor pour un montant total de 20 milliards $.

Le Nigeria produit actuellement 1,8 million b/j de pétrole.

 

Afrique du Sud

Le français Total aurait trouvé du pétrole au large des côtes de l’Afrique du Sud. Le réservoir contiendrait 1 milliard de baril dont 30-40% récupérable.

 

Manifestations en Algérie: 5

 

Phrase du mois

A la question sur le climat, aux jeunes :  « Si on met une bouteille à la mer et qu’on la retrouve en 2050 ou 2100, si jamais il y a quelqu’un qui la retrouve, le message sera «désolé les gars, on est parti trop vite, on n’a pas rangé et remis les choses en place. On a foutu un bordel monstre et bon courage”.» Pablo Servigne

«Donald Trump est un homme qui a brigué la présidence pour faire grandir sa marque, pas pour la grandeur de notre pays. Il n’avait ni désir ni intention de diriger cette nation – il voulait seulement se vendre lui-même et accroître sa richesse et son pouvoir. M. Trump disait souvent que sa campagne serait «la plus grande infopublicité de l’histoire politique.» Michael Cohen, ancien avocat de Donald Trump

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Irak: La production pétrolière menacée par la sécheresse et les manifestations
– France: Encore 400 millions € d’augmentation pour l’EPR d’Areva/Orano
– Iran: Les USA veulent réduire à zéro les exportations pétrolières de l’Iran
– USA: Trump utilise les réserves pétrolières pour faire baisser les prix
– Europe: Junker propose d’acheter du gaz de schiste américain
– Inde: Forte augmentation de la demande pétrolière et abandon de la Nano
– Laos: Un barrage hydraulique s’effondre
– Yémen: Des drones pour incendier les raffineries de l’Arabie Saoudite.


 

Yoyo du baril de pétrole avec les pressions de Trump et de l’augmentation de l’OPEP et de la Russie. En attendant novembre, le baril reste dans la moyenne des 70$ à 74.06$ (79.44$ fin juin) à Londres et à New York à 69.30$  (74.15$ fin juin).

L’uranium reprend un peu de vigueur pour monter un peu à 23.35$ (22.55$ fin juin).

 

Graphique du mois:  Croissance Mondiale
Selon l’OCDE, la croissance mondiale devrait progresser à un rythme soutenu, proche de 3.8%, cette année et de 3,9% en 2019.
La progression de la demande de pétrole devrait augmenter +1,8 millions b/j (barils/jour) d’ici à la fin 2019.

 

Monde

Le parallèle entre”la folie du climat et celle des dirigeants qui nous dirigent” est intéressant à relever.

Les canicules secouent l’hémisphère nord. La Suède et la Grèce font face à des incendies importants. La Suisse subit une vague de chaleur plus importante que celle de 2003. Le Japon (+40 degrés), le Canada, les USA et la Grèce comptent leurs morts par centaines. L’Irak et tout le Moyen-Orient voient les problèmes d’eau empirer (+53 degrés).

Au Groenland, un gigantesque iceberg de 100 mètres de haut, 200 mètres de large et 11 millions de tonnes s’est approché du village d’Innersuit. L’iceberg s’est créé après la dislocation d’un pan d’un glacier. Au total, le Groenland perd 300 gigatonnes de glaces par an.

 

 

Pétrole

Entre Trump qui a besoin d’offrir de l’essence bon marché à ses supporters avant les élections de novembre, les sanctions contre l’Iran, le Venezuela qui s’effondre, les manifestations en Irak et la Libye qui se cherche, bien malin qui peut prédire l’évolution du baril dans les mois à venir.

L’IEA (International Energy Agency) pense que le manque d’investissements dans l’exploration pétrolière, nous amène devant une pénurie de l’offre d’ici à 2020, à moins qu’une crise économique survienne et réduise la demande. L’Agence s’inquiète que seuls la Russie, l’Arabie Saoudite, le Koweit et les Emirats Arabes Unis ont la capacité d’augmenter leur production.

La dernière fois que ce scénario s’était présenté, nous étions en 2008 avec une poussée de fièvre du baril à 147$ avec comme corollaire le déclenchement de la crise.

Source: OCDE

 

Pays Clés

La production pétrolière mondiale semble se trouver à un moment charnière. Il reste assez de pétrole, mais les pays qui possèdent l’or noir sont en difficulté et les autres se trouvent entre le marteau et l’enclume de Donald Trump. Ce dernier va certainement “manipuler” ou “influencer” les prix du baril jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre. Après les bêtes pourront être lâchées.

 

Iran

Avec un certain succès, Washington freine les exportations de pétrole iranien avec l’objectif de couper les entrées en pétrodollars. L’Iran pourrait être forcé de diminuer sa production pétrolière de 500’000 à 1 million b/j d’ici à la fin de l’année. Les versions les plus pessimistes penchent pour 2 millions b/j. Les élections de mi-mandat américaines se dérouleront en novembre juste avant que les sanctions américaines entrent en force.

Durant sa visite en Suisse, le président Rouhani a menacé de fermer le détroit d’Hormuz. «S’ils veulent arrêter les exportations pétrolières iraniennes, nous ne permettrons pas aux tankers pétroliers de passer par Hormuz ». Le détroit voit défiler 17 millions de barils par jour en provenance de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, du Koweit et du Qatar. La US Navy a fait savoir qu’elle était prête à confronter l’armée iranienne pour garder le détroit ouvert. Même la Chine a marqué l’opposition à la fermeture du détroit. Cette option ne sera certainement pas activée par l’Iran, tant elle est explosive.

Est-ce que les autres pays producteurs de pétrole auront la capacité de compenser les baisses des exportations iraniennes afin de maintenir les prix du baril dans une fourchette raisonnable?

Le secrétaire du trésor américain, Steven Mnuchin, a présenté au Congrès US les sanctions prévues pour tous les pays qui achèteront du pétrole à l’Iran (inclus Chine, Europe et Russie). D’ici au 4 novembre 2018, ils devront avoir supprimés leurs importations iraniennes. Actuellement la Corée du Sud, le Japon, l’Inde et quelques pays européens ont accepté les volontés de Trump. Le français CMA-CGM, l’un des plus grands transporteurs maritimes avec 445 bateaux, va s’aligner sur la volonté américaine tout comme Total.

Le président Rouhani avait appuyé sa présidence sur l’accord nucléaire et les investissements occidentaux. Sa survie politique et la stabilité du pays sont en jeux. L’histoire montre que lorsqu’un pays producteur de pétrole se fait renverser, sa production pétrolière n’arrive jamais à revenir à son niveau antérieur.

Suite aux paroles de Hassan Rouhani «Ne jouez pas avec la queue du tigre, cela ne vous amènera que des regrets » ainsi que « les américains doivent bien comprendre que la paix avec l’Iran est la mère de toutes les paix et que la guerre avec l’Iran est la mère de toutes les guerres. » Donald Trump a réagi avec un tweet dont il a le secret.

«NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE
PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT.
NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE
ET DE MORT. FAITES ATTENTION !

 

Ce tweet peut questionner les connaissances historiques de Trump.

Pour améliorer l’ambiance, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a annoncé le lancement d’une chaîne multimédia (télévision, radio, numérique et réseaux sociaux) 24 heures sur 24 en langue farsia l’attention du peuple iranien qu’il appelle à se soulever contre le régime actuel. On se rappelle qu’en décembre dernier, des manifestations avaient éclaté dans 80 villes et 25 personnes avaient été tuées.

Actuellement la Chine est le plus grand importateur de pétrole iranien avec 650’000 b/j. Sa position sera déterminante pour le pays. Les Européens n’ont pu obtenir aucune concession de Washington sur les sanctions économiques. De facto, les entreprises européennes se plieront aux volontés de la Maison Blanche

L’Iran se tourne vers les entreprises russes afin de développer ses champs pétroliers et gaziers. Ayatollah Ali Khamenei a annoncé 4 milliards $ d’investissement de la part de Rosneft et Gazprom. Cependant, Moscou est sur la corde raide, financièrement parlant. Si les termes ne sont pas très favorables, on imagine mal investir les 50 milliards $ demandés par l’Iran.

 

Détroit d’Hormuz

 

Irak

La relative stabilité de l’Irak assurait les marchés pétroliers. Depuis quelques mois, il est judicieux de se demander si l’Irak ne va pas devenir la prochaine Syrie. La genèse de la guerre syrienne fait suite à des sécheresses et des récoltes catastrophiques. L’Irak est confronté à la même situation.

Le Moyen-Orient voit ses températures augmenter deux fois plus rapidement qu’ailleurs sur la planète. Avec des chaleurs de plus de 50 degrés, des pénuries d’électricité, le manque d’emplois ainsi que  la sécheresse des fleuves du Tigre et de l’Euphrate, des manifestations ont d’abord éclaté dans la région pétrolière de Bassorah pour remonter vers Najaf, Aminah et Bagdad. Plusieurs morts après, le gouvernement a proposé des promesses intenables pour l’emploi, l’eau, de l’électricité et la diminution de la corruption. Des promesses qui ressemblent à un mirage.

La production pétrolière du sud du pays aurait été impactée durant ces manifestations et l’eau est un élément clé pour extraire le pétrole.

La raffinerie de Bassorah a dû être mise à l’arrêt à cause de l’augmentation de quantité de sel causée par les marées du golfe Persique dans le Chatt-el-Arab et le faible niveau d’eau des fleuves.

L’Iran a refusé de livrer de l’électricité à son voisin. Bagdad s’est tourné vers l’Arabie Saoudite.

Au nord du pays, c’est le barrage turc d’Ilisu qui retient les eaux du Tigre et de l’Euphrate. Avant la mise en service de ce barrage, le 80% de l’eau de ces fleuves était destinée à l’agriculture et donnait du travail à 10 des 37 millions d’irakiens. Ces dernières années, le Tigre et l’Euphrate offraient le service minimal avec des niveaux d’eau à 40%. Aujourd’hui, ce nouveau barrage va stocker l’eau du côté Turque. Le ministre de l’agriculture a demandé de ne plus cultiver le riz et les autres plantes gourmandes en eau.

En Syrie, il aura fallu 4 années de sécheresse pour que la guerre civile éclate. Dans le cas de l’Irak, 3,5 millions de barils de pétrole sont en jeu.

 

Arabie Saoudite

Le président Trump tweeta que “l’Arabie Saoudite accepte d’augmenter sa production de 2 millions b/j.”  Le royaume a immédiatement tempéré cet optimisme et précisé que +600’000 barils/jour serait un chiffre plus adéquat et proche de la réalité.

Durant les mois d’été, 3 millions b/j sont brûlés pour la production d’air conditionné et la consommation interne. L’Arabie Saoudite a exporté 6,98 millions b/j en avril et 7,2 en juin.

La vente de 10% de l’entreprise pétrolière nationale, Saudi Aramco, pourrait être abandonnée. Le Prince Moammed bin Salman espérait obtenir entre 100 et 200 milliards $. Vu l’augmentation du baril, le budget de l’Etat s’équilibrera sans la vente ce joyau a précisé Amin Nasser, CEO de Saudi Aramco.

Les USA et l’Arabie Saoudite espèrent pouvoir combler la baisse de production iranienne quand les sanctions de Washington entreront en force.

Au Yémen, les Houthis ont utilisé un drone de type Sammad 2, pour toucher les installations pétrolières de Saudi Aramco. Les Houthis qualifient ce test comme une “expérience réussie et qualitative“. Saudi Aramco a confirmé que les pompiers de l’entreprise ont pu contrôler un «incendie mineur sans impact sur les opérations». On peut supposer que durant les mois qui viennent la fonction de pompiers de Saudi Aramco ne va pas être de tout repos.

Toujours au Yémen, les Houthis ont attaqué un tanker pétrolier d’Arabie Saoudite et l’ont légèrement endommagé. La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts, dont de nombreux civils depuis l’intervention il y a trois ans de la coalition militaire sous commandement saoudien pour repousser l’avancée des Houthis.

 

Venezuela

La production serait descendue à 1,34 million b/j en juin alors que le gouvernement présente les mêmes chiffres qu’en mai à 1,531. Certains pensent que la barre des 1 million pourrait être atteinte d’ici à décembre. Quoi qu’il en soit, le pays a déjà perdu 1 million de barils en 2 ans.

Malgré la famine, le manque de soins médicaux et un régime qui s’effondre, le président Nicolas Maduro continue d’offrir 55’000 b/j de pétrole à des tarifs imbattables à Cuba. Montant: 1,2 milliards $/an.

La China Development Bank va injecter 250 millions $ pour assurer l’exportation de pétrole vers la Chine. Dans les mois à venir, la Chine pourrait signer un chèque de 5 milliards $ alors qu’elle reçoit plusieurs centaines de milliers b/j en repaiement. Cependant, les prêts chinois pourraient ne jamais être remboursés.

Plus de 9 milliards $ de prêts arrivent à échéance cette année. L’inflation pourrait atteindre 1 million% d’ici à la fin de l’année et le PIB pourrait diminuer de 15% (50% depuis 2013). D’ailleurs Nicolas Maduro a décidé de retirer 5 zéros à la monnaie nationale. Ainsi 100’000 Bolivars n’en feront plus que 1.

 

Russie

La Russie se prépare à augmenter de manière «significative» sa production pétrolière. Le ministre de l’énergie Alexander Novak annonce +200’000 barils dès septembre. Les revenus pétroliers supplémentaires devraient atteindre 40,14 milliards $.

Si les prix du pétrole devaient s’effondrer, la Russie se retrouvera dans la même situation qu’en 1991 ou 2008 avec une dislocation de l’économie. Cette perspective est la grande crainte de Moscou d’où son empressement à maintenir l’offre mondiale au niveau de la demande pour stabiliser le baril vers les 70$.

L’augmentation des exportations russes pourraient provenir de la vente des réserves pétrolières du pays.

Le Kremlin annonce une production de 11,215 millions b/j en juin.

La Banque Centrale Russe maintient ses taux à 7,25% avec la perspective que l’entrée de pétrodollars vienne soutenir l’économie.

Les exportations de gaz Russe vers l’Europe ont atteint des niveaux record en 2016 et 2017, grâce notamment à un hiver particulièrement froid. Au premier trimestre 2018, Gazprom a encore annoncé une augmentation de 6,6% de ces exportations sur un an. Le géant couvre environ 35% de la consommation de gaz du continent européen.

Deux bateaux russes Arc7 de gaz liquéfié ont pu livrer leur cargaison en Chine via le Pôle Nord et sans l’assistance d’un brise-glace.

 

 

Dessin: Chappatte
La planète foot a fait battre le coeur du monde durant ce mois de juillet 2018

 

Les Amériques

USA

Pour les élections de mi-mandat, Donald Trump est prêt à tout pour faire baisser les prix du pétrole et maintenir les prix de l’essence sous les 3$ le gallon. Joe America n’aime pas conduire son pick-up quand l’essence est chère.

Après avoir demandé à l’OPEP+ (Arabie Saoudite et Russie) d’augmenter la production, Trump envisage d’écouler une partie des réserves stratégiques américaines pour maintenir les prix sous les 70$. Entre 5 et 30 millions de barils de pétrole américain supplémentaires pourraient ainsi se retrouver artificiellement sur les marchés. Les réserves stratégiques des États-Unis s’élèvent à 660 millions de barils (2 mois de consommation). Et après novembre ? Aucune importance, les électeurs auront voté.

Scott Pruitt, directeur de l’Agence sur la protection de l’Environnement (EPA) a dû démissionner suite à une série de scandales liés à son train de vie. L’homme, ouvertement opposé à des mesures sur le réchauffement climatique, a été remplacé par un ancien lobbyiste du charbon: Andrew Wheeler.

Une nouvelle étude publiée dans Nature, annonce que les émissions de méthane dues au pétrole et au gaz se montent à 13 millions m3 par an, soit 60% de plus que les estimations de l’EPA. Le gaz de schiste est plus dangereux pour le climat que le charbon. Cela sonne drôle, mais les chiffres sont explicites.

Sur les 99 centrales nucléaires du pays, 34 sont en phase de décontamination et de destruction. Deux nouveaux réacteurs sont en constructions. Les autres centrales arrivent en bout de vie.

Elon Musk, CEO de Tesla Motors, a signé la construction d’une usine à Shanghai, Chine.

Elon Musk a trouvé un moyen simple et bon marché de développer son projet de train hyper rapide HyperLoop. Sous le contrôle de sa société privée SpaceX, il a organisé la Hyperloop Pod Competition. Des étudiants du monde entier se sont réunis en Californie pour étaler et offrir gratuitement leurs compétences. Les universités allemandes, hollandaises et suisses sont arrivées en tête. Nul doute que le grand vainqueur est: SpaceX. L’entreprise bénéficie gratuitement du travail et du savoir-faire des universités. Une question titille. Pourquoi les universités européennes se démènent pour soutenir des entreprises et des fonds de pensions américains alors que le concept pourrait être réalisé en Europe?

L’administration Trump désire ouvrir les côtes américaines pour des installations éoliennes offshores. L’administration veut également mettre aux enchères les côtes de l’Alabama, de la Floride, du Mississippi, de la Louisiane et du Texas qui contiendraient 48 milliards de barils de pétrole et 3’000 milliards m3 de gaz.

La production pétrolière offshore des USA se monte à 1,7 million b/j soit le 18% de l’offre américaine.

Les bio-carburants pour les véhicules sont en baisse de 147 à 140 million de gallons en avril. L’huile de soja produit le 48% de part de marché.

Une vague de chaleur a enveloppé une grande partie des Etats-Unis avec des températures dépassants les 40 degrés. Plus de 60 millions d’habitants ont été sous l’alerte température.

En Arizona, le barrage du lac Mead est descendu de 50 mètres sur la moyenne des 20 dernières années. Il se trouve à 50 cm d’une zone limite ou il ne sera plus possible d’y puiser de l’eau.

La patrouille française le 14 juillet 2018
Le fil bleu sur le bouton bleu et le fil rouge sur le bouton rouge!

 

USA Schiste

La production de pétrole de schiste du Bassin Permien plafonne à cause du manque de capacité de transport du brut. D’ici à la fin de l’été, les pipelines fonctionneront à 100% et il faudra 18 mois pour que de nouveaux tuyaux entrent en fonction. Entre temps, le transport se réalise par camions et pour écouler leur pétrole de schiste, les exploitants offrent des rabais entre 15 à 25$ le baril.

Corolaire à cette situation, après avoir augmenté ses extractions de 1,5 million b/j durant la dernière année, (à 10,9 millions b/j), le schiste américaine stagne. Il faudra quelques mois pour voir s’il s’agit de problèmes structurels d’extraction ou de transport.

Morgan Stanley pense que la production du bassin Permien pourrait diminuer de 2/3 d’ici à l’année prochaine alors que l’Agence de l’Energie Américaine voit grimper l’offre US à 11,8 millions b/j (actuellement 10,9). Peut-être que le chiffre exact se trouvera entre ces deux estimations.

Pour être rentable, Wall Street tablait sur une augmentation de la production de schiste à 634’000 b/j pour 2019, mais avec les limitations de pipelines, la capacité ne dépasserait pas 360’000 b/j.

La voracité des besoins en sable, afin de fracturer les roches des forages de schiste, ont permis d’ouvrir 11 champs d’extractions et 10 autres sont sur le point de voir le jour dans le Texas. Pour cette année, on prévoit 22 millions de tonnes de sable pour le bassin Permien soit le quart de la demande pour tout le pays. Si l’on corrobore les prédictions d’extractions pétrolières de l’EIA, il faudra 50 millions de tonnes sable/an pour les forages de schiste.

 

Haiti

La population proteste contre l’augmentation des carburants. L’essence et le diesel coûtent jusqu’à 4$ le litre alors que le revenu journalier est de 2€.

 

Mexique

Le nouveau président Andrés Manuel López Obrador est le nouveau président du pays. Il s’oppose à la libéralisation de l’entreprise pétrolière Pemex et de la libéralisation du secteur de l’énergie.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Jean-Claude Junker a rencontré le président Trump pour clarifier la situation aux niveaux des tarifs douaniers. Les deux compères ont réalisé un magnifique accord “gagnant-gagnant” ou “win-win”.

Ainsi les consommateurs européens vont pouvoir manger du Soja OGM et du Boeuf aux hormones américains et participer pleinement au réchauffement climatique avec du gaz de schiste US. De leur côté, les consommateurs américains auront le privilège de continuer à acheter des automobiles allemandes aux moteurs truqués!

 

Allemagne

Pour la première fois, les énergies solaires, éoliennes et hydro (36.3%) ont dépassé la part de charbon (35,1%) durant tout le mois de juin.

Après VW, Audi, Porsche, c’est Mercedes qui s’est fait attrapé à truquer les moteurs de ses diesels.

La Commission européenne soupçonne maintenant que les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations. La nouvelle tricherie consiste à «gonfler» les émissions de CO2, et permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.

 

Angleterre

Rolls Rolls va bientôt homologuer un premier avion hybride électrique/kérosène. L’entreprise penche également sur un drone totalement électrique.

BP a avalé la plus grande entreprise de recharge de voitures électriques sur le sol anglais: Chargemaster. BP changera le nom de l’entreprise et pourra opérer 6’500 points de recharge. Les pétroliers entrent en frontal avec les entreprises productrices d’électricité.

La Commission de l’Infrastructure conseille de construire qu’une seule centrale nucléaire après la réalisation des deux réacteurs EPR à Hinkley Point C d’ici à 2025. La Commission demande d’utiliser les énergies renouvelables.

 

France

EDF a annoncé que les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville, France, apporteront une année de retard supplémentaire et un dépassement de 400 millions d’euros. Le réacteur ne pourrait démarrer qu’à la fin 2019 ou durant le premier trimestre 2020. Le coût de construction passe de 10,5 à 10,9 milliards d’euros. Initialement l’EPR devait couter 3,5 milliards €. Cette nouvelle contre-performance résonne sur le chantier de Hinkley Point en Angleterre ou Areva (Orano) construit 2 centrales EPR.

En France en 2017, 4,5% de l’électricité produite vient de parcs éoliens et moins de 2% de panneaux solaires.

Les magasins Leclerc se lance dans la fourniture d’électricité aux particuliers et vise 3 millions de clients d’ici à 2025 (10% de part de marché). Michel-Edouard Leclerc promet l’électricité verte la moins chère du marché. 200 emplois seront créés. C’est une concurrence de plus pour EDF. Un autre distributeur, Casino, s’est déjà positionné sur ce marché en collaboration avec GreenYellow et offre des tarifs inférieurs à 15% par rapport à EDF.

Le groupe Bolloré n’a pas encore retiré toutes ses Bluecar de Paris. Sans attendre, les constructeurs automobiles français se ruent déjà pour proposer leur offre d’autopartage électrique Autolib à Paris.
PSA aimerait mettre en place d’ici à fin 2018 un service sous sa marque Free2Move. Renault est également dans les starting-blocks.

Un drone en forme de Superman, piloté par des militants de Greenpeace, a survolé, la centrale nucléaire EDF du Buget Saint-Vulbas, près de Lyon pour s’y écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2.

Le même jour, une commission d’enquête parlementaire énumère les failles du parc nucléaire français et recommander de renforcer sa sécurité.

Le recours excessif à la sous-traitance est mis en lumière. La filière du Nucléaire emploie près de 220’000 salariés, dont 160’000 travaillent pour des sous-traitants.

La première centrale pilote de fusion nucléaire à Cadarache, qui a débuté en 2017, est à 55% terminée. La collaboration entre la Chine, le Japon, l’Inde, les USA, la Corée du Sud, la Russie et l’Europe.

Un drone “superman” de Greenpeace dans la centrale nucléaire du Buget

 

Suède

Les températures dépassent de 15 degrés la moyenne. De nombreux incendies de forêts ont éclaté et une alarme canicule a été déclenchée pour des valeurs supérieures à 35 degrés. L’été dernier, la Suède était noyée sous la pluie.

 

Hollande

Le réseau électrique du stade et les panneaux solaires de l’Ajax d’Amsterdam vont fonctionner en étant couplé au plus vaste système de stockage d’énergie d’Europe constitué de 148 batteries de voitures électriques recyclées. Ces dernières, dont la capacité est descendue au-dessous de 70%, trouveront ainsi une seconde vie.

 

Incendies en Grèce

 

Moyen Orient

A cause du réchauffement climatique, la température moyenne du Moyen-Orient augmente deux fois plus rapidement que dans le reste du monde. Les températures de cet été dépassent souvent les 50 degrés ce qui tend à rendre cette région invivable pour l’homme.

Washington annonce des sanctions contre les transactions liées au pétrole et avec la banque centrale iranienne à partir du 4 novembre. L’équipe de Trump a menacé de punir les entreprises étrangères qui feront affaire avec Téhéran. Les Etats-Unis sont «confiants qu’il existe une capacité mondiale suffisante pour la production supplémentaire de pétrole».

 

Egypte

La Banque Mondiale va aider le pays dans ses projets pétroliers et gaziers notamment dans le développement du gisement de Zohr. La Banque Mondiale, comme la Banque Européenne, sont plus confortable dans l’octroi de supports pour les énergies fossiles traditionnelles que pour les énergies renouvelables et l’innovation.

 

Une pause de pub en hommage à Neymar

 

 

Asie

Inde

La demande pétrolière de l’Inde a augmenté de 9% en juin à 4,7 millions b/j. notamment de diesel (+7,8%) et d’essence (+15%). La demande pétrolière et les ventes de voitures explosent dans le pays. Rien que pour 2018, le pays va engloutir 300’000 b/j de plus qu’en 2017.

La voiture la moins chère du monde, la Tata Nano va être retirée du marché. Vendue dès 2011 pour 1’500€, à destination de la classe moyenne, elle est devenue l’image de la voiture du pauvre. Aujourd’hui, les indiens préfèrent les voitures plus grandes.

 

Chine

Alors que les taxes illuminent les relations entre la Chine et les USA, Pékin affiche un excédent record de 28,97 milliards $ en juin (+ 18% par rapport à mai 2018). Ce record mensuel depuis 1999 va certainement inspirer le chef de la Maison Blanche.

Le Yuan, a perdu 8% par rapport au dollar US depuis le début de la bisbille avec les USA en mars. Cette dépréciation arrange la Chine puisqu’elle permet de compenser en partie les hausses des taxes américaines et de stimuler les exportations.

Le PIB chinois est de 6,7% au 2ème semestre (-0,1% par rapport aux 3 trimestres précédents.)  La bourse de Shanghai a perdu 17% depuis janvier.

La ville de Shenzhen va remplacer ses 12’000 taxis thermiques en version électrique.

La Chine a importé 146 millions de tonnes de charbon durant les 6 premiers mois de l’année (+9.9%).

Baidu va industrialiser son bus entièrement autonome. Il utilisera le système Apollo de Baidu. L’entreprise pilote déjà plus de 100 bus en circulation.

La Chine et l’Inde pourraient coopérer afin d’acheter du pétrole et du gaz. Les deux géants représentent le 17% de la demande mondiale. Le duo pourrait avoir plus de poids pour négocier les prix auprès de l’OPEP et des autres producteurs.

 

Vietnam

Les exportations atteignent 1,88 millions de tonnes de pétrole depuis le début de l’année, soit une baisse de 50% par rapport à l’année dernière. Le pays a largement atteint son peak oil et la chute va continuer.

 

Azerbaïdjan

Le groupe britannique BP a lancé l’exploitation d’un gisement gazier, qui doit constituer le premier maillon d’un «corridor gazier» géant («Southern Gas Corridor»), permettant à l’Europe de s’approvisionner via la Turquie, la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique.

Il devrait être terminé en 2020 et ne couvrira à terme 2% de la demande européenne en gaz.

 

Ouzbékistan

Le russe Rosatom va construire la première centrale nucléaire afin de remplacer l’exploitation de gaz en constante diminution dans le pays. La centrale de 1,200 MW sera terminée en 2028. Actuellement 85% de l’électricité est générée avec du charbon et du gaz (69 milliards kWh).

 

Laos, un barrage hydraulique s’effondre dans la province d’Attapeu.

 

Afrique

Nigeria

Le plus grand producteur africain de pétrole arrive bientôt à 190 millions d’habitants. Une infime part des revenus des 2 millions b/j arrivent jusqu’à la population alors que des milliards $ disparaissent dans les poches des élites. Il n’est pas étonnant que le niveau de vandalisme sur les installations pétrolières ainsi que la vétusté des installations fassent perdre 754’000 b/j.

 

Libye

La production pétrolière se trouve quelque part vers les 700’000 b/j. Le général Haftar de la  Libyan National  Army, qui contrôlait 75% des exportations du pays, a transvasé le tout dans une nouvelle société concurrente à la compagnie pétrolière nationale la Libyan National Oil Company.

L’agence anglaise National Crime reporte que 700’000 migrants attendent en Libye pour traverser la Méditerranée.

 

Afrique du Sud

Le Cap et ses 4 millions d’habitants souffrent d’une terrible sécheresse. Une idée a été lancée afin de remorquer les icebergs, qui flottent en plein Antarctique à 2’000 km des côtes sud-africaines.

Les prix des carburants vont encore augmenter de 26 ct $/litre. Depuis le mois de juin, l’essence a augmenté de 82 centimes à cause de la hausse des cours et la baisse de la monnaie locale.

 

Phrases du mois

«Depuis plus d’un siècle, la collaboration entre les pétroliers et les architectes, est l’une des sources les plus importantes du réchauffement climatique. Les premiers extraient le pétrole et le gaz. Les deuxièmes ont totalement modifié leurs principes afin d’utiliser la plus grande quantité d’énergie pour construire, chauffer et refroidir leurs oeuvres.»

[About climate-related class action lawsuits against Big Oil:] “It’s sort of bizarre that the users of our petroleum products say: ‘Well actually we didn’t want your product. So why did you force it on us?’ I don’t think also that in the end it will solve anything other than maybe redistributing wealth to a certain class of the economy.” Ben van Beurden, CEO, Royal Dutch Shell

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pétrole ou Renouvelable? Les majors ont choisi, pour l’instant…

Depuis 2014 et la chute des prix du baril, l’industrie pétrolière traverse une crise féroce avec d’innombrables mises en faillite, plus de 440’000 emplois perdus et quelques centaines de milliards $ passés à la trappe.

De l’autre côté de la table, les énergies renouvelables ont le vent en poupe d’autant que les considérations environnementales pointent le bout du nez.

On pourrait imaginer que les majors pétrolières se trouvent devant un dilemme cornélien. Faut-il investir dans le pétrole ou le renouvelable?


L’objectif des majors n’est pas d’extraire du pétrole mais de générer des dividendes.

La survie des majors repose sur leur capacité à générer des dividendes. Qu’importe le moyen. L’objectif est de pérenniser les investisseurs et d’en trouver de nouveaux. Aujourd’hui, une matière première continue de remplir cette condition: le pétrole.

Dans une optique à court terme, cette stratégie est gagnante. En effet, il manque presque 1’000 milliards $ d’investissements dans l’exploration et l’exploitation pétrolière pour assurer que l’offre puisse suivre la demande à l’aube des années 2020.

De manière mécanique, nous devrions voir une forte augmentation des prix du baril dans les 2-3 années à venir.

Les vaches maigres débutées en 2014, ont enseigné aux pétroliers l’austérité et une gestion rigoureuse des coûts de production. Ils ont réussi à descendre leur ROI (retour sur investissement) du baril à 50$ alors qu’il atteignait 80-90$ en 2014. Si le pétrole repasse sur les 100$, on peut imaginer des profits stratosphériques.

C’est sur ce scénario que planchent les majors.

 

Faire perdurer le Mythe

Si la hausse à venir du baril est prévisible, c’est au-delà de 2023 que les interrogations se focalisent.

Les majors doivent également rassurer les investisseurs sur le moyen terme. Comme un seul homme, les CEO des différentes entreprises ont repris en cœur le refrain de l’abondance pétrolière à venir.

John Watson, CEO de Chevron, voit une augmentation de la demande pour les 20 années à venir et exclu tout «peak oil» de l’offre ou de la demande. Idem pour ExxonMobil.

L’Agence Internationale de l’Energie enfonce le clou et étend cette tendance jusqu’en 2040.

Seul Shell et son CEO, Ben van Beurden, raccourcit le délai du pic de la demande à 2027. Pour assurer ses arrières, il a acheté pour 54 milliards $ le gazier BG Group. Le gaz devrait reprendre la main dans les années à venir.

ExxonMobil a cassé sa tirelire pour acheter des gisements de pétrole de schiste pour 6,5 milliards $ dans le Bassin Permien aux Texas. Leurs dirigeants pensent qu’en 2040, l’industrie du transport sera propulsée à 90% par le pétrole.

Dans la boule de cristal de BP, 1,8 milliard de voitures circuleront d’ici à 2035 (un peu plus de 1 milliard actuellement) dont 75 millions de voitures électriques (4,1%).

Ce consensus fait plaisir à voir.

 

Les Gouvernements misent également sur le pétrole

Si les Gouvernements ont de la peine à imaginer l’Economie avec moins d’or noir, c’est que l’évolution du PIB est intimement corrélée à la consommation d’énergie.

La Chine en fait l’expérience. Pour garder le taux de croissance de son PIB à 6,5%, elle compense chaque kg de charbon économisé par du gaz.

Avec l’augmentation continue du niveau d’endettement, les Etats se sont inscris dans une hausse obligatoire de leur croissance afin de financer cette stratégie. Là aussi, le pétrole joue un rôle majeur. Mais paradoxalement, la remontée des prix du baril va faire rebondir l’inflation et les taux d’intérêts, qui à leur tour, freineront l’Economie.

Un vrai casse-tête.

 

Energies Renouvelables

Devant cette perspective alléchante, on peut comprendre que sur un total de 100 milliards $ d’investissements, les 5 majors pétrolières, Total, Shell, BP, Chevron et Exxon Mobil n’utilisent que 3 milliards $ pour développer leurs actifs dans les énergies renouvelables, selon l’agence pétrolière Wood Mackenzie.

Même si les voitures thermiques ne représentent que le 20% de la consommation mondiale de pétrole, une baisse de la demande pourrait dans le meilleur des cas, compenser la diminution de la production, ou pire pour les majors, faire retomber le prix du baril dans les eaux actuelles.

Cette vision pousse les pétroliers à timidement flirter avec les énergies vertes.

Annuellement, Shell dépense une enveloppe de 1 milliard $ pour les nouvelles énergies. De son côté Total budgétise 500 millions $. Ce chiffre est à mettre en relation avec le rachat de Maersk Oil pour 7,5 milliards $ pour du pétrole de la Mer du Nord.

Mais comme pour garder un pied dans un nouveau domaine, en Angleterre, Shell a commencé à vendre de l’électricité à ses clients.

 

Arrivons-nous à un tournant?

Si la doctrine de Trump propose la «Dominance Energétique Fossile» des USA sur le monde, les chinois parient sur la «Dominance Energétique des Energies Renouvelables».

Les pétroliers font actuellement le même pari que le Président Américain et les pays Européens. Comme la nature a horreur du vide, cette place ouvre une voix royale aux entreprises et aux investisseurs “durables” qui peuvent ainsi se développer sans la menace de cette concurrence.

Cependant, rien ne dit que les majors ne retournent pas rapidement leur veste. N’oublions pas que l’objectif d’une major pétrolière n’est pas d’extraire du pétrole, mais de produire des dividendes… avec où sans pétrole.

 

 

Tempêtes et Bouleversements dans les Energies

Solidement arrimé à la voiture et aux avions, le pétrole voit son hégémonie vaciller. EDF a fini par avouer que l’électron nucléaire n’est financièrement plus compétitif avec les énergies renouvelables. Le pétrolier Shell débute la vente d’électricité. Les technologies «Smart» catapultent les simples citoyens contre le monopole des producteurs d’électricité. La Chine prend le leadership énergétique mondial face aux USA.

N’en jetez plus ! Nous avons la chance d’assister à un brassage de cartes qui touche toutes les énergies et pulvérise les certitudes.


Au sommet de la pyramide, l’or noir tremble.

Après l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Inde, c’est au tour de Pékin de s’interroger sur l’interdiction programmée des ventes de voitures à pétrole. Les 28 millions d’unités vendues chaque année en Chine, ne laissent aucun constructeur indifférent surtout que les prix de vente des véhicules à essence et électriques devraient arriver à parité d’ici à 2025-2029.

De leur côté, les pétroliers s’inquiètent de l’impact sur la consommation. Même si le pétrole reste dominateur, une diminution de 3-5 millions de barils par jour, va déstabiliser les marchés et les prix.

Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Shell, commencer à vendre de l’électricité à la place de l’essence, où Total d’acheter 23% des actions de l’entreprise Eren et sa production d’électricité hydraulique et éolienne. Le français est déjà propriétaire de Saft, batteries de stockage, ainsi que des panneaux solaires SunPower et Total Solar.

Même dans le ciel, la révolution s’installe. Un premier avion électrique capable de transporter 10 personnes sur 1’000 km est à l’essai. L’entreprise Allemande, Volcopter, propose un «drone-hélicoptère» autonome et électrique, capable de transporter 2 passagers.

Les producteurs de kérosène toussent.

 

Volcopter: le premier taxi aérien électrique et autonome à Dubai

 

Le nucléaire voit son avenir dans son sabordage

Au niveau de l’atome, c’est au tour de la Corée du Sud d’annoncer sa sortie du nucléaire dans les décennies à venir, pendant qu’EDF avoue que l’électricité nucléaire n’est financièrement plus compétitive face au solaire et à l’éolien.

De manière totalement inattendue, l’arrêt du nucléaire allemand a précipité la course au démantèlement des réacteurs. En effet, les entreprises allemandes se sont positionnées dans ce marché. Autant la France, les USA, la Corée du Sud et le Japon ne veulent pas manquer cette nouvelle opportunité commerciale estimée à plus de 1’000 milliards $.

Du côté des propriétaires des centrales, les parades comptables ont été trouvées en transvasant les réacteurs nucléaires ainsi que les centrales à charbon et à gaz dans des entités d’actifs risqués.

Mais même ces artifices ne suffisent plus. Ainsi, l’indétrônable producteur électrique allemand EON, noyé sous les dettes, pourrait être racheté par le Finlandais Fortum.

 

Chute des prix de l’électricité

Pour la deuxième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables vont dépasser ceux des énergies fossiles. Si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance, d’ici à 2040, le prix du solaire devrait encore diminuer de 66% et l’éolien de 47%. La parité avec les énergies fossiles sera atteinte dans les 10 années à venir.

Sans attendre cette prévision, le géant éolien danois, Dong Energy, a cessé de demander des subsides pour ses installations. Même avec des solutions de stockage, elles deviennent financièrement concurrentielles.

De son côté, l’Arabie Saoudite profite de mettre aux enchères des concessions pour exploiter l’énergie solaires et de tester le modèle d’affaire face aux centrales nucléaires. Les premiers résultats sont édifiants. Le prix de l’électricité solaire devrait atteindre 2,5 ct € le kWh.

La Chine et la Russie au nez et à la barbe des européens

Les USA sont en passe de gagner leur pari : freiner les livraisons de gaz et de pétrole de la Russie vers l’Europe.

Logiquement, ce mois a vu le rapprochement fulgurant de Pékin et de Moscou.

Le Chinois SEFC China Energy vient d’acquérir pour 9,1 milliards $, soit 14,15%, le pétrolier russe Rosneft.

CEFC lorgne maintenant sur l’énergie hydroélectrique de l’entreprise russe EN+.

La Banque of China a accordé un prêt de 2 milliards $ à Gazprom sous l’emprise de l’embargo USA-Europe.

Avec le chaos qui règne à Washington, la Chine a clairement pris le leadership mondial sur les énergies. La Russie l’a parfaitement compris et joue sa carte.

 

Le citoyen: cet homme qui avait disparu des cartes

Même s’il reste encore des quantités phénoménales de pétrole et de gaz dans le sol, les ouragans de ces dernières semaines ont délicatement souligné les contours du réchauffement climatique.

La vitesse des changements opérés dans le monde des énergies poussent les pays et les acteurs à monter dans le train d’autant que l’opportunité est trop belle de laisser les USA patauger avec leur exceptionnel président.

Cerise sur le gâteau, le citoyen, qui n’a pas eu droit au chapitre durant des décennies, a maintenant la possibilité technique de devenir lui-même un producteur et vendeur d’énergies. Qui aurait pensé que cet oublié reprenne le contrôle?

Nous vivons des mois historiques et passionnants.

 

 

Gaz: Trump veut imposer sa puissance à l’Europe

L’approbation du projet de loi par le Sénat américain de nouvelles sanctions contre Moscou augure de la doctrine Trump: faire des USA la plus grande puissance énergétique de la planète.

Avec la délicatesse d’un éléphant, Washington veut interdire aux entreprises européennes de participer à la construction du nouveau gazoduc Nord Stream 2 qui reliera la Russie à l’Allemagne. Sans se démonter, l’équipe Trump propose, en toute modestie, que l’Europe s’abreuve avec le gaz de schiste américain afin de créer des emplois aux USA et sauver financièrement ses entreprises gazières.


Pour mieux comprendre ce bras de fer, il est nécessaire de voir la question sous de multiples facettes.

Russie: Construction du gazoduc Nord Stream 2

Le déclenchement des hostilités a débuté avec le démarrage de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie à l’Allemagne. D’une capacité de 55 milliards m3/an dès 2019, le nouveau gazoduc suivra le tracé de Nord Stream 1.

Il y a un mois, les entreprises énergétiques européennes Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall ont conclu l’accord avec le géant gazier russe Gazprom. Les entreprises européennes investissent le 50% des 9,5 milliards € nécessaires à cette construction.

USA: Make it Great Again

Les gaziers américains rêvent d’écouler en Europe et à prix fort leur surproduction de schiste. L’Europe, qui commercialise son gaz à des tarifs 4 fois supérieurs aux Etats-Unis, est une cible prioritaire d’autant que des gaziers de schiste américains continuent de perdre des sommes astronomiques.

De toute évidence, l’annonce de la construction de Nord Stream 2 et de l’augmentation de la dépendance énergétique Européenne face à la Russie bousculent les ambitions américaines.

La parade de Washington est venue via le Sénat qui utilise «l’ingérence présumée des autorités russes dans la campagne présidentielle de 2016 et le respect du Protocole de Minsk avec l’Ukraine», comme justes motifs afin de bloquer la construction de Nord Stream 2. Pour se faire, les sociétés majoritairement allemandes et autrichiennes impliquées dans Nord Stream 2 sont lourdement sanctionnées.

Ainsi, les États-Unis ont l’intention d’entraver la mise en œuvre du projet Nord Stream 2 qu’ils considèrent «comme présentant des risques pour la sécurité énergétique de l’Europe, le développement du marché gazier en Europe centrale et de l’Est et les réformes énergétiques en Ukraine».

Pour que cette loi entre en force, le président Trump et le Congrès doivent encore donner leur aval.

Ukraine : deux milliards $ en jeu

L’Ukraine perçoit presque 2 milliards $/an de la Russie pour le transport du gaz vers l’Europe. Le contournement de l’Ukraine permettra à Vladimir Poutine de diminuer sensiblement ces paiements et d’imposer les tarifs du marché pour les futures livraisons gazières à Kiev.

Pour bien marquer le territoire, Donald Trump a rencontré en personne le président Ukrainien Petro Poroshenko dans le bureau ovale et il s’est même fendu d’un tweet. C’est dire l’importance de la rencontre.

Allemagne: Tenir tête

Angela Merkel a balayé les réticences des pays européens comme la Pologne et les autres pays de l’Est face à la construction de ce gazoduc. Comme d’habitude, l’intérêt Allemand prime sur les considérations européennes.

Pour tenter d’augmenter la croissance et produire son électricité, Berlin privilégie une connexion directe entres les gisements gaziers russes et ses entreprises, quitte à froisser les autres membres de l’Union.

De plus, les puissants acteurs allemands comme BASF et le fournisseur d’électricité et de gaz E.ON sont engagées dans le projet Nord Stream 2.

Autriche : Blessée

Le géant autrichien OMV Aktiengesellschaft est l’un des pilier du pays et participe au consortium. Les USA ciblent directement cette entreprise dans leur démarche et comme Vienne est déjà très chatouilleuse sur les considérations territoriales, cette sanction ne fait pas du tout rire.

L’Europe : Le Financement de l’Ukraine et l’indépendance énergétique

Bruxelles voit d’un mauvais œil la réalisation de ce gazoduc notamment parce qu’il permet à l’Allemagne de bénéficier en primeur du gaz Russe, au nez et à la barbe des autres pays de l’Union Européenne et accroit l’importance énergétique de la Russie sur le vieux contient.

On comprend également les réticences de l’Europe, elle qui tient financièrement à bout de bras l’Ukraine. Avec l’argent des contribuables, Bruxelles devra combler le trou financier généré par la perte des droits de transports payés par Moscou.

Finalement, le gaz Russe produira plus de 120 milliards de kg de CO2 annuellement ce qui permettra de faire monter encore plus la température sur le continent alors que les thermomètres explosent déjà.

Donald Trump a promis d’imposer la puissance énergétique (Energy Power) des USA. Le premier test touche l’Europe.

Est-ce que les européens plieront l’échine ou seront-ils capables de faire front. En ce qui concerne Bruxelles, on en doute.

Pour l’Allemagne, sa compétitivité en dépend et l’on voit mal les industriels allemands ne pas se tenir tête à Washington.

L’été risque d’être chaud, très chaud!

Energies, Pétrole et Peak Oil: Revue Mondiale Janvier 2017

Comme tous les 1er de chaque mois, l’inventaire mondial des Energies.
– Trump: Son soutient au pétrole sera-t-il décisif?
– Russie: Moscou premier exportateur pétrolier à la Chine
– Arabie Saoudite: à nouveau attaquée par un virus informatique
– Venezuela: des tankers noyés dans le pétrole
– Arabie Saoudite: les réserves n’ont pas bougé en 37 ans!
– Angleterre: L’éolien dépasse la production électrique au charbon
– Libye: Le pétrole part à la hausse, les russes arrivent.


Le pétrole s’est coincé le dos et n’a pratiquement pas bougé durant le mois. Le baril termine à 55,23$ à Londres (56,09$ décembre 2016) et à New York 52.36$  (53.90$ décembre 2016).

On commence à reparler du peak uranium alors que la partie d’uranium militaire pour les centrales ne représente plus que le 20% et 80% pour l’extraction minière. L’uranium remonte à 23$ (20.25$ décembre 16).

Graphique du mois: Quantité probable de pétrole de schiste par pays

Source EIA / FT.com

Monde

OPEP

En compilant le nombre de tankers qui sillonnent le monde et les chiffres de l’OPEP, la baisse de production pour le mois de janvier serait de 900’000 barils/jour (b/j).

Les surplus pétroliers mondiaux se trouveraient entre 270 millions et 1 milliard de barils. L’IEA ajoute que depuis septembre, ce stock est en train de diminuer. Ce mois de janvier, la baisse est de 82 millions de barils. L’Arabie Saoudite pense que l’équilibre offre/demande se rencontre durant cet été.

L’énergie solaire est moins chers que le charbon dans plusieurs pays du monde (Chili, Moyen-Orient) avec une moyenne de 0,03 ct $ kWh contre 0,06 pour le charbon.

A travers le monde 200 millions de personnes sont au chômage et 3,4 millions supplémentaires devraient rejoindre ce groupe durant 2017. De l’autre côté, 8 milliardaires possèdent autant d’argent (426 milliards $) que les 3,6 milliards les plus pauvres (moyenne 100 €).  Comparez votre salaire avec le reste du monde.

 

USA

Tous les experts financiers l’avaient prévu : en cas d’élection de Trump, la bourse allait s’effondrer. Résultat, pour la première fois dans l’histoire, le Dow Jones dépasse les 20’000.

En acceptant de participer au gouvernement Trump, l’ancien CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, a reçu une enveloppe de départ de 179 millions $. Le pauvre homme a dû également vendre ses 55 millions $ d’actions ExxonMobil afin d’être compatible avec son nouveau poste. Ce sacrifice inspire le respect.
De son côté, Gary Cohn, qui quitte Goldman Sachs pour également rejoindre Trump, a reçu un parachute de 106 millions $.
La beauté du système veut que ces nouveaux membres du Gouvernement bénéficient d’une exemption totale d’impôt (dont zéro impôt sur ces montants). Elle n’est pas belle l’Amérique ?

Si la majorité des nouveaux ministres de Trump reconnaissent qu’une « partie du réchauffement climatique serait dû à l’homme », ils adhèrent à l’équation : la menace du réchauffement est si lointain qu’elle ne doit pas interférer avec la croissance de l’industrie pétrolière américaine.

Tesla, le fabricant américain de voitures électriques a lancé la production de masse de batteries lithium-ion dans sa « gigafactory », son usine géante située dans le désert du Nevada. Au printemps, l’usine accompagnera le lancement du Model 3, la nouvelle voiture d’entrée de gamme de la marque qui sera vendue à partir de 35.000 dollars.

Pour la première fois depuis 1980, Chevron annonce une perte : 497 millions $ en 2016.

Dessin Chappatte

Selon l’Agence Américaine de l’Energie, les USA devraient devenir un exportateur net d’énergies d’ici à 2026 grâce au pétrole et gaz de schiste. L’Agence n’est pas super connue pour la justesse de ses prévisions, mais il faut relever son enthousiasme.

De nombreux forages en haute mer débutés en 2010 vont être mis en service cette année. Il faut parfois plusieurs années entre la recherche à l’exploitation. Exxon, Shell, BP, Eni et Statoil devraient fêter l’arrivée de 400’000 barils p/j dans les mois à venir.

 

Chine

La dépendance énergétique étrangère pousse Pékin à une certaine agressivité dans l’acquisition de gisements notamment en Afrique. La Bank of China vient de prêter 600 millions $ à l’Angola pour la construction d’un terminal pétrolier.

En 2016, la Russie est devenue le plus grand exportateur de pétrole en Chine devant l’Arabie Saoudite avec 1,04 million b/j,  +24%. L’embargo européen pousse de plus en plus Moscou dans les bras du géant asiatique.

Pendant que l’on tente de justifier les salaires monstrueux de certains managers d’entreprises énergétiques occidentales, le CEO du plus grand groupe énergétique chinois, CNPC (China National Petroleum Company), Wang Yilin, reçoit une rémunération de 106’800$ par année. En comparaison le CEO d’ExxonMobil, Rex Tillerson, s’octroyait un salaire de 27,3 millions $ avant d’aller servir Donald Trump et le CEO d’Alpiq, Suisse 1,8 million $.

L’arrivée de la pollution à Pékin

Venezuela

Les exportations ont passé de 1,82 million b/j à 1,59 et les ennuis s’accumulent.

Les installations des ports pétroliers ont tellement de fuites, que les coques des tankers doivent être nettoyées avant de repartir en haute-mer. Comme la compagnie nationale n’a plus les moyens de payer ce nettoyage, plus de 12 tankers patientent avec 4 millions de barils dans leurs soutes. Pour compliquer la tâche, la durée de la file d’attente pour être nettoyé est de 2 mois.

De plus 11 tankers pour 2,9 millions de barils sont retenus pour des raisons financières car les cargaisons n’ont pas été payées.

 

Arabie Saoudite

La vente de 5% des actions de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, pousse à publier des chiffres. Depuis 1980, la transparence n’est pas le point fort de cette entité. Ainsi en 1980, les réserves pétrolières du pays atteignaient 261 milliards de barils. Aujourd’hui, 37 ans plus tard, en exploitant 3 milliards de barils/an, les réserves sont de… 261 milliards de barils. LOL.

Shamoon, le virus informatique, qui avait sévit dans le pays en 2012, est de retour. Shamoon 2.0 a attaqué 15 agences gouvernementales dont le producteur pétrolier Saudi Aramco. Le virus efface toutes les données des ordinateurs. L’Iran pourrait être à la base de cette mauvaise grippe.

L’Arabie a exporté le chiffre record de 8,26 millions b/j en novembre, juste avant la réduction de la production voulue par l’OPEP. Du coup, c’est forcément plus facile de réduire sa production après avoir poussé toutes les machines au maximum.

Selon le CEO d’Aramco, Amin Nasser, le monde a besoin de 25 trillons $ d’investissement durant les 25 prochaines années pour répondre à la demande.

Toujours selon Amin Nasser, le Royaume pourrait produire 12 millions b/j ainsi que doubler sa production de gaz durant les 10 prochaines années et le tout les doigts dans le nez et avec 261 milliards de barils en réserves.

Lequel d’entre vous a dit: pic pétrolier?

Nigeria

Shell Nigeria a annoncé la fermeture d’un pipeline d’une capacité de 140’000 b/j à cause d’un incendie». Au Nigeria les mots «à cause d’un incendie » signifient que les milices locales ont fait exploser le tout. Mais la situation devrait s’arranger. Le Gouvernement a repris les versements en faveur de ces milices pour « qu’elles protègent les installations pétrolières ». Là aussi il faut comprendre « si tu paies pas, badaboum ». Comme en Corse mais en plus grand.

Royal Dutch Shell a gagné. Les populations du Delta du Niger, qui avaient poursuivi la major pour marée noire et pollution devant les tribunaux Anglais, ont été déboutées. Le cas doit être porté devant les tribunaux au Nigeria et non en Angleterre.


Dessin: Chappatte

Europe

Angleterre

Pour la première fois sur une année, la quantité d’électricité éolienne (10,5) a dépassé la production au charbon (9,2%) durant 2016.

BP a publié son Energy Outlook 2017 et son optimisme fait plaisir à voir. BP annonce que 2’500 milliards de barils dorment encore sous nos pieds ce qui devrait suffire pour les 35 prochaines années. Détail, le rapport n’indique pas le prix du baril nécessaire pour extraire ce pétrole.

Le rapport mentionne également que tout le pétrole qui se trouve sous nos pieds pourrait ne pas être extrait à cause de la diminution de la demande. Dilemme pour les producteurs qui ont intérêt à extraire un maximum avant ce basculement sans toutefois trop produire pour ne pas faire baisser les prix.

 

France

CGG, entreprise française spécialisé dans les équipements géophysiques et la fourniture de données sismiques aux compagnies pétrolières affiche une perte de 2,32 milliards $ avec le mince espoir de voir le secteur rebondir cette année.

Gros suspense sur la course que se livrent Pemex et EDF. La dette d’EDF grimpe à 74 milliards € pour un chiffre d’affaires équivalent. Le géant français est sur le point de rattraper l’entreprise pétrolière mexicaine Pemex qui cumule 100 milliards $ de dettes.

 

Hollande

Shell se prépare à équiper ses stations d’essence avec des chargeurs pour les voitures électriques. Après le français Total et l’Italien ENI, c’est une nouvelle major pétrolière qui franchit le cap et qui considère les voitures électriques comme un nouveau marché important, d’autant que pour recharger une batterie le consommateur va devoir patienter devant un café ou un repas.

Shell va tester le concept en Hollande et en Angleterre.

 

Allemagne

En 2016, Volkswagen, (Audi, Porsche, Seat, Skoda et Bentley) est redevenu le premier constructeur automobile mondial avec 10,3 millions de voitures vendues (+ 3,8 %). Un record malgré le scandale des moteurs diesel. L’entreprise allemande met fin à la longue suprématie de Toyota, champion du secteur depuis 2008. Toyota, (Lexus, Daihatsu, Hino vendu 10,18 millions de véhicules (+0,2%).

A travers le pays, Shell va participer à la construction d’un réseau de 400 stations de recharge pour les voitures à hydrogène.


Allemagne: le charbon diminue. Les renouvelables et gaz augmentent
Graphique: LeMonde.fr

Italie

Le gazoduc Trans-Adriatique qui devrait transporter le gaz d’Azerbaïdjan en Europe, sans passer par la Russie, se trouve bloqué par des champs d’oliviers et de superbes plages dans la région des Pouilles. Le bras de fer entre la population et les industriels est pour l’instant à l’avantage des citoyens.

 

Suisse

La quantité de solaire photovoltaïque installé en Suisse a diminué de 20% en 2016 par rapport à 2015. Problème typique d’un pays riche qui voit dans le moindre changement une menace. Ne rien toucher dans cette belle mécanique est le mot d’ordre.

Est-ce que Trump viendra bouleverser la donne même dans ce petit pays ?

Les Amériques

USA (suite) Pétrole et gaz de Schiste

La consommation de sable pour les forages de schiste devrait atteindre un record de 120 milliards kg en 2017. Les producteurs utilisent de plus en plus de sable afin de faire remonter le pétrole et de garder ouvertes les fissures du fracking. Comme le nombre de forages et 70% inférieur au pic de 2014, cette utilisation massive de sable montre que cette une nouvelle technique permet d’extraire plus rapidement le pétrole.

Depuis Avril 2015, la production de schiste a reculé de 19% dans les champs du Bakken et 37% à Eagle Ford, Texas alors qu’elle a augmenté de 14% dans le Bassin Permien. En toute logique, les regards se tournent vers le Bassin Permien, Texas et Nouveau Mexique. (lire article) où ExxonMobil vient d’acquérir pour 6 milliards $ un terrain qui pourrait contenir 3,4 milliards de barils de pétrole.

La carte blanche environnementale que devrait recevoir les producteurs de schiste de la part du président Trump va pousser l’industrie à creuser et forer partout où cela est profitable ou en d’autres mots : polluer tant que cela fait financièrement du sens (ou pas). Mais ces entreprises vont toujours faire face aux protestations et aux poursuites des environnementalistes.

Une question à méditer durant les prochains mois. A l’image des Bush, le président Trump aura-t-il besoin de créer une guerre pour unifier les américains dans un projet commun ?

 

Canada

Deux jours après avoir reçu le feu vert de Trump, TransCanada a remis sur la table la construction du pipeline Keystone XL entre le Canada et les USA pour la modique somme de 8 milliards $. Obama avait abandonné ce projet en fin d’année et TransCanada avait décidé de poursuivre légalement le Gouvernement Américain pour demander 16 milliards $ de dédommagement.

La planche de TransCanada a été savonnée par le mari de Melania qui exige d’utiliser de l’acier US pour les tuyaux et l’entretien du pipeline soit réalisé par des entreprises américaines. Les comptables de TransCanada sont en train de faire chauffer leurs calculatrices.

Le Premier Ministre Justin Trudeau a suggéré que le pétrole bitumineux de l’Alberta devait gentiment cesser. Le lobby du pétrole a rapidement souligné que le 1/3 des emplois de la région sont générés par cette industrie, sans toutefois préciser le nombre de travailleurs canadiens.

 

Mexique

Le prix de l’essence a augmenté de 20,1% et celui du diesel de 14,2%. A partir du 18 février, le prix plafond fixé par le gouvernement sera réajusté tous les jours. Ainsi, il faudra 78 centimes $ pour obtenir un litre d’essence et 0,87$ pour le diesel, ce qui est toujours une bonne affaire selon les critères internationaux.

Il s’agit là de la première étape de l’ouverture au privé du marché des carburants et la fin du monopole de Pemex, le producteur pétrolier national qui pousse à la baisse des subventions du pays sur les carburants. De nombreux magasins ont été pillés par des manifestants dans tout le pays. quelque 800 commerces petits ou moyens et 250 grands magasins ont subi des dégâts à travers le Mexique et 600 personnes arrêtés.

Le Président Enrique Pena Nieto a annulé sa rencontre avec son homologue américain après un Tweet annonçant que le Mexique allait payer pour la construction du déjà fameux mur.

Asie

Inde

La France tente de pousser sa technologie nucléaire (tech-push) et de refiler ses réacteurs nucléaires EPR Areva au premier ministre indien Narendra Modi. Après la visite de François Hollande, c’est Jean-Marc Ayrault qui a tenté d’enfoncer le clou.

Le concept français est comme d’habitude: P-H-A-R-A-O-N-I-Q-U-E

Située à Jaitapur, la centrale nucléaire aurA une capacité de 9 900 MW (20% de la production nucléaire française) avec un coût de construction estimé aujourd’hui à 60 milliards $ soit presque autant que la dette d’EDF. Le projet français fait face à une très forte opposition de la population locale d’autant qu’une chape de plomb couvre les négociations et que « personne ne sait » ce qu’EDF a proposé à NPCIL qui devrait commander ce joyau.

 

Moyen Orient

Les pays du Moyen-Orient vont probablement tous respecter la limitation de production proposée par l’OPEP. Pour les autres pays, leur situation économique demande des entrées immédiates de pétrodollars. Il y a déjà des doigts accusateurs qui se tendent notamment en Irak ou Bagdad vilipende les Kurdes qui produisent à tout va.

 

Iran

La Chine va prêter 3 milliards $ à l’Iran pour passer la raffinerie de Abadan à la version 2.0. La vieille dame avait été en partie détruite en 1980 durant la guerre Iran-Irak et produisait 635’000 b/j. Depuis les sanctions, les maintenances avaient été mises de côté.
En échange de ce prêt d’amis, l’Iran fera également un prix d’ami sur les livraisons pétrolières.

L’Iran exporte 2,16 millions b/j en janvier contre 2,6 en septembre. C’est qu’en septembre, le pays a pu vider les tankers qui stockaient depuis des mois le pétrole déjà extrait.

Le pays attend la prochaine élection présidentielle le 19 mai prochain.

Après l’annonce de Trump de bloquer l’accès aux USA pour les iraniens, Téhéran a donné la réciprocité aux américains. Dans le cas ou Washington voudrait renégocier les accords sur le nucléaire, on voit mal l’Europe s’y conformer.

 

Irak

Bagdad souligne que sa production a été coupée de 210’000 b/j pour se conformer aux veux de l’OPEP. Le Gouvernement a accepté de produire seulement 4,56 millions b/j mais dans son rapport mensuel sa production est de 4,75 millions b/j ! Traduisez : le pays n’a pas vraiment l’intention de diminuer sa production.

Pour 210 millions $, Halliburton va forer 30 puits pour le compte de Shell dans le champ de Majnoon dans le Sud, à zut, ceux du Nord…  Les 400’000 b/j prévus devraient arriver vers 2019.

A Mossoul, il reste 1 million d’habitants dont les combattants de l’Etat Islamique. Les américains et européens n’ont pas encore trouvé un moyen de les déloger.

Lors de sa visite à la CIA, le président Trump a claironné qu’en Irak les Américains auraient dû prendre le pétrole pendant qu’ils en avaient la chance et il a ajouté, «maybe we wil have another chance».

Afrique

Libye

La production à la pêche avec un objectif à 1,1 million b/j. ce qui interfère avec les objectifs de diminution de l’OPEP. Le pays pourrait monter à 1,6 million b/j pour autant que les astres soient alignés et que la Nationael Oil Company puisse trouver 100 milliards $ pour financer son développement.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, la Libye commence à aller mieux.  C’est le moment idéal pour qu’une grande puissance vienne y mettre son grain de sel. Comme l’Europe fait de l’Europe et que les américains regardent leur nombril et Twitter, c’est logiquement la Russie qui revient vers son ancien allier.

Vladimir soutient le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), qui contrôlerait à 80% le pays et l’est libyen. Une excellente opération stratégique pour Moscou qui consolide son influence dans le monde arabe et en Méditerranée.

 

Phrases du mois

« A Flamanville et à Taishan, en Chine, les EPR sont presque terminés. Il aura fallu du temps mais l’EPR est aujourd’hui le plus puissant et le plus sûr des réacteurs nucléaires dans le monde. »  Jean-Bernard Lévy, CEO EDF

L’armée américaine doit être la mieux dirigée, équipée et la plus mortel dans le monde. “U.S. forces must be the “best led, best equipped and most lethal in the world.” Mad Dog, Gen. James Mattis, nouveau ministre de la defense américaine, directeur du Pentagon.

Coming into this country is a privilege, not a right.” Porte parole Maison Blanche. Sean Spicer.

Au sujet de l’Irak: “If we kept the oil, you probably wouldn’t have ISIS because that’s where they made their money in the first place, so we should have kept the oil, but, OK, maybe we’ll have another chance,” Donald Trump, devant la CIA, 20 janvier 2017.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

 

Pétrole, Peak Oil, Energies: La Revue Mondiale Novembre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
Monde_Map_Oil– OPEP: Accord surprise sur une baisse de la production
– USA: And the winner is… Donald Trump
– Suisse: Le pays conserve ses records nucléaires
– Chine: une pénurie de charbon en vue
– France: 13 réacteurs nucléaires à l’arrêt
– Canada: Trudeau donne le feu vert pour 2 pipelines pétroliers
– Prix du baril: Il repasse sur la barre des 50$ à Londres


Sympa les membres de l’OPEP. Ils se mettent d’accord sur une diminution de la production juste avant d’écrire cette revue. Le pétrole repasse sur la barre des 50$:  pour être précis  50,45$ à Londres (49,71$ à la fin octobre) et à New York 49.37$  (48.70$ fin octobre).

L’uranium surfe sur une vague qui descend: il ne vous faudra pas plus de 18$ pour acheter une livre de 450 gr (20$ fin octobre).

 

Monde

L’OPEP annonce un accord pour la réduction de la production pétrolière mondiale: -1,2 million barils/jour (b/j). Cela devrait être assez facile, car pratiquement tous les pays ont poussé leur production au max durant les derniers mois. Intuitivement, on pourrait penser que les prix devraient grimper dans les jours/mois à venir. Dans cette équation, la réaction des producteurs de schiste américains sera intéressante tout comme le temps de réaction de votre station service à changer les prix de l’essence.

La conférence sur le climat : COP22 a été lancée le 4 novembre avec l’ombre de Trump et la volonté de la Chine de créer des emplois dans le renouvelable. La conférence s’est terminée deux semaines plus tard. C’est tout. Suite de l’épisode à la COP23.

Majors pétrolières
Ca va mieux pour elles. Shell a annoncé un bénéfice de 1,4 milliard $ au 3ème trimestre après une perte de 6,1 milliards $ à la même époque il y a une année.  BP saute de joie avec 933 millions $ de bénéfice.
Shell pense que le peak de la demande va arriver dans 5 ans alors qu’ExxonMobil prévoit une augmentation de la même demande de 20% d’ici à 2040.

Arctique
En Arctique, les mois d’octobre et de novembre servent traditionnellement à créer de la glace et des banquises. Pas cette année qui pulvérise tous les records (+12 degrés en moyenne) et la glace qui n’arrive pas à se former avec une température légèrement au-dessus de zéro degrés. Mais à part ces légers détails, tout va bien.

2016_11_statu-liberte

USA

Bon, voilà: Trump est Président et Steven Mnuchin, ex Goldman Sachs, ministre des finances. Il pourra retrouver ses potes Mario Draghi de la Banque Européenne et José Manuel Baroso qui a été blanchi de tout soupçon pour avoir rejoint la pieuvre.

Les USA pourraient réduire les impôts des entreprises de 35 à 15%. L’Irlande et le Luxembourg ont le sommeil difficile depuis cette annonce.

Elon Musk (Tesla et SolarCity Corp) a annoncé l’arrivée de tuiles solaires et la batterie de stockage d’énergie solaire pour les particuliers la Powerwall 2.0. Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise propose des tuiles solaires, mais toutes les tentatives ont été des flops. Le dernier en date Dow Chemical qui renonce à sa Powerhouse.

Les centrales nucléaires ferment par manque de rentabilité. Bloomberg confirme que les coûts d’une nouvelle centrale sont 5 fois supérieurs à ceux d’une centrale à gaz. Selon le groupe d’investissement Carlyle Group, si le gouvernement n’insuffle pas des subsides, le nucléaire civil US pourrait disparaître dans 10 ans.

La moitié de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

ExxonMobil est de plus en plus dans l’œil du cyclone concernant ses agissements dans le dénigrement des changements climatiques depuis 1980. Après l’Etat de New York, les journalistes, les environnementalistes, c’est au tour de la famille Rockfeller, en personne, de s’attaquer au plus grand producteur pétrolier américain. Pas sûr que le géant Exxon soit d’aplomb pour combattre son ancien fondateur.

Walmart, la plus grande chaîne de magasin du pays, va produire 50% de son électricité à base de renouvelable d’ici à 2025. L’idée est de réduire les factures d’électricité. Une fois l’installation payée, le kWh produit est proche de zéro ce qui donnera une longueur d’avance par rapport à ses concurrents.

10 jours après l’annonce de Walmart, c’est Microsoft qui annonce l’achat d’une ferme d’éolienne dans le Wyoming pour son data center à Cheyenne. 237 Megawatts sont dans le panier. Il faut juste espérer que les éoliennes ne tournent pas sur Windows.

La production pétrolière 100% Made in America devrait atteindre 8.84 millions b/j en 2016 (9.42 millions en 2015). Les USA consomment 18 millions b/j.

La production de charbon a diminué de 10% en 2015 à 897 millions de tonnes, au plus bas depuis 1986. Les emplois ont diminué de 12% à 66’000 employés. Donald Trump espère faire redémarrer le secteur mais on a beau malaxer les chiffres dans tous les sens, le compte n’est toujours pas bon.

Les compagnies aériennes Delta United et American pourraient payer plus cher leur kérosène si la législation US demande à Colonial Pipeline Co de cesser d’envoyer aux compagnies une qualité dégradée et moins cher de kérosène.

La méga fusion de 32 milliards $ entre General Electric et Baker Hughes dans les domaines des services pétroliers/gaziers arrive au moment où tout patine. C’est ballot. GE parie sur la reprise dans les forages pétroliers et gaziers. Connaissant l’impatience des actionnaires de l’autre côté de l’Atlantique, le CEO va devoir être très diplomatique. GE a également acheté le français Alstom et procédé à des premières vagues de licenciements.

Mississippi Power Co va ouvrir sa centrale à charbon de 58 MW Kemper Project sise à côté de la mine de charbon. C’est la première unité qui utilise le procédé de gazéification ainsi que le stockage de CO2 à cette échelle. Jusque-là tout va bien à part la douloureuse. Devisée à 2,9 milliards $, elle arrive aujourd’hui à 7 milliards $. Il est paradoxal de faire d’une centrale à charbon, une usine à gaz.

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Chine

La production pétrolière chinoise a chuté durant le mois d’octobre à 3,8 million b/j (-11,3% par rapport à octobre 2015). Le plus grand importateur de pétrole mondial tente d’avoir accès aux gisements étrangers via des acquisitions. Les USA, dont les producteurs ne sont pas sous le contrôle du gouvernement, sont une cible privilégiée. Pékin se demande si l’arrivée de Trump ne va pas freiner les acquisitions chinoises dans des entreprises clés.

Selon le plan quinquennal chinois, le pays consommera 2’000 GW d’électricité dont 320 GW (16%) avec le solaire et l’éolien et 110 avec le gaz.

Les coupes dans la production de charbon génèrent des pénuries et forcent Pékin à s’approvisionner en Australie et en Indonésie afin de maintenir la production électrique. L’IEA prévoit que la demande chinoise de charbon devrait augmenter de 214 millions de tonnes durant les 25 prochaines années.

Le prix du charbon a doublé en l’espace de 6 mois ce qui a fait plier Pékin qui relâche ses restrictions sur la production en attendant que le nucléaire et le renouvelable puissent prendre le relais.

Pékin sert la vis sur les achats chinois à l’étranger. Les entreprises et les particuliers ont dépensé plus de 140 milliards $ (dont 40 pour le Suisse Syngenta). Il ne sera plus possible d’investir plus de 10 milliards $ pour des entreprises et 1 milliards $ pour des propriétés immobilières. Le concept est de soutenir la monnaie et d’investir en Chine en priorité. Le même programme que Trump mais un mois avant.

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France

Treize réacteurs nucléaires sont hors circuit.  A cause de la défaillance de certains réacteurs, de contrôles renforcés requis par l’Autorité de sûreté nucléaire ainsi que la découverte de falsifications chez le constructeur Areva, près d’un tiers des réacteurs nucléaires français sont actuellement à l’arrêt.

Les éoliennes et les panneaux solaires qui ont poussé ces dernières années, apportent un supplément de capacité de 1’900 mégawatts par rapport à l’hiver 2015-2016 soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires.

Pékin pourrait investir dans Areva qui est toujours à la ramasse financièrement. A voir si la nouvelle réglementation chinoise va permettre cet accord.

 

Suisse

La Suisse a été à deux doigts de perdre 2 de ses 3 records du monde dans le domaine nucléaire. Grâce au refus du peuple Suisse de mettre à la retraite ses très vieilles centrales nucléaires, l’Helvétie maintient son leadership mondial dans les domaines suivant:
1) la plus vieille centrale nucléaire au monde : Beznau 1 (1969)
2) la cuve de réacteur la plus fissurée avec 900 trous de 5-6 millimètres
3) la quantité per capita de déchets radioactifs balancés dans l’Atlantique en guise de recyclage : 4’420 térabecquerels ont été immergés.

Ce vote démocratique soulage la France qui ne devrait plus entendre les Suisses demander la fermeture de Fessenheim.

La voiture électrique est en train de prendre son élan : 16’814 véhicules sillonnent actuellement le pays. Les prévisions tablent sur 60’000 véhicules d’ici à 2020. Le coût actuel pour un plein varie entre Frs 3.—pour 100 km (2,7 €) à Frs 9.—/100 km (8.1€) avec des bornes publiques.

En provenance de France, deux convois de déchets nucléaires ont été livrés par rail à la Suisse. Va falloir maintenant leur trouver une place, pour les siècles et des siècles. Amen!

Nigeria

Grosse baston entre le Gouvernement et le groupe Niger Delta Avengers qui demande un partage des revenus pétroliers. Ce mois, ils ont fait exploser 3 pipelines dont celui du port de Forcados (200’000 b/j) ainsi que le Bonny Export Terminal d’une capacité de 300’000 b/j.

Le groupe se plaint des attaques de la Navy contre ses raffineries illégales qui opèrent dans le Delta. Le gouvernement est incapable de sécuriser les pipelines qui s’étirent sur des centaines de km. La seule option est de payer ces groupes pour avoir la paix. De plus, 10% de la production se volatilise et une bonne partie du solde sert à faire fonctionner la corruption. Bonne ambiance dans le pays.

La production nigérienne est estimée à 1,84 million b/j en octobre, en forte progression. Le pays pourrait reprendre la première place du plus grand producteur d’Afrique.

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Europe

145’000 voitures électriques ont été vendues en 2015 soit le double de 2014 pour une part de marché de 1%. En 2016, la barre des 200’000 véhicules devrait être franchie.

Allemagne

VW va couper 30’000 emplois. Le constructeur automobile va également tenter de rattraper son retard dans le fabuleux monde de la voiture électrique en construisant une usine consacrée aux batteries et en engageant 9’000 techniciens. La batterie est à la voiture électrique ce que le moteur est à la voiture à essence.

On peut se demander si les techniciens qui ont développé les logiciels «diesel» vont pouvoir utiliser leur savoir-faire en travaillant sur un moyen de traficoter artificiellement l’autonomie des batteries qui devraient être commercialisées d’ici à 2020-2025.

Martin Schulz, Président du Parlement Européen, a démissionné pour tenter de remplacer Angela Merkel à la tête de l’Allemagne. Le sieur Schulz a connu son heure de gloire en soutenant la créativité  de Jean-Claude Junker, l’actuel Président de la Commission Européenne.
M. Junker, alors Ministre de l’Economie du Luxembourg, avait monté un système astucieux pour permettre l’optimalisation fiscale des sociétés internationales. C’est toujours plus rassurant de se savoir gouverné par des gens intègres.

Finlande

Le pays étudie la possibilité d’arrêter toutes ses centrales à charbon d’ici à 2030 afin de réduire les émissions de CO2. Le charbon produit le 7% de l’électricité du pays, contre 45% pour le renouvelable et 34% par le nucléaire. En sachant que 30-40% d’électricité est gaspillé, le défi semble facilement réalisable.

Angleterre

Officiellement la dernière centrale à charbon devrait s’arrêter en 2025. Cependant, pour des raisons économiques, la fin du charbon pourrait déjà intervenir en 2022.

 

Russie

La Banque Centrale Russe est moyennement optimiste sur les prix du baril. Elle le voit à moitié vide ou moitié plein en flirtant vers les 40$ mais ne chutant pas à 30$. Ca, c’était avant la diminution de la production envisagée pour l’OPEP. Le Père-Noël semble venir avant l’heure.

Le Président Poutine a averti la Chancelière Allemande Merkel que l’Ukraine n’achète plus de gaz à la Russie. L’Ukraine va pomper dans ses réserves de diesel surtout si l’hiver est rigoureux.

BP va investir 300 millions $ pour développer de nouveaux projets exploratoires avec Rosneft.

 

Kazakhstan

Le nouveau champ pétrolier de Kashagan produit 52’600 b/j. Pour être financièrement dans les cordes et rembourser les 55 milliards $ d’investissements, il faudrait 75’000 b/j.

2016_04_TTIP_RenardLes Amériques

USA Schiste

La production de pétrole de schiste a atteint 4,518 millions b/j en novembre (4,949 millions b/j en 2015).

La US Chamber’s Institute for 21st Century Energy pense que si le schiste devrait être interdit aux USA, 14,8 millions d’emplois passeraient à la trappe.

Un tremblement de terre d’une magnitude de 5.0 a secoué la ville de Cushing en Oklahoma. Bien que des nouvelles réglementations ont limité les stockages d’eau des forages de schiste dans les sous-sols, la terre n’arrête plus de trembler.

Wall Street semble de moins en moins impressionné par les discours des producteurs de schiste. Après l’annonce de deux bons trimestres, les entreprises ont beaucoup de peine à trouver des fonds.

Ca va nettement mieux du côté d’Occidental Petroleum. La compagnie annonce une perte de 241 millions $ au 3ème trimestre contre une perte de 2,61 milliards $ il y a une année.

Apache Corp a divisé en 2 sa production (270’000 b/J) et annonce une perte de 607 millions $ au 3ème trimestre.

Le point commun entre ces deux entreprises actives dans le schiste et qui perdent des millions?  Elles ont la Banque Nationale Suisse comme investisseur. Là aussi, c’est rassurant de savoir que nos finances sont dans des mains intègres.

 

Venezuela

A court de cash, le gouvernement aimerait couper de 40% ses exportations Petrocaribe. Ce programme, initié par Chavez en 2005, exporte le pétrole à un prix d’ami vers 17 pays d’Amérique Centrale. Les bénéficiaires paient en cash 5 à 50% de la valeur des marchés et le solde dans 25 ans avec un taux d’intérêt de 1%. (Pas convaincu que de remettre un payement qui ne peut pas être fait aujourd’hui à après-demain soit un concept gagnant).

Les entreprises américaines, qui commercent avec le pays, sont en train de passer les dettes dans des comptes «perdus sans espoir d’en revoir la couleur». Le gouvernement n’a plus les moyens de les payer. Les importations ont diminué de 45% durant les 8 premiers mois de l’année et la descente continue.

 

Canada

Justin Trudeau et la ministre de l’environnement, Catherine McKenna, ont proposé de mettre hors service d’ici à 2030, toutes les centrales à charbon du pays.

Justin Trudeau, toujours lui, a donné son accord pour la construction de deux pipelines pour transporter 1 million b/j  de pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers Vancouver et aux Wisconsin, USA. Le Kinder Morgan (6,8 milliards C$) se dirigera vers Vancouver et le Enbridge 4.8 milliards C$ ira aux USA.

Le premier ministre canadien se présente, à qui mieux mieux, comme le champion de la lutte contre le changement climatique, blah, blah, blah…  et de l’autre il encourage l’exploitation du pétrole le plus sale qui existe! Schizophrène ?

 

Panama

Les autorités du Canal de Panama ont lancé l’initiative «Environmental Premium Ranking, » afin de favoriser les cargos qui atteignent certains standards environnementaux. Ceux-ci pourront passer plus rapidement à travers le Canal.

 

Brésil

La compagnie nationale Petrobras va baisser les prix des carburants dans le pays. Il y a une année, elle avait augmenté les prix pour retrouver un peu de cash alors qu’elle était en grande difficulté et à deux doigts d’organiser les Jeux Olympiques.

Tiens une autre compagnie qui galère. Petroles Brasileiro SA a perdu 4,9 milliards $ durant le 3ème trimestre.

Shell va investir 10 milliards $ durant les 5 prochaines années pour tenter d’extraire du pétrole au large des côtes et en eau profonde.

 

Argentine

A part le foot, il y a une vie en Argentine. La preuve: le gouvernement projette 4 milliards $ d’investissements pour produire 1’280 MegaWatts avec les énergies propres dans 30 projets éoliens et solaires identifiés.

Plus tôt dans l’année, Buenos Aires avait proposé de garantir un prix de 67,5$ le baril pour les compagnies pétrolières. Arrière toute ! Vu que le baril ne monte plus et que l’initiative coûte un bras, le gouvernement a retiré cette option de la table.

Le gouvernement planifie 1,2 milliard $ pour la construction d’une ligne de chemin de fer afin de transporter le pétrole de schiste du gisement de la Vaca Muerta. La Vaca Muerta est une formation de pétrole et de gaz de schiste située dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza. On espère juste que ce gisement ne fasse pas pchitt comme en Pologne.

 

Cuba

Le Général Fidel Castro est décédé.

La compagnie nationale CUPET a mandaté Malbana Energy Ltd. d’Australie pour continuer les explorations de pétrole sur l’île.

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Moyen-Orient

Iran

Roulement de tambour : l’Iran est sur le point d’extraire 4 millions b/j. Il n’en manque que 80’000 pour faire le compte. Qui l’aurait cru il n’y a que quelques mois encore. +230’000 b/j en octobre !

Cependant, l’accord conclus avec l’OPEP demande à l’Iran de se contenter de 3,8 millions b/j. La hausse des prix devraient combler la baisse de production et pour autant que l’Iran limite effectivement sa production. Je parie mon sandwich que Téhéran va passer outre et atteindre ses 4 millions b/j. juste pour le fun et émoustiller l’Arabie Saoudite.

 

Koweït

Pour les 3 prochaines années, le pays va livrer du pétrole à l’Egypte. Dans une passe financière délicate, l’Egypte a vu chuter ses importations de pétrole (très) bon marché de l’Arabie Saoudite.

Avec la hausse des prix des carburants, les taxis égyptiens vont augmenter d’un tiers leurs tarifs.

Il a neigé en Arabie Saoudite

 

Asie

Les USA exportent 98% de light crude (pétrole léger). L’inde et la Chine raffinent 19 millions b/j et uniquement du pétrole lourd. Pas de chance.

Les entreprises d’électricité fonctionnent à plein régime dans la région avec des températures glaciales en Corée, Chine et Kazakhstan. Au début du mois, ce furent des températures très chaudes qui baignaient cette région. Les prix du gaz, de charbon et de diesel, qui servent à cette production, partent à la hausse.

 

Japon

Après Volkswagen, Daimler, General Motors et Jaguard Land Rover, c’est au tour de Toyota et Mazda de se lancer dans les voitures électriques. Ces deux derniers ont trainé les pieds pour se lancer dans ce segment.

Revirement de situation, les deux géants nippons vont construire des usines pour produire des batteries. Aucun des deux ne possède une technologie révolutionnaire et ils ne savent pas s’ils peuvent atteindre le seuil de rentabilité. Toyota s’était illustré dans la voiture hybride, mais le concept est en train de faire long feu.

Après des records de chaleur, il a neigé à Tokyo avec 40 jours d’avance sur la moyenne. La capitale japonaise, habituée à des températures hivernales froides mais pas glaciales, n’avait pas connu d’averses de neige à cette époque de l’année depuis 1962. Un peu comme en Arabie Saoudite.

 

Inde

Le pays à la plus forte croissance en besoin pétrolier au monde voudrait investir 15 milliards $ au Nigeria afin de rapatrier de l’or noir. De son côté, la raffinerie de Essar Oil Ltd a conclu un deal de 13 milliards $ pour du pétrole Vénézuélien. Tant le Venezuela que le Nigeria sont des pays imprévisibles au niveau pétrolier.

New Delhi a dû fermer ses écoles, chantiers, etc. à cause de la pollution et un niveau de 900 microgrammes de particules dans l’air (90 fois le taux limite).

Afin d’augmenter les ventes de son charbon de mauvaise qualité, le gouvernement va diminuer les frais de transports en abaissant le prix des carburants pour ce secteur. Avec la hausse des prix du charbon, l’Inde espère faire entrer de nouvelles devises.

 

Australie

Le groupe français ENGIE a finalement annoncé, jeudi 3 novembre, la fermeture de la centrale à charbon d’Hazelwood, dans le sud du pays. Celle-ci est souvent présentée comme la plus polluante d’Australie, et même l’une des plus sales du monde. La centrale, qui emploie 750 personnes et produit jusqu’à 5 % de l’électricité du pays, cessera de fonctionner le 31 mars 2017.

Le directeur d’Engie en Australie, Alex Keisser, a expliqué dans un communiqué que la centrale n’était plus viable économiquement. «Elle a contribué de manière formidable au marché électrique national, mais nous avons maintenant atteint le point où il n’est plus rentable de la faire fonctionner ». Il faudrait investir «plusieurs centaines de millions de dollars» pour qu’elle soit viable et sûre.

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Afrique

Maroc

A Ouarzazate, le pays est en train de construire la plus grande ferme solaire au monde. Elle sera financée en grande partie par l’Europe et aura une capacité de 160 MW.

 

Angola

En 20016, le pays est devenu le premier pays producteur de pétrole avec 1,7 million b/j devant le Nigeria à 1,5 million. Mais durant les derniers mois, le Nigeria reprend des forces pour repasser sur les 1,8 million b/j.

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Phrases du mois

It’s about 20C warmer than normal over most of the Arctic Ocean, along with cold anomalies of about the same magnitude over north-central Asia…. The extreme behavior of the Arctic in 2016 seems to be in no hurry to quit.
Jennifer Francis, Arctic specialist at Rutgers University

Des améliorations technologiques vont être nécessaires si l’on veut utiliser le gaz sur le long terme notamment pour diminuer les émissions de CO2 et de méthane que génère le gaz.   IEA

La demande pétrolière ne provient pas des voitures, mais des camions, de l’aviation et de l’industrie pétrochimique. Nous n’avons pas d’alternative au pétrole dans ces domaines. Je ne suis pas d’accord avec l’argument que seules les voitures électriques vont créer le peak oil de la demande, au moins pour le moment. Fatih Birol, CEO International Energy Agency (IEA)

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

COP22: Dix majors pétrolières proposent un mini fonds cleantech

(FILES) An Exxon sign is seen at a station in this September 20, 2008 file photo in Manassas, Virginia. US oil giant ExxonMobil on July 31, 2014 reported higher second-quarter profits despite pumping less oil and gas than it did a year ago. Exxon, the biggest US oil company and the second-largest US company in terms of market capitalization after Apple, said earnings came in at $8.8 billion, up 28 percent from the year-ago level. "ExxonMobil's financial results were achieved through strong operational performance and portfolio management," said chief executive Rex Tillerson. "We continue to enhance shareholder value by funding capital projects and delivering robust shareholder returns through dividends and share purchases." Results translated into earnings per share of $2.05, 19 cents above analyst forecasts.AFP PHOTO/Karen BLEIER/FILESKAREN BLEIER/AFP/Getty Images ** OUTS - ELSENT, FPG - OUTS * NM, PH, VA if sourced by CT, LA or MoD **Lors de la COP22 qui se déroule actuellement au Maroc: Shell Hollande, BP Angleterre, Total France, Eni Italie, Repsol Espagne, Statoil Norvège Saudi Aramco Arabie Saoudite, CNPC Chine, Pemex Mexico, Reliance Industries Indeand, les 10 majors pétrolières ont annoncé qu’elles allaient investir chacune 10 millions $ par année pour réduire leurs émissions de CO2 et de gaz à effet de serre.

Au total, un mini fonds de 1 milliard $ sur 10 ans sera créé pour investir dans les technologies cleantech au service des producteurs.


Ces technologies devraient permettre de réduire le torchage lors de l’extraction du gaz ou du pétrole, des fuites de méthane dans l’extraction de gaz ou à tenter de capturer le CO2. Elles permettront aux producteurs de répondre aux nouvelles législations, notamment aux USA, pour les forages de schiste.

En comparaison, sur cette même période de 10 ans, les majors vont investir plus de 1’000 milliards $ pour l’extraction ainsi que le transport du pétrole et du gaz. Ce chiffre est également à mettre en relation avec les 348 milliards investis dans les installations d’énergie renouvelables réalisées dans le monde en 2015.

Ce fonds cleantech représentera que le 0,1% de leurs investissements, mais il donne un signal envers les actionnaires qui sont de plus en plus sensibles aux questions climatiques.

Même si l’annonce des 10 majors, qui représentent le 30% de la production mondiale, est symbolique voir une simple opération de communication, on note que les américains en sont absents. ExxonMobil, Chevron ou ConocoPhillips ont refusé de se joindre à ce groupe, mais le vent pourrait tourner. On pourrait les voir lors de la COP23.

Il est aussi intéressant d’apprécier les différents points de vue sur le futur de l’industrie pétrolière. Shell penche vers un peak oil de la demande d’ici à 5-10 ans car selon elle, les grands pays consommateurs ont déjà sensiblement réduit leur consommation. La demande devrait atteindre un plateau à 100 millions de barils/jour.

Du côté américain, ExxonMobil voit une augmentation de la demande de 20% d’ici à 2040.

Deux points de vue bien différents qui vont offrir des stratégies intéressantes pour l’avenir.