Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Avril 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Pétrole: Rester sous les 100$ pour ne pas détruire l’Economie mondiale
– Arabie Saoudite: 33.8 milliards $ de bénéfices en 6 mois pour Saudi Aramco
– Chine: 9’500 nouveaux bus électriques mis en service tous les mois
– Irak: Le pays a doublé ses réserves pétrolières et devient No1 mondial
– France: EDF a perdu 1 million de clients en une année
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ dans l’énergie solaire
– Venezuela: 25’000 employés ont quitté la compagnie pétrolière nationale
– Libye: De fortes craintes sur la production pétrolière de 1 million de barils/jour.


 

Les T-shirts “Le baril à 80$, j’y étais” sont en train d’être imprimés au cas où le pétrole garde sa forme olympique. A Londres, il grimpe à 75.17$ (70.27$ fin mars) et à 68.57$ à New York (64.94$ fin mars).

L’uranium n’est plus que l’ombre de lui-même. Plus personne ne le regarde ou lui envoie une carte pour son anniversaire. En pleine dépression, il dort à 20.85$ (21.10$ fin mars).

 

Graphique du mois
Facteurs déclencheurs de la crise de 2008 vs situation actuelle

 

OPEP: Pétrole

L’Arabie Saoudite collabore avec la Russie (qui n’est pas membre du cartel) pour tenter de maîtriser les prix du baril sur une période de 10 ans. L’objectif est de le maintenir dans une fourchette de 80 à 100$. Juste assez pour remplir les caisses des pays producteurs et pas assez pour détruire l’Economie.

Dès 2020, un peak de production pourrait défier cet objectif. Ce rapprochement serait une première pour Moscou qui a toujours voulu garder son indépendance.

Avec 50 millions barils/jour (b/j), le poids de l’alliance pèserait 50% de la production mondiale ce qui pourrait crisper les importateurs comme les USA, la Chine et l’Europe. Donald Trump s’est d’ailleurs fendu d’un tweet sur le sujet.

Depuis janvier 2017, le surplus des réserves pétrolières mondiales est passé de 332 à 12 millions de barils!

 

 

Gaz

L’International Maritime Organisation tente de réduire de 50% d’ici à 2050 l’utilisation de pétrole lourd pour les transports maritimes. Initialement prévu à 70% l’Arabie Saoudite, les USA et l’Argentine ont fait pression pour diminuer les ambitions de l’organisation.

Le gaz naturel a été perçu pour remplacer le pétrole brut lourd (déchets de raffinage) utilisé traditionnellement par les bateaux/tankers. Fausse bonne idée, même le pétrole lourd, voir le charbon, est moins dangereux pour le climat que l’utilisation du gaz naturel. Causes: les émanations de méthane lors de l’extraction du gaz et lors de son utilisation. Lire l’étude de la commission européenne.

 

Dessin Chappatte

 

Les Acteurs Clés

Russie

Moscou exerce un lobby tout aussi féroce que les USA et Bruxelles sur le gouvernement Danois afin d’obtenir (ou pas) l’autorisation de construire du gazoduc Nord Stream 2 qui reliera l’Allemagne et la Russie. Le projet de 11,7 milliards $ crispe. De leur côté, les américains militent pour la livraison de gaz de schiste en Europe afin de diminuer la part de marché du gaz russe en Europe.

L’IEA pense que la Russie va atteindre son peak oil dans les 3 années à venir. En 2017, Moscou a extrait 11,2 millions b/j, au plus haut depuis 29 ans. En 2021, elle devrait atteindre son pic à 11,7 millions.

Toujours selon l’Agence Internationale de l’Energie, en 2035, la Russie produira 6 millions b/j de quoi satisfaire sa consommation interne sans pouvoir exporter. En même temps, cela fait 10 ans que l’on annonce que la Russie va peaker et les gisements de schiste n’ont pas encore été exploités.

 

USA

L’administration Trump s’est fortement investie dans la promotion de nouveaux champs pétroliers offshores (en mer). Malgré les appels aux majors pétrolières, seul 1% des lots mis aux enchères ont trouvé preneur. Les coûts d’investissements et le risque de marée noire refroidissent les potentiels acquéreurs.

En moyenne en 2018, les foyers américains vont dépenser 400$ de plus pour acheter leur essence. En contraste, la classe moyenne bénéficie d’une ristourne de 930$ de déductions fiscales votées en fin d’année 2017. Le prix moyen de l’essence est de 3$ le gallon (3,7 lt) contre 1,75 en février 2016.

Citi et Wells Fargo ont trouvé un nouveau moyen de refaire du «subprime» via des prêts à des sociétés «non-financières». Ce concept avait créé la crise de 2008. Imaginer que les «grosses banques» s’y remettent, ça fait froid dans le dos. Remettre une couche dans le «subprime», c’est un peu comme retourner dans le réacteur de la centrale de Fukushima en maillot de bain pour voir «si tout se passe bien.»

L’organisation environnementale EDF, Environmental Defense Fund va lancer un satellite capable de mesurer les émissions et les fuites de méthane reliées aux forages gaziers et pétroliers.

L’administration Trump a décidé d’assouplir les normes de pollution pour les voitures particulières. Les consommateurs américains ont recommencé à racheter des véhicules plus gros et plus polluants. Les SUV et les «pickup» représentent désormais plus de 60% du marché.

Momentum Dynamics a développé un système de recharge sans fil pour bus BYD K9S. La recharge, par induction, s’effectue en 5 minutes et peut également recharger les voitures électriques. Ce système remplace les bornes de recharge avec prises. Sympa.

L’énergie éolienne a représenté 6,3% de la production américaine. Pour les Etats de l’Iowa, le Kansas, l’Oklahoma et le Dakota du Sud, l’éolien a représenté le 30% de leur consommation.

Le raffineur Marathon Petroleum rachète son rival Andeavor pour la modique somme de 36 milliards $. La nouvelle entité pourra raffiner 3 millions b/j, soit le 15% des capacités du pays et devient le No1 aux USA.

 

Recharge par induction: Momentum Dynamics

 

Arabie Saoudite

Le Prince héritier bin Salman est de retour au pays après 3 semaines passées aux USA, en France et en Angleterre pour assurer le service après-vente de son projet de réformes. La “Vision 2030” du pays exige 500 milliards $ d’investissements et le Royaume recherche des investisseurs étrangers. Une certaine dose d’audace est nécessaire pour investir dans un pays qui se dirige vers le peak oil, qui manque cruellement d’eau et qui devient invivable à cause du réchauffement climatique.

L’IPO de Saudi Aramco pourrait se faire dès septembre 2018 selon Armin Nasser son CEO. A la question, quels dividendes seront versés aux investisseurs? Le Ministre de l’Energie al-Falih s’est fendu d’un laconique: «on verra ça en temps voulu». L’IPO pourrait se faire à New York ou Londres même si aux USA des menaces de poursuites face aux attaques du 11 septembre 2001 sont sur la table.

Bloomberg pense que Saudi aurait gagné 33.8 milliards $ durant les 6 premiers mois de 2017. Si cette information est vraie, la major serait la plus profitable au monde et engrangerait plus de profit que Exxon, Shell, Chevron, Total et BP réunis.

Toujours selon Bloomberg, les coûts d’extraction du pétrole de Saudi Aramco avoisinent les 4$ le baril. Shell et Exxon tournent à 20$ le baril. Le schiste américain à plus de 60$.

L’Arabie Saoudite a lancé une campagne de communication qui a pour but de rassurer les importateurs de pétrole. Le Royaume annonce pouvoir maitriser les prix du baril entre 80 et 100$. Au-delà, l’Economie mondiale pourrait entrer en récession et/ou reproduire le schéma de 2008.

Le fond souverain du pays et la banque japonaise SoftBank ont annoncé le lancement du plus grand projet solaire au monde. Cette année, SoftBank Vision Fund sortira de sa poche 1 milliard $ sur les 200 milliards $ prévus d’ici à 2030 pour produire 200 Gigawatts soit bien plus que la consommation du pays.

Afin de construire, la nouvelle ville Neom voulue par le Prince héritier, l’Arabie Saoudite a acheté les terres du Sinaï à l’Egypte pour 10 milliards $. En manque de cash, le Président Abdel Fattah el-Sisi a également lâché deux îles de la Mer Rouge: Tiran et Sanafir.

 

Chine

La Chine a instauré une bourse pétrolière basée sur le Yuan. L’indice de Shanghai pourrait apporter un avantage financier à la Chine dont l’importation dans sa monnaie. Le Yuan pourrait obtenir une reconnaissance internationale par rapport à la monnaie de Trump d’autant que le pétrole brasse 14’000 milliards $ par année.

Au premier trimestre la croissance chinoise fut de 6,8% (objectif the 6,5%) alors que le gouvernement a pris des mesures pour combattre la bulle immobilière.

Avec 385’000 bus électriques, le parc chinois détient le 99% du parc mondial. Chaque mois 9’500 bus de plus sont mis en service notamment par le constructeur BYD.  Les 275’000 barils/jour de pétrole économisé commencent à heurter l’industrie pétrolière.

La Chine pourrait ajouter 700 forages de gaz de schiste d’ici à 2020 sur 3 gisements opérés par PetroChina et Sinopec. Pékin a l’objectif d’extraire 30 milliards m3 d’ici à 2020 pour remplacer le charbon. Le charbon est plus polluant pour l’air alors que le gaz est plus dangereux pour le réchauffement climatique. Quand il faut choisir entre deux poisons.

L’énergie éolienne a atteint 163,7 GW soit le 10% de la production nationale. Certaines régions comme dans la province du Shaanxi est capable de fournir bien plus d’éolien mais l’infrastructure électrique n’arrive pas à suivre.

 

Dessin: l’Excellent Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

Le 12 mai, Donald Trump pourrait revisiter les sanctions contre l’Iran. Alors que les prix du baril augmentent, cette décision pourrait pousser le baril encore plus haut. Donal Trump n’est pas sans savoir que les automobilistes cherchent toujours un coupable pour justifier une hausse de l’essence. Comme les élections de mi-mandat arrivent à l’automne, le maître du Monde a certainement ce paramètre en tête. Pour s’émanciper de la hausse, il a envoyé un tweet accusant l’OPEP.

Si le baril devait remonter sur les 100$, les risques de récession pourraient mettre à mal les ambitions économiques de Trump.

La Russie et l’Iran ont démarré un programme de troc: “pétrole/marchandises” afin d’éviter les transactions en dollar américain. Moscou recevra 100’000 barils/jour en échange de marchandises et des produits agricoles russes.

 

Irak

Selon le ministre du pétrole al-Luaibi, les réserves du pays sont plus élevées que les estimations de 153 milliards de barils. En fait, le brave homme a doublé et passé les réserves à 310 milliards de barils. Avec cette règle de trois, l’Irak prend le leadership mondial devant le Venezuela à 300 milliards et l’Arabie avec 260 milliards de barils. Tous ces chiffres sont à prendre avec des pincettes et un certain scepticisme.

L’objectif du pays est d’augmenter sa production pétrolière de 5 à 6,5 millions b/j d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, le pays va devoir pomper d’importantes quantités d’eau de la mer et la dessaler afin de l’injecter dans les forages. Une usine est en train d’être construite. Sa mise en service est prévue en 2022.

Europe

La part de marché des ventes de voitures diesel est descendue à 39% en février (46% en 2017).

France

Comme Shell, le pétrolier Total continue sa transition de pétrolier à électricien. Le géant a acheté 75% de Direct Energie pour 1,4 milliards €. Direct Energie livre de l’électricité aux particuliers. Sur ce marché, Total se retrouve en 3ème position après Engie et EDF dans la livraison de gaz et d’électricité avec 3,1 millions de clients.

En 2016, Total avait déjà acheté le Belge Lampiris avec 6 millions de clients en France et 1 million en Belgique.

De son côté Engie compte 4 millions de clients et EDF 25.6. En 2017, EDF a perdu plus de 1 million de clients.

Engie et EDF importent de plus en plus de gaz de schiste américain. Ce comportement amène la question : est-ce que les citoyens veulent vraiment du gaz aussi sale ?

Le PDG de Direct Energie (donc Total) Xavier Caïtucoli, a annoncé: “le compteur électrique Linky, ce n’est pas Facebook!” On ne voudrait pas mettre sa parole en doute, mais côté transparence, ça reste opaque. Avec la nouvelle loi DGPR sur la protection des données, l’entreprise devra demander l’autorisation à ses usagers pour les traquer et de passer à une prise de données toutes les 30 minutes.

Plus de sept millions de ces compteurs numériques ont déjà été installés en France, mais ils sont contestés dans environ 300 villes et communes.

Emmanuel Macron et Donald Trump ont planté un chêne dans le jardin de la Maison-Blanche pour afficher l’amitié entre les deux rois du marketing. Cinq jours plus tard, le chêne a déjà été retiré de la pelouse de la Maison Blanche.

 

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Hollande

Sous la pression de l’association Friends of the Earth, Shell a publié sa “Transition Energétique” et explique comment elle va réduire ses émissions de carbone. Shell désire s’insérer dans l’électricité générée de manière renouvelable.

Le rapport arrive alors que Friends of the Earth avait menacé légalement la major pétrolière avant son assemblée générale.

 

Allemagne

Berlin demande à ses constructeurs automobiles d’effectuer une rapide transition vers la voiture électrique et les batteries afin de sauvegarder les emplois dans le pays. L’Allemagne a produit 16,5 millions de voitures en 2017 avec 825’000 travailleurs. Les constructeurs devraient mettre 50 milliards $ sur la table pour développer leurs voitures électriques.

Herbert Diess a remplacé Matthias Müller au poste de président de Volkswagen. Matthias Müller a eu droit à une augmentation de 40% de son salaire à 10 millions €. Le mois dernier, il avait prédit un grand retour du Diesel. Quant à Herbert Diess, il s’est régulièrement heurté aux syndicats. On peut imaginer que l’ambiance au sein de la multinationale va être intéressante.

 

Norvège

Les norvégiens de InterWell ont réussi à trouver un moyen pour condamner définitivement un puits pétrolier ou gazier. L’injection de Thermite, un mélange d’aluminium métallique et d’oxyde de fer, permet de brûler et de faire fondre à 3000 degrés les tuyaux ainsi que les roches alentours en créant un magma artificiel. Ce système permet de stopper les émanations de méthane dans les puits abandonnés.

 

Suisse

Vous n’allez jamais le croire. Le Département fédéral de l’énergie Suisse a revu à la hausse les coûts de désaffectation des centrales nucléaires et de gestion des déchets radioactifs. La douloureuse devrait se monter à 24,581 milliards $, soit 1,097 milliard $ de plus que l’estimation de décembre dernier et le double d’il y a quelques années. Certains parlent d’une facture à 40 milliards. Qu’importe le montant final, nos enfants s’en chargeront.

La Banque Nationale Suisse annonce une perte de 6,5 milliards francs. Coïncidence, la BNS a justement perdu 7 milliards $ dans ses investissements dans le pétrole et gaz de schiste aux USA. L’institution, qui fait preuve d’autant de transparence et d’ouverture que le KGB, aurait déclaré «c’est injuste, c’est vraiment trop injuste

 

Déclaration du Président de la Banque Nationale Suisse sur les pertes de 6,5 milliards francs

 

Les Amériques

Venezuela

La production pétrolière plonge à 1,6 millions b/j (2,4 en 2015). Selon Reuters, les employés quittent massivement l’entreprise nationale pétrolière PDVSA sous le contrôle du Général Manuel Quevedo. A son arrivée, le Général a licencié une grande quantité d’employés et les a remplacés par des militaires. Sur les 146’000 employés, 25’000 sont partis depuis janvier 2017. Si PDVSA devrait s’écrouler, le prix du baril pourrait secouer l’Economie mondiale.

L’inflation atteint les 13’000% et l’Economie a chuté de 15%.

Le pays doit honorer une dette de 8 milliards $ cette année et un défaut n’est pas exclu.

Le Venezuela est l’un des plus grands exportateurs de pétrole vers Washington et livre 41% sa production. Ce chiffre est en baisse alors que les USA préfèrent le Mexique et le Canada. Les raffineries US apprécient le brut très lourd de Caracas et d’éventuelles sanctions de Trump pourraient mettre à mal des unités de raffinage.

Le Président Nicolas Maduro espérait rembourser 3,15 milliards $ de dettes à la Russie via sa nouvelle crypto monnaie. Evidemment, Moscou a décliné l’offre.

 

Chili

Le gouvernement chilien étudie la possibilité d’interdire la vente de 32% du plus grand producteur national de lithium SQM au chinois Tianqi Lithium. Le montant de la transaction est  estimée à 5 milliards $. Le lithium est un composant essentiel pour les batteries de voitures électriques.

Le Président Sebastián Piñera fait face à une pression et aux menaces chinoise. Si Tianqi arrive à exécuter cette transaction, il détiendra une place dominante sur le marché mondial. Tianqui possède déjà la mine de Talison Lithium en Australie. La décision pourrait intervenir en août.

 

Argentine

Le président Mauricio Macri, l’ami des multinationales, propose d’étendre la prospection pétrolière et gazière en Patagonie.

Omar Gutierrez , gouverneur de la province de Neuquen, estime qu’il faut maintenant lever les règles sur l’extraction de schiste dans la formation de la Vaca Muerte. L’extraction est actuellement deux fois moins chère et représente le 22% de la production nationale.

 

Dessin Chappatte

 

Asie

Corée du Nord et du Sud

Les leaders des deux pays se sont rencontrés lors d’une rencontre… historique.

La Russie a proposé de construire un gazoduc pour relier la Corée du Sud via la Corée du Nord.

Les syndicats de Hyundai Motor préviennent que 70% des employés pourraient perdre leurs emplois à cause de l’arrivée des voitures électriques. Ces véhicules ne nécessitent pas de boites de vitesses et de moteurs compliqués.

 

Afrique

Libye

L’homme fort du pays, le Général Khalifa Hifter, 75 ans, a été emmené en France pour se faire soigner d’une possible attaque.

Les efforts du général pour maintenir la production pétrolière du pays ont été essentiels. Aidé par les forces militaires, la Libye est passée de 300’000 à 1 million b/j. depuis la chute de Kadhafi. Si Hifter ne devait pas retourner au pays, on peut imaginer que les fractions rivales redeviennent rivales.

Les amabilités n’ont d’ailleurs pas tardé. A al Waha, un pipeline a explosé perdant 100’000 b/j. Il reste à espérer que le chaos ne reviendra pas dans tout le pays.

 

Algérie

L’italien ENI a signé une série d’accords pour développer l’exploitation gazière dans le pays. L’Algérie est le 10 ème plus grand producteur de gaz mondial et le 3ème fournisseur pour l’Europe.

Anadarko, Total, et Statoil sont également dans les parages, mais la bureaucratie et l’inertie du pays réfrènent les ardeurs des pétroliers et gaziers.

 

Nigeria

La production du pays plafonne à 2,022 millions b/j au lieu des 2,3 du budget. Alors que le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole, il est le plus grand importateur d’essence.

 

Phrases du Mois

We are working to shift from a year-to-year agreement to a 10 to 20-year agreement. We have agreement on the big picture with Russia, but not yet on the detail.” Mohamed bin Salman, prince Héritier de l’Arabie Saoudite.

« Les USA présente une solide candidature pour la Coupe du Monde de Football en 2026 avec le Canada et le Mexique. Ce serait une honte si les pays que nous  avons toujours financièrement aidés feraient du lobby contre la candidature américaine. Pourquoi devrions-nous supporter ces pays, s’ils ne nous supportent pas (inclus les Nations Unies). » Donald Trump

The military guys arrive calling the engineers thieves and saboteurs,” un cadre vénézuélien de PDVSA.

Le pessimisme de l’intelligence face à l’optimisme de la volonté. Au point de vue purement intellectuel, ce n’est pas facile d’être optimiste, mais nous avons besoin d’être optimiste.”  Antonio Gramsci.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Le Pétrole de schiste Américain nous sauvera-t-il?

La puissance d’un pays est souvent mesurée par sa capacité à générer de l’énergie. Le Gouvernement Obama (photo) avait pris à la lettre ce principe en portant à bout de bras le pétrole de schiste. Donald Trump a dignement repris le flambeau.

Depuis 2009, l’industrie de schiste a perdu des centaines de milliards $. En faisant miroiter une abondance à venir Washington et Wall Street ont réussi le tour de force à faire supporter les pertes par les banques et les investisseurs souvent étrangers.

Corolaire de cette communication, le monde a fini par croire que le schiste allait apporter une réponse définitive à nos besoins pétroliers. Qu’en est-il ?


Une demande qui arrive à 100 millions de barils par jour (b/j)

La demande pétrolière mondiale est en passe de toucher les 100 millions de barils/jour (16 milliards de litres par jour ou 5’000 piscines olympiques).

Depuis 2014, la chute des investissements d’exploration a poussé les découvertes à un plus bas jamais vu depuis 70 ans. Les pétroliers s’inquiètent de leurs capacités à satisfaire les marchés d’ici à 2020.

Si l’OPEP et la Russie semblent encore avoir une certaine marge de progression, pour 2018 et 2019, la quasi-totalité de l’augmentation de la production pétrolière hors-OPEP repose sur les USA. A eux seuls, les gisements de schiste du Bassin Permien devraient garantir les 70% de la hausse américaine.

Découvertes pétrolières depuis 1952.
Les trois moins bonnes années: 2014-15-16
Source: Bloomberg

 

Le pétrole de schiste du Bassin Permien

Aux USA, la croissance pétrolière continue avec un niveau record de 808 forages, au plus haut depuis 2015.

Aujourd’hui, le pétrole de schiste représente le tiers des 10,4 millions b/j extrait dans le pays et son plus grand gisement, le Bassin Permien, contiendrait 35 milliards de barils.

C’est sur cette nouvelle mine d’or que tablent les pétroliers américains même si l’on ne connaît pas la quantité de pétrole qui pourra être effectivement extraite en tenant compte des considérations techniques et économiques.

Cette année, la production du Bassin Permien pourrait augmenter de 40% passant de 3,15 millions à 4 millions b/j. Cette course pousse les acteurs à exploiter les gisements les plus prometteurs et à vendre les terrains de seconde zone pour maintenir leur cash flow.

Voilà pour le tableau idyllique peint par l’industrie.

 

Certains signaux passent au rouge

Si le Bassin Permien n’arrive pas à concrétiser une progression mensuelle de 80’000 b/j, dès 2020 l’impact se fera sentir sur les marchés.

Dans les indicateurs, un ratio est à regarder de très près. Alors que les champs de pétrole conventionnel (Arabie, Russie) ont une durée de vie qui se calcule en décennies, la production d’un forage de schiste se limite entre 1 et 3 ans.

A l’image d’une bouteille de champagne bien secouée, la capacité d’un forage peut diminuer de 60% dès le premier mois. Dans le Bassin Permien, cette déplétion se monte aujourd’hui à 75%. Il y a une année, ce taux était encore de 62%.

L’EIA projette qu’en avril, la déplétion du Bassin Permien atteindra 195’000 barils/jour. Elle sera compensée par l’arrivée de nouveaux gisements à hauteur de 275’000 b/j.  (+80’000). En comparaison, dans le Dakota du Nord, la déplétion mensuelle est de 59% soit une perte de 59’000 b/j compensée par une nouvelle production de 72’000 soit un surplus de 12’000 b/j.

La raison de cette chute brutale du Bassin Permien pourrait s’expliquer par la proximité des forages qui cannibalisent le même pétrole.

Autre signe d’inquiétude, l’augmentation de la quantité de gaz dans le pétrole. Quand le pétrole est extrait, la pression dans le réservoir diminue et le gaz contenu dans le pétrole se sépare et fini par remonter. Dans le bassin Permien, la production de gaz est cinq fois plus importante que dans le Bakken alors que sa production n’est que de 3 fois supérieure.

Finalement, alors que les exploitants se sont focalisés sur les gisements les plus prolixes, l’année à venir va pouvoir déterminer si les puits moins prometteurs pourront augmenter ou maintenir la production américaine.

C’est à ce jeu du chat et la souris que joue le schiste US et sur lequel nous planifions notre avenir.

 

Réactions de Donald Trump

La Maison Blanche tente bien d’anticiper le plafonnement ou l’effondrement du schiste en ouvrant les côtes américaines aux forages en haute mer, plus onéreux mais plus consistants sur la durée. Depuis cette annonce, peu d’acteurs ont marqué un intérêt. La catastrophe DeepWater Horizon et les 60 milliards $ déboursés par BP fonctionne toujours comme une piqure de rappel pour les pétroliers téméraires.

Jusqu’à la fin de son premier mandat, est que le schiste suffira à maintenir le statu de “dominance énergétique” voulu par le président Trump? Il est trop tôt pour y répondre.

Ces signaux devraient également nous interpeler. Mais comme le souligne le directeur de l’IEA, International Energy Agency, Fatih Birol, le monde n’arrive pas à diminuer sa dépendance aux énergies fossiles. Dans les années 80, la consommation énergétique provenait à 83% des énergies fossiles. Nous en sommes à 81% aujourd’hui.

Nous pourrions bientôt voir radicalement évoluer ces indicateurs.

Paradoxalement, c’est justement à cause du manque d’énergie à empoigner de ce problème, qui nous conduira au manque d’énergie.

Pour l’instant, tous nos oeufs sont dans le même panier. Les années à venir souligneront ou pas la justesse de cette stratégie.

 

Sources: IEA (agence internationale de l’énegie), EIA (agence américaine de l’énergie), Bloomberg, Financial Times, Tom Whipple, David Hughes ASPO-USA

 

Energies, Economie, Pétrole: La Revue Mondiale Mars 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie. Même si elle est publiée le 1er avril, il n’y a aucun poisson!
– Allemagne: FlexiBus passe aux bus électriques “longue distance”
– Pétrole: La demande grimpe à 98,6 millions barils/jour
– USA: Tesla entre en zone de turbulences financières
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman recherche des fonds aux USA
– Norvège: Le pétrolier Statoil change de nom pour devenir vert
– Irak: 30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait
– Russie: ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique
– Suisse: Le français Bouygues Construction s’offre le Suisse Alpiq Intech


 

Les casquettes “Le baril à 70$, J’y étais” fleurissent dans les salles de trading. Il tient la forme à Londres où il plane à 70.27$  (66.63$ fin février) et à 64.94$ à New York (63.01$ fin février).

L’uranium profite de l’hiver pour piquer un roupillon. Il ne fait plus rien depuis des mois. On le retrouve à 21.10$ (21.75$ fin février).

 

Graphique du mois
Découvertes de pétrole depuis 1952

en milliards de barils
Les 3 dernières années sont les plus basses depuis 1952. Source : Bloomberg

 

Pétrole / Gaz

Les membres du cartel de l’OPEP estiment que la demande pétrolière devrait augmenter de 1,6 millions de barils par jour à 98,6 millions pour 2018. La grande partie de cette hausse provient de la Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine. Le cartel estime que la production américaine pourrait couvrir intégralement cette hausse.

Dans le monde en 2017, la demande pétrolière s’est accrue de 2,1% selon l’International Energy Agency, soit deux fois plus rapidement qu’en 2016. C’est le double de la moyenne des dix dernières années.

Le gaz, pas si naturel que ça. Les quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2, relâchées lors de l’extraction et le transport du gaz naturel dépassent celles du permafrost en Arctique. La stratégie chinoise de “tout au gaz” pourrait s’avérer cruelle pour le climat et bien plus dangereuse que celle du «tout au charbon».

 

Planète

Nous devrions construire 1’100 MW/annuel d’infrastructures renouvelables pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés. La Carnegie Institution l’estime actuellement à 151 MW/an.

La production énergétique combinée du solaire, éolien, géothermie, marée, hydro représente le 4% de la production mondiale.

Tu es le meilleur et le plus gentil des enfants. Je me souviendrai toujours de toi. Je l’aime…
Maman, je vais juste à l’école…
(Suite aux attaques armées aux USA)

 

USA

A lui seul, le Bassin Permien, est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation  (+80 000 barils) pétrolière américaine du mois de mars. Si le gisement pétrolier de schiste continu sur sa lancée, la production américaine pourrait augmenter de 1 million de barils durant 2018.

Pour la première fois depuis 1957, les USA ont exporté plus de gaz qu’ils en ont importé.

Pas de bol pour l’exploration pétrolière en Alaska. Les températures trop chaudes de cet hiver ont causé des soucis aux machines optimalisées pour des froids de canard. Résultat:  -15’000 barils/jour au gisement de North Slope.

Tesla Motor, le constructeur de voitures électriques est financièrement à la peine. Le malheur de Tesla est de combiner le meilleur vendeur de voitures au monde (Elon Musk), doublé du pire manufacturier. (voir graphique des ventes ci-dessous)

Big data : Une bataille des données secoue l’industrie pétrolière. Les foreurs collectent des données de plus en plus précieuses pour l’extraction et l’optimalisation pétrolière. Ils désirent revendre ces données aux exploitants. Ces derniers rétorquent que ces données leur appartiennent.

Le Président Trump a viré pratiquement tous ses collaborateurs de base afin de monter sa propre «dream team». L’impact sur les USA et le monde est à vérifier dans les mois à venir. Le taux d’opinion favorable de Donald Trump remonte à 42%, au plus haut depuis 11 mois.

Les USA sont le seul pays au monde qui permet à un individu d’être propriétaire des matières premières situées dans le sous-sol. La National Association of Royalty Owners estime que 12 millions d’Américains reçoivent des royalties d’exploitation de pétrole, de gaz et d’autres minéraux.

La consommation américaine d’essence et de diesel est restée super stable en 2017 à 9,317 millions de barils par jour.

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Malgré une économie robuste, la demande d’électricité a diminué de 2,1 % l’année dernière. Il est vrai que les Américains ont une énorme marge de progression quant à l’efficience énergétique.

L’Etat de Pennsylvanie veut faire cesser la faillite de Philadelphia Energy Solutions. Ce propriétaire de raffineries doit plus de 3,8 milliards $ de taxes à l’État, alors qu’il n’a que 43 millions en cash.

La Californie va interdire la construction de nouvelles centrales électriques à gaz. En cause les émanations de méthane.

Evolution des ventes de voitures Tesla
Source: Statista 2018

Russie

Les relations entre l’Europe et Moscou continuent de se détériorer suite à la tentative d’assassinat d’un ancien espion soviétique vivant à Londres. Mais même si devant les caméras, les leaders européens hérissent les poils, en coulisse ils se félicitent de la réélection de Vladimir Poutine. En effet, la dépendance énergétique de l’Europe ne peut s’accommoder d’une disruption russe des livraisons de gaz et de pétrole.

Moscou est en train de construire 2 nouveaux gazoducs en direction d’une Europe toujours plus gourmande et dépendante du gaz russe.

ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique. La production de pétrole conventionnel en Russie augmente lentement mais ses champs s’épuisent. Pour le plus grand producteur de pétrole mondial, l’Arctique est nécessaire pour maintenir sa position et ses exportations. Actuellement, la Russie ne semble pas posséder les technologies de forage spécifiques à l’Arctique.

 

Arabie Saoudite

Le Prince Mohammed bin Salman (MbS), a réalisé une course d’école de 3 semaines aux USA notamment à New York, Washington, Boston, Houston, San Francisco et Seattle. L’objectif fut de lever des fonds pour financer ses projets pharaoniques de 500 milliards $. Avant d’arriver aux USA, le prince héritier est passé par Londres pour jauger l’intérêt des anglais pour l’IPO de Saudi Aramco.

Le Prince héritier a également parlé avec Donald Trump de l’opportunité d’acquérir l’arme atomique, histoire de mettre un peu d’ambiance au Moyen-Orient. Dans l’attente, il a passé une commande de 12,5 milliards $ d’armes militaires.

Le Royaume va garder ses exportations pétrolières en-dessous de 7 millions b/j en avril afin de soutenir les prix sur les marchés. La production totale reste sous les 10 millions b/j.

La compagnie pétrolière nationale Aramco va certainement attendre pour effectuer son IPO et entrer à la bourse de New York ou de Londres. Le concept de base espérait lever 200 milliards $, mais l’empressement des investisseurs ne s’est pas vérifié. Riyad valorise l’entreprise à 2’000 milliards $ alors qu’aucun rapport financier sérieux n’a jamais été rendu public.

Shell et l’Arabie Saoudite se rapprochent au niveau mondial pour des projets gaziers. L’Arabie Saoudite aimerait jouer un rôle plus important dans l’industrie gazière. Riyad voudrait remplacer le pétrole par du gaz notamment pour sa production électrique.

12,5 milliards d’investissements militaires américains de l’Arabie Saoudite
Prince bin Salman et Trump

Asie

Chine

Les actifs pétroliers à l’étranger, détenus par des entreprises chinoises, dépassent la production pétrolière interne. Cependant, une partie de la production étrangère n’est pas rapatriée en Chine mais est revendue sur les marchés internationaux. L’IEA estime que la production de pétrole chinois couvre les 30% de sa demande interne. D’ici à 2023, ce chiffre descendra à 25%.

En imposant à des millions de ménages de passer du charbon au gaz pour se chauffer, la Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz au monde.

Les USA pourraient être bien positionnés pour écouler leurs stocks excédentaires de gaz de schiste mais cela pourrait dépendre des facéties de Trump ainsi que la capacité pour l’industrie de schiste américaine à maintenir la production sur le long terme.

Le Vietnam a subi la pression de la Chine afin d’arrêter son deuxième forage pétrolier dans le sud de la Mer de Chine.  La Chine revendique le pétrole qui se trouve dans cette région. Les pressions économiques sont trop fortes pour le petit pays.

Le parlement a modifié la Constitution pour permettre au chef de l’Etat, Xi Jinping, de garder son poste à vie.

Votre voiture en 3D! XEV, une startup italienne et le chinois Polymaker spécialisé dans l’impression 3D, ont mis au point une voiture imprimée en 3D. Quelques composants sont néanmoins fabriqués avec des méthodes traditionnelles: le châssis, les vitres et les pneus. La LSEV (Low Speed Electric Vehicle) de deux places coûtera moins de 7’500$. Trois jours de travail sont nécessaires pour fabriquer et monter les pièces. Pour l’instant, elle n’a pas passé les crash tests.

 

Japon

Ce 11 mars 2018, 7 bougies ont été soufflées sur le gâteau de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon. Le démantèlement estimé à 620 milliards$, qui devrait durer 40 ans, suit son bonhomme de chemin.

 

Une voiture imprimée en 3D

 

Europe

Norvège

L’entreprise pétrolière nationale Statoil va changer son nom. L’entité va s’appeler Equinor. Ce changement de nom a pour objectif de donner une image verte claire à ce géant pétrolier dont le vert est très foncé. On sent déjà que la planète va mieux.

Ce changement est une excellente nouvelle pour le vétérinaire qui possède le site Equinor.no . Il semble en bonne position pour monnayer son site auprès de la multinationale.
Un tuyau pour les élèves de marketing de 1er année qui lisent cette rubrique. Quand vous choisissez une nouvelle marque, il est toujours de bon ton de faire quelques recherches sur la disponibilité des noms sur la grande toile.

La Finlande, le Danemark, la Norvège et la Suède possèdent le 8% des voitures électriques à travers le monde. La Norvège, l’Islande et la Suède ont le ratio «voitures électriques/nombre habitants» le plus élevé. De 250’000 voitures électriques aujourd’hui, la projection est de 4 millions en 2030.

 

Angleterre

Selon BP depuis 2010, les coûts de production d’électricité éolienne a diminué de 23 % et le solaire de 73 %.

Selon les standards de la firme anglaise, ces deux énergies sont complètement concurrentielles face aux énergies fossiles. Les coûts de la production éolienne diminuent notamment grâce à l’allongement des pales et de la puissance totale des machines.

Le salaire de Bob Dudley, CEO de BP, a augmenté de 13% à 13,4 millions $ en 2017. Afin de partager et de copier les bonnes pratiques de l’industrie, je me suis empressé de partager cette nouvelle avec mon boss.  Je signe même pour la moitié.

 

France

Suite à la catastrophique visite du premier ministre canadien, Justin Trudeau, le président français Macron a nettement mieux su gérer sa campagne de promotion lors de sa visite en Inde.

Avec le Président Macron, ENGIE, le géant français, a inauguré à Mirzapur, Inde, une ferme solaire de 101 MW. Elle prétend également avoir signé pour plus de 608 MW de projets d’énergie solaire et éolienne dans ce pays. Cependant, il faut toujours se méfier d’annonces aussi gigantesques surtout quand elles sont signées avec l’Inde. En effet, la corruption, l’absence d’éthique et les pratiques locales dans les affaires font parfois capoter les projets même les plus ambitieux.

EDF claironne un investissement de 8 milliards € dans les énergies renouvelables d’ici à 2035. Une goutte d’eau pour faire face aux vrais besoins ou un montant suffisant? L’avenir le dira.

 

Allemagne

Le patron de Volkswagen, Mathias Müller, a reçu un bonus de 10 millions d’euros, + 40%. Au passage, il déclare que le diesel va «revenir». On notera toute la saveur de l’histoire. Non seulement il se prend 10 millions, juste après le pire scandale de l’histoire du diesel et dans la foulée il ajoute qu’il va continuer à nous gaver de particules fines. Il pourrait se reconvertir et finir CEO dans une banque, parce qu’en terme d’hypocrisie, c’est assez remarquable!

L’entreprise allemande de bus, Flixbus, investit dans la production de bus électriques en Chine auprès de Zhengzhou Yutong Bus Co ainsi que BYD. La première ligne de bus électriques pourrait être: Paris – Amiens en avril déjà.

Dessin Chappatte

 

Suisse

Pour 850 millions frs, Bouygues Construction a acheté au Suisse Alpiq: Alpiq Intech ainsi que l’Allemand Kraftanlagen. Le fleuron Alpiq Intech génère de juteux profits depuis des années. EDF actionnaire à 25% dans le capital action d’Alpiq a fortement influencé ce fructueux accord pour le français. On s’étonne également du prix excessivement bas de cette transaction alors qu’Alpiq Inteq a généré un profit de 221 millions frs en 2017.

Les résultats 2017 d’Alpiq sont excellents avec un bénéfice de 278 millions frs. et des fonds propres de 2,851 milliards. Après avoir passé les comptes dans la moulinette d’optimalisation fiscale et stratégique, Alpiq enregistre une perte magique de 84 millions frs! Ayons une pensée émue pour tous ceux qui paient des impôts.

En Suisse, la consommation électrique se compose à 55,9% d’hydraulique (53.4% en 2016), 16,9% de nucléaire (20.7), 5,9% de renouvelables (4.9) et 21.3% de charbon. Pour la bienséance, les statistiques ne parlent pas de charbon mais utilise la terminologie environnementalement plus neutre: «sources inconnues». Du côté de la production : 59% hydraulique, 33% nucléaire, 3% gaz, 5% renouvelables.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Les médias commencent à comprendre la différence entre le pétrole de schiste et le pétrole conventionnel. Trop léger, le schiste n’est pas le meilleur ami du diesel ou du kérosène dont le monde a besoin. Les raffineries américaines ne s’accommodent que difficilement de ce schiste et les places de stockage sont déjà pleines en attente de lui trouver une utilité. Morgan Stanley pense les producteurs vont devoir accepter un tarif bien plus bas pour cette mauvaise qualité de pétrole.

La Oklahoma Corporation Commission a créé un nouveau protocole de fracturation hydraulique après que 70 tremblements de terre, d’une magnitude minimale de 2,5, ont secoué l’Oklahoma en 2016. Les entreprises devront immédiatement suspendre leurs opérations 6h après un nouveau tremblement de terre.

Le bassin Permien produit également des quantités record de gaz de schiste, qui sont pour l’instant intransportable à cause du manque d’infrastructures. De plus, cette quantité de gaz s’ajoute à un marché saturé. Cette surproduction sonne le signal d’alarme de l’épuisement des gisements.

 

Venezuela

La production du brut est passée de 2,3 millions de barils/jour en janvier 2016, à 1,6 million aujourd’hui.

Avec le nouveau secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, la situation pourrait rapidement tourner au vinaigre avec le Venezuela. Ainsi, si les sanctions Trumpiennes devaient encore se greffer sur les problèmes du pays, l’impact sur la production pétrolière ne fera qu’accentuer le déclin.

Le nombre de forages actifs est passé de 70 en 2016 à 43 aujourd’hui. Le manque d’employés qualifiés, de pétrole capable de liquéfier le brut vénézuélien et le déclin des investissements précipitent cette chute.

 

Mexique

Le candidat de gauche à la course à la présidentielle, Andres Manuel López Obrador, désire geler les investissements d’entreprises privées dans le domaine pétrolier. Il propose également d’augmenter les capacités de raffinage indigène et de stopper les exportations de brut. Actuellement, le brut mexicain est expédié vers les États-Unis pour être raffiné, pour être ensuite réimporté sous forme de carburant.

Durant les trois dernières années, le montant des exportations pétrolières américaines vers le Mexique (diesel, essence, gaz) a dépassé la valeur du brut mexicain vendu aux USA.

Les menaces douanières proférées par Trump ont le mérite de faire éclore des idées autant au Canada qu’au Mexique.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient & Océanie

Iran

La production pétrolière du pays stagne à 3,85 millions b/j. selon l’IEA.

Le renvoi du Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, par le président Trump, cause des insomnies au gouvernement iranien, surtout que l’ancien CEO d’ExxonMobil a été remplacé par un va-en-guerre farouchement opposé à la Corée du Nord et l’Iran.

Trump ne cache pas son envie de casser l’accord nucléaire avec l’Iran, même si Téhéran respecte toutes les clauses. Dans son arsenal, les États-Unis pourraient mettre une pression sur les pays qui achètent le pétrole et le gaz iranien notamment la Chine et l’Inde.

Si Washington impose à nouveau des sanctions à l’Iran et au Venezuela, la baisse pétrolière pourrait se monter à 1 million de barils par jour d’ici à la fin de l’année.

De son côté, Téhéran s’autorisera à recommencer son programme nucléaire. Du coup, l’Arabie Saoudite, par son prince héritier Mohammed bin Salman, réclame elle aussi son joujou nucléaire.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, aimerait garder le prix du baril à 60$. A ce niveau les caisses de l’Etat se remplissent et le schiste américain n’est pas rentable.

La Russie et l’Iran vont développer deux champs pétroliers à la frontière de l’Irak. C’est le deuxième grand accord international suite au 5 milliards $ avec Total. Cependant, l’Iran est déçu du manque d’enthousiasme des pétroliers occidentaux.

 

Irak

Promis à une déferlante pétrolière, le pays stagne à 4,71 millions b/j. Les grandes majors internationales ont diminué leur enthousiasme car les profits ne sont pas mirobolants. Si l’Irak a réussi à augmenter sa production de 2 millions b/j, c’est grâce à BP, Exxon Mobil, Lukoil, Eni, Total ou Royal Dutch Shell.

L’objectif de Bagdad était de monter la production à 12 million b/j. Il est revu à la baisse à 7 million pour 2022.

30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait de ses cendres grâce au gouvernement. L’entité sera chargée de gérer le pétrole à travers le pays.

 

Nouvelle Zélande

Des drones-taxis volants, électriques et sans pilote, vont être testés sous l’élan du cofondateur de Google, Larry Page et sa start up Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk. Une dizaine de rotors ont été installés sur ses ailes, ce qui lui permet de décoller et d’atterrir à la verticale comme un hélicoptère. Le drone pourrait transporter des passagers en zone urbaine en se servant de toits ou de parkings comme aire d’atterrissage. (lire: Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage?)

 

Australie

Simec Zen Energy, contrôlé par le groupe GFG Alliance, va installer une batterie de stockage d’électricité d’une capacité de 120 MW/140 MWh, à Port Augusta. Record du monde. Objectif stocker l’électricité de la nouvelle ferme solaire en train d’être construite à l’aciérie Whyalla Steelworks.

 

Cora, le drone électrique de Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk

 

Afrique

Nigeria

Comme il fallait s’y attendre, la commission nationale chargée d’enquêter sur la corruption de pétrole, ne brille pas par les progrès obtenus. Le montant dépasse les 20 milliards $.

Les pénuries de carburant aux stations d’essence continuent dans ce pays qui est pourtant le plus grand producteur africain de pétrole.

 

Sud Soudan

Les USA sanctionnent 15 opérateurs pétroliers du pays. Motif : les ventes pétrolières profitent au gouvernement du Président Salva Kiir et ce moyen de pression pourrait terminer les conflits dans le pays.

 

Phrases du Mois

«L’Arabie saoudite est un pays très riche, et vous allez, je l’espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d’emplois et d’achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.» Donald Trump à Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite pour l’achat de 12,5 milliards $ d’armes.

 

I believes that “shale oil growth potential may be over-stated as the prime areas of the Eagle Ford and Bakken are already drilled up. The question is how far does the Permian have left. Probably a couple of years.” Mark Papa, former CEO of EOG Resources.

 

Now that I have retired, I have begun to look at the whole nuclear fusion enterprise more dispassionately, and I feel that a working, every-day, commercial fusion reactor would cause more problems than it would solve.” Daniel Jassby, physicien, Princeton Plasma Physics Lab, New Jersey.

 

Nous sommes à une bifurcation des médias et des réseaux sociaux où plus personne accepte de lire quelque chose dont il ne veut pas y croire.” Tim DeChristopher, cofounder of Climate Disobedience Center.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Marketing Climatique: Les Banques à la pointe

A l’image de la Banque Nationale Suisse, les chartes éthiques ou environnementales sont devenues “très tendance” auprès des institutions financières. Qu’importe si les directives ne sont pas respectées ou mises en pratique, le marketing climatique sonne toujours très bien auprès du public et du politique.

Si la BNS est championne dans sa catégorie, la concurrence est féroce. Dans cette compétition, il faut souligner les efforts de la Société Générale.

Ainsi, la banque française a publié son «rôle dans la lutte contre le changement climatique». Le texte veut faire penser que la banque est désormais un modèle d’écologie et de sobriété.


 

Une orientation pétrolière et gazière marquée

En réalité, la Société Générale joue un rôle important dans le financement de l’industrie gazière au niveau mondial ainsi que dans les exportations de gaz de schiste américain vers la France et le reste de l’Europe.

Avec 2,4 milliards de dollars investis dans les entreprises développant des projets de gaz de schiste en Amérique du Nord, elle est la 7e banque internationale et la 1ère française dans ce secteur.

En même temps, elle est encore loin des 5 milliards $ investis par la Banque Nationale Suisse pour soutenir le programme de Donald Trump dans les énergies fossiles.

 

Un conseil d’administration dévoué aux énergies fossiles

Ainsi le conseil d’administration de la Société générale est représenté par son nouveau président Lorenzo Bini Smaghi, également président du conseil d’administration d’Italgas, le leader italien de la distribution urbaine de gaz, et ancien président du groupe italien Snam, l’un des principaux exploitants de gazoducs d’Europe.

S’y ajoutent Robert Castaigne, ancien cadre pétrolier de Total et administrateur de Novatek, l’entreprise gazière russe qui développe Yamal LNG, et Gérard Mestrallet, ancien PDG d’Engie, l’entreprise héritière de Gaz de France.

On ajoute Alexandra Schaapveld, également membre du conseil de surveillance de deux entreprises parapétrolières, la française Vallourec et la malaisienne Bumi Armada Berhad.

La Société Générale affiche 46,4% de sources renouvelables dans les énergies et des projets d’électricité qu’elle finance. Pour arriver à ce chiffre, elle comptabilise l’énergie nucléaire comme une énergie «renouvelable». Ce raccourci est certainement dû à la présence dans son conseil d’administration de Jean-Bernard Lévy, l’actuel PDG d’EDF et à la tête de plus de 50 centrales nucléaires.

 

Ainsi, sur les 12 membres du Conseil d’Administration, on peut aisément imaginer l’importance donnée à la charte environnementale du groupe par les 5 représentants des énergies fossiles. Mais tant que le public y croit…

 

Aves les sources et les recherches de Mathieu Paris et Olivier Petitjean sur MultiNationales.org

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie:
– Allemagne: Des tests de pollution sur des singes par VW, BMW, Mercedes
– France: AREVA change de nom et efface 7 milliards € de dettes
– USA: Trump taxe les panneaux solaires chinois
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ récupérés auprès des Princes
– Hydrogène: L’Allemagne se lance dans les trains. La Hollande dans les bus
– Chine: Le pays devient le plus grand importateur de gaz, de pétrole et de charbon
– Guyane: De larges champs offshores prêts à être exploités


Durant le mois, le baril est passé à 70,37$ à Londres, au plus haut depuis décembre 2014. A la fin de ce premier mois 2018, on le retrouve à 69.02$ à Londres (66.60$ en décembre) et à 64.50$ à New York (60.42$ en décembre).

L’uranium continue d’hiberner à 23.15$ (23.75$ fin décembre).

 

Graphique du Mois
Exportations de pétrole brut et condensé de la Russie vers la Chine  2002-2017

Source: EIA

Pétrole

En 2018, les investissements pétroliers exploratoires touchent un bas historique à 37 milliards $. Du jamais vu en 70 ans (-60% par rapport à 2014).

A l’heure actuelle, il semble que la production de schiste ne va pas être capable de compenser la hausse de la demande ainsi que la déplétion des gisements conventionnels. Un grincement pourrait se produire dès 2020.

Planète

2017 est la 3ème année la plus chaude après 2015 et 2016 selon la NASA. Le mois de Janvier 2017 a été le plus chaud en Suisse depuis 1880.

Du côté des Grands Acteurs:

 

Russie

Le Président Russe Vladmir Poutine a été réélu le 18 mars prochain!

Un deuxième pipeline russe en direction de la Chine a été mis en service entre la Sibérie et l’Océan Pacifique. Pékin importe 600’000 b/j avec ces pipelines.

La production pétrolière russe a atteint un niveau record depuis 30 ans à 10,98 millions b/j.

Gazprom a explosé ses exportations +8,1%, à 193 milliards m3, selon son CEO Alexey Miller. La production de Gazprom est de 471 milliards m3 et le double en kg de CO2. Les deux pays les plus friands du gaz russe sont l’Allemagne et la Turquie.

L’Allemagne a augmenté sa consommation de gaz russe de 7,1% en 2017. Depuis les soucis avec l’Ukraine et les sanctions européennes, les importations de gaz russe en direction de l’Europe ont augmenté de 25%!

USA

L’administration Trump vogue toute voile dehors pour éradiquer les lois concernant les forages offshores établies après la marée noire BP Deepwater Horizon. Ainisi, la Maison Blanche veut autoriser ces forage sur le 90% des côtes US, contre 6% actuellement. Après l’aventure BP, les compagnies pétrolières hésitent à se lancer dans cette galère. En cas de problèmes, elles feront face à de lourdes pénalités légales, les boycottes, les protestations et surtout que l’ami Trump risque de faire ses bagages dans 3 ans.

La marée noire DeepWater Horizon aura finalement coûté à BP plus de 60 milliards $ à la compagnie.

Avec l’arrivée du renouvelable, le nombre d’emplois pour générer de l’électricité diminue. Il faut 5 fois plus d’employés avec le charbon et le nucléaire par rapport aux énergies renouvelables selon BW Research Partnership.

Depuis l’arrivée de Trump, dans le charbon 771 emplois supplémentaires ont été créés pour un total de 54’819.

Washington va instaurer des taxes de 30% sur les panneaux solaires chinois.

Le Gouverneur Andrew Cuomo de l’Etat de New York a créé une force de travail sur le style californien pour combattre le réchauffement climatique et éviter les interférences de la Maison Blanche. Paradoxalement, cela risque de chauffer pour diminuer le réchauffement

La CEO de General Motors, Mary Barra, a promis aux investisseurs, que dès 2021, le fabricant de voitures va générer des profits avec les voitures électriques. GM sera le premier constructeur à générer du cash avec ce type de voitures. Elle n’a pas détaillé son plan d’attaque d’autant que les ventes record de pickups et de SUVs ont battu des records en 2017.

Avec l’essence bon marché et surtout les publicités à base de testostérone, les automobilistes ont acheté plus de pickup trucks que de voitures de tourisme. La consommation US stagne à 8,5 lt/100 km (identique à 2016).

Deux producteurs d’uranium ont demandé au Président Trump de renoncer à utiliser l’uranium russe ou d’Asie centrale pour la confection d’armes ou pour les centrales. Presque 50% de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

La major pétrolière ConocoPhillips va vendre entre 5 et 8 milliards $ d’actifs, principalement dans le secteur du gaz ainsi que racheter 3 milliard $ de ses propres actions pour faire remonter les cours et le bonus de son PDG. ConocoPhillips traine une dette de 20 milliards $.

En Alaska, Conocco Phillips planifie 5 nouveaux forages dont 4 dans la Réserve Naturelle NPR-A nouvellement ouverte par Trump.

La croissance américaine a marqué le pas au quatrième trimestre, à 2,6 % en rythme annuel, repassée sous l’objectif de 3% que s’est fixé Donald Trump.

Publicité réalisée et publiée par Donald Trump.
Imaginez un président européen réaliser une pub pour défendre ses projets!

 

Arabie Saoudite

En quelques mois, le Gouvernement a récolté 100 milliards $ auprès des notables du Royaume suite aux arrestations pour motif de corruption.

Les prix de l’essence ont augmenté à 0.40$ le litre. Par rapport au 6 centimes d’il y a quelques années, l’envolée est remarquable. Le Gouvernement désire stopper les subsides dans le domaine énergétique.

L’Arabie Saoudite tente de reprendre le leadership de l’OPEP en proposant d’inclure les pays hors OPEP dans la régulation de la production mondiale. Moscou a précisé que les inventaires pétroliers, et non les prix du pétrole, seront décisifs pour fixer les prix du marché.

Le Prince milliardaire Alwaleed bin Talal, détenu depuis 2 mois pour cause de corruption, a proposé un accord financier. Le Prince a offert une «donation» au Gouvernement afin d’effacer l’ardoise. Riyad semble tergiverser sur le montant de la douloureuse. Tout ne semble être qu’une question de temps.

L’Arabie Saoudite va choisir l’heureux élu qui aura le privilège de construire sa première centrale nucléaire. La France, les USA, la Corée du Sud et la Russie sont en lice. Riyad ne cache plus le désire de créer une bombe atomique avec le plutonium généré par cette centrale pour un concept à 360 degrés.

Le choix tombera d’ici à décembre. D’ici là, on devrait voir une belle collection de présidents aller se plier à l’exercice prévente du côté de Riyad.

Les exportations de l’Arabie Saoudite en direction des USA touchent un bas à 415’000 b/j.

Dessin: L’excellent Chappatte

 

Europe

France

AREVA synonyme de difficultés, d’échecs commerciaux et de démêlés judiciaires change de nom. La nouvelle princesse s’appelle ORANO. L’équipe marketing a pêché ce nom dans les livres de Latin: “le dieu Uranus” qui a donné son nom à la planète puis à l’uranium.  Le Prince sera d’autant plus charmé que les 7 milliards € de dettes d’AREAVA ont été effacées… par enchantement.

Quarante ans après son ouverture, la centrale nucléaire de Fessenheim vit ses derniers mois. Elle devrait être fermée d’ici à la fin de l’année 2018 ou le début de 2019. L’Etat français a commencé les négociations avec les travailleurs.

La consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.

 

Suisse

Depuis le 1 janvier, les Suisses peuvent autoconsommer l’électricité produite par leurs panneaux solaires. Mieux, ils peuvent vendre leur électricité à leurs voisins et ceux-ci peuvent acheter les électrons solaires produit localement sans passer par un grand groupe électrique.

Ce changement pourrait pousser les grands groupes électriques à se soucier (pour une fois) de leurs clients. Des initiatives intéressantes sont en train de se créer. La Coopérative Robin des Bois semble bien porter son nom surtout qu’il s’agit de redonner aux citoyens la place qui leur revient.

 

Allemagne

Le groupe énergétique allemand E.ON cède 46,65 % de ses actions dans Uniper au finlandais Fortum. Créée en 2016 par E.On pour déverser tous ces actifs à risques comme les centrales à gaz et au charbon, Uniper a ainsi totalement quitté les mains d’E.ON.

Alstom a été choisi pour réaliser le premier train à hydrogène en Allemagne. La Basse-Saxe a commandé 14 trains pour remplacer les locomotives à diesel. D’une autonomie de 1’000 km. Ils pourront circuler à une vitesse maximale de 140 km/h et emporteront environ 300 voyageurs.

Selon le le New York Times, Volkswagen, BMW, Daimler Mercedes et l’équipementier Bosch ont mené des tests aux Etats-Unis sur dix singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu’on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeur de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen. En Allemagne, un institut hospitalier d’Aix-la-Chapelle a fait inhaler de 2013 à 2014 du dioxyde d’azote (NO2) à des étudiants pour voir l’impact sur leur santé.

Le plus choquant, c’est qu’ils ont utilisé des singes pour leurs tests!!! Pour les humains, rien de neuf, cela fait des années qu’ils le font en grandeur nature.

 

Belgique

oBike Bruxelles Gobee.bike  va abandonner les vélos en libre services sans station. Problème le vandalisme coûte trop cher à la société alors que ses vélos coûtent 28 euros à la production.

 

Angleterre

Avec des vents venteux, des éoliennes en pleine forme et une demande électrique en baisse, l’Angleterre a de nouveau vécu des périodes où l’électricité se vend à des prix négatifs (en-dessous de zéro).

Le démantèlement des infrastructures pétrolières offshores dans la mer du Nord est estimé à 77,3 milliards $.

2017 fut une année record pour les énergies renouvelables dans le réseau anglais avec 13 records dont 1 journée d’avril entière sans charbon. Une première depuis la révolution industrielle.

 

Norvège

Le pays a accordé un record de 75 permis d’exploration pétrolière : 45 dans la Mer du Nord, 22 dans la Mer de Norvège et les 8 autres dans la Mer de Barents.

 

Hollande

Après l’Allemagne et sa commande de trains à l’hydrogène, c’est la Hollande qui pourrait se lancer dans les Bus à Hydrogène à base de solaire et d’éoliennes.

Une usine d’électrolyse de 20 mégawatt capable de produire 3’000 tonnes d’hydrogène/an et 300 bus serait la plus grande en Europe.

L’hydrogène pourrait prendre le pas l’électricité surtout dans les domaines plus volumineux et lourds que les voitures (bus, bateau, camions).

Les Amériques

Venezuela

Difficile de prévoir l’avenir du pays tant les signes indiquent des zones de tempêtes. Le pays produit encore 1,5 million b/j de pétrole et la tendance est à la baisse. Dans les coulisses, la Chine, la Russie et les USA préparent le terrain pour se partager les restes et surtout les réserves pétrolières.

Oscar Perez, le rambo Vénézuélien, a été abattu ou assassiné par les militaires du régime. Selon les images qu’il a filmées lors de ses derniers instants, la deuxième option est privilégiée.

En effet, les Vénézuéliens ont suivi en direct, par le biais des réseaux sociaux, le pilonnage subi par l’homme le plus recherché par le régime chaviste : Oscar Pérez, 36 ans, ancien inspecteur de la police criminelle, qui s’est insurgé contre le président Nicolas Maduro. En juin 2017, il s’était emparé d’un hélicoptère et avait jeté des grenades contre des bâtiments officiels à Caracas, sans faire de victimes.

La production pétrolière du Venezuela a diminué de 15% en décembre pour toucher un bas à 1,5 millions b/j. (-29% sur une année). Les sanctions américaines ne font qu’amplifier les difficultés du pays. La production 2018 pourrait fortement diminuer.

Canada

L’opérateur de pipeline TransCanada annonce que des contrats pour 500’000 barils/jour pendant 20 ans (60% de la capacité) peuvent suffire pour couvrir les frais du pipeline Keystone XL. Même sans boule de cristal, il semble peu probable que ces chiffres soient atteints.

Le nombre de forages est en forte hausse à 185 (+87).

 

USA Schiste

L’EIA pense que la production de schiste va augmenter de 1,8 million b/j d’ici à la fin de l’année ou début 2019. La production américaine pourrait atteindre 11 millions b/j et dépasser l’Arabie Saoudite et la Russie.

Les chiffres n’indiquent aucune progression des gisements du Bakken, di Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste repose sur le Bassin Permien et d’Eagle Ford.

Si les agences de communication, le gouvernement et les pétroliers usent clairons et trompettes, un autre regard apporte justement un autre regard. Ainsi 7’500 puits attendent d’être forés. A une moyenne de $2,2 millions/pce ,il faut trouver 17 milliards $ pour les mettre en service. Comme les investisseurs n’ont jamais eu de retour sur investissement, une certaine dose de courages est nécessaire.

Un autre grain de sable dans les estimations américaines. Le Bassin Permien devrait augmenter de 900’000 b/j d’ici à la fin 2019. Cependant avec les rapides taux de déplétion, il va falloir fortement augmenter le rythme pour couvrir la perte des forages actuels et améliorer la rentabilité économique pour extraire d’avantage de pétrole de schiste.

 

Mexique

Les cartels de la drogue ont trouvé une nouvelle manne financière: le vol de pétrole. Les différentes raffineries du pays estiment leur manque à gagner à 5 milliards de dollars.

 

Guyane

Le spot offshore le plus intéressant au monde se trouverait sur les côtes de la Guyane. Depuis qu’ExxonMobil a trouvé une grande quantité de pétrole début 2017, Washington aimerait donner une priorité à ses investisseurs pour l’extraction.

 

Argentine

La compagnie pétrolière nationale YPF va travailler avec le norvégien Statoil pour développer les champs de schiste de la Vaca Muerta et du Bajo del Toro dans la province du Neuquen.

 

Brésil

Le producteur pétrolier national, Petrobras, va payer 2.95 milliards $ de dédommagements à des investisseurs américains, qui avaient porté plainte contre les pertes dues à la corruption de l’entreprise.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

En mer de Chine orientale, le pétrolier iranien Sanchi, a sombré après avoir heurté un bateau chinois. Le tanker a pris feu et coulé en laissant derrière lui une marée noire. Le bateau gît par une profondeur de 115 mètres.

Les froids glacials dans le nord du pays augmentent la consommation de charbon pour le chauffage et l’électricité.

En 2018, la Chine va remplacer le Japon à la place du plus grand importateur de gaz mondial. La Chine est déjà le plus grand importateur de pétrole et de charbon.

En 2018, la Chine va importer 70% de son pétrole. La Chine a remplacé les USA comme plus grand importateur de pétrole mondial.

D’ici à 2020, Pékin veut créer des «méga » compagnies minières de charbon afin de regrouper toutes les forces et moderniser le secteur. Chaque structure devra extraire 100 million de tonnes de charbon par année.

Les chinois ont acheté 777’000 véhicules électriques ou plug-in en 2017, +53% par rapport à 2016. Cette hausse est attribuée aux subsides accordés aux modèles réalisés par les entreprises chinoises. Les voitures sont au nombre de 579’000. Le solde représente les bus et véhicules commerciaux sous la houlette du Gouvernement.

Le 23 février, la Chine va lancer ses premiers contrats pétroliers à sa bourse. On perçoit comme une envie de s’émanciper des USA.

 

Kazakhstan

La production pétrolière du pays a augmenté de 180’000 b/j en 2017 pour atteindre 1,74 million b/j.

Il est probable que l’OPEP aille tirer les oreilles du président pour lui demander de diminuer sa production afin de maintenir la hausse des prix.

Moyen Orient

Emirats Arabes Unis

Comme tous les pays du Moyen-Orient l’eau commence à faire cruellement défaut. Actuellement le pétrole ou le gaz servent au dessalement de l’eau des mers environnantes. De nouveaux systèmes, à base d’énergie solaire, sont mis en service pour générer cette eau potable.

 

Iran

Les manifestations ont été contenues et le calme retrouvé. Cela ne veut pas dire pour autant que les solutions ont été trouvées. Aucun impact sur la production pétrolière ou gazière n’a été mesuré.

Téhéran va combattre toutes les nouvelles sanctions si Washington va de l’avant. Trump a donné à l’Europe ainsi qu’à l’Iran un ultimatum final pour réparer «les points désastreux » de l’accord nucléaire.

Le ministre des affaires extérieures russes, Lavrov, a précisé qu’il ne supportera pas les tentatives de l’administration Trump de modifier ce traité.

 

Irak

L’américain Chevron aimerait retourner au Kurdistan pour tenter de nouveaux forages. BP va tenter de d’augmenter la production des champs de Kirkuk. Le gouvernement irakien a demandé à la major de doubler la production soit +700’000 b/j.

La tâche sera compliquée par les vues des Kurdes sur les gisements de Kirkuk dont ils étaient en possession pendant 3 ans. L’armée irakienne avait délogé les Kurdes en octobre après le référendum d’indépendance lancé par les Kurdes.

De son côté, Shell abandonne l’Irak et son dernier champ West Qurna 1.

Afrique

Ghana

Exxon Mobile Corp a signé directement avec le gouvernement pour l’extraction exclusive du champ Deepwater Cape Three Point. Il n’y a pas eu d’appel d’offre et le montant de la petite enveloppe à l’attention du président n’a pas été dévoilé. Les forages offshores devront aller entre 2’000 et 4’000 m sous le niveau de la mer pour extraire le pétrole.

 

Phrase du Mois

La question à plus long terme, est: Est-ce 2018 sera la dernière grande augmentation de la production pétrolière américaine? Si vous regardez les chiffres économiques de la plupart des grands acteurs du Bassin Permien, peu d’entre eux génèrent des bénéfices“.  Ian Taylor, CEO, Vitol.

“In the US shale oil, cash required per barrel metric has been rising for several consecutive quarters, hitting an average $64 per barrel in the third quarter of 2017”. Al Rajhi Capital

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pétrole de Schiste Américain: La tempête avant le calme

La poussée de fièvre à 70$ du baril est une excellente nouvelle pour les producteurs américains de pétrole de schiste. Après des années de pertes abyssales, ils pourraient enfin voir la fin du tunnel et générer des profits.

Cependant, cette lueur arrive au moment où les signes avant-coureurs d’un pic de pétrole de schiste aux USA émergent. Au lieu de temporiser et de thésauriser le précieux liquide dans le sol, les pétroliers ont préféré l’extraire immédiatement. Ironiquement, le calme temps revenu, c’est le schiste russe qui pourrait engranger les bénéfices.


Les années folles du schiste

Depuis 2006, les producteurs de schiste ont réalisé des prouesses pour convaincre Wall Street d’investir dans leur industrie. Après la crise de 2008 marqué par une pénurie de pétrole, l’émergence de ce nouvel or noir a permis de balancer l’offre et la demande, de faire chuter les prix et de relancer la croissance.

Mais durant cette dernière décennie, les investisseurs ont perdu plusieurs centaines de milliards $ devant l’incapacité des exploitants à forer à des coûts raisonnables.

Selon la Réserve Fédérale Américaine, le schiste US nécessite un baril à plus de 60$ pour atteindre le seuil de rentabilité. C’est chose faite depuis le début de l’année. Si le pétrole se traite à 70$ en Europe, il atteint les 64$ sur les marchés américains et la tendance est à la hausse.

On peut se demander pourquoi les pétroliers américains n’ont stratégiquement pas attendu la hausse des marchés pour exploiter leurs gisements. La question est également ouverte pour les investisseurs qui ont déversé à grande perte leur deniers.

 

Peak oil de schiste ?

Ainsi après une exploitation intensive, le schiste américain est en train de montrer des signes d’épuisement. Si la durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se calcule en décennies, deux à trois ans est la moyenne pour le schiste.

Le dernier et le plus prometteur des gisements, le Bassin Permien, est en croissance avec 129,58 milliards de litres extraits en 2017 soit 5 milliards de plus qu’en 2016. Ainsi les 2,75 millions de barils/jour (b/j) devraient booster la production américaine totale à 10,5 – 11 million b/j dans l’année à venir.

Mais dans les autres régions du pays, la vague est passée. Les statistiques n’indiquent aucune progression dans les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste ne repose plus que sur le Bassin Permien et celui d’Eagle Ford.

Pour retarder l’issue fatale, les producteurs ont réussi à grappiller les dernières gouttes et à allonger la durée de vie des gisements grâce à de nouvelles techniques comme l’extension des forages à l’horizontal ou l’ajout de quantité énorme de sables pour faciliter la fracturation des roches.

Ces innovations ont permis l’allongement de la durée de vie de quelques mois, histoire de couvrir les coûts supplémentaires. Ainsi, bien que plus de pétrole soit extrait, le bilan financier n’est pas forcément meilleur.

 

Production des gisements de schiste aux USA
Source EIA

Les points de vue divergent sur le pic de schiste US, mais la fourchette converge vers 2019 et 2025. De son côté l’Agence Américaine de l’Energie ne voit pas de pic avant 2040. Mais son enthousiasme a souvent été rattrapée par la réalité du terrain.

Les exploitants, qui ont navigué dans la tempête pendant des années, se retrouveront à sec au moment de récolter les fruits.

 

Le Schiste Russe gagnant ?

Si l’Argentine ou la Chine font figure de nouvel eldorado du schiste, les quantités restent limitées.

C’est du côté de la Russie et des formations de Bazhenov que les regards se tournent.

A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont pris un retard technologique important. Aujourd’hui, alors que les cours du baril montent, ils sont enfin prêts pour débuter l’extraction. Si les prix se maintiennent, ils pourront faire le plein de pétrodollars.

D’autant qu’a contrario des américains, qui ont compté sur les investisseurs privés, c’est à l’Etat Russe que cette manne devra être reversée.

 

 

Pétrole et Manifestations. L’Iran: too big to fail

Les manifestations, qui ont éclaté en Iran, apportent une incertitude supplémentaire dans la géopolitique énergétique. Ainsi après l’Arabie Saoudite et le Venezuela, c’est un nouveau producteur pétrolier majeur qui tremble.

Schizophrène, les pays occidentaux aimeraient exporter leurs schémas de «démocraties» tout en espérant qu’aucun changement ne viendra altérer le flux pétrolier nécessaire à sustenter leur croissance économique. Le paradoxe nécessite un éclairage.


L’Iran entre Révolution et Evolution

Si les manifestations de 2009 avaient été étouffées par la ligne dure du Gouvernement, les mouvements actuels semblent provenir de la base populaire en recherche d’Evolution. Cependant, il n’est pas encore clair si des nations étrangères, comme se targuent les tweets de Donald Trump, interfèrent pour pousser à une Révolution.

 

Les nouveaux pétrodollars iraniens

Depuis la levée partielle des sanctions, l’Iran a fortement augmenté sa production pétrolière pour tendre aujourd’hui vers les 4 millions de barils/jour (b/j). Cette entrée de pétrodollars permet à l’Iran d’alourdir son influence au Moyen Orient. C’est également à cette manne qu’aspirent les manifestants.

 

Russie-Iran & USA-Arabie Saoudite : des stratégies opposées

Le Moyen Orient extrait le tiers de nos besoins pétroliers et c’est dans cette région énergétiquement sensible que la diplomatie américaine arrive avec le doigté d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. La doctrine de Trump coïncide avec une augmentation de testostérone et une diminution de réflexion dans les processus de décisions stratégiques.

Du côté de l’Arabie Saoudite, le Prince héritier en charge du pays, Mohammed ben Salmane Al Saoud accumule les choix chancelants. La guerre avec le Yémen s’envenime, le blocus du Qatar cherche une sortie et la récente démission forcée du Premier Ministre Libanais, Saad Hariri, en visite à Riyad s’est soldée sur un retour de manivelle. Finalement l’emprisonnement de centaines d’acteurs majeurs et membres de la famille royale semble fragiliser le plus grand exportateur mondial de pétrole.

Profitant du chaos à Washington et des égarements de Riyad, il n’en fallait pas plus pour que les rusés et pragmatiques stratèges iraniens et russes avancent sciemment leurs pions et prennent l’avantage.

Les événements populaires actuels en Iran apportent une bouffée d’air à la diplomatie américaine. L’envie du président Trump de surfer sur cette vague s’explique.

 

Dépendance pétrolière

Avec la perception que les pétroles de schiste et offshore devraient suffire à leur indépendance énergétique, l’administration Trump ne s’embarrasse plus du Moyen Orient quitte à l’embraser.
Cependant, si l’Iran ou l’Arabie Saoudite devait courber l’échine, les économies occidentales seraient les premières à payer le prix. L’histoire montre qu’une révolution ou un changement de régime radical tend à réduire la production pétrolière d’un pays.

La Libye a perdu plus d’un million de barils/jour depuis le renversement de Kadhafi. Il aura fallu plus de 10 ans à l’Irak pour retrouver les niveaux d’extraction de Saddam Hussein.

Si durant les 2 dernières années, une surcapacité pétrolière a marqué les marchés, il faut noter que la marge n’est que de 2 million b/j. (2% de la production mondiale). Une partie de cette marge est déjà grignotée par le Venezuela, qui vit des heures délicates.

 

L’Iran et l’Arabie Saoudite ne peuvent pas fléchir

A l’aube d’une consommation pétrolière record de 100 millions b/j, notre croissance économique dépend toujours aussi fortement du pétrole. Incapable de diminuer le ratio PIB/Quantité d’énergie, le seul scénario que nous pouvons souhaiter à l’Iran est l’arrêt de la contestation populaire. Notre procrastination a rendu les grandes puissances pétrolières too big to fail.

Dès lors, pour garder notre situation privilégiée, pouvons-nous nous contenter d’une Stagnation, d’une Evolution de l’Iran, de l’Arabie Saoudite ou du Venezuela en lieu et place d’une Révolution?

En gage de stabilité, pouvons-nous accueillir avec soulagement la prochaine réélection de Vladimir Poutine à la tête du plus grand producteur mondial d’or noir? Tant pis pour la démocratie.

C’est tout le paradoxe d’une croissance Economique qui a mis tous ses œufs dans le même panier.

La BNS en phase avec le “tout Pétrole, Gaz et Charbon” de Donald Trump

Le président Trump a fait de l’utilisation des énergies fossiles le cœur de sa doctrine. L’objectif est ambitieux: exercer la «Dominance Energétique» américaine sur le reste du monde en produisant un maximum de gaz, de pétrole et de charbon pour stimuler son Economie.

Pour mettre son projet à exécution, le Président a besoin d’énormes ressources financières. Pour se faire, il s’est attaché les services de nombreux pétroliers et de banquiers de Goldman Sachs. Il peut également compter sur des alliés de poids qui adhèrent pleinement à cette stratégie comme… la Banque Nationale Suisse!

Les investisseurs? C’est justement ce qui fait cruellement défaut au projet Trump. En 2016, les compagnies pétrolières américaines avaient réussi à vendre pour 34,2 milliards $ d’actions. Durant les 9 premiers mois de cette année, le montant grimpe à peine 5,7 milliards $ selon l’agence américaine Dealogic.

                                                                             .

La BNS passe de 2,2 à presque 5 milliards $ d’investissements dans le fossile nord américain!

Dans ses coffres, la Banque Nationale Suisse détient un montant record qui frise les 5 milliards de dollars d’actions dans des entreprises pétrolières, de charbon, d’uranium, de sables bitumineux, de gaz et de pétrole de schiste, basées en Amérique du Nord!

Depuis l’arrivée de Donald Trump en janvier 2017, la Direction de la Banque a encore injecté plus de 400 millions $ pour acheter 10 milliards d’actions dans les entreprises recommandées par le Président Américain.

Les investissements d’énergies sales de la BNS avaient été dévoilés par votre serviteur en juin 2015. Le sujet avait également été soumis aux Assemblées Générales 2016 et 2017 de la Banque, sans qu’aucun Canton Suisse (tous actionnaires de la BNS) ne trouve matière à redire.

Si en décembre 2015, la BNS cumulait 2,270 milliards $ pour 50 milliards d’actions dans ces domaines d’activités, elle arrive, à fin juin 2017, à 90,17 milliards d’actions (+180%) pour un montant de 4,915 milliards $ (+216%).

Suite à la chute des prix du baril de pétrole, les pertes liées aux investissements de la BNS dépassent 1,5 milliards $. La Banque n’a jamais confirmé ou contesté les chiffres présentés.

Il est à relevé que dans sa directive d’investissements, la Banque Nationale Suisse indique ne pas vouloir “investir dans des entreprises qui produisent des armes prohibées par la communauté internationale, qui violent massivement des droits humains fondamentaux ou qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement”.

Thomas Jordan, Fritz Zurbrügg et Andréa Maechler, les trois membres de la direction générale de la BNS, ont touché au total 2,75 millions de francs de salaire en 2016.

 

Investissements de la BNS dans les entreprises américaines
Pétrole, Charbon, Uranium, Gaz aux USA

Montants en US$

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: Les femmes peuvent enfin conduire une voiture.
– Aviation: Les drones et les avions électriques autonomes arrivent!
– Allemagne: Le géant EON dans les mains finlandaises?
– USA: San Francisco et Oakland portent plainte contre les pétroliers.
– Irak: Assis sur leur pétrole, les kurdes votent pour l’indépendance du Kurdistan irakien.
– Angleterre: Le marché libre de l’électricité: Libre mais couteux.
– IEA: Les prix du baril de pétrole vont exploser.


Le pétrole a mangé des vitamines et décolle comme les fusées de Corée du Nord. Il grimpe à 57.41$ à Londres (50.86 août) et 51.56$ à New York (45.96 août).

L’uranium joue au Mikado. S’il bouge, il perd. Pris de panique, il termine le mois à 20.50$ (20.25$ août).

 

Le Graphique du mois

Projection des ventes de voitures Diesel/Electriques
Source: UBS   graphique Financial Times

Pétrole

L’IEA continue de s’effrayer du manque d’investissements dans l’exploration pétrolière et envisage une explosion des prix d’ici à 3 années. L’IEA juge nécessaire de trouver 21 millions de barils/jour (b/j) d’ici à 2025 pour uniquement compenser l’assèchement des puits actuellement en production. Actuellement l’industrie en a trouvé 5. La possibilité de voir la différence comblée par le schiste est considérée comme une fantaisie.

Selon l’IEA, la croissance de la demande de pétrole s’élève à 1,6 million b/j en 2017. A ce rythme, la surproduction actuelle va rapidement disparaître pour se transformer en pénurie.

 

Monde

La planète dénombre 7,5 milliards d’habitants. En 2050, elle en comptera pas 8, 9… mais 10 milliards!

Septembre 2017 a été le deuxième septembre le plus chaud sur la planète. Il aura vu une belle série d’ouragans dans le Pacifique et l’Atlantique avec des vents records à plus de 360 km/h.

Après le détachement de l’énorme plaque glacière “Larsen C” dans l’Antarctique, c’est au tour d’une deuxième méga plaque d’être sur le point de rejoindre la haute mer.

Dessin: Chappatte

 

Arabie Saoudite

Roulement de tambour ! Les femmes vont être autorisées à conduire une voiture. Parmi les raisons de ce changement: la réduction des subventions à la population suite à la baisse des revenus pétroliers.

Ainsi, les familles n’ont plus les moyens de s’attacher les services d’un chauffeur. Du coup, les maris (au travail) doivent aller chercher eux-mêmes leurs enfants à l’école. Cette évolution va leur permettre d’éviter cette “tâche ingrate”. Les emplois de 1,4 millions de chauffeurs personnels sont en jeu.

La mise en vente de l’entreprise pétrolière nationale Saudi Aramco pourrait être reportée à 2019. D’ici là, le baril aura peut-être une chance de remonter et de pousser à la hausse les actions de Saudi Aramco. Le gouvernement espère obtenir entre 300 et 400 milliards $ pour la vente de 5% des actions.

Avec l’aide de son père, le Roi, et dans le but de réduire les contestations, le Prince bin Salman a commencé une purge au sein de l’élite. Entre 16 et 30 personnes, dont l’un des fils de l’ancien Roi, ont été arrêtées. Cette purge indique un tournant dans la manière de procéder en passant de l’arrosage financier à la menace physique. La stabilité du plus grand exportateur de pétrole mondial est à observer de très près.

Ryad songe à augmenter les prix du kérosène et de les aligner sur les prix internationaux. Le concept repose sur une hausse unique de 80%.

 

USA

La compagnie de taxi sans taxi, UBER, a perdu 3 milliards $ en 2016 et vient de changer de CEO. Son fondateur Travis Kalanick a été remplacé par Dara Khosrowshahi.

Après le passage de l’Ouragan Harvey au Texas et en Louisiane, 25% des capacités de raffinages américaines ont été mises à l’arrêt. Il aura fallu 2-3 semaines pour les remettre sur les rails.

La région, balayée par les ouragans, contient les 2/3 de la production pétrolière du pays ainsi que 9,7 millions barils/jour de raffinage qui représentent le 50% de la capacité du pays.

Cette dépendance à la météo est une épine dans le pied de la volonté de Washington d’assurer la résilience du système énergétique du pays. Le concept de “Dominance Energétique” de Donald Trump manque de carburant.

Un record: plus de 500’000 voitures et 100’000 maisons ont été victime des inondations selon Auto Zone: un record.

Malgré la hausse des coûts, Georgia Power désire terminer la construction de ses deux réacteurs nucléaires Westinghouse Ap1000 à Plant Vogtle. En Juin, le constructeur, Toshiba-Westinhouse, avait pris à sa charge 3,68 milliards $. Le coût total des deux réacteurs se monte à 19 milliards $ pour une mise en service dès novembre 2021.

Les villes de San Francisco et Oakland ont porté plainte contre Chevron, ConocoPhillips, Exxon Mobil, BP et Shell pour leurs responsabilités dans le changement climatique et la montée des océans. La plainte demande aux majors pétrolières de créer un fond pour financer des infrastructures afin de se protéger de la montée des eaux.

Chevron annonce l’arrivée d’un nouveau CEO Michael Wirth qui travaille depuis 1982 au sein de l’entreprise.

Le CEO de la Banque JP Morgan, Jamie Dimon, a annoncé que le bitcoin est une «fraude» qui finirait par «imploser». (Il n’a par contre pas confirmé si les produits dérivés que son institution concocte sont également «une fraude et qu’ils finiraient pas imploser».)
Le boomerang est revenu une semaine plus tard quand le brave homme a dû expliquer pourquoi sa Banque, JP Morgan, est l’un des plus gros acheteur d’«Exchange Traded Notes*»  qui se base sur… le bitcoin.  (*ETN, un titre de créance répliquant la performance d’une matière première).

Banquier est un métier formidable.

Température moyenne Septembre 2017

Allemagne

Durant la présentation à la presse, le salon de l’automobile de Frankfort s’est mué en salon de la voiture électrique. Comme à son habitude, Angela Merkel a tourné sa veste. Elle s’est fait l’éloge de l’électricité alors qu’elle a toujours supporté l’industrie automobile allemande à pétrole. Dès les journalistes partis, les voitures diesels et à essence ont repris leurs places sur les stands. Opération de communication réussie.

Porsche, Audi, BMW et Mercedes-Benz (tous impliqués dans les scandales de moteurs truqués), ont annoncé leur prochaine participation à la Formule E, la version électrique de la Formule 1.

Au-delà du green washing, les constructeurs vont devoir revoir totalement leurs business modèles et surtout leurs marges afin de commercialiser au juste prix leurs voitures électriques.

Les constructeurs automobiles ont lancé une nouvelle campagne de communication en fustigeant les décisions des villes comme Londres, Paris, Stuttgart de bannir les voitures diesels. Le nouveau slogan: «ce n’est pas aux politiques de choisir la technologie gagnante de demain». Là, il faut penser à quelque chose de triste pour ne par hurler de rire.

Mercedes va investir 1 milliard $ à Tuscaloosa, Alabama, USA afin de réaliser ses futures voitures électriques. La marque Allemande établit ainsi des usines électriques en Europe, USA et Chine.

La start-up Lilium a levé 90 millions $ pour son avion électrique, à décollage vertical, capable de transporter jusqu’à 4 personnes à 300 km/h sur de petites distances.

Lilium avion électrique à décollage vertical

Chine

Les réserves de gaz de schiste ont diminué de 6% en 2016, selon le ministre des ressources. Les réserves se montent à 122 milliards m3 contre 130 en 2015. La Chine va avoir de la peine à répliquer le modèle américain.

Dès janvier, grâce à 2 nouveaux pipelines sibériens, les raffineries chinoises vont recevoir du brut russe supplémentaire.

Pékin planche sur l’arrêt des ventes de véhicules à pétrole d’ici à 2030. La Chine est le plus grand marché mondial avec 28 millions d’unités vendues en 2016 ce qui va radicalement transformer l’industrie. En 2016, 507’000 voitures électriques ont été vendues sur le territoire.

La construction de voitures électriques explose en Chine avec une croissance de +200% et un million d’unités produites. La Chine possède la moitié de la production mondiale de voitures électriques ainsi que la moitié des heureux propriétaires qui peuvent se recharger auprès des 180’000 stations de recharges.

Les producteurs de batteries, de moteurs et les autres fournisseurs de composants représentent le 70% du marché mondial.

Le pays est devenu le leader mondial de ce secteur et l’Europe est clairement à la ramasse. Pas étonnant que les experts questionnés dans les médias occidentaux n’ont pas encore vu arriver la vague asiatique et parient toujours sur le diesel.

En août, la croissance économique est passée à 6% au lieu des 6,6% prévus. Le frein pourrait venir la réduction de la capacité industrielle et des mesures contre la pollution.

 

Europe

Angleterre

Alors que le marché anglais de l’électricité est totalement libéralisé et sous l’emprise du «free market», il semble que la main invisible du marché se soit arrêtée quelque part au niveau du porte-monnaie. Les 6 grands acteurs, réunis dans un cartel non-officiel, perçoivent une marge moyenne de 39% et certains rétribuent leurs actionnaires jusqu’à 34,3% de leur chiffre d’affaires!

Le pays met en vente aux enchères la réalisation de nouvelles fermes d’éoliennes. Les prix devraient avoisiner les 6,5 ct € le kWh sur une durée de 15 ans. Lors de la dernière mise aux enchères de 2015, le tarif était de 12,8 ct. En comparaison, le projet de centrale nucléaire EPR d’Areva à Hinkley Point propose un prix de 12,5 ct € le kWh.

Le 48% des achats fait par le Gouvernement dans l’installation de nouvelles fermes d’éoliennes retournent à des entreprises du Royaume. D’ici à 2021, 16 milliards $ seront investis dans ce secteur.

Le Norvégien Statoil annonce la mise en service de 67 éoliennes, dans la ferme Dudgeon à proximité des côtes anglaises. D’ici à octobre, 410’000 ménages anglais pourront être alimentés.

 

Finlande

TVO, le producteur électricité finnois, a fait appel à Commission Européenne de l’aide financière apportée par le Gouvernement Français à Areva. Normalement, les entreprises s’opposent aux aides étatiques. Dans ce cas, TVO reproche à l’Etat français de ne pas assez subventionner Areva!

En effet, TVO a eu l’idée saugrenue de commander la première centrale nucléaire EPR au géant français. Avec tous les problèmes de construction, TVO demande 2,6 milliards € de dédommagement à Areva. L’entreprise finnoise s’inquiète de la capacité du français à payer cette sanction. Le jugement aura lieu avant la fin de l’année.

Le géant énergétique finlandais, Fortum, a lancé une offre publique d’achat sur le géant énergétique Allemand EON. Montant de l’offre: 8,1 milliards €.
Dans l’ombre de cette transaction, on retrouve la patte de la pieuvre Goldman Sachs qui conseille… Eon.

Bref, cette offre arrive une année après la division en deux entités: Uniper avec la production d’électricité fossile et EON avec des actifs propres en renouvelable. Le Groupe Finlandais pourrait revendre les unités de productions comme les centrales à charbon et à gaz qui ont été presque entièrement amorties dans le bilan d’EON et laisser les centrales nucléaires en rade.

La transaction est d’autant plus louche qu’il y a Goldman Sachs aux commandes. Historiquement, c’est toujours le contribuable qui passe à la caisse à la fin de l’histoire.

 

Danemark

Le constructeur d’éolienne Vestas et Tesla Motor désire unir leurs forces afin de créer une solution de stockage électrique basé sur les éoliennes.

 

France

L’Etat engage la cession de 4,1 % du capital de l’énergéticien Engie. Pour faire passer la pilule, Paris enrobe cette vente avec la traditionnelle formule 100 fois utilisées mais qui marche toujours: «afin d’alimenter un fonds de 10 milliards pour les investissements dans les technologies innovantes». LoL

Les dirigeants de l’entreprise EDF estiment difficile, voire impossible, que les futurs réacteurs nucléaires produisent des électrons à un coût plus faible que les nouvelles centrales éoliennes ou solaires. Il faut souligner le très beau travail d’introspection de la part d’EDF.

Total poursuit son développement dans les énergies renouvelables. En 2011, Total avait pris le contrôle du fabricant californien de panneaux solaires SunPower pour 1,6 milliard de dollars. Ce mois, Total a pris une participation de 23 % dans la société Eren Renewable Energy (EREN RE) à travers une augmentation de capital de 237,5 millions d’euros. Eren possède un portefeuille d’actifs dans l’éolien, le solaire et l’hydraulique d’une capacité de 650 mégawatts (MW) en exploitation ou en construction dans le monde.

Après Alstom et la vente pour une bouchée de pain GE, la justice américaine a décidé de mettre Areva dans son collimateur. Sous la pression et la menace d’une forte amende, est-ce que les USA vont tenter d’offrir un nouveau fleuron français à General Electric?

Après l’achat d’Alstom, l’américain General Electric, GE, est maintenant en charge des turbines à vapeur des 58 réacteurs nucléaires sur le territoire français ainsi que dans toutes les centrales réalisées par les français à travers le monde.

Pour un montant de 1,9 milliard $, les 2 réacteurs EPR, livrés à l’Angleterre à Hinkley Point, seront équipés des turbines Arabelles développées à l’époque par Alsom et ensuite données à GE.

 

Ecosse

Le pays désire effectuer une transition des voitures à pétrole d’ici à 2032 soit 8 ans avant l’Angleterre. Nicola Sturgeon désire étendre les points de recharge de voitures électriques.

 

Suisse

La plus haute instance juridique Suisse, le Tribunal Fédéral, a demandé à la centrale nucléaire de Leibstadt et à l’autorité nucléaire suisse (ISN) de publier les chiffres des émanations radioactives de la centrale. Motif: ces données sont importantes pour les citoyens.

Un exercice d’évacuation et de sécurité a été mis sur pied à la centrale nucléaire de Muhleberg. Selon les organisateurs, les résultats ont été positifs. La région, qui compte plus de 500’000 habitants, a réalisé cette évacuation «grandeur nature» avec … 12 personnes! Nous voilà totalement rassuré.

Les prix de l’assurance maladie augmentent en moyenne de Frs 250.—/an par personne et de Frs 800.–/an pour une famille de 4 personnes. Depuis 2015 la hausse dépasse les Frs 1’500.—pour cette même famille!

Bien que les assureurs font tout leur possible pour arriver au niveau des arnaques de Bernard Madoff en personne, c’est le calme plat à part quelque tweet et messages dans les forums. Paradoxalement quand les prix de l’électricité augmentent de Frs 10.–/an/personne afin de financer les énergies renouvelables, les politiciens montent aux barricades et l’on parle de scandale et de pauvreté.

 

Russie

Le Chinois CEFC China Energy a acquis 14,1% des actions dans la compagnie pétrolière russe Rosneft à pour un montant de 9 milliards $. Les actions ont été achetées au Suisse Glencore et au Qatar Investment Authority. Moscou pivote vers Pékin alors que les américains réussissent leur pari de diminuer les livraisons énergétiques de la Russie vers l’Europe.

La Russie aurait baissé sa production à 10,9 millions b/j (-337’000) ce qui correspond à la demande de l’OPEP, même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP.

Dessin: l’excellent Chappatte

 

Les Amériques

Schiste USA

Le pétrole de schiste atteint 6 millions b/j grâce notamment au Bassin Permien qui est passé de 300’000 b/j en 2011 à 2,6 millions aujourd’hui. Si l’on se fie aux expériences du Bakken ou d’Eagle Ford, où seuls les 10 à 15% des champs contiennent du pétrole, les mathématiques peinent à s’aligner sur les rêves de Trump.

Selon l’agence Wood Mackenzie, le Bassin Permien pourrait toucher le peak oil à 3,5 millions b/j, à moins d’une magie technologique.

Les forages de schiste nécessitent 7 barils d’eau pour extraire 1 baril de pétrole.

Les décharges du Colorado sont en train d’être envahies par les résidus radioactifs des forages de schiste. Les autorités ont pris conscience de ce phénomène et tentent d’interdire cette pratique. Les boues qui remontent des forages contiennent naturellement de l’uranium.

 

Venezuela

Le président Maduro a annoncé que les porteurs d’obligations du pays sont à 75% dans les mains américaines et canadiennes. Moscou, le plus grand débiteur du pays, a confirmé que Caracas a demandé la restructuration de sa dette.

 

Canada

La production pétrolière canadienne toussote et voit son plus grand nombre de factures impayées depuis les 12 derniers mois. Le pétrole canadien nécessite des prix du baril bien supérieur à 50$ pour être rentable.

 

Mexique

Le pays fait face à des catastrophes naturelles en série. Après les ouragans, deux tremblements de terre ont fortement secoué le pays.

Shell a ouvert sa première station d’essence dans le pays. La major va investir 1 milliard $ dans les 10 prochaines années.

 

Brésil

On le savait avant qu’il devienne président, mais l’information devient presque officielle: el presidente senior Temer est impliqué dans des programmes de corruption. Le scandale «Lava Jato» (lavage de voitures) se compose de deux anciens présidents, du président actuel, des deux responsables des deux chambres du congrès, 19 avocats et 30% des ministres du gouvernement de Temer.

De son côté le Président Temer tente de stabiliser l’économie du pays. Il propose de vendre les joyaux de la couronne dont la Loterie Nationale ainsi que la plus grande entreprise électrique du pays : Electrobras.

 

Argentine

Les habitants Mapuche dans la région de la Vaca Muerta, Mendoza bloquent la construction de forages de schiste dans ce qui pourrait être le deuxième plus grand réservoir de schiste au monde.

Depuis le début de l’année, les habitants ont réussi à bloquer 14 forages dans la Loma de la Lata. Seulement deux puits sont en activité dans ce territoire grand comme la Belgique.

Dessin : Chappatte

 

Moyen-Orient

Irak

Le référendum sur la création d’un Etat Kurde a passé avec 92% de votes positifs au grand malheur d’Israël, de la Turquie, du gouvernement de Bagdad, de l’Iran et des USA.

Cette décision est d’autant plus importante que les Kurdes sont assis sur une montagne de pétrole. Une réserve de 45 milliards de barils et une production de 600’000 b/j pour être précis. A vue d’œil, cela ne devrait pas se passer comme sur des roulettes d’autant, que pour simplifier la chose, la Russie s’implique de plus en plus dans le pétrole kurde et que l’Iran a déjà bloqué tout transit de pétrole Kurde sur son territoire.

L’année dernière, Moscou a investi 4 milliards $ pour des projets gaziers et pétroliers. Ce mois, Rosneft a proposé 1 milliards $ pour un gazoduc qui relierait le Kurdistan avec la Turquie. Grâce aux kurdes, Moscou est en train de griller la politesse à Washington.

 

Iran

L’entreprise anglaise Quercus va construire l’une des plus grande ferme solaire au monde. Les 600 MW seront installés pour 500 millions €. D’ici à 2020, l’objectif iranien est d’injecter 5 GW de capacité solaire soit l’équivalent de 5 centrales nucléaires.

Après un discours incendiaire de Trump à l’ONU, le président iranien Rouhani a répondu: «En violant ses engagements internationaux, la nouvelle administration américaine détruit simplement sa crédibilité pour les négociations futures».

Le Président Trump se donne jusqu’au 15 octobre pour décider s’il maintient l’accord avec l’Iran ou s’il désire le renégocier. En parcourant ses Tweet, la probabilité n’est pas nulle que l’accord soit dénoncé. Cependant, la Russie, la Chine et certains pays Européens qui ont liés des liens économiques importants, ne devraient pas suivre les intentions de Washington.

 

Emirats Arabes Unis

Shangai Electric (Chine) et ACWA Power (UEA) ont remporté un marché de 3,9 milliards $ pour la construction d’une ferme solaire à concentration avec une tour de 250 m. de hauteur. Nouveau record du monde.

Dubaï va tester un drone taxi électrique et autonome, capable de transporter 2 personnes.

Drone Taxi Electrique par Volcoptère

 

Asie

Inde

L’Inde rejoint la liste des pays qui désirent terminer l’utilisation des voitures à essence. L’objectif est fixé à 2030.

 

Corée du Nord

Le prix de l’essence et du diesel ont fortement augmenté depuis les nouvelles sanctions notamment avec la réduction de 30% des livraisons de pétrole.

Kim Jong Un s’est spécialisé dans l’augmentation du nombre de tweets du compte @RealDonaldTrump.

L’homme semble être brillant et manipule l’opinion publique avec maestria. Le timing des missiles le montre. A défaut de maîtriser l’arme atomique, il maîtrise l’agenda de Trump.

 

Kazakhstan

Le gisement de Kashagan, le plus grand champ offshore et la plus grande découverte depuis 40 ans, trouve enfin son rythme de croisière. D’ici à la fin de l’année, il produira 370’000 barils/jour et 450’000 d’ici à 2019.

 

Japon

TEPCO, le propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, a été condamné à indemniser certains anciens résidents qui ont dû fuir et abandonner leurs maisons. Dans ce cas, la cours du district de Chiba condamne TEPCO mais pas le gouvernement japonais.

En mars dernier, un premier jugement, dans un autre cas, avait condamné TEPCO et le Gouvernement.

Dessin: Chappatte

 

Afrique

Nigeria

Le bateau d’extraction et de stockage pétrolier Egina FPSO (Floating Production Storage and Offloading), en construction en Corée du Sud, devrait arriver courant 2018. Ce bateau construit Samsung Heavy Industries et commandé par Total permettra d’extraire 200’000 b/j supplémentaires. Le Nigeria a insisté pour que Samsung intègre un maximum d’entreprises nigériennes dans sa construction.

Le ministre du pétrole, M. Kachikwu souligne que la production du pays reste en-dessous de 1,8 million b/j. et respecte les quotas de l’OPEP. Il reste à vérifier si ce chiffre est vrai.

 

Libye

En août, la production pétrolière avait baissé de 990’000 b/j à 830’000 b/j suite à des fermetures de pipelines à cause des groupes armés comme la Reyayna Patrol Brigade.

 

Peak Energy – Peak Oil

Le norvégien DNV GL, expert dans le domaine de la gestion des risques, pense que la demande d’énergie va se stabiliser dès 2030 et ensuite va diminuer grâce à l’efficience énergétique. Pour le pétrole, le peak devrait arriver en 2022 sous la pression des voitures électriques.

 

Phrases du mois

«Comme il est stupéfiant de voir tous les constructeurs automobiles allemands, dirigés par des hommes qui sentent l’essence, se lever et embrasser la voiture électrique.» Max Warburton, analyste à Bernstein

“Artificial intelligence is the future not only of Russia but of all of mankind,” Putin said. “Whoever becomes the leader in this sphere will become the ruler of the world.” Elon Musk, Fondateur Tesla Motor

«Les USA se trompent au sujet de l’Abondance Energétique en général et le pétrole en particulier. Pourtant, ce n’est pas ce que nous entendons de la part des supporters de l’industrie et des médias. De leur part, nous entendons des promesses en or et des richesses à venir. Ces récits contiennent une part de vérité, une part de mythe mais beaucoup de fantaisie. Ces deux derniers, mythe et fantasme vont gravement impacter les investisseurs ainsi que les politiciens qui prennent des décisions d’investissements extrêmement médiocres. » Chris Martenson. www.peakprosperity.com

«Ce n’est pas le temps de parler de changements climatiques”. Scott Pruitt, Administrateur de l’Environmental Protection Agency Administrator avant l’arrivée de l’ouragan Irma en Floride. Le même jour, Fox News publiait sur la page d’accueil. Irma arrive. Où est Dieu ?

« Les coûts financiers pour reconstruire les Iles Vierges Brittaniques s’élèvent à 3-5 milliards $. Les coûts pour reconstruire Houston se chiffrent en milliards $. Si tout cet argent pouvait être investi dans les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien, au futur, nous n’aurions pas à souffrir de ces affreux événements. Cela serait bien mieux que devoir réparer les maisons détruites ». Richard Branson.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

L’Ouragan Harvey: le Fukushima Américain ?

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump n’a cessé de promouvoir sa doctrine de «Dominance Energétique» sur le reste du Monde.

Il aura fallu l’arrivée de l’ouragan Harvey, puis dans une moindre mesure, celle d’Irma, pour souligner la fragilité du secteur pétrolier et gazier américain ainsi que le manque de résilience du système énergétique. La région, balayée par les ouragans, est le cœur de l’industrie pétrolière et pétrochimique du pays. Ces événements soulignent que tous les œufs ont été mis dans le même panier et questionnent les choix du Gouvernement.


L’industrie pétrolière secouée par Harvey

Certes Harvey est un événement exceptionnel (pour combien de temps encore), mais en un seul passage, il aura réduit de 25% les capacités de raffinage américaines (2 millions de barils/jour), mis à l’arrêt les nombreuses plateformes pétrolières du Golfe du Mexique, ralenti les forages de schiste dans les terres texanes et stoppé une grande partie des pipelines qui convergent vers la Louisiane et le Texas.

Selon l’Agence Américaine de l’Energie, 45% de la capacité de raffinage pétrolier du pays et 51% du gaz sont localisés dans cette région. De plus, les plus grands champs de schiste, sensés participer à la renaissance énergétique du pays, se trouvent également dans cette zone de tir.

En toute logique, c’est dans cette région que l’industrie pétrochimique s’est installée. En quelques heures, 61% de la production de plastique à base d’éthylène a été mise hors service.

A grands coups de millions de dollars, 8 des 20 raffineries endommagées ont pu reprendre du service. Motiva, la plus grande unité du pays, située à Port Arthur, devrait atteindre 40% de sa capacité dans les jours à venir.

Cependant, pour combler le manque de production et très loin de la «Dominance Energétique», 40 tankers pétroliers ont été redirigés d’Europe et d’Amérique Latine en direction des USA.

 

Irma ferme les centrales nucléaires de Floride

En Floride, entre Miami et Fort Lauderdale, 36% des stations d’essence étaient à sec, malgré plus de 40 millions de litres livrés en urgence pour permettre l’évacuation des habitants. Les moyens de transports en commun inexistants, c’est en voiture que la population a dû fuir l’Etat.

Du côté électrique, les deux centrales nucléaires, Turkey Point et St. Lucie ont été mises à l’arrêt. Son propriétaire assure que les murs de protection de 6 mètres, érigés autours des réacteurs, suffisent pour faire face aux inondations.

 

Harvey et Irma : le Fukushima Américain?

Il est encore trop tôt pour évaluer les impacts de Harvey et d’Irma sur la politique énergétique du pays. Une certaine humilité et un recul pourraient être envisagés, mais pour l’administration Trump, il semble compliqué de mettre tous ces mots dans une même phrase.

Une première tendance se dégage.

Les médias n’ont pas cessé de souligner l’importance de l’augmentation de la température de l’eau dans le Golfe du Mexique et dans l’Atlantique, la rapidité de la formation des ouragans et leurs puissances démultipliées dues au réchauffement climatique.

Ce thème est en train de s’ancrer comme une évidence au sein de la population, même si le Directeur de l’Agence de l’Energie, Scott Pruit, a sobrement annoncé «Ce n’est pas le temps de parler de changement climatique !»

De son côté, le Gouverneur du Texas, Greg Abbott, farouchement opposé à l’idée d’un réchauffement, se trouve sous les feux de la rampe pour avoir privilégié la croissance à tout prix, encouragé les constructions et de n’avoir pris aucune mesure contre les inondations durant ces dernières années.

Peut-être que nous allons atteindre le point ou les dégâts seront trop sérieux pour être ignorés et que les émissions de CO2, de méthane ou de gaz à effet de serre générés par les énergies fossiles seront prises en compte dans la facture de ces dévastations.

Il reste à voir si ce jour est arrivé ou pas!

Harvey a le potentiel d’un Fukushima américain. Sous la pression des électeurs, des entreprises et des victimes, le président américain pourrait être tenté de revoir sa copie sur les ambitions énergétiques du pays et son positionnement sur les catastrophes météorologiques.

Pendant ce temps, le puissant réseau Fox News, proche du gouvernement Trump, a apporté une réponse, à sa manière, sur sa Page d’Accueil: Irma arrive, où est Dieu ?