Le Pétrole: entre joueurs de poker et d’échec

Depuis le début de l’année, le baril de pétrole a gagné plus de 10$ et les probabilités de le voir continuer sur cette tendance augmentent. Le manque d’investissements dans l’exploration de nouveaux gisements, la chute du Venezuela, les problèmes de la Libye et le choix de Trump sur l’accord iranien pourraient à nouveau voir le baril émerger au-dessus de 100$.

Une partie mondiale entre joueurs de poker et joueurs d’échec est engagée.


Du côté des exportateurs, le premier regard se tourne vers le Moyen-Orient notamment vers l’Arabie Saoudite et l’Iran.

 

Iran et Arabie Saoudite

Si les coûts d’extractions pétroliers des deux pays rayonnent dans une fourchette de 4 à 10$/baril, leurs dépenses sont diamétralement opposées.

L’embargo a maintenu les prétentions financières de Téhéran dans des proportions minimales tout en gérant une solide présence militaire en Syrie et au Yémen. Depuis la levée des sanctions, le pays a augmenté sa production de 1 million b/j. et ses exportations se sont presque exclusivement tournées vers l’Asie (Chine, Inde, Corée du Sud). Les entrées de pétrodollars ont apporté une bouffée d’air frais à l’Economie du pays.

En l’état actuel, l’Iran peut se contenter d’un baril à 40-50$. Le reste n’est que bénéfice.

 

La grandiloquence du business modèle de l’Arabie Saoudite caractérise son budget. Les glorieuses années, qui voyaient un baril à plus de 100$, ont fondamentalement modifié les habitudes. Le faste et le brillant ont un prix.

Pour garder son peuple sous tutelle et éviter toute révolution, la famille royale distribue annuellement des dizaines de milliards $ à ses 22 millions de citoyens nationaux. Cet obole pèse lourdement dans les caisses du royaume.

De plus, l’Arabie Saoudite entretient la plus dispendieuse et certainement la plus inefficace armée du monde. Pour 2018, 60 milliards $ sont prévus soit 10% du PIB. Pour comparaison, le budget militaire russe se monte à 46 milliards $ (2,8% PIB) et 14 milliards $ pour l’Iran. (2,1% PIB).

Pour la santé de son bilan comptable et pour tenir tête à l’Iran, Riyad espère un baril à 80$.

Afin de combler son budget, le prince héritier Mohammed bin Salman désire mettre en vente 5% des actions de l’entreprise nationale pétrolière: Saudi Aramco. Il espère lever entre 100 et 200 milliards $. L’IPO pourrait enfin titiller l’intérêt des investisseurs étrangers à condition que le baril passe sur la barre des 80$.

On comprend ainsi mieux la volonté de Riyad de maintenir les quotas minimaux actuels de l’OPEP. La vis devrait se desserrer à l’approche des 100$ le baril afin de ne pas mettre en péril la demande et l’Economie mondiale.

 

Production pétrolière du Venezuela


Sources: Bloomberg, OPEP, Financial Times

La Russie

En deux ans grâce aux quotas de l’OPEP, Moscou est devenu un allié improbable de Riyad. Réélu, Vladimir Poutine compte sur une hausse du baril pour couvrir les dépenses de son nouveau programme et ses ambitions internationales. Le pétrole et le gaz sont les carburants essentiels au budget russe puisque qu’ils pèsent un peu plus de 50% dans les recettes du budget fédéral.

Si au Moyen-Orient, Donald Trump a parié sur Israël et l’Arabie Saoudite, la nature ayant horreur du vide, la porte a été laissée grande ouverte à la Russie et à la Chine pour y jouer un rôle clé auprès des autres nations.

Ainsi, l’influence russe augmente à chaque poussée de fièvre du pétrole notamment en Syrie, au Qatar, en Irak ou en Iran.

L’Iran et la Russie ont même débuté un troc: pétrole contre nourriture et produits russes des plus prometteurs.

 

La Chine

Pékin a des raisons de se réjouir du pari américain de réinstaurer les sanctions contre l’Iran. Le premier importateur de pétrole au monde a ouvert sa propre bourse pétrolière à Shanghai nominée en Yuan.

Au lieu d’utiliser le dollar américain, sensible aux remontrances de Washington, l’Iran pourra ainsi faire confiance au Yuan chinois. On ne doute pas une seconde que la Chine pourra bénéficier de «tarifs avantageux et préférentiels» en signe de remerciements.

Cependant Pékin peut craindre une escalade des tensions entre l’Iran et les USA/Israël/Arabie Saoudite. Le détroit d’Hormuz peut être bloqué par les iraniens et, paralyser le quart de la production mondiale.

La Chine aura intérêt à modérer les ardeurs des différentes parties. L’arrivée d’un deuxième porte-avions dans l’armée chinoise tombe à point nommé.

 

Routes Maritimes pétrolières Sources: EIA

 

Les USA

Washington a également besoin d’un baril supérieur à 80$ pour que les producteurs de schiste deviennent rentables et puissent maintenir la production actuelle.

La décision iranienne de Donald Trump pourrait participer à cette perspective même si les automobilistes américains sont directement impactés. On peut douter que Joe America prédispose de plus de place que les pétroliers dans le cœur de Trump.

Il faut espérer que l’inflation induite par le pétrole ne fasse pas exploser les nouvelles bulles des subprimes des crédits d’achats de voitures ou des crédits aux étudiants. Le taux du rendement du 10 ans américain vient tout juste de passer au-dessus des 3%.

Finalement, en activant le spectre de l’Iran, c’est tout le secteur de l’armement qui est galvanisé. Des emplois américains pourraient être maintenus notamment par la vente d’équipements à Israël et à l’Arabie Saoudite.

 

Venezuela

L’outil de production pétrolier et l’Economie nationale semblent dans un tel état de déliquescence, que l’on peine à imaginer que même un baril à 100$ évitera l’écroulement.

Avec la pénurie mondiale annoncée, la chute du Venezuela risque de propulser rapidement les prix à la hausse.

 

Si un joueur de poker peut rapidement amasser une fortune, la vision à long terme d’un joueur d’échec peut faire merveille dans la configuration actuelle.

Quoi qu’il en soit, par leur incapacité à découpler leur Economie de l’or noir, les pays “sans pétrole” sont relégués au rôle de simples spectateurs qui paient leurs billets…  au prix qu’on leur impose.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Avril 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Pétrole: Rester sous les 100$ pour ne pas détruire l’Economie mondiale
– Arabie Saoudite: 33.8 milliards $ de bénéfices en 6 mois pour Saudi Aramco
– Chine: 9’500 nouveaux bus électriques mis en service tous les mois
– Irak: Le pays a doublé ses réserves pétrolières et devient No1 mondial
– France: EDF a perdu 1 million de clients en une année
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ dans l’énergie solaire
– Venezuela: 25’000 employés ont quitté la compagnie pétrolière nationale
– Libye: De fortes craintes sur la production pétrolière de 1 million de barils/jour.


 

Les T-shirts “Le baril à 80$, j’y étais” sont en train d’être imprimés au cas où le pétrole garde sa forme olympique. A Londres, il grimpe à 75.17$ (70.27$ fin mars) et à 68.57$ à New York (64.94$ fin mars).

L’uranium n’est plus que l’ombre de lui-même. Plus personne ne le regarde ou lui envoie une carte pour son anniversaire. En pleine dépression, il dort à 20.85$ (21.10$ fin mars).

 

Graphique du mois
Facteurs déclencheurs de la crise de 2008 vs situation actuelle

 

OPEP: Pétrole

L’Arabie Saoudite collabore avec la Russie (qui n’est pas membre du cartel) pour tenter de maîtriser les prix du baril sur une période de 10 ans. L’objectif est de le maintenir dans une fourchette de 80 à 100$. Juste assez pour remplir les caisses des pays producteurs et pas assez pour détruire l’Economie.

Dès 2020, un peak de production pourrait défier cet objectif. Ce rapprochement serait une première pour Moscou qui a toujours voulu garder son indépendance.

Avec 50 millions barils/jour (b/j), le poids de l’alliance pèserait 50% de la production mondiale ce qui pourrait crisper les importateurs comme les USA, la Chine et l’Europe. Donald Trump s’est d’ailleurs fendu d’un tweet sur le sujet.

Depuis janvier 2017, le surplus des réserves pétrolières mondiales est passé de 332 à 12 millions de barils!

 

 

Gaz

L’International Maritime Organisation tente de réduire de 50% d’ici à 2050 l’utilisation de pétrole lourd pour les transports maritimes. Initialement prévu à 70% l’Arabie Saoudite, les USA et l’Argentine ont fait pression pour diminuer les ambitions de l’organisation.

Le gaz naturel a été perçu pour remplacer le pétrole brut lourd (déchets de raffinage) utilisé traditionnellement par les bateaux/tankers. Fausse bonne idée, même le pétrole lourd, voir le charbon, est moins dangereux pour le climat que l’utilisation du gaz naturel. Causes: les émanations de méthane lors de l’extraction du gaz et lors de son utilisation. Lire l’étude de la commission européenne.

 

Dessin Chappatte

 

Les Acteurs Clés

Russie

Moscou exerce un lobby tout aussi féroce que les USA et Bruxelles sur le gouvernement Danois afin d’obtenir (ou pas) l’autorisation de construire du gazoduc Nord Stream 2 qui reliera l’Allemagne et la Russie. Le projet de 11,7 milliards $ crispe. De leur côté, les américains militent pour la livraison de gaz de schiste en Europe afin de diminuer la part de marché du gaz russe en Europe.

L’IEA pense que la Russie va atteindre son peak oil dans les 3 années à venir. En 2017, Moscou a extrait 11,2 millions b/j, au plus haut depuis 29 ans. En 2021, elle devrait atteindre son pic à 11,7 millions.

Toujours selon l’Agence Internationale de l’Energie, en 2035, la Russie produira 6 millions b/j de quoi satisfaire sa consommation interne sans pouvoir exporter. En même temps, cela fait 10 ans que l’on annonce que la Russie va peaker et les gisements de schiste n’ont pas encore été exploités.

 

USA

L’administration Trump s’est fortement investie dans la promotion de nouveaux champs pétroliers offshores (en mer). Malgré les appels aux majors pétrolières, seul 1% des lots mis aux enchères ont trouvé preneur. Les coûts d’investissements et le risque de marée noire refroidissent les potentiels acquéreurs.

En moyenne en 2018, les foyers américains vont dépenser 400$ de plus pour acheter leur essence. En contraste, la classe moyenne bénéficie d’une ristourne de 930$ de déductions fiscales votées en fin d’année 2017. Le prix moyen de l’essence est de 3$ le gallon (3,7 lt) contre 1,75 en février 2016.

Citi et Wells Fargo ont trouvé un nouveau moyen de refaire du «subprime» via des prêts à des sociétés «non-financières». Ce concept avait créé la crise de 2008. Imaginer que les «grosses banques» s’y remettent, ça fait froid dans le dos. Remettre une couche dans le «subprime», c’est un peu comme retourner dans le réacteur de la centrale de Fukushima en maillot de bain pour voir «si tout se passe bien.»

L’organisation environnementale EDF, Environmental Defense Fund va lancer un satellite capable de mesurer les émissions et les fuites de méthane reliées aux forages gaziers et pétroliers.

L’administration Trump a décidé d’assouplir les normes de pollution pour les voitures particulières. Les consommateurs américains ont recommencé à racheter des véhicules plus gros et plus polluants. Les SUV et les «pickup» représentent désormais plus de 60% du marché.

Momentum Dynamics a développé un système de recharge sans fil pour bus BYD K9S. La recharge, par induction, s’effectue en 5 minutes et peut également recharger les voitures électriques. Ce système remplace les bornes de recharge avec prises. Sympa.

L’énergie éolienne a représenté 6,3% de la production américaine. Pour les Etats de l’Iowa, le Kansas, l’Oklahoma et le Dakota du Sud, l’éolien a représenté le 30% de leur consommation.

Le raffineur Marathon Petroleum rachète son rival Andeavor pour la modique somme de 36 milliards $. La nouvelle entité pourra raffiner 3 millions b/j, soit le 15% des capacités du pays et devient le No1 aux USA.

 

Recharge par induction: Momentum Dynamics

 

Arabie Saoudite

Le Prince héritier bin Salman est de retour au pays après 3 semaines passées aux USA, en France et en Angleterre pour assurer le service après-vente de son projet de réformes. La “Vision 2030” du pays exige 500 milliards $ d’investissements et le Royaume recherche des investisseurs étrangers. Une certaine dose d’audace est nécessaire pour investir dans un pays qui se dirige vers le peak oil, qui manque cruellement d’eau et qui devient invivable à cause du réchauffement climatique.

L’IPO de Saudi Aramco pourrait se faire dès septembre 2018 selon Armin Nasser son CEO. A la question, quels dividendes seront versés aux investisseurs? Le Ministre de l’Energie al-Falih s’est fendu d’un laconique: «on verra ça en temps voulu». L’IPO pourrait se faire à New York ou Londres même si aux USA des menaces de poursuites face aux attaques du 11 septembre 2001 sont sur la table.

Bloomberg pense que Saudi aurait gagné 33.8 milliards $ durant les 6 premiers mois de 2017. Si cette information est vraie, la major serait la plus profitable au monde et engrangerait plus de profit que Exxon, Shell, Chevron, Total et BP réunis.

Toujours selon Bloomberg, les coûts d’extraction du pétrole de Saudi Aramco avoisinent les 4$ le baril. Shell et Exxon tournent à 20$ le baril. Le schiste américain à plus de 60$.

L’Arabie Saoudite a lancé une campagne de communication qui a pour but de rassurer les importateurs de pétrole. Le Royaume annonce pouvoir maitriser les prix du baril entre 80 et 100$. Au-delà, l’Economie mondiale pourrait entrer en récession et/ou reproduire le schéma de 2008.

Le fond souverain du pays et la banque japonaise SoftBank ont annoncé le lancement du plus grand projet solaire au monde. Cette année, SoftBank Vision Fund sortira de sa poche 1 milliard $ sur les 200 milliards $ prévus d’ici à 2030 pour produire 200 Gigawatts soit bien plus que la consommation du pays.

Afin de construire, la nouvelle ville Neom voulue par le Prince héritier, l’Arabie Saoudite a acheté les terres du Sinaï à l’Egypte pour 10 milliards $. En manque de cash, le Président Abdel Fattah el-Sisi a également lâché deux îles de la Mer Rouge: Tiran et Sanafir.

 

Chine

La Chine a instauré une bourse pétrolière basée sur le Yuan. L’indice de Shanghai pourrait apporter un avantage financier à la Chine dont l’importation dans sa monnaie. Le Yuan pourrait obtenir une reconnaissance internationale par rapport à la monnaie de Trump d’autant que le pétrole brasse 14’000 milliards $ par année.

Au premier trimestre la croissance chinoise fut de 6,8% (objectif the 6,5%) alors que le gouvernement a pris des mesures pour combattre la bulle immobilière.

Avec 385’000 bus électriques, le parc chinois détient le 99% du parc mondial. Chaque mois 9’500 bus de plus sont mis en service notamment par le constructeur BYD.  Les 275’000 barils/jour de pétrole économisé commencent à heurter l’industrie pétrolière.

La Chine pourrait ajouter 700 forages de gaz de schiste d’ici à 2020 sur 3 gisements opérés par PetroChina et Sinopec. Pékin a l’objectif d’extraire 30 milliards m3 d’ici à 2020 pour remplacer le charbon. Le charbon est plus polluant pour l’air alors que le gaz est plus dangereux pour le réchauffement climatique. Quand il faut choisir entre deux poisons.

L’énergie éolienne a atteint 163,7 GW soit le 10% de la production nationale. Certaines régions comme dans la province du Shaanxi est capable de fournir bien plus d’éolien mais l’infrastructure électrique n’arrive pas à suivre.

 

Dessin: l’Excellent Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

Le 12 mai, Donald Trump pourrait revisiter les sanctions contre l’Iran. Alors que les prix du baril augmentent, cette décision pourrait pousser le baril encore plus haut. Donal Trump n’est pas sans savoir que les automobilistes cherchent toujours un coupable pour justifier une hausse de l’essence. Comme les élections de mi-mandat arrivent à l’automne, le maître du Monde a certainement ce paramètre en tête. Pour s’émanciper de la hausse, il a envoyé un tweet accusant l’OPEP.

Si le baril devait remonter sur les 100$, les risques de récession pourraient mettre à mal les ambitions économiques de Trump.

La Russie et l’Iran ont démarré un programme de troc: “pétrole/marchandises” afin d’éviter les transactions en dollar américain. Moscou recevra 100’000 barils/jour en échange de marchandises et des produits agricoles russes.

 

Irak

Selon le ministre du pétrole al-Luaibi, les réserves du pays sont plus élevées que les estimations de 153 milliards de barils. En fait, le brave homme a doublé et passé les réserves à 310 milliards de barils. Avec cette règle de trois, l’Irak prend le leadership mondial devant le Venezuela à 300 milliards et l’Arabie avec 260 milliards de barils. Tous ces chiffres sont à prendre avec des pincettes et un certain scepticisme.

L’objectif du pays est d’augmenter sa production pétrolière de 5 à 6,5 millions b/j d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, le pays va devoir pomper d’importantes quantités d’eau de la mer et la dessaler afin de l’injecter dans les forages. Une usine est en train d’être construite. Sa mise en service est prévue en 2022.

Europe

La part de marché des ventes de voitures diesel est descendue à 39% en février (46% en 2017).

France

Comme Shell, le pétrolier Total continue sa transition de pétrolier à électricien. Le géant a acheté 75% de Direct Energie pour 1,4 milliards €. Direct Energie livre de l’électricité aux particuliers. Sur ce marché, Total se retrouve en 3ème position après Engie et EDF dans la livraison de gaz et d’électricité avec 3,1 millions de clients.

En 2016, Total avait déjà acheté le Belge Lampiris avec 6 millions de clients en France et 1 million en Belgique.

De son côté Engie compte 4 millions de clients et EDF 25.6. En 2017, EDF a perdu plus de 1 million de clients.

Engie et EDF importent de plus en plus de gaz de schiste américain. Ce comportement amène la question : est-ce que les citoyens veulent vraiment du gaz aussi sale ?

Le PDG de Direct Energie (donc Total) Xavier Caïtucoli, a annoncé: “le compteur électrique Linky, ce n’est pas Facebook!” On ne voudrait pas mettre sa parole en doute, mais côté transparence, ça reste opaque. Avec la nouvelle loi DGPR sur la protection des données, l’entreprise devra demander l’autorisation à ses usagers pour les traquer et de passer à une prise de données toutes les 30 minutes.

Plus de sept millions de ces compteurs numériques ont déjà été installés en France, mais ils sont contestés dans environ 300 villes et communes.

Emmanuel Macron et Donald Trump ont planté un chêne dans le jardin de la Maison-Blanche pour afficher l’amitié entre les deux rois du marketing. Cinq jours plus tard, le chêne a déjà été retiré de la pelouse de la Maison Blanche.

 

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Hollande

Sous la pression de l’association Friends of the Earth, Shell a publié sa “Transition Energétique” et explique comment elle va réduire ses émissions de carbone. Shell désire s’insérer dans l’électricité générée de manière renouvelable.

Le rapport arrive alors que Friends of the Earth avait menacé légalement la major pétrolière avant son assemblée générale.

 

Allemagne

Berlin demande à ses constructeurs automobiles d’effectuer une rapide transition vers la voiture électrique et les batteries afin de sauvegarder les emplois dans le pays. L’Allemagne a produit 16,5 millions de voitures en 2017 avec 825’000 travailleurs. Les constructeurs devraient mettre 50 milliards $ sur la table pour développer leurs voitures électriques.

Herbert Diess a remplacé Matthias Müller au poste de président de Volkswagen. Matthias Müller a eu droit à une augmentation de 40% de son salaire à 10 millions €. Le mois dernier, il avait prédit un grand retour du Diesel. Quant à Herbert Diess, il s’est régulièrement heurté aux syndicats. On peut imaginer que l’ambiance au sein de la multinationale va être intéressante.

 

Norvège

Les norvégiens de InterWell ont réussi à trouver un moyen pour condamner définitivement un puits pétrolier ou gazier. L’injection de Thermite, un mélange d’aluminium métallique et d’oxyde de fer, permet de brûler et de faire fondre à 3000 degrés les tuyaux ainsi que les roches alentours en créant un magma artificiel. Ce système permet de stopper les émanations de méthane dans les puits abandonnés.

 

Suisse

Vous n’allez jamais le croire. Le Département fédéral de l’énergie Suisse a revu à la hausse les coûts de désaffectation des centrales nucléaires et de gestion des déchets radioactifs. La douloureuse devrait se monter à 24,581 milliards $, soit 1,097 milliard $ de plus que l’estimation de décembre dernier et le double d’il y a quelques années. Certains parlent d’une facture à 40 milliards. Qu’importe le montant final, nos enfants s’en chargeront.

La Banque Nationale Suisse annonce une perte de 6,5 milliards francs. Coïncidence, la BNS a justement perdu 7 milliards $ dans ses investissements dans le pétrole et gaz de schiste aux USA. L’institution, qui fait preuve d’autant de transparence et d’ouverture que le KGB, aurait déclaré «c’est injuste, c’est vraiment trop injuste

 

Déclaration du Président de la Banque Nationale Suisse sur les pertes de 6,5 milliards francs

 

Les Amériques

Venezuela

La production pétrolière plonge à 1,6 millions b/j (2,4 en 2015). Selon Reuters, les employés quittent massivement l’entreprise nationale pétrolière PDVSA sous le contrôle du Général Manuel Quevedo. A son arrivée, le Général a licencié une grande quantité d’employés et les a remplacés par des militaires. Sur les 146’000 employés, 25’000 sont partis depuis janvier 2017. Si PDVSA devrait s’écrouler, le prix du baril pourrait secouer l’Economie mondiale.

L’inflation atteint les 13’000% et l’Economie a chuté de 15%.

Le pays doit honorer une dette de 8 milliards $ cette année et un défaut n’est pas exclu.

Le Venezuela est l’un des plus grands exportateurs de pétrole vers Washington et livre 41% sa production. Ce chiffre est en baisse alors que les USA préfèrent le Mexique et le Canada. Les raffineries US apprécient le brut très lourd de Caracas et d’éventuelles sanctions de Trump pourraient mettre à mal des unités de raffinage.

Le Président Nicolas Maduro espérait rembourser 3,15 milliards $ de dettes à la Russie via sa nouvelle crypto monnaie. Evidemment, Moscou a décliné l’offre.

 

Chili

Le gouvernement chilien étudie la possibilité d’interdire la vente de 32% du plus grand producteur national de lithium SQM au chinois Tianqi Lithium. Le montant de la transaction est  estimée à 5 milliards $. Le lithium est un composant essentiel pour les batteries de voitures électriques.

Le Président Sebastián Piñera fait face à une pression et aux menaces chinoise. Si Tianqi arrive à exécuter cette transaction, il détiendra une place dominante sur le marché mondial. Tianqui possède déjà la mine de Talison Lithium en Australie. La décision pourrait intervenir en août.

 

Argentine

Le président Mauricio Macri, l’ami des multinationales, propose d’étendre la prospection pétrolière et gazière en Patagonie.

Omar Gutierrez , gouverneur de la province de Neuquen, estime qu’il faut maintenant lever les règles sur l’extraction de schiste dans la formation de la Vaca Muerte. L’extraction est actuellement deux fois moins chère et représente le 22% de la production nationale.

 

Dessin Chappatte

 

Asie

Corée du Nord et du Sud

Les leaders des deux pays se sont rencontrés lors d’une rencontre… historique.

La Russie a proposé de construire un gazoduc pour relier la Corée du Sud via la Corée du Nord.

Les syndicats de Hyundai Motor préviennent que 70% des employés pourraient perdre leurs emplois à cause de l’arrivée des voitures électriques. Ces véhicules ne nécessitent pas de boites de vitesses et de moteurs compliqués.

 

Afrique

Libye

L’homme fort du pays, le Général Khalifa Hifter, 75 ans, a été emmené en France pour se faire soigner d’une possible attaque.

Les efforts du général pour maintenir la production pétrolière du pays ont été essentiels. Aidé par les forces militaires, la Libye est passée de 300’000 à 1 million b/j. depuis la chute de Kadhafi. Si Hifter ne devait pas retourner au pays, on peut imaginer que les fractions rivales redeviennent rivales.

Les amabilités n’ont d’ailleurs pas tardé. A al Waha, un pipeline a explosé perdant 100’000 b/j. Il reste à espérer que le chaos ne reviendra pas dans tout le pays.

 

Algérie

L’italien ENI a signé une série d’accords pour développer l’exploitation gazière dans le pays. L’Algérie est le 10 ème plus grand producteur de gaz mondial et le 3ème fournisseur pour l’Europe.

Anadarko, Total, et Statoil sont également dans les parages, mais la bureaucratie et l’inertie du pays réfrènent les ardeurs des pétroliers et gaziers.

 

Nigeria

La production du pays plafonne à 2,022 millions b/j au lieu des 2,3 du budget. Alors que le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole, il est le plus grand importateur d’essence.

 

Phrases du Mois

We are working to shift from a year-to-year agreement to a 10 to 20-year agreement. We have agreement on the big picture with Russia, but not yet on the detail.” Mohamed bin Salman, prince Héritier de l’Arabie Saoudite.

« Les USA présente une solide candidature pour la Coupe du Monde de Football en 2026 avec le Canada et le Mexique. Ce serait une honte si les pays que nous  avons toujours financièrement aidés feraient du lobby contre la candidature américaine. Pourquoi devrions-nous supporter ces pays, s’ils ne nous supportent pas (inclus les Nations Unies). » Donald Trump

The military guys arrive calling the engineers thieves and saboteurs,” un cadre vénézuélien de PDVSA.

Le pessimisme de l’intelligence face à l’optimisme de la volonté. Au point de vue purement intellectuel, ce n’est pas facile d’être optimiste, mais nous avons besoin d’être optimiste.”  Antonio Gramsci.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Un baril de pétrole à 74$, ça vous change le monde

Le baril de pétrole a pris l’ascenseur et gagné 7$ en 2 semaines pour atteindre 74.72$ à Londres. Pour autant, l’avenir de l’or noir est toujours aussi difficile à prédire même si la probabilité de le voir remonter à 100$ gagne du terrain.

Les fondamentaux actuels ne sont pas sans rappeler la crise de 2008: forte hausse des prix du baril, dérégulation financière, poussée de l’inflation et niveau inquiétant de la dette. Le tout avait débouché sur un crash. L’histoire est-elle en train de se répéter?


 

Depuis de nombreux mois, l’industrie pétrolière s’inquiète de la pénurie de production à venir. Générée par le manque de 1’000 milliards $ d’investissements nécessaires à combler la déplétion des gisements, l’Economie Mondiale pourrait être impactée dans les 2 années à venir.

La semaine dernière, Paal Kibsgaard, CEO de Schlumberger, craignait le «sous-investissement dramatique qui pourrait conduire à un déficit de l’offre dès le mois de septembre 2018 déjà».

Présenté comme le sauveur mais démenti par l’implacable froideur des chiffres, le pétrole de schiste aura d’avantage été un buzz médiatique qu’une solution pérenne pour les décennies à venir.

 

 

Arabie Saoudite : «L’Economie Mondial peut vivre avec un baril entre 80 et 100$»

Dans l’immédiat, c’est la baisse de production de 1,8 million barils/jour voulue par l’OPEP et Moscou qui stimule les prix du baril. Depuis janvier 2017, les stocks mondiaux ont diminué de 360 millions de barils.

Conscient du risque, Riyad a lancé une campagne de communication rassurante. Le ministre du pétrole saoudien, Khalid al-Falih, souligne que «l’Economie Mondiale a les capacités d’absorber un baril entre 80 et 100$.» L’objectif est clair : éviter d’essouffler l’Economie avec un baril trop cher. De son côté, le Prince héritier Mohammed bin Salman a tenté de rassurer en «désirant maîtriser les prix du baril sur une période de dix ans et de les maintenir dans cette fourchette».

Est-ce que l’OPEP et la Russie auront la capacité technique d’augmenter leurs productions pour éviter que les prix explosent? Cette question n’a pas encore de réponse mais éveille des craintes.

Vendredi dernier, le Président Trump s’est fendu d’une première mise en garde via Twitter. Dans une position schizophrénique, Trump acclame une hausse qui permet de soutenir son pétrole de schiste mais condamne une essence trop chère qui pénalise ses électeurs avides de pick-up trucks et autres SUVs.

 

A 100$ : le pétrole détruit l’Economie

Le mécanisme macro-économique est maintenant connu et testé. Dès 100$, le pétrole tend à détruire l’Economie et provoque sa chute en entrainant le prix du baril à la baisse. Ainsi durant la crise de 2008, après avoir atteint 147$, le baril a chuté en quelques mois à 30$.

De manière conceptuelle, le schéma se résume ainsi. La dérégulation financière permet aux institutions bancaires de créer des «produits exotiques» qui facilitent l’accès aux prêts des particuliers et des entités publiques.

L’augmentation du pétrole, pousse l’inflation et fait augmenter les taux d’intérêt. L’incapacité de payer les intérêts fait exploser la bulle.

L’Economie se contracte et fait chuter les prix du baril.

 

La dette mondiale atteint un nouveau record

Avec 164’000 milliards de dollars, soit 12% de plus qu’en 2009, l’année qui a suivi la faillite de la banque Lehman Brothers, la dette mondiale a atteint un nouveau record avec 225% du produit intérieur brut mondial.

Depuis 2007, la Chine représente 43% de l’augmentation de cette dette. Les USA cumulent 21’000 milliards $ soir 5’600 milliards sont des emprunts de l’État et 15’300 milliards, des emprunts des collectivités publiques.

Même le Fonds Monétaire International (FMI) s’inquiète de cette hausse et suggère de «terminer les stimulations fiscales qui ne font que d’aggraver la dette publique». Ces recommandations doivent siffler aux oreilles de Donald Trump qui vient d’instaurer une baisse fiscale importante tout en augmentant la dette du pays. Elle pourrait même atteindre les oreilles de la Suisse qui propose de diminuer la fiscalisation des entreprises.

Après la bulle de l’immobilier via les subprimes de 2008, aujourd’hui les dettes des étudiants et propriétaires d’automobiles américains ainsi que la dette immobilière chinoise préoccupent.

 

Un changement majeur

Parmi les similitudes avec 2008, il y a un élément qui diffère fondamentalement. Contrairement à la précédente crise, de nombreux responsables de l’industrie pétrolière ainsi que le directeur de l’Agence Internationale de l’Energie, Fatih Birol, s’inquiètent ouvertement de l’impact à venir des prix de l’or noir sur l’Economie. C’est déjà un progrès!

Serait-il opportun de réellement s’attaquer au cœur du problème: découpler notre croissance par rapport au pétrole. Pour 1% de croissance mondiale, nous avons toujours besoin de 690’000 barils/jour.

Avons-nous besoin de croissance ou avons-nous besoin de pétrole? Ces questions deviendront certainement d’actualité dans les 2 années à venir. Un baril à 74$ ne changera peut-être pas le monde, mais il pourrait donner le signal.

 

Le Pétrole de schiste Américain nous sauvera-t-il?

La puissance d’un pays est souvent mesurée par sa capacité à générer de l’énergie. Le Gouvernement Obama (photo) avait pris à la lettre ce principe en portant à bout de bras le pétrole de schiste. Donald Trump a dignement repris le flambeau.

Depuis 2009, l’industrie de schiste a perdu des centaines de milliards $. En faisant miroiter une abondance à venir Washington et Wall Street ont réussi le tour de force à faire supporter les pertes par les banques et les investisseurs souvent étrangers.

Corolaire de cette communication, le monde a fini par croire que le schiste allait apporter une réponse définitive à nos besoins pétroliers. Qu’en est-il ?


Une demande qui arrive à 100 millions de barils par jour (b/j)

La demande pétrolière mondiale est en passe de toucher les 100 millions de barils/jour (16 milliards de litres par jour ou 5’000 piscines olympiques).

Depuis 2014, la chute des investissements d’exploration a poussé les découvertes à un plus bas jamais vu depuis 70 ans. Les pétroliers s’inquiètent de leurs capacités à satisfaire les marchés d’ici à 2020.

Si l’OPEP et la Russie semblent encore avoir une certaine marge de progression, pour 2018 et 2019, la quasi-totalité de l’augmentation de la production pétrolière hors-OPEP repose sur les USA. A eux seuls, les gisements de schiste du Bassin Permien devraient garantir les 70% de la hausse américaine.

Découvertes pétrolières depuis 1952.
Les trois moins bonnes années: 2014-15-16
Source: Bloomberg

 

Le pétrole de schiste du Bassin Permien

Aux USA, la croissance pétrolière continue avec un niveau record de 808 forages, au plus haut depuis 2015.

Aujourd’hui, le pétrole de schiste représente le tiers des 10,4 millions b/j extrait dans le pays et son plus grand gisement, le Bassin Permien, contiendrait 35 milliards de barils.

C’est sur cette nouvelle mine d’or que tablent les pétroliers américains même si l’on ne connaît pas la quantité de pétrole qui pourra être effectivement extraite en tenant compte des considérations techniques et économiques.

Cette année, la production du Bassin Permien pourrait augmenter de 40% passant de 3,15 millions à 4 millions b/j. Cette course pousse les acteurs à exploiter les gisements les plus prometteurs et à vendre les terrains de seconde zone pour maintenir leur cash flow.

Voilà pour le tableau idyllique peint par l’industrie.

 

Certains signaux passent au rouge

Si le Bassin Permien n’arrive pas à concrétiser une progression mensuelle de 80’000 b/j, dès 2020 l’impact se fera sentir sur les marchés.

Dans les indicateurs, un ratio est à regarder de très près. Alors que les champs de pétrole conventionnel (Arabie, Russie) ont une durée de vie qui se calcule en décennies, la production d’un forage de schiste se limite entre 1 et 3 ans.

A l’image d’une bouteille de champagne bien secouée, la capacité d’un forage peut diminuer de 60% dès le premier mois. Dans le Bassin Permien, cette déplétion se monte aujourd’hui à 75%. Il y a une année, ce taux était encore de 62%.

L’EIA projette qu’en avril, la déplétion du Bassin Permien atteindra 195’000 barils/jour. Elle sera compensée par l’arrivée de nouveaux gisements à hauteur de 275’000 b/j.  (+80’000). En comparaison, dans le Dakota du Nord, la déplétion mensuelle est de 59% soit une perte de 59’000 b/j compensée par une nouvelle production de 72’000 soit un surplus de 12’000 b/j.

La raison de cette chute brutale du Bassin Permien pourrait s’expliquer par la proximité des forages qui cannibalisent le même pétrole.

Autre signe d’inquiétude, l’augmentation de la quantité de gaz dans le pétrole. Quand le pétrole est extrait, la pression dans le réservoir diminue et le gaz contenu dans le pétrole se sépare et fini par remonter. Dans le bassin Permien, la production de gaz est cinq fois plus importante que dans le Bakken alors que sa production n’est que de 3 fois supérieure.

Finalement, alors que les exploitants se sont focalisés sur les gisements les plus prolixes, l’année à venir va pouvoir déterminer si les puits moins prometteurs pourront augmenter ou maintenir la production américaine.

C’est à ce jeu du chat et la souris que joue le schiste US et sur lequel nous planifions notre avenir.

 

Réactions de Donald Trump

La Maison Blanche tente bien d’anticiper le plafonnement ou l’effondrement du schiste en ouvrant les côtes américaines aux forages en haute mer, plus onéreux mais plus consistants sur la durée. Depuis cette annonce, peu d’acteurs ont marqué un intérêt. La catastrophe DeepWater Horizon et les 60 milliards $ déboursés par BP fonctionne toujours comme une piqure de rappel pour les pétroliers téméraires.

Jusqu’à la fin de son premier mandat, est que le schiste suffira à maintenir le statu de “dominance énergétique” voulu par le président Trump? Il est trop tôt pour y répondre.

Ces signaux devraient également nous interpeler. Mais comme le souligne le directeur de l’IEA, International Energy Agency, Fatih Birol, le monde n’arrive pas à diminuer sa dépendance aux énergies fossiles. Dans les années 80, la consommation énergétique provenait à 83% des énergies fossiles. Nous en sommes à 81% aujourd’hui.

Nous pourrions bientôt voir radicalement évoluer ces indicateurs.

Paradoxalement, c’est justement à cause du manque d’énergie à empoigner de ce problème, qui nous conduira au manque d’énergie.

Pour l’instant, tous nos oeufs sont dans le même panier. Les années à venir souligneront ou pas la justesse de cette stratégie.

 

Sources: IEA (agence internationale de l’énegie), EIA (agence américaine de l’énergie), Bloomberg, Financial Times, Tom Whipple, David Hughes ASPO-USA

 

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie:
– Allemagne: Des tests de pollution sur des singes par VW, BMW, Mercedes
– France: AREVA change de nom et efface 7 milliards € de dettes
– USA: Trump taxe les panneaux solaires chinois
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ récupérés auprès des Princes
– Hydrogène: L’Allemagne se lance dans les trains. La Hollande dans les bus
– Chine: Le pays devient le plus grand importateur de gaz, de pétrole et de charbon
– Guyane: De larges champs offshores prêts à être exploités


Durant le mois, le baril est passé à 70,37$ à Londres, au plus haut depuis décembre 2014. A la fin de ce premier mois 2018, on le retrouve à 69.02$ à Londres (66.60$ en décembre) et à 64.50$ à New York (60.42$ en décembre).

L’uranium continue d’hiberner à 23.15$ (23.75$ fin décembre).

 

Graphique du Mois
Exportations de pétrole brut et condensé de la Russie vers la Chine  2002-2017

Source: EIA

Pétrole

En 2018, les investissements pétroliers exploratoires touchent un bas historique à 37 milliards $. Du jamais vu en 70 ans (-60% par rapport à 2014).

A l’heure actuelle, il semble que la production de schiste ne va pas être capable de compenser la hausse de la demande ainsi que la déplétion des gisements conventionnels. Un grincement pourrait se produire dès 2020.

Planète

2017 est la 3ème année la plus chaude après 2015 et 2016 selon la NASA. Le mois de Janvier 2017 a été le plus chaud en Suisse depuis 1880.

Du côté des Grands Acteurs:

 

Russie

Le Président Russe Vladmir Poutine a été réélu le 18 mars prochain!

Un deuxième pipeline russe en direction de la Chine a été mis en service entre la Sibérie et l’Océan Pacifique. Pékin importe 600’000 b/j avec ces pipelines.

La production pétrolière russe a atteint un niveau record depuis 30 ans à 10,98 millions b/j.

Gazprom a explosé ses exportations +8,1%, à 193 milliards m3, selon son CEO Alexey Miller. La production de Gazprom est de 471 milliards m3 et le double en kg de CO2. Les deux pays les plus friands du gaz russe sont l’Allemagne et la Turquie.

L’Allemagne a augmenté sa consommation de gaz russe de 7,1% en 2017. Depuis les soucis avec l’Ukraine et les sanctions européennes, les importations de gaz russe en direction de l’Europe ont augmenté de 25%!

USA

L’administration Trump vogue toute voile dehors pour éradiquer les lois concernant les forages offshores établies après la marée noire BP Deepwater Horizon. Ainisi, la Maison Blanche veut autoriser ces forage sur le 90% des côtes US, contre 6% actuellement. Après l’aventure BP, les compagnies pétrolières hésitent à se lancer dans cette galère. En cas de problèmes, elles feront face à de lourdes pénalités légales, les boycottes, les protestations et surtout que l’ami Trump risque de faire ses bagages dans 3 ans.

La marée noire DeepWater Horizon aura finalement coûté à BP plus de 60 milliards $ à la compagnie.

Avec l’arrivée du renouvelable, le nombre d’emplois pour générer de l’électricité diminue. Il faut 5 fois plus d’employés avec le charbon et le nucléaire par rapport aux énergies renouvelables selon BW Research Partnership.

Depuis l’arrivée de Trump, dans le charbon 771 emplois supplémentaires ont été créés pour un total de 54’819.

Washington va instaurer des taxes de 30% sur les panneaux solaires chinois.

Le Gouverneur Andrew Cuomo de l’Etat de New York a créé une force de travail sur le style californien pour combattre le réchauffement climatique et éviter les interférences de la Maison Blanche. Paradoxalement, cela risque de chauffer pour diminuer le réchauffement

La CEO de General Motors, Mary Barra, a promis aux investisseurs, que dès 2021, le fabricant de voitures va générer des profits avec les voitures électriques. GM sera le premier constructeur à générer du cash avec ce type de voitures. Elle n’a pas détaillé son plan d’attaque d’autant que les ventes record de pickups et de SUVs ont battu des records en 2017.

Avec l’essence bon marché et surtout les publicités à base de testostérone, les automobilistes ont acheté plus de pickup trucks que de voitures de tourisme. La consommation US stagne à 8,5 lt/100 km (identique à 2016).

Deux producteurs d’uranium ont demandé au Président Trump de renoncer à utiliser l’uranium russe ou d’Asie centrale pour la confection d’armes ou pour les centrales. Presque 50% de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

La major pétrolière ConocoPhillips va vendre entre 5 et 8 milliards $ d’actifs, principalement dans le secteur du gaz ainsi que racheter 3 milliard $ de ses propres actions pour faire remonter les cours et le bonus de son PDG. ConocoPhillips traine une dette de 20 milliards $.

En Alaska, Conocco Phillips planifie 5 nouveaux forages dont 4 dans la Réserve Naturelle NPR-A nouvellement ouverte par Trump.

La croissance américaine a marqué le pas au quatrième trimestre, à 2,6 % en rythme annuel, repassée sous l’objectif de 3% que s’est fixé Donald Trump.

Publicité réalisée et publiée par Donald Trump.
Imaginez un président européen réaliser une pub pour défendre ses projets!

 

Arabie Saoudite

En quelques mois, le Gouvernement a récolté 100 milliards $ auprès des notables du Royaume suite aux arrestations pour motif de corruption.

Les prix de l’essence ont augmenté à 0.40$ le litre. Par rapport au 6 centimes d’il y a quelques années, l’envolée est remarquable. Le Gouvernement désire stopper les subsides dans le domaine énergétique.

L’Arabie Saoudite tente de reprendre le leadership de l’OPEP en proposant d’inclure les pays hors OPEP dans la régulation de la production mondiale. Moscou a précisé que les inventaires pétroliers, et non les prix du pétrole, seront décisifs pour fixer les prix du marché.

Le Prince milliardaire Alwaleed bin Talal, détenu depuis 2 mois pour cause de corruption, a proposé un accord financier. Le Prince a offert une «donation» au Gouvernement afin d’effacer l’ardoise. Riyad semble tergiverser sur le montant de la douloureuse. Tout ne semble être qu’une question de temps.

L’Arabie Saoudite va choisir l’heureux élu qui aura le privilège de construire sa première centrale nucléaire. La France, les USA, la Corée du Sud et la Russie sont en lice. Riyad ne cache plus le désire de créer une bombe atomique avec le plutonium généré par cette centrale pour un concept à 360 degrés.

Le choix tombera d’ici à décembre. D’ici là, on devrait voir une belle collection de présidents aller se plier à l’exercice prévente du côté de Riyad.

Les exportations de l’Arabie Saoudite en direction des USA touchent un bas à 415’000 b/j.

Dessin: L’excellent Chappatte

 

Europe

France

AREVA synonyme de difficultés, d’échecs commerciaux et de démêlés judiciaires change de nom. La nouvelle princesse s’appelle ORANO. L’équipe marketing a pêché ce nom dans les livres de Latin: “le dieu Uranus” qui a donné son nom à la planète puis à l’uranium.  Le Prince sera d’autant plus charmé que les 7 milliards € de dettes d’AREAVA ont été effacées… par enchantement.

Quarante ans après son ouverture, la centrale nucléaire de Fessenheim vit ses derniers mois. Elle devrait être fermée d’ici à la fin de l’année 2018 ou le début de 2019. L’Etat français a commencé les négociations avec les travailleurs.

La consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.

 

Suisse

Depuis le 1 janvier, les Suisses peuvent autoconsommer l’électricité produite par leurs panneaux solaires. Mieux, ils peuvent vendre leur électricité à leurs voisins et ceux-ci peuvent acheter les électrons solaires produit localement sans passer par un grand groupe électrique.

Ce changement pourrait pousser les grands groupes électriques à se soucier (pour une fois) de leurs clients. Des initiatives intéressantes sont en train de se créer. La Coopérative Robin des Bois semble bien porter son nom surtout qu’il s’agit de redonner aux citoyens la place qui leur revient.

 

Allemagne

Le groupe énergétique allemand E.ON cède 46,65 % de ses actions dans Uniper au finlandais Fortum. Créée en 2016 par E.On pour déverser tous ces actifs à risques comme les centrales à gaz et au charbon, Uniper a ainsi totalement quitté les mains d’E.ON.

Alstom a été choisi pour réaliser le premier train à hydrogène en Allemagne. La Basse-Saxe a commandé 14 trains pour remplacer les locomotives à diesel. D’une autonomie de 1’000 km. Ils pourront circuler à une vitesse maximale de 140 km/h et emporteront environ 300 voyageurs.

Selon le le New York Times, Volkswagen, BMW, Daimler Mercedes et l’équipementier Bosch ont mené des tests aux Etats-Unis sur dix singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu’on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeur de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen. En Allemagne, un institut hospitalier d’Aix-la-Chapelle a fait inhaler de 2013 à 2014 du dioxyde d’azote (NO2) à des étudiants pour voir l’impact sur leur santé.

Le plus choquant, c’est qu’ils ont utilisé des singes pour leurs tests!!! Pour les humains, rien de neuf, cela fait des années qu’ils le font en grandeur nature.

 

Belgique

oBike Bruxelles Gobee.bike  va abandonner les vélos en libre services sans station. Problème le vandalisme coûte trop cher à la société alors que ses vélos coûtent 28 euros à la production.

 

Angleterre

Avec des vents venteux, des éoliennes en pleine forme et une demande électrique en baisse, l’Angleterre a de nouveau vécu des périodes où l’électricité se vend à des prix négatifs (en-dessous de zéro).

Le démantèlement des infrastructures pétrolières offshores dans la mer du Nord est estimé à 77,3 milliards $.

2017 fut une année record pour les énergies renouvelables dans le réseau anglais avec 13 records dont 1 journée d’avril entière sans charbon. Une première depuis la révolution industrielle.

 

Norvège

Le pays a accordé un record de 75 permis d’exploration pétrolière : 45 dans la Mer du Nord, 22 dans la Mer de Norvège et les 8 autres dans la Mer de Barents.

 

Hollande

Après l’Allemagne et sa commande de trains à l’hydrogène, c’est la Hollande qui pourrait se lancer dans les Bus à Hydrogène à base de solaire et d’éoliennes.

Une usine d’électrolyse de 20 mégawatt capable de produire 3’000 tonnes d’hydrogène/an et 300 bus serait la plus grande en Europe.

L’hydrogène pourrait prendre le pas l’électricité surtout dans les domaines plus volumineux et lourds que les voitures (bus, bateau, camions).

Les Amériques

Venezuela

Difficile de prévoir l’avenir du pays tant les signes indiquent des zones de tempêtes. Le pays produit encore 1,5 million b/j de pétrole et la tendance est à la baisse. Dans les coulisses, la Chine, la Russie et les USA préparent le terrain pour se partager les restes et surtout les réserves pétrolières.

Oscar Perez, le rambo Vénézuélien, a été abattu ou assassiné par les militaires du régime. Selon les images qu’il a filmées lors de ses derniers instants, la deuxième option est privilégiée.

En effet, les Vénézuéliens ont suivi en direct, par le biais des réseaux sociaux, le pilonnage subi par l’homme le plus recherché par le régime chaviste : Oscar Pérez, 36 ans, ancien inspecteur de la police criminelle, qui s’est insurgé contre le président Nicolas Maduro. En juin 2017, il s’était emparé d’un hélicoptère et avait jeté des grenades contre des bâtiments officiels à Caracas, sans faire de victimes.

La production pétrolière du Venezuela a diminué de 15% en décembre pour toucher un bas à 1,5 millions b/j. (-29% sur une année). Les sanctions américaines ne font qu’amplifier les difficultés du pays. La production 2018 pourrait fortement diminuer.

Canada

L’opérateur de pipeline TransCanada annonce que des contrats pour 500’000 barils/jour pendant 20 ans (60% de la capacité) peuvent suffire pour couvrir les frais du pipeline Keystone XL. Même sans boule de cristal, il semble peu probable que ces chiffres soient atteints.

Le nombre de forages est en forte hausse à 185 (+87).

 

USA Schiste

L’EIA pense que la production de schiste va augmenter de 1,8 million b/j d’ici à la fin de l’année ou début 2019. La production américaine pourrait atteindre 11 millions b/j et dépasser l’Arabie Saoudite et la Russie.

Les chiffres n’indiquent aucune progression des gisements du Bakken, di Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste repose sur le Bassin Permien et d’Eagle Ford.

Si les agences de communication, le gouvernement et les pétroliers usent clairons et trompettes, un autre regard apporte justement un autre regard. Ainsi 7’500 puits attendent d’être forés. A une moyenne de $2,2 millions/pce ,il faut trouver 17 milliards $ pour les mettre en service. Comme les investisseurs n’ont jamais eu de retour sur investissement, une certaine dose de courages est nécessaire.

Un autre grain de sable dans les estimations américaines. Le Bassin Permien devrait augmenter de 900’000 b/j d’ici à la fin 2019. Cependant avec les rapides taux de déplétion, il va falloir fortement augmenter le rythme pour couvrir la perte des forages actuels et améliorer la rentabilité économique pour extraire d’avantage de pétrole de schiste.

 

Mexique

Les cartels de la drogue ont trouvé une nouvelle manne financière: le vol de pétrole. Les différentes raffineries du pays estiment leur manque à gagner à 5 milliards de dollars.

 

Guyane

Le spot offshore le plus intéressant au monde se trouverait sur les côtes de la Guyane. Depuis qu’ExxonMobil a trouvé une grande quantité de pétrole début 2017, Washington aimerait donner une priorité à ses investisseurs pour l’extraction.

 

Argentine

La compagnie pétrolière nationale YPF va travailler avec le norvégien Statoil pour développer les champs de schiste de la Vaca Muerta et du Bajo del Toro dans la province du Neuquen.

 

Brésil

Le producteur pétrolier national, Petrobras, va payer 2.95 milliards $ de dédommagements à des investisseurs américains, qui avaient porté plainte contre les pertes dues à la corruption de l’entreprise.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

En mer de Chine orientale, le pétrolier iranien Sanchi, a sombré après avoir heurté un bateau chinois. Le tanker a pris feu et coulé en laissant derrière lui une marée noire. Le bateau gît par une profondeur de 115 mètres.

Les froids glacials dans le nord du pays augmentent la consommation de charbon pour le chauffage et l’électricité.

En 2018, la Chine va remplacer le Japon à la place du plus grand importateur de gaz mondial. La Chine est déjà le plus grand importateur de pétrole et de charbon.

En 2018, la Chine va importer 70% de son pétrole. La Chine a remplacé les USA comme plus grand importateur de pétrole mondial.

D’ici à 2020, Pékin veut créer des «méga » compagnies minières de charbon afin de regrouper toutes les forces et moderniser le secteur. Chaque structure devra extraire 100 million de tonnes de charbon par année.

Les chinois ont acheté 777’000 véhicules électriques ou plug-in en 2017, +53% par rapport à 2016. Cette hausse est attribuée aux subsides accordés aux modèles réalisés par les entreprises chinoises. Les voitures sont au nombre de 579’000. Le solde représente les bus et véhicules commerciaux sous la houlette du Gouvernement.

Le 23 février, la Chine va lancer ses premiers contrats pétroliers à sa bourse. On perçoit comme une envie de s’émanciper des USA.

 

Kazakhstan

La production pétrolière du pays a augmenté de 180’000 b/j en 2017 pour atteindre 1,74 million b/j.

Il est probable que l’OPEP aille tirer les oreilles du président pour lui demander de diminuer sa production afin de maintenir la hausse des prix.

Moyen Orient

Emirats Arabes Unis

Comme tous les pays du Moyen-Orient l’eau commence à faire cruellement défaut. Actuellement le pétrole ou le gaz servent au dessalement de l’eau des mers environnantes. De nouveaux systèmes, à base d’énergie solaire, sont mis en service pour générer cette eau potable.

 

Iran

Les manifestations ont été contenues et le calme retrouvé. Cela ne veut pas dire pour autant que les solutions ont été trouvées. Aucun impact sur la production pétrolière ou gazière n’a été mesuré.

Téhéran va combattre toutes les nouvelles sanctions si Washington va de l’avant. Trump a donné à l’Europe ainsi qu’à l’Iran un ultimatum final pour réparer «les points désastreux » de l’accord nucléaire.

Le ministre des affaires extérieures russes, Lavrov, a précisé qu’il ne supportera pas les tentatives de l’administration Trump de modifier ce traité.

 

Irak

L’américain Chevron aimerait retourner au Kurdistan pour tenter de nouveaux forages. BP va tenter de d’augmenter la production des champs de Kirkuk. Le gouvernement irakien a demandé à la major de doubler la production soit +700’000 b/j.

La tâche sera compliquée par les vues des Kurdes sur les gisements de Kirkuk dont ils étaient en possession pendant 3 ans. L’armée irakienne avait délogé les Kurdes en octobre après le référendum d’indépendance lancé par les Kurdes.

De son côté, Shell abandonne l’Irak et son dernier champ West Qurna 1.

Afrique

Ghana

Exxon Mobile Corp a signé directement avec le gouvernement pour l’extraction exclusive du champ Deepwater Cape Three Point. Il n’y a pas eu d’appel d’offre et le montant de la petite enveloppe à l’attention du président n’a pas été dévoilé. Les forages offshores devront aller entre 2’000 et 4’000 m sous le niveau de la mer pour extraire le pétrole.

 

Phrase du Mois

La question à plus long terme, est: Est-ce 2018 sera la dernière grande augmentation de la production pétrolière américaine? Si vous regardez les chiffres économiques de la plupart des grands acteurs du Bassin Permien, peu d’entre eux génèrent des bénéfices“.  Ian Taylor, CEO, Vitol.

“In the US shale oil, cash required per barrel metric has been rising for several consecutive quarters, hitting an average $64 per barrel in the third quarter of 2017”. Al Rajhi Capital

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pétrole de Schiste Américain: La tempête avant le calme

La poussée de fièvre à 70$ du baril est une excellente nouvelle pour les producteurs américains de pétrole de schiste. Après des années de pertes abyssales, ils pourraient enfin voir la fin du tunnel et générer des profits.

Cependant, cette lueur arrive au moment où les signes avant-coureurs d’un pic de pétrole de schiste aux USA émergent. Au lieu de temporiser et de thésauriser le précieux liquide dans le sol, les pétroliers ont préféré l’extraire immédiatement. Ironiquement, le calme temps revenu, c’est le schiste russe qui pourrait engranger les bénéfices.


Les années folles du schiste

Depuis 2006, les producteurs de schiste ont réalisé des prouesses pour convaincre Wall Street d’investir dans leur industrie. Après la crise de 2008 marqué par une pénurie de pétrole, l’émergence de ce nouvel or noir a permis de balancer l’offre et la demande, de faire chuter les prix et de relancer la croissance.

Mais durant cette dernière décennie, les investisseurs ont perdu plusieurs centaines de milliards $ devant l’incapacité des exploitants à forer à des coûts raisonnables.

Selon la Réserve Fédérale Américaine, le schiste US nécessite un baril à plus de 60$ pour atteindre le seuil de rentabilité. C’est chose faite depuis le début de l’année. Si le pétrole se traite à 70$ en Europe, il atteint les 64$ sur les marchés américains et la tendance est à la hausse.

On peut se demander pourquoi les pétroliers américains n’ont stratégiquement pas attendu la hausse des marchés pour exploiter leurs gisements. La question est également ouverte pour les investisseurs qui ont déversé à grande perte leur deniers.

 

Peak oil de schiste ?

Ainsi après une exploitation intensive, le schiste américain est en train de montrer des signes d’épuisement. Si la durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se calcule en décennies, deux à trois ans est la moyenne pour le schiste.

Le dernier et le plus prometteur des gisements, le Bassin Permien, est en croissance avec 129,58 milliards de litres extraits en 2017 soit 5 milliards de plus qu’en 2016. Ainsi les 2,75 millions de barils/jour (b/j) devraient booster la production américaine totale à 10,5 – 11 million b/j dans l’année à venir.

Mais dans les autres régions du pays, la vague est passée. Les statistiques n’indiquent aucune progression dans les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste ne repose plus que sur le Bassin Permien et celui d’Eagle Ford.

Pour retarder l’issue fatale, les producteurs ont réussi à grappiller les dernières gouttes et à allonger la durée de vie des gisements grâce à de nouvelles techniques comme l’extension des forages à l’horizontal ou l’ajout de quantité énorme de sables pour faciliter la fracturation des roches.

Ces innovations ont permis l’allongement de la durée de vie de quelques mois, histoire de couvrir les coûts supplémentaires. Ainsi, bien que plus de pétrole soit extrait, le bilan financier n’est pas forcément meilleur.

 

Production des gisements de schiste aux USA
Source EIA

Les points de vue divergent sur le pic de schiste US, mais la fourchette converge vers 2019 et 2025. De son côté l’Agence Américaine de l’Energie ne voit pas de pic avant 2040. Mais son enthousiasme a souvent été rattrapée par la réalité du terrain.

Les exploitants, qui ont navigué dans la tempête pendant des années, se retrouveront à sec au moment de récolter les fruits.

 

Le Schiste Russe gagnant ?

Si l’Argentine ou la Chine font figure de nouvel eldorado du schiste, les quantités restent limitées.

C’est du côté de la Russie et des formations de Bazhenov que les regards se tournent.

A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont pris un retard technologique important. Aujourd’hui, alors que les cours du baril montent, ils sont enfin prêts pour débuter l’extraction. Si les prix se maintiennent, ils pourront faire le plein de pétrodollars.

D’autant qu’a contrario des américains, qui ont compté sur les investisseurs privés, c’est à l’Etat Russe que cette manne devra être reversée.

 

 

Pétrole et Manifestations. L’Iran: too big to fail

Les manifestations, qui ont éclaté en Iran, apportent une incertitude supplémentaire dans la géopolitique énergétique. Ainsi après l’Arabie Saoudite et le Venezuela, c’est un nouveau producteur pétrolier majeur qui tremble.

Schizophrène, les pays occidentaux aimeraient exporter leurs schémas de «démocraties» tout en espérant qu’aucun changement ne viendra altérer le flux pétrolier nécessaire à sustenter leur croissance économique. Le paradoxe nécessite un éclairage.


L’Iran entre Révolution et Evolution

Si les manifestations de 2009 avaient été étouffées par la ligne dure du Gouvernement, les mouvements actuels semblent provenir de la base populaire en recherche d’Evolution. Cependant, il n’est pas encore clair si des nations étrangères, comme se targuent les tweets de Donald Trump, interfèrent pour pousser à une Révolution.

 

Les nouveaux pétrodollars iraniens

Depuis la levée partielle des sanctions, l’Iran a fortement augmenté sa production pétrolière pour tendre aujourd’hui vers les 4 millions de barils/jour (b/j). Cette entrée de pétrodollars permet à l’Iran d’alourdir son influence au Moyen Orient. C’est également à cette manne qu’aspirent les manifestants.

 

Russie-Iran & USA-Arabie Saoudite : des stratégies opposées

Le Moyen Orient extrait le tiers de nos besoins pétroliers et c’est dans cette région énergétiquement sensible que la diplomatie américaine arrive avec le doigté d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. La doctrine de Trump coïncide avec une augmentation de testostérone et une diminution de réflexion dans les processus de décisions stratégiques.

Du côté de l’Arabie Saoudite, le Prince héritier en charge du pays, Mohammed ben Salmane Al Saoud accumule les choix chancelants. La guerre avec le Yémen s’envenime, le blocus du Qatar cherche une sortie et la récente démission forcée du Premier Ministre Libanais, Saad Hariri, en visite à Riyad s’est soldée sur un retour de manivelle. Finalement l’emprisonnement de centaines d’acteurs majeurs et membres de la famille royale semble fragiliser le plus grand exportateur mondial de pétrole.

Profitant du chaos à Washington et des égarements de Riyad, il n’en fallait pas plus pour que les rusés et pragmatiques stratèges iraniens et russes avancent sciemment leurs pions et prennent l’avantage.

Les événements populaires actuels en Iran apportent une bouffée d’air à la diplomatie américaine. L’envie du président Trump de surfer sur cette vague s’explique.

 

Dépendance pétrolière

Avec la perception que les pétroles de schiste et offshore devraient suffire à leur indépendance énergétique, l’administration Trump ne s’embarrasse plus du Moyen Orient quitte à l’embraser.
Cependant, si l’Iran ou l’Arabie Saoudite devait courber l’échine, les économies occidentales seraient les premières à payer le prix. L’histoire montre qu’une révolution ou un changement de régime radical tend à réduire la production pétrolière d’un pays.

La Libye a perdu plus d’un million de barils/jour depuis le renversement de Kadhafi. Il aura fallu plus de 10 ans à l’Irak pour retrouver les niveaux d’extraction de Saddam Hussein.

Si durant les 2 dernières années, une surcapacité pétrolière a marqué les marchés, il faut noter que la marge n’est que de 2 million b/j. (2% de la production mondiale). Une partie de cette marge est déjà grignotée par le Venezuela, qui vit des heures délicates.

 

L’Iran et l’Arabie Saoudite ne peuvent pas fléchir

A l’aube d’une consommation pétrolière record de 100 millions b/j, notre croissance économique dépend toujours aussi fortement du pétrole. Incapable de diminuer le ratio PIB/Quantité d’énergie, le seul scénario que nous pouvons souhaiter à l’Iran est l’arrêt de la contestation populaire. Notre procrastination a rendu les grandes puissances pétrolières too big to fail.

Dès lors, pour garder notre situation privilégiée, pouvons-nous nous contenter d’une Stagnation, d’une Evolution de l’Iran, de l’Arabie Saoudite ou du Venezuela en lieu et place d’une Révolution?

En gage de stabilité, pouvons-nous accueillir avec soulagement la prochaine réélection de Vladimir Poutine à la tête du plus grand producteur mondial d’or noir? Tant pis pour la démocratie.

C’est tout le paradoxe d’une croissance Economique qui a mis tous ses œufs dans le même panier.

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2017

Tous les Voeux pour la Nouvelle Année 2018!!!
Comme le 1er de chaque mois, la Revue Mensuelle:
– Pétrole: Un baril à 100 ou à 50$ pour 2018?
– Arabie Saoudite: Le pays aimerait avoir sa bombe atomique
– France: Des vélos à hydrogène bientôt à disposition
– Allemagne: Après Tesla, Daimler propose son camion électrique
– Pologne: Inauguration de la plus grande centrale à charbon européenne
– Monde: Les investisseurs préfèrent toujours les Energies Fossiles
– Iran: Des manifestations secouent le pays.


Durant 2017, le pétrole a roupillé. Il s’est repris grâce à la pression de l’OPEP et termine l’année sur une légère poussée de fièvre. on le retrouve à 66.60$ à Londres (56,09$ au 1er janvier 2017) et à 60.42$ à New York (53.90$ au 1er janvier 2017).

L’uranium n’a rien fait. Un gros dodo durant toute l’année pour terminer à 23.75$ (20.25$ au 1er janvier 2017).

 

Graphique du Mois
Variations de la consommation d’énergie mondiale
durant les 5 dernières années
   Source: National Observer

Planète

Explication du graphique du mois.  On pourrait croire que les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Il n’en est rien. Les investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon continuent d’être largement supérieurs aux énergies renouvelables.

L’année 2017 a été l’année la plus chaude depuis le début des mesures. L’hiver 2017 est paradoxalement rigoureux autant aux USA-Europe qu’en Asie. Vous aurez remarqué les variations extrême d’un jour à l’autre, comme si le climat jouait avec le Bitcoin.

La liste des 100 entreprises qui polluent le plus dans le monde a été publiée par «ClimateAction100+».
– On retrouve les groupes pétroliers et gaziers comme BP, Chevron, Coal India, Eni, Exxon Mobil, Shell, Total,
– des acteurs du secteur des transports: Airbus, Boeing, Ford, Volkswagen,
– des producteurs d’énergie: EDF, Enel, Engie, E.ON,
– des groupes miniers et sidérurgiques: ArcelorMittal, BHP Billiton, Glencore, Rio Tinto,
– des chimistes: BASF, Dow
– et dans les groupes alimentaires Procter & Gamble ainsi que Nestlé. A noter que ces deux entreprises concourent également dans la catégorie “Green Waching”.
Les groupes LafargeHolcim, et Siemens participent également à la fête.

 

Pétrole

Décembre est une période propice aux prédictions. Voici quelques infos pour nourrir votre boule de cristal.

Parmi les pays non membre de l’OPEP, seuls la Russie, le Canada et les USA ont vu leur production augmenter depuis 2004. Pour les autres, le déclin annuel total est de 250’000 barils/jour (b/j).

Depuis 2007, la production américaine a explosé +6 millions b/j. L’Irak, l’Arabie Saoudite, la Russie et le Canada ont également apporté 6 millions b/j.

Du côté de la demande, elle est passée de 89 millions b/j pour bientôt friser les 100. La surproduction 2017 ne représente que le 1,8% de la production mondiale.

Pour 2018-2020, si l’on assume que Trump ne mette pas à feu et à sang la planète et que le Moyen Orient tienne le coup, on peut imaginer que les USA vont légèrement accroitre leur production tant que le Bassin Permien ne montre pas des signes de faiblesse, que la production Russe va rester dans sa zone actuelle et que les dispendieux sables bitumineux du Canada vont augmenter avec la hausse des cours du baril.

Les autres pays non membre de l’OPEP devraient voir leur production annuelle diminuer de 250’000 barils/jour. Ajoutez un peu d’incertitude avec l’Arabie Saoudite et l’Irak, beaucoup d’incertitude avec le Venezuela et le Nigeria, vous êtes à même de faire une prédiction.

Les découvertes de nouveau pétrole se montent à 7 milliards de barils en 2017 contre 8 l’année dernière alors 2016 était la plus basse depuis 1940! Nous en étions à 15 milliards en 2014 et 30 milliards en 2012.

Certains pensent que le baril pourrait bientôt franchir les 70$ pour grimper vers les 100$. Barclay penche pour un retour à 50$ grâce à l’arrivée de 1,2 million b/j de schiste américain et la fin de la restriction des 1,8 million b/j de l’OPEP. Goldman Sachs prédit une hausse vers la mi-2018. Cependant la Pieuvre est connue pour faire une annonce et prendre des bénéfices en faisant le contraire.

Arabie Saoudite

Selon Reuters, après l’Iran, c’est au tour de l’Arabie Saoudite de vouloir sa bombe atomique. Aucun doute que cela permettra de détendre l’atmosphère au Moyen-Orient. Ainsi Riyad va demander à Trump et à des entreprises américaines actives dans le nucléaire, la possibilité d’enrichir l’uranium des centrales nucléaires civiles qui devraient être construites sur le territoire.

Le PIB du pays s’est contracté de 0,5% en 2017 à cause de la baisse des ventes pétrolières et le déficit pour 2018 devrait atteindre $52 milliards.

La vente de 5-10% des actions de Saudi Aramco est sur la table, mais à l’arrêt. Deux pays et deux bourses se chamaillent les honneurs d’héberger Aramco et cela devient amusant de voir les deux leader se battre à coup de tweets. Donald Trump ; “Would very much appreciate Saudi Arabia doing their IPO of Aramco with the New York Stock Exchange.” Et la Première Ministre Anglaise, Theresa May “I think London is extremely well-placed’’ to be picked as the listing venue.”
Le perdant devrait livrer un tweet assassin qu’on se réjouit déjà de lire. Riyad évalue toujours Aramco à un irréaliste 2’000 milliards $.

Saudi Aramco aimerait acheter des droits de forer aux USA dans les champs de schiste d’Eagle Ford. Ce serait une première pour cette compagnie qui ne possède aucun gisement en-dehors du pays.

Saudi Aramco a été victime d’une cyberattaque via le virus Triton qui s’amuse avec les systèmes de Schneider Electric.

Le Gouvernement a effectué un premier payement de 533 millions $ à 10,6 millions d’habitants avant l’augmentation des prix de l’essence, de la nourriture et du kérosène. Cette prime est destinée à alléger l’impact de ces mesures.

 

Russie

A 65 ans, Vladimir Poutine va se représenter pour s’autosuccéder à la tête du pays. Les élections auront lieu en mars 2018. La candidature de son principal opposant, Alexeï Navalny, a été refusée.

Total a effectué son premier transport de gaz liquéfié via son brise-glace tanker de la péninsule du Yamal dans l’Arctique. L’installation de 27 milliards $ a été financée par Total et la China’s National Petroleum Corp. à 20% chacun.

Avec la grosse vague de froid qui englobe l’Europe, Gazprom a déjà atteint la quantité de gaz livrée en 2016 vers l’Europe et la Turquie.

La Russie a trouvé assez de financement pour construire un frère au gazoduc Nord Stream. Ce gazoduc livrera son gaz directement à l’Allemagne en passant par la Mer Baltique. Ce partenariat Allemagne-Russie crispe certains pays européens.

Alors que les relations entre les USA-Europe et la Russie se détériorent, Pékin et Moscou se rapprochent. La Chine a besoin de gaz, de pétrole et des matières premières de Sibérie alors que la Russie cherche des devises pour stimuler son industrie. En travaillant avec la Chine, la Russie contourne facilement l’embargo. Ainsi l’italien ENI collabore avec Rosneft via Pékin pour la réalisation de forages en haute profondeur dans la Mer Noire.

L’Europe a reconduit l’embargo sur la Russie. Peut-être que les gesticulations de Washington permettront à l’EU de reconsidérer sa position.

 

USA

La production américaine aurait atteint les 9,78 millions b/j selon l’EIA. Les chiffres de l’EIA ne sont pas connus pour leurs exactitudes et une correction à la baisse devrait intervenir. Cependant, la tendance américaine est à la hausse.

Le Wall Street Journal soutient que les investisseurs ont déversé 200 milliards $ depuis 2014 dans le pétrole. Une bonne proportion de cet argent s’est évaporée.

Les efforts de l’administration Trump pour bloquer les énergies renouvelables semblent porter leurs fruits. Durant le 3ème trimestre, le nombre de nouvelles installations a diminué de 22% par rapport à 2016.

Après des années de contestations, ExxonMobil va inclure dans sa communication aux actionnaires, les impacts du réchauffement climatique sur son business modèle. De plus, certains gros actionnaires pourront rencontrer le board pour partager leurs points de vue.

La ville de Santa Cruz et le comté du même nom ont porté plainte contre 29 compagnies pétrolières et gazières pour des dégâts créés par le réchauffement climatique et notamment les énormes incendies. San Francisco, Oakland et les comtés de Marin, San Mateo et San Diego ont également déposé des plaintes contre les pétroliers. Les plaintes soulignent que l’industrie trompe les consommateurs sur le même modèle que l’industrie du tabac.

L’administration Trump a autorisé l’exploitation pétrolière dans des parcs nationaux en Utah, dans une réserve d’Alaska ainsi que sur les côtes américaines.

Le Congrès américain a adopté des dépenses militaires de près de 700 milliards de dollars pour 2018. Le budget russe de l’armée atteint 46 milliards $.

L’Etat de Géorgie a accordé 10 milliards $ supplémentaires pour terminer la construction de 2 centrales nucléaires qui dépassent largement les budgets initiaux.

Europe

Allemagne

Après Tesla, c’est Mercedes qui annonce son nouveau camion électrique. Daimler a livré ses premières versions de 7,9 tonnes  avec 6 batteries de 600kg, le Fuso eCanter a une autonomie de 100 km (donc en réalité de 50 km) et une vitesse de pointe de 80 km/h.  Du côté design, le Truck de Tesla a un look d’enfer. Le camion de Daimler a été créé avec la fantaisie des ingénieurs allemands.

En 2017, la consommation de diesel et d’essence a augmenté de 2%, le kérosène de 0,7%, le fioul de chauffage +2%.

 

Danemark

L’Allemand E-On, qui opère au Danemark, a enregistré sa millionième recharge pour voiture électrique depuis 2014. E-On propose 1’300 points de recharge à travers le pays. En moyenne, par borne cela fait une recharge tous les 2 jours. E-On va équiper les parking publics, les chaines de fast-food ainsi que les stations-services.

 

Pologne

Grâce à la Banque Européenne d’Investissements et 1,5 milliard €, la Pologne a inauguré la plus grande centrale à charbon d’Europe à Kozienice. Avec 4’000 MW, elle consommera 3 millions de tonnes de charbon par an, provenant essentiellement de la mine Bogdanka, dans le sud-est de la Pologne. Si l’on se fie au propriétaire, l’entreprise polonaise ENEA, la centrale est une bénédiction pour le climat «frienly power for the environment».

Le charbon constitue la base du système énergétique polonais. Environ 100’000 personnes sont employées dans le secteur du charbon dans le pays qui produit 90% de son électricité dans des centrales à charbon et à lignite.

 

France

L’entreprise Pragma va fournir à Saint-Lô, les premiers vélos électriques à hydrogène en France. Ils seront disponibles à des employés de l’hôpital et d’une entreprise, puis enfin aux touristes.

Ces vélos, de 25 kg, se rechargent en hydrogène en moins de deux minutes pour une autonomie de 100 km. Il faudra rejoindre la borne Atawey de deux mètres sur un mètre qui transforme l’eau de la ville en hydrogène pour les recharger.

Le coût du vélo est aujourd’hui de 7’500 euros, mais l’entreprise vise un prix public d’environ 3’500 euros à l’horizon 2020.

Lancé il y a 10 ans, le projet de Fusion nucléaire, ITER, va encore prendre du retard. Le budget est passé de 105 millions $ à 50 millions en 2017 et pour 2018 il passera de 120 à 63 millions $.

Avec l’arrivée de la nouvelle année, les prix de l’essence et du diesel ont gagné quelques centimes avec de nouvelles taxes.

En 2017, la part des nouvelles voitures à diesel est descendue à 49%.

 

Suisse

Le géant industriel américain General Electric annonce la suppression de 1’400 emplois en Suisse au sein de son unité GE Power, reprise fin 2015 à Alstom et qui compte près de 4’500 salariés.

Le groupe Electrique Axpo a officiellement réalisé un bénéfice de 310 millions frs. En fait, les bénéfices avant le micmac fiscal se montent à 1,23 milliard de francs pour un chiffre d’affaires de 5,57 milliards. Bien qu’Axpo génère un bénéfice de 22% sur son chiffre d’affaires, l’entreprise demande des subsides supplémentaires. On les embrasses très fort!

Le démantèlement des 5 centrales nucléaires suisses est estimé à 23,484 milliards frs. selon la Fondation suisse de l’énergie (SES). Il s’agit d’une plus-value de 600 millions par rapport aux estimations de swissnuclear.

La Suisse possède le parc automobile le plus polluant d’Europe grâce notamment aux prix très avantageux de l’essence et d’une législation automobile à faire pâlir d’envie Trump. Pour 2017, 316’000 nouveaux véhicules ont été immatriculés dont dans l’ordre d’importance: VW, Mercedes et BMW. Malgré le scandale des moteurs truqués, Volkswagen reste le No1.

Les chiffres de l’inflation Suisse sont aussi fiables que les chiffres de l’emploi en France ou la consommation de charbon en Chine. Le calcul de l’inflation ne prend pas en compte les primes de l’assurance maladie. Si tel était le cas, l’inflation suisse dépasserait le 1% au lieu de l’officiel 0,51%.

Johnny Hallyday est mort
Dessin Alex

Les Amériques

USA Schiste

Avec un baril américain qui monte à 60$, l’industrie claironne que les USA vont devenir «Energy Independant». Il n’y a évidemment qu’eux pour croire cela.

Wall Street continue de déverser des milliards de $ dans le schiste US. Ce comportement peut s’expliquer par le ramdam effectué par les pétroliers et l’avenir brillant de cette technologie. Certains investisseurs pensent qu’il ne va plus y avoir assez de pétrole sur les marchés et que les prix vont fortement augmenter. Cette perspective annonce des profits juteux, ou pas.


Tweet de Trump: A l’Est, cela pourrait être le Nouvel An le plus froid enregistré. Peut être, nous pourrions utiliser un petit peu de ce bon vieux Réchauffement Climatique que notre pays, mais pas les autres pays, était sur le point de payer des trillions de $ pour se protéger. Réchauffez vous!

Ce message soulève une question: qui du réchauffement climatique ou de Trump est le plus dangereux?

 

Venezuela

Les exportations vers les USA ont chuté de 36% à 475’000 b/j et la production a chuté de 1 million b/j en quatre ans. Le manque de fonds pour maintenir les installations en état de marche se fait sentir.

La Russie profite de la situation économique pour faire ses emplettes. Dernier en date, le champ Patao y Mejillones sont passés dans les mains de Rosneft.

Le Président Maduro a passé à l’Euro pour ses échanges avec l’étranger et évite le dollar américain.

Canada

Les producteurs canadiens peinent à écouler leur pétrole aux USA. Plusieurs entreprises étrangères ont abandonné les sables bitumineux en attendant que les prix remontent. En 2017, 23 milliards $ d’actifs ont été vendus.

Dessin Chappatte

Moyen Orient

Iran

Des manifestations ont éclaté dans plusieurs endroits du pays notamment pour des raisons économiques. Les iraniens peinent à voir les améliorations suite à la levée des sanctions. Il est vrai que Donald Trump freine des quatre fers. Est-ce que ce mouvement prendra de l’ampleur et quelle sera la réaction des Gardiens de la Révolution et du Gouvernement? En cette fin d’année, il est trop tôt pour le dire.

Les iraniens font de gros efforts pour fidéliser leurs clients asiatiques notamment avec des tarifs privilégiés. Ainsi si de nouvelles sanctions de Trump devaient tomber du ciel, Téhéran serait partiellement immunisé.

L’Iran regarde avec crispation la demande de l’Arabie Saoudite aux USA pour enrichir de l’uranium.

Irak

Le budget du pays atteindra 88 milliards $ en 2018 avec l’espoir d’une production de 3,88 millions b/j et un prix moyen de 46$ le baril. Les Kurdes, Sunnis et Basrawis se disputent âprement la dote.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

Pour diminuer la pollution dans les grandes villes, le Gouvernement a interdit l’utilisation du charbon pour le chauffage. Cependant, la Chine n’a pas prévu assez de gaz et des millions d’habitants se sont retrouvé sans chauffage. Le Ministre de l’Environnement a dû faire marche arrière et autoriser l’utilisation de charbon pour se chauffer. Du coup, il y également une pénurie de… charbon.

La Chine importe de plus en plus de pétrole, non seulement à cause de l’augmentation de la consommation mais également à cause de son propre peak oil. Ainsi 64,4% de la consommation est importée. (+3,8% par rapport à 2015)

La volonté de Pékin d’utiliser le Yuan comme monnaie officielle pour les achats de pétrole attisent les intérêts. Ce serait une alternative au $ américain. Des tests vont être effectués à la bourse de Shanghai.

Le future de l’industrie automobile est en Chine et nos enfants achèteront des voitures Made in China à la place de nos belles allemandes ou françaises. Ford Motor va lancer 15 modèles électriques ou hybrides en Chine, fabriquées en Chine.

La Chine a lancé le premier bateau cargo électrique. Il peut se déplacer sur 75 km à 12 km/h. La recharge s’effectue en 2 heures soit le temps de décharger et charger la marchandise.

Japon

Après Nissan, c’est au tour de Honda d’investir dans la V2G (voiture to grid ou voiture sur le réseau électrique). Le concept permet de stocker l’électricité dans les batteries des voitures durant les heures de production solaire ou éolienne.

Toyota continue ses investissements dans la voiture à hydrogène. L’automobiliste va utiliser les déchets agricoles pour produire l’électricité nécessaire à créer de l’hydrogène notamment à Long Beach, Californie, USA.

Toyota va électrifier tous ses modèles d’ici à 2025 avec l’objectif de vendre 5,5 millions de voitures électriques d’ici à 2030.

Inde

L’air de New Delhi fut tellement pollué que le match de cricket Inde-Sri Lanka a dû être arrêté. Des joueurs du Sri Lanka sont tombés malade. L’air contenait 22 fois plus de particules que le taux maximal autorisé.

Corée du Nord

Théoriquement suite à une décision de l’ONU, la Chine et la Russie n’auraient plus de droit de livrer que 10% de pétrole, de kérosène, de diesel à la Corée du Nord soit 500’000 barils/an. C’est une baisse depuis les 2 millions de baril d’octobre et les 4,5 de septembre.

La Corée semble effectuer discrètement ses achats de pétrole grâce au transfert de pétrole via des tankers chinois ou russes situés en haute mer.

Afrique

Nigeria

Le chinois Sinopec a engagé le français BNP Paribas afin de vendre ses actifs pétroliers au Nigeria. Sinopec et la China National Petroleum Corporation (CNOOC) avaient ratiboisé le marché entre 2009 et 2013.

A l’époque Pékin était à la recherche de tout ce qui ressemblait à de l’or noir afin d’assurer l’alimentation de son marché. Les complications nigériennes et le manque de rentabilité ont eu raison des ambitions chinoises.

Libye

Le Général Haftar pourrait participer aux prochaines élections afin d’élire le remplaçant de Kadhafi. Le chef de la Libyan National Army a le soutien de la Russie. Il a réussi à redresser la production pétrolière du pays à 1 million b/j. et pourrait mettre tout le monde d’accord.

Angola

Il y a quelques années l’Angola faisait le buzz si vous étiez dans le pétrole. BP, Eni, Total, Exxon s’y précipitèrent. Un peu moins aujourd’hui. Les investissements ont été coupés de 67 milliards $.

Phrases du Mois

« Nous n’avons rien vu de pareil depuis les années 40. Les découvertes moyennes actuelles de pétrole représentent 550 millions de barils par mois. Le plus inquiétant est que le ratio de remplacement des réserves équivaut à seulement 11% comparé à 50% en 2012 et 100% en 2006. » Sonia Mladá Passos, Senior Analyst à Rystad Energy

« Tout esprit peut comprendre qu’une croissance continue est impossible dans un monde fini. Pour nier cette loi élémentaire, il faut être soit un fou, soit un économiste ». Kenneth Boulding

“Les chinois ne construisent pas des voitures à la chaine, ils construisent à la chaine des usines qui fabriquent des voitures. En 2022, 110 millions de voitures neuves seront vendues à travers le monde”. Jean-Luc Thuliez, CEO Aventor.

Pendant que les iraniens sont fâchés avec les dysfonctionnements du gouvernement, ils reconnaissent également que le gouvernement a été freiné dans ses actions par les USA et ses alliés.” Mohammad Marandi, prof. Université Téhéran.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Russie: Vladimir Poutine prend sa place au Moyen-Orient
– Arabie Saoudite: Un méga projet à 500 milliards $
– Monde: Nouveaux records de CO2 et de Méthane
– USA: Le pétrole de schiste peine à convaincre les investisseurs
– Chine: La Dominance Mondiale des Energies Renouvelables
– Angleterre: A Hinkley Point, EDF évite la grève avec une hausse des salaires
– Voitures électriques: La Chine se positionne de plus en plus et achète du lithium


 

Bonnes nouvelles pour l’Arabie Saoudite et la Russie qui ont ressorti l’artillerie lourde avec leurs agences de communication. Le manque d’investissement va pousser les prix du baril à la forte hausse selon Amin Nasser, le CEO de Saudi Aramco. Bref, l’avis des traders a changé et le baril passe sur les 60$. La prouesse est à saluer. Cette hausse est à confirmer durant le mois à venir.
Pour l’instant le baril termine le mois à 60.90$ à Londres (57.41 septembre) et 54.15$ à New York (51.56 septembre).

L’uranium joue à 1-2-3… Soleil. Il n’a pas perdu car il n’a presque pas bougé. Il termine le mois à 20.15$ (20.50$ septembre).

 

Graphique du Mois


Evolution des forages actifs de schiste pétrole et gaz aux USA. Source Baker Hughes. Graphique FT.com

 

Monde

Ce mois, les maires de Paris, Londres, Barcelone, Quito, Vancouver, Mexico, Copenhague, Seattle, Le Cap, Los Angeles, Auckland, Curitiba et Milan se sont engagés à faire de leurs villes des zones à zéro émission. Des zones où tous les véhicules thermiques – essence comme diesel – seront interdits de circulation.

Selon Chris Watling CEO de Longview Economics, l’adoption des voitures électriques pourrait créer un peak oil de la demande d’ici à 2023-2025. Pour l’instant, la tendance est à l’augmentation de la demande et nous frisons les 100 millions barils/jour (b/j).

Après avoir sciemment avoir menti sur le niveau de pollution de leurs voitures, les constructeurs automobiles remettent le métier à l’ouvrage avec les voitures électriques. Ainsi, les promesses de 400 à 500 km d’autonomie se divisent souvent par deux! (voir l’étude de A bon Entendeur). Seul Tesla indique des chiffres qui frisent la réalité.

Le Club des Milliardaires a vu sa fortune atteindre les 6’000 milliards de dollars l’an dernier, +17% par rapport à 2015. Leur nombre de milliardaires asiatiques a grimpé d’un quart à 637, comparé aux 563 milliardaires américains. En Europe, ils sont 342. En France 8 milliardaires possèdent le 90% des médias et de la presse.

Selon Lancet Commission on Pollution and Health, la pollution est la plus grande cause de mortalité dans le monde. En 2015, 9 millions de décès ont été enregistrés soit une part de marché de 16%!

Dans le monde, les concentrations de CO2 ont augmenté à 403,3 parties par million (ppm), +3 unités par rapport à 2015.
Outre le CO2, le méthane, deuxième gaz à effet de serre le plus important, a également atteint un record dans l’atmosphère, à 1’853 parties par milliard. Il est désormais à plus de 250% du niveau de la période préindustrielle. On retrouve notamment le méthane dans l’extraction du gaz “naturel” ainsi que le gaz de schiste.

OPEP

La prochaine réunion du cartel du pétrole aura lieu le 30 novembre. Un consensus semble avoir été trouvé pour maintenir les quotas actuels jusqu’à la fin 2018, mais certains pensent que la situation devrait se stabiliser dès mars 2018. Le cartel montre un bel optimisme dans la hausse prochaine des prix.

Si le manque d’investissements devrait pousser les prix à la hausse dès 2019-2020, les boules de cristal peinent toujours à trouver la tendance pour 2018. La demande mondiale a augmenté de 1,6 million b/j en 2017.

 

Possession d’armes par 100 habitants/pays

Chine

La Chine va utiliser le Yen ou l’or à la place du dollar américain pour effectuer ses achats en pétrole notamment avec la Russie. Le plus grand importateur de pétrole mondial met la pression sur le dollar.

Le Président Xi a été réélu pour 5 années supplémentaires. A l’opposé de son alter-égo américain, rusé comme un renard et excellent négociateur, le Président Xi a dû jouer des coudes pour se frayer une place dans le système.

Les années à venir devraient dévoiler le vainqueur entre la «dominance énergétique fossile» des USA et de la «dominance des Energies Renouvelables» de la Chine.

La Chine pourrait autoriser les constructeurs automobiles à créer de nouvelles usines sans devoir passer par un partenaire local. Le clin d’œil est donné à Tesla Motor.

Les importations pétrolières chinoises ont grimpé de 1 million b/j en septembre à plus de 9 millions b/j. L’EIA pense que Pékin comble l’assèchement de ses puits et complète sa réserve stratégique. Les bruits de couloirs rapportent que la Chine vise l’objectif d’atteindre 1 milliard de barils de réserve pour se protéger contre une éventuelle rupture des livraisons. Pékin s’alimente dans des zones risquées comme le Moyen-Orient et le vacillant Venezuela.

Les nouvelles inspections environnementales ont mené à la fermeture de plusieurs dizaines de milliers d’entreprises chimiques, cimentières et de plastiques. Ce choix souligne l’envie du Gouvernement de nettoyer l’air de certaines villes quitte à sacrifier certaines entreprises. Plus de 7’000 entreprises ont fermé, au moins temporairement, dans la province du Sichuan.

Taiyuan, la capitale de la province de Shanxi, a banni la vente, le transport et l’utilisation du charbon. La cité charbonnière va diminuer de 90% sa consommation.

Sinochem, le groupe chimique chinois, participe à l’offre d’achat du Chilien SQM pour un montant de 4 milliards $. Pourquoi autant d’argent sur la table? Sociedad Quimica y Menera de Chile (SQM) est l’un des plus grand producteur de lithium, source indispensable aux batteries des voitures électriques. Dans la course, l’on retrouve GSR Capital, Ningbo Shanshan et Tianqi Lithium, tous de Chine!

La vente intervient alors que les entreprises chinoises ratissent au niveau mondial le lithium qui propulsera les voitures du pays dans les années à venir.

Le fabriquant de voitures, Great Wall Motor, a signé un accord avec l’australien Pilbara Minerals pour la livraison de lithium pour les 5 prochaines années.

Les discussions sur l’impact du marché du pétrole, à cause du remplacement des voitures à pétrole/électriques, ne font que débuter. Les producteurs pétroliers craignent de devoir laisser leur pétrole dans le sous-sol et de perdre des pétrodollars.

Combattre la pollution et maintenir une croissance du PIB à 6,5% est le plus grand casse-tête du gouvernement. Les chinois continuent de fermer des centrales à charbon alors qu’ils arrivent à 77 GW d’électricité solaire et que le gaz remplace petit à petit le charbon.

 

Russie

L’année passée, la Russie a dépassé l’Arabie Saoudite pour les exportations de pétrole. Les Russes vont maintenant doubler les livraisons grâce au Kazakhstan.

Les chinois ont acquis 14% de la compagnie russe Rosneft pour 9 milliards $.

Le Roi Salman ben Abdelazizu Al Saoud s’est rendu à Moscou dans un rapprochement entre la Russie et de l’Arabie Saoudite.

Moscou recherche des financements saoudiens et Riyad s’intéresse au nucléaire, à l’armement et la production agricole de Vladimir Poutine. Le vide, laissé par l’administration Obama et Trump au Moyen-Orient, offre une fenêtre d’opportunité à Vladimir Poutine.

Moscou continue ses efforts et gagne de l’influence au Moyen-Orient via son industrie pétrolière. Rosneft a pris le contrôle du pipeline du Kurdistan Irakien pour 3,5 milliards $. Initialement, Rosneft avait prêté 1,2 milliards $ aux Kurdes pour construire ce pipeline avec un remboursement en pétrole. Avec la perte des gisements de Kirkuk, les kurdes sont dans une position économique moins favorable. Rosneft en a profité pour proposer 400 millions $ supplémentaires pour 5 gisements pétroliers dans la partie Irakienne kurde.

En Iran, Rosneft est en discussion pour livrer le pétrole iranien en Asie et pour contourner l’embargo américain.

La Russie a averti l’Ukraine de se tenir à distance respectable des installations pétrolières proches de la Crimée. Si l’Ukraine désire s’en emparer, les russes suggèrent l’intervention de son aviation.

Le premier Ministre Medvedev a signé 11 accords bilatéraux avec le Maroc dans les domaines de l’agriculture, militaire, culture, énergie et le nucléaire. Dans les années à venir, la Russie livrera du gaz liquide au Maroc via Gazprom.


Dessin Chappatte

USA

Le nouveau Directeur de l’Energie, Rick Perry, désire donner des subventions aux matières premières qui peuvent être stockées au moins pendant 90 jours avant de générer de l’électricité. Le brave homme a trouvé la dénomination sexy de «fuel-secure resources» «énergies sécurisées» alors que le reste du monde appelle cela: charbon et nucléaire. Cette entourloupette permettra à Washington de soutenir les industries du charbon et nucléaire actuellement à l’agonie. Les lobbies du pétrole et du gaz s’opposent fortement à cette proposition.

En Virginie, Facebook va construire un nouveau data center entièrement propulsé à l’énergie solaire. C’est l’américain Dominion Energy qui est chargé du projet. Aux USA, plus de 100 multinationales désirent utiliser 100% d’énergies renouvelables dont Walmart, Coca-Cola, Nestlé ou Ikea. Dans beaucoup de cas, il faut tempérer cette ardeur par des motivations de communication et de buzz.

General Motors sera le premier constructeur à tester une voiture autonome dans la ville de New York avec une Chevy Bolt électrique.

La demande pétrolière du pays a grimpé à 20,2 millions b/j en septembre (+2,4% par rapport à septembre 2016) selon l’American Petroleum Institute. La production indigène se monte à 9,5 millions b/j. (+11,3%).

De 2012 à 2016, 43 GW de capacités électriques au charbon ont été retirées. Des nouvelles unités de gaz pour 40 GW, 56 GW d’éolien et de solaire et 4,7 de centrales à charbon. Cinq centrales nucléaires ont fermé depuis 2013,  -5 GW.

Georges W. Bush a prononcé un discours dans lequel il balance sur Trump, bien qu’il ne l’ait pas nommé. Si même W pense que Trump est nul… alors qu’il avait lui-même déjà mis la barre très haute…

Le «Model 3» de Tesla devrait permettre au groupe de produire environ 500’000 véhicules en 2018 et 1 million à l’horizon 2020. Tesla n’a produit que 84’000 voitures en 2016.

Puerto Ricco a reçu l’aide du CEO de Tesla, Elon Musk. Un mois après le passage de l’ouragan Irma, une centrale solaire off grid a été réalisée pour les besoins d’un hôpital et d’une école.

Suite à la fusillade de Las Vegas, le Président Trump a utilisé à merveille la stratégie des 3 temps:
1) Reporter à plus tard
Ce n’est pas le moment de polémiquer sur cette tragédie. C’est le temps du recueillement et de la prière.
2) Renverser la situation
Ce n’est pas les armes qui tuent les gens, ce sont les méchants.  Peindre l’auteur de la fusillade comme un malade.
3) Proposer une solution logique

Les personnes gentilles doivent se protéger contre les méchants et les malades en achetant des armes.

On se souvient de la même approche le mois dernier par le Directeur de l’Environnement et l’Ouragan Harvey.
Ce n’est pas le temps de parler de réchauffement climatique… car ce n’est pas le changement climatique qui cause des dégâts, c’est l’eau! Il faut donc construire des digues plus hautes.

Dessin de l’excellent Chappatte

Arabie Saoudite

Les revenus pétroliers 2016 se sont élevés à 133 milliards $ en 2016 contre 301 en 2014.

Le prince héritier Mohammed bin Salmane d’Arabie saoudite a annoncé la création d’une zone de 26’500 km2 pour le développement économique sous le doux nom de NEOM. Les investissements projetés s’élèvent à plus de 500 milliards $. Le concept s’appuie sur l’énergie, l’eau, la biotechnologie, l’alimentation, le numérique, les médias et les divertissements. Il devrait permettre au Royaume de s’émanciper du pétrole. Le changement de paradoxe tient dans la volonté du Royaume à chercher des capitaux étrangers au lieu d’investir lui-même la totalité de la facture.

Le flou est en train d’envelopper l’IPO de Saudi Aramco, le géant pétrolier national. La vente de 5% d’actions pourrait rapporter en 100 et 200 milliards $. La Chine ou de riches investisseurs chinois pourraient s’emparer du lot. Cette option a l’avantage d’éviter à Saudi Aramco de se lister à la bourse de Londres ou de New York et de dévoiler des informations sensibles sur ses prétendues réserves.

L’Arabie Saoudite pourrait n’exporter que 7,2 millions b/j en novembre soit 650’000 b/j en-dessous de la demande de ses clients.

La vision Arabie Saoudite 2030: La méga ville NEOM

Europe

France

BNP Paribas renonce à financer des entreprises actives dans l’exploration et l’exploitation pétrolière notamment dans le schiste et les sables bitumineux. Cette stratégie supporte les efforts de la banque à participer à la transition énergétique.

Alors que les investisseurs ont perdu de grandes sommes dans le schiste, ce revirement ne pourra qu’améliorer les rendements des placements.

 

Suisse

Au 30 juin 2017, les actifs de la Banque Nationale Suisse dans le pétrole, charbon, uranium, gaz, sables bitumineux, pétrole et gaz de schiste en Amérique du Nord se montèrent à 4,917 milliards $ (+216% depuis 2015). La BNS s’implique fortement et supporte totalement la stratégie de Donald Trump dans les énergies fossiles alors que paradoxalement, la Suisse se veut exemplaire dans le climat.

Si l’on continue dans le chapitre de l’exemplarité de la Suisse dans le climat, on note des protestations qui ont visé le Crédit Suisse dans les villes de Lausanne, Berne, Zurich et Bâle. Elles dénonçaient «le financement de pipelines pétroliers» notamment en Amérique du Nord et demandaient «le respect des droits indigènes». En avril dernier, Greenpeace avait perturbé l’assemblée générale du Crédit Suisse avec des critiques contre le financement du Dakota Access Pipeline.

Le plus grand opérateur pétrolier offshore, Transocean Ltd, basé à Zoug pour des questions d’optimisation fiscale, a décidé d’apporter à la casse son Pathfinder, sa plus fameuse barge d’exploration pétrolière. Après 2 années d’inactivité et des coûts de stockage de 15’000$ par jour, la décision est tombée. La compagnie de services pétroliers va se défaire de 1,4 milliards $ d’actifs. 5 autres bateaux de ce type vont être retirés du catalogue de Transocean.

Ancien Fleuron: Le Deepwater Pathfinder.
Le bateau d’exploitation pétrolière en haute mer sera mis hors d’usage par Transocean

 

Hollande

Royal Dutch Shell a acheté l’une des plus grande entreprise mondiale active dans la recharge de voitures électriques : l’hollandais NewMotion.

Constituée en 2009, NewMotion possède plus de 30’000 points de recharges pour les privés et les entreprises en France, Angleterre, Pays-Bas et Allemagne.

 

Angleterre

EDF a évité la grève sur le site de la construction des 2 EPR à Hinkley Point. Les syndicats ont indiqué qu’ils avaient obtenu une augmentation de 36% par rapport au tarif minimal.

EDF a également annoncé que le projet avait déjà pris 15 mois de retard et seulement 2 milliards € d’augmentation par rapport au devis initial. Dans l’industrie nucléaire, 2 milliards, c’est encore dans la marge d’erreur.

 

Irlande

Pour les 15 prochaines années, Microsoft a acheté à General Electric la totalité des 37 MW de la production éolienne du la ferme Tullahennel dans le comté de Kerry. Microsoft utilise 600 MW d’énergies vertes à travers le monde.

 

Finlande

TVO, qui avait commandé la première centrale nucléaire EPR à Arva pour son site de Olkiluoto, annonce un nouveau retard dans sa mise en service. La production devrait débuter en mai 2019 au lieu de décembre 2018. Ce report permettra à Areva d’avoir pile poil 10 ans de retard dans la livraison. Si au départ, le réacteur devait coûter 3,2 milliards €, une réaction en chaîne a propulsé l’unité à plus de 10 milliards €.

TVO se plaint qu’EDF a envoyé ses meilleurs ingénieurs sur le chantier anglais de Hinkley Point en Angleterre ou l’Etat Français construit 2 centrales nucléaires EPR.

 

Allemagne

VW développe un bolide électrique qui participera à la Pike Peak International Hill Climb au Colorado USA en juin 2018. Le constructeur désire battre le record de cette course de côte. VW espère proposer 23 modèles électriques d’ici à 2025.

 

Norvège

Suite à l’espoir de trouver de grandes quantités de pétrole dans la Mer de Barrent, Statoil a effectué plusieurs forages exploratoires. Les résultats 2017 sont très décevants et sur les 37 forages seuls 2 ont donné un résultat positif.

Le nouveau gouvernement en place désire diminuer ou supprimer les exemptions de taxes pour l’achat des grandes voitures électriques comme la Tesla X.

Asie

Inde

Le Premier Ministre Narendra Modi désire que dès 2030 toutes les voitures vendues dans le pays fonctionnent à l’électricité. Il peut mesurer le chemin à parcourir. Selon l’IEA en 2016, la Chine a immatriculé 336’000 voitures électriques et l’Inde 450.

La croissance du PIB de l’Inde pourrait passer de 6,7% actuellement à 7,4% en 2018. Comme le PIB est intimement lié à la consommation d’énergie, l’Inde va devoir multiplier son approvisionnement énergétique dont le 50% est assuré par le pétrole et le gaz. L’Inde est active sur les marchés afin de sécuriser l’achat de pétrole notamment avec l’Iran.

 

Corée du Nord

Les livraisons de pétrole, de charbon et de matières premières stratégiques continuent discrètement en provenance de Russie et d’Afrique.

50’000 ouvriers nord-coréens travaillent en Russie mais leurs salaires sont perçus directement par Pyongyang.

Un deuxième accès à l’internet via le russe Rostelecom a été mis en service. Jusqu’ici, la Toile passait exclusivement par la Chine

Le Président Nord Coréen a réussi à faire impliquer personnellement le Président Trump dans la négociation. A chaque Tweet, la Corée du Nord voit ses actions monter. En coulisse, les négociations ont débuté à un prix maximal pour les USA.

 

Japon

Mitsubishi a annoncé sa première voiture électrique capable de charger et décharger le réseau électrique (vehicle to grid). La Mitsubishi Outlander PHEV sera capable de stocker l’énergie et d’en restituer une partie pour les besoins de la maison et cela sans diminuer les capacités et la durée de vie de la batterie. La Nissan Leaf est déjà capable de cette prouesse, qui va devenir un standard dans les années à venir.

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste USA

L’exploitation de pétrole et de gaz aux USA n’est toujours pas rentable. Ainsi pour le 3ème trimestre 2017, ExxonMobil annonce des pertes de 238 millions $ et Chevron de 26 millions $ pour leur production américaine. Exxon compte sur une augmentation de 20% de l’exploitation de schiste et de 40% dans le bassin Permien.

Après avoir utilisé de nouvelles techniques de forages pour permettre des percements plus long à l’horizontal, des puits à plusieurs têtes, augmenter la quantité de sable pour améliorer le fracking et licencié de nombreux employés, les producteurs semblent avoir épuisé toutes les solutions pour diminuer les coûts. La productivité stagne. De plus, comme les fruits les plus simples à cueillir ont été récoltés, l’avenir semble compliqué pour certaines entreprises.

L’utilisation d’une plus grande quantité de sable permet, dans un premier temps, d’extraire des quantités plus importantes de pétrole, mais cette technique assèche plus rapidement les puits.

Wall Street et les investisseurs dans le schiste américain font pression pour changer le business model des majors ainsi que les bonus des Directeurs. Actuellement basé sur la production, les investisseurs demandent que les bonus se basent sur les dividendes versés aux actionnaires!

En 2016, les compagnies d’exploration et de production pétrolières ont levé 34,3 milliards $ avec la vente de leurs actions. Pour les 9 premiers mois de l’année, seuls 5,7 milliards $ ont trouvé preneur selon Dealogic.

Depuis janvier 2009, 100 milliards $ ont été investis dans la production de schiste dans le Bakken. A la fin juillet 2017, il manquait encore 35 milliards $ pour couvrir les dettes.

 

Canada

Hydro-Quebec va construire une série de barrages hydrauliques dans le golfe du Saint-Laurent. Le projet de 5,2 milliards $ devrait alimenter en électricité 1 million de foyers.

 

Venezuela

Le producteur national de pétrole, PDVSA, manque cruellement de financement pour traiter et stocker le but ainsi que pour acheter les produits chimiques. Conséquence, le pétrole livré est de très mauvaise qualité avec de grandes quantités d’eau, de sels et de métaux. Dans l’incapacité de traiter ce brut, Phillips Oil a dû refuser la livraison de 8 tankers pour un montant de 200 millions $.

Le Fonds Monétaire International estime à 30 milliards $ les besoins du pays pour restructurer ses dettes.

 

Argentine

Pour 800 millions $, le transporteur TGS, propose la construction d’un gazoduc et pipeline pour acheminer le gaz de schiste de la Vaca Muerta proche de Mendoza. Actuellement ExxonMobil, BP, Wintershall, Total et Statoil ont annoncé des investissements dans ce gisement de schiste.

Publicité CNN : délicat clin d’oeil à Donald Trump

Moyen-Orient

Iran

Le président Trump a décidé de ne pas supporter l’accord Iranien sur le nucléaire. La patate chaude est maintenant dans les mains du Congrès.

A Téhéran, la ligne dure du Gouvernement utilise la décision de Trump pour freiner la modernisation du pays poussé par le Président Rouhani. Si le Congrès ne fait rien et si l’Iran durcit le ton, cela permettra de continuer ce feuilleton dans cette revue.

Tant que l’Iran ne recommence pas son programme nucléaire, il est peu probable que la Chine, la Russie, l’Europe et les autres pays, qui ne sont pas gênés par la politique iranienne, coopèrent avec Washington. On peut imaginer que les pays vont trouver des solutions pour court-circuiter les sanctions américaines. La production pétrolière du pays ne devrait pas subir le choc espéré par Trump.

Dans le même temps, l’Iran continue à promouvoir les investissements dans ses champs pétroliers et gaziers. Cette situation permet à la Russie et la Chine de conforter leurs relations d’affaires avec l’Iran.

 

Syrie – Irak

Bagdad a repris aux Kurdes les champs pétroliers de Kirkuk. Les Kurdes sont furieux contre les américains qui ont laissé faire alors que ces mêmes américains ont compté sur les Kurdes pour combattre l’Etat Islamique.

Les deux champs pétroliers de Kirkuk, d’une capacité de 275’000 b/j, sont toujours fermés. Il se pourrait que les Kurdes aient endommagés quelques installations avant de fuir.

Bagdad a demandé à BP de redévelopper les champs de Kirkuk et espère une production de 1 million b/j. Sur sa lancée Bagdad a menacé de poursuivre les Kurdes s’ils continuaient à exporter leur pétrole via les pipelines existants. L’entreprise russe Rosneft pourrait mettre tout le monde d’accord en exportant le pétrole des deux parties.

La prise de Kirkuk par Bagdad change la donne dans le nord de l’Irak. Les Kurdes rêvent de créer un pays indépendant et historiquement Kirkuk était peuplé par des kurdes avant que le Régime ne fasse venir des arabes et des turques. La perte de la ville diminue également la capacité financière des kurdes. Le temps dira si les capacités pétrolières pourront être rétablies.

Dessin Chappatte

 

Afrique

Nigeria

Le gouvernement explore la possibilité de remettre en service de vieilles raffineries ou d’en construire de nouvelles. Le plus grand producteur pétrolier africain doit importer son essence par manque de capacité de raffinage. L’importation de carburants est une source importante de corruption.

 

Phrase du mois

«À la fin du mois d’octobre on passe à l’heure d’hiver pour faire des économies d’énergie et le 1er novembre, la mairie de ta ville installe des décorations lumineuses pour Noël que l’on peut voir depuis la lune.»  Anonyme

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Tempêtes et Bouleversements dans les Energies

Solidement arrimé à la voiture et aux avions, le pétrole voit son hégémonie vaciller. EDF a fini par avouer que l’électron nucléaire n’est financièrement plus compétitif avec les énergies renouvelables. Le pétrolier Shell débute la vente d’électricité. Les technologies «Smart» catapultent les simples citoyens contre le monopole des producteurs d’électricité. La Chine prend le leadership énergétique mondial face aux USA.

N’en jetez plus ! Nous avons la chance d’assister à un brassage de cartes qui touche toutes les énergies et pulvérise les certitudes.


Au sommet de la pyramide, l’or noir tremble.

Après l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Inde, c’est au tour de Pékin de s’interroger sur l’interdiction programmée des ventes de voitures à pétrole. Les 28 millions d’unités vendues chaque année en Chine, ne laissent aucun constructeur indifférent surtout que les prix de vente des véhicules à essence et électriques devraient arriver à parité d’ici à 2025-2029.

De leur côté, les pétroliers s’inquiètent de l’impact sur la consommation. Même si le pétrole reste dominateur, une diminution de 3-5 millions de barils par jour, va déstabiliser les marchés et les prix.

Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Shell, commencer à vendre de l’électricité à la place de l’essence, où Total d’acheter 23% des actions de l’entreprise Eren et sa production d’électricité hydraulique et éolienne. Le français est déjà propriétaire de Saft, batteries de stockage, ainsi que des panneaux solaires SunPower et Total Solar.

Même dans le ciel, la révolution s’installe. Un premier avion électrique capable de transporter 10 personnes sur 1’000 km est à l’essai. L’entreprise Allemande, Volcopter, propose un «drone-hélicoptère» autonome et électrique, capable de transporter 2 passagers.

Les producteurs de kérosène toussent.

 

Volcopter: le premier taxi aérien électrique et autonome à Dubai

 

Le nucléaire voit son avenir dans son sabordage

Au niveau de l’atome, c’est au tour de la Corée du Sud d’annoncer sa sortie du nucléaire dans les décennies à venir, pendant qu’EDF avoue que l’électricité nucléaire n’est financièrement plus compétitive face au solaire et à l’éolien.

De manière totalement inattendue, l’arrêt du nucléaire allemand a précipité la course au démantèlement des réacteurs. En effet, les entreprises allemandes se sont positionnées dans ce marché. Autant la France, les USA, la Corée du Sud et le Japon ne veulent pas manquer cette nouvelle opportunité commerciale estimée à plus de 1’000 milliards $.

Du côté des propriétaires des centrales, les parades comptables ont été trouvées en transvasant les réacteurs nucléaires ainsi que les centrales à charbon et à gaz dans des entités d’actifs risqués.

Mais même ces artifices ne suffisent plus. Ainsi, l’indétrônable producteur électrique allemand EON, noyé sous les dettes, pourrait être racheté par le Finlandais Fortum.

 

Chute des prix de l’électricité

Pour la deuxième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables vont dépasser ceux des énergies fossiles. Si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance, d’ici à 2040, le prix du solaire devrait encore diminuer de 66% et l’éolien de 47%. La parité avec les énergies fossiles sera atteinte dans les 10 années à venir.

Sans attendre cette prévision, le géant éolien danois, Dong Energy, a cessé de demander des subsides pour ses installations. Même avec des solutions de stockage, elles deviennent financièrement concurrentielles.

De son côté, l’Arabie Saoudite profite de mettre aux enchères des concessions pour exploiter l’énergie solaires et de tester le modèle d’affaire face aux centrales nucléaires. Les premiers résultats sont édifiants. Le prix de l’électricité solaire devrait atteindre 2,5 ct € le kWh.

La Chine et la Russie au nez et à la barbe des européens

Les USA sont en passe de gagner leur pari : freiner les livraisons de gaz et de pétrole de la Russie vers l’Europe.

Logiquement, ce mois a vu le rapprochement fulgurant de Pékin et de Moscou.

Le Chinois SEFC China Energy vient d’acquérir pour 9,1 milliards $, soit 14,15%, le pétrolier russe Rosneft.

CEFC lorgne maintenant sur l’énergie hydroélectrique de l’entreprise russe EN+.

La Banque of China a accordé un prêt de 2 milliards $ à Gazprom sous l’emprise de l’embargo USA-Europe.

Avec le chaos qui règne à Washington, la Chine a clairement pris le leadership mondial sur les énergies. La Russie l’a parfaitement compris et joue sa carte.

 

Le citoyen: cet homme qui avait disparu des cartes

Même s’il reste encore des quantités phénoménales de pétrole et de gaz dans le sol, les ouragans de ces dernières semaines ont délicatement souligné les contours du réchauffement climatique.

La vitesse des changements opérés dans le monde des énergies poussent les pays et les acteurs à monter dans le train d’autant que l’opportunité est trop belle de laisser les USA patauger avec leur exceptionnel président.

Cerise sur le gâteau, le citoyen, qui n’a pas eu droit au chapitre durant des décennies, a maintenant la possibilité technique de devenir lui-même un producteur et vendeur d’énergies. Qui aurait pensé que cet oublié reprenne le contrôle?

Nous vivons des mois historiques et passionnants.