Les USA réactivent les sanctions pétrolières contre l’Iran

En novembre dernier, les USA devaient enclencher un embargo mondial sur le pétrole et le gaz iraniens. De peur de voir une hausse des prix du baril impacter les élections de mi-mandat, Donald Trump avait autorisé huit pays à continuer leurs importations pendant 6 à 8 mois.

Hasard du calendrier, ou pas, aujourd’hui le Président annule ces exemptions, alors que des inondations dévastatrices ravagent 25 des 31 provinces du pays, dont les principales régions pétrolifères comme le Khuzestan.


 

Ainsi, depuis le 2 mai, la Chine, l’Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l’Italie et la Grèce ont reçu l’ordre de cesser l’importation d’hydrocarbures iraniens. La Chine a annoncé qu’elle n’observera aucune restriction américaine à moins que les négociations actuelles avec les USA changent la donne.

L’objectif de Washington est de porter à zéro les revenus en pétrodollars de Téhéran afin de forcer l’Iran à renégocier l’accord international de 2015 sur les armes nucléaires.

 

La Prudence des producteurs et enthousiasme des USA

Lors de l’annonce, le gouvernement US a précisé que les producteurs de l’OPEP, dont l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, avaient la capacité et la volonté de compenser la baisse de l’offre et de maintenir les prix dans une fourchette de 65 à 80$.

Les estimations de Donald Trump pourraient donner une fausse sensation de sécurité. Les flux pétroliers se basent sur des approximations et les marchés ont besoin de différentes qualités de pétrole. Avec les problèmes du Venezuela, du Nigeria et de la Libye, tous des producteurs de brut lourd, la perte de l’Iran pourrait crisper la production mondiale de kérosène et de diesel.

En plus de l’affaiblissement de l’Iran, les Etats-Unis voient l’opportunité d’augmenter les parts de marché de leur pétrole de schiste dont l’extraction, à moyen terme, ne cesse de croitre.

Du côté de l’Arabie Saoudite, le ministre de l’Energie, Khalid Al Falith, ne prévoit pas d’ajuster rapidement sa production. Il désire d’abord analyser l’évolution des marchés.

Il semble que Riyad ait parfaitement tiré les leçons de la dernière recommandation de Donald Trump.

En novembre dernier, la Maison Blanche avait officialisé l’entrée en vigueur des sanctions contre l’Iran, et demandé à l’Arabie Saoudite d’augmenter sa production pour combler le manque iranien. Le Royaume s’était exécuté mais à la dernière minute, Trump avait rétropédalé en autorisant l’Iran à écouler son pétrole dans 8 pays.

Corolaire à ce cafouillage, le marché avait été inondé et le baril chutât à 50$.

On comprend mieux l’attentisme actuel de Riyad qui espère un baril à plus de 80$ pour équilibrer son budget. Le temps joue en la faveur du Royaume.

De plus, à Riyad et à Tel Aviv, on espère que la diminution des entrées en pétrodollars va réduire l’influence de l’Etat Chiite au Yémen, en Syrie et au Moyen-Orient

Le chaos généré par l’administration Trump tant au Venezuela qu’en Iran entre en frontal avec le calme du Président Poutine. Mais en Russie, la tête est ailleurs. Depuis quelques jours, le pays est englué dans une contamination de son pétrole livré par pipelines. Le composant qui s’est glissé dans le pétrole brut devient hautement corrosif durant le raffinage et impacte 8% de la consommation Européenne. Moscou doit impérativement trouver une solution sous peine de voir ses exportations chuter.

 

L’Iran entre inondations et résilience

La décision de Trump arrive à un mauvais moment pour l’Iran qui se débat sous des torrents d’eau après des mois de sécheresses. Les dégâts matériels avoisineraient les 3 milliards €.

Plus de 500’000 personnes ont été déplacées et les sanctions américaines empêchent le Croissant-Rouge de transférer de l’argent pour effectuer des opérations humanitaires.

Peut-être que cette accumulation d’obstacles fera plier Téhéran? Cette probabilité reste minime, même si elle est espérée par Mike Pompeo et son collègue va-t-en-guerre John Bolton.

L’Iran a toujours démontré une résilience particulière et une ingéniosité sans limite pour détourner les embargos successifs des Etats-Unis.

 

A coup sûr, les prochains mois donneront une tendance précise de la justesse des propos américains et l’évolution des parts de marché des producteurs pétroliers.

Depuis l’annonce, le baril est parti dans un yoyo incompréhensible de 68 à 75 pour repasser sous les 70$. Aux USA, les prix des carburants cabrent déjà les automobilistes. Il n’est pas impossible de voir le Président Trump effectuer un nouveau looping.

Dans ce bras de fer, où tout le monde est interdépendant, une question hante les esprits: qui cèdera le premier ?

Energies, Economie, Pétrole: La Revue Mondiale Mars 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie. Même si elle est publiée le 1er avril, il n’y a aucun poisson!
– Allemagne: FlexiBus passe aux bus électriques “longue distance”
– Pétrole: La demande grimpe à 98,6 millions barils/jour
– USA: Tesla entre en zone de turbulences financières
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman recherche des fonds aux USA
– Norvège: Le pétrolier Statoil change de nom pour devenir vert
– Irak: 30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait
– Russie: ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique
– Suisse: Le français Bouygues Construction s’offre le Suisse Alpiq Intech


 

Les casquettes “Le baril à 70$, J’y étais” fleurissent dans les salles de trading. Il tient la forme à Londres où il plane à 70.27$  (66.63$ fin février) et à 64.94$ à New York (63.01$ fin février).

L’uranium profite de l’hiver pour piquer un roupillon. Il ne fait plus rien depuis des mois. On le retrouve à 21.10$ (21.75$ fin février).

 

Graphique du mois
Découvertes de pétrole depuis 1952

en milliards de barils
Les 3 dernières années sont les plus basses depuis 1952. Source : Bloomberg

 

Pétrole / Gaz

Les membres du cartel de l’OPEP estiment que la demande pétrolière devrait augmenter de 1,6 millions de barils par jour à 98,6 millions pour 2018. La grande partie de cette hausse provient de la Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine. Le cartel estime que la production américaine pourrait couvrir intégralement cette hausse.

Dans le monde en 2017, la demande pétrolière s’est accrue de 2,1% selon l’International Energy Agency, soit deux fois plus rapidement qu’en 2016. C’est le double de la moyenne des dix dernières années.

Le gaz, pas si naturel que ça. Les quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2, relâchées lors de l’extraction et le transport du gaz naturel dépassent celles du permafrost en Arctique. La stratégie chinoise de “tout au gaz” pourrait s’avérer cruelle pour le climat et bien plus dangereuse que celle du «tout au charbon».

 

Planète

Nous devrions construire 1’100 MW/annuel d’infrastructures renouvelables pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés. La Carnegie Institution l’estime actuellement à 151 MW/an.

La production énergétique combinée du solaire, éolien, géothermie, marée, hydro représente le 4% de la production mondiale.

Tu es le meilleur et le plus gentil des enfants. Je me souviendrai toujours de toi. Je l’aime…
Maman, je vais juste à l’école…
(Suite aux attaques armées aux USA)

 

USA

A lui seul, le Bassin Permien, est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation  (+80 000 barils) pétrolière américaine du mois de mars. Si le gisement pétrolier de schiste continu sur sa lancée, la production américaine pourrait augmenter de 1 million de barils durant 2018.

Pour la première fois depuis 1957, les USA ont exporté plus de gaz qu’ils en ont importé.

Pas de bol pour l’exploration pétrolière en Alaska. Les températures trop chaudes de cet hiver ont causé des soucis aux machines optimalisées pour des froids de canard. Résultat:  -15’000 barils/jour au gisement de North Slope.

Tesla Motor, le constructeur de voitures électriques est financièrement à la peine. Le malheur de Tesla est de combiner le meilleur vendeur de voitures au monde (Elon Musk), doublé du pire manufacturier. (voir graphique des ventes ci-dessous)

Big data : Une bataille des données secoue l’industrie pétrolière. Les foreurs collectent des données de plus en plus précieuses pour l’extraction et l’optimalisation pétrolière. Ils désirent revendre ces données aux exploitants. Ces derniers rétorquent que ces données leur appartiennent.

Le Président Trump a viré pratiquement tous ses collaborateurs de base afin de monter sa propre «dream team». L’impact sur les USA et le monde est à vérifier dans les mois à venir. Le taux d’opinion favorable de Donald Trump remonte à 42%, au plus haut depuis 11 mois.

Les USA sont le seul pays au monde qui permet à un individu d’être propriétaire des matières premières situées dans le sous-sol. La National Association of Royalty Owners estime que 12 millions d’Américains reçoivent des royalties d’exploitation de pétrole, de gaz et d’autres minéraux.

La consommation américaine d’essence et de diesel est restée super stable en 2017 à 9,317 millions de barils par jour.

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Malgré une économie robuste, la demande d’électricité a diminué de 2,1 % l’année dernière. Il est vrai que les Américains ont une énorme marge de progression quant à l’efficience énergétique.

L’Etat de Pennsylvanie veut faire cesser la faillite de Philadelphia Energy Solutions. Ce propriétaire de raffineries doit plus de 3,8 milliards $ de taxes à l’État, alors qu’il n’a que 43 millions en cash.

La Californie va interdire la construction de nouvelles centrales électriques à gaz. En cause les émanations de méthane.

Evolution des ventes de voitures Tesla
Source: Statista 2018

Russie

Les relations entre l’Europe et Moscou continuent de se détériorer suite à la tentative d’assassinat d’un ancien espion soviétique vivant à Londres. Mais même si devant les caméras, les leaders européens hérissent les poils, en coulisse ils se félicitent de la réélection de Vladimir Poutine. En effet, la dépendance énergétique de l’Europe ne peut s’accommoder d’une disruption russe des livraisons de gaz et de pétrole.

Moscou est en train de construire 2 nouveaux gazoducs en direction d’une Europe toujours plus gourmande et dépendante du gaz russe.

ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique. La production de pétrole conventionnel en Russie augmente lentement mais ses champs s’épuisent. Pour le plus grand producteur de pétrole mondial, l’Arctique est nécessaire pour maintenir sa position et ses exportations. Actuellement, la Russie ne semble pas posséder les technologies de forage spécifiques à l’Arctique.

 

Arabie Saoudite

Le Prince Mohammed bin Salman (MbS), a réalisé une course d’école de 3 semaines aux USA notamment à New York, Washington, Boston, Houston, San Francisco et Seattle. L’objectif fut de lever des fonds pour financer ses projets pharaoniques de 500 milliards $. Avant d’arriver aux USA, le prince héritier est passé par Londres pour jauger l’intérêt des anglais pour l’IPO de Saudi Aramco.

Le Prince héritier a également parlé avec Donald Trump de l’opportunité d’acquérir l’arme atomique, histoire de mettre un peu d’ambiance au Moyen-Orient. Dans l’attente, il a passé une commande de 12,5 milliards $ d’armes militaires.

Le Royaume va garder ses exportations pétrolières en-dessous de 7 millions b/j en avril afin de soutenir les prix sur les marchés. La production totale reste sous les 10 millions b/j.

La compagnie pétrolière nationale Aramco va certainement attendre pour effectuer son IPO et entrer à la bourse de New York ou de Londres. Le concept de base espérait lever 200 milliards $, mais l’empressement des investisseurs ne s’est pas vérifié. Riyad valorise l’entreprise à 2’000 milliards $ alors qu’aucun rapport financier sérieux n’a jamais été rendu public.

Shell et l’Arabie Saoudite se rapprochent au niveau mondial pour des projets gaziers. L’Arabie Saoudite aimerait jouer un rôle plus important dans l’industrie gazière. Riyad voudrait remplacer le pétrole par du gaz notamment pour sa production électrique.

12,5 milliards d’investissements militaires américains de l’Arabie Saoudite
Prince bin Salman et Trump

Asie

Chine

Les actifs pétroliers à l’étranger, détenus par des entreprises chinoises, dépassent la production pétrolière interne. Cependant, une partie de la production étrangère n’est pas rapatriée en Chine mais est revendue sur les marchés internationaux. L’IEA estime que la production de pétrole chinois couvre les 30% de sa demande interne. D’ici à 2023, ce chiffre descendra à 25%.

En imposant à des millions de ménages de passer du charbon au gaz pour se chauffer, la Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz au monde.

Les USA pourraient être bien positionnés pour écouler leurs stocks excédentaires de gaz de schiste mais cela pourrait dépendre des facéties de Trump ainsi que la capacité pour l’industrie de schiste américaine à maintenir la production sur le long terme.

Le Vietnam a subi la pression de la Chine afin d’arrêter son deuxième forage pétrolier dans le sud de la Mer de Chine.  La Chine revendique le pétrole qui se trouve dans cette région. Les pressions économiques sont trop fortes pour le petit pays.

Le parlement a modifié la Constitution pour permettre au chef de l’Etat, Xi Jinping, de garder son poste à vie.

Votre voiture en 3D! XEV, une startup italienne et le chinois Polymaker spécialisé dans l’impression 3D, ont mis au point une voiture imprimée en 3D. Quelques composants sont néanmoins fabriqués avec des méthodes traditionnelles: le châssis, les vitres et les pneus. La LSEV (Low Speed Electric Vehicle) de deux places coûtera moins de 7’500$. Trois jours de travail sont nécessaires pour fabriquer et monter les pièces. Pour l’instant, elle n’a pas passé les crash tests.

 

Japon

Ce 11 mars 2018, 7 bougies ont été soufflées sur le gâteau de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon. Le démantèlement estimé à 620 milliards$, qui devrait durer 40 ans, suit son bonhomme de chemin.

 

Une voiture imprimée en 3D

 

Europe

Norvège

L’entreprise pétrolière nationale Statoil va changer son nom. L’entité va s’appeler Equinor. Ce changement de nom a pour objectif de donner une image verte claire à ce géant pétrolier dont le vert est très foncé. On sent déjà que la planète va mieux.

Ce changement est une excellente nouvelle pour le vétérinaire qui possède le site Equinor.no . Il semble en bonne position pour monnayer son site auprès de la multinationale.
Un tuyau pour les élèves de marketing de 1er année qui lisent cette rubrique. Quand vous choisissez une nouvelle marque, il est toujours de bon ton de faire quelques recherches sur la disponibilité des noms sur la grande toile.

La Finlande, le Danemark, la Norvège et la Suède possèdent le 8% des voitures électriques à travers le monde. La Norvège, l’Islande et la Suède ont le ratio «voitures électriques/nombre habitants» le plus élevé. De 250’000 voitures électriques aujourd’hui, la projection est de 4 millions en 2030.

 

Angleterre

Selon BP depuis 2010, les coûts de production d’électricité éolienne a diminué de 23 % et le solaire de 73 %.

Selon les standards de la firme anglaise, ces deux énergies sont complètement concurrentielles face aux énergies fossiles. Les coûts de la production éolienne diminuent notamment grâce à l’allongement des pales et de la puissance totale des machines.

Le salaire de Bob Dudley, CEO de BP, a augmenté de 13% à 13,4 millions $ en 2017. Afin de partager et de copier les bonnes pratiques de l’industrie, je me suis empressé de partager cette nouvelle avec mon boss.  Je signe même pour la moitié.

 

France

Suite à la catastrophique visite du premier ministre canadien, Justin Trudeau, le président français Macron a nettement mieux su gérer sa campagne de promotion lors de sa visite en Inde.

Avec le Président Macron, ENGIE, le géant français, a inauguré à Mirzapur, Inde, une ferme solaire de 101 MW. Elle prétend également avoir signé pour plus de 608 MW de projets d’énergie solaire et éolienne dans ce pays. Cependant, il faut toujours se méfier d’annonces aussi gigantesques surtout quand elles sont signées avec l’Inde. En effet, la corruption, l’absence d’éthique et les pratiques locales dans les affaires font parfois capoter les projets même les plus ambitieux.

EDF claironne un investissement de 8 milliards € dans les énergies renouvelables d’ici à 2035. Une goutte d’eau pour faire face aux vrais besoins ou un montant suffisant? L’avenir le dira.

 

Allemagne

Le patron de Volkswagen, Mathias Müller, a reçu un bonus de 10 millions d’euros, + 40%. Au passage, il déclare que le diesel va «revenir». On notera toute la saveur de l’histoire. Non seulement il se prend 10 millions, juste après le pire scandale de l’histoire du diesel et dans la foulée il ajoute qu’il va continuer à nous gaver de particules fines. Il pourrait se reconvertir et finir CEO dans une banque, parce qu’en terme d’hypocrisie, c’est assez remarquable!

L’entreprise allemande de bus, Flixbus, investit dans la production de bus électriques en Chine auprès de Zhengzhou Yutong Bus Co ainsi que BYD. La première ligne de bus électriques pourrait être: Paris – Amiens en avril déjà.

Dessin Chappatte

 

Suisse

Pour 850 millions frs, Bouygues Construction a acheté au Suisse Alpiq: Alpiq Intech ainsi que l’Allemand Kraftanlagen. Le fleuron Alpiq Intech génère de juteux profits depuis des années. EDF actionnaire à 25% dans le capital action d’Alpiq a fortement influencé ce fructueux accord pour le français. On s’étonne également du prix excessivement bas de cette transaction alors qu’Alpiq Inteq a généré un profit de 221 millions frs en 2017.

Les résultats 2017 d’Alpiq sont excellents avec un bénéfice de 278 millions frs. et des fonds propres de 2,851 milliards. Après avoir passé les comptes dans la moulinette d’optimalisation fiscale et stratégique, Alpiq enregistre une perte magique de 84 millions frs! Ayons une pensée émue pour tous ceux qui paient des impôts.

En Suisse, la consommation électrique se compose à 55,9% d’hydraulique (53.4% en 2016), 16,9% de nucléaire (20.7), 5,9% de renouvelables (4.9) et 21.3% de charbon. Pour la bienséance, les statistiques ne parlent pas de charbon mais utilise la terminologie environnementalement plus neutre: «sources inconnues». Du côté de la production : 59% hydraulique, 33% nucléaire, 3% gaz, 5% renouvelables.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Les médias commencent à comprendre la différence entre le pétrole de schiste et le pétrole conventionnel. Trop léger, le schiste n’est pas le meilleur ami du diesel ou du kérosène dont le monde a besoin. Les raffineries américaines ne s’accommodent que difficilement de ce schiste et les places de stockage sont déjà pleines en attente de lui trouver une utilité. Morgan Stanley pense les producteurs vont devoir accepter un tarif bien plus bas pour cette mauvaise qualité de pétrole.

La Oklahoma Corporation Commission a créé un nouveau protocole de fracturation hydraulique après que 70 tremblements de terre, d’une magnitude minimale de 2,5, ont secoué l’Oklahoma en 2016. Les entreprises devront immédiatement suspendre leurs opérations 6h après un nouveau tremblement de terre.

Le bassin Permien produit également des quantités record de gaz de schiste, qui sont pour l’instant intransportable à cause du manque d’infrastructures. De plus, cette quantité de gaz s’ajoute à un marché saturé. Cette surproduction sonne le signal d’alarme de l’épuisement des gisements.

 

Venezuela

La production du brut est passée de 2,3 millions de barils/jour en janvier 2016, à 1,6 million aujourd’hui.

Avec le nouveau secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, la situation pourrait rapidement tourner au vinaigre avec le Venezuela. Ainsi, si les sanctions Trumpiennes devaient encore se greffer sur les problèmes du pays, l’impact sur la production pétrolière ne fera qu’accentuer le déclin.

Le nombre de forages actifs est passé de 70 en 2016 à 43 aujourd’hui. Le manque d’employés qualifiés, de pétrole capable de liquéfier le brut vénézuélien et le déclin des investissements précipitent cette chute.

 

Mexique

Le candidat de gauche à la course à la présidentielle, Andres Manuel López Obrador, désire geler les investissements d’entreprises privées dans le domaine pétrolier. Il propose également d’augmenter les capacités de raffinage indigène et de stopper les exportations de brut. Actuellement, le brut mexicain est expédié vers les États-Unis pour être raffiné, pour être ensuite réimporté sous forme de carburant.

Durant les trois dernières années, le montant des exportations pétrolières américaines vers le Mexique (diesel, essence, gaz) a dépassé la valeur du brut mexicain vendu aux USA.

Les menaces douanières proférées par Trump ont le mérite de faire éclore des idées autant au Canada qu’au Mexique.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient & Océanie

Iran

La production pétrolière du pays stagne à 3,85 millions b/j. selon l’IEA.

Le renvoi du Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, par le président Trump, cause des insomnies au gouvernement iranien, surtout que l’ancien CEO d’ExxonMobil a été remplacé par un va-en-guerre farouchement opposé à la Corée du Nord et l’Iran.

Trump ne cache pas son envie de casser l’accord nucléaire avec l’Iran, même si Téhéran respecte toutes les clauses. Dans son arsenal, les États-Unis pourraient mettre une pression sur les pays qui achètent le pétrole et le gaz iranien notamment la Chine et l’Inde.

Si Washington impose à nouveau des sanctions à l’Iran et au Venezuela, la baisse pétrolière pourrait se monter à 1 million de barils par jour d’ici à la fin de l’année.

De son côté, Téhéran s’autorisera à recommencer son programme nucléaire. Du coup, l’Arabie Saoudite, par son prince héritier Mohammed bin Salman, réclame elle aussi son joujou nucléaire.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, aimerait garder le prix du baril à 60$. A ce niveau les caisses de l’Etat se remplissent et le schiste américain n’est pas rentable.

La Russie et l’Iran vont développer deux champs pétroliers à la frontière de l’Irak. C’est le deuxième grand accord international suite au 5 milliards $ avec Total. Cependant, l’Iran est déçu du manque d’enthousiasme des pétroliers occidentaux.

 

Irak

Promis à une déferlante pétrolière, le pays stagne à 4,71 millions b/j. Les grandes majors internationales ont diminué leur enthousiasme car les profits ne sont pas mirobolants. Si l’Irak a réussi à augmenter sa production de 2 millions b/j, c’est grâce à BP, Exxon Mobil, Lukoil, Eni, Total ou Royal Dutch Shell.

L’objectif de Bagdad était de monter la production à 12 million b/j. Il est revu à la baisse à 7 million pour 2022.

30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait de ses cendres grâce au gouvernement. L’entité sera chargée de gérer le pétrole à travers le pays.

 

Nouvelle Zélande

Des drones-taxis volants, électriques et sans pilote, vont être testés sous l’élan du cofondateur de Google, Larry Page et sa start up Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk. Une dizaine de rotors ont été installés sur ses ailes, ce qui lui permet de décoller et d’atterrir à la verticale comme un hélicoptère. Le drone pourrait transporter des passagers en zone urbaine en se servant de toits ou de parkings comme aire d’atterrissage. (lire: Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage?)

 

Australie

Simec Zen Energy, contrôlé par le groupe GFG Alliance, va installer une batterie de stockage d’électricité d’une capacité de 120 MW/140 MWh, à Port Augusta. Record du monde. Objectif stocker l’électricité de la nouvelle ferme solaire en train d’être construite à l’aciérie Whyalla Steelworks.

 

Cora, le drone électrique de Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk

 

Afrique

Nigeria

Comme il fallait s’y attendre, la commission nationale chargée d’enquêter sur la corruption de pétrole, ne brille pas par les progrès obtenus. Le montant dépasse les 20 milliards $.

Les pénuries de carburant aux stations d’essence continuent dans ce pays qui est pourtant le plus grand producteur africain de pétrole.

 

Sud Soudan

Les USA sanctionnent 15 opérateurs pétroliers du pays. Motif : les ventes pétrolières profitent au gouvernement du Président Salva Kiir et ce moyen de pression pourrait terminer les conflits dans le pays.

 

Phrases du Mois

«L’Arabie saoudite est un pays très riche, et vous allez, je l’espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d’emplois et d’achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.» Donald Trump à Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite pour l’achat de 12,5 milliards $ d’armes.

 

I believes that “shale oil growth potential may be over-stated as the prime areas of the Eagle Ford and Bakken are already drilled up. The question is how far does the Permian have left. Probably a couple of years.” Mark Papa, former CEO of EOG Resources.

 

Now that I have retired, I have begun to look at the whole nuclear fusion enterprise more dispassionately, and I feel that a working, every-day, commercial fusion reactor would cause more problems than it would solve.” Daniel Jassby, physicien, Princeton Plasma Physics Lab, New Jersey.

 

Nous sommes à une bifurcation des médias et des réseaux sociaux où plus personne accepte de lire quelque chose dont il ne veut pas y croire.” Tim DeChristopher, cofounder of Climate Disobedience Center.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie Pétrole: La Revue Mondiale Février 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie:
– Allemagne: Les villes pourront interdire certaines voitures diesel
– Gaz: Avec les fuites de méthane, le gaz broie du noir
– USA: Les Américains achètent du gaz russe pour se chauffer
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman prochainement en Europe
– Canada: Début d’année difficile pour le premier ministre Trudeau
– Arctique: Record de chaleur +30 degrés au-dessus de la moyenne
– Australie: Tesla va installer 50’000 maisons en électricité autonome


Le pétrole ne fait plus rien. Lui faudrait-il une petite seringue pour qu’il tienne une forme olympique? On le retrouve à 66.63$ à Londres (69.02$ fin janvier) et à 63.01$ à New York (64.50$ fin janvier).

Est-ce le rapprochement entre les deux Corée qui fait hiberner l’uranium?  Il baisse comme la température à 21.75$ (23.15$ fin janvier).

 

Graphique du mois

  Consommation moyenne par personne (équivalent pétrole en kg)

 

Pétrole

L’Economie mondiale est en croissance et pousse de 2% la demande pétrolière à 100 millions barils/jour (b/j). Les soucis de production au Venezuela et au Nigeria pourraient effacer les gains du schiste américain et propulser les prix à la hausse.

Dans les mois à venir, la pieuvre Goldman Sachs verrait bien un baril à 80$. D’autres institutions prédisent un baril à 100$, mais pour l’instant, le pétrole stagne àà 65$.

La croissance de la demande pétrolière pourrait dépasser l’offre. Durant les 4 dernières années, plus de 100 projets pétroliers ont été mis à l’arrêt et il faudra attendre plusieurs années pour en extraire le premier baril.

Sur les 1’250 milliards $ de dividendes versés en 2017, Royal Dutch Shell est l’entreprise la plus généreuse envers ses actionnaires devant China Mobile. Exxon Mobil, Apple et Microsoft occupent les places suivantes. L’intérêt du capital progresse plus rapidement que les salaires.

 

Gaz

Les études et les évidences, qui montrent que le gaz naturel n’est pas une solution pour le climat, sont de plus en plus accablantes. En Pennsylvanie, USA, les émanations de gaz à effet de serre des forages gaziers représentent 11 centrales à charbon. Les 16 études scientifiques ont été compactées par Environmental Defense Fund.

L’extraction de gaz émet d’énormes quantités de méthane. Selon Energy Institute, les producteurs pourraient réduire de 75% ces émissions simplement en améliorant l’extraction. La moitié pourrait être réduite à des coûts nets.

 

OPEP

Les coupes de l’OPEP portent leurs fruits. Le pétrole est sorti de la zone des 50$ pour se maintenir à plus de 60$. Ce succès repose en grande partie sur les baisses de l’Arabie Saoudite et la dégringolade du Venezuela.

Durant le mois, alors que les prix repassèrent sur les 70$, des murmures se sont fait entendre pour mettre fin aux quotas de l’OPEP. Il n’en n’a pas fallu plus pour voir les prix chuter. L’Arabie et la Russie se sont empressées de démentir la rumeur pour soutenir les prix.

Planète

Alors que l’Europe grelotte sous une vague de froid tardive, le pôle Nord a connu un pic de chaleur avec des températures 30 degrés au-dessus des normales saisonnières. A l’extrême nord du Groenland, les températures ont atteint 6,2°C durant ce mois de février.

Les promoteurs des JO Sion 2026 célèbrent, à leur manière, la durabilité et des Jeux Olympiques respectueux de planète
en brûlant un baril de pétrole au sommet du Cervin avec Pirmin Zurbriggen

 

Les Acteurs Clés

USA

Aux USA en 2018, les éoliennes devraient produire plus d’électricité (89,077 MW) que la force hydraulique.

Waymo, une succursale de Google, va lancer un service identique à Uber, mais avec une petite différence. Les mini vans Chrysler Pacifica ne seront pas équipés de chauffeurs! L’Etat d’Arizona a donné son accord pour ce service de voitures autonomes.

Une voiture autonome a besoin de 40 terrabytes de données pour 8 heures de conduite, soit autant que 3’000 personnes. Combien d’électricité consommeront ces données ?

ExxonMobil annonce une augmentation de ses réserves pétrolières de 19% (+2,7 milliards de barils) grâce aux Emirats Arabes Unis, la Guyane et le schiste américain. Au rythme actuel, Exxon pourra produire pendant 14 années. Et après?

L’administration Trump est en train de préparer un croc-en-jambe aux énergies renouvelables. Une réduction de 72% des fonds pour la recherche et le développement est prévue. Les décisions de Washington ouvrent de belles opportunités à l’Europe et l’Asie.

Scott Pruitt, le climato-sceptique et Directeur de l’Agence Américaine de l’Environnement remet continuellement en question le consensus scientifique sur le réchauffement climatique et l’implication de l’homme. Il prend un angle nouveau en se réjouissant qu’une atmosphère plus chaude est une bénédiction pour l’homme.

Halliburton Co mène une campagne agressive contre les brevets posés par son rival Schlumberger dans le secteur du pétrole de schiste. Les deux concurrents tentent de breveter leurs systèmes afin de commercialiser leurs solutions aux exploitants de pétrole.

A 3 ans de sa réélection, le président Trump a nommé Brad Parscale comme manager de sa campagne présidentielle pour 2020. Les gens pressés n’ont-ils pas d’allure?

 

Arabie Saoudite

Le Gouvernement a débuté une campagne pour contenir l’impact médiatique négatif de la vague d’arrestations sur le monde de la finance. Il reste encore 350 fortunes du pays en état d’arrestation. Avant la vente de 5% de Saudi Armaco, l’objectif est de ne pas refroidir les potentiels investisseurs. Elle devrait rapporter entre 100 et 200 milliards $ à Riyad.

Le Prince bin Salman prévoit un voyage en France, en Angleterre et aux USA durant les semaines à venir. L’objectif du Prince Ministre est d’attirer des milliards de $ d’investissements dans l’aérospatial, le pétrole, les techniques de l’internet et des domaines des loisirs. Des journées de promotion de l’Arabie Saoudite sont également prévues à Zurich et à Genève, mais sans le Prince.

L’une des clé du succès de l’Arabie Saoudite fut l’allocation d’une partie des revenus pétroliers à ses citoyens, une sorte de revenu minimal garanti. Cependant, cette clé manque dans la stratégie “Vision 2030”. Le FMI souligne que si la croissance ne crée pas assez d’emplois, le gouvernement sera sous tension, tout comme la production pétrolière.

Historiquement, l’Arabie Saoudite était le seul pays à posséder 1-2 millions b/j de réserve pour stabiliser les marchés. Aujourd’hui, le Bassin Permien aux USA peut également jouer ce rôle avec 1 million b/j de capacité supplémentaire. Pour l’instant, les américains ont plus produits à tout va sans se soucier des prix du baril.

 

Russie

Alors que le brut premium est envoyé aux raffineries chinoises, l’Europe bénéficie d’un brut de seconde zone. La qualité s’est tellement dégradée que les européens désirent renégocier les prix et les quantités livrées. Le pétrole de l’Oural, qui est exportée en Europe, atteint à peine le standard de qualité fixé par Moscou.

L’arrivée d’un tanker russe de gaz liquide à Boston USA, a fait écarquiller des yeux. Malgré les sanctions et le gaz de schiste US, les américains ont dû importer du gaz russe pour couvrir leurs besoins en chauffage!

Selon Gazprom, l’Europe pourrait expérimenter des coupures de gaz si elle ne construit pas de nouveaux gazoducs depuis la Russie. L’option du gaz de schiste américain pour l’Europe ne convainc également pas Gazprom.

En février, Moscou a enregistré des records de neige. Plus de 2’000 arbres ont été déracinés. Le Kremlin a toujours montré peu d’intérêt pour les changements climatiques et se réjouit de la fonte des glaces dans les régions pétrolifères de l’Arctique.

Moscou et Riyad se trouvent de plus en plus de point en commun. Le schiste américain est sur leur liste noire. L’augmentation de la production américaine les a pris par surprise et la baisse des cours du baril a poussé les budgets des deux pays dans les abysses.

Le ministre du pétrole d’Arabie Saoudite a participé à l’inauguration d’une installation de 27 milliards $ de gaz liquide en Russie. Les Russes espèrent que l’Arabie Saoudite importe ce LNG afin d’économiser le pétrole dans les systèmes d’air conditionné.

La Turquie a donné son accord pour la construction du gazoduc TurkStream de Gazprom qui permettra à la Russie de livrer du gaz à la Turquie et l’Europe sans passer par l’Ukraine.

Aucune surprise dans la réélection du Président Poutine. Cela devrait être confirmé le 18 mars pour un nouveau et dernier mandat. Ce sacre mérite bien une chanson.

Soviet Suprem – Vladimir

 

Venezuela

PDVSA, l’entreprise pétrolière nationale, a demandé à ses 143’000 employés de ne suivre sur les réseaux sociaux que les comptes qu’elle autorise. La restriction fait suite après que 10’000 employés ont quitté leur travail au mois de janvier.

La production continue de baisser à 1,6 million b/j en décembre  (2,18 millions b/j début 2017).

Le Venezuela a lancé sa propre crypto monnaie : le «Petro». Le pays espère en vendre pour 2,3 milliards $. En théorie, cette nouvelle monnaie est cautionnée par de l’or et le pétrole, même s’il ne vous sera pas possible de posséder du pétrole vénézuélien en cas de coup dur.

L’ancien président Chavez et ses proches auraient dérobé plus de 20 milliards $ pour leur propre compte. On retrouve une partie de ce montant auprès de la banque helvète Crédit Suisse.

L’administration américaine et son secrétaire Rex Tillerson (ex pdg d’ExxonMobil) étudie des sanctions pétrolières contre le gouvernement du président Nicolas Maduro. Le Venezuela est le 7ème plus grand exportateur de brut pour les américains.

Chaque jour, plus de 35’000 vénézuéliens cherchent refuge ou vont chercher de la nourriture à Cucuta, Colombie.

Schlumberger a passé 938 millions $ dans le compte pertes et profits après une autre perte de 460 millions $ l’année dernière. L’expédition de l’entreprise pétrolière américaine au Venezuela est dispendieuse.

Chine

Le constructeur chinois de drone, Ehang, a effectué un premier vol avec un drone et un passager. Entièrement propulsé par électricité et géré de manière autonome, il peut voler à 130 km/h. La lutte pour le maché des drones-taxi a débuté entre la Chine, les USA et l’Europe.

Le 26 mars 2018, la Chine va lancer au Shanghai International Energy Exchange sa bourse pétrolière pour les livraisons dans les pays asiatiques. Ce geste a le potentiel de secouer les bourses pétrolières mondiales. Le Yuan remplacera le dollar US pour les transactions.

En Chine, d’ici à 7 ans, la moitié des bus pour les transports en commun seront électriques. En 2017, 386’000 bus électriques ont été vendus et les ventes devraient dépasser le million en 2025. Selon Bloomberg New Energy Finance, les coûts d’acquisition et de maintenance des bus électriques sont inférieurs à leurs concurrents à pétrole ou à gaz.

Le président chinois Xi Jinping hésite entre le titre d’Empereur à vie ou celui de Président limité à deux mandats. Empereur à vie semble être sa préférence. A voir si le gouvernement va le confirmer dans ce nouveau poste.

Dans le monde, 60 centrales nucléaires sont en construction dont 20 en Chine. Dans quelques années, Pékin va devenir la plus grande puissance nucléaire civile.

Au Tajikistan, la Chine finance la construction d’un gazoduc pour importer 25 à 30 milliards de m3 de gaz du Turkmenistan. Au total, la Chine devrait engloutir 65 milliards m3 de gaz turkmène.
Les importations de pétrole ont atteint un nouveau record à 9,57 million b/j en janvier.

Sous la pression de Donald Trump, la Chine va importer du gaz liquide LNG américain

Alors que le centre de la Chine croule sous la neige, la capitale Pékin aligne plus de 110 jours sans une goutte d’eau. (depuis le 23 octobre 2017). La dernière sécheresse aussi importante date de 1970.

Drone Taxi Ehang

 

Europe

L’objectif de réduction de la consommation d’énergie de l’Union Européenne avait été fixé à -20% d’ici à 2020. Selon Eurostat, en 2016, le retard était de 4% sur la feuille de route.

Pour la deuxième année consécutive, la croissance économique de l’Europe (+2,5%) est supérieure à celle des USA. En Chine, la croissance 2018 devrait passer à 6,9% (6,5% l’année dernière).

Pour la première fois, en 2017 l’Europe a généré plus d’électricité avec le vent, le soleil et la biomasse qu’avec du charbon. La progression est impressionnante. Il y a 5 ans, le charbon produisait le double des énergies renouvelables.

 

France

Vahana, l’avion électrique, entièrement autopiloté, a réussi son premier vol test pour le compte d’Airbus. L’oiseau volant s’est stabilité à une altitude de 5m. Le vol a eu lieu à Pendleton Range, Oregon, USA. De son côté, l’Europe va lancer des projets pilotes de drones électriques, capable de transporter des personnes.

Des problèmes de soudure ont été repérés sur le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville. Ces écarts concernent 38 soudures sur 66 dans le circuit secondaire. L’EPR de Flamanville devait entrer en service en 2012 pour 3 milliards €. La facture actuelle dépasse les 10,5 milliards €.

Une vague de froid a atteint l’Europe durant les derniers jours de février. Entre 12 et 15% des français souffrent du froid dans leurs habitations. La précarité énergétique concerne 1 ménage sur 5.

A Bure, les occupants du bois Lejuc ont été évacués par 500 gendarmes. Le site de la Meuse a été choisi pour stocker 85’000 m3 de déchets nucléaires à haute activité et à vie longue. Les opposants occupent, depuis l’été 2016, le site.

Après la Belgique, le chinois Gobee.bike jette également l’éponge en France. Lancé en octobre 2017 à base de vélos à 28€, le nombre de déprédations et de vols ont cassé le business model. De son côté, le Vélib’ compte 20’000 vélos dégradés ou volés par année.

 

Allemagne

Les grandes villes ont le droit d’interdire la circulation des voitures diesel polluantes, selon un jugement qui pourrait concerner 12 millions de véhicules en Allemagne. Ainsi, les municipalités pourront interdire les voitures diesel non conformes les jours de forte pollution. Cette décision est une prouesse dans ce pays tourné vers l’automobile.

Max Planck Institute a investi plus de 1 million d’heures afin de construire le Wendelstein 7-X, un prototype de réacteur à fusion nucléaire. Pour le moment, il s’agit d’un test qui consomme bien plus d’électricité qu’il n’en produit. A l’époque le réacteur Super Phénix avait suivi la même trajectoire.

 

Hollande

Le gisement gazier de Groningen a été secoué par un tremblement de terre de 2.0 alors qu’en janvier une secousse de 3.4 avait été enregistrée. Les tremblements sont directement liés à l’exploitation de gaz.

 

Suisse

Les promoteurs de la candidature des Jeux Olympiques «Sion 2026» ont frappé très fort. Ils ont réalisé la prouesse d’amener en hélicoptère un baril de pétrole au sommet du Cervin. C’est le champion Pirmin Zurbriggen qui a mis le feu au baril de l’entreprise pétrolière Midland. Les organisateurs soulignent, à leur manière, l’importance de réaliser des Jeux durables et propres.

En 2015, les émissions suisses de gaz à effet de serre se sont élevées à 116 millions de tonnes d’équivalents CO2. Les gaz émis à l’étranger (76 millions de tonnes) représentent près des deux tiers de l’empreinte totale de la Suisse.

La Ministre de l’environnement du Canton de Vaud a préparé un projet de loi qui propose l’interdiction de la fracturation hydraulique «et toute forme de stimulation visant à fracturer la roche». Ca tombe bien, car une société gazière voulait justement utiliser cette méthode pour aller chercher du gaz sous le Lac Léman. Soulagement dans la communauté des poissons, qui auraient été en contact direct avec les produits chimiques nécessaires à la fracturation.

Au lieu d’un déficit de 250 millions de francs pour 2017, la Confédération Suisse affiche un bénéfice de 4,8 milliards! En dix ans, les erreurs comptables indiquent un surplus surréaliste de 30 milliards francs.

Norvège

Statoil est satisfaite de sa première installation d’éoliennes flottantes Hywind en Ecosse. Le système permet d’installer des éoliennes qui n’ont pas besoin d’être ancrées dans le fond de la mer.

Le fonds souverain norvégien, dont la cagnotte frise 1’000 milliards $, ne va plus investir dans les énergies fossiles comme le charbon.

 

Italie

Grâce au pétrole égyptien, le géant pétrolier ENI a battu son record pétrolier avec 1,92 millions b/j en décembre dernier.

Sylvio Berlusconi fait un retour surprenant sur la scène politique italienne. Les résultats seront connus en mars.

 

Ukraine

Jusqu’en 2025, Westinghouse Electric, USA, va livrer de l’uranium à 7 centrales nucléaires Ukrainiennes. Le régime local désire diminuer sa dépendance énergétique face à la Russie.

Dessin: L’excellent Chappatte

 

Les Amériques

USA-Schiste

Le Wall Street Journal souligne, avec tact, que l’industrie américaine de schiste a perdu 265 milliards $ depuis 2010.

Sur les 15 plus grands producteurs indépendants de schiste, seuls 5 ont commencé à payer des dividendes.

Dans les 7 années à venir, ExxonMobil espère tripler sa production de schiste dans le Bassin Permien et arriver à 600’000 b/j.

La demande pour le sable utilisé dans les forages de schiste est passée de 34 millions de tonnes en 2012 à plus de 100 millions de tonnes pour cette année. Les exploitants pétroliers ont fortement augmenté les quantités de sable afin de tenter d’extraire plus de pétrole. Si la technique fonctionne bien durant les premières semaines, elle ne permet pas d’extraire plus d’or noir.

La tonne de sable pour le schiste coûte 120$.

La production pétrolière américaine pourrait atteindre 11 millions b/j en 2019 (10,2 en janvier 18). L’Oncle Sam pourrait devenir le plus grand producteur mondial selon l’agence américaine de l’énergie.

Les producteurs de schiste sont sous pression pour trouver des milliards $ afin de financer l’expansion de leurs opérations. Corolaire à ce défi, ils devront réaliser des profits pour financer les financiers qui les financent. Le succès de cette mission pourrait influencer la production nationale tout comme le prix du baril sur le marché.

Si l’on peut supporter le postulat que le pétrole de schiste va augmenter dans les 18 mois à venir, il est plus ardu d’imaginer que la production sera aussi élevée en 2040. L’EIA n’hésite pas à franchir ce pas. Historiquement un forage de schiste s’épuise de 70 à 90% en 3 ans et les forages les plus prometteurs sont exploités en premier. L’EIA base ses prévisions sur des gisements qui n’ont pas encore été trouvés. Dans l’ambiance Trumpienne actuelle, ce détail passera certainement inaperçu.

 

Canada

Ce début d’année est compliquée pour le premier ministre Justin Trudeau. Il a d’abord été chahuté par une vive opposition de la population de Colombie-Britannique face au triplement de la capacité de l’oléoduc Trans Mountain, long de 1150 km entre Edmonton (Alberta) et Vancouver. L’oléoduc transportera terme 890’000 barils de pétrole des sables bitumineux.

Le premier ministre s’est également rendu en Inde où sa communication surjouée s’est retourné contre lui.

Il a également créé le buzz avec une phrase dont il a le secret.

Justin Trudeau: On ne dit pas “Mankind” mais “Peoplekind”

 

Asie

Inde

Durant les 20 prochaines années, l’Inde pourrait représenter le 40% de l’augmentation de la demande mondiale de pétrole. De 4,4 millions b/j, l’Inde pourrait passer à 9,7 en 2040. Le pays pourrait multiplier par 5 le nombre de voitures en circulation.

L’Inde a importé 4,93 millions b/j en janvier (+13,6% par rapport à 2017).

 

Australie

Tesla va équiper 50’000 foyers avec ses tuiles photovoltaïques afin de réaliser la plus grande centrale virtuelle électrique au monde (Virtual Power Plan). 1’100 premières maisons seront équipées gratuitement avec 5 kW de panneaux solaires et des batteries de stockages Tesla Powerwall de 13,5 kWh

Cela permettra aux Australiens de devenir producteurs et consommateurs (prosumer) de leur électricité, voir de vendre leur surplus à leurs voisins.

Une réduction de 30% du prix de l’électricité est prévue pour les citoyens.

Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Iran

Comme dans une grande partie de l’Iran et du Moyen-Orient, Téhéran souffre dramatiquement de manque d’eau. La ville est fortement dépendante des pluies automnales et elles ne sont pas venues, même si la neige est tombée en février. On parle de rationner l’eau alors que les nappes phréatiques ne font que de diminuer.

Pour mémoire, l’un des élément déclencheur de la guerre en Syrie fut la sécheresse et des récoltes agricoles catastrophique.

En décembre, la production pétrolière s’est stabilisée à 3,83 millions b/j.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, espère pouvoir augmenter la production de 1,7 million b/j avec l’aide de partenaires non-spécifiés. En décembre, les commandes de la Chine ont diminué de 17,2% à 510’000 b/j pendant que les exportations vers l’Inde ont diminué de 6,2%.

L’Iran va prochainement vendre du gaz liquide à Bagdad via son gisement South Pars, qui est également exploité par le Qatar. Lequel de ces deux pays captera le plus de ce gaz au nez et à la barbe de l’autre est une question qui n’a pas encore de réponse.

 

Irak

Le Ministre al-Luaibi a annoncé que les capacités d’exportations pétrolières se montent à 5 millions b/j dont 4,6 des installations dans le Sud.

L’Irak ambitionne de lever 100 milliards $ de la part des majors pétrolières internationales pour développer son pétrole, des raffineries, de la pétrochimie et des engrais. Il semblerait que Washington ne participera pas à ces investissements.

Par camions, le Gouvernement central va exporter 60’000 b/j de la région de Kirkuk dans une raffinerie iranienne. Jusqu’à présent, le pétrole de ces puits était expédié dans le port Turque de Ceylan par un pipeline opéré par les Kurdes.

Depuis la reprise par le Gouvernement des champs de Kirkuk, les Kurdes sont dans une position de soumission bien inconfortable qui ne demande qu’à exploser.

La Chine pourrait construire 2 raffineries de pétrole de 300’000 b/j. dans le pays.

Suite au départ de Shell du gisement de Majnoon, Total, Chevron, BP, PetroChina et Eni ont fait part de leur envie de reprendre le flambeau. Cependant, si Shell s’est retiré, c’est que financièrement la mariée n’est peut être pas aussi belle.

 

Liban / Israël

Le Liban a octroyé de deux zones d’exploration de gaz à Total, avec l’italien Eni et le russe Novatek. Comme une grande nappe de gaz se trouve entre Israël, Chypre, l’Egypte et le Liban, la situation s’envenime. Israël revendique le bloc 9, qui est frontalière des eaux territoriales israéliennes et selon Tel Aviv, cette poche se trouve dans des eaux maritimes qui n’appartiennent pas au Liban. «Ils ont lancé un appel d’offres pour un bloc qui de toute évidence est à nous ». Il ne manque plus que Donald Trump vienne la ramener pour garantir une bonne ambiance dans les mois à venir.

Afrique

Nigeria

Depuis deux mois, les pénuries de pétrole, qui paralysent le pays, empirent. Le plus grand producteur pétrolier africain n’a pratiquement aucune raffinerie et doit importer ses carburants. Même le milliard de litres de kérosène pour les avions a dû être importé en 2017.

Le pays doit importer 625’000 barils d’essence par jour.

Une nouvelle enquête de corruption a été ouverte pour le vol de pétrole pour un montant de 21 milliards $.

 

Libye

La production nationale a atteint une moyenne de 1 million b/j en janvier. Une première depuis 2013.

En 2017, la moyenne était de 817’000 b/j. Durant l’ère Kadhafi, elle était de 1,5 million b/j.
La production est loin d’être stabilisée alors que les milices se battent pour le partage des revenus et du pays.

 

Phrase du Mois

«Malgré la hausse des prix, la grande partie des exploitants de schiste américains font des pertes. Aucun signe d’amélioration n’est en vue. La moyenne des retours sur les actifs est à 0,8%.» Al Rajhi Capital, d’Arabie Saoudite.

« We would like to say «Peoplekind not necessarily Mankind, this is more inclusive ». Justin Trudeau, Premier ministre du Canada.

I am resolved that not a single drop from Trump’s new oil plan ever makes landfall in California.” Lt. Governor Gavin Newsom, chair of the State Lands Commission and a Democratic candidate for governor

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie:
– Allemagne: Des tests de pollution sur des singes par VW, BMW, Mercedes
– France: AREVA change de nom et efface 7 milliards € de dettes
– USA: Trump taxe les panneaux solaires chinois
– Arabie Saoudite: 200 milliards $ récupérés auprès des Princes
– Hydrogène: L’Allemagne se lance dans les trains. La Hollande dans les bus
– Chine: Le pays devient le plus grand importateur de gaz, de pétrole et de charbon
– Guyane: De larges champs offshores prêts à être exploités


Durant le mois, le baril est passé à 70,37$ à Londres, au plus haut depuis décembre 2014. A la fin de ce premier mois 2018, on le retrouve à 69.02$ à Londres (66.60$ en décembre) et à 64.50$ à New York (60.42$ en décembre).

L’uranium continue d’hiberner à 23.15$ (23.75$ fin décembre).

 

Graphique du Mois
Exportations de pétrole brut et condensé de la Russie vers la Chine  2002-2017

Source: EIA

Pétrole

En 2018, les investissements pétroliers exploratoires touchent un bas historique à 37 milliards $. Du jamais vu en 70 ans (-60% par rapport à 2014).

A l’heure actuelle, il semble que la production de schiste ne va pas être capable de compenser la hausse de la demande ainsi que la déplétion des gisements conventionnels. Un grincement pourrait se produire dès 2020.

Planète

2017 est la 3ème année la plus chaude après 2015 et 2016 selon la NASA. Le mois de Janvier 2017 a été le plus chaud en Suisse depuis 1880.

Du côté des Grands Acteurs:

 

Russie

Le Président Russe Vladmir Poutine a été réélu le 18 mars prochain!

Un deuxième pipeline russe en direction de la Chine a été mis en service entre la Sibérie et l’Océan Pacifique. Pékin importe 600’000 b/j avec ces pipelines.

La production pétrolière russe a atteint un niveau record depuis 30 ans à 10,98 millions b/j.

Gazprom a explosé ses exportations +8,1%, à 193 milliards m3, selon son CEO Alexey Miller. La production de Gazprom est de 471 milliards m3 et le double en kg de CO2. Les deux pays les plus friands du gaz russe sont l’Allemagne et la Turquie.

L’Allemagne a augmenté sa consommation de gaz russe de 7,1% en 2017. Depuis les soucis avec l’Ukraine et les sanctions européennes, les importations de gaz russe en direction de l’Europe ont augmenté de 25%!

USA

L’administration Trump vogue toute voile dehors pour éradiquer les lois concernant les forages offshores établies après la marée noire BP Deepwater Horizon. Ainisi, la Maison Blanche veut autoriser ces forage sur le 90% des côtes US, contre 6% actuellement. Après l’aventure BP, les compagnies pétrolières hésitent à se lancer dans cette galère. En cas de problèmes, elles feront face à de lourdes pénalités légales, les boycottes, les protestations et surtout que l’ami Trump risque de faire ses bagages dans 3 ans.

La marée noire DeepWater Horizon aura finalement coûté à BP plus de 60 milliards $ à la compagnie.

Avec l’arrivée du renouvelable, le nombre d’emplois pour générer de l’électricité diminue. Il faut 5 fois plus d’employés avec le charbon et le nucléaire par rapport aux énergies renouvelables selon BW Research Partnership.

Depuis l’arrivée de Trump, dans le charbon 771 emplois supplémentaires ont été créés pour un total de 54’819.

Washington va instaurer des taxes de 30% sur les panneaux solaires chinois.

Le Gouverneur Andrew Cuomo de l’Etat de New York a créé une force de travail sur le style californien pour combattre le réchauffement climatique et éviter les interférences de la Maison Blanche. Paradoxalement, cela risque de chauffer pour diminuer le réchauffement

La CEO de General Motors, Mary Barra, a promis aux investisseurs, que dès 2021, le fabricant de voitures va générer des profits avec les voitures électriques. GM sera le premier constructeur à générer du cash avec ce type de voitures. Elle n’a pas détaillé son plan d’attaque d’autant que les ventes record de pickups et de SUVs ont battu des records en 2017.

Avec l’essence bon marché et surtout les publicités à base de testostérone, les automobilistes ont acheté plus de pickup trucks que de voitures de tourisme. La consommation US stagne à 8,5 lt/100 km (identique à 2016).

Deux producteurs d’uranium ont demandé au Président Trump de renoncer à utiliser l’uranium russe ou d’Asie centrale pour la confection d’armes ou pour les centrales. Presque 50% de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

La major pétrolière ConocoPhillips va vendre entre 5 et 8 milliards $ d’actifs, principalement dans le secteur du gaz ainsi que racheter 3 milliard $ de ses propres actions pour faire remonter les cours et le bonus de son PDG. ConocoPhillips traine une dette de 20 milliards $.

En Alaska, Conocco Phillips planifie 5 nouveaux forages dont 4 dans la Réserve Naturelle NPR-A nouvellement ouverte par Trump.

La croissance américaine a marqué le pas au quatrième trimestre, à 2,6 % en rythme annuel, repassée sous l’objectif de 3% que s’est fixé Donald Trump.

Publicité réalisée et publiée par Donald Trump.
Imaginez un président européen réaliser une pub pour défendre ses projets!

 

Arabie Saoudite

En quelques mois, le Gouvernement a récolté 100 milliards $ auprès des notables du Royaume suite aux arrestations pour motif de corruption.

Les prix de l’essence ont augmenté à 0.40$ le litre. Par rapport au 6 centimes d’il y a quelques années, l’envolée est remarquable. Le Gouvernement désire stopper les subsides dans le domaine énergétique.

L’Arabie Saoudite tente de reprendre le leadership de l’OPEP en proposant d’inclure les pays hors OPEP dans la régulation de la production mondiale. Moscou a précisé que les inventaires pétroliers, et non les prix du pétrole, seront décisifs pour fixer les prix du marché.

Le Prince milliardaire Alwaleed bin Talal, détenu depuis 2 mois pour cause de corruption, a proposé un accord financier. Le Prince a offert une «donation» au Gouvernement afin d’effacer l’ardoise. Riyad semble tergiverser sur le montant de la douloureuse. Tout ne semble être qu’une question de temps.

L’Arabie Saoudite va choisir l’heureux élu qui aura le privilège de construire sa première centrale nucléaire. La France, les USA, la Corée du Sud et la Russie sont en lice. Riyad ne cache plus le désire de créer une bombe atomique avec le plutonium généré par cette centrale pour un concept à 360 degrés.

Le choix tombera d’ici à décembre. D’ici là, on devrait voir une belle collection de présidents aller se plier à l’exercice prévente du côté de Riyad.

Les exportations de l’Arabie Saoudite en direction des USA touchent un bas à 415’000 b/j.

Dessin: L’excellent Chappatte

 

Europe

France

AREVA synonyme de difficultés, d’échecs commerciaux et de démêlés judiciaires change de nom. La nouvelle princesse s’appelle ORANO. L’équipe marketing a pêché ce nom dans les livres de Latin: “le dieu Uranus” qui a donné son nom à la planète puis à l’uranium.  Le Prince sera d’autant plus charmé que les 7 milliards € de dettes d’AREAVA ont été effacées… par enchantement.

Quarante ans après son ouverture, la centrale nucléaire de Fessenheim vit ses derniers mois. Elle devrait être fermée d’ici à la fin de l’année 2018 ou le début de 2019. L’Etat français a commencé les négociations avec les travailleurs.

La consommation énergétique annuelle par habitant est environ 240 fois supérieure à celle qu’un humain peut produire pendant la même durée avec sa seule puissance musculaire.

 

Suisse

Depuis le 1 janvier, les Suisses peuvent autoconsommer l’électricité produite par leurs panneaux solaires. Mieux, ils peuvent vendre leur électricité à leurs voisins et ceux-ci peuvent acheter les électrons solaires produit localement sans passer par un grand groupe électrique.

Ce changement pourrait pousser les grands groupes électriques à se soucier (pour une fois) de leurs clients. Des initiatives intéressantes sont en train de se créer. La Coopérative Robin des Bois semble bien porter son nom surtout qu’il s’agit de redonner aux citoyens la place qui leur revient.

 

Allemagne

Le groupe énergétique allemand E.ON cède 46,65 % de ses actions dans Uniper au finlandais Fortum. Créée en 2016 par E.On pour déverser tous ces actifs à risques comme les centrales à gaz et au charbon, Uniper a ainsi totalement quitté les mains d’E.ON.

Alstom a été choisi pour réaliser le premier train à hydrogène en Allemagne. La Basse-Saxe a commandé 14 trains pour remplacer les locomotives à diesel. D’une autonomie de 1’000 km. Ils pourront circuler à une vitesse maximale de 140 km/h et emporteront environ 300 voyageurs.

Selon le le New York Times, Volkswagen, BMW, Daimler Mercedes et l’équipementier Bosch ont mené des tests aux Etats-Unis sur dix singes en 2014, enfermés face à des dessins animés pendant qu’on leur faisait respirer la fumée émise par une Beetle, successeur de la Coccinelle, modèle phare de Volkswagen. En Allemagne, un institut hospitalier d’Aix-la-Chapelle a fait inhaler de 2013 à 2014 du dioxyde d’azote (NO2) à des étudiants pour voir l’impact sur leur santé.

Le plus choquant, c’est qu’ils ont utilisé des singes pour leurs tests!!! Pour les humains, rien de neuf, cela fait des années qu’ils le font en grandeur nature.

 

Belgique

oBike Bruxelles Gobee.bike  va abandonner les vélos en libre services sans station. Problème le vandalisme coûte trop cher à la société alors que ses vélos coûtent 28 euros à la production.

 

Angleterre

Avec des vents venteux, des éoliennes en pleine forme et une demande électrique en baisse, l’Angleterre a de nouveau vécu des périodes où l’électricité se vend à des prix négatifs (en-dessous de zéro).

Le démantèlement des infrastructures pétrolières offshores dans la mer du Nord est estimé à 77,3 milliards $.

2017 fut une année record pour les énergies renouvelables dans le réseau anglais avec 13 records dont 1 journée d’avril entière sans charbon. Une première depuis la révolution industrielle.

 

Norvège

Le pays a accordé un record de 75 permis d’exploration pétrolière : 45 dans la Mer du Nord, 22 dans la Mer de Norvège et les 8 autres dans la Mer de Barents.

 

Hollande

Après l’Allemagne et sa commande de trains à l’hydrogène, c’est la Hollande qui pourrait se lancer dans les Bus à Hydrogène à base de solaire et d’éoliennes.

Une usine d’électrolyse de 20 mégawatt capable de produire 3’000 tonnes d’hydrogène/an et 300 bus serait la plus grande en Europe.

L’hydrogène pourrait prendre le pas l’électricité surtout dans les domaines plus volumineux et lourds que les voitures (bus, bateau, camions).

Les Amériques

Venezuela

Difficile de prévoir l’avenir du pays tant les signes indiquent des zones de tempêtes. Le pays produit encore 1,5 million b/j de pétrole et la tendance est à la baisse. Dans les coulisses, la Chine, la Russie et les USA préparent le terrain pour se partager les restes et surtout les réserves pétrolières.

Oscar Perez, le rambo Vénézuélien, a été abattu ou assassiné par les militaires du régime. Selon les images qu’il a filmées lors de ses derniers instants, la deuxième option est privilégiée.

En effet, les Vénézuéliens ont suivi en direct, par le biais des réseaux sociaux, le pilonnage subi par l’homme le plus recherché par le régime chaviste : Oscar Pérez, 36 ans, ancien inspecteur de la police criminelle, qui s’est insurgé contre le président Nicolas Maduro. En juin 2017, il s’était emparé d’un hélicoptère et avait jeté des grenades contre des bâtiments officiels à Caracas, sans faire de victimes.

La production pétrolière du Venezuela a diminué de 15% en décembre pour toucher un bas à 1,5 millions b/j. (-29% sur une année). Les sanctions américaines ne font qu’amplifier les difficultés du pays. La production 2018 pourrait fortement diminuer.

Canada

L’opérateur de pipeline TransCanada annonce que des contrats pour 500’000 barils/jour pendant 20 ans (60% de la capacité) peuvent suffire pour couvrir les frais du pipeline Keystone XL. Même sans boule de cristal, il semble peu probable que ces chiffres soient atteints.

Le nombre de forages est en forte hausse à 185 (+87).

 

USA Schiste

L’EIA pense que la production de schiste va augmenter de 1,8 million b/j d’ici à la fin de l’année ou début 2019. La production américaine pourrait atteindre 11 millions b/j et dépasser l’Arabie Saoudite et la Russie.

Les chiffres n’indiquent aucune progression des gisements du Bakken, di Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste repose sur le Bassin Permien et d’Eagle Ford.

Si les agences de communication, le gouvernement et les pétroliers usent clairons et trompettes, un autre regard apporte justement un autre regard. Ainsi 7’500 puits attendent d’être forés. A une moyenne de $2,2 millions/pce ,il faut trouver 17 milliards $ pour les mettre en service. Comme les investisseurs n’ont jamais eu de retour sur investissement, une certaine dose de courages est nécessaire.

Un autre grain de sable dans les estimations américaines. Le Bassin Permien devrait augmenter de 900’000 b/j d’ici à la fin 2019. Cependant avec les rapides taux de déplétion, il va falloir fortement augmenter le rythme pour couvrir la perte des forages actuels et améliorer la rentabilité économique pour extraire d’avantage de pétrole de schiste.

 

Mexique

Les cartels de la drogue ont trouvé une nouvelle manne financière: le vol de pétrole. Les différentes raffineries du pays estiment leur manque à gagner à 5 milliards de dollars.

 

Guyane

Le spot offshore le plus intéressant au monde se trouverait sur les côtes de la Guyane. Depuis qu’ExxonMobil a trouvé une grande quantité de pétrole début 2017, Washington aimerait donner une priorité à ses investisseurs pour l’extraction.

 

Argentine

La compagnie pétrolière nationale YPF va travailler avec le norvégien Statoil pour développer les champs de schiste de la Vaca Muerta et du Bajo del Toro dans la province du Neuquen.

 

Brésil

Le producteur pétrolier national, Petrobras, va payer 2.95 milliards $ de dédommagements à des investisseurs américains, qui avaient porté plainte contre les pertes dues à la corruption de l’entreprise.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

En mer de Chine orientale, le pétrolier iranien Sanchi, a sombré après avoir heurté un bateau chinois. Le tanker a pris feu et coulé en laissant derrière lui une marée noire. Le bateau gît par une profondeur de 115 mètres.

Les froids glacials dans le nord du pays augmentent la consommation de charbon pour le chauffage et l’électricité.

En 2018, la Chine va remplacer le Japon à la place du plus grand importateur de gaz mondial. La Chine est déjà le plus grand importateur de pétrole et de charbon.

En 2018, la Chine va importer 70% de son pétrole. La Chine a remplacé les USA comme plus grand importateur de pétrole mondial.

D’ici à 2020, Pékin veut créer des «méga » compagnies minières de charbon afin de regrouper toutes les forces et moderniser le secteur. Chaque structure devra extraire 100 million de tonnes de charbon par année.

Les chinois ont acheté 777’000 véhicules électriques ou plug-in en 2017, +53% par rapport à 2016. Cette hausse est attribuée aux subsides accordés aux modèles réalisés par les entreprises chinoises. Les voitures sont au nombre de 579’000. Le solde représente les bus et véhicules commerciaux sous la houlette du Gouvernement.

Le 23 février, la Chine va lancer ses premiers contrats pétroliers à sa bourse. On perçoit comme une envie de s’émanciper des USA.

 

Kazakhstan

La production pétrolière du pays a augmenté de 180’000 b/j en 2017 pour atteindre 1,74 million b/j.

Il est probable que l’OPEP aille tirer les oreilles du président pour lui demander de diminuer sa production afin de maintenir la hausse des prix.

Moyen Orient

Emirats Arabes Unis

Comme tous les pays du Moyen-Orient l’eau commence à faire cruellement défaut. Actuellement le pétrole ou le gaz servent au dessalement de l’eau des mers environnantes. De nouveaux systèmes, à base d’énergie solaire, sont mis en service pour générer cette eau potable.

 

Iran

Les manifestations ont été contenues et le calme retrouvé. Cela ne veut pas dire pour autant que les solutions ont été trouvées. Aucun impact sur la production pétrolière ou gazière n’a été mesuré.

Téhéran va combattre toutes les nouvelles sanctions si Washington va de l’avant. Trump a donné à l’Europe ainsi qu’à l’Iran un ultimatum final pour réparer «les points désastreux » de l’accord nucléaire.

Le ministre des affaires extérieures russes, Lavrov, a précisé qu’il ne supportera pas les tentatives de l’administration Trump de modifier ce traité.

 

Irak

L’américain Chevron aimerait retourner au Kurdistan pour tenter de nouveaux forages. BP va tenter de d’augmenter la production des champs de Kirkuk. Le gouvernement irakien a demandé à la major de doubler la production soit +700’000 b/j.

La tâche sera compliquée par les vues des Kurdes sur les gisements de Kirkuk dont ils étaient en possession pendant 3 ans. L’armée irakienne avait délogé les Kurdes en octobre après le référendum d’indépendance lancé par les Kurdes.

De son côté, Shell abandonne l’Irak et son dernier champ West Qurna 1.

Afrique

Ghana

Exxon Mobile Corp a signé directement avec le gouvernement pour l’extraction exclusive du champ Deepwater Cape Three Point. Il n’y a pas eu d’appel d’offre et le montant de la petite enveloppe à l’attention du président n’a pas été dévoilé. Les forages offshores devront aller entre 2’000 et 4’000 m sous le niveau de la mer pour extraire le pétrole.

 

Phrase du Mois

La question à plus long terme, est: Est-ce 2018 sera la dernière grande augmentation de la production pétrolière américaine? Si vous regardez les chiffres économiques de la plupart des grands acteurs du Bassin Permien, peu d’entre eux génèrent des bénéfices“.  Ian Taylor, CEO, Vitol.

“In the US shale oil, cash required per barrel metric has been rising for several consecutive quarters, hitting an average $64 per barrel in the third quarter of 2017”. Al Rajhi Capital

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2017

Tous les Voeux pour la Nouvelle Année 2018!!!
Comme le 1er de chaque mois, la Revue Mensuelle:
– Pétrole: Un baril à 100 ou à 50$ pour 2018?
– Arabie Saoudite: Le pays aimerait avoir sa bombe atomique
– France: Des vélos à hydrogène bientôt à disposition
– Allemagne: Après Tesla, Daimler propose son camion électrique
– Pologne: Inauguration de la plus grande centrale à charbon européenne
– Monde: Les investisseurs préfèrent toujours les Energies Fossiles
– Iran: Des manifestations secouent le pays.


Durant 2017, le pétrole a roupillé. Il s’est repris grâce à la pression de l’OPEP et termine l’année sur une légère poussée de fièvre. on le retrouve à 66.60$ à Londres (56,09$ au 1er janvier 2017) et à 60.42$ à New York (53.90$ au 1er janvier 2017).

L’uranium n’a rien fait. Un gros dodo durant toute l’année pour terminer à 23.75$ (20.25$ au 1er janvier 2017).

 

Graphique du Mois
Variations de la consommation d’énergie mondiale
durant les 5 dernières années
   Source: National Observer

Planète

Explication du graphique du mois.  On pourrait croire que les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Il n’en est rien. Les investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon continuent d’être largement supérieurs aux énergies renouvelables.

L’année 2017 a été l’année la plus chaude depuis le début des mesures. L’hiver 2017 est paradoxalement rigoureux autant aux USA-Europe qu’en Asie. Vous aurez remarqué les variations extrême d’un jour à l’autre, comme si le climat jouait avec le Bitcoin.

La liste des 100 entreprises qui polluent le plus dans le monde a été publiée par «ClimateAction100+».
– On retrouve les groupes pétroliers et gaziers comme BP, Chevron, Coal India, Eni, Exxon Mobil, Shell, Total,
– des acteurs du secteur des transports: Airbus, Boeing, Ford, Volkswagen,
– des producteurs d’énergie: EDF, Enel, Engie, E.ON,
– des groupes miniers et sidérurgiques: ArcelorMittal, BHP Billiton, Glencore, Rio Tinto,
– des chimistes: BASF, Dow
– et dans les groupes alimentaires Procter & Gamble ainsi que Nestlé. A noter que ces deux entreprises concourent également dans la catégorie “Green Waching”.
Les groupes LafargeHolcim, et Siemens participent également à la fête.

 

Pétrole

Décembre est une période propice aux prédictions. Voici quelques infos pour nourrir votre boule de cristal.

Parmi les pays non membre de l’OPEP, seuls la Russie, le Canada et les USA ont vu leur production augmenter depuis 2004. Pour les autres, le déclin annuel total est de 250’000 barils/jour (b/j).

Depuis 2007, la production américaine a explosé +6 millions b/j. L’Irak, l’Arabie Saoudite, la Russie et le Canada ont également apporté 6 millions b/j.

Du côté de la demande, elle est passée de 89 millions b/j pour bientôt friser les 100. La surproduction 2017 ne représente que le 1,8% de la production mondiale.

Pour 2018-2020, si l’on assume que Trump ne mette pas à feu et à sang la planète et que le Moyen Orient tienne le coup, on peut imaginer que les USA vont légèrement accroitre leur production tant que le Bassin Permien ne montre pas des signes de faiblesse, que la production Russe va rester dans sa zone actuelle et que les dispendieux sables bitumineux du Canada vont augmenter avec la hausse des cours du baril.

Les autres pays non membre de l’OPEP devraient voir leur production annuelle diminuer de 250’000 barils/jour. Ajoutez un peu d’incertitude avec l’Arabie Saoudite et l’Irak, beaucoup d’incertitude avec le Venezuela et le Nigeria, vous êtes à même de faire une prédiction.

Les découvertes de nouveau pétrole se montent à 7 milliards de barils en 2017 contre 8 l’année dernière alors 2016 était la plus basse depuis 1940! Nous en étions à 15 milliards en 2014 et 30 milliards en 2012.

Certains pensent que le baril pourrait bientôt franchir les 70$ pour grimper vers les 100$. Barclay penche pour un retour à 50$ grâce à l’arrivée de 1,2 million b/j de schiste américain et la fin de la restriction des 1,8 million b/j de l’OPEP. Goldman Sachs prédit une hausse vers la mi-2018. Cependant la Pieuvre est connue pour faire une annonce et prendre des bénéfices en faisant le contraire.

Arabie Saoudite

Selon Reuters, après l’Iran, c’est au tour de l’Arabie Saoudite de vouloir sa bombe atomique. Aucun doute que cela permettra de détendre l’atmosphère au Moyen-Orient. Ainsi Riyad va demander à Trump et à des entreprises américaines actives dans le nucléaire, la possibilité d’enrichir l’uranium des centrales nucléaires civiles qui devraient être construites sur le territoire.

Le PIB du pays s’est contracté de 0,5% en 2017 à cause de la baisse des ventes pétrolières et le déficit pour 2018 devrait atteindre $52 milliards.

La vente de 5-10% des actions de Saudi Aramco est sur la table, mais à l’arrêt. Deux pays et deux bourses se chamaillent les honneurs d’héberger Aramco et cela devient amusant de voir les deux leader se battre à coup de tweets. Donald Trump ; “Would very much appreciate Saudi Arabia doing their IPO of Aramco with the New York Stock Exchange.” Et la Première Ministre Anglaise, Theresa May “I think London is extremely well-placed’’ to be picked as the listing venue.”
Le perdant devrait livrer un tweet assassin qu’on se réjouit déjà de lire. Riyad évalue toujours Aramco à un irréaliste 2’000 milliards $.

Saudi Aramco aimerait acheter des droits de forer aux USA dans les champs de schiste d’Eagle Ford. Ce serait une première pour cette compagnie qui ne possède aucun gisement en-dehors du pays.

Saudi Aramco a été victime d’une cyberattaque via le virus Triton qui s’amuse avec les systèmes de Schneider Electric.

Le Gouvernement a effectué un premier payement de 533 millions $ à 10,6 millions d’habitants avant l’augmentation des prix de l’essence, de la nourriture et du kérosène. Cette prime est destinée à alléger l’impact de ces mesures.

 

Russie

A 65 ans, Vladimir Poutine va se représenter pour s’autosuccéder à la tête du pays. Les élections auront lieu en mars 2018. La candidature de son principal opposant, Alexeï Navalny, a été refusée.

Total a effectué son premier transport de gaz liquéfié via son brise-glace tanker de la péninsule du Yamal dans l’Arctique. L’installation de 27 milliards $ a été financée par Total et la China’s National Petroleum Corp. à 20% chacun.

Avec la grosse vague de froid qui englobe l’Europe, Gazprom a déjà atteint la quantité de gaz livrée en 2016 vers l’Europe et la Turquie.

La Russie a trouvé assez de financement pour construire un frère au gazoduc Nord Stream. Ce gazoduc livrera son gaz directement à l’Allemagne en passant par la Mer Baltique. Ce partenariat Allemagne-Russie crispe certains pays européens.

Alors que les relations entre les USA-Europe et la Russie se détériorent, Pékin et Moscou se rapprochent. La Chine a besoin de gaz, de pétrole et des matières premières de Sibérie alors que la Russie cherche des devises pour stimuler son industrie. En travaillant avec la Chine, la Russie contourne facilement l’embargo. Ainsi l’italien ENI collabore avec Rosneft via Pékin pour la réalisation de forages en haute profondeur dans la Mer Noire.

L’Europe a reconduit l’embargo sur la Russie. Peut-être que les gesticulations de Washington permettront à l’EU de reconsidérer sa position.

 

USA

La production américaine aurait atteint les 9,78 millions b/j selon l’EIA. Les chiffres de l’EIA ne sont pas connus pour leurs exactitudes et une correction à la baisse devrait intervenir. Cependant, la tendance américaine est à la hausse.

Le Wall Street Journal soutient que les investisseurs ont déversé 200 milliards $ depuis 2014 dans le pétrole. Une bonne proportion de cet argent s’est évaporée.

Les efforts de l’administration Trump pour bloquer les énergies renouvelables semblent porter leurs fruits. Durant le 3ème trimestre, le nombre de nouvelles installations a diminué de 22% par rapport à 2016.

Après des années de contestations, ExxonMobil va inclure dans sa communication aux actionnaires, les impacts du réchauffement climatique sur son business modèle. De plus, certains gros actionnaires pourront rencontrer le board pour partager leurs points de vue.

La ville de Santa Cruz et le comté du même nom ont porté plainte contre 29 compagnies pétrolières et gazières pour des dégâts créés par le réchauffement climatique et notamment les énormes incendies. San Francisco, Oakland et les comtés de Marin, San Mateo et San Diego ont également déposé des plaintes contre les pétroliers. Les plaintes soulignent que l’industrie trompe les consommateurs sur le même modèle que l’industrie du tabac.

L’administration Trump a autorisé l’exploitation pétrolière dans des parcs nationaux en Utah, dans une réserve d’Alaska ainsi que sur les côtes américaines.

Le Congrès américain a adopté des dépenses militaires de près de 700 milliards de dollars pour 2018. Le budget russe de l’armée atteint 46 milliards $.

L’Etat de Géorgie a accordé 10 milliards $ supplémentaires pour terminer la construction de 2 centrales nucléaires qui dépassent largement les budgets initiaux.

Europe

Allemagne

Après Tesla, c’est Mercedes qui annonce son nouveau camion électrique. Daimler a livré ses premières versions de 7,9 tonnes  avec 6 batteries de 600kg, le Fuso eCanter a une autonomie de 100 km (donc en réalité de 50 km) et une vitesse de pointe de 80 km/h.  Du côté design, le Truck de Tesla a un look d’enfer. Le camion de Daimler a été créé avec la fantaisie des ingénieurs allemands.

En 2017, la consommation de diesel et d’essence a augmenté de 2%, le kérosène de 0,7%, le fioul de chauffage +2%.

 

Danemark

L’Allemand E-On, qui opère au Danemark, a enregistré sa millionième recharge pour voiture électrique depuis 2014. E-On propose 1’300 points de recharge à travers le pays. En moyenne, par borne cela fait une recharge tous les 2 jours. E-On va équiper les parking publics, les chaines de fast-food ainsi que les stations-services.

 

Pologne

Grâce à la Banque Européenne d’Investissements et 1,5 milliard €, la Pologne a inauguré la plus grande centrale à charbon d’Europe à Kozienice. Avec 4’000 MW, elle consommera 3 millions de tonnes de charbon par an, provenant essentiellement de la mine Bogdanka, dans le sud-est de la Pologne. Si l’on se fie au propriétaire, l’entreprise polonaise ENEA, la centrale est une bénédiction pour le climat «frienly power for the environment».

Le charbon constitue la base du système énergétique polonais. Environ 100’000 personnes sont employées dans le secteur du charbon dans le pays qui produit 90% de son électricité dans des centrales à charbon et à lignite.

 

France

L’entreprise Pragma va fournir à Saint-Lô, les premiers vélos électriques à hydrogène en France. Ils seront disponibles à des employés de l’hôpital et d’une entreprise, puis enfin aux touristes.

Ces vélos, de 25 kg, se rechargent en hydrogène en moins de deux minutes pour une autonomie de 100 km. Il faudra rejoindre la borne Atawey de deux mètres sur un mètre qui transforme l’eau de la ville en hydrogène pour les recharger.

Le coût du vélo est aujourd’hui de 7’500 euros, mais l’entreprise vise un prix public d’environ 3’500 euros à l’horizon 2020.

Lancé il y a 10 ans, le projet de Fusion nucléaire, ITER, va encore prendre du retard. Le budget est passé de 105 millions $ à 50 millions en 2017 et pour 2018 il passera de 120 à 63 millions $.

Avec l’arrivée de la nouvelle année, les prix de l’essence et du diesel ont gagné quelques centimes avec de nouvelles taxes.

En 2017, la part des nouvelles voitures à diesel est descendue à 49%.

 

Suisse

Le géant industriel américain General Electric annonce la suppression de 1’400 emplois en Suisse au sein de son unité GE Power, reprise fin 2015 à Alstom et qui compte près de 4’500 salariés.

Le groupe Electrique Axpo a officiellement réalisé un bénéfice de 310 millions frs. En fait, les bénéfices avant le micmac fiscal se montent à 1,23 milliard de francs pour un chiffre d’affaires de 5,57 milliards. Bien qu’Axpo génère un bénéfice de 22% sur son chiffre d’affaires, l’entreprise demande des subsides supplémentaires. On les embrasses très fort!

Le démantèlement des 5 centrales nucléaires suisses est estimé à 23,484 milliards frs. selon la Fondation suisse de l’énergie (SES). Il s’agit d’une plus-value de 600 millions par rapport aux estimations de swissnuclear.

La Suisse possède le parc automobile le plus polluant d’Europe grâce notamment aux prix très avantageux de l’essence et d’une législation automobile à faire pâlir d’envie Trump. Pour 2017, 316’000 nouveaux véhicules ont été immatriculés dont dans l’ordre d’importance: VW, Mercedes et BMW. Malgré le scandale des moteurs truqués, Volkswagen reste le No1.

Les chiffres de l’inflation Suisse sont aussi fiables que les chiffres de l’emploi en France ou la consommation de charbon en Chine. Le calcul de l’inflation ne prend pas en compte les primes de l’assurance maladie. Si tel était le cas, l’inflation suisse dépasserait le 1% au lieu de l’officiel 0,51%.

Johnny Hallyday est mort
Dessin Alex

Les Amériques

USA Schiste

Avec un baril américain qui monte à 60$, l’industrie claironne que les USA vont devenir «Energy Independant». Il n’y a évidemment qu’eux pour croire cela.

Wall Street continue de déverser des milliards de $ dans le schiste US. Ce comportement peut s’expliquer par le ramdam effectué par les pétroliers et l’avenir brillant de cette technologie. Certains investisseurs pensent qu’il ne va plus y avoir assez de pétrole sur les marchés et que les prix vont fortement augmenter. Cette perspective annonce des profits juteux, ou pas.


Tweet de Trump: A l’Est, cela pourrait être le Nouvel An le plus froid enregistré. Peut être, nous pourrions utiliser un petit peu de ce bon vieux Réchauffement Climatique que notre pays, mais pas les autres pays, était sur le point de payer des trillions de $ pour se protéger. Réchauffez vous!

Ce message soulève une question: qui du réchauffement climatique ou de Trump est le plus dangereux?

 

Venezuela

Les exportations vers les USA ont chuté de 36% à 475’000 b/j et la production a chuté de 1 million b/j en quatre ans. Le manque de fonds pour maintenir les installations en état de marche se fait sentir.

La Russie profite de la situation économique pour faire ses emplettes. Dernier en date, le champ Patao y Mejillones sont passés dans les mains de Rosneft.

Le Président Maduro a passé à l’Euro pour ses échanges avec l’étranger et évite le dollar américain.

Canada

Les producteurs canadiens peinent à écouler leur pétrole aux USA. Plusieurs entreprises étrangères ont abandonné les sables bitumineux en attendant que les prix remontent. En 2017, 23 milliards $ d’actifs ont été vendus.

Dessin Chappatte

Moyen Orient

Iran

Des manifestations ont éclaté dans plusieurs endroits du pays notamment pour des raisons économiques. Les iraniens peinent à voir les améliorations suite à la levée des sanctions. Il est vrai que Donald Trump freine des quatre fers. Est-ce que ce mouvement prendra de l’ampleur et quelle sera la réaction des Gardiens de la Révolution et du Gouvernement? En cette fin d’année, il est trop tôt pour le dire.

Les iraniens font de gros efforts pour fidéliser leurs clients asiatiques notamment avec des tarifs privilégiés. Ainsi si de nouvelles sanctions de Trump devaient tomber du ciel, Téhéran serait partiellement immunisé.

L’Iran regarde avec crispation la demande de l’Arabie Saoudite aux USA pour enrichir de l’uranium.

Irak

Le budget du pays atteindra 88 milliards $ en 2018 avec l’espoir d’une production de 3,88 millions b/j et un prix moyen de 46$ le baril. Les Kurdes, Sunnis et Basrawis se disputent âprement la dote.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

Pour diminuer la pollution dans les grandes villes, le Gouvernement a interdit l’utilisation du charbon pour le chauffage. Cependant, la Chine n’a pas prévu assez de gaz et des millions d’habitants se sont retrouvé sans chauffage. Le Ministre de l’Environnement a dû faire marche arrière et autoriser l’utilisation de charbon pour se chauffer. Du coup, il y également une pénurie de… charbon.

La Chine importe de plus en plus de pétrole, non seulement à cause de l’augmentation de la consommation mais également à cause de son propre peak oil. Ainsi 64,4% de la consommation est importée. (+3,8% par rapport à 2015)

La volonté de Pékin d’utiliser le Yuan comme monnaie officielle pour les achats de pétrole attisent les intérêts. Ce serait une alternative au $ américain. Des tests vont être effectués à la bourse de Shanghai.

Le future de l’industrie automobile est en Chine et nos enfants achèteront des voitures Made in China à la place de nos belles allemandes ou françaises. Ford Motor va lancer 15 modèles électriques ou hybrides en Chine, fabriquées en Chine.

La Chine a lancé le premier bateau cargo électrique. Il peut se déplacer sur 75 km à 12 km/h. La recharge s’effectue en 2 heures soit le temps de décharger et charger la marchandise.

Japon

Après Nissan, c’est au tour de Honda d’investir dans la V2G (voiture to grid ou voiture sur le réseau électrique). Le concept permet de stocker l’électricité dans les batteries des voitures durant les heures de production solaire ou éolienne.

Toyota continue ses investissements dans la voiture à hydrogène. L’automobiliste va utiliser les déchets agricoles pour produire l’électricité nécessaire à créer de l’hydrogène notamment à Long Beach, Californie, USA.

Toyota va électrifier tous ses modèles d’ici à 2025 avec l’objectif de vendre 5,5 millions de voitures électriques d’ici à 2030.

Inde

L’air de New Delhi fut tellement pollué que le match de cricket Inde-Sri Lanka a dû être arrêté. Des joueurs du Sri Lanka sont tombés malade. L’air contenait 22 fois plus de particules que le taux maximal autorisé.

Corée du Nord

Théoriquement suite à une décision de l’ONU, la Chine et la Russie n’auraient plus de droit de livrer que 10% de pétrole, de kérosène, de diesel à la Corée du Nord soit 500’000 barils/an. C’est une baisse depuis les 2 millions de baril d’octobre et les 4,5 de septembre.

La Corée semble effectuer discrètement ses achats de pétrole grâce au transfert de pétrole via des tankers chinois ou russes situés en haute mer.

Afrique

Nigeria

Le chinois Sinopec a engagé le français BNP Paribas afin de vendre ses actifs pétroliers au Nigeria. Sinopec et la China National Petroleum Corporation (CNOOC) avaient ratiboisé le marché entre 2009 et 2013.

A l’époque Pékin était à la recherche de tout ce qui ressemblait à de l’or noir afin d’assurer l’alimentation de son marché. Les complications nigériennes et le manque de rentabilité ont eu raison des ambitions chinoises.

Libye

Le Général Haftar pourrait participer aux prochaines élections afin d’élire le remplaçant de Kadhafi. Le chef de la Libyan National Army a le soutien de la Russie. Il a réussi à redresser la production pétrolière du pays à 1 million b/j. et pourrait mettre tout le monde d’accord.

Angola

Il y a quelques années l’Angola faisait le buzz si vous étiez dans le pétrole. BP, Eni, Total, Exxon s’y précipitèrent. Un peu moins aujourd’hui. Les investissements ont été coupés de 67 milliards $.

Phrases du Mois

« Nous n’avons rien vu de pareil depuis les années 40. Les découvertes moyennes actuelles de pétrole représentent 550 millions de barils par mois. Le plus inquiétant est que le ratio de remplacement des réserves équivaut à seulement 11% comparé à 50% en 2012 et 100% en 2006. » Sonia Mladá Passos, Senior Analyst à Rystad Energy

« Tout esprit peut comprendre qu’une croissance continue est impossible dans un monde fini. Pour nier cette loi élémentaire, il faut être soit un fou, soit un économiste ». Kenneth Boulding

“Les chinois ne construisent pas des voitures à la chaine, ils construisent à la chaine des usines qui fabriquent des voitures. En 2022, 110 millions de voitures neuves seront vendues à travers le monde”. Jean-Luc Thuliez, CEO Aventor.

Pendant que les iraniens sont fâchés avec les dysfonctionnements du gouvernement, ils reconnaissent également que le gouvernement a été freiné dans ses actions par les USA et ses alliés.” Mohammad Marandi, prof. Université Téhéran.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Lire la revue complète sur 2000Watts.org

 

Arabie Saoudite: La malédiction du pétrole?

Le rapprochement improbable des USA, d’Israël et de l’Arabie Saoudite, orchestré par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, semble être une réponse à la montée en puissance de la coalition Iran/Russie.
Dans cette partie d’échec, la décision américaine de choisir Jérusalem comme capitale d’Israël propose une ouverture intéressante.

Ce face à face entre les 4 géants pétroliers: USA, Arabie Saoudite, Russie et Iran intervient alors que la hausse probable des prix du baril va injecter encore plus de testostérone dans ce bras de fer.


 

A plus de 60$, les ambitions de toutes les parties se démultiplient. L’administration pétrolière Trump rêve de dominance énergétique grâce à sa production (éphémère) de schiste.

Vladimir Poutine devrait générer assez de cash pour financer sa stratégie et les entrées massives de pétrodollars alourdissent le poids de l’Iran au Moyen-Orient.

Dans ce tableau, seule l’Arabie Saoudite montre des signes de faiblesses.

 

Arabie Saoudite : Une délicate transition

Depuis que le Roi Salman a promu son fils de 35 ans, Mohammad Bin Salman al Saoud (MbS), à la tête du pays, les fondamentaux du plus grand exportateur de pétrole mondial tremblent.

La richesse du Royaume repose entièrement sur une matière première qui va en s’épuisant. Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, la consommation pétrolière interne ne cesse d’augmenter et les exportations nettes du pays déclinent.

Cigales, les membres de la famille royale préfèrent exporter et stocker leurs fortunes à l’étranger. De plus, une grande partie du budget national est dilapidée dans l’achat d’armes pour des guerres menées à l’étranger, notamment au Yémen et en Irak.

Détail piquant, la famille Royale soutient un islam Sunnite alors que la population qui vit proche des champs pétroliers est Chiite.

Le pétrole: Une malédiction ?

Alors que 70% de la population n’a pas 30 ans, la pression pour élargir des libertés sociales ainsi que la création d’emplois novateurs augmentent. Au travers de la «Vision 2030», le Prince Mohammad Bin Salman (MbS) a bien saisi les enjeux. Depuis des mois, on le voit gesticuler pour trouver les 2’000 milliards $ afin d’affranchir son pays de l’or noir et d’attirer des entreprises.

Comme si le pétrole, et non pas le peak oil, était devenu une malédiction pour l’Arabie Saoudite.

Cependant, le réchauffement climatique enraie la machine. Les températures de plus en plus insoutenables ainsi que la sécheresse rendent cette région invivable. Pour combien de temps encore, le pétrole pourra-t-il activer les systèmes de climatisation et du dessalage de l’eau?

Un score en sa défaveur

Les décisions du jeune Prince ont une fâcheuse tendance à se transformer en auto goal plutôt qu’en but.

Comme Ministre de la Défense, il avait impliqué son pays dans la guerre avec le Yémen. L’intervention de l’aviation saoudienne n’a pas fait dans la dentelle. Plusieurs milliers de civils ont été abattus, soulevant la perspective de «Crimes de Guerre». En novembre et voulant durcir le ton, l’Arabie Saoudite a décidé de bloquer les ports afin de contraindre à la famine les 7 millions de yéménites.
Les Houthis ont menacé de s’attaquer aux tankers pétroliers. Riyad a dû immédiatement revenir sur sa décision. Depuis, un missile Yéménite a fendu le ciel en direction de l’Aéroport de Riyad à défaut de viser une raffinerie pétrolière.

Dès les prémices de la guerre en Syrie, l’Arabie Saoudite a soutenu les différentes milices Sunnites. A l’arrivée de MbS en 2015, le jeune Prince a décidé d’augmenter son soutient contre le président Assad. C’était sans compter sur l’implication et le succès de l’armée Russe avec l’aide de l’Iran et le Hezbollah.

La manœuvre la plus incompréhensible du Prince est intervenue après la visite de Donald Trump en début d’année. Avec le Général al Sissi d’Egypte et les Emirats Arabes Unis, Riyad annonça le blocus du Qatar pour des raisons futiles. A ce jour, aucune partie ne sait comment sortir de ce bourbier.

Dernier événement en date, la mise à l’écart du premier ministre libanais, Saad Hariri forcé à démissionner devant les caméras de la TV saoudienne Al Arabiya. Une fois sorti d’Arabie Saoudite et libéré par le Président Macron, Saad Harirri s’est empressé de revenir à la tête de son pays.

Finalement, Mohammad Bin Salman a ordonné une purge interne, qui a mis derrière les barreaux des centaines de princes, de membres du gouvernement, de dignitaires, sous prétexte de corruption. Plus de 800 milliards $ de fortunes privées ont été confisquées. Les familles touchées auront-elles la capacité de réagir et de renverser le Prince ? Cette question n’a pas encore de réponse.

Le premier ministre libanais, Saad Hariri lit sa démission devant les caméras d’Al Arabiya

 

Il est inquiétant de voir ces quatre puissances pétrolières jouer au chat et à la souris d’autant que les scores des dirigeants tant à Washington qu’à Riyad n’incitent pas à l’euphorie. La chute de l’un de ces géant ne peut pas être envisagée tant nous dépendons de leur pétrole pour alimenter nos Economies.

Ce combat devrait nous inciter à débuter notre émancipation du gaz et du pétrole bien avant qu’une pénurie ne vienne trancher la décision. Peut-être que les étincelles allumées au Moyen-Orient pourraient stimuler notre flamme.

Ne serait-il pas paradoxal que Jérusalem nous permettre de remettre l’église au milieu du village ?

 

Gaz: Trump veut imposer sa puissance à l’Europe

L’approbation du projet de loi par le Sénat américain de nouvelles sanctions contre Moscou augure de la doctrine Trump: faire des USA la plus grande puissance énergétique de la planète.

Avec la délicatesse d’un éléphant, Washington veut interdire aux entreprises européennes de participer à la construction du nouveau gazoduc Nord Stream 2 qui reliera la Russie à l’Allemagne. Sans se démonter, l’équipe Trump propose, en toute modestie, que l’Europe s’abreuve avec le gaz de schiste américain afin de créer des emplois aux USA et sauver financièrement ses entreprises gazières.


Pour mieux comprendre ce bras de fer, il est nécessaire de voir la question sous de multiples facettes.

Russie: Construction du gazoduc Nord Stream 2

Le déclenchement des hostilités a débuté avec le démarrage de la construction du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie à l’Allemagne. D’une capacité de 55 milliards m3/an dès 2019, le nouveau gazoduc suivra le tracé de Nord Stream 1.

Il y a un mois, les entreprises énergétiques européennes Engie, OMV, Shell, Uniper et Wintershall ont conclu l’accord avec le géant gazier russe Gazprom. Les entreprises européennes investissent le 50% des 9,5 milliards € nécessaires à cette construction.

USA: Make it Great Again

Les gaziers américains rêvent d’écouler en Europe et à prix fort leur surproduction de schiste. L’Europe, qui commercialise son gaz à des tarifs 4 fois supérieurs aux Etats-Unis, est une cible prioritaire d’autant que des gaziers de schiste américains continuent de perdre des sommes astronomiques.

De toute évidence, l’annonce de la construction de Nord Stream 2 et de l’augmentation de la dépendance énergétique Européenne face à la Russie bousculent les ambitions américaines.

La parade de Washington est venue via le Sénat qui utilise «l’ingérence présumée des autorités russes dans la campagne présidentielle de 2016 et le respect du Protocole de Minsk avec l’Ukraine», comme justes motifs afin de bloquer la construction de Nord Stream 2. Pour se faire, les sociétés majoritairement allemandes et autrichiennes impliquées dans Nord Stream 2 sont lourdement sanctionnées.

Ainsi, les États-Unis ont l’intention d’entraver la mise en œuvre du projet Nord Stream 2 qu’ils considèrent «comme présentant des risques pour la sécurité énergétique de l’Europe, le développement du marché gazier en Europe centrale et de l’Est et les réformes énergétiques en Ukraine».

Pour que cette loi entre en force, le président Trump et le Congrès doivent encore donner leur aval.

Ukraine : deux milliards $ en jeu

L’Ukraine perçoit presque 2 milliards $/an de la Russie pour le transport du gaz vers l’Europe. Le contournement de l’Ukraine permettra à Vladimir Poutine de diminuer sensiblement ces paiements et d’imposer les tarifs du marché pour les futures livraisons gazières à Kiev.

Pour bien marquer le territoire, Donald Trump a rencontré en personne le président Ukrainien Petro Poroshenko dans le bureau ovale et il s’est même fendu d’un tweet. C’est dire l’importance de la rencontre.

Allemagne: Tenir tête

Angela Merkel a balayé les réticences des pays européens comme la Pologne et les autres pays de l’Est face à la construction de ce gazoduc. Comme d’habitude, l’intérêt Allemand prime sur les considérations européennes.

Pour tenter d’augmenter la croissance et produire son électricité, Berlin privilégie une connexion directe entres les gisements gaziers russes et ses entreprises, quitte à froisser les autres membres de l’Union.

De plus, les puissants acteurs allemands comme BASF et le fournisseur d’électricité et de gaz E.ON sont engagées dans le projet Nord Stream 2.

Autriche : Blessée

Le géant autrichien OMV Aktiengesellschaft est l’un des pilier du pays et participe au consortium. Les USA ciblent directement cette entreprise dans leur démarche et comme Vienne est déjà très chatouilleuse sur les considérations territoriales, cette sanction ne fait pas du tout rire.

L’Europe : Le Financement de l’Ukraine et l’indépendance énergétique

Bruxelles voit d’un mauvais œil la réalisation de ce gazoduc notamment parce qu’il permet à l’Allemagne de bénéficier en primeur du gaz Russe, au nez et à la barbe des autres pays de l’Union Européenne et accroit l’importance énergétique de la Russie sur le vieux contient.

On comprend également les réticences de l’Europe, elle qui tient financièrement à bout de bras l’Ukraine. Avec l’argent des contribuables, Bruxelles devra combler le trou financier généré par la perte des droits de transports payés par Moscou.

Finalement, le gaz Russe produira plus de 120 milliards de kg de CO2 annuellement ce qui permettra de faire monter encore plus la température sur le continent alors que les thermomètres explosent déjà.

Donald Trump a promis d’imposer la puissance énergétique (Energy Power) des USA. Le premier test touche l’Europe.

Est-ce que les européens plieront l’échine ou seront-ils capables de faire front. En ce qui concerne Bruxelles, on en doute.

Pour l’Allemagne, sa compétitivité en dépend et l’on voit mal les industriels allemands ne pas se tenir tête à Washington.

L’été risque d’être chaud, très chaud!

Pétrole 2017: Trump, Poutine et l’OPEP

Si les Economies occidentales exigent un prix du pétrole bon marché afin de relancer la croissance, à l’opposé, les pays producteurs misent sur un baril cher pour colmater leurs budgets et soutenir les investissements nécessaires à l’exploitation future d’or noir.

Parmi la myriade de facteurs qui influencent les cours du pétrole, trois acteurs devraient faire l’actualité en 2017: Trump, l’OPEP et la Russie.

Paradoxalement si l’OPEP rêve d’une réduction de l’offre d’au moins 1,8 million de barils par jour (b/j), de son côté @realDonaldTrump aimerait pousser l’extraction pétrolière américaine à un niveau « great again ».

 

Retour au rêve américain des années 50-60

L’arrivée inattendue des sables bitumineux canadiens et du schiste américain ont été en partie responsable de l’écroulement des cours. En 2016 rien qu’aux USA, 114 entreprises pétrolières ont fait faillites engloutissant 74,2 milliards $ pour le grand malheur des investisseurs.
C’est dans cette ambiance morose que l’équipe pétrolière, mise en place par le nouveau président, va tenter de s’appuyer sur le pétrole pour stimuler l’économie et l’emploi comme à la grande époque des années folles.

Sans encore connaître le programme exact, il n’est pas illusoire de penser que les faucons de la nouvelle administration vont s’employer à passer leur temps à détricoter les réglementations d’Obama qui ralentissent l’exploitation des énergies fossiles, et tenter d’élargir les horizons notamment en haute-mer ou en Arctique.

Si le charbon semble être financièrement condamné par le gaz et les énergies renouvelables, les groupes environnementaux vont s’employer à freiner des quatre fers pour retarder les ambitions des puissants lobbies pétroliers.

A force de réduire les salaires, de torturer les sous-traitants, de se débarrasser à la sauvette des produits chimiques et avec les prochaines faveurs promises par Trump, un pétrole à 60$ pourrait devenir le nouveau seuil de rentabilité pour les producteurs de schiste américain. Mais combien de gisements profitables restent-ils avant de s’attaquer aux champs de 2 et 3ème catégorie. La réponse divise.

Quoi qu’il en soit, les USA produisent 8,8 millions b/j (idem à 2014) et consomme plus de 19 millions b/j. Pour combler ce trou, Donald Trump va devoir assurer les importations et trouver de nouveaux partenaires.

Jusqu’où les USA seront-ils prêts à aller pour sécuriser du pétrole en terre étrangère d’autant que la Chine termine de racheter les derniers gisements prometteurs et que les deux tours du World Trade Center n’existent plus?

 

La Russie

Une partie de l’équation pourrait résider en Russie, le nouvel eldorado pétrolier. Le pays posséderait les deux plus grands gisements de pétrole encore à exploiter dont les réservoirs de schiste de Bazhenov en Sibérie ainsi que sous les glaces de l’Arctique.

A Washington, l’intérêt américain est à peine voilé avec l’engagement de Rex Tillerson, ex CEO d’ExxonMobil. Avec la technologie US, les Russes gagneront un temp précieux et la possibilité d’éloigner la Chine de ces ressources énergétiques doit sonner comme une douce musique aux oreilles de Trump. De son côté, ExxonMobil, qui voit sa production pétrolière diminuer d’année en année, tient là une opportunité de redorer son bilan.

Quant à la rivalité Américano-Russe, ne nous méprenons pas. Le mariage énergétique entre les deux superpuissances est déjà consommé. L’uranium russe fait fonctionner la moitié des réacteurs nucléaires civils américains.

Ressources de pétrole de Schiste par pays en milliards de barils
Source: EIA – Financial Time 2016

L’OPEP

A l’opposé de la stratégie américaine, l’OPEP veut réduire de 1,8 million b/j l’offre pétrolière.
Durant les fêtes de Noël, les ministres concernés ont laissé éclater leur enthousiasme sur la faisabilité de cet objectif et de la prochaine remontée des prix. Cependant, il est permis d’avoir certains doutes, car la solidité financière de la majorité de ces pays montre autant d’assurance qu’un concert de Maria Carey 15 minutes avant le réveillon. L’envie de pomper un peu plus pour arrondir les fins de mois est tentante.

Dans ce plan élaboré en décembre par l’Arabie Saoudite, trois pays majeurs de l’OPEP ont reçu un laisser-passer: le Nigeria, la Libye et l’Iran.
Alors que la Libye ne produisait que 300-500’000 barils/jour à l’automne, l’accalmie politique a consolidé le flux qui est brusquement remonté à 600’000 b/j en décembre. Pour autant que les différentes factions s’accommodent de cette situation, le nouvel objectif de 1,1 million pourrait sacrément contrecarrer les plans de Ryad.

Après une année 2016, parsemée d’explosions et de sabotages d’installations pétrolières, le Nigeria retrouve un calme relatif. Si les milices continuent d’être rémunérées, elles pourraient abandonner les explosifs en échange de cash. Là aussi, 300’000 b/j supplémentaires pourraient retrouver les marchés dans les mois qui viennent.

La grande inconnue de l’équation réside en Iran et bien malin qui peut connaître le destin pétrolier 2017 du pays. Après un départ en fanfare et une production en très forte hausse qui friserait les 4 millions b/j, un plateau semble être atteint. Les milliards de dollars nécessaires à la mise à jour des installations et l’apport technologiques des majors internationales se font toujours attendre. Il faudra attendre la prochaine élection présidentielle iranienne du 19 mai et le statu dans sanctions américaines pour y voir un peu plus clair.

 

Une année 2017 passionnante

L’arrivée de l’équipe Trump et les nouvelles synergies entre Russes et Américains pourraient avoir l’effet d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Dans l’industrie pétrolière, le dérèglement d’un battement d’aile peut avoir des conséquences inattendues, d’autant que la production mondiale à moyen terme est sur le fil du rasoir.

Avec plus de 50% des champs pétroliers qui ont atteint le peak oil, des investissements d’exploration rabotés à 500 milliards $ (+700 milliards $ en 2014) et de nouvelles découvertes au plus bas depuis 70 ans, on ne peut que retenir son souffle et croiser les doigts une fois que l’engorgement actuel se tarira.

L’année 2017 et les suivantes s’annoncent passionnantes.