Le tourisme de l’Espace : ce nouveau jouet

Photo Virgin Galactic

Jadis, les voyages en avion étaient réservés à une élite richissime et des cadres d’entreprises. Il y a quelques années, l’arrivée des compagnies à bas coûts a ouvert ce luxe à la classe moyenne et moins aisée de notre société.

Dans certains pays, comme la Suisse, les pays nordiques ou les USA, le transport aérien est devenu une commodité aussi accessible qu’une pizza.

Sous l’impulsion d’entrepreneurs milliardaires, de nouveaux vaisseaux vont permettre à la classe supérieure de retrouver un luxe exclusif. Le tourisme de l’espace est d’abord une histoire d’argent.


 

La guerre froide entre la Russie et les USA avait permis l’émergence de la conquête spatiale. Les coûts et les défis technologiques ne pouvaient être surmontés que par les Etats.

Aujourd’hui, les compagnies privées des richissimes Richard Branson, Virgin Galactic, Elon Musk, SpaceX ou le patron d’Amazon, Jeff Bezos, Blue Origin, se concurrencent pour créer ce nouveau marché réservé à des portefeuilles très garnis.

Il faudra compter plus de 250’000$ pour un voyage de 2h30 afin d’observer notre planète en état d’apesanteur.

 

250’000 lt de carburants pour 2h30 de vol

Alors que les Branson ou Musk génèrent une partie de leurs revenus dans la lutte contre le changement climatique, à l’opposé le tourisme spatial englouti des quantités gargantuesques de pétrole. Schizophrénie ou green waching ?

L’envoi d’un vaisseau dans les hautes couches nécessite entre 150’000 et 250’000 litres de carburants. Ce voyage de 2h30 minutes annonce une moyenne de 100’000 kg/CO2 par passager !  Dans le monde, aucune machinerie n’est plus prolixe pour émettre autant de polluants en un laps de temps aussi court.

Dans les années à venir, on peut se poser la question de l’utilité, de la pérennité et de la justesse de ce nouveau concept d’autant que les quantités mondiales de pétrole à disposition tendent au déclin.

La solution SolarStratos, de l’aventurier Suisse Raphaël Domjan, de joindre la stratosphère avec des moteurs électriques semble faire bien plus de sens tant sur le plan énergétique, financier et éthique.

 

Ménager son égo et ses vols

En avion, le Suisse voyage deux fois plus que la moyenne européenne avec 2’000 km par année. Selon les statistiques, ce sont les 18-24 ans qui volent le plus, suivis de près par les 25-44 ans.

Si les vols dans l’espace pourraient rendre obsolète et ridicule (si ce n’est déjà pas le cas) les photos partagées sur Facebook, Twitter ou Snapshat d’une pizza servie lors d’un weekend à Barcelone, peut-être que nous ne serions plus obligés de parcourir le monde pour nourrir notre égo.

Tiens, SpaceX vient d’annoncer une réduction de sa voilure et licencie 600 de ses 6’000 employés.

Pendant ce temps dans son hangar, Raphaël Domjan, s’approche, en silence, des étoiles.

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
Tous mes Voeux pour l’année 2019. Que la vie vous traite avec élégance et bonté.
– Pétrole: Des hauts et des bas pour terminer au plus bas
– Energies fossiles: Année record de consommation
– OPEP: Une année charnière et passée à jongler avec les prix
– Pétrole de schiste: Bientôt 8 millions de barils par jour
– Economie Mondiale: Quelle direction pour 2019?
– Asie: Record de consommation de charbon et de pétrole
– Climat: Il aura fallu une fille de 15 ans.


 

Avant de débuter cette revue, un grand merci pour votre fidélité à la revue mensuelle. Vous avez été plus de 550’000 à la lire durant cette année. Les nombreuses heures passées à dénicher les informations et les retranscrire trouvent preneurs.

Année chaotique pour le pétrole, une vraie montagne russe. A Londres, il avait débuté l’année relax à 69.02$ pour prendre un coup de chaud à 87$. Là, c’était sûr il devait atteindre les 100$ d’ici à la fin de l’année. Bingo, après une soirée trop arrosée, on le retrouve fin décembre avec un gueule de bois à 52,23$. Même topo à New York où il avait débuté à 64.50$ pour terminer à 45,30$.

 

Graphique du mois: Evolution du prix du baril de pétrole Brent en 2018  (Londres)

Climat

La COP24 de Varsovie s’est terminée. Le discours de Greta Thunberg, 15 ans, résume parfaitement le tout (voir vidéo ci-dessous).

On peut souligner la très forte présence des lobbies du charbon, du pétrole et du gaz avec des présentations qui donnaient à croire que les énergies fossiles sont la solution. L’industrie du tabac et des arracheurs de dents avaient mis la barre très haut, mais là, c’est encore plus fort.

Pour revenir aux choses plus sérieuses, nous avons atteint les 408 ppm de CO2. Un record et 2018 est la deuxième année la plus chaude depuis 1880.

Discours de Greta Thunberg (avec traduction) – COP 24

 

Economie Mondiale

En théorie, la demande de pétrole devrait augmenter de 1,5 million b/j en 2019. La croissance mondiale du PIB devrait atteindre 3,7%.

Quelle est la direction de l’Economie mondiale pour 2019? Les Banques Fédérales ont terminé leur alchimie après avoir injecté plus de 1’500 milliards $ dans les institutions financières. Est-ce une panacée ou la création d’un nouveau Frankenstein? Les premiers indices pointent du doigt le monstre.

Pour l’instant, les USA vont relativement bien. L’Europe tousse. La Chine continue de publier des chiffres enthousiastes sur son PIB, mais sont-ils réels?

Si l’on regarde du côté des bourses, 65% des traders sont des machines. Les machines pensent que cette année 2018 est moche. Pas facile d’avoir l’avis d’un humain. Heureusement qu’il y a Thomas Veillet et ses chroniques matinales.

En 2018, nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz et de charbon. Cette tendance souligne deux points: 1) l’Economie mondiale atteint des sommets 2) nous ne sommes pas sur le point d’apporter le début d’une réponse à Greta Thunberg.

 

OPEP

Année yoyo pour le cartel. Le début d’année avait débuté avec un resserrement de la production avec l’objectif de faire remonter les prix. La tâche fut facilitée par les problèmes au Nigeria, Venezuela et en Libye.

Il aura fallu un cafouillage iranien par le président Trump pour faire passer le baril de 87 à 52$.

Ce mois à Vienne, l’OPEP a proposé de réduire sa production de 1,2 million barils/jour (b/j). Cependant, aucun objectif contraignant n’a été indiqué par pays. L’OPEP cherche des volontaires.

L’utilité de l’OPEP est remise en question car la Russie (11,4 millions b/j), les USA (11,6) et l’Arabie Saoudite (11) produisent le tiers des besoins mondiaux de 100 millions b/j.

La relation de proximité entre l’Arabie et les USA, débutée après la deuxième guerre mondiale, est en train de se fracturer. La politique de fer menée par la pétromonarchie est de plus en plus en confrontation avec les valeurs occidentales. L’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, par le prince héritier, n’a pas aidé. Cette tendance pousse l’Arabie à se rapprocher de la Russie comme le témoigne l’accueil, devant les caméras, de Vladimir Poutine à MbS lors de la dernière rencontre du G20.

Du côté des USA, on désire démembrer l’OPEP via le Département de la Justice. Motif: “manipulation des prix”. Nom de code: No Oil Producing and Exporting Cartels Act ou NOPEC.


Le changement climatique est causé par deux choses: L’activité humaine et l’inactivité humaine
Dessin Chappatte

 

Pétrole et Diesel

Une part de plus en plus grande de pétrole provient du schiste et des sables bitumineux. Cette qualité de pétrole est peu propice à produire du diesel ou du kérosène nécessaires à nos camions, trains, transports maritimes, voitures ou avions.

Si l’ère du peak diesel se confirme, cela génèrera d’importants changements dans notre consommation énergétique.

Du côté du brut, certaines prévisions tablent sur un baril entre 70-80$ pour 2019. Bien malin qui peut prédire le prix de l’or noir.

 

Paris 1896-1900. Magnifique vidéo de l’époque de nos arrières-grands-parents.

 

Charbon

Poussé par l’Inde et la Chine, la demande de charbon augmente à 3’800 millions de tonnes (+0,2% par rapport à 2017).

Pékin consomme toujours le 50% du charbon mondial. Il devient de plus en plus apparent que l’ambition de la Chine d’améliorer la qualité de l’air tout en augmentant son PIB soit difficile à tenir.

La Chine va mettre en service 259 GW de nouvelles centrales à charbon qui correspond à la totalité du parc actuel américain.

 

Nucléaire

L’avenir du nucléaire repose essentiellement sur la Chine. Il n’y a pas d’autre pays au monde qui construit autant de centrales nucléaires. Huit sont en construction et dans les mois à venir, Pékin va mettre en service 3 nouvelles centrales pour arriver à un total de 40 réacteurs.

En Chine, la part du nucléaire représente 4% de l’électricité produite (7% pour le solaire et l’éolien).

Détail effrayant ou intéressant, les coûts de construction d’une centrale en chine sont deux fois plus bas qu’en Europe et aux USA. Du côté de la France, de la Finlande en passant par les USA et l’Angleterre, les coûts des centrales en construction explosent.

Dessin Chappatte

 

Arabie Saoudite

Année très difficile pour l’Arabie Saoudite qui s’embourbe dans la guerre au Yémen et dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. La stabilité de l’approvisionnement mondial de pétrole repose sur la stabilité de Riyad. L’équation devient de plus en plus ardue.

Afin de combler la diminution pétrolière de l’Iran, suite aux sanctions de l’Administration Trump, l’Arabie avait poussé ses exportations à 7,7 millions b/j en octobre (+268’000 b/j par rapport à septembre).

Suite à ce manque de coordination avec la famille Trump, le Ministre du pétrole saoudien a annoncé que le pays allait réduire sa production. Il espère l’équilibre entre l’offre et la demande durant l’année 2019.

Le budget du pays va augmenter de 7% à 295 milliards $ (+34 milliards par rapport au budget 2018). Une partie de cet argent ira au budget surréaliste alloué à l’armée (70 milliards $) ainsi qu’aux aides financières octroyées aux saoudiens. Ces aides financières permettent à la famille royale de rester en charge du pays et d’acheter les récalcitrants.

Pour boucler ce budget, l’Arabie a besoin d’un baril à 84$ soit 30$ de plus qu’actuellement.

A la surprise générale, le Roi Salman bin Abdelaziz Al Saoud a remanié son gouvernement. Il a gardé son fils le Prince Mohammed ainsi que le ministre du pétrole.

 

Chine

Pékin ne va pas acheter du pétrole aux américains. Habiles négociateurs, les chinois s’engagent avec confiance avec le fantasque Trump et semblent attendre avant d’utiliser le gaz et de pétrole pour limiter la balance commerciale entre les deux pays.

Xie Zhenhua, le chef du Climat de la délégation chinoise, est «déçu» du retrait des américains et encourage les USA à reprendre sa place dans les discussions sur le climat. Il y a 3 ans, cette déclaration aurait été impensable de la part de la Chine.

Pour tempérer les ardeurs climatiques de la Chine, la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) a signé des accords avec Chevron, ConocoPhillips, Shell, Total et Equinor pour développer les champs pétroliers offshores de Pearl River Mouth Basin.

La Chine a importé 9,3% de charbon de plus qu’en 2017, à 271 millions de tonnes.

Pékin a validé les restrictions les émissions polluantes du transport maritime. Cette règle, implémentée au niveau mondial, limitera la vitesse des bateaux ainsi que l’utilisation du brut extra lourd.

En novembre, 173’000 voitures électriques ou hybrides ont été vendues, +18,5% sur une année à l’autre. Depuis le début de l’année 1,05 millions de ces véhicules ont été vendues en Chine, +63%.

A la Bourse de Shanghai, l’indice composite a perdu cette année 24,6%, celui de Shenzhen a chuté de 33,2% et Hong Kong, qui a régressé de 14%.

 

USA

La production pétrolière atteint 11,6 millions b/j et augmentera de 1,5 millions b/j en 2019. Les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier mondial.

Les importations de pétrole se sont élevées à 3,1 millions b/j en 2018. Il y a dix ans, avant l’arrivée du schiste, les USA importaient 11,1 millions b/j.

Grâce au gaz de schiste, les USA sont en passe de devenir un acteur mondial dans le gaz liquide (LNG). Cependant, l’arrivée du très polluant gaz de schiste dans les maisons européennes pose de gros soucis environnementaux. Alors que le méthane du gaz naturel est dangereux pour le climat, le schiste américain explose toutes les statistiques.

ExxonMobil demande à l’Agence de l’Environnement EPA d’augmenter la régulation sur les émissions de méthane lors de l’extraction pétrolière et gazière. Deux raisons à cette requête. La major fait face à une pression de ses investisseurs sur les conséquences du réchauffement climatique et les petits acteurs pétroliers n’arrivent pas à s’offrir ces systèmes.

La production électrique éolienne du Texas a atteint un niveau record de 51% à 19,2 GW.

Dès 2029, tous les bus qui circuleront en Californie devrait être électrique ou à hydrogène afin de respecter les réglementations sur les émissions.

Quand Trump a changé les règles de consommation et de polluants pour les véhicules, les plus grands supporters se trouvaient dans l’industrie automobile, même s’ils ont souligné que les changements étaient trop importants. Sans surprise, il s’avère que le véritable déclencheur fut l’industrie pétrolière. Marathon Petroleum, le plus grand raffineur du pays, a fortement utilisé de son influence et celle de ses actionnaires, les frères Koch, pour amoindrir la législation.

 


Les gisements de pétrole/gaz de schiste aux USA

 

Europe

Après des années de perfusions pour les banques privées, la Banque Européenne va arrêter d’injecter des milliards dans le système.

Les ventes de voitures ont diminué de 8,1% en novembre à 1,16 million d’unités.

 

Finlande

La Finlande a mal à ses nouvelles centrales nucléaires. Alors que l’EPR Areva, de Olkiluoto, a déjà plus de 10 ans de retard et un budget pulvérisé, le gouvernement avait confié au russe Rosatom la construction d’une nouvelle centrale. Basé sur un type de réacteur standardisé, tout devait rouler comme sur des roulettes.

Ce qui devait arriver, arriva. La construction de la centrale nucléaire de Hanhikivi 1 va prendre 4 années de retard selon Rosatom. Décidé en 2010, le réacteur devrait entrer en fonction en 2028 au lieu de 2024. Pour ne pas trop fâcher les citoyens durant les Fêtes de fin d’année, on ne parlera pas du dépassement financier.

 

Hollande

Sous la pression des actionnaires, Royal Dutch Shell va devoir réduire son empreinte carbone. Total et BP ont déjà plié et la major hollandaise en fait de même.

Dès 2020, les bonus du PDG Ben van Beurden et des cadres seront influencés par l’atteinte de ces objectifs. Cimate Action 100+, qui regroupe 300 institutions et 32’000 milliards $, pousse les gros pollueurs à réduire leurs émissions pour atteindre les objectifs de Paris.

Ainsi Total investit dans le solaire et les batteries. ExxonMobil dans les biocarburants à base d’algues. Chevron dans la captation du CO2 et le norvégien Equinor dirige 15% de ses investissements dans de nouvelles solutions énergétiques dont l’éolien. Les investissements restent modestes, mais c’est un début. Voir le graphique ci-dessous:

 


Investissements dans les énergies vertes par les majors pétrolières de 2010-2018
en % de leurs investissements totaux
Source Financial Times

 

France

Le gouvernement a reculé face à la pression des gilets jaunes. Il a aboli sa taxe sur les carburants, renonce aux conditions de contrôles techniques des véhicules polluants et gèle les prix de l’électricité jusqu’en mai 2019.

Paradoxalement, 4 ONG, dont celle de Nicolas Hulot, ont lancé une pétition pour lancer un recours en justice contre le Gouvernement Macron. Motif «action insuffisante contre le réchauffement climatique. » Ce qui est un euphémisme pour qualifier l’enthousiasme du gouvernement Macron dans ce domaine. En quelques jours, 2 millions de personnes ont signé la demande.

On ne met jamais un banquier à la tête d’un pays! La France découvre cet adage et ce principe de précaution élémentaire.

Durant les 2 dernières années, les banques françaises ont financé à hauteur de 43 milliards € les énergies fossiles selon l’association OCSFAM.

Les pays qui possèdent un taux d’égalité élevé entre les citoyens obtiennent souvent les meilleurs résultats dans l’implémentation de la transition énergétique (les pays nordiques).

Contre toutes les règles de protection de la nature et de l’environnement mais avec le feu vert du président Macon, le pétrolier TOTAL a commencé à forer du pétrole dans la Guyane française. De son côté le Brésil a refusé de donner son feu vert sur sa portion de territoire.

 

Suisse

Le fabricant de scies à silicium et de panneaux solaires, Meyer Burger, va transférer 90 emplois en Chine. Fin 2012, l’entreprise employait encore plus de 2’200 collaborateurs. Ils ne sont plus que 900.

Le développement pour les scies à diamant reste en Suisse car la recherche est presque entièrement subventionnée par le gouvernement helvétique. La Chine aurait tord de refuser cette aide généreuse.

Le producteur d’électricité AXPO annonce une progression de 29% de son bénéfice avant intérêts et impôts (Ebit) à 348 millions de francs.

Le canton de Vaud a interdit l’exploitation de gaz ou de pétrole de schiste ou toutes les hydrocarbures sur son territoire.

L’empreinte de gaz à effet de serre d’un citoyen suisse est de 14 tonnes par années. La moyenne mondiale est de 6 tonnes. Le Suisse consomme deux fois plus l’avion que ses collègues européens avec une moyenne de 2’000 km/an. L’Aéroport de Genève désire passer de 18 à 25 millions de passagers dans les années à venir.

Le gouvernement Suisse ne veut pas limiter l’extraction de pétrole ou de gaz de schiste. Cerise sur le gâteau, les gaziers vont pouvoir importer le très polluant gaz de schiste des USA. Les très puissants lobbies comme l’Union Pétrolière Suisse et des gaziers comptent de nombreux élus dans leurs escarcelles.

Un drone pliable qui se rétracte pour passer où il veut

 

Russie

Le ministre du pétrole, Alexander Novak, prévoit une production de 11,145 à 11,165 millions b/j pour 2019. Cela dépendra également de la politique de l’OPEP+ et d’une diminution de 228’000 b/j que la Russie devrait réaliser. La Russie produit actuellement 11,42 millions b/j.

La production pétrolière russe ne fait que de monter depuis la mise en service en 2008 de nouveaux champs pétroliers. Si les informations du Ministre Novak se confirment, ce serait une première baisse en 10 ans.

Le Parlement Européen condamne la construction du gazoduc Nord Stream 2 qui pourrait relier la Russie et l’Allemagne et doubler la quantité de gaz livrée à Berlin et à la Hollande. Le Parlement parle de sécurité d’approvisionnement énergétique. Sous la pression américaine, l’Europe importe de plus en plus de gaz de schiste des USA. De son côté, Gazprom, dévie de plus en plus ses livraisons européennes vers l’Asie.

L’entreprise atomique russe Rosatom a reçu la mission par Moscou d’ouvrir une voir maritime dans l’Arctique durant toute l’année. Les brise-glaces nucléaires de Rosatom ouvriront une ligne taxi pour les cargos qui relient l’Europe à l’Asie. Cette route permettra également l’extraction et le transport du pétrole exploité dans l’Arctique.

 

Allemagne

BMW et Porsche ont réalisé un nouveau système de recharge FastCharge de 450 kW. Cette nouvelle centrale de recharge permet de connecter les voitures électriques du standard européen Type 2 en moins de 3 minutes pour 100 km pour une batterie de 90 kWh comme pour la nouvelle Porsche.

Jusqu’en 2030, Daimler prévoit d’acheter pour 23 milliards $ de batteries pour ses véhicules électriques. Pour l’instant, Daimler se fournit chez LG Chem, China’s Contemporary Amperex Technology et SK Innovation.

Le constructeur de camion MAN va tester son eTruck dans l’usine de Porsche à Stuttgart. Le camion pourra transporter 32 tonnes. Avec 149 kWh, il pourra parcourir 130 km. Il faudra 45 minutes de plus pour ajouter 100 km. Est-ce que l’électrique est adéquat pour les camions ?  La réponse est en cours.

Daimler Trucks Amérique du Nord a livré son premier camion électrique pour le marché américain: le Freightliner eM2 106 d’une puissance de 480 chevaux et 325 kWh avec un rayon d’action de 300 km.

 

Le Freightliner eM2 106 Electrique de Dailmer. A destination du marché américain

 

Moyen Orient

Iran

Les revenus pétroliers du pays ont augmenté de 55% entre mars et octobre 2018. La fin de l’année est nettement plus compliquée. Suite aux sanctions américaines en octobre, les exportations se monteraient à 762’000 b/j, au plus bas depuis 5 ans avec une diminution d’un million de barils par jour.

La Suisse pourrait vendre à l’Iran des produits humanitaires comme de la nourriture, médicaments ou appareils hospitaliers en utilisant un nouveau mécanisme de payement approuvé par Washington.

Le pétrolier Total a été puni d’une amende de 572’000$ par une cour de justice parisienne. Motif: le géant pétrolier aurait corrompu, en 1997, des officiels (30 millions $) pour développer des champs pétroliers South Pars en Iran.

Depuis les sanctions américaines de novembre 2018, Total s’est retiré de South Pars et de l’Iran. Le français a été remplacé par une entreprise chinoise.

 

Irak

Le ministre du pétrole, Thamir, a annoncé que Schlumberger va forer 40 puits dans le champ pétrolier de Majnoon. Le champ produit déjà 240’000 b/j. En juin, Shell avait quitté ce champ.

L’administration Trump a accordé 90 jours de plus à l’Irak. Motif, l’Irak à besoin du gaz iranien pour produire 30% de son électricité.

 

Qatar

Le pays a annoncé sa sortie de l’OPEP pour «officiellement» se concentrer sur l’exploitation de gaz. Le Qatar était membre de l’OPEP depuis 1961 et produit 600’000 b/j sur les 31 millions de l’OPEP.

Cependant, cet acte symbolique est un pied de nez à l’Arabie Saoudite qui dirige le cartel.

L’embargo de l’Arabie Saoudite contre Doha est toujours en vigueur même si les effets restent minimes.

Pour améliorer l’ambiance entre les deux pays, Riyad a proposé la création d’un canal sur sa frontière afin d’isoler le Qatar et d’en faire une île. Les soucis de budget de l’Arabie Saoudite pourraient compromettre cette idée.

 

Syrie

Le président Trump a décidé de retirer ses boys du pays. Comme la nature à horreur du vide, les turques, russes, iraniens et syriens se sont portés volontaires afin de reprendre cette place. L’avenir des Kurdes est en question.

Il faudra surveiller les implications de cette décision à travers le Moyen-Orient. Mine de rien, cette région pétrolière alimente en pétrole notre standard de vie.


Demande pétrolière mondiale 2014-2018
Source IEA

 

Les Amériques

Etats-Unis Schiste

Les USA annoncent que le Bassin Permien contiendrait 46 milliards de barils de pétrole, 20 milliards de baril de gaz liquide et 8 milliards m3 de gaz. Ces chiffres indiquent les ressources techniquement exploitables. Aucun information n’est donnée sur le niveau des prix à atteindre pour rentabiliser ces réserves.

L’EIA prévoit une augmentation d’extraction du schiste de 134’000 barils/jour en janvier.

Au Dakota du Nord et au Sud Texas, les exploitants ont dû passer aux forages de deuxième catégorie. Le Dakota du Nord pourrait déjà avoir atteint son peak oil. A confirmer. Le peak oil du pétrole de schiste aux Etats-Unis pourrait arriver dans les 3-5 années à venir.

ExxonMobil est devenu le plus grand pétrolier dans le Bassin Permien et annonce des coûts de production à 35$ alors que les compétiteurs avoisinent les 45$. L’avantage d’Exxon, c’est de pouvoir noyer ses chiffres du schiste avec ceux bien plus prolifique du pétrole conventionnel.

Dans la presse spécialisée, l’impact de la chute des cours de l’or noir sur les producteurs de schiste est abondamment analysé. L’un des moyens utilisés par les pétroliers est de manipuler les chiffres de la comptabilité et de se focaliser sur les forages les plus lucratifs. L’allongement des forages horizontaux et l’injection de quantité de sable toujours plus important augmentent les coûts sans toutefois garantir une meilleure profitabilité.

Comparaison des prix Octobre 2018 et 19 décembre 2018
entre les différentes qualités de pétrole américain

Baril Américain (prix standard) / Pétrole de schiste Eagle Ford / Pétrole de schiste du Bakken / Pétrole bitumineux
Ex: quand le baril américain se vend à 47,41, le schiste du Bakken et à 20$

 

Canada

L’expansion des pipelines Trans Mountain et Keystone XL sont au point mort. Le projet du pipeline Northern Gateway a été mis de côté. Du coup, les producteurs des sables bitumineux de l’Alberta ont été forcés de faire des rabais jusqu’à 40$ le baril pour écouler leur pétrole à perte. (voir graphique ci-dessus)

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau offre 1,2 milliards $ à l’industrie pétrolière des sables bitumineux afin de soutenir les emplois dans l’Alberta. Au lieu de donner cet argent aux pétroliers, ne serait-il pas plus efficace de donner cet argent aux employés pour les aider à trouver un nouvel emploi? Je dis ça, je ne dis rien.

Pour aider à réduire les stocks, la première ministre de l’Alberta Rachel Notley a ordonné une réduction de 325’000 barils par jour, à compter du 1er janvier.

Justin Trudeau envisage d’aider à financer l’achat de wagons citerne pour accroître le volume de transports pétrole des sables bitumineux. Pour mémoire à son arrivée, l’ami Trudeau plaidait pour que le Canada prenne des initiatives sur le réchauffement climatique.

 

Mexique

Le nouveau président, Andrés Manuel López Obrador, veut que son pays produise plus de pétrole d’ici à 3 ans.

Le gouvernement va injecter 3,7 milliards $ pour soutenir l’entreprise nationale Pemex. Le pétrolier devra investir dans une nouvelle raffinerie pour 8 milliards $ ainsi que 23 milliards $ (+14%) pour l’extraction pétrolière.

 

Venezuela

La production pétrolière a chuté à 1,1 million b/j. Au début de l’année, elle était de 2,2 millions. En 1998, le pays exploitait 3,5 millions.

Dans une situation financière critique, le Président Maduro a demandé et obtenu de Vladimir Poutine, une rallonge financière de 5 milliards $ en échange de pétrole.

La Chine et la Russie portent financièrement à bout de bras le Venezuela en échange d’or noir. Cependant, Moscou s’est plaint que les remboursements pétroliers envers la Russie se font parfois attendre, alors que Caracas s’exécute à la minute pour les traites chinoises.

 

Brésil

En 1 an en Amazonie, l’équivalent de 1 million de terrains de foot de forêts ont été rasés pour laisser place à la culture du soja et à l’exploitation forestière.


Production du pétrole de schiste aux USA, en milliers de barils/jour
Source IEA

 

Asie

Inde

Le pays a importé 4,2 millions b/j de pétrole en novembre. Les besoins énergétiques de l’Inde grimpent à une vitesse fulgurante.

L’Inde est devenue le deuxième importateur de charbon derrière la Chine.

 

Australie

Le pays est devenu le plus grand exportateur de gaz liquide (LNG) devant le Qatar avec 6,5 millions de tonnes contre 6,2 pour Doha.

 

Singapour

Plus de 150 millions $ de pétrole ont été volés dans la plus grande raffinerie du pays. Une douzaine de personnes ont été arrêtées dont plusieurs employés de Royal Dutch Shell.

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

La National Oil Company (NOC) a déclaré l’état de force majeur dans le champ d’El Sharara et ses 315’000 b/j. Le gisement a été intercepté par une milice locale qui désire recevoir une part du bénéfice ainsi que des emplois rémunérés.

Le premier ministre, Fayez al-Sarraj, s’est rendu sur place pour détendre l’atmosphère. Pour l’instant, la NOC a refusé de payer afin d’éviter de donner des idées aux dizaines d’autres milices du pays.

 

Nigeria

La justice italienne a reconnu que Eni et Shell ont préparé des petites enveloppes à destination des dignitaires du pays. Les deux entreprises avaient payé 1,3 milliards $ dont 1,1 pour les petites enveloppes.

Le français Total va commencer à exporter du pétrole en très grande profondeur du gisement Egina à proximité des côtes du pays. Le gisement a une capacité de 200’000 b/j. et se trouve immunisé des sabotages qui a lieu sur les terres.

 

Phrases du mois

«La France des gilets jaunes constitue un contre-exemple, dans lequel l’Etat n’a pas réussi la synthèse entre la portée environnementale et la portée sociale. La taxe carbone s’est ajoutée à un système fiscal terriblement inégalitaire. La transition juste, ce n’est certainement pas de faire payer les citoyens les plus modestes, mais plutôt de faire participer les entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre » Anabella Rosemberg, Greenpeace.

Alors que les standards techniques et technologies ne sont pas établis dans beaucoup de nouvelles technologies, c’est une opportunité en or pour l’industrie de notre pays pour augmenter nos efforts de standardisations afin de “dépasser” tout le monde en prenant une autre voie.». Gouvernement Chinois: China Standardization Administration

L’économie de la qualité, il faut se battre pour ça. Le prix n’est pas une valeur. La valeur est ailleurs comme le disait Warren Buffet. Entre une baguette de pain à 80 ct € et une baguette de pain à 1,2€, la baguette à 80 ct n’a aucun sens.  Elle ne vient pas d’une bonne farine, elle ne vient pas d’une bonne agriculture, elle ne paie pas suffisamment l’agriculteur qui l’a produit.
Une baguette à 80 ct € on la paie 3 fois. Une fois à la caisse, une fois chez votre médecin, une fois avec vos impôts pour nettoyer les terres des produits chimiques.
”  Frédéric Anton, chef cuisinier, Meilleur ouvrier de France

Nous vendons les voitures que les gens veulent acheter (selon un fabricant automobile). “Non, vous vendez les véhicules grâce aux pubs que vous faites sur les voitures que vous voulez leur vendre.” Corinne Lepage, ancienne ministre environnement France

«Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Même ce fardeau, vous le laissez aux enfants (…) Notre civilisation est sacrifiée pour qu’un tout petit nombre de personnes puisse continuer à faire beaucoup d’argent, pour que ces mêmes personnes puissent continuer à vivre dans le luxe. En 2078, je fêterai mes 75 ans. Si j’ai des enfants, ils passeront peut-être cette journée avec moi. Ils me parleront peut-être de vous… Ils me demanderont pourquoi vous n’avez rien fait pendant qu’il était encore temps d’agir. Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout et pourtant vous volez leur avenir sous leurs yeux. (…) Nous sommes venus ici pour vous faire savoir que le changement était en train d’arriver, que vous le vouliez ou non.» Greta Thunberg

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Pétrole: le baril dégringole à 45$

Comme un pied de nez à la COP24 sur le climat, le baril de pétrole dégringole à 45,79$ à New York et 55,89$ à Londres, soit une baisse de plus de 30$ depuis début octobre.

A la fin de l’été, le consensus tablait sur un baril à 100$. Mais à la bourse, à chaque fois que c’est «évident», c’est le contraire qui se passe. Surproduction des 3 géants USA, Russie et Arabie Saoudite et perspectives économiques moins roses que prévues sont les ingrédients pour tenter d’expliquer cette dégringolade.


 

Début décembre, l’OPEP+ annonçait une réduction d’extraction pétrolière de 1,2 millions barils/jour (b/j) afin de faire remonter les cours. Le top départ de cette initiative était annoncée pour janvier.

Comme une marmotte au début de l’hiver et avant l’entrée en vigueur des quotas, les producteurs ont profité pour accumuler un maximum de réserves en extrayant des quantités maximales de pétrole.

L’Agence Américaine de l’Energie annonce que les USA sont devenus les plus grands producteurs du monde avec 11,7 millions b/j. Même si ces chiffres seront «corrigés» à la baisse dans quelques mois, la tendance est là. La Russie a également poussé ses machines à fonds avec 11,4 millions b/j en décembre et l’Arabie Saoudite tourne à 11.

De plus, comme les perspectives économiques de la croissance mondiale sont moins enthousiastes, les traders poussent les prix vers le bas.

 

Production de schiste aux USA en millions de barils/jour. Source IEA

 

Aux USA, les extractions de pétrole de schiste sont en forte augmentation de +134’000 b/j sur décembre ce qui compense les pertes du Venezuela.

Cependant, le prix de vente du pétrole de schiste US est passé sous les 40$ à 39$ le baril.

Déjà qu’à 60$, les pétroliers américains espéraient un timide bénéfice, à 39$, leurs pertes se chiffrent en milliards $. Le soutien inconditionnel des institutions financières internationales reste un mystère.

 

 

Champs de pétrole de schiste aux USA

 

L’OPEP tente de repousser les prix du pétrole vers 70-80$

La réunion des membres de l’OPEP a entériné une diminution de 1% de l’extraction mondiale de pétrole à -1,2 million de barils par jour. L’objectif est de freiner la chute des cours de 87 à 58$ le baril (-33%) des deux derniers mois pour remonter dans une fourchette de 75 à 85$.

Pour le cartel, cette base devrait permettre des rentrées suffisantes de pétrodollars, de soutenir la croissance pour maintenir la demande de pétrole et de freiner les investissements dans les énergies renouvelables. A ce petit jeu, chaque pays défend ses propres intérêts.

Ne serait-il pas le moment d’envisager une transition hors des griffes du pétrole?


 

Depuis 2006, les variations extrêmes du baril déstabilisent autant les producteurs que les pays importateurs de pétrole.

C’est la deuxième fois depuis 2014 que l’OPEP doit intervenir de manière aussi vigoureuse. De 100$, les cours étaient descendus à 40$ en quelques mois. Aujourd’hui, la potion magique est la même: réduire l’offre.

Cette fois, ce sont les décisions à l’emporte-pièce de Donald Trump face à l’Iran qui ont totalement déstabilisé l’industrie pétrolière mondiale. D’un embargo total, Washington a lâché du lest à la dernière minute, en vue des élections de mi-mandat.

Dans les faits, Donald Trump terrasse tous les fondamentaux pour imposer sa vision à très court terme et assurer sa prochaine réélection en 2020.

 

Quel est le juste prix du baril ?

Les USA

Donald Trump souhaite des tarifs pétroliers sous la barre des 50$. Cela permet d’offrir à son électeur, Joe America, un carburant bon marché, ainsi que de stimuler l’activité industrielle et l’économie nationale. Ces trois facteurs pourraient lui accorder un second mandat.

Quant aux monstrueux déficits de l’extraction de pétrole de schiste, les Blackrock, JP Morgan, Wells Fargo, Bank of America, UBS, Credit Suisse, etc. sont passés maître pour exporter les pertes américaines à des institutions financières étrangères comme la Banque la Banque Nationale Suisse ou les fonds de pensions des retraités européens.

Qu’importe que le baril soit à 50$ et que les producteurs de schiste perdent des centaines de milliards $. Tant que leurs managers sont massivement payés et que des milliers d’emplois sont générés aux USA, le «Make the America Great Again» triomphe.

Un baril à 50$ permet également de limiter et de contenir l’implémentation des solutions renouvelables dévastatrices pour les énergies fossiles et pour la doctrine Trump.

 


Avant la réunion de l’OPEP, le président Trump a fait pression sur le cartel
dans le but de ne pas diminuer l’offre

 

Les Pays producteurs

Les pays producteurs privilégient un baril entre 70-90$ afin d’équilibrer leurs budgets. Le train de vie de l’Arabie Saoudite nécessite un baril supérieur à 80$. Plus frugale, la Russie, , peut se contenter d’un baril à 43$. Le surplus n’est que confort et bénéfice.

Le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Libye ou le Nigeria prient pour que la fourchette supérieure devienne la norme tant leurs besoins financiers sont importants.

Un baril à 80$ permet également aux pétroliers de pouvoir investir dans l’exploration pétrolière afin de remplacer les gisements qui s’épuisent. Durant cette dernière décennie, les coûts d’extractions sont passés de 5$ le baril à plus de 70$. L’industrie doit forer de plus en plus profond pour extraire du pétrole de moins en moins riche.

 

Les pays importateurs

Comme les membres de l’OPEP, les gouvernements des pays importateurs bénéficient aussi de la bénédiction du pétrole, via des taxes qui génèrent de substantiels revenus. A cet égard, la décision du cartel est une bonne nouvelle. Le montant optimal du baril raisonne le mieux dans la fourchette 80-90$.

Mais attention, au-dessus de 100$, le pétrole détruit tant la croissance économique que la demande de carburants. Comme le montre la crise de 2008, l’Economie est incapable de supporter un baril à plus de 140$.

 

Sortir du pétrole

La décision de l’OPEP de réduire l’offre implique directement la vie de tous les citoyens de la planète. La volonté du cartel de garder l’hégémonie du pétrole sur les autres énergies est compréhensible. Paradoxalement, on retrouve également cette même volonté au sein des pays importateurs.

Cependant, les variations extrêmes des prix du baril doivent nous inciter à effectuer une transition énergétique et une sortie rapide des produits pétroliers. Ces variations sont les premiers effets du peak oil et elles ne vont que s’amplifier, tout comme les changements du climat.

Une première étape pourrait demander l’interdiction de financement de projets pétroliers par les institutions financières publiques. Durant les deux dernières années, les banques françaises ont investi, à l’étranger, plus de 43 milliards € dans le pétrole.

En Suisse, le président de la Confédération, Alain Berset, a annoncé frs 120 millions de francs d’investissements dans les projets de réduction de CO2, majoritairement à l’étranger. Si au lieu d’utiliser les impôts des citoyens, il avait tout simplement régulé les investissements des fonds de pensions des caisses publiques, de l’UBS, du Crédit Suisse ou de la Banque Nationale Suisse, les bénéfices seraient répercutés sur l’entier du pays et pas uniquement aux USA. Cela aurait éventuellement permis à la BNS d’éviter de perdre des milliards $ dans ses investissements pétroliers au pays de Trump.

Combien de temps encore, la poudre de perlimpinpin va-t-elle résister aux turbulences pétrolières?

 

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Pétrole: Le baril a perdu plus de 30$ depuis octobre
– France: Les gilets jaunes bousculent le gouvernement
– OPEP: La Russie pourrait se joindre au cartel
– Techno: Un taxi sans chauffeur vient vous chercher
– Australie: Le Premier Ministre se frite avec les écoliers
– Russie: Le pays relie la Turquie et la Chine avec ses gazoducs
– Japon: Les déchets de Fukushima balancé dans le Pacifique
– USA: Le schiste américain bientôt à 7 millions de barils/jour.
– Iran: Le chinois CNPC remplace le français Total


Très grosse grosse gamelle du pétrole. Depuis le début octobre, il a presque perdu 30$. Tout le monde le voyait passer de 87 à 100$. Badaboum, on le retrouve à 59,46$ à Londres (75,91$ fin octobre) et à 50,93$ à New York (66,18$ fin octobre).

L’Uranium se stabilise après de fortes hausses suite à des problèmes d’extraction. Il passe la barre des 28 à 28,4$ (27.60$ fin octobre).

 

Graphique du mois: Impact de la hausse du prix des carburants en France

Planète

En 2017, le taux d’émission de CO2 est reparti à la hausse pour arriver au niveau record de 405 ppm.

Nous n’avons jamais autant consommé de pétrole, de gaz ou de charbon. Sur cette note, la Xème Conférence sur le Climat a débuté en Pologne. Voilà, tout est dit sur cette rencontre. Celle de 2019, prévue au Brésil, a été annulée par le nouveau président Bolsonaro.

Les océans ont emmagasiné 60% de chaleur de plus que les estimations précédentes.

 

OPEP+

La réunion du 6 décembre pourrait déboucher sur un tour de vis de la production. L’Arabie Saoudite et la Russie ont atteint des niveaux record d’extraction pendant que les prix se sont pris les pieds dans le tapis pour baisser de 30$ en quelques semaines.

En parallèle et dans l’ombre, l’accord entre Trump et le Prince Héritier MbS : «je ne dis pas que tu as ordonné le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et tu continues à pomper du pétrole afin de garder les prix bas» apporte de la confusion. Les deux hommes vont se rencontrer à la réunion du G20 à Buenos Aires.

L’idée, qui flotte dans l’air, est de retirer, petit à petit, 1 million barils/jour (b/j) des marchés. Cependant Riyad ne veut pas être seul à faire des efforts.

Moscou pourrait officialiser une alliance avec l’OPEP. Du coup, Moscou et Riyad pourraient prendre les décisions pour l’ensemble du groupe. L’ambiance risque d’être optimale.

Le Département de la Justice Américaine est en train de revisiter les règles anti-trust concernant l’OPEP. Nom de code de l’opération: «No Oil Producing and Exporting Cartels Act». En gros, l’idée est de démanteler l’OPEP.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

Pétrole

La baisse des prix du baril convient au pickup truck de Joe America et aux gilets jaunes. Cependant,  ce nouveau yoyo ne va pas apporter les centaines de milliards $ nécessaires à l’industrie pétrolière afin de garantir l’offre face à la demande d’ici à 2020.

Même si la situation actuelle constate une légère surproduction, la tendance générale pointe vers une pénurie dès 2020.

Les pays qui ont atteint le peak oil : Algérie 2015, Angola 2016, Australie 2000, Azerbaïdjan 2009, Chine 2015, Equateur 2014, Guinée Equatoriale 2005, Indonésie 2016, Mexique 2013, Hollande 1987, Oman 2016. Reste USA, Russie, Arabie Saoudite, Brésil, Libye, Irak, Iran, Venezuela et Canada pour faire durer le rêve.

Une grande partie des nouvelles extractions pétrolières proviennent des champs de schiste aux USA, +7 millions de barils/jour (b/j). Si les promesses du schiste ne seront pas tenues, vaudra mieux passer directement au chapitre ci-dessous.

 

Voitures Electriques

Les capacités des batteries ne cessent d’augmenter. Si les limites du Li-ion semblent approcher, NantEnergy a annoncé la commercialisation de sa air-zinc batterie.

Dès 2020, Kia Motors et Hyundai vont introduire des toits solaires afin d’accroitre l’efficacité de leurs modèles hybrides et électriques.

25 villes concentrent 1,4 millions de voitures électriques sur les 3,1 en circulation. Les villes chinoises sont largement en tête avec 11 villes dans le top 25. La tendance est d’offrir des places spécifiques et des bâtiments pour effectuer les recharges.

 

Charbon

Si l’Europe et les USA réduisent la quantité de centrales à charbon pour la production d’électricité, l’Asie surcompense largement cette baisse avec 2’000 GW en opération ou en construction.

La moyenne d’âge des centrales à charbon européennes et américaines est de 42 ans. En Asie, elle est de 11.

On vit une époque formidable. L’équipe de foot américain d’Alabama
a fait appel à 2 hélicoptères, pendant 2 heures, pour sécher la pelouse avant leur match.

 

 

Dans les pays hit du mois:

USA

La production pétrolière américaine a atteint 11,3 millions b/j en août. En une année, les USA ont ajouté 2 millions b/j.

Le département de l’intérieur américain étudie l’ouverture prochaine de l’Arctique pour l’exploitation pétrolière.

Les bénéfices d’ExxonMobil ont grimpé à 6,24 milliards $ au 3ème trimestre, cependant la production pétrolière a diminué de 3% à 3,8 millions b/j. L’extraction de gaz a diminué de 4%. Durant les 10 derniers trimestres, c’est le 9ème trimestre qui voit la production d’Exxon reculer.

Les citoyens de la Floride ont voté à 68% contre l’exploitation pétrolière et gazière dans les eaux territoriales. De leur côté, les citoyens du Colorado ont refusé à 58% de garder une distance de sécurité de 1’000 m. des écoles, parcs et sources d’eau pour les forages de schiste. Les producteurs ont mis sur la table un budget marketing de 30 millions $ pour obtenir ce résultat.

Waymo, la start-up de Google-Alphabet, a obtenu l’autorisation d’utiliser ses taxis autonomes sans chauffeur. Oui, un taxi qui vient vous chercher et vous conduit à destination sans chauffeur! Le permis est donné pour tester le système dans les villes et sur les autoroutes à une vitesse maximale de 100 km/h.

La production d’énergie par l’éolien et le solaire représente 1,5% de la demande américaine.  La Virginie a exporté 3,71 millions de tonnes de charbon en octobre, +20,2%.

General Motors va fermer 7 usines dont 4 aux USA et se séparer de 14’000 employés. Les modèles les plus vendus restent les pickups truck et les SUVs soit les deux types de véhicules les plus gourmands.

Un mois après le passage de l’ouragan Florence, l’Etat de la Caroline du Nord a décidé de respecter l’accord sur le climat de Paris et de réduire ses émissions de 2005 de 40% d’ici à 2025. 16 autres Etats américains ont déjà rejoint cette alliance. Les villes et les régions ont moins d’inertie que les pays afin de prendre des décisions sur le climat.

Les conditions climatiques comme l’ouragan Harvey, les inondations et les feux de forêts ont généré pour 306 milliards $ de dégâts en 2017. L’ancien record a été battu de 90 milliards. Avec les incendies qui viennent de ravager la Californie, le millésime 2018 devrait être un bon cru.

Le Minnesota pourrait produire 70% de son électricité grâce au soleil et au vent d’ici à 2050. Les investissements seraient identiques à une solution basée sur le gaz. Aujourd’hui l’Etat produit 20% d’éolien et 1% de solaire.

General Motors, le constructeur automobile, élargit sa gamme en proposant un vélo électrique pliable! Bon, la bête n’est pas vraiment sexy, mais c’est déjà bien pour un constructeur auto. La compagnie recherche un nom. Vous pouvez y participer  eBikeBrandChallenge.com histoire qu’ils utilisent votre adresse e-mail pour vous refiler ce vélo une fois en vente.

Arabie Saoudite

Sous pression de Donald Trump, l’Arabie a extrait une quantité record de pétrole à presque 11 millions b/j. Le concept de base voulait que Riyad compense la diminution de pétrole iranien à cause de l’embargo américain.  En cours de route, Trump a changé d’avis et autorisé l’Iran a exporter plus de pétrole que prévu. Aujourd’hui, c’est un double effet Kisscool avec une chute de 30$ du baril.

Riyad pourrait retourner à un niveau normal de production. Cependant, une baisse de production couplée à la baisse des prix du baril pourrait voir les budgets du pays virer au rouge vif.

Selon le FMI, le train de vie de la famille royale nécessite un baril à 88$.

Le Prince héritier Mohammed bin Salman (MbS) est sous les feux des projecteurs suite à sa décision d’éliminer le journaliste Khashoggi. Grâce à la situation géopolitique et à sa puissance financière, il a obtenu les faveurs du président Trump. (voir la parfaite illustration de Chappatte) . Pour redorer son aura, MbS effectue une tournée mondiale pour réaffirmer l’importance du pétrole dans l’économie mondiale. On le retrouvera au G20 en Argentine.

Le ministre du pétrole, Khalid al-Falih, a suggéré de diminuer les extractions de pétrole de 1,4 million b/j. Bon, ça c’était avant que Trump envoie un Tweet et tienne les coudes MbS.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

D’ici à 2030, le Parlement Européen a confirmé les objectifs: 32% d’énergie renouvelable et 32,5% d’efficience énergétique.

Les émissions de CO2 de l’aviation ne sont toujours pas comprises dans les calculs.

 

Espagne

Le gouvernement a supprimé la possibilité d’exploiter du pétrole ou du schiste sur son territoire.

Le pays ambitionne d’avoir 100% d’électricité renouvelable d’ici à 2050 et d’abandonner les énergies fossiles. Les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de 90%.

Madrid prévoit d’installer 3’000 MW/an d’énergie solaire ou éolienne durant les 10 prochaines années.

 

Russie

La production Russe continue à croitre à 11,5 millions b/j. Moscou pourrait rejoindre l’OPEP+ avec un partenariat qui restera à définir. Est-ce que Vladimir Poutine acceptera de diminuer sa production pour faire regrimper les prix du baril ?

La croissance Russe a atteint 2,5% en novembre. L’agriculture, le gaz et le pétrole, l’industrie et la construction soutiennent cette croissance. Avec la chute du baril, cette tendance sera remise en cause.

Gazprom a cessé ses ventes aux enchères de gaz. Toute la production 2018 est vendue. En septembre, Gazprom avait lancé ce système pour vendre au meilleur prix son gaz à l’Europe.

L’ambiance entre l’Ukraine et la Russie est montée d’un ton grâce à l’accrochage entre navires militaires dans la mer d’Azov. Difficile de dire qui a fait quoi et où mènera cet incident.

 

Turquie

La Turquie et la Russie ont célébré l’inauguration d’une partie du gazoduc Turkstream qui relie les deux pays en traversant la Mer Noire. Le gazoduc permettra de créer un hub énergétique en Turquie et de court-circuiter l’Ukraine pour les livraisons de gaz en Europe. A partir de la fin 2019, 31,1 milliards m3/an pourront y transiter.

La Turquie consomme actuellement 16 milliards m3 et à terme, il n’est pas impossible qu’Ankara aspire l’entier de ce gazoduc, laissant des miettes à l’Europe. La Bulgarie, qui importe 100% de son gaz à la Russie, s’est proposée comme porte d’entrée pour l’Europe.

Le gazoduc Nordstrean II qui contourne l’Ukraine et livre le gaz à l’Allemagne aura à terme une capacité de 55 milliards m3/an et 121 milliards kg de CO2.

L’éolienne O-Wind a gagné le James Dyson Award 2018

 

France

Les gilets jaunes ont pulvérisé toutes les prévisions. Sans aucune stratégie énergétique solide sur le chauffage au fioul, au gaz et la sortie du pétrole, le gouvernement s’est fait tirer, à juste titre, les oreilles par les citoyens.

Le gouvernement a demandé à EDF de réfléchir sur son avenir et d’éventuellement d’embrasser la production d’énergie verte au lieu de résister. Le géant va tenter d’imaginer une transition de ces vieux réacteurs nucléaires. Dans l’air, flotte l’idée de séparer l’entreprise en deux parties comme les allemands E-on et RWE. Une partie polluante et risquée (fossile et nucléaire) l’autre verte.

Les prix du gaz naturel ont augmenté de 2% pour la cuisine et de 6% pour le chauffage. Si on peut se féliciter de l’augmentation de cette énergie fossile destructrice pour le climat notamment pour ses émissions de méthane, il est à souligner que les marges des fournisseurs sont impressionnantes. Elles représentent entre 5 à 8 fois le prix d’achat. Quand un fournisseur achète son gaz entre 1,5 euro le kWh il le revend entre 7 et 10 € aux citoyens. Pour réconforter nos amis français, les marges des fournisseurs suisses sont encore plus confortables.

Le gouvernement a donné son feu vert à l’exploitation de 2 parcs éoliens. C’est le chouchou de la classe, Engie, qui bénéficie de cette bénédiction. Ainsi, 62 éoliennes vont émerger aux îles d’Yeu et de Noirmoutier (Vendée) et l’autre au large du Tréport. Engie devrait produire 1’900 GWh d’électricité par an soit pour  790’000 personnes.

Pour sa part, le projet de Dieppe-le Tréport doit rassembler lui aussi 62 éoliennes. Le parc sera supervisé par…. surprise! Engie! Il produira 2’000 GWh par an, ce qui représente la consommation électrique annuelle d’environ 850 000 personnes, soit environ les deux tiers de la population de la Seine-Maritime.

Le géant du voyage de croisière, l’américain Carnival a été condamné à Marseille pour pollution de l’air. Le capitaine de l’Azura a été condamné à 80’000 € d’amende pour «utilisation, par un navire en mer territoriale, de combustible dont la teneur en soufre est supérieure aux normes autorisées en matière de pollution de l’air».

 

Allemagne

Vattenfall, propriété du gouvernement suédois, propose de transformer ses centrales à charbon allemandes en centrale à gaz. La centrale de Moorburg, ouverte il y a 3 ans pour alimenter Hambourg, est incluse dans ce plan. Cependant, le méthane du gaz naturel n’offre pas une bonne alternative pour le climat.

En décembre 2018, l’Allemagne va annoncer son plan pour sortir entièrement du charbon d’ici à 2030. Le pragmatisme allemand pourrait inspirer la France.

Les ventes de voitures sont en baisse et l’Economie s’est contractée de 0,2% depuis septembre. L’objectif de croissance annuel devrait se situer vers les 1,6% pour 2018.

Volkswagen tente d’éparpiller plus de 200’000 voitures neuves dans différents parking à travers l’Europe. Plus de 80%, sont vendues mais ne sont toujours pas capable de respecter les standards de pollution.

D’ici à 2030, VW annonce vouloir investir 50 milliards $ dans les voitures électriques autonomes. Le géant allemand va collaborer avec l’américain Ford. Est-ce que cela sera suffisant face à la progression des nouveaux constructeurs automobiles chinois ?

 

Angleterre

Des trains à hydrogène pourraient être mis en circulation dans les années à venir. Le mois dernier, l’Allemagne a initié cette tendance. Actuellement, les trains à hydrogène sont plus onéreux à l’utilisation mais nettement moins polluant que les trains diesel. Il ne faudra certainement que quelques années pour les rendre financièrement avantageux.

 

Suisse

La banque Crédit Suisse a de nouveau été pointée du doigt pour ses investissements dans les énergies fossiles très sales comme les sables bitumineux ou le schiste. Des citoyens ont occupé les succursales de Genève, Lausanne et Bâle et ont mimé des matchs de tennis. «On veut informer Federer des investissements de la banque dans les énergies fossiles, et on l’invite à s’en distancier».

Plus de 20 économistes des hautes écoles condamnent les investissements de la Banque Nationale Suisse dans les énergies fossiles. La BNS possède plus de 7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines actives dans le charbon, le pétrole ou le gaz. On pourrait argumenter que la rentabilité n’a pas de prix. Même pas! La BNS a déjà perdu plus de 1,5 milliards $ dans ce domaine.

Si on ajoute l’implication soutenue de l’UBS dans le pétrole, c’est tout le système bancaire suisse qui est gangréné par les industries fossiles.

C’est dans la ville de Bienne, que la mini-voiture/vélo en partage Enuu a débuté sa vie. Le véhicule est doté de quatre roues et d’une coque intégrale qui protège le conducteur des intempéries. Il dispose non pas d’un volant mais d’un guidon et pèse moins de 200 kg. Il peut utiliser les pistes cyclables et se garer sur les places vélos. La localisation, l’ouverture de la porte et le démarrage se font avec une connexion internet via un smartphone. Les 10 premières minutes sont gratuites.

Mi-vélo, mi-voiture

 

Moyen Orient

Iran

Le chinois CNPC a remplacé le français Total dans le plus grand champ gazier du monde South Pars 11. Total avait prévu d’investir plus de 5 milliards $ avant de se retirer suite aux menaces de Trump. C’est une mauvaise nouvelle pour l’industrie française. Le président Macron, comme Bruxelles, n’ont pas osé soutenir les entreprises européennes face à Trump. Les chinois ont immédiatement saisi l’occasion.

Pour les 6 prochains mois de l’embargo, les USA ont offert des laisser-passer pour l’exportation de pétrole iranien à l’Inde, la Chine, la Corée du Sud, le Japon, l’Italie, la Grèce, Taïwan et la Turquie.

Ainsi, l’Iran pourrait exporter 1,4 million b/j au lieu des 2,9 millions durant l’été.

La diminution des exportations et la chute des prix vont certainement propulser l’Iran dans une récession économique voulue par Washington. Est-ce que cela sera suffisant pour que Téhéran accepte de renégocier avec Trump? La question reste ouverte.

 

Irak

Bagdad espère pouvoir extraire 5 millions b/j en 2019 et exporter 3,8 millions. L’enthousiaste ministre du pétrole, Thamir Ghadhban, vise une production à 8,5 millions b/j dans les années à venir.

Le ministre pousse également à la création d’une major pétrolière nationale, la Iraqi National Oil Company, afin de gérer l’entier du pétrole du pays. Cette compagnie avait déjà été créée en 1964 mais démantelée par Saddam Hussein en 1987.

Après des mois de sécheresse, le nord et le sud du pays ont été noyés sous des trombes d’eau.

L’Irak va pouvoir encore importer du gaz iranien pendant 45 jours grâce à une permission spéciale des USA. Le gaz est essentiel pour la production électrique du pays et éviter les émeutes.

 

A Dubaï, les Emirats Arabes Unis teste un drone pour la police

 

Asie

Chine

Le russe Gazprom est sur le point de terminer son gazoduc qui relie la Sibérie à la frontière chinoise. Des livraisons annuelles de 38 milliards m3 (85 milliards kg de CO2 et sans compter le méthane) de gaz naturel sont prévues sur une période de 30 ans.

La Chine travaille sur un soleil artificiel afin de récolter l’énergie de la fusion. Elle a réussi une avancée en obtenant 100 millions de degrés Celsius et une génération théorique de 10 MW.

Depuis que la Chine a installé un système d’évaluation de ces citoyens en leur donnant des points, plus de 9 millions de chinois n’ont plus droit à l’accès aux avions, aux trains rapides ou aux transports en commun.

Dans la ville de Zhengzhou, certains robots ont été équipés de caméras à reconnaissance faciale afin de traquer les personnes recherchées. Les robots de  1m60 sont également équipés de tasers pour neutraliser les citoyens. A Tianenmen, Pékin, les tasers sont remplacés par des armes. Ca donne vraiment envie d’y aller.

 

Inde

Les importations de pétrole ont grimpé à 5 millions b/j en octobre.

Les villes indiennes sont parmi les plus polluées du monde. Neuf des dix villes les plus polluées sont indiennes. On estime à 7 millions/an le nombre de décès dû à cette pollution.

Comme la Chine, l’Inde est en train de travailler sur des drones capable de transporter des personnes dans le cadre de la mobilité urbaine.

 

Japon

Le gouvernement a dévoilé des plans afin de déverser dans le Pacifique l’eau radioactive utilisée pour refroidir les 3 réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima. Comme les capacités de stockage de l’eau radioactive et les budgets sont atteints, il s’agit de l’alternative simple et bon marché.

Le gouvernement étudie la relance du nucléaire sur l’île avec une production électrique de 20% d’ici à 2030.

Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, 64 ans, est accusé de malversations fiscale. C’est étonnant, car l’éthique est au centre des préoccupations des managers de l’industrie automobile. Ce n’est pas le CEO de VW-Audi, Rupert Stadler, qui vient de sortir de prison suite aux scandales des moteurs truqués, qui nous contredira.

 

Corée du Sud

Le pays est leader dans la construction de bateaux transportant du gaz liquide (LNG). Plus de 50 tankers sont en construction pour les 3 années à venir pour une valeur de 9 milliards $.

La demande pétrolière du pays a diminué de 8,5% en une année soit 2,37 millions b/j.

 

Australie

Les écoliers de toute l’Australie ont organisé des grèves afin de protester contre le laisser-aller du gouvernement au sujet du réchauffement climatique. Un peu comme en France, mais à l’inverse.

Les têtes blondes demandent l’utilisation à 100% d’énergie renouvelable d’ici à 2030 ainsi que l’abandon de nouveaux projets gazier et charbonnier. Le climato-sceptique premier Ministre Scott Morrisson l’a mal pris et la passe d’armes intéressante. Le premier ministre a commenté : «Nous ne supportons pas l’idée que les élèves n’aillent pas à l’école pour des choses qui peuvent se résoudre en dehors de l’école.» La réponse des élèves : Vous ne résolvez rien c’est pour cela que nous sommes en grève. @StrikeClimate

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

En décembre, la production de schiste américain va atteindre un sommet à 7,94 millions b/j.

Le Bassin Permien, Texas, produit 3,7 millions b/j. Pratiquement tous les gisements ont vu leurs chiffres augmenter. Les producteurs ont profité des prix élevés pour accélérer le rythme. Avec la baisse des courts, une réaction inverse devrait se produire.

Du côté du gaz de schiste, les records sont également atteints avec 2,2 milliards m3.

L’épuisement des gisements du Bakken et Eagle Ford contraignent les producteurs de passer des forages de première qualité, à ceux de deuxième moins prolifiques et plus chers.

Le pétrole de schiste américain s’est accordé la priorité sur les marchés mondiaux. Paradoxalement, les USA demandent à l’Arabie Saoudite et à la Russie de réduire leur production, alors que le pays écoule son pétrole à perte.

L’administration Trump fait de son mieux pour stimuler un deuxième boom des extractions de pétrole de schiste en annulant les restrictions environnementales posées par Obama.

Cheniere , Dominion et Sempra Energy vont exporter leur gaz de schiste par cargo, sous forme de gaz liquide, LNG, en Asie et en Europe.

Le MIT dévoile un avion propulsé par un vent ionic, sans moteur

 

Canada

La production pétrolière devrait diminuer de 5% en 2019 selon la Petroleum Services Association of Canada. Les projets de construction de pipeline échouent les uns après les autres et l’Alberta n’arrive plus à augmenter ses exportations de pétrole des sables bitumineux.

Le prix de vente du crude canadien vers les USA atteint des bas non rentables à 35-45$ le baril.

Cenovus Energy a annoncé une diminution de ses extractions dans les sables de schiste de l’Alberta en attendant que les prix remontent.

 

Argentine

En dehors des USA, le bassin de la Vaca Muerta, Mendoza, est le seul gisement de gaz/pétrole de schiste avec un potentiel d’industrialisation.

La Vaca Muerta est trois fois plus étendu que le bassin Permien aux USA. Il pourrait devenir une source importante de gaz et de pétrole. Actuellement, la production est de 60’000 b/j et pourrait augmenter à 200’000 b/j en 2021.

D’ici à l’été 2019, l’entreprise belge, Exmar, va déployer une flotte de bateaux pour exporter le gaz liquide des gisements de la Vaca Muerta au port de Bahia Blanca. L’entreprise espère exporter 500’000 tonnes de LNG par année.

 

Brésil

Entre août 2017 et 2018, le niveau de déforestation de l’Amazonie a atteint un record de 7’900 km2 pour laisser place au soja.

Le nouveau président, Jair Bolsonaro, a annoncé son envie d’augmenter ce rythme. A ce titre, il va fusionner les départements de l’agriculture et de l’environnement.

 

Venezuela

La production pétrolière chute à 1,197 millions b/j en septembre. La probabilité n’est pas nulle que la production soit actuellement passée sous le million.

Les exportations vers les USA ont diminué de 19% en octobre.

 

Brésil, un bulldozer pour les mines entièrement autonome. Etonnant.

 

Afrique

Libye

La situation semble s’apaiser et des élections pourraient avoir lieu l’année prochaine.

La Libye est certainement le pays qui possède la plus grande quantité de brut conventionnel exploitable à bas prix. Avant l’intervention française, pour démettre le Général Kadhafi, le pays produisait 1,8 millions b/j. Aujourd’hui la production varie entre 700’000 et 1 million b/j.

 

Sud Soudan

Le Russe Gazprom Neft va explorer 4 blocs pétroliers dans le pays. La China National Petroleum Corporation et le Malaysien Petronas sont déjà actif dans le pays.

La production nationale a atteint 135’000 barils/jour et espère atteindre 350’000 soit son niveau de production avant 2011 et la guerre civile.

 

Phrases du mois

«Tous les gouvernements promettent la croissance sans expliquer d’où elle vient. On assume que la croissance du PIB provient du capital et du travail. Cependant, les économistes Reiner Kummel et Robert Ayres ont démontré que l’énergie, en particulier le pétrole, est la force principale derrière la croissance du PIB. Ils ont conclu que notre société consumériste se base sur une énergie bon marché. Une corrélation historique entre croissance et énergie, et particulièrement le pétrole, supporte leur conclusion.»  Mathieu Auzanneau

Interrogé sur la note qu’il se donnerait s’il devait juger son travail en tant que président, M. Trump a opté pour la plus élevée qui soit. «Ecoutez, je n’aime pas faire cela, mais je vais le faire quand même: je me donnerais à moi-même un A». (s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer!)

« La production pétrolière du Venezuela est en chute libre. »  Fatih Birol, Executive Director de l’IEA.

 

Le Livre du Mois

Comment l’hyperpuissance d’une élite financière met Etats et citoyens à genoux. Un excellent livre de Liliane Held-Khawam.

Ce livre vous plonge dans les mécanismes et les manœuvres de la puissance financière globale. Cette enquête d’une précision inédite vous montre la dématérialisation, l’abolition des frontières et la démission des institutions politiques.

 

 

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Essence: Les Gilets Jaunes: Qui paralyse qui?

En France, la hausse des prix du baril de pétrole et les nouvelles taxes sur les carburants ont initié la vague de gilets jaunes. Paradoxalement, dans un pays où laisser son moteur allumé pour aller chercher sa baguette de pain est un sport national, la transition énergétique se heurte à la réalité du terrain.

La France n’est pas seule à avoir mis tous ses œufs dans le panier du pétrole et de tenter, même maladroitement, de s’en extraire. La grogne illustre la difficulté d’effectuer cette transition en embarquant tous les citoyens.


La paralyse des cartels

Paris perçoit plus de € 30 milliards de taxes sur l’utilisation du pétrole, dont à peine 10% sert à soutenir une transition de la mobilité et du chauffage.

De plus, quand cette minuscule quote-part sert à offrir des subsides au pétrolier Total pour l’aider à générer de l’essence à partir d’huile de palme, la perplexité est de rigueur.

Dans les faits, les présidents successifs, de droite comme de gauche, ont laissé la stratégie énergétique du pays dans les mains des multinationales dont les intérêts divergent totalement de l’intérêt public.

Comment expliquer les choix de relier les grandes villes par TGV en abandonnant le transport dans les régions périphériques, d’ériger 19 sites nucléaires au lieu de disséminer les centres de production, de favoriser systématiquement EDF ou Engie afin de freiner les PME innovantes et l’efficience énergétique, de favoriser le diesel pour écouler les voitures des constructeurs nationaux ou de ne pas imposer le kérosène des compagnies d’aviation ou de transports maritimes.

Dénoncer cette méthodologie ne peut être corrélée à une idéologie de droite ou de gauche d’autant que l’on découvre petit à petit que ces faveurs résultent souvent d’avantages financiers à des élus ou des partis des deux bords.

Bref, le sentiment que l’argent collecté va directement dans les poches d’élus ou des géants de l’économie n’est peut être pas étranger à ces manifestations.

 

Indépendance énergétique

La France n’est pas un cas isolé. L’Allemagne, l’Angleterre où les USA font face aux mêmes défis même si les approches diffèrent.

En Allemagne, le gouvernement Merkel a saisi l’opportunité de débuter par une transition électrique en abandonnant le nucléaire et demain le charbon. Sur cette base, elle peut maintenant électrifier son industrie automobile, bien aidée par les scandales des moteurs truqués.

Les années sont comptées pour effectuer une passation en douceur. Plus on attend, plus elle sera ardue et violente. Elle sera de toute façon imposée par la conjonction de la pénurie pétrolière et de la crise climatique.

La France va devoir fortement investir, et par ricochet, créer des emplois, afin de proposer des alternatives à la voiture thermique, aux camions et aux avions, d’isoler et de chauffer différemment les bâtiments.

Des cartels et des oligopoles, peut agile, vont disparaître et être remplacés par des acteurs inattendus. Uber, Amazon, Tesla ou Goole montrent le potentiel disruptif. (pour autant, du point de vue social, ces entreprises sont souvent exécrables.)

 

Générer et garder la valeur dans l’économie locale

Une fois n’est pas coutume, nous pourrions recopier l’exemple chinois. Solaire, éolien, construction de voitures électriques ou à hydrogène, Pékin a créé des millions d’emplois et a fortement réduit ses émissions polluantes et freiné la hausse de sa consommation pétrolière. Aujourd’hui, plus de 400 producteurs de voitures électriques chinoises se battent pour conquérir le monde.

Cette démarche peut irriter les fervents croyants de la main invisible qui équilibre les marchés. Si en pratique, cette théorie n’a fonctionné que dans les livres, le pragmatisme chinois ou américain l’a balayée.

Le gouvernement français, comme les autres pays, a intérêt à diminuer le temps passé sur la création d’articles de presse et à augmenter l’implémentation de solutions et d’alternatives pour les citoyens.

Non seulement, ces solutions sont funs et améliorent la qualité de vie, mais en plus elles créent des emplois et gardent la valeur dans les communautés et les entreprises locales. Annuellement, la France offre et exporte plus de 40 milliards € aux pays producteurs de pétrole.

Imaginez le potentiel de ce montant s’il restait dans l’économie locale.

Badaboum! Le pétrole repasse sous les 70$

Début octobre, le pétrole atteignait 86,74$. Un baril à 100$ était un coup sûr, d’autant que les sanctions du président Trump envers l’Iran auraient dû retirer des marchés plus d’un million de barils par jour.

Cependant, à la bourse, à chaque fois qu’une évidence est trop évidente (et que le 20Minutes en parle), c’est exactement le contraire qui se produit.

L’or noir vient de perdre plus de 20% et se retrouve à 69,13$ à Londres et 59,28$ à New York.

 

 

Un homme influence les prix: Donald Trump

Dans une situation tendue de l’offre et de la demande, les sanctions américaines contre les exportations pétrolières iraniennes ont déjà retiré des marchés plus de 1 million de barils par jour. L’objectif était de stopper les 2,8 millions de barils exportés chaque jour par Téhéran.

Pris dans les élections de mi-mandat et la hantise de voir grimper les prix de l’essence de Joe America, Donald Trump a exercé une pression maximale sur les pays producteurs afin d’augmenter leurs exportations avec l’objectif de maintenir les prix dans une fourchette acceptable. Ainsi la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA ont démultiplié leurs efforts pour combler ce manque. Toutes voiles dehors, les trois pays ont atteint des niveaux records d’extraction.

Devant l’urgence de la situation et en surréagissant, le Président américain a rétropédalé en accordant à 8 pays sa bénédiction et l’autorisation d’acheter du pétrole iranien.

Dans le même temps, le gouvernement irakien a réussi à trouver un accord avec les Kurdes du Nord de l’Irak afin d’exporter entre 200’000 et 400’000 barils supplémentaires par jour.

 

Le yoyo et la roulette russe

D’une pénurie, nous sommes passés dans phase de surproduction. Il n’en fallait pas plus pour se retrouver aujourd’hui devant un alignement de planètes compliqué pour l’industrie.

Le pétrole de schiste américain, fortement déficitaire, pourrait être sur le point de creuser sa tombe. En début d’année, les producteurs Yankees avaient juré, la main sur le cœur, que leurs entreprises allaient être profitable et générer des dividendes d’ici à décembre. Incapable de générer des profits à 70$ le baril, la douloureuse devrait éloigner les investisseurs téméraires floués par ce mirage.

Ce yoyo des prix est un véritable cauchemar pour les producteurs et les financiers. Il rend les investissements et les revenus aléatoires. Si par le passé, la stabilité des cours pétroliers assurait une rente connue, aujourd’hui ce jeu est aussi prévisible qu’une roulette russe.

 

Découplage Economie/Pétrole

Cette chute des cours semble temporaire. Elle ne remet pas en cause le manque d’investissement chronique pour l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements. L’amplitude des variations (+/-20% en quelques semaines) n’est, en tout cas pas, la bonne prescription.

Les fondamentaux et les questions restent les mêmes: comment extraire 102 millions de barils d’ici à 2020 et où se situera son prix?

Pour fuir ces secousses, la stabilité des énergies renouvelables devient une valeur refuge. Les pays, qui sauront le plus rapidement découpler leur Economie du pétrole, auront une longueur d’avance.

Pour les autres, la grève des carburants prévue en France le 17 novembre, pourrait devenir une norme.

 

Le pétrole à 100$: Un retour vers un passé connu ou un futur différent?

Le pétrole continue sa hausse au-dessus de 80$. Sans un ralentissement mondial de l’Economie, la barrière des 100$ sera bientôt franchie. Sous le poids du baril, la croissance pliera pour replonger dans une nouvelle crise. Une impression de «déjà vu» qui rappelle la dernière crise.

Avec du recul, on constate qu’au lieu d’imaginer un futur différent, les politiques, les financiers et les banques centrales se sont focalisés afin de reconstruire à l’identique le monde d’avant 2008.


 

L’économiste John Keynes écrivit en 1942 «Je suis de retour comme ministre de l’Economie, mais avec une grande différence. En 1918, la plupart des gens n’avaient qu’une idée en tête : revenir à  la situation d’avant 1914. Aujourd’hui, personne n’a ce sentiment. Cela fera une énorme différence quand nous allons nous y attaquer.» Après les deux guerres et la Grande Dépression, un changement drastique était nécessaire.
Les Trente Glorieuses suivirent.

 

Aujourd’hui, nous retrouvons une grande partie des ingrédients qui ont déclenché
la crise de 2008.

 

Retour vers un passé connu,

Pour sortir de cette passe, les changements structurels se sont dirigés vers une diminution des impôts, la variation des taux d’intérêts, ainsi qu’une dérégulation du marché du travail et une baisse des salaires. De plus, les Etats n’ont pas mesuré l’ampleur de leur dépendance envers l’augmentation de leurs dettes.

Dans ces conditions, qui favorisent la pauvreté et les inégalités, ce n’est pas une surprise de voir une montée du populisme et l’arrivée des Donald Trump, Matteo Salvini et prochainement, peut-être, Jair Bolsano au Brésil.

Dans l’ambiance actuelle, les chiffres ont inlassablement grimpé. Notre consommation de pétrole est passée de 92 à 100 millions de barils par jour. Les bourses atteignent artificiellement des sommets inégalés. Nous n’avons jamais autant consommé de gaz, de charbon, de matières premières, d’eau et de nourriture. Les banques ont retrouvé leur liberté et les bonus extravagants. Les dettes publiques et privées, comme la température de la planète, atteignent des niveaux inquiétants.

La stagflation des années 70 a apporté une contre révolution. Sous l’impulsion de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Les années 80 ont apporté un changement radical sur le rôle de l’Etat, des marchés et des Banques Centrales.

 

Ou inventer un nouveau futur

Les chiffres et les faits étant têtus, ils indiquent que l’offre pétrolière est sur le point de ne plus pouvoir suivre la demande. L’obligation de découpler le PIB et le pétrole va se faire de plus en plus pressante. Nous avons toujours remis à demain cette alternative et ce processus douloureux, compliqué et imprévisible.

Le réchauffement climatique rend certaines parties de notre planète invivable. Il contraint à une migration humaine vers le nord ou le sud. La crise syrienne débutée par une sécheresse ne fait que d’effleurer la problématique. L’Iran, l’Irak et les autres monarchies pétrolières ainsi que l’Afrique vont emboiter le pas.

Tous ces éléments vont nous forcer à plus de créativité et à explorer de nouveaux chemins, comme l’avait fait Keynes au sortir de la deuxième guerre mondiale. L’absence d’idée n’est pas une option.

Prenons pour exemple les entreprises. Pour qu’elles passent à travers les années, elles ont besoin de quelques employés innovants, futuristes, visionnaires qui secouent les certitudes, remettent en question les dogmes et permettent d’évoluer, de s’adapter, d’avancer, de reculer, d’être agile. Sans ces fous, toute structure diminue ses chances de survie.

C’est vers un meilleur futur que nous devons imaginer, forger et travailler. Pas vers un passé connu.

A tous les fous du monde, unissons-nous!

 

(photo Elon Musk, Tesla)

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Le pétrole passe sur les 80$ le baril
– USA: Elon Musk n’est plus le PDG de Tesla Motors
– Russie: Le Ministre du Pétrole annonce le peak oil russe pour 2021
– Iran: Il manque déjà 1 million de barils dans les exportations
– BMW lance une moto autonome. Bluffant!
– Libye: Des combats entre les milices menacent la stabilité et la production pétrolière
– Allemagne: Le premier train à hydrogène est sur les rails
– Irak: le sud du pays s’embrase et ressemble de plus en plus à la Syrie
– Volvo se lance dans la construction de camion électrique autonome sans chauffeur.


 

Le pétrole mime les températures de notre planète et grimpe comme un bouchon de liège dans un baignoire. Il termine ce mois à 82,72$ (77.77$ fin août) à Londres et 73,25$ à New York  (70,25$ fin août). En route pour les 100$? L’avenir le dira.

Certainement jaloux du succès pétrolier, l’uranium ne pouvait en rester là. Il continue sa montée à 27.35$ (26.20$ fin août).

 

Graphique du mois:  Changements dans la production de pétrole 2005-2018

Les USA, l’Irak, le Canada, la Russie et le Brésil sont les seuls pays à pouvoir solidement
alimenter les marchés pétroliers.  Source EIA

 

Monde

Pétrole

L’extraction pétrolière a dépassé les 100 millions de barils par jour (b/j). Une question émerge. Y aura-t-il bientôt un pic de la demande (lire en anglais)?

Si les compagnies pétrolières européennes, Equinor (Nor), Rpsol (Esp), Total (Fr), BP (GB), Shell (NL), OMV (Aut), et Galp (Por) veulent atteindre leurs objectifs de réduction de CO2 d’ici à 2020 via leur Initiative Oil & Gaz Climate, elles vont devoir doubler leurs efforts. Actuellement, elles consacrent 5% de leurs investissements aux énergies renouvelables. Ces parts devraient monter à 9% en 2020 et 17% en 2025.

ExxonMobil et Chevron ont rejoint les européens dans l’initiative Oil & Gaz Climate. Cette volte-face est un signe que la pression du public et des investisseurs porte ses fruits. Green waching ou volonté réelle? A vérifier dans 2-3 ans. Ecoutez l’interview de la radio Radio Suisse Romande, Tout un Monde (vous m’entendrez sur la fin).

Les 3 supercomputers les plus puissants aux monde, opérés par des entreprises privées, appartiennent à l’italien ENI, le français Total et Petroleum Geo-Services de Norvège. Les besoins de calculs pour l’exploration, les recherches sismiques et l’optimalisation de la production expliquent ces besoins.

 

OPEP

Suite à la réunion du cartel, le baril est repassé sur les 80$. Le président Trump a bien essayé de forcer la main à l’OPEP afin de compenser la chute des exportations iraniennes et du Venezuela. Téhéran s’est opposé à cette requête. Comme l’unanimité est demandée, les quotas de production de l’OPEP restent, en théorie, inchangés.

Le sentiment est que les membres de l’OPEP+ (avec la Russie non membre de l’OPEP) ne vont pas être capable de compenser la perte du pétrole iranien. Il est également évident que tous les producteurs veulent voir les prix du baril monter jusqu’au seuil de douleur limite pour les pays importateurs. Durant la crise de 2008, la destruction de l’Economie avait débuté avec un baril à 110-120$.

Durant les 15 dernières années, les 15 membres de l’OPEP n’ont pas réussi à augmenter leurs extractions de pétrole. En plus des gisements âgés et en déclins, le Venezuela, le Nigeria, la Libye et l’Iran sont dans une situation politique délicate qui ne permet pas l’optimalisation de leurs ressources.

 


Nous protégeons les pays du Moyen-Orient. Ils ne seraient pas sûr très longtemps sans nous.
Et ils continuent de pousser les prix du pétrole de plus en plus haut. Nous nous en rappellerons.
Le monopole de l’OPEP doit faire baisser les prix.

 

 

Charbon

Contrairement à la perception, durant les 20 dernières années, le charbon a maintenu une part de marché constante dans le mix électrique mondial. Dans l’analyse de BP, de 1998 à 2017, c’est toujours 38%!

 

 

Les pays phares du mois

Iran

Pas de surprise, l’Iran est au sommet de la liste.

Les sanctions américaines ont découragé le Japon, l’Inde, la Corée du Sud et les pays européens d’importer du gaz et du pétrole de Téhéran. L’Europe tente bien de trouver une astuce en faisant du troc, mais l’impact sera minime. Les grands acteurs ne veulent pas se mettre à dos le mari de Melania.

Histoire de jouer à cache-cache, au moins 7 tankers pétroliers iraniens sur 12 ont coupé leur système de tracking ce qui complique la géolocalisation et l’identification du pétrole.

Les exportations de gaz ont baissé à 356’000 tonnes après le pic de 568’000 en août. Avant l’entrée en force des sanctions américaines le 4 novembre, les exportations de pétrole auraient déjà diminué de 1 million de barils/jour (b/j).

Le président Rouhani a rejeté une offre américaine pour renégocier l’accord nucléaire. Les américains veulent maintenant inclure le programme de missiles balistiques et «la mauvaise» influence iranienne dans la région.

Quatre hommes armés ont surgi lors d’une parade militaire à Ahvaz. Ils ont tué 24 personnes et blessé 60. La cérémonie commémorait le début de la guerre 1980-1988 avec l’Irak de Saddam Hussein.

Dessin Chappatte

 

Russie

La production pétrolière est restée stable à 11,21 millions b/j. Elle devrait le rester jusqu’à la fin de l’année. En juillet, la production avait touché un record de 11,215 millions b/j.

Si de nouveaux investissements ne sont pas réalisés pour stimuler la production, le Ministre de l’Energie Russe, Alexander Novak, pense que la production pétrolière du pays pourrait atteindre son peak oil d’ici à 2021. On ne sait pas s’il s’agit d’un coup de bluff pour desserrer l’étau des sanctions américaines et européennes.

Une fois le peak oil atteint, la production pourrait chuter de 44% pour atteindre les 6 millions b/j en 2035. La Russie compte sur son pétrole de schiste et l’Arctique pour compenser ses vieux gisements. Cependant, dans les deux cas, les embargos américains et européens bloquent cette option.

Le président Poutine a besoin de 120 milliards $ durant les 6 prochaines années pour réaliser son plan social, notamment pour les retraites et rénover les infrastructures. Ca tombe plutôt bien, le baril remonte. Les nouvelles taxes sur l’industrie pétrolière sont prévues à cet effet, mais du coup, les pétroliers russes râlent. En comparaison, les Jeux Olympiques de Sotchi ont coûté 45 milliards $.

Le rouble s’est à nouveau pris les pieds dans le tapis et redescend à 70 roubles pour 1 $. La directrice de la Banque Nationale, Elvira Nabiullina (ne pas confondre avec notre Nabilla), va maintenir les taux d’intérêt à 7,25%. En comparaison la Turquie de Recep Tayyip Erdogan a poussé les taux d’intérêt de 17,75 à 24% pour soutenir sa monnaie.

 

Quels pays dépendent du gaz russe avec les gazoducs
Source: Bloomberg

 

Chine

Dans la bisbille des tarifs avec les USA, les importations de gaz américain seront taxées +10% alors que +25% était sur la table. Même avec 10%, le gaz américain reste le moins cher sur les marchés. La Chine se tourne vers le Qatar et l’Australie pour assurer ses livraisons sur le long terme.

Les importations pétrolières chinoises se montent à 9,04 millions b/j (8 million en 2017). +6,5% depuis le début de l’année.

Le géant de l’énergie CNPC pense que la demande diesel a atteint son pic en Chine. Pour l’essence, il faudra attendre 2025. La demande pétrolière de la Chine devrait atteindre son maximum d’ici à 2030 avec 13,8 millions b/j.

L’américain ExxonMobil va investir 10 milliards $ dans la province de Guangdong afin de construire une usine pétrochimique et un terminal de gaz liquéfié.

Pour ceux qui douteraient que la Chine va devenir le no 1 mondial de la production automobile, les chinois ont acheté 1,75 millions de mini-voitures électriques et 770’000 voitures électriques en 2017. Le pays compte plus de 400 constructeurs qui devraient vendre 6,5 millions de voitures en 2018. La production est presque entièrement réservée à la consommation locale. Depuis 3 ans, la qualité des voitures a été fortement augmentée et certaines marques n’ont bientôt plus rien à envier aux allemandes.

La Route de la Soie est un plan d’une ingéniosité toute chinoise. Au lieu d’utiliser la force, comme les USA, Pékin emploie la “Diplomatie de la Dette”. La Chine accorde des prêts généreux pour construire des infrastructures (train, routes, centrales électriques) et utilise ses propres travailleurs pour les réaliser. Une fois l’heure de rembourser la dette, les pays asiatiques et africains se voient alors obligé de brader leurs matières premières.

En Europe et aux USA, la Chine rachète simplement les entreprises locales et notamment les réseaux électriques et les entreprises énergétiques.

 Le typhon Mangkhut a touché la Chine avec des vents surpuissants

 

Venezuela

La production pétrolière chute à 1,22 million b/j en août (1,8 million b/j en août 2017).

Le président Nicolas Maduro s’est rendu en Chine pour trouver du cash. En signe de bonne volonté, il a cédé 9,9% de Sinvensa (entreprise pétrolière). Pékin devrait ainsi avancer 5 milliards $ pour stimuler la production pétrolière, et au final, envoyer 1 million b/j à la Chine pour rembourser le tout. A vrai dire, la production du Venezuela est au plus bas depuis 60 ans et il faut faire un grand effort pour imaginer que le pays puisse rembourser la totalité de la dette chinoise qui se monte à 50 milliards $.

Caracas doit également 65 milliards $ aux USA dont le fonds BlackRock.

Au total, le pays possède une ardoise de plus de 150 milliards $ . C’est certainement sous le poids de la dette et les remboursements des intérêts que le régime s’écroulera.

Malgré les problèmes, le pays continue de livrer du pétrole à Cuba. Entre juin et août, 4 millions de barils ont été expédiés. En échange Cuba propose ses services d’intelligence et de sécurité rapprochée du président.

Les Routes de la Soie proposées par la Chine

 

Libye

Alors que le 95% du budget national provient du pétrole, les 7-8 milices, qui se partagent le pays, ont décidé d’en venir aux armes d’autant que la France et l’Italie préfèrent se chamailler et imposer leurs agendas au lieu de réparer le jouet qu’ils ont cassé.

Avant l’intervention Française et la mort de Kadhafi, le pays produisait 1,8 million de barils par jour. Au début de l’été, il en pompait un peu plus de la moitié, avec toute l’incidence sur le budget de l’Etat.

Pour la première fois, le siège de la compagnie nationale de pétrole (NOC) a été attaqué. Le bâtiment se situe dans le centre de la capitale Tripoli. Au moins quatre personnes sont mortes, deux civils et deux assaillants. Dix employés de la compagnie ont été blessés. Grace à son PDG, Mustaffa Sanalla, la NOC dialogue avec toutes les milices et partage équitablement les revenus pétroliers entre les différentes factions. Si ce fragile équilibre et la commercialisation du pétrole par la NOC est remis en cause, il est probable que la production pétrolière en fasse les frais.

Plus de 400 prisonniers se sont échappés de la prison d’Ain Zara lors de combats entre les milices. Une grande partie de ces prisonniers étaient des supporters du Général Kadhafi.

 

BMW ConnectedRide. BMW présente sa moto autonome.

 

Europe

Afin d’éviter les foudres de Donald Trump, l’Europe pourrait importer du soja OGM ainsi que du gaz de schiste liquéfié. Notre président à tous désire que l’Europe diminue ses importations de gaz russe.

 

Angleterre

La production pétrolière anglaise est au plus bas depuis 1965. Durant les 5 dernières années, la baisse s’élève à 50%.

D’ici à octobre et malgré l’opposition des habitants, Cuadrilla Resources pourrait débuter le premier forage de gaz de schiste au Lancashire.

Les fonds de pension ont investi plus de 9 milliards £ dans le schiste américain : En chiffres : Greater Manchester Pension Fund (17,2 milliards £ de fonds investis, 5,8% investis dans le schiste) , Dumfries and Galloway Pension Fund (834 million,  6,7%), Lancashire County Pension Fund (7,1 milliards, 2,6%).

Le gouvernement va lancer un appel d’offres pour réaliser un réseau de recharge pour les voitures électriques. Pour accélérer le processus, le gouvernement met 523 millions $ sur la table.

 

Allemagne

La Basse-Saxe remplace ses trains à diesel par des trains à hydrogène entre Cuxhaven et Bremehaven. Les piles à combustible transforment l’hydrogène et oxygène en électricité. Un plein d’hydrogène permet aux rames d’Alstom de circuler sur 1’000 km.

De son côté, le canadien Bombardier Transportation a lancé son premier train électrique à batterie. Les trains sont prévus pour remplacer les locomotives diesels là où les lignes électriques n’existent pas, notamment dans la région du lac de Constance. Actuellement, le prototype peut circuler sur 40 km. Dès l’année prochaine, l’autonomie montera à 100 km.

RWE s’oppose à la fermeture de ses centrales à charbon d’ici à 2035 prévue par le gouvernement. RWE sert le plat habituel: «sécuriser la fourniture d’électricité». Objectif: optimaliser les dédommagements payés par l’Etat pour ces fermetures.

 

France

Le remplaçant de Nicolas Hulot, François de Rugy, pense qu’EDF doit démontrer que la nouvelle centrale nucléaire EPR fonctionne et que les coûts de production soient compétitifs. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, espère industrialiser la construction des EPR et offrir un kWh à 6 ou 7 ct €. A Hinkley Point, GB, EDF vendra son kWh à 9,25 £ (10,5 ct €) assez loin des 5, 75 ct des derniers contrats signés dans l’éolien. Si François de Rugy tient promesse, on ne devrait plus voir la construction de centrale nucléaire en France.

Le premier EPR français à Flammanville dépasse de 8 milliards les budgets (au total 10,9 milliards €) et 7 ans de retard. Le premier EPR chinois a été mis en production et connecté sur le réseau.

La ville de Paris a choisi Renault pour remplacer les voitures électriques en partage de Bolloré. Plus de 120 voitures ont été mises en circulation.

 

Suisse

La ministre de l’énergie et de l’environnement, Doris Leuthard, a annoncé se retrait d’ici à la fin de l’année au lieu d’attendre la fin de son mandat en automne 2019.

La ville de Berne a lancé un nouveau système de recyclage. Les ménages vont avoir 6 containers supplémentaires pour effectuer leurs tris!!! Les déchets des ménages représentent seulement le 3% de la production totale des déchets aux USA et 8,3% en Europe. Une question: si 95% des déchets ne sont pas recyclés, faut-il ajouter 6 containers de plus? A ce sujet lire l’excellent livre de Cyril Dion “Petit Manuel de Résistance Contemporaine“.

 

Votation Suisse: Le peuple dit oui aux pistes cyclables.
Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

USA

Trump tente de peindre l’OPEP comme le responsable de la hausse du baril. Tactiquement cette stratégie est judicieuse car elle lui permet de désigner un coupable. En réalité, c’est sa décision de diminuer les exportations iraniennes qui a mis le feu au poudre. Les prix de l’essence ont augmenté de 15 ct $ en un mois et 28 centimes durant les 12 derniers mois pour se retrouver à 2,68 $ le gallon.

Le concurrent d’Uber, Lyft propose 500$ à ceux qui n’utilisent pas leur voiture pendant 1 mois. Les participants reçoivent des chèques pour utiliser le système Lyft, les transports en commun, les vélos, etc…  L’offre va être étendue dans 35 villes à travers les USA.

Les frasques d’Elon Musk, PDG, de Tesla Motors lieu auront coûté son poste de PDG. Il reste directeur. Elon avait notamment indiqué qu’un fonds financier d’Arabie Saoudite était prêt à racheter Tesla. L’action avait grimpé comme une flèche suite à l’annonce. Il n’en était rien. On apprend également que les tuiles solaires font un flop. Seul rayon de lumière, le système de stockage d’électricité qui cartonne notamment en Afrique du Sud et en Australie.

Suite à la chute des cours Green Plains Inc. a fermé deux centres de production d’éthanol dans le Minnesota. La production de carburant à base de céréales fait les frais de la guerre économique avec la Chine. L’administration Trump a coupé l’accès de l’éthanol à la Chine et Green Plains ne sait pas comment écouler les surplus.

L’Etat de Californie va répondre à la proposition de l’Administration Trump de supprimer la régulation et la surveillance des émanations de méthane dans le gaz de schiste. Le gouverneur Jerry Brown a annoncé l’envoi d’un satellite pour effectuer les mesurer.

Jerry Brown, toujours lui, a passé une loi afin que la Californie devienne «neutre en carbone» d’ici à 2045. Pas uniquement pour la production d’électricité, mais pour toute l’économie, la mobilité et les industries.

Il n’y a pas que les EPR d’AREVA qui sont à la peine. La construction de 2 centrales nucléaires Westinghouse à Vogtle, Jacksonville tourne à la banqueroute. A l’origine en 2005, les deux réacteurs devaient coûter 9,5 milliards $. Aujourd’hui, nous en sommes à 27 et l’ardoise s’allonge. On comprend que la ville de Jacksonville tousse et refuse de payer la douloureuse. Le constructeur a porté plainte contre la ville. L’installation a reçu 12 milliards $ de garanties de Washington dont 3,7 de l’administration Trump.

Exelon Generation a fermé sa centrale nucléaire Oyster Creek, à Forked River, NJ. Il s’agissait de la plus vieille centrale en activité. Elle avait débuté sa production en avril 1969.

Selon Bloomberg, l’énergie solaire avec stockage batterie est moins chère que les centrales à gaz. C’est une prouesse car le gaz américain est 3 fois moins cher que le gaz européen.

Malgré la croissance, depuis 9 ans, la consommation électrique des USA est restée stable. On se demande d’ailleurs comment ils pourraient consommer plus!

Apple a lancé sa montre avec fréquence cardiaque intégrée. Superbe ajout qui permettra à la Pomme corroborer vos pulsions avec vos achats en ligne. Couplé avec la reconnaissance faciale, la firme américaine détectera, avant que vous ne le sachiez, vos envies d’achats dans un magasin. A se demander qui est vraiment la pomme.

 

Evolution cumulative de pétrole brut

Si le marché pétrolier est actuellement à l’équilibre, nous le devons aux USA à l’Irak et au Canada.
Source EIA

 

USA Schiste

Selon l’EIA la production de schiste atteint 7,59 millions b/j. dont 3,427 du Bassin Permien et 1,449 d’Eagle Ford, Texas. Le principal problème réside dans le manque transport du schiste vers les raffineries. Pour séduire les raffineurs, les producteurs doivent vendre leur baril 15$ au-dessous des prix du marché WTI.

Dans le Bakken, les forages les plus prometteurs ont presque tous été exploités (tier 1). D’une production initiale de 1’000 b/j, les majorités des nouveaux forages (tier 2) produisent 500 b/j (80’000 lt par jour).

Jeff Miller, PDG d’Halliburton, a confirmé une baisse de régime dans le fracking de schiste américain. L’entreprise active dans les services pétroliers a légèrement baissé à la bourse suite à cette déclaration.

Duke University conclue que durant la période 2011-2016, la quantité d’eau nécessaire au fracking a augmenté de 770% et la quantité d’eau contaminée de 1’440%. Lire le Dallas News: «Disposal nightmare».

 

Equateur

Le pays a perdu devant un tribunal international contre la compagnie pétrolière Chevron. L’Equateur avait condamné Chevron à une amende de 9,5 milliards $ pour pollution. Le géant américain a fait recours et a gagné.

Le tribunal a jugé que le gouvernement avait basé sa plainte sur de la corruption, fraude et que cette demande avait déjà été résolue des années auparavant. Normalement une compagnie privée ne peut pas porter devant un tribunal un pays, mais des accords de libre-échange peuvent permettre ce processus (ex : accord Canada-Europe).

 

Argentine

La Royal Navy anglaise a intercepté un navire de prospection pétrolière argentin au bord des îles Falkland. La région pourrait posséder du pétrole et les deux pays se crêpent le chignon depuis 1982 pour revendiquer la propriété. Pour l’instant, l’île est dans les mains anglaises.

Les émanations de méthane exposent dans la vallée de la Vaca Muerta. Les gisements de gaz de schiste relâchent plus de 5% du puissant gaz à effet de serre. Les producteurs pétroliers sont aidés par le manque total de supervision de l’Etat argentin.

Le pays s’enfonce dans une nouvelle crise financière.

 

Brésil

L’ancien président Lula ne pourra pas se représenter aux élections pour redevenir président. Il purge actuellement une peine de 12 ans pour corruption.

Petrobras va payer une amende de 853,2 millions $ d’amende pour l’affaire de corruption Odebrecht. C’est un jugement d’une cours de justice américaine, basée aux USA qui a demandé cette sanction. Les USA recevront le 20%, 85,3 millions $ et le Brésil le solde de 682 millions $.

 

Canada

Walmart Canada désire utiliser une flotte de camions 100% électrique d’ici à 10 ans. L’entreprise désire acheter 30 camions Tesla. Cette première série convertira 1/5 des trucks 18-wheller cômon-dit-chez-vous-autres.

Le chinois Sinopec Corp va construire une raffinerie de 167’000 b/j dans le royaume des sables bitumineux en Alberta.

Le gouvernement canadien a finalement plié et signé l’accord douanier imposé par Donald Trump. Le Canada va devoir ouvrir ses marchés aux produits agricoles américains dont les produits laitiers. Détail intéressant, la totalité des exportations de pétrole du Canada sont vendues aux USA. Et si le Canada trouvait d’autres clients?

 

Mexique

Le nouveau président, Andres Lopez Obrador désire que la production pétrolière du pays remonte à 2,6 millions b/j d’ici à la fin de son mandat dans 6 ans. (1,8 aujourd’hui). Il a étendu les budgets d’exploration de Pemex de 4 à 11 milliards $.

Dans le nouvel accord négocié avec les USA, le Mexique va augmenter ses importations de gaz de schiste américain.

 

Volvo Camion autonome

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Donald Trump a de nouveau demandé à l’Arabie Saoudite d’ouvrir les vannes pour freiner la hausse du baril. En août, Riyad avait remonté sa production à 10,49 millions b/j au lieu des 10,06 prévus. Cependant, le pays est en-dessous des 10,8 promis en juin. On ne sait pas encore s’il s’agit d’une stratégie ou si le pays peine à extraire plus d’or noir.

Cette année, l’Arabie pourrait générer 161 milliards $ au lieu des 131 du budget.

La peine de mort a été demandée pour 3 membres du clergé notamment pour corruption. Cependant, un acte contre des leaders religieux pourrait faire des étincelles parmi la population. Les signes d’instabilité politique dans un pays qui génère autant de pétrole produit toujours des frissons dans le dos.

Les Houtis du Yémen ont revendiqué une attaque de missiles Badr 1 sur des installations pétrolières à Jizan.

L’Arabie Saoudite planifierait la construction d’un canal afin d’isoler le Qatar pour en faire une île. On voit où sont les priorités du gouvernement.

 

Irak

Selon le Gouvernement, le pays aurait les possibilités d’augmenter sa production pétrolière pour alimenter les marchés notamment après l’entrée en force des sanctions américaines contre l’Iran.

L’Irak a pompé 4,68 millions b/j en août (+110’00 par rapport à juillet) un record en 30 ans.

L’agence anglaise, IHS Markit, pense qu’en théorie, le pays pourrait produire 7 millions b/j. Cependant, le manque d’infrastructures et de stockage sont des facteurs bloquants. IHS Markit pense que l’Irak pourrait atteindre 5 millions b/j en 2028 et 6 en 2036.

Les manifestations contre la corruption et l’administration s’étendent dans la zone pétrolière de Bassora. Les USA ont fermé le consul à Bassora et demandé à ses citoyens de quitter la région. Avec la conjonction de la sécheresse, la situation fait penser à la Syrie avant la guerre civile.

 

Egypte

Royal Dutch Shell et Petronas vont investir 1 milliard $ pour l’exploration de gaz dans le Delta du Nil.

Le champ gazier de Zohr a vu sa production multiplier par 6 depuis le début de son exploitation en janvier pour atteindre 5 millions m3. L’Italien ENI avait découvert ce gisement en 2015. La production devrait atteindre une pointe maximale de 6 million m3 en 2019.

 

Syrie

Avant la guerre, la Syrie exploitait 400’000 b/j. En 2013, seuls 58’000 b/j étaient au rendez-vous.

En janvier de cette année, Vladimir Poutine a signé avec Bashar al-Assad, l’exclusivité de l’exploitation pétrolière en Syrie. La Russie pourrait investir 30 milliards $ pour restaurer les infrastructures pétrolières et gazières du pays. On peut se demander si la restauration de l’exploitation pétrolière est une priorité pour le pays.

Dessin: l’excellent Chappatte

 

Asie

Inde

L’entreprise Maharashtra State Power Generation Company Limited a lancé un appel d’offres pour acquérir 2 millions de tonnes de charbon pour générer de l’électricité.

La mousson indienne a été destructrice. Les inondations et les glissements de terrain ont fait 1’400 morts.

 

Japon

Jebi, le plus violent typhon depuis 25 ans a frappé l’île de Shikoku. Depuis quelques mois le Japon est frappé par des vagues de chaleurs, pluies torrentielles et inondations. Des pointes de vent à 216 km/h et 500 litres d’eau au m2 ont été enregistrées.

La violence du phénomène a provoqué l’inondation de l’aéroport international du Kansai, construit sur un polder. Un pétrolier s’est encastré dans le tablier du pont qui le relie à la terre et notamment à l’agglomération d’Osaka

Un nouveau record de température a été établi, à 41,1 degrés, le 23 juillet dans la ville de Kumagaya, au nord de Tokyo. Les températures ont dépassé de 2,8 degrés les moyennes saisonnières.

 

L’ouragan Jebi touche la ville d’Osaka

 

Afrique

Nigeria

Au deuxième trimestre, la production pétrolière a chuté de 2 millions b/j à 1,84.

La situation avec la coalition des milices du Delta du Niger se fragilise. En 2016, le Nigeria a perdu des centaines de milliers de barils/jour suite à des attaques des milices. Elles demandent de recevoir une plus grande part dans la répartition du pétrole.

La Navy nigérienne a acheté 16 bateaux pour surveiller les infrastructures pétrolières.

Le pays aurait perdu plus de 7 milliards $ entre 2016 et 2017 à cause des vols et on ne parle pas de la corruption.

L’Italie a condamné deux intermédiaires dans la vente de gisements propriété de Shell à Eni pour un montant de 1,3 milliard $. La fraude se monte à seulement 1,1 milliard $. Le gouvernement nigérien aurait quand même reçu 210 millions $, ce qui n’est pas rien. Ce scandale touche le PDG d’Eni, Claudio Descalzi et quatre managers de Shell dont Malcolm Brinded, Directeur de la fondation Shell. Ce jugement pourrait freiner les ardeurs de corruption qui règne dans les majors.

La police nigérienne annonce avoir retrouvé 470 millions $ de la compagnie pétrolière nationale siphonnés dans un compte privé.

 

 

Phrases du mois

Conserving oil is no longer economically necessary for the US”. Donald Trump.

«Alors que la science est sous l’attaque et la menace climatique grandissante, nous allons lancer notre propre satellite (own damn satellite pour mesurer les émanations de méthane des forages gaziers» Jerry Brown, Gouverneur de la Californie, suite à l’annonce de Trump d’abandonner la restriction de méthane pour les gaziers.

«Tout le monde est en train de travailler sur des moyens de contourner les USA. Le vrai gagnant est la Chine». Richard Gowan, UN University.

«Un député n’a pas à être une chambre d’enregistrement des desiderata des lobbys. Son job est de défendre l’intérêt général dans le cadre de la démocratie.» Delphine Batho

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Pétrole: Arabie Saoudite, le canari dans la mine

Mohammad bin Salman bin Abdulaziz Al-Saud (photo), Prince héritier d’Arabie Saoudite, a lancé son pays dans un ambitieux programme «Vision 2030». Parmi les objectifs: diminuer la dépendance pétrolière du pays (70% du budget de l’Etat) et construire l’après-pétrole. Même la Russie de Vladimir Poutine s’oriente dans cette direction.

Alors que les plus grands producteurs mondiaux annoncent des mesures pour assurer leur après-pétrole, cette volonté soulève une question: et nous ?


La rente pétrolière s’amenuise

L’industrie pétrolière manque de transparence, c’est un fait. L’Arabie Saoudite ne déroge pas à la règle et joue avec ses statistiques. Ses chiffres font souvent froncer les sourcils.

Ainsi, depuis 32 ans, le Royaume annonce des réserves pétrolières à hauteur de 268 milliards de barils, alors que depuis 1986, l’entreprise nationale Saudi Arabia a extrait plus de 130 milliards de barils dans ses sols. Il faut se baser sur des indiscrétions pour en savoir plus.

En 2011, Wikileaks avaient publié des conversations diplomatiques avec les USA pour révéler que «les réserves ne représentaient plus que 160 milliards de barils dont à peine 50% récupérables». Ce genre d’information, couplé avec l’empressement actuel du Prince Héritier, tend à démontrer que la réalité, impose au Royaume, d’activer la clause d’urgence.

 

Réserves pétrolières déclarées par l’Arabie Saoudite et le Venezuela

 

Et nous ?

Du côté des pays importateurs de pétrole, l’insouciance règne en maitre. La demande continue de grimper et vient de dépasser les 100 millions barils par jour (16 milliards de litres). Le baril a franchi les 81$ pour la première fois en 4 ans. La probabilité n’est pas nulle de revoir les prix grimper à 100$, seuil de douleur pour l’Economie mondiale.

Les données transmises à nos politiques proviennent exclusivement des lobbies pétroliers ou des majors. La France, l’Italie, la Norvège ou l’Angleterre font confiance à leurs champions nationaux comme Total, ENI, BP, Shell. De son côté ExxonMobil fait partie intégrante de l’administration Trump.

En Suisse, les effectifs de la Confédération ne compte aucun expert pétrolier indépendant et neutre. Rien, nada! Même la protection du loup possède un effectif plus étoffé! Et comme un loup dans la bergerie, le rôle de «conseiller» revient à l’Union Pétrolière Suisse qui en profite pour généreusement financer l’autre puissant lobby: EconomieSuisse.

 

L’audace des lobbies est si grande qu’elle conduit à une situation de plus en plus cocasse.

La Confédération Helvétique prélève 1,5 centime par litre d’essence afin de favoriser des projets qui diminuent la consommation de pétrole et les émissions de CO2. C’est l’Union Pétrolière Suisse qui a été chargée de piloter ce programme. Tant le processus mit au point est machiavélique et ubuesque, qu’il est rare de voir un projet passer la rampe.

Plus d’un milliard de francs, collectés mais non utilisés, trône dans ses coffres. Malgré ce fiasco, la Confédération vient de prolonger la concession de l’Union Pétrolière jusqu’en 2030!

La Suisse n’est pas un cas unique, chaque pays possède son lot de projets aussi rocambolesques.

Les données erronées de l’industrie pétrolière n’impactent pas uniquement les politiques. La Banque Nationale Suisse, qui a investi plus de 7 milliards $ dans le schiste américain et perdu plus de 2 milliards, peut en témoigner.

 

La confiance, la crédibilité et les bonnes décisions sont inséparables.

Le pétrole est intimement corrélé à la croissance économique (4% de croissance mondiale augmente la demande pétrolière de 1,5 million b/j) et il couvre 50% de nos besoins énergétiques.

Il en va de la sécurité économique des pays importateurs d’or noir d’étudier et d’analyser la situation. Certes, les chiffres ne seront certainement pas précis à la virgule près, mais ils seront toujours plus utiles que les communiqués de presse des pétroliers.

Les citoyens et les entreprises ont besoin d’être informés sur les quantités de fioul, de mazout, de kérozène ou d’essence qui restent à disposition et sur les impacts financiers.

Les démarches et les stratégies actuelles des pétromonarchies du Moyen-Orient sifflent comme le canari dans la mine. L’actuel rétropédalage des Agences Pétrolières semblent également indiquer des changements majeurs. Auraient-ils des informations que nous n’avons pas encore pris en compte?

Poser la question et observer leurs comportements, c’est y répondre.

L’Arabie Saoudite se prépare, et nous?