La poussée de fièvre à 70$ du baril est une excellente nouvelle pour les producteurs américains de pétrole de schiste. Après des années de pertes abyssales, ils pourraient enfin voir la fin du tunnel et générer des profits.
Cependant, cette lueur arrive au moment où les signes avant-coureurs d’un pic de pétrole de schiste aux USA émergent. Au lieu de temporiser et de thésauriser le précieux liquide dans le sol, les pétroliers ont préféré l’extraire immédiatement. Ironiquement, le calme temps revenu, c’est le schiste russe qui pourrait engranger les bénéfices.
Les années folles du schiste
Depuis 2006, les producteurs de schiste ont réalisé des prouesses pour convaincre Wall Street d’investir dans leur industrie. Après la crise de 2008 marqué par une pénurie de pétrole, l’émergence de ce nouvel or noir a permis de balancer l’offre et la demande, de faire chuter les prix et de relancer la croissance.
Mais durant cette dernière décennie, les investisseurs ont perdu plusieurs centaines de milliards $ devant l’incapacité des exploitants à forer à des coûts raisonnables.
Selon la Réserve Fédérale Américaine, le schiste US nécessite un baril à plus de 60$ pour atteindre le seuil de rentabilité. C’est chose faite depuis le début de l’année. Si le pétrole se traite à 70$ en Europe, il atteint les 64$ sur les marchés américains et la tendance est à la hausse.
On peut se demander pourquoi les pétroliers américains n’ont stratégiquement pas attendu la hausse des marchés pour exploiter leurs gisements. La question est également ouverte pour les investisseurs qui ont déversé à grande perte leur deniers.
Peak oil de schiste ?
Ainsi après une exploitation intensive, le schiste américain est en train de montrer des signes d’épuisement. Si la durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se calcule en décennies, deux à trois ans est la moyenne pour le schiste.
Le dernier et le plus prometteur des gisements, le Bassin Permien, est en croissance avec 129,58 milliards de litres extraits en 2017 soit 5 milliards de plus qu’en 2016. Ainsi les 2,75 millions de barils/jour (b/j) devraient booster la production américaine totale à 10,5 – 11 million b/j dans l’année à venir.
Mais dans les autres régions du pays, la vague est passée. Les statistiques n’indiquent aucune progression dans les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste ne repose plus que sur le Bassin Permien et celui d’Eagle Ford.
Pour retarder l’issue fatale, les producteurs ont réussi à grappiller les dernières gouttes et à allonger la durée de vie des gisements grâce à de nouvelles techniques comme l’extension des forages à l’horizontal ou l’ajout de quantité énorme de sables pour faciliter la fracturation des roches.
Ces innovations ont permis l’allongement de la durée de vie de quelques mois, histoire de couvrir les coûts supplémentaires. Ainsi, bien que plus de pétrole soit extrait, le bilan financier n’est pas forcément meilleur.
Production des gisements de schiste aux USA
Source EIA
Les points de vue divergent sur le pic de schiste US, mais la fourchette converge vers 2019 et 2025. De son côté l’Agence Américaine de l’Energie ne voit pas de pic avant 2040. Mais son enthousiasme a souvent été rattrapée par la réalité du terrain.
Les exploitants, qui ont navigué dans la tempête pendant des années, se retrouveront à sec au moment de récolter les fruits.
Le Schiste Russe gagnant ?
Si l’Argentine ou la Chine font figure de nouvel eldorado du schiste, les quantités restent limitées.
C’est du côté de la Russie et des formations de Bazhenov que les regards se tournent.
A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont pris un retard technologique important. Aujourd’hui, alors que les cours du baril montent, ils sont enfin prêts pour débuter l’extraction. Si les prix se maintiennent, ils pourront faire le plein de pétrodollars.
D’autant qu’a contrario des américains, qui ont compté sur les investisseurs privés, c’est à l’Etat Russe que cette manne devra être reversée.
Tous les Voeux pour la Nouvelle Année 2018!!! Comme le 1er de chaque mois, la Revue Mensuelle:
– Pétrole: Un baril à 100 ou à 50$ pour 2018?
– Arabie Saoudite: Le pays aimerait avoir sa bombe atomique
– France: Des vélos à hydrogène bientôt à disposition
– Allemagne: Après Tesla, Daimler propose son camion électrique
– Pologne: Inauguration de la plus grande centrale à charbon européenne
– Monde: Les investisseurs préfèrent toujours les Energies Fossiles
– Iran: Des manifestations secouent le pays.
Durant 2017, le pétrole a roupillé. Il s’est repris grâce à la pression de l’OPEP et termine l’année sur une légère poussée de fièvre. on le retrouve à 66.60$ à Londres (56,09$ au 1er janvier 2017) et à 60.42$ à New York (53.90$ au 1er janvier 2017).
L’uranium n’a rien fait. Un gros dodo durant toute l’année pour terminer à 23.75$ (20.25$ au 1er janvier 2017).
Graphique du Mois
Variations de la consommation d’énergie mondiale
durant les 5 dernières annéesSource: National Observer
Planète
Explication du graphique du mois. On pourrait croire que les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Il n’en est rien. Les investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon continuent d’être largement supérieurs aux énergies renouvelables.
L’année 2017 a été l’année la plus chaude depuis le début des mesures. L’hiver 2017 est paradoxalement rigoureux autant aux USA-Europe qu’en Asie. Vous aurez remarqué les variations extrême d’un jour à l’autre, comme si le climat jouait avec le Bitcoin.
La liste des 100 entreprises qui polluent le plus dans le monde a été publiée par «ClimateAction100+».
– On retrouve les groupes pétroliers et gaziers comme BP, Chevron, Coal India, Eni, Exxon Mobil, Shell, Total,
– des acteurs du secteur des transports: Airbus, Boeing, Ford, Volkswagen,
– des producteurs d’énergie: EDF, Enel, Engie, E.ON,
– des groupes miniers et sidérurgiques: ArcelorMittal, BHP Billiton, Glencore, Rio Tinto,
– des chimistes: BASF, Dow
– et dans les groupes alimentaires Procter & Gamble ainsi que Nestlé. A noter que ces deux entreprises concourent également dans la catégorie “Green Waching”.
Les groupes LafargeHolcim, et Siemens participent également à la fête.
Pétrole
Décembre est une période propice aux prédictions. Voici quelques infos pour nourrir votre boule de cristal.
Parmi les pays non membre de l’OPEP, seuls la Russie, le Canada et les USA ont vu leur production augmenter depuis 2004. Pour les autres, le déclin annuel total est de 250’000 barils/jour (b/j).
Depuis 2007, la production américaine a explosé +6 millions b/j. L’Irak, l’Arabie Saoudite, la Russie et le Canada ont également apporté 6 millions b/j.
Du côté de la demande, elle est passée de 89 millions b/j pour bientôt friser les 100. La surproduction 2017 ne représente que le 1,8% de la production mondiale.
Pour 2018-2020, si l’on assume que Trump ne mette pas à feu et à sang la planète et que le Moyen Orient tienne le coup, on peut imaginer que les USA vont légèrement accroitre leur production tant que le Bassin Permien ne montre pas des signes de faiblesse, que la production Russe va rester dans sa zone actuelle et que les dispendieux sables bitumineux du Canada vont augmenter avec la hausse des cours du baril.
Les autres pays non membre de l’OPEP devraient voir leur production annuelle diminuer de 250’000 barils/jour. Ajoutez un peu d’incertitude avec l’Arabie Saoudite et l’Irak, beaucoup d’incertitude avec le Venezuela et le Nigeria, vous êtes à même de faire une prédiction.
Les découvertes de nouveau pétrole se montent à 7 milliards de barils en 2017 contre 8 l’année dernière alors 2016 était la plus basse depuis 1940! Nous en étions à 15 milliards en 2014 et 30 milliards en 2012.
Certains pensent que le baril pourrait bientôt franchir les 70$ pour grimper vers les 100$. Barclay penche pour un retour à 50$ grâce à l’arrivée de 1,2 million b/j de schiste américain et la fin de la restriction des 1,8 million b/j de l’OPEP. Goldman Sachs prédit une hausse vers la mi-2018. Cependant la Pieuvre est connue pour faire une annonce et prendre des bénéfices en faisant le contraire.
Arabie Saoudite
Selon Reuters, après l’Iran, c’est au tour de l’Arabie Saoudite de vouloir sa bombe atomique. Aucun doute que cela permettra de détendre l’atmosphère au Moyen-Orient. Ainsi Riyad va demander à Trump et à des entreprises américaines actives dans le nucléaire, la possibilité d’enrichir l’uranium des centrales nucléaires civiles qui devraient être construites sur le territoire.
Le PIB du pays s’est contracté de 0,5% en 2017 à cause de la baisse des ventes pétrolières et le déficit pour 2018 devrait atteindre $52 milliards.
La vente de 5-10% des actions de Saudi Aramco est sur la table, mais à l’arrêt. Deux pays et deux bourses se chamaillent les honneurs d’héberger Aramco et cela devient amusant de voir les deux leader se battre à coup de tweets. Donald Trump ; “Would very much appreciate Saudi Arabia doing their IPO of Aramco with the New York Stock Exchange.” Et la Première Ministre Anglaise, Theresa May “I think London is extremely well-placed’’ to be picked as the listing venue.”
Le perdant devrait livrer un tweet assassin qu’on se réjouit déjà de lire. Riyad évalue toujours Aramco à un irréaliste 2’000 milliards $.
Saudi Aramco aimerait acheter des droits de forer aux USA dans les champs de schiste d’Eagle Ford. Ce serait une première pour cette compagnie qui ne possède aucun gisement en-dehors du pays.
Saudi Aramco a été victime d’une cyberattaque via le virus Triton qui s’amuse avec les systèmes de Schneider Electric.
Le Gouvernement a effectué un premier payement de 533 millions $ à 10,6 millions d’habitants avant l’augmentation des prix de l’essence, de la nourriture et du kérosène. Cette prime est destinée à alléger l’impact de ces mesures.
Russie
A 65 ans, Vladimir Poutine va se représenter pour s’autosuccéder à la tête du pays. Les élections auront lieu en mars 2018. La candidature de son principal opposant, Alexeï Navalny, a été refusée.
Total a effectué son premier transport de gaz liquéfié via son brise-glace tanker de la péninsule du Yamal dans l’Arctique. L’installation de 27 milliards $ a été financée par Total et la China’s National Petroleum Corp. à 20% chacun.
Avec la grosse vague de froid qui englobe l’Europe, Gazprom a déjà atteint la quantité de gaz livrée en 2016 vers l’Europe et la Turquie.
La Russie a trouvé assez de financement pour construire un frère au gazoduc Nord Stream. Ce gazoduc livrera son gaz directement à l’Allemagne en passant par la Mer Baltique. Ce partenariat Allemagne-Russie crispe certains pays européens.
Alors que les relations entre les USA-Europe et la Russie se détériorent, Pékin et Moscou se rapprochent. La Chine a besoin de gaz, de pétrole et des matières premières de Sibérie alors que la Russie cherche des devises pour stimuler son industrie. En travaillant avec la Chine, la Russie contourne facilement l’embargo. Ainsi l’italien ENI collabore avec Rosneft via Pékin pour la réalisation de forages en haute profondeur dans la Mer Noire.
L’Europe a reconduit l’embargo sur la Russie. Peut-être que les gesticulations de Washington permettront à l’EU de reconsidérer sa position.
USA
La production américaine aurait atteint les 9,78 millions b/j selon l’EIA. Les chiffres de l’EIA ne sont pas connus pour leurs exactitudes et une correction à la baisse devrait intervenir. Cependant, la tendance américaine est à la hausse.
Le Wall Street Journal soutient que les investisseurs ont déversé 200 milliards $ depuis 2014 dans le pétrole. Une bonne proportion de cet argent s’est évaporée.
Les efforts de l’administration Trump pour bloquer les énergies renouvelables semblent porter leurs fruits. Durant le 3ème trimestre, le nombre de nouvelles installations a diminué de 22% par rapport à 2016.
Après des années de contestations, ExxonMobil va inclure dans sa communication aux actionnaires, les impacts du réchauffement climatique sur son business modèle. De plus, certains gros actionnaires pourront rencontrer le board pour partager leurs points de vue.
La ville de Santa Cruz et le comté du même nom ont porté plainte contre 29 compagnies pétrolières et gazières pour des dégâts créés par le réchauffement climatique et notamment les énormes incendies. San Francisco, Oakland et les comtés de Marin, San Mateo et San Diego ont également déposé des plaintes contre les pétroliers. Les plaintes soulignent que l’industrie trompe les consommateurs sur le même modèle que l’industrie du tabac.
L’administration Trump a autorisé l’exploitation pétrolière dans des parcs nationaux en Utah, dans une réserve d’Alaska ainsi que sur les côtes américaines.
Le Congrès américain a adopté des dépenses militaires de près de 700 milliards de dollars pour 2018. Le budget russe de l’armée atteint 46 milliards $.
L’Etat de Géorgie a accordé 10 milliards $ supplémentaires pour terminer la construction de 2 centrales nucléaires qui dépassent largement les budgets initiaux.
Europe
Allemagne
Après Tesla, c’est Mercedes qui annonce son nouveau camion électrique. Daimler a livré ses premières versions de 7,9 tonnes avec 6 batteries de 600kg, le Fuso eCanter a une autonomie de 100 km (donc en réalité de 50 km) et une vitesse de pointe de 80 km/h. Du côté design, le Truck de Tesla a un look d’enfer. Le camion de Daimler a été créé avec la fantaisie des ingénieurs allemands.
En 2017, la consommation de diesel et d’essence a augmenté de 2%, le kérosène de 0,7%, le fioul de chauffage +2%.
Danemark
L’Allemand E-On, qui opère au Danemark, a enregistré sa millionième recharge pour voiture électrique depuis 2014. E-On propose 1’300 points de recharge à travers le pays. En moyenne, par borne cela fait une recharge tous les 2 jours. E-On va équiper les parking publics, les chaines de fast-food ainsi que les stations-services.
Pologne
Grâce à la Banque Européenne d’Investissements et 1,5 milliard €, la Pologne a inauguré la plus grande centrale à charbon d’Europe à Kozienice. Avec 4’000 MW, elle consommera 3 millions de tonnes de charbon par an, provenant essentiellement de la mine Bogdanka, dans le sud-est de la Pologne. Si l’on se fie au propriétaire, l’entreprise polonaise ENEA, la centrale est une bénédiction pour le climat «frienly power for the environment».
Le charbon constitue la base du système énergétique polonais. Environ 100’000 personnes sont employées dans le secteur du charbon dans le pays qui produit 90% de son électricité dans des centrales à charbon et à lignite.
France
L’entreprise Pragma va fournir à Saint-Lô, les premiers vélos électriques à hydrogène en France. Ils seront disponibles à des employés de l’hôpital et d’une entreprise, puis enfin aux touristes.
Ces vélos, de 25 kg, se rechargent en hydrogène en moins de deux minutes pour une autonomie de 100 km. Il faudra rejoindre la borne Atawey de deux mètres sur un mètre qui transforme l’eau de la ville en hydrogène pour les recharger.
Le coût du vélo est aujourd’hui de 7’500 euros, mais l’entreprise vise un prix public d’environ 3’500 euros à l’horizon 2020.
Lancé il y a 10 ans, le projet de Fusion nucléaire, ITER, va encore prendre du retard. Le budget est passé de 105 millions $ à 50 millions en 2017 et pour 2018 il passera de 120 à 63 millions $.
Avec l’arrivée de la nouvelle année, les prix de l’essence et du diesel ont gagné quelques centimes avec de nouvelles taxes.
En 2017, la part des nouvelles voitures à diesel est descendue à 49%.
Suisse
Le géant industriel américain General Electric annonce la suppression de 1’400 emplois en Suisse au sein de son unité GE Power, reprise fin 2015 à Alstom et qui compte près de 4’500 salariés.
Le groupe Electrique Axpo a officiellement réalisé un bénéfice de 310 millions frs. En fait, les bénéfices avant le micmac fiscal se montent à 1,23 milliard de francs pour un chiffre d’affaires de 5,57 milliards. Bien qu’Axpo génère un bénéfice de 22% sur son chiffre d’affaires, l’entreprise demande des subsides supplémentaires. On les embrasses très fort!
Le démantèlement des 5 centrales nucléaires suisses est estimé à 23,484 milliards frs. selon la Fondation suisse de l’énergie (SES). Il s’agit d’une plus-value de 600 millions par rapport aux estimations de swissnuclear.
La Suisse possède le parc automobile le plus polluant d’Europe grâce notamment aux prix très avantageux de l’essence et d’une législation automobile à faire pâlir d’envie Trump. Pour 2017, 316’000 nouveaux véhicules ont été immatriculés dont dans l’ordre d’importance: VW, Mercedes et BMW. Malgré le scandale des moteurs truqués, Volkswagen reste le No1.
Les chiffres de l’inflation Suisse sont aussi fiables que les chiffres de l’emploi en France ou la consommation de charbon en Chine. Le calcul de l’inflation ne prend pas en compte les primes de l’assurance maladie. Si tel était le cas, l’inflation suisse dépasserait le 1% au lieu de l’officiel 0,51%.
Johnny Hallyday est mort
Dessin Alex
Les Amériques
USA Schiste
Avec un baril américain qui monte à 60$, l’industrie claironne que les USA vont devenir «Energy Independant». Il n’y a évidemment qu’eux pour croire cela.
Wall Street continue de déverser des milliards de $ dans le schiste US. Ce comportement peut s’expliquer par le ramdam effectué par les pétroliers et l’avenir brillant de cette technologie. Certains investisseurs pensent qu’il ne va plus y avoir assez de pétrole sur les marchés et que les prix vont fortement augmenter. Cette perspective annonce des profits juteux, ou pas.
Tweet de Trump: A l’Est, cela pourrait être le Nouvel An le plus froid enregistré. Peut être, nous pourrions utiliser un petit peu de ce bon vieux Réchauffement Climatique que notre pays, mais pas les autres pays, était sur le point de payer des trillions de $ pour se protéger. Réchauffez vous!
Ce message soulève une question: qui du réchauffement climatique ou de Trump est le plus dangereux?
Venezuela
Les exportations vers les USA ont chuté de 36% à 475’000 b/j et la production a chuté de 1 million b/j en quatre ans. Le manque de fonds pour maintenir les installations en état de marche se fait sentir.
La Russie profite de la situation économique pour faire ses emplettes. Dernier en date, le champ Patao y Mejillones sont passés dans les mains de Rosneft.
Le Président Maduro a passé à l’Euro pour ses échanges avec l’étranger et évite le dollar américain.
Canada
Les producteurs canadiens peinent à écouler leur pétrole aux USA. Plusieurs entreprises étrangères ont abandonné les sables bitumineux en attendant que les prix remontent. En 2017, 23 milliards $ d’actifs ont été vendus.
Des manifestations ont éclaté dans plusieurs endroits du pays notamment pour des raisons économiques. Les iraniens peinent à voir les améliorations suite à la levée des sanctions. Il est vrai que Donald Trump freine des quatre fers. Est-ce que ce mouvement prendra de l’ampleur et quelle sera la réaction des Gardiens de la Révolution et du Gouvernement? En cette fin d’année, il est trop tôt pour le dire.
Les iraniens font de gros efforts pour fidéliser leurs clients asiatiques notamment avec des tarifs privilégiés. Ainsi si de nouvelles sanctions de Trump devaient tomber du ciel, Téhéran serait partiellement immunisé.
L’Iran regarde avec crispation la demande de l’Arabie Saoudite aux USA pour enrichir de l’uranium.
Irak
Le budget du pays atteindra 88 milliards $ en 2018 avec l’espoir d’une production de 3,88 millions b/j et un prix moyen de 46$ le baril. Les Kurdes, Sunnis et Basrawis se disputent âprement la dote.
Dessin Chappatte
Asie
Chine
Pour diminuer la pollution dans les grandes villes, le Gouvernement a interdit l’utilisation du charbon pour le chauffage. Cependant, la Chine n’a pas prévu assez de gaz et des millions d’habitants se sont retrouvé sans chauffage. Le Ministre de l’Environnement a dû faire marche arrière et autoriser l’utilisation de charbon pour se chauffer. Du coup, il y également une pénurie de… charbon.
La Chine importe de plus en plus de pétrole, non seulement à cause de l’augmentation de la consommation mais également à cause de son propre peak oil. Ainsi 64,4% de la consommation est importée. (+3,8% par rapport à 2015)
La volonté de Pékin d’utiliser le Yuan comme monnaie officielle pour les achats de pétrole attisent les intérêts. Ce serait une alternative au $ américain. Des tests vont être effectués à la bourse de Shanghai.
Le future de l’industrie automobile est en Chine et nos enfants achèteront des voitures Made in China à la place de nos belles allemandes ou françaises. Ford Motor va lancer 15 modèles électriques ou hybrides en Chine, fabriquées en Chine.
La Chine a lancé le premier bateau cargo électrique. Il peut se déplacer sur 75 km à 12 km/h. La recharge s’effectue en 2 heures soit le temps de décharger et charger la marchandise.
Japon
Après Nissan, c’est au tour de Honda d’investir dans la V2G (voiture to grid ou voiture sur le réseau électrique). Le concept permet de stocker l’électricité dans les batteries des voitures durant les heures de production solaire ou éolienne.
Toyota continue ses investissements dans la voiture à hydrogène. L’automobiliste va utiliser les déchets agricoles pour produire l’électricité nécessaire à créer de l’hydrogène notamment à Long Beach, Californie, USA.
Toyota va électrifier tous ses modèles d’ici à 2025 avec l’objectif de vendre 5,5 millions de voitures électriques d’ici à 2030.
Inde
L’air de New Delhi fut tellement pollué que le match de cricket Inde-Sri Lanka a dû être arrêté. Des joueurs du Sri Lanka sont tombés malade. L’air contenait 22 fois plus de particules que le taux maximal autorisé.
Corée du Nord
Théoriquement suite à une décision de l’ONU, la Chine et la Russie n’auraient plus de droit de livrer que 10% de pétrole, de kérosène, de diesel à la Corée du Nord soit 500’000 barils/an. C’est une baisse depuis les 2 millions de baril d’octobre et les 4,5 de septembre.
La Corée semble effectuer discrètement ses achats de pétrole grâce au transfert de pétrole via des tankers chinois ou russes situés en haute mer.
Afrique
Nigeria
Le chinois Sinopec a engagé le français BNP Paribas afin de vendre ses actifs pétroliers au Nigeria. Sinopec et la China National Petroleum Corporation (CNOOC) avaient ratiboisé le marché entre 2009 et 2013.
A l’époque Pékin était à la recherche de tout ce qui ressemblait à de l’or noir afin d’assurer l’alimentation de son marché. Les complications nigériennes et le manque de rentabilité ont eu raison des ambitions chinoises.
Libye
Le Général Haftar pourrait participer aux prochaines élections afin d’élire le remplaçant de Kadhafi. Le chef de la Libyan National Army a le soutien de la Russie. Il a réussi à redresser la production pétrolière du pays à 1 million b/j. et pourrait mettre tout le monde d’accord.
Angola
Il y a quelques années l’Angola faisait le buzz si vous étiez dans le pétrole. BP, Eni, Total, Exxon s’y précipitèrent. Un peu moins aujourd’hui. Les investissements ont été coupés de 67 milliards $.
Phrases du Mois
« Nous n’avons rien vu de pareil depuis les années 40. Les découvertes moyennes actuelles de pétrole représentent 550 millions de barils par mois. Le plus inquiétant est que le ratio de remplacement des réserves équivaut à seulement 11% comparé à 50% en 2012 et 100% en 2006. » Sonia Mladá Passos, Senior Analyst à Rystad Energy
« Tout esprit peut comprendre qu’une croissance continue est impossible dans un monde fini. Pour nier cette loi élémentaire, il faut être soit un fou, soit un économiste ». Kenneth Boulding
“Les chinois ne construisent pas des voitures à la chaine, ils construisent à la chaine des usines qui fabriquent des voitures. En 2022, 110 millions de voitures neuves seront vendues à travers le monde”. Jean-Luc Thuliez, CEO Aventor.
“Pendant que les iraniens sont fâchés avec les dysfonctionnements du gouvernement, ils reconnaissent également que le gouvernement a été freiné dans ses actions par les USA et ses alliés.” Mohammad Marandi, prof. Université Téhéran.
Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.
Le rapprochement improbable des USA, d’Israël et de l’Arabie Saoudite, orchestré par Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, semble être une réponse à la montée en puissance de la coalition Iran/Russie.
Dans cette partie d’échec, la décision américaine de choisir Jérusalem comme capitale d’Israël propose une ouverture intéressante.
Ce face à face entre les 4 géants pétroliers: USA, Arabie Saoudite, Russie et Iran intervient alors que la hausse probable des prix du baril va injecter encore plus de testostérone dans ce bras de fer.
A plus de 60$, les ambitions de toutes les parties se démultiplient. L’administration pétrolière Trump rêve de dominance énergétique grâce à sa production (éphémère) de schiste.
Vladimir Poutine devrait générer assez de cash pour financer sa stratégie et les entrées massives de pétrodollars alourdissent le poids de l’Iran au Moyen-Orient.
Dans ce tableau, seule l’Arabie Saoudite montre des signes de faiblesses.
Arabie Saoudite : Une délicate transition
Depuis que le Roi Salman a promu son fils de 35 ans, Mohammad Bin Salman al Saoud (MbS), à la tête du pays, les fondamentaux du plus grand exportateur de pétrole mondial tremblent.
La richesse du Royaume repose entièrement sur une matière première qui va en s’épuisant. Comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, la consommation pétrolière interne ne cesse d’augmenter et les exportations nettes du pays déclinent.
Cigales, les membres de la famille royale préfèrent exporter et stocker leurs fortunes à l’étranger. De plus, une grande partie du budget national est dilapidée dans l’achat d’armes pour des guerres menées à l’étranger, notamment au Yémen et en Irak.
Détail piquant, la famille Royale soutient un islam Sunnite alors que la population qui vit proche des champs pétroliers est Chiite.
Le pétrole: Une malédiction ?
Alors que 70% de la population n’a pas 30 ans, la pression pour élargir des libertés sociales ainsi que la création d’emplois novateurs augmentent. Au travers de la «Vision 2030», le Prince Mohammad Bin Salman (MbS) a bien saisi les enjeux. Depuis des mois, on le voit gesticuler pour trouver les 2’000 milliards $ afin d’affranchir son pays de l’or noir et d’attirer des entreprises.
Comme si le pétrole, et non pas le peak oil, était devenu une malédiction pour l’Arabie Saoudite.
Cependant, le réchauffement climatique enraie la machine. Les températures de plus en plus insoutenables ainsi que la sécheresse rendent cette région invivable. Pour combien de temps encore, le pétrole pourra-t-il activer les systèmes de climatisation et du dessalage de l’eau?
Un score en sa défaveur
Les décisions du jeune Prince ont une fâcheuse tendance à se transformer en auto goal plutôt qu’en but.
Comme Ministre de la Défense, il avait impliqué son pays dans la guerre avec le Yémen. L’intervention de l’aviation saoudienne n’a pas fait dans la dentelle. Plusieurs milliers de civils ont été abattus, soulevant la perspective de «Crimes de Guerre». En novembre et voulant durcir le ton, l’Arabie Saoudite a décidé de bloquer les ports afin de contraindre à la famine les 7 millions de yéménites.
Les Houthis ont menacé de s’attaquer aux tankers pétroliers. Riyad a dû immédiatement revenir sur sa décision. Depuis, un missile Yéménite a fendu le ciel en direction de l’Aéroport de Riyad à défaut de viser une raffinerie pétrolière.
Dès les prémices de la guerre en Syrie, l’Arabie Saoudite a soutenu les différentes milices Sunnites. A l’arrivée de MbS en 2015, le jeune Prince a décidé d’augmenter son soutient contre le président Assad. C’était sans compter sur l’implication et le succès de l’armée Russe avec l’aide de l’Iran et le Hezbollah.
La manœuvre la plus incompréhensible du Prince est intervenue après la visite de Donald Trump en début d’année. Avec le Général al Sissi d’Egypte et les Emirats Arabes Unis, Riyad annonça le blocus du Qatar pour des raisons futiles. A ce jour, aucune partie ne sait comment sortir de ce bourbier.
Dernier événement en date, la mise à l’écart du premier ministre libanais, Saad Hariri forcé à démissionner devant les caméras de la TV saoudienne Al Arabiya. Une fois sorti d’Arabie Saoudite et libéré par le Président Macron, Saad Harirri s’est empressé de revenir à la tête de son pays.
Finalement, Mohammad Bin Salman a ordonné une purge interne, qui a mis derrière les barreaux des centaines de princes, de membres du gouvernement, de dignitaires, sous prétexte de corruption. Plus de 800 milliards $ de fortunes privées ont été confisquées. Les familles touchées auront-elles la capacité de réagir et de renverser le Prince ? Cette question n’a pas encore de réponse.
Le premier ministre libanais, Saad Hariri lit sa démission devant les caméras d’Al Arabiya
Il est inquiétant de voir ces quatre puissances pétrolières jouer au chat et à la souris d’autant que les scores des dirigeants tant à Washington qu’à Riyad n’incitent pas à l’euphorie. La chute de l’un de ces géant ne peut pas être envisagée tant nous dépendons de leur pétrole pour alimenter nos Economies.
Ce combat devrait nous inciter à débuter notre émancipation du gaz et du pétrole bien avant qu’une pénurie ne vienne trancher la décision. Peut-être que les étincelles allumées au Moyen-Orient pourraient stimuler notre flamme.
Ne serait-il pas paradoxal que Jérusalem nous permettre de remettre l’église au milieu du village ?
Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. – Allemagne: Un paysan péruvien poursuit judiciairement RWE
– Arabie Saoudite: Les grands nettoyages préoccupent
– Algérie: Sonatrach va investir 2 milliards $ dans le gaz
– USA: Waow! Musk annonce son camion électrique: le Tesla Truck
– France: ENGIE fait des tours de passe-passe
– USA: Un saut périlleux pour un robot ou pour l’humanité?
– Chine: Le pays a supprimé des millions de chauffages à charbon.
Les membres de l’OPEP se sont rencontrés. Les “quotas diminués” resteront inchangés jusqu’à la fin 2018. Les premiers jours de décembre montreront si le dicton “buy the rumor and sell the news” s’applique une fois de plus.
Le baril termine le mois à 63.11$ à Londres (60.90 fin octobre) et 57.30$ à New York (54.15 fin octobre).
L’uranium monte à la vitesse d’un missile de croisière lancé par la Corée du Nord dans le ciel asiatique. Gros bond ce mois. Il termine à 25.50$ (20.15$ fin octobre).
Graphique du Mois
Marché du pétrole Offre / Demande 2020-2040
selon l’Agence Internationale de l’Energie
Graphique les Echos
Monde
L’Agence Internationale de l’Energie estime la production pétrolière mondiale grimpera à 98,5 millions barils/jour (b/j) en 2018 ou 15,6 milliards de litres/jour (moyenne de 2 lt/jour par habitant).
En 2017, 41 milliards de tonnes (+2%, 2016) de CO2 ont été ajoutées grâce aux énergies fossiles. Les 10 principaux pays émetteurs sont, dans l’ordre: la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du sud et le Canada.
Le Bitcoin a dépassé les 11’000$. Ayons une pensée émue pour tous ceux qui ont hésité à investir, il y a quelques mois, alors que le Bitcoin était à 200$!
Peak oil
Statoil, Norvège ou Shell, Hollande prédisent que la demande de pétrole pourrait piquer entre 2025-2030.
Chevron et Exxon Mobil ne voient pas de peak oil en vue.
L’OPEP s’aligne sur l’IEA en penche pour 2040.
Allemagne
Une fois n’est pas coutume, commençons par le pays d’Angela Merkel (dont l’objectif actuel est de tenter de former un nouveau gouvernement).
Alstom va construire 14 trains Coradia à hydrogène. Les trains vont remplacer les locomotives diesel en Saxe. Linde Group produira l’hydrogène.
L’Allemagne est souvent pionnière dans la production d’énergie pour au final se faire coiffer au poteau par la Chine. Ainsi après le solaire, c’est au tour de l’éolien. Le constructeur d’éoliennes Gamesa, qui appartient à Siemens, annonce la suppression de 6’000 emplois. Le géant allemand est confronté à une forte baisse d’activité et une concurrence féroce de… la Chine.
Siemens annonce une deuxième vague de licenciements avec plus de 6’900 emplois au sein de ses activités énergie. Environ 2’600 postes doivent disparaître en Allemagne, plus 3’600 dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis. A cela s’ajoute la suppression prévue de 760 emplois dans les départements techniques de transmission et industrie de transformation.
Siemens, qui espérait voir les centrales à gaz occuper une place privilégiée à côté des énergies renouvelables, déchante. Le solaire et l’éolien imposent un système où la production d’énergie est de plus en plus décentralisée et rendent les grandes centrales de moins en moins compétitives.
Le géant E.ON a reçu 11,6 millions $ de la commission européenne pour établir entre la Norvège et l’Italie un corridor électrique de 180 stations de recharges électriques pour voitures.
La justice allemande a accepté d’examiner la requête d’un paysan péruvien, qui demande au géant de l’énergie RWE de réparer les effets du changement climatique dans les Andes. Les magistrats vont examiner les liens entre les rejets polluants de RWE et les dommages constatés au quotidien par Saul Luciano Lliuya, agriculteur et guide de haute montagne à Huaraz, Pérou. Le groupe allemand RWE est l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, bien qu’il n’ait aucune centrale au Pérou.
Arabie Saoudite
La situation du plus grand producteur pétrolier de l’OPEP donne des frissons. Si la situation devait basculer, l’impact se fera ressentir au niveau mondial.
Suite aux décisions du Gouvernement, il est très difficile de connaître l’impact des changements dans le pays. La tendance est d’offrir plus de liberté sociale, mais sans liberté politique. Comme plus de 50% de la population du royaume a moins de 30 ans, cette option contente la majorité mais crispe la minorité bien plus puissante.
Le fils du Roi Salman, Mohammed bin Salman (MbS) tente de renforcer son assise avant que cela ne se termine, ou pas, par son assassinat. Est-ce que les dignitaires menacés par le jeune Prince trouveront le support nécessaire auprès des services de sécurité et de l’armée pour préparer un coup ? La question n’a pas encore de réponse.
A la tête du pays, MbS a instauré une loi anti-corruption qui lui permet d’écarter ses rivaux, dont la 45 ème plus grande fortune mondiale, le Prince Alwaleed bin Talal et ses 18,7 milliards $. Plusieurs centaines de dignitaires, ministres, hommes d’affaires et membres de la famille royale ont été également emprisonnés dans des conditions qualifiées de rustique. Le gouvernement est en position de leur confisquer 800 milliards $ de fortunes personnelles. Ce pactole permettra au jeune Prince d’avancer dans le financement de sa stratégie 2030 de la Nouvelle Arabie Saoudite.
Le FMI estime que l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 70$ pour équilibrer son budget 2018.
Le FMI estime que l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 70$ pour équilibrer son budget. En 2014, il fallait un baril à 96$ pour équilibrer les comptes. La diminution des subsides et les réformes financières montrent le chemin parcouru en quelques petites années.
Le directeur de Total, Patrick Pouyanne pense que les réformes sociales et économiques pourraient être un peu trop ambitieuses et le temps imparti un peu trop court.
Dessin Chappatte
USA
Via la nouvelle réforme de l’imposition, le gouvernement Trump va soutenir le charbon, le gaz, le pétrole et le nucléaire. L’éolien, l’hydraulique et le solaire ont été soigneusement écartés du programme républicain.
Pour la première fois en 30 ans, les importations pétrolières US en provenance d’Irak ont surpassé les importations d’Arabie Saoudite. Les livraisons canadiennes sont également en hausse à 3,43 millions b/j au lieu de 2 millions, il y a 7 ans.
La moyenne de la consommation des voitures américaines repart à la hausse. Durant les 10 dernières années, elle était passée de 11,5 lt/100km à 9,2 lt/100km. Cependant, depuis août 2014, elle est remontée à 9,4 lt. On pourrait corréler cette variation avec l’amélioration économique du pays et la sortie de la crise de 2008.
Le taux de croissance du PIB Américain est de 3,3% pour le 3ème trimestre. Trump a immédiatement repris cette nouvelle à son compte d’autant que le compteur du 2ème trimestre indiquait 3,2%. De plus, pour la première fois le Dow Jonnes dépasse les 24’000 points. Que demander de plus?
Google débute ses tests à Phoenix, USA, avec une voiture 100% autonome sans aucune personne au volant.
Elon Musk, le CEO de Tesla annonce la conception d’un camion électrique. Une fois l’effet “Waow” passé, la calculatrice montre que la quantité d’électricité pour recharger les 1’600 kWh de la batterie, correspond à la consommation quotidienne de 4’000 ménages.
Tesla a annoncé la construction d’une usine à Shanghai, Chine. Particularité, c’est la première fois qu’un constructeur automobile n’a pas besoin de s’associer à un partenaire local. Cela permettra à Tesla de diminuer les coûts de vente et d’exporter ses voitures en Europe à meilleur prix. Nous sommes en train d’assister au transfert de la production de voitures en Chine.
Le nouveau Directeur de General Electric (GE), John Flannery, débute son mandat en se débarrassant de 24’000 employés et annonce une focalisation sur l’aéronautique, la santé et l’énergie.
GE, dont la capitalisation boursière a fondu de plus de 100 milliards $ depuis janvier, va également céder ses activités dans l’électricité ainsi que vendre le groupe de services pétroliers américains Baker Hughes, dont il détient 63% du capital. BH avait été acheté l’année dernière seulement. La branche GE Power, qui comprend Alstom, devrait également jeter à la casse nombre de ses employés.
Boston Dynamics. Un saut périlleux pour un robot ou pour l’humanité
Europe
Les autorités nucléaires russes ont confirmé que le nuage radioactif de Ruthénium-106, qui a traversé le Sud de l’Europe entre fin septembre et mi-octobre, est une bénédiction pour la santé. En tout cas, moins dangereux que de manger 5 fruits Monsanto-Bayer-Syngenta par jour. Le centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Maïak, dans l’Oural a relâché des doses qui dépassent de 986 fois la moyenne du mois d’août. Est-ce un accident nucléaire?
Du côté des Services du Nucléaire Européens, on félicite l’excellent travail des douaniers qui ont réussi à bloquer les nuages aux frontières. Cet incident souligne les progrès réalisés par l’industrie nucléaire dans les domaines de la transparence.
Par année, le manque à gagner de l’évasion fiscale élaboré par les entreprises dépasse les 350 milliards € (par an), dont 120 milliards € pour l’Europe et 20 milliards pour la France.
Après une petite frayeur, tout est finalement rentré dans l’ordre. BAYER-Monsanto et Syngenta ont réussi à convaincre les pays européens de plébisciter les produits agro-pétro-chimiques. Le Rundup pourra être commercialisé, sans ombrage, pour les 5 années à venir et plus si entente.
Dessin: l’excellent Chappatte
Norvège
Le fonds souverain Norvégien de 1’000 milliards $ propose de sortir 35 milliards $ d’investissements dans le pétrole et le gaz. Cette annonce du No 1 mondial est un choc pour l’industrie pétrolière. Il fait également part de la tendance de désinvestissement dans les énergies fossiles des grandes institutions bancaires. Le Ministre Norvégien des Finances a annoncé qu’il allait étudier la proposition et que la décision tombera dans une année.
<Insérez ici une pensée émue pour la Banque Nationale Suisse et ses 5 milliards $ d’investissements dans le fossile américain.>
Un arrêt, pour recharger sa voiture électrique entre Oslo et Lillehammer, ne prendra plus que 10 minutes. Un premier système ultra rapide est installé à Circle K à Dal à 30 minutes au nord d’Oslo.
Russie
Vladimir Poutine utilise de plus en plus le pétrole comme arme stratégique dans le but d’augmenter son influence dans le monde. Revers de la médaille, Moscou prête à des pays instables, comme le Venezuela, et le retour sur investissement n’est pas garanti.
Les compagnies pétrolières russes n’espèrent pas une levée des sanctions américaines dans les mois à venir. D’ailleurs, elles ont trouvé des solutions et du réconfort auprès des partenaires et des banques asiatiques.
La construction du gazoduc Turkish Stream avance. Le gazoduc copie l’ex projet Russo-Européen South Stream abandonné par l’Europe. Corolaire de cette décision, les Européens devront acheter leur gaz russe via la Turquie au lieu de l’Ukraine. L’arrivée du Président Turc Erdogan dans l’équation énergétique européenne apporte une inconnue de plus.
La Russie a la capacité d’augmenter sa production pétrolière de 4-5%. Avec la hausse des prix du baril, Moscou devrait passer confortablement l’année 2018.
Le champ pétrolier de Sakhalin-1, opéré par l’américain ExxonMobil, va produire 250’000 b/j de plus dès le premier trimestre 2018.
L’équipe de football américaine ne s’est pas qualifiée pour les Championnats du Monde FIFA qui auront lieu en Russie. L’Italie non plus…
Le gouvernement a dévoilé sa stratégie nationale pour sortir de l’électricité au charbon d’ici à 2025 en propulsant les énergies renouvelables. L’Italie a l’ambition de passer de 17,5 à 28% d’énergies renouvelables.
Angleterre
Les prestigieuses Universités de Cambridge et d’Oxford trempent dans les Paradise Papers. Pour contourner les impôts, les deux institutions ont investis des dizaines des millions de dollars dans l’exploitation pétrolière via les Iles Cayman. Les deux universités, soutenues par des fonds publics, avaient annoncé en 2014 ne plus investir dans des actifs pétroliers.
France
Grâce aux aides financières du gouvernement, l’essence SP95-E10, avec 10% d’éthanol à base de céréales, est la plus vendue dans le pays (part de marché de 38,5%).
Le géant français de l’énergie ENGIE (ex GDF Suez) a délocalisé 1’200 emplois de France pour diminuer ses coûts. Les services administratifs et centres d’appels iront en Pologne, la comptabilité en Inde et la R&D en Chine.
On est tellement bien qu’on reste chez ENGIE. Grâce à un montage financier appelé «Projet Salmon», le géant français a rapatrié d’Australie 1 milliard $ de bénéfices en 2012. Les gourous de la fiscalité ont permis à l’entreprise française, qui appartient également à 24% à l’Etat français, d’économiser plusieurs dizaines de millions d’euros d’impôts selon les Paradise Papers.
La question absurde du mois: “Quel est l’intérêt de l’Etat Français à faire de l’optimisation fiscale pour ne pas payer d’impôt à l’Etat Français?”
Areva a été perquisitionné pour une vente d’uranium au Niger en 2011. «L’Uraniumgate» pèse 320 millions $. Areva avait vendu le stock d’uranium à la société russe, Energo Alyans, qui l’avait ensuite revendu à la société Optima Energy Offshore au Liban. Quelques jours plus tard, Optima avait vendu l’uranium à la Société de Patrimoine des Mines du Niger (Sopamin), contrôlée par l’Etat nigérien. Areva avait alors racheté ce stock à la Sopamin à un prix supérieur à celui auquel il l’avait cédé au départ. Vous suivez toujours?
Au total une plus-value de 82 millions de dollars pour Energo Alyans, inconnue des traders et qui aurait totalement disparu peu de temps après les faits.
Si l’énergie éolienne peine à prendre pied en France, c’est surtout à cause de l’armée! Ainsi avec des prescriptions par rapport à ses radars, ses avions et ses hélicoptères, la grande muette a bloqué l’implantation de 3’500 éoliennes sur le territoire tricolore. Une nouvelle demande est pendante avec l’élargissement du périmètre à 70 km autour des radars. Si elle est acceptée, aucune nouvelle éolienne terrestre ne devrait voir le jour en France.
Suisse
L’entreprise Meyer Burger délocalise en Chine sa production de scies pour la découpe du silicium des panneaux solaires. 180 emplois sont supprimés en Suisse.
Le géant minier Glencore connut pour acheter des mines et extraire les matières premières dans la plus grande opacité, fait partie des plus grands joueurs des Paradise Papers. Pour échapper au fisc et dissimuler ses mécanismes de corruptions, elle a ouvert 107 sociétés offshores. Qui trouve-t-on à sa tête? M. Anthony Hayward en personne!
Sir Hayward était l’improbable CEO de BP lors de la catastrophe de Deepwater Horizon en 2011 dans le Golfe du Mexique. On aurait pu croire ce personnage non-recommandable en prison. Mais non, il se retrouve à la tête de cette entreprise encore moins recommandable. On peut y déceler une certaine consistance.
La centrale nucléaire de Leibstadt, Argovie, doit remplacer 22 éléments de combustibles avariés livrés par Areva. Le coeur du réacteur contient 648 éléments combustibles et 62’000 barres de combustibles. Areva explique qu’après la découverte d’une barre de combustible présentant une fuite dans son usine de fabrication de tubes à Paimboeuf, en Loire-Atlantique, en France, des tests ont montré que des barres qui auraient dû être refusées ont été fournies à des compagnies électriques.
Le Telsa Truck présenté par Elon Musk
Les Amériques
USA Schiste
Dans ses prévisions World Oil Outlook 2018, l’OPEP prévoit que la production américaine de pétrole de schiste va atteindre 7,5 millions b/j en 2021 (5,1 aujourd’hui). Le cartel pense que la production US va atteindre le peak oil en 2025 et décliner en 2030. La compétition entre le schiste US et l’OPEP devrait durer encore 7 ans.
La production du Nord Dakota pourrait remonter à 1,1 million b/j d’ici à la fin décembre. Si le baril tient à 60$ la production pourrait monter à 1,6 million b/j.
Bien que les grands acteurs comme Exxon ou Chevron ont les reins assez solides pour supporter des pertes, les petits acteurs de schiste sont sous la pression des investisseurs pour se focaliser sur la maximalisation des dividendes au lieu de la maximalisation de la production. La hausse des prix du baril pourrait apporter une bouffée d’air, mais la question est de savoir à quel tarif ces entreprises sont profitables.
Venezuela
La compagnie pétrolière nationale, PDVSA, n’a pas réussi à effectuer le remboursement 28 millions $ d’obligations. De son côté, le gouvernement de Nicolás Maduro n’a également pas pu honorer les 350 millions $ d’intérêts à payer sur les dettes du pays. Le président désire restructurer les 63 milliards $ de dettes du pays. En d’autres mots, il propose d’effacer l’ardoise alors que paradoxalement l’administration Trump interdit toute discussion financière avec le pays. La Chine et la Russie sont également très impliquées dans ce dossier d’autant que de grandes quantités de pétrole sont en jeu.
La production pétrolière du pays pourrait glisser à 1,8 millions b/j soit le plus bas niveau depuis 30 ans. Elle peut fortement influencer les prix du baril au niveau mondial.
Le Président Maduro a remplacé le PDG de PDVSA ainsi que 5 directeurs, mais dans l’état de délabrement de l’entreprise, il n’y a rien à attendre de nouveau.
Dessin Chappatte.com
Asie
Chine
Le président Trump s’est rendu en Chine avec 40 entreprises. A l’issue de la rencontre Donald Trump s’est félicité d’avoir conclu pour 253 milliards $ «d’accords commerciaux» ainsi que la baisse de certaines taxes sur des produits importés. En terme diplomatique «accords commerciaux» signifie: protocoles non contraignants et non signés. Bref, des accords qui ont la valeur d’un tweet. Par contre, le Président Xi s’est montré intéressé au gaz d’Alaska où les investissements pourraient monter jusqu’à 43 milliards $.
Le gouvernement a demandé l’arrêt de 44’000 boilers à charbon utilisés par les entreprises afin de générer de la vapeur ou de l’électricité. La transition s’effectue avec le gaz.
Pékin a demandé aux ménages et aux particuliers de ne plus utiliser les fourneaux à charbon pour se chauffer. A la place des millions d’installations à gaz ont été installées. Comme ce début d’hiver est rigoureux, Pékin ratisse les marchés pour tenter de combler la pénurie. Les importations grimpent de 3,82 millions tonnes pour l’hiver 2016 à 5,81 pour 2017.
Inde
A Delhi, la pollution a fait frémir tous les records au point de fermer 4’000 écoles pendant une semaine. L’utilisation des véhicules à moteur a été limitée. Le responsable de la ville a qualifié la situation de «chambre à gaz».
Le pays ambitionne de cesser de vendre des voitures thermiques d’ici à 2025, mais l’Inde affiche actuellement des ventes record de véhicules. L’Inde est également devenue une intéressante option de recyclage des voitures diesel à moteurs truqués pour les constructeurs allemands, français et américains.
Dans l’Etat d’Uttar Pradesh, l’explosion dans une centrale thermique au charbon s’est soldée par 26 morts. La centrale, d’une capacité de 1550 mégawatts, fournit de l’électricité à neuf Etats de l’Union indienne.
Moyen-Orient
Yémen
Le lancement d’un missile tiré du Yémen en direction de l’Arabie Saoudite a été interprété par le Prince comme un acte de guerre contre le royaume. Riyad pense que le missile intercepté a été livré par l’Iran.
Malgré plusieurs dizaines de milliards $ de dépenses militaires, l’Arabie Saoudite n’arrive pas à faire plier les Houthis yéménites. Le seul résultat tangible est l’enlisement de Riyad dans cette guerre.
Ce mois, l’Arabie Saoudite a décidé de bloquer les ports du Yémen pour augmenter la pression. Les Houthis ont immédiatement menacé de s’attaquer aux tankers pétroliers. Le même jour, Riyad a levé le blocus.
Syrie/Irak
Le président Kurde, Barzani, a démissionné après avoir réussi avec succès le référendum sur l’indépendance.
La relation entre les Kurdes et Bagdad reste volatile. Depuis l’annonce de l’indépendance des Kurdes, Bagdad a récupéré la ville et les forages pétroliers de Kirkuk. Dans un nouveau changement de direction, les Kurdes ont proposé au gouvernement irakien de céder l’exploitation de tous leurs champs pétroliers contre une rémunération de 17% du budget de l’Etat. En réponse, Bagdad n’en propose que 12,6%. Les disputes, qui durent depuis des décennies, sont loin d’être terminées. Rendez-vous le mois prochain.
Lors de la chute de Raqqa, la coalition internationale emmenée par les USA et les Européens ont passé à un accord avec l’Etat Islamique afin de laisser s’évader plus de 300 combattants avec leurs armes. Les bus et camions ont été mis à disposition par la coalition.
Sont évoqués des jihadistes venus de France, Turquie, Yémen, Pakistan, Egypte, Chine, Tunisie, selon un reportage de la BBC.
BBC: L’accord secret entre les USA et l’Etat Islamique
Iran
La National Iranian South Oil Co qui produit le 80% du pétrole iranien annonce que sa production a augmenté de 1 million b/j cette année.
Le PDG du Russe Rosneft, M. Sechin, a annoncé la conclusion d’un plan d’investissement de 30 milliards $ pour développer des projets pétroliers et gaziers en Iran. La tactique de Vladimir Poutine, pour remplacer les USA comme acteur majeur au Moyen-Orient, sont facilités par l’administration Trump.
Alors que l’équipe Trump aiguise les sanctions contre Téhéran, Moscou en profite pour resserrer les liens. Si Washington devait persister, la Chine et la Russie pourraient être les grands bénéficiaires. Dans la même veine, Total a ouvert des bureaux à Washington pour mieux justifier, à l’Administration US, les bienfaits de sa présence et les milliards investis en Iran.
Gazprom annonce la construction d’un gazoduc entre l’Iran et l’Inde. Les entreprises russes, du Pakistan, de l’Inde et de l’Iran vont construire ce gazoduc de plus de 1’200 km. La traversée du Pakistan pourrait offrir, à certains groupes rebelles, des idées de pression sur le gouvernement.
Les exportations du brut iranien en direction de la Chine, l’Inde, la Corée du Sud sont en hausse à 1,9 million b/j en octobre. (+5,1%).
Investissements dans les majors pétrolières du fonds souverain norvégien
Source Bloomberg
Afrique
Nigeria
Le porte-parole des «Niger Delta Revolutionary Crusaders» ont demandé aux employés de Total, Chevron, BP, Agip et Mobil de ne pas rester dans les zones de production car le groupe pourrait reprendre ses attaques contre les pétroliers. En échange d’une certaine tranquillité, la milice demande de petites enveloppes.
Algérie
Sonatrach va investir 2 milliards $ dans le gisement gazier de Hassi Rmel afin de stabiliser la production. Le champ représente le 60% de la production nationale.
Phrases du mois
“Il y a une complaisance à penser que le pétrole de schiste va continuer à produire les quantités de volume que nous avons obtenues par le passé. Si le monde continue de croire que nous avons un surplus aussi loin que nous puissions voir, la réalité va nous éclater à la figure. Il sera difficile de s’en remettre.” Jim Brillant, portfolio manager, Century Management
“Vehicles of the future will no longer be driven by humans because in 15 to 20 years — at the latest — human-driven vehicles will be legislated off the highways. The tipping point will come when 20 to 30 percent of vehicles are fully autonomous. Countries will look at the accident statistics and figure out that human drivers are causing 99.9 percent of the accidents.” Bob Lutz
“Si l’on voulait vraiment s’intéresser au CO2 et le réduire, l’on réduirait alors la taille et le poids des véhicules”. Vu l’avalanche de SUV sur le marché, ceci n’est pas près d’arriver.”
Sources: avec Tom Whipple de Aspo USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.
Depuis 2014 et la chute des prix du baril, l’industrie pétrolière traverse une crise féroce avec d’innombrables mises en faillite, plus de 440’000 emplois perdus et quelques centaines de milliards $ passés à la trappe.
De l’autre côté de la table, les énergies renouvelables ont le vent en poupe d’autant que les considérations environnementales pointent le bout du nez.
On pourrait imaginer que les majors pétrolières se trouvent devant un dilemme cornélien. Faut-il investir dans le pétrole ou le renouvelable?
L’objectif des majors n’est pas d’extraire du pétrole mais de générer des dividendes.
La survie des majors repose sur leur capacité à générer des dividendes. Qu’importe le moyen. L’objectif est de pérenniser les investisseurs et d’en trouver de nouveaux. Aujourd’hui, une matière première continue de remplir cette condition: le pétrole.
Dans une optique à court terme, cette stratégie est gagnante. En effet, il manque presque 1’000 milliards $ d’investissements dans l’exploration et l’exploitation pétrolière pour assurer que l’offre puisse suivre la demande à l’aube des années 2020.
De manière mécanique, nous devrions voir une forte augmentation des prix du baril dans les 2-3 années à venir.
Les vaches maigres débutées en 2014, ont enseigné aux pétroliers l’austérité et une gestion rigoureuse des coûts de production. Ils ont réussi à descendre leur ROI (retour sur investissement) du baril à 50$ alors qu’il atteignait 80-90$ en 2014. Si le pétrole repasse sur les 100$, on peut imaginer des profits stratosphériques.
C’est sur ce scénario que planchent les majors.
Faire perdurer le Mythe
Si la hausse à venir du baril est prévisible, c’est au-delà de 2023 que les interrogations se focalisent.
Les majors doivent également rassurer les investisseurs sur le moyen terme. Comme un seul homme, les CEO des différentes entreprises ont repris en cœur le refrain de l’abondance pétrolière à venir.
John Watson, CEO de Chevron, voit une augmentation de la demande pour les 20 années à venir et exclu tout «peak oil» de l’offre ou de la demande. Idem pour ExxonMobil.
L’Agence Internationale de l’Energie enfonce le clou et étend cette tendance jusqu’en 2040.
Seul Shell et son CEO, Ben van Beurden, raccourcit le délai du pic de la demande à 2027. Pour assurer ses arrières, il a acheté pour 54 milliards $ le gazier BG Group. Le gaz devrait reprendre la main dans les années à venir.
ExxonMobil a cassé sa tirelire pour acheter des gisements de pétrole de schiste pour 6,5 milliards $ dans le Bassin Permien aux Texas. Leurs dirigeants pensent qu’en 2040, l’industrie du transport sera propulsée à 90% par le pétrole.
Dans la boule de cristal de BP, 1,8 milliard de voitures circuleront d’ici à 2035 (un peu plus de 1 milliard actuellement) dont 75 millions de voitures électriques (4,1%).
Ce consensus fait plaisir à voir.
Les Gouvernements misent également sur le pétrole
Si les Gouvernements ont de la peine à imaginer l’Economie avec moins d’or noir, c’est que l’évolution du PIB est intimement corrélée à la consommation d’énergie.
La Chine en fait l’expérience. Pour garder le taux de croissance de son PIB à 6,5%, elle compense chaque kg de charbon économisé par du gaz.
Avec l’augmentation continue du niveau d’endettement, les Etats se sont inscris dans une hausse obligatoire de leur croissance afin de financer cette stratégie. Là aussi, le pétrole joue un rôle majeur. Mais paradoxalement, la remontée des prix du baril va faire rebondir l’inflation et les taux d’intérêts, qui à leur tour, freineront l’Economie.
Un vrai casse-tête.
Energies Renouvelables
Devant cette perspective alléchante, on peut comprendre que sur un total de 100 milliards $ d’investissements, les 5 majors pétrolières, Total, Shell, BP, Chevron et Exxon Mobil n’utilisent que 3 milliards $ pour développer leurs actifs dans les énergies renouvelables, selon l’agence pétrolière Wood Mackenzie.
Même si les voitures thermiques ne représentent que le 20% de la consommation mondiale de pétrole, une baisse de la demande pourrait dans le meilleur des cas, compenser la diminution de la production, ou pire pour les majors, faire retomber le prix du baril dans les eaux actuelles.
Cette vision pousse les pétroliers à timidement flirter avec les énergies vertes.
Annuellement, Shell dépense une enveloppe de 1 milliard $ pour les nouvelles énergies. De son côté Total budgétise 500 millions $. Ce chiffre est à mettre en relation avec le rachat de Maersk Oil pour 7,5 milliards $ pour du pétrole de la Mer du Nord.
Mais comme pour garder un pied dans un nouveau domaine, en Angleterre, Shell a commencé à vendre de l’électricité à ses clients.
Arrivons-nous à un tournant?
Si la doctrine de Trump propose la «Dominance Energétique Fossile» des USA sur le monde, les chinois parient sur la «Dominance Energétique des Energies Renouvelables».
Les pétroliers font actuellement le même pari que le Président Américain et les pays Européens. Comme la nature a horreur du vide, cette place ouvre une voix royale aux entreprises et aux investisseurs “durables” qui peuvent ainsi se développer sans la menace de cette concurrence.
Cependant, rien ne dit que les majors ne retournent pas rapidement leur veste. N’oublions pas que l’objectif d’une major pétrolière n’est pas d’extraire du pétrole, mais de produire des dividendes… avec où sans pétrole.
Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: Les femmes peuvent enfin conduire une voiture.
– Aviation: Les drones et les avions électriques autonomes arrivent!
– Allemagne: Le géant EON dans les mains finlandaises?
– USA: San Francisco et Oakland portent plainte contre les pétroliers.
– Irak: Assis sur leur pétrole, les kurdes votent pour l’indépendance du Kurdistan irakien.
– Angleterre: Le marché libre de l’électricité: Libre mais couteux.
– IEA: Les prix du baril de pétrole vont exploser.
Le pétrole a mangé des vitamines et décolle comme les fusées de Corée du Nord. Il grimpe à 57.41$ à Londres (50.86 août) et 51.56$ à New York (45.96 août).
L’uranium joue au Mikado. S’il bouge, il perd. Pris de panique, il termine le mois à 20.50$ (20.25$ août).
Le Graphique du mois
Projection des ventes de voitures Diesel/Electriques
Source: UBS graphique Financial Times
Pétrole
L’IEA continue de s’effrayer du manque d’investissements dans l’exploration pétrolière et envisage une explosion des prix d’ici à 3 années. L’IEA juge nécessaire de trouver 21 millions de barils/jour (b/j) d’ici à 2025 pour uniquement compenser l’assèchement des puits actuellement en production. Actuellement l’industrie en a trouvé 5. La possibilité de voir la différence comblée par le schiste est considérée comme une fantaisie.
Selon l’IEA, la croissance de la demande de pétrole s’élève à 1,6 million b/j en 2017. A ce rythme, la surproduction actuelle va rapidement disparaître pour se transformer en pénurie.
Monde
La planète dénombre 7,5 milliards d’habitants. En 2050, elle en comptera pas 8, 9… mais 10 milliards!
Septembre 2017 a été le deuxième septembre le plus chaud sur la planète. Il aura vu une belle série d’ouragans dans le Pacifique et l’Atlantique avec des vents records à plus de 360 km/h.
Après le détachement de l’énorme plaque glacière “Larsen C” dans l’Antarctique, c’est au tour d’une deuxième méga plaque d’être sur le point de rejoindre la haute mer.
Roulement de tambour ! Les femmes vont être autorisées à conduire une voiture. Parmi les raisons de ce changement: la réduction des subventions à la population suite à la baisse des revenus pétroliers.
Ainsi, les familles n’ont plus les moyens de s’attacher les services d’un chauffeur. Du coup, les maris (au travail) doivent aller chercher eux-mêmes leurs enfants à l’école. Cette évolution va leur permettre d’éviter cette “tâche ingrate”. Les emplois de 1,4 millions de chauffeurs personnels sont en jeu.
La mise en vente de l’entreprise pétrolière nationale Saudi Aramco pourrait être reportée à 2019. D’ici là, le baril aura peut-être une chance de remonter et de pousser à la hausse les actions de Saudi Aramco. Le gouvernement espère obtenir entre 300 et 400 milliards $ pour la vente de 5% des actions.
Avec l’aide de son père, le Roi, et dans le but de réduire les contestations, le Prince bin Salman a commencé une purge au sein de l’élite. Entre 16 et 30 personnes, dont l’un des fils de l’ancien Roi, ont été arrêtées. Cette purge indique un tournant dans la manière de procéder en passant de l’arrosage financier à la menace physique. La stabilité du plus grand exportateur de pétrole mondial est à observer de très près.
Ryad songe à augmenter les prix du kérosène et de les aligner sur les prix internationaux. Le concept repose sur une hausse unique de 80%.
USA
La compagnie de taxi sans taxi, UBER, a perdu 3 milliards $ en 2016 et vient de changer de CEO. Son fondateur Travis Kalanick a été remplacé par Dara Khosrowshahi.
Après le passage de l’Ouragan Harvey au Texas et en Louisiane, 25% des capacités de raffinages américaines ont été mises à l’arrêt. Il aura fallu 2-3 semaines pour les remettre sur les rails.
La région, balayée par les ouragans, contient les 2/3 de la production pétrolière du pays ainsi que 9,7 millions barils/jour de raffinage qui représentent le 50% de la capacité du pays.
Cette dépendance à la météo est une épine dans le pied de la volonté de Washington d’assurer la résilience du système énergétique du pays. Le concept de “Dominance Energétique” de Donald Trump manque de carburant.
Un record: plus de 500’000 voitures et 100’000 maisons ont été victime des inondations selon Auto Zone: un record.
Malgré la hausse des coûts, Georgia Power désire terminer la construction de ses deux réacteurs nucléaires Westinghouse Ap1000 à Plant Vogtle. En Juin, le constructeur, Toshiba-Westinhouse, avait pris à sa charge 3,68 milliards $. Le coût total des deux réacteurs se monte à 19 milliards $ pour une mise en service dès novembre 2021.
Les villes de San Francisco et Oakland ont porté plainte contre Chevron, ConocoPhillips, Exxon Mobil, BP et Shell pour leurs responsabilités dans le changement climatique et la montée des océans. La plainte demande aux majors pétrolières de créer un fond pour financer des infrastructures afin de se protéger de la montée des eaux.
Chevron annonce l’arrivée d’un nouveau CEO Michael Wirth qui travaille depuis 1982 au sein de l’entreprise.
Le CEO de la Banque JP Morgan, Jamie Dimon, a annoncé que le bitcoin est une «fraude» qui finirait par «imploser». (Il n’a par contre pas confirmé si les produits dérivés que son institution concocte sont également «une fraude et qu’ils finiraient pas imploser».)
Le boomerang est revenu une semaine plus tard quand le brave homme a dû expliquer pourquoi sa Banque, JP Morgan, est l’un des plus gros acheteur d’«Exchange Traded Notes*» qui se base sur… le bitcoin. (*ETN, un titre de créance répliquant la performance d’une matière première).
Banquier est un métier formidable.
Température moyenne Septembre 2017
Allemagne
Durant la présentation à la presse, le salon de l’automobile de Frankfort s’est mué en salon de la voiture électrique. Comme à son habitude, Angela Merkel a tourné sa veste. Elle s’est fait l’éloge de l’électricité alors qu’elle a toujours supporté l’industrie automobile allemande à pétrole. Dès les journalistes partis, les voitures diesels et à essence ont repris leurs places sur les stands. Opération de communication réussie.
Porsche, Audi, BMW et Mercedes-Benz (tous impliqués dans les scandales de moteurs truqués), ont annoncé leur prochaine participation à la Formule E, la version électrique de la Formule 1.
Au-delà du green washing, les constructeurs vont devoir revoir totalement leurs business modèles et surtout leurs marges afin de commercialiser au juste prix leurs voitures électriques.
Les constructeurs automobiles ont lancé une nouvelle campagne de communication en fustigeant les décisions des villes comme Londres, Paris, Stuttgart de bannir les voitures diesels. Le nouveau slogan: «ce n’est pas aux politiques de choisir la technologie gagnante de demain». Là, il faut penser à quelque chose de triste pour ne par hurler de rire.
Mercedes va investir 1 milliard $ à Tuscaloosa, Alabama, USA afin de réaliser ses futures voitures électriques. La marque Allemande établit ainsi des usines électriques en Europe, USA et Chine.
La start-up Lilium a levé 90 millions $ pour son avion électrique, à décollage vertical, capable de transporter jusqu’à 4 personnes à 300 km/h sur de petites distances.
Lilium avion électrique à décollage vertical
Chine
Les réserves de gaz de schiste ont diminué de 6% en 2016, selon le ministre des ressources. Les réserves se montent à 122 milliards m3 contre 130 en 2015. La Chine va avoir de la peine à répliquer le modèle américain.
Dès janvier, grâce à 2 nouveaux pipelines sibériens, les raffineries chinoises vont recevoir du brut russe supplémentaire.
Pékin planche sur l’arrêt des ventes de véhicules à pétrole d’ici à 2030. La Chine est le plus grand marché mondial avec 28 millions d’unités vendues en 2016 ce qui va radicalement transformer l’industrie. En 2016, 507’000 voitures électriques ont été vendues sur le territoire.
La construction de voitures électriques explose en Chine avec une croissance de +200% et un million d’unités produites. La Chine possède la moitié de la production mondiale de voitures électriques ainsi que la moitié des heureux propriétaires qui peuvent se recharger auprès des 180’000 stations de recharges.
Les producteurs de batteries, de moteurs et les autres fournisseurs de composants représentent le 70% du marché mondial.
Le pays est devenu le leader mondial de ce secteur et l’Europe est clairement à la ramasse. Pas étonnant que les experts questionnés dans les médias occidentaux n’ont pas encore vu arriver la vague asiatique et parient toujours sur le diesel.
En août, la croissance économique est passée à 6% au lieu des 6,6% prévus. Le frein pourrait venir la réduction de la capacité industrielle et des mesures contre la pollution.
Europe
Angleterre
Alors que le marché anglais de l’électricité est totalement libéralisé et sous l’emprise du «free market», il semble que la main invisible du marché se soit arrêtée quelque part au niveau du porte-monnaie. Les 6 grands acteurs, réunis dans un cartel non-officiel, perçoivent une marge moyenne de 39% et certains rétribuent leurs actionnaires jusqu’à 34,3% de leur chiffre d’affaires!
Le pays met en vente aux enchères la réalisation de nouvelles fermes d’éoliennes. Les prix devraient avoisiner les 6,5 ct € le kWh sur une durée de 15 ans. Lors de la dernière mise aux enchères de 2015, le tarif était de 12,8 ct. En comparaison, le projet de centrale nucléaire EPR d’Areva à Hinkley Point propose un prix de 12,5 ct € le kWh.
Le 48% des achats fait par le Gouvernement dans l’installation de nouvelles fermes d’éoliennes retournent à des entreprises du Royaume. D’ici à 2021, 16 milliards $ seront investis dans ce secteur.
Le Norvégien Statoil annonce la mise en service de 67 éoliennes, dans la ferme Dudgeon à proximité des côtes anglaises. D’ici à octobre, 410’000 ménages anglais pourront être alimentés.
Finlande
TVO, le producteur électricité finnois, a fait appel à Commission Européenne de l’aide financière apportée par le Gouvernement Français à Areva. Normalement, les entreprises s’opposent aux aides étatiques. Dans ce cas, TVO reproche à l’Etat français de ne pas assez subventionner Areva!
En effet, TVO a eu l’idée saugrenue de commander la première centrale nucléaire EPR au géant français. Avec tous les problèmes de construction, TVO demande 2,6 milliards € de dédommagement à Areva. L’entreprise finnoise s’inquiète de la capacité du français à payer cette sanction. Le jugement aura lieu avant la fin de l’année.
Le géant énergétique finlandais, Fortum, a lancé une offre publique d’achat sur le géant énergétique Allemand EON. Montant de l’offre: 8,1 milliards €.
Dans l’ombre de cette transaction, on retrouve la patte de la pieuvre Goldman Sachs qui conseille… Eon.
Bref, cette offre arrive une année après la division en deux entités: Uniper avec la production d’électricité fossile et EON avec des actifs propres en renouvelable. Le Groupe Finlandais pourrait revendre les unités de productions comme les centrales à charbon et à gaz qui ont été presque entièrement amorties dans le bilan d’EON et laisser les centrales nucléaires en rade.
La transaction est d’autant plus louche qu’il y a Goldman Sachs aux commandes. Historiquement, c’est toujours le contribuable qui passe à la caisse à la fin de l’histoire.
Danemark
Le constructeur d’éolienne Vestas et Tesla Motor désire unir leurs forces afin de créer une solution de stockage électrique basé sur les éoliennes.
France
L’Etat engage la cession de 4,1 % du capital de l’énergéticien Engie. Pour faire passer la pilule, Paris enrobe cette vente avec la traditionnelle formule 100 fois utilisées mais qui marche toujours: «afin d’alimenter un fonds de 10 milliards pour les investissements dans les technologies innovantes». LoL
Les dirigeants de l’entreprise EDF estiment difficile, voire impossible, que les futurs réacteurs nucléaires produisent des électrons à un coût plus faible que les nouvelles centrales éoliennes ou solaires. Il faut souligner le très beau travail d’introspection de la part d’EDF.
Total poursuit son développement dans les énergies renouvelables. En 2011, Total avait pris le contrôle du fabricant californien de panneaux solaires SunPower pour 1,6 milliard de dollars. Ce mois, Total a pris une participation de 23 % dans la société Eren Renewable Energy (EREN RE) à travers une augmentation de capital de 237,5 millions d’euros. Eren possède un portefeuille d’actifs dans l’éolien, le solaire et l’hydraulique d’une capacité de 650 mégawatts (MW) en exploitation ou en construction dans le monde.
Après Alstom et la vente pour une bouchée de pain GE, la justice américaine a décidé de mettre Areva dans son collimateur. Sous la pression et la menace d’une forte amende, est-ce que les USA vont tenter d’offrir un nouveau fleuron français à General Electric?
Après l’achat d’Alstom, l’américain General Electric, GE, est maintenant en charge des turbines à vapeur des 58 réacteurs nucléaires sur le territoire français ainsi que dans toutes les centrales réalisées par les français à travers le monde.
Pour un montant de 1,9 milliard $, les 2 réacteurs EPR, livrés à l’Angleterre à Hinkley Point, seront équipés des turbines Arabelles développées à l’époque par Alsom et ensuite données à GE.
Ecosse
Le pays désire effectuer une transition des voitures à pétrole d’ici à 2032 soit 8 ans avant l’Angleterre. Nicola Sturgeon désire étendre les points de recharge de voitures électriques.
Suisse
La plus haute instance juridique Suisse, le Tribunal Fédéral, a demandé à la centrale nucléaire de Leibstadt et à l’autorité nucléaire suisse (ISN) de publier les chiffres des émanations radioactives de la centrale. Motif: ces données sont importantes pour les citoyens.
Un exercice d’évacuation et de sécurité a été mis sur pied à la centrale nucléaire de Muhleberg. Selon les organisateurs, les résultats ont été positifs. La région, qui compte plus de 500’000 habitants, a réalisé cette évacuation «grandeur nature» avec … 12 personnes! Nous voilà totalement rassuré.
Les prix de l’assurance maladie augmentent en moyenne de Frs 250.—/an par personne et de Frs 800.–/an pour une famille de 4 personnes. Depuis 2015 la hausse dépasse les Frs 1’500.—pour cette même famille!
Bien que les assureurs font tout leur possible pour arriver au niveau des arnaques de Bernard Madoff en personne, c’est le calme plat à part quelque tweet et messages dans les forums. Paradoxalement quand les prix de l’électricité augmentent de Frs 10.–/an/personne afin de financer les énergies renouvelables, les politiciens montent aux barricades et l’on parle de scandale et de pauvreté.
Russie
Le Chinois CEFC China Energy a acquis 14,1% des actions dans la compagnie pétrolière russe Rosneft à pour un montant de 9 milliards $. Les actions ont été achetées au Suisse Glencore et au Qatar Investment Authority. Moscou pivote vers Pékin alors que les américains réussissent leur pari de diminuer les livraisons énergétiques de la Russie vers l’Europe.
La Russie aurait baissé sa production à 10,9 millions b/j (-337’000) ce qui correspond à la demande de l’OPEP, même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP.
Dessin: l’excellent Chappatte
Les Amériques
Schiste USA
Le pétrole de schiste atteint 6 millions b/j grâce notamment au Bassin Permien qui est passé de 300’000 b/j en 2011 à 2,6 millions aujourd’hui. Si l’on se fie aux expériences du Bakken ou d’Eagle Ford, où seuls les 10 à 15% des champs contiennent du pétrole, les mathématiques peinent à s’aligner sur les rêves de Trump.
Selon l’agence Wood Mackenzie, le Bassin Permien pourrait toucher le peak oil à 3,5 millions b/j, à moins d’une magie technologique.
Les forages de schiste nécessitent 7 barils d’eau pour extraire 1 baril de pétrole.
Les décharges du Colorado sont en train d’être envahies par les résidus radioactifs des forages de schiste. Les autorités ont pris conscience de ce phénomène et tentent d’interdire cette pratique. Les boues qui remontent des forages contiennent naturellement de l’uranium.
Venezuela
Le président Maduro a annoncé que les porteurs d’obligations du pays sont à 75% dans les mains américaines et canadiennes. Moscou, le plus grand débiteur du pays, a confirmé que Caracas a demandé la restructuration de sa dette.
Canada
La production pétrolière canadienne toussote et voit son plus grand nombre de factures impayées depuis les 12 derniers mois. Le pétrole canadien nécessite des prix du baril bien supérieur à 50$ pour être rentable.
Mexique
Le pays fait face à des catastrophes naturelles en série. Après les ouragans, deux tremblements de terre ont fortement secoué le pays.
Shell a ouvert sa première station d’essence dans le pays. La major va investir 1 milliard $ dans les 10 prochaines années.
Brésil
On le savait avant qu’il devienne président, mais l’information devient presque officielle: el presidente senior Temer est impliqué dans des programmes de corruption. Le scandale «Lava Jato» (lavage de voitures) se compose de deux anciens présidents, du président actuel, des deux responsables des deux chambres du congrès, 19 avocats et 30% des ministres du gouvernement de Temer.
De son côté le Président Temer tente de stabiliser l’économie du pays. Il propose de vendre les joyaux de la couronne dont la Loterie Nationale ainsi que la plus grande entreprise électrique du pays : Electrobras.
Argentine
Les habitants Mapuche dans la région de la Vaca Muerta, Mendoza bloquent la construction de forages de schiste dans ce qui pourrait être le deuxième plus grand réservoir de schiste au monde.
Depuis le début de l’année, les habitants ont réussi à bloquer 14 forages dans la Loma de la Lata. Seulement deux puits sont en activité dans ce territoire grand comme la Belgique.
Dessin : Chappatte
Moyen-Orient
Irak
Le référendum sur la création d’un Etat Kurde a passé avec 92% de votes positifs au grand malheur d’Israël, de la Turquie, du gouvernement de Bagdad, de l’Iran et des USA.
Cette décision est d’autant plus importante que les Kurdes sont assis sur une montagne de pétrole. Une réserve de 45 milliards de barils et une production de 600’000 b/j pour être précis. A vue d’œil, cela ne devrait pas se passer comme sur des roulettes d’autant, que pour simplifier la chose, la Russie s’implique de plus en plus dans le pétrole kurde et que l’Iran a déjà bloqué tout transit de pétrole Kurde sur son territoire.
L’année dernière, Moscou a investi 4 milliards $ pour des projets gaziers et pétroliers. Ce mois, Rosneft a proposé 1 milliards $ pour un gazoduc qui relierait le Kurdistan avec la Turquie. Grâce aux kurdes, Moscou est en train de griller la politesse à Washington.
Iran
L’entreprise anglaise Quercus va construire l’une des plus grande ferme solaire au monde. Les 600 MW seront installés pour 500 millions €. D’ici à 2020, l’objectif iranien est d’injecter 5 GW de capacité solaire soit l’équivalent de 5 centrales nucléaires.
Après un discours incendiaire de Trump à l’ONU, le président iranien Rouhani a répondu: «En violant ses engagements internationaux, la nouvelle administration américaine détruit simplement sa crédibilité pour les négociations futures».
Le Président Trump se donne jusqu’au 15 octobre pour décider s’il maintient l’accord avec l’Iran ou s’il désire le renégocier. En parcourant ses Tweet, la probabilité n’est pas nulle que l’accord soit dénoncé. Cependant, la Russie, la Chine et certains pays Européens qui ont liés des liens économiques importants, ne devraient pas suivre les intentions de Washington.
Emirats Arabes Unis
Shangai Electric (Chine) et ACWA Power (UEA) ont remporté un marché de 3,9 milliards $ pour la construction d’une ferme solaire à concentration avec une tour de 250 m. de hauteur. Nouveau record du monde.
Dubaï va tester un drone taxi électrique et autonome, capable de transporter 2 personnes.
Drone Taxi Electrique par Volcoptère
Asie
Inde
L’Inde rejoint la liste des pays qui désirent terminer l’utilisation des voitures à essence. L’objectif est fixé à 2030.
Corée du Nord
Le prix de l’essence et du diesel ont fortement augmenté depuis les nouvelles sanctions notamment avec la réduction de 30% des livraisons de pétrole.
Kim Jong Un s’est spécialisé dans l’augmentation du nombre de tweets du compte @RealDonaldTrump.
L’homme semble être brillant et manipule l’opinion publique avec maestria. Le timing des missiles le montre. A défaut de maîtriser l’arme atomique, il maîtrise l’agenda de Trump.
Kazakhstan
Le gisement de Kashagan, le plus grand champ offshore et la plus grande découverte depuis 40 ans, trouve enfin son rythme de croisière. D’ici à la fin de l’année, il produira 370’000 barils/jour et 450’000 d’ici à 2019.
Japon
TEPCO, le propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, a été condamné à indemniser certains anciens résidents qui ont dû fuir et abandonner leurs maisons. Dans ce cas, la cours du district de Chiba condamne TEPCO mais pas le gouvernement japonais.
En mars dernier, un premier jugement, dans un autre cas, avait condamné TEPCO et le Gouvernement.
Dessin: Chappatte
Afrique
Nigeria
Le bateau d’extraction et de stockage pétrolier Egina FPSO (Floating Production Storage and Offloading), en construction en Corée du Sud, devrait arriver courant 2018. Ce bateau construit Samsung Heavy Industries et commandé par Total permettra d’extraire 200’000 b/j supplémentaires. Le Nigeria a insisté pour que Samsung intègre un maximum d’entreprises nigériennes dans sa construction.
Le ministre du pétrole, M. Kachikwu souligne que la production du pays reste en-dessous de 1,8 million b/j. et respecte les quotas de l’OPEP. Il reste à vérifier si ce chiffre est vrai.
Libye
En août, la production pétrolière avait baissé de 990’000 b/j à 830’000 b/j suite à des fermetures de pipelines à cause des groupes armés comme la Reyayna Patrol Brigade.
Peak Energy – Peak Oil
Le norvégien DNV GL, expert dans le domaine de la gestion des risques, pense que la demande d’énergie va se stabiliser dès 2030 et ensuite va diminuer grâce à l’efficience énergétique. Pour le pétrole, le peak devrait arriver en 2022 sous la pression des voitures électriques.
Phrases du mois
«Comme il est stupéfiant de voir tous les constructeurs automobiles allemands, dirigés par des hommes qui sentent l’essence, se lever et embrasser la voiture électrique.» Max Warburton, analyste à Bernstein
“Artificial intelligence is the future not only of Russia but of all of mankind,” Putin said. “Whoever becomes the leader in this sphere will become the ruler of the world.” Elon Musk, Fondateur Tesla Motor
«Les USA se trompent au sujet de l’Abondance Energétique en général et le pétrole en particulier. Pourtant, ce n’est pas ce que nous entendons de la part des supporters de l’industrie et des médias. De leur part, nous entendons des promesses en or et des richesses à venir. Ces récits contiennent une part de vérité, une part de mythe mais beaucoup de fantaisie. Ces deux derniers, mythe et fantasme vont gravement impacter les investisseurs ainsi que les politiciens qui prennent des décisions d’investissements extrêmement médiocres. » Chris Martenson. www.peakprosperity.com
«Ce n’est pas le temps de parler de changements climatiques”. Scott Pruitt, Administrateur de l’Environmental Protection Agency Administrator avant l’arrivée de l’ouragan Irma en Floride. Le même jour, Fox News publiait sur la page d’accueil. Irma arrive. Où est Dieu ?
« Les coûts financiers pour reconstruire les Iles Vierges Brittaniques s’élèvent à 3-5 milliards $. Les coûts pour reconstruire Houston se chiffrent en milliards $. Si tout cet argent pouvait être investi dans les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien, au futur, nous n’aurions pas à souffrir de ces affreux événements. Cela serait bien mieux que devoir réparer les maisons détruites ». Richard Branson.
Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.
Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Qatar: 1,5 jour de production pour le PSG et Neymar
– Texas: L’ouragan Harvey disrupte le pétrole
– USA: Déjà les premiers signes du déclin du pétrole de schiste
– Chine: Feu vert pour réaliser un nouveau réacteur nucléaire
– Venezuela: Bras de fer Russo-Américain pour le contrôle de Citgo
– Angleterre: Après l’essence, Shell va vendre de l’électricité!
Même l’ouragan Harvey n’aura pas réussi à faire remonter le baril de pétrole. Au contraire, il baisse: 50.86$ à Londres (51.49 juillet) et 45.96$ à New York (49.04 juillet).
L’uranium est toujours en vacances 20.50$ (20.50$ juillet).
Monde
En juillet, la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine a enregistré le deuxième mois le plus chaud sur la planète terre.
Nucléaire
Il semble que les constructeurs de centrales nucléaires sont engagés dans une féroce compétition afin de réaliser le plus grand fiasco financier. Areva garde une longueur d’avance avec les dépassements des budgets des EPR à Flamanville en France et à Olkiluoto en Finlande. Les deux centrales en Angleterre devraient également faire un carton. Cependant Toshiba remonte la pente.
Ainsi, Santee Cooper and South Carolina Electric & Gas Company a ordonné à Toshiba, Wetinghouse, l’arrêt de la construction des deux centrales nucléaires AP1000 à VC Summer plant, à Jenkinsville, Caroline du Sud, USA. Motif: une spirale haussière des coûts incontrôlables. Initialement devisé à 5,1 milliards $, le score actuel est de 11,4 milliards $ et la date de livraison passe de 2019 à 2024. Avec l’arrêt immédiat, Santee Cooper aura dépensé 4,7 milliards mais économisera 7 milliards $.
OPEP
La production du cartel dépasse de 470’000 barils/jour (b/J) les quotas imposés. Quand les coûts de production sont inférieurs à 50$, les pays producteurs sont satisfaits de vendre leur pétrole et de générer du cash.
Dessin Chappatte, Le Temps
USA
Trump a signifié à l’ONU son retrait officiel de l’accord de Paris sur le climat.
Dame Nature est très joueuse. L’ouragan Harvey a balayé le Texas et notamment les champs du très polluant pétrole de schiste d’Eagle Ford. De plus, Harvey a réussi à mettre hors service la plus grande raffinerie pétrolière américaine à Port Arthur ainsi que 12 autres unités et de nombreux forages. Du côté humain, c’est une tragédie.
Le dernier jour du mois, 20% de la capacité de raffinage pétrolier est hors service et Washington a commencé à puiser dans les réserves stratégiques pour combler le manque. De plus, 40 tankers pétroliers ont été redirigés d’Europe vers les USA.
Bonne nouvelle pour les assureurs américains. Une grande partie des propriétaires des maisons ravagées par les inondations de l’ouragan Harvey possèdent une assurance de base qui ne couvre pas les inondations.
La demande d’essence a atteint un nouveau record aux USA à 9,85 millions b/j. Le club automobile AAA constate que le prix moyens des carburants est de 2,34$ le gallon, soit 0.61 ct le litre.
La production pétrolière US atteint 9,5 millions b/j en août, un plus haut depuis 2 ans. Paradoxalement, le prix du baril est toujours en-dessous de 50$. A ce tarif la grande majorité des exploitants perdent de l’argent.
Avec le départ de Steve Bannon de l’admiration Trump, le charbon a perdu son plus grand supporter. M. Bannon voulait accorder à l’industrie du charbon des subsides à hauteur de 15$ la tonne et taxer fortement l’importation de panneaux solaires chinois.
Les USA ont effectué une première livraison de gaz liquide de schiste à un pays de l’Est: la Lituanie.
Selon l’EIA, la production des forages offshores du Golfe du Mexique devrait atteindre son peak oil en 2017 avec 1,91 million b/j. Le nombre de forages actifs ainsi que la mise en service de nouveaux puits n’ont pas cessé de diminuer depuis 2014.
L’élémentaire John Watson, CEO de Chevron, va être remplacé par Michael Wirth. Chevron a essuyé une perte de 497 millions $ en 2016.
Tiens, les banquiers américains sont en train de vendre les actions de leurs propres banques. Quand votre banquier vend les actions de sa propre banque, c’est un peu comme la mer qui se retire avant un tsunami.
La 7ème flotte américaine basée en Asie ne tient pas la grande forme. Depuis le début de l’année, 4 bateaux militaires américains sont entrés en collision avec d’autres bateaux. Ce mois, c’est l’USS John S. McCain qui a réussi à heurter le pétrolier Alnic MC qui était à l’arrêt et ancré à l’est des côtes de Singapour.
L’administration Trump, via Benjamin Friedman, a démantelé le comité scientifique de la National Oceanic and Atmospheric Administration concernant le réchauffement climatique.
Le Gouverneur de la Californie, Jerry Brown, a donné son accord pour poursuivre la réduction de 40% les émissions de CO2 d’ici à 2030 (par rapport à 2016). Le gouverneur a demandé de repenser complètement l’Economie de l’Etat.
L’administration américaine a le chic pour tout faire de travers, jusqu’au choix des chaussures de la First Lady
Venezuela
La question reste ouverte pour savoir qui de Trump ou de Nicolas Maduro va être déchu en premier. Malgré les efforts continus du premier, le président Vénézuélien garde un petit avantage.
Les ventes de la major pétrolière nationale, PDVSA, ont chuté de 34% en 2016 à 48 milliards $. Le bénéfice s’est effondré de 90% à 828 millions $ contre 7,3 milliards $ en 2015.
Le Venezuela est le troisième fournisseur de pétrole à Washington et la chute du régime pourrait mettre à mal les livraisons aux raffineries américaines.
Statoil, Chevron et Total ont demandé à leurs travailleurs étrangers de quitter le pays.
Le Russe Rosneft a déjà payé à l’avance 6 milliards $ pour du pétrole et ne va pas faire de nouvelles avances tant que ce pétrole n’a pas été entièrement livré. Ainsi, afin de payer les dettes de Rosneft, Caracas a réduit ses livraisons à Citgo, qui paie en cash. Comme PDVSA possède 49,9% de l’entreprise américaine Citgo, si le producteur national PDVSA devait faire défaut, la Russie pourrait devenir l’heureuse propriétaire de plusieurs raffineries et stations d’essence aux USA.
Pour riposter à cette menace, Washington a imposé des sanctions bloquant la possibilité d’acheter de la dette vénézuélienne et bloquant la possibilité au Venezuela ou à PDVSA de rembourser ses dettes.
Le pays pourrait s’écrouler avant la fin de l’année.
Saturday Night Life SNL – Parodie Donald Trump
Arabie Saoudite
Ryad a produit 10 millions b/j en juin et n’a exporté 6,8. Comme d’habitude le royaume brûle d’importantes quantités de pétrole pour la climatisation d’un pays devenu invivable. La consommation intérieure a atteint 2,6 millions b/j durant les mois d’été.
Durant le 2ème trimestre, l’Arabie Saoudite a généré 269 milliards $ de revenus grâce au pétrole (+28% par rapport à 2016).
Ryad se focalise toujours sur la diversification de son économie afin d’anticiper la baisse des revenus du pétrole. Un premier contrat de 5,2 milliards $ pour la construction d’un entrepôt à Ras Al Khair a été conclu. Deux villes, l’une de la taille de la Belgique et l’autre de Moscou, sont en projet.
Avec le réchauffement climatique et la moyenne journalière à plus de 50 degrés ainsi que le manque d’eau, la liste des volontaires pour habiter ces villes ne sera pas facile à remplir.
Cet été, il a fait jusqu’à 53 degrés Al-Ahsa et Al-Kharj (à l’ombre).
L’IPO de Saudi Aramco est toujours au programme et Goldman Sachs tente d’avoir accès au gâteau. Pour des considérations politiques, le Prince Mohammed bin Salman aimerait que la mise en bourse se fasse à New York au lieu de Londres.
L’Arabie Saoudite tente de se rapprocher de l’Irak dans le but d’éloigner l’Iran de Bagdad.
Chine
Pékin a approuvé un plan pour que ses deux constructeurs nationaux de centrales nucléaires s’allient et réalisent un nouveau type de centrale nucléaire avec l’objectif de les commercialiser à l’étranger. A l’interne, la Chine développe un ambitieux programme nucléaire avec 200 GW d’ici à 2030. Dans la foulée, les chinois tentent de vendre leurs centrales nucléaires bon marché, mais bien peu de candidats ont le courage (ou la folie) de faire le pas.
Areva et Toshiba, qui ont donné leur savoir-faire aux chinois, se mordent les doigts.
En Chine, la demande d’énergie pourrait atteindre son pic d’ici à 2040 à 4,06 milliards de tonnes d’équivalent pétrole.
La Chine aurait découvert de vastes champs de méthane congelé à proximité de champs de pétrole et de gaz. Les ingénieurs ont réussi à pomper ce méthane mélangé à de la boue. Le Japon a également annoncé la même percée. Le méthane est un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2.
L’IEA pense que la Chine sera responsable de +40% de la consommation de gaz dans le monde d’ici à 5 ans.
Renault (25%) Nissan (25%) et le constructeur chinois Dongfeng Motor (50%) ont annoncé la création de la coentreprise eGT (dont les brevets appartiendront aux chinois) afin de développer et de vendre en Chine des véhicules électriques bon marché coût (3-5’000 euros).
Habituée à ne pas faire dans la dentelle, la Chine a débuté la construction du deuxième plus grand barrage hydraulique au monde, sur le fleuve Yangtze, dans la province du Sichuan. De son côté la ville de Pékin va augmenter sa flotte de bus électriques et va passer de 1’000 à 10’000 unités.
Les producteurs de charbon se frottent les mains avec de solides ventes. Les grandes inondations ont paralysé les installations hydroélectriques et le charbon a été appelé à la rescousse notamment avec l’importation de charbon américain.
La dette chinoise pourrait être supérieure de 6’800 milliards $ par rapport aux chiffres du gouvernement. Le montant des dettes pourries pourraient atteindre les 7’600 milliards $ d’ici à la fin de l’année, soit 5 fois plus que les estimations des banques (avec un ratio de 34% de dettes pourries.)
La Chine a raffiné 10,7 millions b/j en août, au plus bas depuis 7 mois. Il se pourrait que la réserve stratégique soit remplie. Si cette tendance continue, c’est un mauvais signe pour les producteurs pétroliers qui aimeraient voir les cours du baril remonter.
Le bateau de forage Deep-Sea Metro I, opéré par l’Espagnol Repsol pour le compte du Vietnam, a dû arrêter ses travaux dans le bloc offshore 136/3. Pékin conteste ce forage dans la mer de Chine.
La Chine perd 17% de sa production d’énergies renouvelables à cause de manque de capacité de stockage.
Chappatte
Europe
Suisse
Transocean, qui s’est judicieusement logée dans le Canton de Zoug à des fins d’optimalisations fiscales, a acheté son concurrent norvégien Songa Offshore SE pour 1,1 milliard $. La firme active dans le forage pétrolier répond à Ensco Plc qui a avalé Atwood Oceanics Incs pour 839 millions $. Un vent de consolidation plane sur le secteur des services pétroliers.
Addax Petroleum, active dans le trading, a décidé de quitter Genève.
Russie
Avec une baisse de production de 307’000 b/j par rapport à octobre 2016, la Russie est en phase avec la diminution de production demandée par l’OPEP (même si la Russie ne fait pas partie de l’OPEP).
L’équipe de Trump a imposé de nouvelles sanctions à la la Russie. Cette fois, les américains sanctionnent les entreprises européennes qui travaillent avec Moscou notamment dans le domaine de l’énergie et pour la construction du gazoduc Nord Stream 2. Historiquement dès 2014, les sanctions de Washington voulaient empêcher la Russie de développer le pétrole non conventionnel (schiste) dans le but de protéger les entreprises américaines contre une concurrence Russe.
En pratique, le norvégien Statoil travaille avec le russe Rosneft et BP pourrait débuter un autre projet ce qui a le don d’agacer Exxon ou Chevron.
Sous embargo technologique, les russes pourraient avoir découvert un système thermochimique de fracturation plus efficace que la fracturation américaine. Le processus pourrait augmenter la production de 1,7 à 6 fois.
Allemagne
Les constructeurs automobiles ont trouvé un filon pour écouler leurs voitures diesel truquées devenues invendables en Occident. C’est en Inde que les Allemands font le forcing pour écouler leurs stocks.
La capacité de production d’énergie solaire et éolienne se monte à 95 GW (+3,8 GW depuis janvier).
L’inflation est grimpée à 1,7% en juillet. Un record depuis 2008.
France
Total, la compagnie pétrolière française, annonce l’acquisition pour 7,45 milliards $ du Danois Maersk Oil & Gas, filiale du numéro un mondial du transport maritime Maersk. Le prix d’achat se situe entre 50 dollars et 55 $ le baril.
Elle permettra au groupe tricolore d’accroître ses réserves prouvées et probables de 1 milliard de barils, s’ajoutant aux 11,5 milliards actuels. Entre 2014 et 2020, la production de Total pourrait passer de 2,1 millions à 3 millions de barils par jour si les prix du baril remontent.
Record de chaleur en France durant le mois d’août. Le thermomètre est monté jusqu’à 42,8 degrés.
Le Qatar a offert Neymar et Kylian Mbappé au PSG pour 400 millions €. Somme colossale? Non, 1,5 jours de production pétrolière. A mettre dans la catégorie: “peu mieux faire”.
Angleterre
Royal Dutch Shell va vendre de l’électricité à ses clients industriels et montre sa capacité de passer de l’essence à l’électron. Cette stratégie représente une menace pour les producteurs électriques. Pour les autres pétroliers, cette position bouscule leurs business modèles basés sur le tout à l’essence.
L’américain Cuadrilla Resources va commencer l’extraction de gaz de schiste dans le Lancashire devant une opposition populaire de plus en plus forte. Si tout se passe comme prévu, d’ici à quelques mois, Cuadrilla Resources devrait annoncer un bouillon financier et sa retraite d’Angleterre.
Norvège
L’industrie pétrolière salive à l’idée d’extraire du pétrole le long des splendides côtes des Lofoten. L’élection à venir et la nouvelle sensibilité des norvégiens face au pétrole pourraient bloquer ce rêve.
Puisque l’on parle des Lofoten, il est possible de manger de la baleine dans un grand nombre de restaurants du coin. La Norvège dépasse le Japon dans la capture et la mise en conserve des baleines.
Arctique
Le bateau de gaz liquide Christophe de Margie, affrété par Total, a été le premier tanker à passer à travers l’Arctique sans aucune aide, pour livrer sa cargaison dans le port de Boryeong, Corée du Sud.
Le réchauffement climatique et la fonte des glaces ne font pas que des malheureux.
Le réchauffement climatique est un canular
Les Amériques
Brésil
Il y a quelques années seulement, Petrobras était la compagnie pétrolière la plus endettée du monde. Grâce à la nouvelle équipe et la découverte de puits offshores prolifiques, la situation est en train d’évoluer.
De son côté le président Michel Temer se débat toujours dans des histoires de corruption.
USA : Pétrole et gaz de Schiste
Dans le Bassin Permien, les investisseurs s’inquiètent de l’augmentation du ratio d’extraction pétrole/gaz. Les quantités de gaz ne cessent d’augmenter au détriment du pétrole. Historiquement, c’est un signe que les gisements se vident. Pioneer Natural Resources, l’un des plus grand producteur de schiste pourrait voir sa valorisation boursière baisser de 3 milliards à 19 milliards $.
L’optimisme du schiste américain s’étale presque partout. Les articles publiés par les agences de communication plébiscitent le schiste et annoncent des niveaux record de production dans les mois à venir. Objectifs: séduire les investisseurs et Wall Street.
Les meilleurs forages dans les champs du Permien, Eagle Ford, Bakken Haynesville, Marcellus, Niobrara et Utica ont produit 350’000 barils de moins par jour entre juillet et août. Comme le niveau de déplétion est très rapide, les producteurs ont dû mettre en service de nouveaux puits à hauteur de 350’000 b/j pour maintenir le niveau de production.
Le Permien possède la moitié des forages sur sol américain et certains experts pensent que la production de pétrole de schiste va entrer dans un déclin dans les 3 années à venir, qu’importe le prix du baril.
Le nombre de forages de schiste a diminué à 763 unités.
Les compagnies de pétrole de schiste tentent de diminuer la quantité de sable utilisé pour la fracturation. La forte demande pousse les prix du sable à la hausse. Le Texas produit 60 millions de tonnes à cet effet. Un forage consomme entre 12’000 et 25’000 tonnes de sable alors qu’il n’en fallait que 750 tonnes il n’y a encore que quelques années.
4 accidents pour la USS Navy.
Asie
Inde
La croissance des ventes de voitures a atteint 9,24% cette année et la majorité des voitures utilisent du diesel. L’Inde pourrait être une roue de secours pour l’industrie allemande qui cherche à se débarrasser de ses moteurs truqués et devenus invendables en occident.
Le géant Tata a installé, dans tout le pays, le système LoRa de la société Suisse Orbiwise. Ce système permet de connecter les objets (internet des objets) dans le cadre du smart city afin notamment d’améliorer l’efficience énergétique et l’intégration des énergies renouvelables .
Corée du Sud
Le CEO, Dirk Ahlborn, d’Hyperloop Transportation Technologies pense qu’il sera possible de mettre son train sur les rails d’ici 3 à 4 ans. La technologie magnétique propulsera le train à presque 1’200 km/h entre Séoul et Busan sur un trajet de 300 km.
IciNousYallonsDeNouveauStan (nouveau plan de Trump avec l’arrivée de nouveaux soldats en Afghanistan
Moyen Orient
Iran
Le Président Trump a émis le souhait d’annuler le traité nucléaire signé avec l’Iran bien que Téhéran remplisse les conditions. Du coup, le Président Rouhani a menacé de reprendre le programme nucléaire. Avec le chaos qui règne à Washington, il est difficile de savoir ce qui va se passer.
Moscou et Téhéran ont conclu un accord de troc de 500’000 b/j de pétrole iranien contre des équipements et des produits russes. Ce processus permettra aux deux pays de contourner les sanctions bancaires américaines.
Le frère du président Rouhani a été arrêté par les gardes de la Révolution et mis en prison probablement en signe d’avertissement. Malgré le support des électeurs, les conservateurs font pression sur le Président afin que les changements ne s’effectuent pas trop rapidement.
Irak
La production de juillet a légèrement baissé à 3,81 millions b/j dont 3,2 pour l’exportation. Une part grandissante de ce pétrole part pour les USA.
De nombreux voyages de dirigeants irakiens en Arabie Saoudite ont été dénombrés ces derniers mois. L’Arabie Saoudite tente de séparer Bagdad et Téhéran.
Afrique
Libye
Le plus grand gisement du pays, 280’000 b/j, a été bloqué par des milices armées. A travers le pays, plus de 360’000 b/j n’ont pu être extraits sur un total de 1 million b/j.
Le Commandant Khalifa Haftar de la Libyan National Army (LNA), qui a mis la main sur les ports pétroliers et permis au pays d’atteindre un niveau de production pétrolier élevé, s’est rendu à Moscou pour la deuxième fois en une année.
De son côté les américains supportent la partie opposée: le «Government of National Accord» (GNA). Ce jeu montre les alliances qui se dessinent afin de contrôler le pétrole libyen.
Nigeria
A 74 ans, le Président Muhammadu Buhari est retourné au pays après un séjour de 3 mois à Londres pour se faire soigner.
Dans le Delta du Niger, 800 habitants ont bloqué des installations pétrolières et réclamé du travail et le développement d’infrastructures.
Le Ministre du Pétrole, Ibe Kachikwu, estime que les coûts de production, corruption comprise, atteint 32$ le baril et que des efforts doivent être faits pour atteindre 15$ le baril. Pour l’instant, le ministre juge qu’il serait préférable que son pays cesse sa production pétrolière au lieu de produire à des coûts élevés et un prix du baril trop bas.
Shell avoue que ses opérations au Nigeria sont menacées par l’insécurité et les raffineries pirates dans le Delta du Niger.
Phrases du mois
«Nous ne pouvons pas demander à nos clients de payer pour un projet qui est devenu économiquement impossible”. Lonnie Carter, CEO Santee Cooper pour l’arrêt de la construction deux 2 centrales nucléaires, USA
“Quand les taux d’intérêts descendent, cela permet au pétrole de monter et ainsi d’augmenter la production. La chute des taux entre 1981 et 2014 a permis de retarder le peak oil… mais le peak de l’Economie n’est pas très loin. Nous n’avons pas besoin d’encourager le peak oil en remontant les taux (ndr aux USA) et en vendant les titres de la Réserve Fédérale Américaine. Nous avons besoin que les gens comprennent la connexion entre les taux d’intérêts et les prix du pétrole et combien il est important que les taux ne remontent pas.” Gail Tverberg,
« Tout le monde sait que la Chine a un problème de crédits, mais je trouve que les gens oublient souvent l’ampleur.» Charlene Chu
«Si dans un saut d’humeur, Donald Trump veut faire quelque chose contre Kim Jong Un, il y a peu de chose que peuvent l’arrêter. Le système a été construit pour assurer une réponse rapide, si nécessaire. Il y a donc très peu de contrôle sur l’exercice de l’utilisation de l’option nucléaire, ce qui est assez effrayant » James R. Clapper, Ancien Directeur du renseignement national
“Nous continuons de croire que le problème avec les nouvelles centrales nucléaires n’est pas l’utilisation du combustible nucléaire. La difficulté est économique. Une centrale est onéreuse, produit en continu alors que la production est devenue de moins en moins chère et décentralisée. A l’avenir, il y aura moins besoin de ces grandes unités de production indépendamment de leur combustible. De plus, les constructeurs de centrales doivent parier d’énormes sommes d’argent pour une production qui débutera dans 10 ans. Avec l’incertitude de la demande d’électricité et des prix, c’est un pari bien difficile à prendre.” Leonard Hyman et William Tilles Oilprice.com
Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.