Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Février 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Hollande: Pédalez et injectez votre électricité dans les réseaux
– USA: L’extraction de pétrole américain coûte très cher à ExxonMobil
– Suisse: Le parti politique PLR secoué par les jeunes et le climat
– Allemagne: Shell achète l’allemand Sonnen et ses batteries
– Europe: L’EU va acheter du biocarburant américain
– Algérie: Manifestations contre un 5ème mandat de Bouteflika
– Chine: Une station spatiale solaire pour générer de l’électricité
– Chine: Une application pour réviser les citations du président Xi Jinping.


Le pétrole est d’humeur haussière au point d’agacer le Sieur Trump, qui a sauté sur son compte Twitter, pour pointer du doigt l’OPEP.   A Londres, il (le pétrole pas Trump) termine ce mois à 66,39$  (fin janvier 60,86$). A New York, il pointe à 56,94$  à un cheveux de la barre des 57. (53,74$ fin janvier).

 

Graphique du mois

Il n’y a pas que les températures qui grimpent sur notre brave planète. En 2018, les dividendes mondiaux versés aux actionnaires ont grimpé de 9,3% à 1’370 milliards $. Parmi les généreux donateurs, les entreprises pétrolières et énergétiques. Dans le pétrole, les dividendes sont obligatoires pour appâter les investisseurs. Pour 2019, ils devraient encore grimper de 3,3%. Deviendrait-il plus agréable d’être un actionnaire qu’un travailleur?

Selon l’American Geophysical Union, la quantité de méthane dans l’atmosphère a fortement augmenté depuis 2014. Le méthane est l’un des gaz à effet de serre le plus efficace. L’extraction et l’exploitation de gaz contribuent à cette hausse. La mauvaise nouvelle: la demande de gaz liquide (LNG) pourrait doubler d’ici à 2030 à 550 millions de tonnes.

 

Pétrole

Le pétrole repart à la hausse. Malgré l’augmentation de la production du schiste américain, les disruptions du Venezuela et de la Libye ainsi que la demande chinoise donnent une poussée de fièvre à l’or noir. De son côté, la consommation européenne diminue au rythme de son économie.

Selon Bank of America et Merill Lynch, le pic de la demande (demand peak) pourrait être atteint en 2030. D’ici à 2024, la hausse de la demande freinerait à 0.6 million de barils par jour (b/j), (1,2 million pour 2019). Comme l’Economie mondiale est strictement corrélée à la quantité de pétrole consommée, il n’est pas impensable d’assister à un pic de la croissance.

A l’opposé de cette prévision, BP pense que la demande pétrolière sera résiliente durant les 20 prochaines années, même avec l’adoption des accords sur le Climat de Paris et l’arrivée des énergies renouvelables.

Cette année, la production pétrolière en eau très profonde va atteindre un record de 10,3 millions b/j, grâce à de nouveaux gisements du Brésil, du Golfe du Mexique, de l’Angola, de la Norvège et du Nigeria.

 

OPEP

Afin de soutenir les prix, l’OPEP+ avait décidé de diminuer de 1,2 million b/j sa production. Sans surprise, l’Arabie Saoudite porte le plus gros fardeau avec une baisse de 550’000 b/j et des exportations limitées à 7,687 millions b/j.

De son côté, la Russie (non membre de l’OPEP) traine les pieds et annonce qu’il est impossible de réduire sa production durant l’hiver.<insérer un éclat de rire ici>.

Moscou et Riyad ont un besoin de pétrodollars pour équilibrer leurs budgets. Est-ce que l’alliance Russie/Arabie pourra tenir encore longtemps? Un effondrement de la production pétrolière du Venezuela pourrait parfaitement faire l’affaire et arranger toutes les parties.

De son côté, Donald Trump, n’a pas pu s’empêcher de maintenir la pression sur l’OPEP: “Les prix du pétrole vont trop haut. OPEP, soyez relax et prenez-le calmement. Le Monde ne peut pas supporter une hausse de prix. Fragile!

 

Les pays du Mois

Arabie Saoudite

Le budget de l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 80$ pour couvrir son budget. On comprend l’envie de revoir le baril rôder dans ce quartier.

L’encre d’un bateau a coupé le câble électrique de la barge pétrolière offshore de Safaniyah. La production a été totalement arrêtée. En temps normal, l’incident aurait passé inaperçu. Mais avec la baisse de la production mondiale du brut lourd, cette coupure souligne la pénurie de cette qualité de pétrole nécessaire à la production de diesel et de kérosène.

Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale, va développer son business à l’étranger selon le Ministre de l’Energie, Khalid al Falih. Ce changement pourrait apporter un indice sur la diminution possible de la production du pays dans les années à venir. Saudi Aramco va ainsi jouer dans la cours des BP, Shell ou ExxonMobil. Comment cette décision va s’aligner sur les plans de MbS et « la dangereuse addiction pétrolière du pays » dixit le Prince, cela reste à voir.

Saudi Aramco a formé une joint-venture de 10 milliards $ avec le chinois Norinco pour développer un complexe pétrochimique et de raffinerie à Panjin city. La Huajin Aramco Petrochemical Co produira 300’000 b/j de carburants et annuellement 1,5 million de tonnes d’éthylène.

Afin de redorer son blason, le Prince Mohammed bin Salman (MbS) a effectué une tournée d’investissements en Asie. En Chine, il a promis 28 milliards $, 20 milliards avec le Pakistan ainsi que de la menue monnaie dans des raffineries en Inde. L’Histoire montrera si l’argent peut acheter des amis.

L’Europe a publié sa liste de pays peu recommandables, financièrement parlant, notamment pour des raisons d’aide au blanchiment et de manque de transparence. L’un des nouveaux venus est l’Arabie Saoudite, qui a adoré apprendre la nouvelle, eux qui ne sont pas susceptible du tout. Le Nigeria, autre membre de l’OPEP, fait également sont entrée. Dans ce cas, on peut se demander pourquoi il n’y était pas avant ?

Très joli coup de communication effectué par le Gouvernement. Pour la première fois, il a nommé une femme en tant qu’ambassadrice. La princesse Rima bint Bandar va succéder au frère cadet du prince héritier Mohammed ben Salmane. L’Arabie Saoudite a choisi la plus grande caisse de résonance pour montrer patte-blanche: les USA. De là à dire: “Vive le Prince ouvert et réformateur” il y a encore du chemin.

 

Presque…
Dessin: Chappatte

 

Russie

En janvier, la Russie a diminué sa production de 35’000 b/j à 11,38 millions. Le Ministre des finances, Alexei Sazanov a souligné que le peak oil Russe n’est pas d’actualité. Moscou prendra les mesures nécessaires pour maintenir la production pétrolière. Ce message entre en opposition avec le Ministre de l’Energie qui avait annoncé une baisse signifiante de la production dans les années à venir.

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, pense que la Russie ne rejoindra pas l’OPEP d’autant que les USA étudient des sanctions contre le cartel. Selon Reuters, les membres de l’OPEP ont défini les contours d’une nouvelle alliance tout en évitant soigneusement une référence sur les prix du baril.

Nouveau sommet Trump-Kim
Dessin Chappatte

Venezuela

Depuis que les sanctions imposées par les USA sont entrées en vigueur, la production pétrolière a chuté, de 1,17 millions b/j à moins de 800’000.

PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, ne peut plus importer des solvants et des diluants pétroliers pour diluer ses extractions de pétrole extra-lourd. La compagnie est dans l’impossibilité de produire 300’000 b/j sans l’injection de ces produits afin de liquéfier le pétrole dans le but de le transporter.

Le gouvernement Maduro a commencé à rationner les ventes d’essence dans le pays. La Russie, qui porte à bout de bras le gouvernement, devient de plus en plus pessimiste sur les chances de Maduro à sortir de cette crise. La conjonction entre le peak oil et les prix relativement bas du pétrole n’arrivent pas à équilibrer les budgets du pays qui dépendent à 96% du pétrole. Son successeur fera face au même dilemme. (Lire: Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela)

Le trader Trafigura, qui collaborait avec PDVSA pour des livraisons en Chine et aux USA, a décidé d’arrêter ses services.

Grâce à l’utilisation du dollar, les sanctions paralysent les payements vers l’entreprise pétrolière nationale PDVSA. L’argent déposé sur un compte bloqué sera à disposition du nouveau président soutenu par Washington.

Pékin a pris langue avec le parti d’opposition. On n’est jamais assez prudent. La Chine détient plus de 20 milliards $ de dettes ainsi que des gisements pétroliers dans le pays.

 

Explications ci-dessous
Source: ExxonMobil

USA

En 2018, ExxonMobil a investi 12,524 milliards $ en investissements (CAPEX) afin de produire 1,7 millions b/j. Rien qu’aux USA, la major a utilisé 7,67 milliards $ pour extraire seulement 551’000 b/j. Les 4,8 milliards restants ont généré 1,149 million b/j. Ainsi, Exxon dépense 3 fois plus pour extraire chaque baril de pétrole américain. Les résultats financiers montrent une tendance claire. Si les grandes majors n’arrivent pas à générer du cash avec le pétrole de schiste, qui pourra le faire ?

L’administration Trump veut annuler les limitations de consommation d’essence pour l’industrie automobile. Cette stratégie permettra au pays de consommer 500’000 barils de pétrole en plus par jour.

L’américain Bye Aerospace continue son chemin dans la création d’un avion électrique pour 4 personnes. Le Sun Flyer 2 est réalisé avec des moteurs électriques de 90 kW à 120 chevaux de Siemens. L’avion est également nettement plus silencieux qu’un avion thermique.

La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island va cesser son activité le 30 septembre prochain. Trois autres centrales nucléaires devraient fermer cette année.

Pour 218 millions $, Tesla Motor a acheté le fabricant californien de batteries Maxwell Technologies. Maxwell compte dans ses clients le chinois Volvo-Geely, Lamborghini et General Motors. Elon Musk désire réduire les coûts de production pour faire face à la concurrence chinoise. Maxwell travaille également sur une batterie au lithium sans solvant et avec des capacités supérieures.

VW va installer 100 stations de recharge PowerBack de Tesla aux USA. Suite au scandale des moteurs truqués, VW a dû créer une entreprise, Electrify America, avec une enveloppe de 2 milliards $ pour offrir des services de recharge aux automobilistes.

La National Oceanic and Atmospheric Administration annonce que les ouragans sur l’Atlantique deviennent de plus en plus violents et le changement climatique est l’une des raisons. L’étude s’est focalisée sur l’intensification et le passage rapide de la catégorie 1 à 4 ou 5.

La dette américaine vient de dépasser les 22 billions. Soit 22 fois 1’000 milliards $. C’est là que ça se complique, parce qu’aux USA, ils disent trillion, mais en Europe, nous disons billion. Mais aux USA un billion c’est un milliard. Par contre ici; un billion, c’est mille milliards. Bref, pour faire simple, ça fait: 22’000’000’000’000 $.

 

 

Europe

La Commission Européenne plie devant les USA. Du biocarburant à base de soja OGM américain sera importé par l’Europe pour alimenter les voitures européennes et voir les avions.

Le marché automobile européen est stable avec 15,6 millions de voitures (identique par rapport à 2017). La Norvège possède le plus grand parc de voitures électriques avec une part de marché de 31% sur son territoire.

 

Allemagne

La major pétrolière Shell a racheté l’entreprise allemande Sonnen, spécialisée dans le stockage d’électricité solaire pour les particuliers et les entreprises. Shell vend déjà de l’électricité en Angleterre et le transfert de son business, pétrole vers électricité, s’amplifie à petit pas. Les majors marchent ainsi sur les plates-bandes des fournisseurs d’électricité.

Shell se positionne également sur la livraison d’électricité pour les voitures électriques.

 

Belgique

Comme tous les jeudis, jusqu’à 90’000 étudiants se mettent en grève pour soutenir le climat. La réponse du gouvernement est cocasse. Des coaches climatiques ont été envoyés pour visiter les écoles afin de désamorcer le mouvement.

Une question un peu bête: Si en Belgique, 100 entreprises émettent 45% des gaz à effet de serre du pays, pourquoi ne pas envoyer ces coaches dans les entreprises ?

 

Angleterre

Le production de schiste Cuadrilla et le géant de la chimie Ineos pensent que l’extraction de gaz de schiste en Angleterre ne peut pas se faire avec les règles environnementales proposées par le gouvernement et signées par les industriels. L’entreprise américaine demande de relâcher les normes relatives aux tremblements de terre causés par les forages.

Cuadrilla tente de terminer un premier test à Preston dans le Lancashire. Elle n’a été capable d’injecter que 14% de sable avant qu’un tremblement de terre n’intervienne. Aux USA, la limite pour les tremblements de terre causés par le fracking sont autorisée jusqu’à 4 sur l’échelle de Richter. L’entreprise suggère de monter à 1,5 pour l’Angleterre.

BP reporte un bénéfice de 12,7 milliards $ pour 2018. Sa production pétrolière a augmenté de 2,4% à 3,7 millions b/j.

Dans son BP Outlook 2019, l’entreprise pense que la guerre contre le plastique va être le principal facteur pour diminuer la demande pétrolière. Le plastique représente 13% du pétrole. C’est la première fois que BP prévoit un peak oil.

 

Amsterdam, pédalez, produisez de l’électricité que vous injectez dans le réseau

 

France

Dès 2021, le constructeur Airbus arrêtera la production de l’avion géant A380. Les compagnies préfèrent les modèles plus petits. L’aventure avait commencé au début des années 2000.

Airbus annonce son premier prototype de Drone capable de transporter des personnes. Le mois passé, Boeing avait brûlé la politesse aux européens avec une annonce identique. A terme, ce type de drones-passagers pourront être propulsés par l’hydrogène en lieu et place du pétrole.

La dernière mouture du projet de loi «Energie France 2050» ne divise plus par 4 les émissions de gaz à effet de serre. Pour déguiser ce recul, le gouvernement Macron propose une «neutralité carbone». C’est drôle comme l’on sent immédiatement l’entourloupe!

Ainsi le Président compte sur les forêts, les prairies, les sols agricoles ou les zones humides pour faire le travail qu’il ne fait pas. Ce tour de passe-passe permettra au gouvernement Macron d’augmenter ses émissions de CO2 jusqu’à la fin de son mandat et de passer la patate chaude à son successeur. Il est intéressant de noter que ce sujet passe de président en président.

En 2016, la France émettait 463 millions de tonnes équivalent CO2.

 

Suisse

Ivan Glasenberg, président de géant minier Glencore a annoncé qu’il allait plafonner ses extractions de charbon à 150 millions de tonnes/an. L’élan «écologiste» de Glencore provient du fait que le Suisse a acquis plusieurs mines en 2018 et que les prochaines opportunités d’achats se font rares. Du coup, la multinationale en a profité pour reverdir son image.

Est-ce que les manifestations des jeunes pour le climat pourraient faire plier le parti politique de droite PLR (Libéral-Radical)? Les jeunes ont détourné le logo du parti FDP en «Fuck de Planet». La tête du parti a pris conscience que pour l’opinion publique le PLR se moque du défi climatique autant que Donald Trump. Le rétropédalage est édifiant à quelques mois d’élections et il souligne la potentielle puissance de la mobilisation des jeunes.

Lors d’une votation, le canton de Berne a décidé à 50,6%, de ne pas interdire la construction de nouvelles maisons avec du chauffage à mazout (diesel-fioul).

Depuis que Nestlé a arrêté de produire des bouteilles en verre et abandonné un système de recyclage performant, Nestlé Suisse produit 200 millions de bouteilles en PET à base de pétrole. Le système permet à la multinationale de passer les coûts

En moyenne par an, un suisse consomme 186 bouteilles en PET soit 1,4 milliards de bouteilles pour la Suisse. Le PET est réalisé à base de pétrole. Le 27% termine dans la nature ou sont brûlées. Le reste est broyé pour tenter d’être réutilisé.

Manifestation des jeunes pour le climat à Zurich
Le logo du parti politique, FPD en allemand, a été détourné en “Fuck de Planet”

 

Moyen-Orient

Iran

Les exportations sont supérieures aux attentes. En février le pays a exporté 1,3 millions b/j. contre 1 million en décembre. Ceci est dû aux exemptions accordées par les USA. Elles devraient s’arrêter à la fin du mois de mars.

Le ministre du pétrole, Bijan Zangeneh, a annoncé la fin de la 3ème phase de la construction de la raffinerie New Persian Gulf Star qui couvrira la consommation interne. Depuis des années, Téhéran devait importer des carburants de l’Inde ou l’Asie.

 

Irak

En janvier, la production irakienne a atteint son deuxième plus haut niveau à 4,081 millions b/j.

Dans la région de Basra, Basra Oil Co. va forer 40 nouveaux puits dans le but de doubler sa production de 240’000 b/j d’ici à 2021.

 

Qatar

Qatar Petroleum et ExxonMobil Corp annoncent un projet de 10 milliards $ pour la construction d’un centre d’exportation de gaz liquide (LNG).

 

Yémen

Le gouvernement soutenu par l’Arabie Saoudite espère augmenter la production de pétrole à 110’000 b/j en 2019. Abd-Rabbu Mansour Hadi contrôle le port de la ville de Aden et une région pétrolière.

Dans la capitale Sanaa, les groupes Houthi soutenus par l’Iran, contrôlent toujours le terminal de Ras Issa. Depuis 2015 et l’arrivée de l’armée Arabie Saoudite pour soutenir le gouvernement de Hadi, la production pétrolière a chuté.

 

Le Mur et l’Etat d’Urgence aux USA.  Dessin Chappatte

 

Les Amériques

USA pétrole de schiste

Selon l’EIA, Drilling Productivity Report, la production par forage est de 1’400 b/j dans le Bakkeen et Eagle Ford. Dans le Permian, l’extraction est de seulement 600 b/j. Cette différence implique qu’il faut deux fois plus de forages pour obtenir la même quantité de pétrole.

Les chiffres du schiste américain sont impressionnants mais la croissance d’extraction semble ralentir. L’EIA prévoit 12,4 millions b/j pour cette année et 13,2 pour 2020.

La pression des investisseurs demande de réaliser des bénéfices au lieu de se focaliser sur des records de production. Selon Cowen & Co, les investissements de production pourraient diminuer de 6% en 2019. Depuis le mois de janvier, l’on observe déjà une baisse du nombre de forages en activité (-32 unités).

 

Canada

Très mauvaise nouvelle pour le premier Ministre Justin Trudeau. La Cour Suprême a confirmé qu’une compagnie pétrolière ou gazière en faillite doit nettoyer et fermer ses forages abandonnés avant de payer ses créditeurs.

Cette annonce ne résout pas la crise de l’abandon des vieux forages dans une industrie qui croule sous les dettes. Il faudrait 260 milliards $ pour désaffecter, les forages, les pipelines et les mines des sables bitumineux.

 

Mexique

Le Mexique a produit 1,62 million b/j en janvier, au plus bas depuis 30 ans. Le nouveau président Lopez Obrador a offert à la compagnie pétrolière nationale Pemex un cadeau fiscal de 3,5 milliards $ pour les 6 prochaines années.

Comme c’est Noël avant l’heure, il a ajouté une couche avec 3,9 milliards $ d’investissements dans l’entreprise.

Pemex cumule une dette de 106 milliards $ mais elle n’est pas la seule compagnie énergétique à faire payer ses dettes par les citoyens. En France, EDF, qui bénéficie encore de 37 milliards € de dettes, a déjà épongé une partie de ce gouffre avec le même mécanisme.

Le président Obrador tente également de diminuer la dépendance du Mexique au gaz américain qui comble 50% de la demande. Le Mexique génère 60% de son électricité avec le gaz.

 

Le discours de Donald Trump devant les scénateurs
Dessin Chappatte

Asie

Inde

La demande d’électricité devrait doubler d’ici à 20 ans. Par le passé, le pays s’était tourné vers le charbon. Avec la chute des prix des énergies renouvelables, l’Inde se détourne de la lignite.

Au Cachemire, l’ambiance entre le Pakistan et l’Inde, qui possèdent tous les deux l’arme nucléaire, se réchauffe. Au niveau des avions abattus, le Pakistan clame un 2-0. De son côté l’Inde indique qu’elle gagne 1-0. L’arbitre du match est en train de regarder les images de la VAR pour en savoir un peu plus.

 

Chine

Les équipes des présidents Xi Jinping et Trump auraient trouvé un accord sur leurs relations commerciales. La Chine est en passe de devenir la plus grande puissance mondiale et la passation de pouvoir avec les USA est intéressante.

La Chine a importé 10,07 millions b/j (+5,1% en comparaison annuelle) de pétrole. Du côté du gaz, la croissance est de +26,8% à 9,81 millions de tonnes.

PetroChina extrait 733 b/j de pétrole de schiste dans le réservoir Jimsar, dans la province du Xinjiang. Le sol de la Chine n’est pas propice aux gisements de schiste.

Dans l’univers merveilleux du président Xi Jinping, l’application Xuexi Qiangguo permet de calculer la durée passée par les internautes à réviser les citations du président ou à visionner des vidéos consacrées à ses discours. Des points sont à gagner. Plus vous avez de points, plus il vous sera facile de trouver ou garder un job. L’application a été téléchargée 44 millions de fois depuis janvier.

La Chine aimerait construire une station spatiale solaire afin de capturer les rayons du soleil 24h/7. Pékin a déjà débuté la construction une tour expérimentale dans la ville de Chongquing. Cette technologie pourrait livrer de l’énergie à 99% avec des ratios 6 fois plus élevé que les fermes solaires actuelles.

 

La station solaire chinoise afin de générer de l’électricité

 

Afrique

Algérie

Un sursaut populaire, inédit et spectaculaire contre le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika a eu lieu dans le pays gazier contre le cinquième mandat du président actuel (et non pas en fonction).

Cela fait quelques années, que le brave homme est maintenu en vie pour permettre à son frère, Saïd Bouteflika, de diriger le pays dans l’ombre en accord avec une grande partie des généraux de l’armée. Abdelaziz Bouteflika a effectué un cours séjour à Genève, Suisse pour se remettre en forme.  Paradoxalement, son frère Saïd serait également malade.

Par la taille de ses réserves annoncées, l’Algérie est le 11ème plus grands pays gazier au monde.

 

Libye

Le pétrole attise toujours plus les milices. Cette fois, les forces libyennes de l’Est ont repris le contrôle du plus grand champ pétrolier: El Sharara (315’000 b/j). La compagnie pétrolière nationale, NOC, espère pouvoir redémarrer les extractions quand la sécurité sera garantie.

Si une baguette magique pouvait régler les bisbilles entre les différents groupes, la production pourrait remonter de 1 million b/j.

 

Nigeria

Le pays de 191 millions d’habitants a élu un nouveau président. Le choix se portait entre Atiku Abubakar qui possède une bonne réputation dans le crime organisé ou Muhammadu Buhari, 76 ans dans un état de santé précaire. Ce dernier a gagné. Il est rassurant de voir qu’un pays aussi important au point de vue du pétrole et du nombre d’habitants soit dans des mains solides.

Le gouvernement a trouvé une source de financement très lucrative. Elle consiste à exiger le payement de taxes par les majors comme Shell, Chevron, ExxonMobil, Eni, Total, Equinor pour un montant total de 20 milliards $.

Le Nigeria produit actuellement 1,8 million b/j de pétrole.

 

Afrique du Sud

Le français Total aurait trouvé du pétrole au large des côtes de l’Afrique du Sud. Le réservoir contiendrait 1 milliard de baril dont 30-40% récupérable.

 

Manifestations en Algérie: 5

 

Phrase du mois

A la question sur le climat, aux jeunes :  « Si on met une bouteille à la mer et qu’on la retrouve en 2050 ou 2100, si jamais il y a quelqu’un qui la retrouve, le message sera «désolé les gars, on est parti trop vite, on n’a pas rangé et remis les choses en place. On a foutu un bordel monstre et bon courage”.» Pablo Servigne

«Donald Trump est un homme qui a brigué la présidence pour faire grandir sa marque, pas pour la grandeur de notre pays. Il n’avait ni désir ni intention de diriger cette nation – il voulait seulement se vendre lui-même et accroître sa richesse et son pouvoir. M. Trump disait souvent que sa campagne serait «la plus grande infopublicité de l’histoire politique.» Michael Cohen, ancien avocat de Donald Trump

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Octobre 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Arabie Saoudite: La main de fer du Prince déborde en Turquie
– USA: TESLA annonce un bénéfice ainsi qu’un français pour remplacer Elon Musk
– Chine: Importations record de pétrole iranien avant l’embargo
– Australie: “Irresponsable” de sortir du charbon selon le gouvernement
– Israël: Plus de voitures thermiques dès 2030. Place à l’électricité
– Iran: Le pays met en vente son pétrole à la bourse pour contourner les USA
– Pétrole: Hausse de la demande prévue pour 2019
– Allemagne: Audi et Amazon s’allient pour recharger les voitures électriques
– Nigeria: Une grande partie du pétrole volé transite par le Cameroun.


 

Le pétrole fait des bonds de kangourou sans trop savoir où il va. A Londres, Il est passé de 86$ à 75$ en quelques jours. A New York, il perd presque toutes ses plumes, ce qui est paradoxal pour un kangourou. On le retrouve à 75,91$ (82,72$ fin septembre) à Londres et à 66,18$ à New York (73,25$ fin septembre).

Après une belle grimpette, l’uranium reprend son souffle et s’arrête net. On le retrouve assis sur un banc à méditer à la page 27.60$ (27.35$ fin septembre).

 

Graphique du mois: Utilisation de l’Energie dans les principales économies

Nous consommons toujours plus d’Energie.
Si l’efficience énergétique et l’utilisation des technologies propres gagnent du terrain,
l’accroissement de l’activité efface largement le tout.   Source IEA

 

Planète

Selon l’assureur Swiss Re, l’année 2017 a été la plus dispendieuse de tous les temps. Plus de 144 milliards $ ont été versés pour les catastrophes naturelles et le réchauffement climatique. Selon Edi Schmid, les pertes économiques se montent à 337 milliards $ et plus de la moitié des dégâts n’ont pas été couverts par les assurances.

Mammifères, oiseaux, poissons… sous la pression de l’homme, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60% entre 1970 et 2014, selon le WWF.

 

OPEP

Le cartel pense que la demande de pétrole va augmenter +1,54 millions barils/jour (b/j) cette année, et de +1,36 millions en 2019. Selon l’OPEP, les marchés sont bien alimentés en pétrole. L’Arabie Saoudite et la Russie (non membre du cartel) auraient encore une marge de manœuvre pour augmenter leur production et faire face à la demande.

D’ici à 2040, le Secrétaire Général, Mohammad Barkindo, estime qu’il faudra 11’000 milliards $ d’investissements pour que l’industrie pétrolière puisse suivre la demande dont 8’300 milliards avant la production.

En septembre, la production pétrolière de l’OPEP a augmenté de 132’000 b/j à 32,76 millions b/j. Les pays non membre de l’OPEP ont augmenté leur production de 2,2 millions b/j en 2018 (majoritairement les USA et la Russie).

Pour 2019, l’OPEP devrait livrer à 31,8 millions de barils par jour.

 

Pétrole

Les investissements pétroliers vont atteindre 500 milliards $/an en 2019 et 2020. En comparaison selon WoodMac, les investissements furent de 460 milliards $ en 2016, loin des 750 milliards de 2014. Selon WoodMac, il serait nécessaire d’investir 600 milliards $/an pour pouvoir assurer l’offre pétrolière et gazière pour les 10 prochaines années.

Du côté de Wood Mackenzie pense également que 100 milliards $ de plus sont nécessaires aux investissements actuels. L’OPEP et l’IEA demandent des investissements à hauteur de 1’000 milliards $. En résumé, il manque une coquette somme pour que nous puissions assurer l’approvisionnement pétrolier dès 2020.

Le FMI et l’Agence Internationale de l’Energie se soucient de la cherté de l’énergie avec un baril à 80$ ainsi que de son influence négative sur la croissance mondiale. Le Fond Monétaire International a revu sa croissance à 3,7% pour 2019 (-0,2%).

Le débat sur le peak oil se focalise souvent entre voitures électriques et thermiques. Cependant, la pétrochimie représente le tiers de la croissance pétrolière mondiale. Les besoins en plastiques, détergents, plastiques durs pour les tv ou ordinateurs et pesticides augmentent rapidement. Les USA et l’Europe consomment 20 fois plus de plastiques et 10 fois plus de fertilisants que les autres pays.

 

Transport maritime

Les nouvelles règles sur les émissions de souffre et autres polluants dans la marine marchande devraient entrer en vigueur dès 2020. Les armateurs peuvent soit installer des systèmes de nettoyage des fumées soit ralentir la vitesse de leurs bateaux. La seconde option est celle qui a retenu le plus d’attention.

L’utilisation des déchets de pétrole brut, comme carburant pour les bateaux, sera réglementée. Ce rebut des raffineries sera remplacé par une qualité qui se trouve entre le diesel et le kérosène. Ce changement va mettre une forte pression sur l’industrie de l’Aviation qui pourrait voir les prix du kérosène augmenter.

L’administration Trump cherche à ralentir l’introduction de cette mesure adoptée par tous les pays.

 

Dessin: l’excellent et talentueux Chappatte

 

 

Sous les projecteurs, les 3 pays du mois

Iran

L’embargo pétrolier et économique des USA va débuter le 5 novembre. Quel sera l’impact de la décision du président Trump sur un marché pétrolier qui a déjà de la peine à satisfaire la demande? La réponse viendra dans quelques mois.

Pour contrer l’embargo, l’Iran a tenté de vendre du pétrole à des acheteurs privés via une bourse de l’énergie. Seuls 280’000 barils ont été vendus à un acheteur, sur le million qui avait été proposé aux enchères avec un prix du baril à 79,16 $. Téhéran compte proposer son pétrole à la Bourse de l’énergie une fois par semaine. L’Iran espère que la vente de son pétrole à des acheteurs privés, plutôt qu’à des pays, rendra plus difficile la surveillance et le blocage de ses exportations par les Etats-Unis.

Les exportations pétrolières ont déjà diminué  (1,7 million b/j) dans des proportions inespérées pour Washington. Du coup, l’administration Trump pourrait autoriser quelques exceptions afin de ne pas faire trébucher le marché mondial du pétrole.

Selon Reuters, une quantité record de pétrole est arrivée dans le port chinois de Dalian. 20 millions de barils seraient en route au lieu des 1-3 millions de barils par mois. La Chine pourrait réduire ses importations iraniennes dès l’entrée des sanctions américaines.

Pour la première fois en 6 ans, la Corée du Sud n’a pas importé de pétrole de l’Iran.

 

Arabie Saoudite

L’assassinat du journaliste Khashoggi a vu éclore quelques réprimandes internationales. Est-il judicieux de se fâcher avec un royaume qui met 10 millions b/j de pétrole sur la table? Le président Macron a clairement répondu: non.

Dans les réseaux sociaux, le jeune Prince Mohammed bin Salmane, s’est bien offert quelques buzz gratifiants comme l’autorisation de conduire accordée aux femmes. Pour le reste, son management ressemble à une dictature traditionaliste hyper musclée.

Le ministre du pétrole, Khalid al Falih confirme que le pays extrait 10,7 millions b/j (+700’000 b/j) en quelques mois.

Pour contourner un éventuel blocage par l’Iran du détroit d’Hormuz, qui voit transiter 18,5 millions b/j, l’Arabie Saoudite a ajouté des capacités d’exportation de 3 millions b/j via la Mer Rouge.

Donald Trump pense que le roi d’Arabie Saoudite ne pourrait rester en place plus de 2 semaines sans l’aide militaire des USA. Il suggère que Riyad mette la main à la poche pour cette protection.

Lors de la dernière visite de Trump début 2018, le roi Salman bin Abdulaziz Al Saud avait acheté pour 110 milliards $ d’armements aux américains.

Saudi Aramco va installer une raffinerie de 400’000 b/j en Chine. L’objectif est de garantir la livraison de pétrole dans le pays du milieu.

Dessin:  Chappatte

 

USA

L’administration Trump a supprimé les règles de sécurité pour les forages pétroliers en haute mer. Ces règles avaient été édictées suite à la catastrophe de BP Deepwater Horizon en 2011. L’administration va également remettre sur le marché, des concessions pour forer en haute mer dans le Golfe du Mexique.

Après s’être fait remis à l’ordre par la bourse et démis de ses fonctions de Président de Tesla, Elon Musk continue de tweeter autant que Trump. C’est le français Jérôme Guillen qui a été nommé pour remplacer et épauler Elon Musk. Bonne nouvelle pour “the fixer”, Tesla a publié des bénéfices: 311,5 millions $.

Les élections de mi-mandat brassera, ou pas, les cartes du Sénat et de la Chambre. Les américains devront choisir entre un Trump droit dans ces bottes et des démocrates “progressistes” avec une sensibilité à fleur de peau sur le moindre sujet. Le taux d’abstention s’annonce élevé. In fine, le choix d’un l’un ou l’autre va déterminer la stratégie énergétique du pays (et du monde).

La croissance américaine a atteint 3,5% au 3ème trimestre. Elle était de 4,2% au 2ème trimestre.

La Maison Blanche a nommé Neil Chatterjee à la tête de la Commission Fédérale de l’Energie. Le brave homme est un ardent supporter des subventions pour le charbon et le nucléaire.

A l’approche des élections de mi-mandat, début novembre, l’une des craintes de l’administration Trump était l’envolée des prix du baril. So far so good.

Les habitants du Colorado vont voter pour augmenter la distance de sécurité des forges de schistes, notamment par rapport aux écoles et aux habitations. Les lobbies du pétrole ont déversé plus de 20,3 millions $ en publicité pour éviter que cette proposition passe. Réponse le 6 novembre.

ExxonMobil a fait une donation de 1 million $ pour un comité qui soutient les taxes sur le CO2. Le mois dernier, Exxon avait accepté de mettre 100 millions $ pour réduire ses émissions de CO2.

L’Etat de New York a porté plainte contre ExxonMobil au motif que “l’entreprise a trompé les investisseurs” au sujet du réchauffement climatique. Le fonds de pension de l’Etat de New York détient 1,5 milliard $ d’actions. Exxon connaissait depuis les années 80 l’influence du pétrole sur le climat mais avait tout fait pour cacher la vérité.

General Electric a passé l’achat d’Alstom dans pertes et profits pour une valeur de 23 milliards $. GE avait acheté le français Alstom pour 10,1 milliards $ et repris les dettes. Au total GE a affiché une perte de 22,8 milliards $ au 3ème trimestre. La division énergie de GE sera scindée en 2: les services gaziers dans la première partie et les générateurs et le nucléaire dans l’autre.  L’entreprise a distribué plus de 150 milliards $ de dividendes depuis 2000.

Boeing, JetBlue et Zunum Aero ont choisi Safran Helicopter Engines comme fournisseurs de turbines pour le prochain avion hybride/électrique, le ZA10. L’avion de 12 places aura une capacité de 1’000 km. Les coûts de fonctionnement de l’avion devraient être inférieurs de 60-80% par rapport à un avion à kérosène.

 

Zunum Aero, avion électrique hybride

 

Europe

L’essence diesel et le sans-plomb 98 ont changé de nom dans toute l’Europe. Le Diesel s’appelle «B». Le B7 indique qu’il s’agit de Diesel avec 7% de biodiesel (céréales ou huile de palme). Le Sans-Plomb 98 s’appelle «E5». Les fans de la Guerre des Etoiles espéraient R2D2, mais Bruxelles a tenu bon.

Le système installé par la Commission Européenne afin de contourner l’embargo américain sur l’Iran est un fiasco. Selon Kpler, agence de tracking pétrolier, l’Europe a diminué ses importations de pétrole iranien de 843’000 b/j durant les 12 derniers mois.

 

Russie

La production du pays pourrait monter à 11,4 millions b/j. Après avoir augmenté de 400’000 b/j durant cet été, Moscou annonce une augmentation de 300’000 b/j dans les mois qui viennent. Les gisements russes sont âgés et on peut se questionner sur l’ardeur de la production actuelle et l’influence sur la production future.

La Russie et l’Arabie sont devenus de bons amis depuis leur collaboration réussie afin de faire remonter les prix du pétrole début 2018. Pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, les deux compères planchent maintenant sur les prix du gaz liquide. Cela pourrait mettre de la pression sur le gaz américain.

 

Suisse

L’entreprise germano-suisse Innolith a développé un nouveau type de batterie, supérieure au lithium-ion. Cette batterie non organique ne prend pas feu et possède un cycle de vie 50 fois plus grande que sa collègue à 50’000 recharges.

A ce rythme, un I-Phone pourrait durer 100 ans (pour autant qu’Apple ne fasse pas une mise à jour). La solution sera offerte aux villes pour le stockage d’électricité. Pour l’instant, cette batterie n’est pas assez puissante pour équiper les voitures électriques.

A cause d’une sécheresse particulièrement sèche, le niveau du Rhin a bloqué pendant quelques jours la livraison de pétrole par bateaux.

Pour des raisons “stratégiques” mais surtout pour générer des liquidités, le producteur d’électricité Alpiq désire se séparer de ses deux centrales à charbon à Kladno et Zlin en Tchéquie.

Le canton du Jura ambitionne l’installation de 3 parcs éoliens. Le processus pourra durer une dizaine d’années.

 

France

Renault lance son programme «Advanced Battery Storage» qui utilisera les batteries usagées de voitures électriques afin de créer une méga batterie de 60 MWh. Ce système sera le plus puissant en Europe. En 2019, il sera installé en France et en Allemagne.

Lors du mondial de l’auto à Paris, le patron de Mercedes, Dieter Zetsche, a annoncé que « le diesel a encore de l’avenir car les moteurs sont devenus presque aussi propre que les moteurs à essence. » Il devait certainement se référer aux moteurs à diesel avec des logiciels “made in Germany”. Les rappels et les mises à jour de logiciels sur des voitures diesel Mercedes ont coûté 453 millions € à son entreprise.

Total devrait ajouter 500’000 b/j de pétrole d’ici à 2025 suite à des résultats positifs au Brésil et dans le Golfe du Mexique.

Suite à l’augmentation du baril de 30% et les taxes françaises, les prix des carburants ont augmenté de 25% à la pompe. Quelques 300’000 ont liké  (67 millions n’ont pas liké) une page Facebook, qui demande au gouvernement de diminuer les taxes sur le pétrole. En réalité, la grande partie de la hausse des carburants provient de la hausse des prix du baril.

Si ça coince à 80$, attendons de voir la réaction avec un baril à 100$. Il est pourtant assez facile de réduire sa facture d’essence. Il suffit de ralentir. A 100 km/h au lieu de 120 sur autoroute, et à 80km/h sur les nationales au lieu de 90, vous économisez  20% à 30% sur la douloureuse à la station d’essence.

 

Allemagne

BMW Northvolt et Umicore ont formé consortium afin de réaliser des batteries pour voitures électriques. L’Union Européenne a également décidé de soutenir financièrement la réalisation de batteries européennes afin de diminuer la totale dépendance des livraisons chinoises.

Le secteur automobile emploie 13 millions d’européens. Si la Chine continue sur le rythme actuel, une grande partie de ces emplois disparaîtront.

Audi a annoncé son nouveau SUV électrique le E-Tron. Aux USA, la firme allemande s’est alliée à Amazon pour les recharges électriques. Amazon entre dans la liste des distributeurs d’électricité.

Des milliers de militants, venus de toute l’Europe, ont bloqué la plus grande mine à ciel ouvert d’Europe à Hambach. L’entreprise RWE y exploite la lignite pour ses centrales à charbon. L’agrandissement du site a connu un revers au début du mois après le dépôt d’un recours par l’organisation environnementale allemande Bund. La justice a en effet estimé qu’un effet suspensif était pertinent jusqu’au verdict, d’ici 2020.

 

Siemens a inauguré le premier tram autonome à Postdam

 

Angleterre

Cuadrilla Resources a reçu l’autorisation d’effectuer des forages de gaz de schiste. Cependant, Schlumberger, l’entreprise contractée, devra faire des simulations pendant 3 mois afin d’éviter un tremblement de terre. Aux USA, cette procédure prend quelques jours pour des résultats souvent catastrophiques. Cuadrilla ne semble pas prêt à approcher un retour sur investissement d’autant qu’après quelques jours, des premiers tremblements de terre ont été ressentis.

Trois protestants contre les forages de schiste au Lancashire ont été condamnés à 16 mois de prison. C’est la première fois que des manifestants sont condamnés à la prison. Plus de 200 professeurs académiques ont signé une lettre pour que le système judiciaire révise cette absurdité.

Les USA ont mis en garde l’Angleterre que la Chine utilise le partenariat EDF-Areva pour construire les centrales nucléaires EPR d’Hinkley Point, afin de transférer du savoir-faire à des fins militaires. Selon les USA, la China General Nuclear profite de sa position dans le consortium franco-chinois pour un transfert de technologie. Ce message d’alerte intervient alors que Theresa May désire apporter de la lumière sur les investissements chinois en Angleterre.

Le timing de cette annonce surprend. Areva a construit 2 centrales EPR en Chine dont l’une entièrement construite par les chinois. Pékin a donc déjà effectuer ce transfert de technologie.

 

Europe: Le budget de l’Italie ne sera pas équilibré

 

Asie

Inde

Des subsides de 10 milliards $ sont prévus pour aider les entreprises mises en difficulté par l’augmentation des prix du pétrole.

Delhi active également des subsides afin de limiter l’impact de la hausse du baril pour les automobilistes. L’effort proviendra également des pétroliers qui acceptent de réduire leurs marges.

Le gouvernement planifie l’installation de 175 GW d’énergies renouvelables d’ici à 2022 dont 100 GW de solaire et 75 GW d’éolien.

 

Australie

Le gouvernement a rejeté la proposition de sortir le pays du charbon d’ici à 2050. Le plus grand exportateur mondial de charbon pense qu’il serait irresponsable de se conformer aux engagements sur le climat de Paris. Canberra donne la priorité à la réduction des prix de l’électricité au lieu diminuer ses émissions qui grimpent depuis quatre années consécutives.

Paradoxalement, Canberra prévoit plusieurs milliards $ de dédommagements aux agriculteurs qui subissent une sécheresse dévastatrice.

 

Le plus long pont du monde relie la Chine à Hong Kong

 

Chine

Pékin a lancé un plan de secours de 175 milliards $ pour relancer son Economie. Le tout est fait via des prêts bancaires obtenus en diminuant les réserves bancaires.

Les chinois sont très attaché au cash et représente le 70% de leur épargne privée.

Le bras de fer avec Donald Trump s’enlise. Pékin ne prend même plus la peine de répondre aux questions de l’administration US. Les chinois utilisent à merveille leur patience et leur capacité à calmer les ardeurs des entreprises locales et de la population. A ce petit jeu, qui va céder en premier?

Le Président chinois a demandé à son armée de se ternir prêt pour une guerre. Quand on connait la retenue des chinois, on peut s’interroger sur cette annonce. La vente d’armement américain à Taïwan irrite de plus plus en plus Pékin.

Selon S&P Global, la dette chinoise pourrait se monter à 6’000 milliards $.

La pollution en particules fines, 2,5 PM, a chuté d’un tiers grâce au remplacement du charbon par du  gaz. L’année dernière la Chine est devenue le 2ème plus grand importateur de gaz liquide mondial avec 38 millions de tonnes (+46% en un an).

En 2017, les chinois avaient acheté 29 millions de nouveaux véhicules (17 millions aux USA). Pour la première fois depuis 1990, les ventes sont en baisse. Les voitures importées représentent le 62% du marché chinois. L’arrivée sur le marché des voitures de seconde-main et le succès des véhicules en partage expliquent cette tendance.

Pékin annonce une augmentation du PIB de 6,5% au 3ème trimestre. La solidité des chiffres du gouvernement est admirablement synthétisée dans le dessin ci-dessous:

 

Les Amériques

Schiste américain

Le Secrétaire de l’Intérieur, Ryan Zinke, annonce que la production pétrolière grimpera à 14 millions b/j d’ici à 2020. Vicki Hollub, PDG de Occidental Petroleum Corp, pense que le Bassin Permien pourra produire de très larges quantités de pétrole pendant 10 à 20 ans. Autant d’enthousiasme fait plaisir à voir.

L’Agence Américaine de l’Energie a enfin annoncé que le manque d’infrastructure va ralentir l’augmentation du pétrole de schiste même si elle annonce une progression de 98’000 b/j pour le mois de septembre.

Les managers de fonds financiers s’insurgent contre les rémunérations stratosphériques des cadres des entreprises de schiste et demandent des dividendes. Si en début d’année, les producteurs parlaient de profitabilité et de dividendes, il est peu probable que ce veut se réalise d’ici à décembre. Est-ce que les investisseurs continueront à déverser leur argent dans ce qui ressemble au jeu de l’avion, la question reste ouverte.

Même avec une production de 700 barils/jour un forage de schiste n’est pas rentable. Quand après 1-3 mois, quand sa production descend à 300 ou 150 barils la situation s’empire. Faut-il continuer ? Jusqu’à présent les pétroliers ont allongé les forages utilisant 4 fois plus d’eau, de sable et de produits chimiques.  Cette stratégie a permis de doubler la capacité des forages mais à des coûts non rentables.

Le CEO de Schlumberger, Paal Kibsgaard, pense que le défi actuel est de mesurer la performance des gisements et des forages de schiste. «L’industrie doit comprendre comment les gisements réagissent lorsque nous continuons à déverser des milliards de litres d’eau et des tonnes de sable dans le sol. La capacité du plus grand champ de pétrole de schiste des USA, le Bakken, pourrait être bien moindre qu’espéré. Si la demande reste soutenue au niveau mondial, nous allons devoir trouver de nouvelles technologies

 

HES Energy Systems Element One planche sur la construction d’un avion à hydrogène
capable de transporter 4 personnes sur 500 ou 5’000 km.

 

Brésil

Jair Boslason a été élu nouveau président du Brésil. Il semble n’y avoir aucune casserole en forme de corruption sur son chemin. Sa stratégie pétrolière est attendue car le Brésil possède de larges champs pétroliers sur ses côtes. Du côté de l’environnement, il semble être aligné sur la position de Trump.

Pour 1,7 milliards $, Shell et Chevron ont gagné les mises aux enchères de droits de forages sur les côtes du Brésil.

 

Mexique

Pour la première fois depuis des décennies, le Mexique importe du pétrole pour sa propre consommation. Il y a 14 ans, le Mexique atteignait son peak oil. Durant les deux dernières semaines, les USA ont livré plus de 1 million b/j au Mexique.

 

Venezuela

Citgo, la compagnie pétrolière basée à Houston Texas, mais propriété du Venezuela depuis 1990, est ciblée par les créanciers étrangers. Si l’entreprise est saisie afin de rembourser les créanciers notamment américains, le pays perdra une grande source de revenus. Les tribunaux américains et européens rendront leurs décisions d’ici à décembre.

 

Argentine

Le pays est à nouveau dans une crise économique alors que sa monnaie a reculé de 40% contre le $. La Banque Centrale a relevé ses taux à 60% pour contrer une inflation de 30%. La demande de gaz naturel est en chute libre et le pétrolier national YPF a diminué sa production pétrolière.

Jusqu’en 2022, YPF va investir entre 4 et 5 milliards $ par année pour tenter d’augmenter de 5-7% sa production pétrolière et gazière notamment dans les gisements de schiste de la Vaca Muerta proche de de la région viticole de Mendoza.

 


Dessin: Chappatte

 

Moyen-Orient

Irak

Le nouveau ministre du pétrole, Jabar al-Luaibi, a issu un décret pour transférer les actifs de plusieurs compagnies pétrolières dans une seule unité : la National Oil Company.

La production a augmenté de 1% à 4,86 millions b/j.

Le gouvernement espère augmenter sa production de gaz notamment pour sa production interne d’électricité. Les sanctions américaines bloquent les livraisons de gaz iraniennes qui permettent de générer 1’200 MG d’électricité.

 

Qatar

Les coûts d’extraction du pétrole est passé de 47,10$ aujourd’hui à 24,20$ le baril il y a 10 ans.

 

Israël

Le ministre de l’Energie aimerait terminer les ventes de voitures à essence et diesel d’ici à 2030 et les remplacer par des véhicules électriques. Les camions pourraient utiliser le gaz naturel produit par les nouveaux gisements du pays. L’objectif est de diminuer la dépendance pétrolière.

Le premier train à hydrogène en Allemagne

 

Afrique

Libye

La situation est toujours chaotique. La National Oil Corporation a dû suspendre la production à la raffinerie de Zawiya pour des raisons de menace sur son personnel par les milices.

 

Nigeria

De manière répétitive, le Nigeria subit un désastre pétrolier. En général, c’est une brèche réalisée dans un pipeline, des villageois qui se rassemblent pour récolter le pétrole jusqu’à ce qu’une étincelle explose le tout. Ce mois, 150 personnes ont péris brûlés.

Deutsche Welle, la radio allemande, a investigué sur les 10 milliards $ de pétrole nigérien disparu durant les 2 dernières années. Il semble qu’une grande partie du pétrole se trouve au Cameroun ou certains membres du gouvernement, de la police, de l’armée sont impliqués. Le Cameroun produit 30’000 b/j en comparaison avec les 1,8 million du Nigeria. Le vol de ce pétrole devient une tradition et une source de revenus important pour ce pays de 25 millions d’habitants.

 

Phrases du mois

«Donald, si vous voulez trouver le coupable de l’augmentation des prix du baril de pétrole, vous devez vous regarder dans le miroir.» Vladimir Poutine

There’s a healthy price for oil and energy… it’s somewhere between $50 and $65 a barrel.  The world can live with this.” CEO of BP, Bob Dudley

Au 2 trimestre, deux-tiers des producteurs américains de pétrole ont vécu au-dessus de leur capacité financière bien que les prix du baril ont augmenté de 40% en une année et qu’il se trouvait sur les 70$. Cinquante majors US ont dépensé 2 milliards $ de plus que leurs revenus.» FactSet

«Le consensus du marché que le Bassin Permien de schiste peut continuer accroitre de 1,5 million b/j dans un avenir prévisible commence à être remis en question.» Paal Kibsgaard, PDG Schlumberger

We protect Saudi Arabia. Would you say they’re rich? And I love the King … King Salman but I said ‘King, we’re protecting you. You might not be there for two weeks without us. You have to pay for your military.'” Donald Trump

«Dans le capitalisme, les hommes exploitent les hommes. Dans le communisme, c’est exactement le contraire.» John Kenneth Galbraith

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Les USA pourront-ils compenser le pétrole Iranien?

Le Président Trump a annoncé ses nouvelles sanctions contre l’Iran, avec l’ambition de réduire à zéro les exportations d’or noir de Téhéran. Depuis, l’Agence de l’Information Energétique Américaine, EIA, effectue un rétropédalage sur ses enthousiasmantes données pétrolières.

Alors que Washington pensait pouvoir combler le manque iranien et éviter de propulser les prix du baril à des sommets dangereux pour la croissance mondiale, la partition a soudainement changé. Les USA ne semblent actuellement plus en mesure de réaliser cette ambition à moins de puiser dans les réserves pétrolières stratégiques du pays.


 

Depuis des années, l’EIA claironne l’embellie du pétrole de schiste. Inlassablement, elle publie des données hebdomadaires qui ne laissent planer aucune ambigüité. Les USA vont devenir le plus grand producteur mondial d’or noir.

A elle seule, la production US de pétrole non conventionnel représente déjà 7,522 millions barils par jour (b/j).

Dans les plans de Donald Trump, la croissance continue du schiste devait compenser la baisse des exportations iraniennes. Mieux, les USA ont l’opportunité de prendre des parts de marché chinois aux iraniens (même si les USA continuent d’importer plus de la moitié de leur consommation.)

 

Le pétrole de schiste plafonne

Ce printemps, l’Agence publiait des chiffres positifs sur la production du pays notamment grâce au schiste du Bassin Permien. La progression interne devait grimper de +1,44 million pour friser les 11 millions b/j d’ici à décembre.

Entre avril et mai 2018, l’augmentation prévue était chiffrée à +220’000 et +140’000 en août. En réalité, cette hausse s’est traduite par une baisse de -10’000 b/j. Aujourd’hui, l’Agence publie un objectif conservateur de 10,68 millions b/j d’ici à la fin de l’année.

«Nous sommes de plus en plus inquiet que l’augmentation de l’extraction de schiste croisse aussi lentement» souligne Jozef Lieskovsky, analyste sénior à l’EIA. Un bémol de l’EIA est assez rare pour le souligner.

Les raisons de cette baisse de régime proviennent du manque de capacité des transports du brut vers les raffineries. Les pipelines doivent encore être construits. Ils ne pourront évacuer le précieux liquide que dans 18 à 24 mois.

De plus, les gisements les plus prolifiques du Bassin Permien (Tier 1) montrent déjà des signes de fatigue. Certains producteurs s’attaquent aux gisements de deuxième catégorie (Tier 2) moins prolixes. Tant l’EIA que l’IEA (Agence Internationale de l’Energie basée à Paris) comptaient sur les réserves et les capacités Tier 1, du Bassin Permien pour répondre à la demande mondiale.

De leur côté, tous les autres gisements de schiste américains sont soit en baisse soit en très légère augmentation.

Sans surprise, les résultats financiers du 2ème trimestre montrent que plus d’une douzaine de compagnies pétrolières ont manqué leurs objectifs tant financièrement qu’aux niveaux de la production. Malgré la hausse des cours du baril, les producteurs ont perdu plus de 20 milliards $ depuis le début de l’année.

 

Maîtriser les prix du baril et protéger la croissance

En novembre, les sanctions américaines entreront en force. Initialement, la Maison Blanche espérait réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes. Aujourd’hui, Washington a mis de l’eau dans son vin et semble tolérer une diminution de 1 million b/j sur les 3,7 actuels, soit à un niveau comparable à avant les sanctions.

La croissance mondiale, prévue à 4,2% en 2019, nécessite de l’énergie. Aujourd’hui, les pétroliers extraient 99,4 millions de barils par jour (+1,1 million depuis 2017) et il en faudra en trouver 1,4 million de plus.

Dans le cas où l’offre n’arriva pas à suivre la demande, les prix devraient rapidement grimper. L’expérience de 2008 montre qu’il n’aura fallu que quelques mois pour propulser le baril à 147$. A ce niveau, la croissance se détruit et les cours pétroliers s’effondrent.

La Russie, l’Arabie Saoudite et les pétromonarchies font tout pour éviter de revivre ce scénario catastrophe. Ce yoyo des prix est une malédiction pour les budgets de ces pays dont l’or noir participe presque essentiellement à leur équilibre.

 

Utilisation de la Réserve Pétrolière Stratégique

Pour Donald Trump, toute crise est à éviter avant les élections de 2020. Au jeu des sanctions, l’interdépendance entre les pays peut rapidement se transformer en boomerang.

Cependant, l’administration Trump possède un plan B: l’utilisation de la réserve pétrolière stratégique qui contient plus de 727 millions de barils. Ainsi, 11 millions de barils seront déstockés pour rejoindre les marchés entre le 1er octobre et le 30 novembre 2018. Ce sparadrap est bien sûr une solution non durable. La question est de savoir s’il permettra de gérer la situation jusqu’aux élections.

Du côté des agences, leurs prévisions mettront à l’épreuve la confiance réelle que nous pouvons leur porter dans les années à venir.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Irak: La production pétrolière menacée par la sécheresse et les manifestations
– France: Encore 400 millions € d’augmentation pour l’EPR d’Areva/Orano
– Iran: Les USA veulent réduire à zéro les exportations pétrolières de l’Iran
– USA: Trump utilise les réserves pétrolières pour faire baisser les prix
– Europe: Junker propose d’acheter du gaz de schiste américain
– Inde: Forte augmentation de la demande pétrolière et abandon de la Nano
– Laos: Un barrage hydraulique s’effondre
– Yémen: Des drones pour incendier les raffineries de l’Arabie Saoudite.


 

Yoyo du baril de pétrole avec les pressions de Trump et de l’augmentation de l’OPEP et de la Russie. En attendant novembre, le baril reste dans la moyenne des 70$ à 74.06$ (79.44$ fin juin) à Londres et à New York à 69.30$  (74.15$ fin juin).

L’uranium reprend un peu de vigueur pour monter un peu à 23.35$ (22.55$ fin juin).

 

Graphique du mois:  Croissance Mondiale
Selon l’OCDE, la croissance mondiale devrait progresser à un rythme soutenu, proche de 3.8%, cette année et de 3,9% en 2019.
La progression de la demande de pétrole devrait augmenter +1,8 millions b/j (barils/jour) d’ici à la fin 2019.

 

Monde

Le parallèle entre”la folie du climat et celle des dirigeants qui nous dirigent” est intéressant à relever.

Les canicules secouent l’hémisphère nord. La Suède et la Grèce font face à des incendies importants. La Suisse subit une vague de chaleur plus importante que celle de 2003. Le Japon (+40 degrés), le Canada, les USA et la Grèce comptent leurs morts par centaines. L’Irak et tout le Moyen-Orient voient les problèmes d’eau empirer (+53 degrés).

Au Groenland, un gigantesque iceberg de 100 mètres de haut, 200 mètres de large et 11 millions de tonnes s’est approché du village d’Innersuit. L’iceberg s’est créé après la dislocation d’un pan d’un glacier. Au total, le Groenland perd 300 gigatonnes de glaces par an.

 

 

Pétrole

Entre Trump qui a besoin d’offrir de l’essence bon marché à ses supporters avant les élections de novembre, les sanctions contre l’Iran, le Venezuela qui s’effondre, les manifestations en Irak et la Libye qui se cherche, bien malin qui peut prédire l’évolution du baril dans les mois à venir.

L’IEA (International Energy Agency) pense que le manque d’investissements dans l’exploration pétrolière, nous amène devant une pénurie de l’offre d’ici à 2020, à moins qu’une crise économique survienne et réduise la demande. L’Agence s’inquiète que seuls la Russie, l’Arabie Saoudite, le Koweit et les Emirats Arabes Unis ont la capacité d’augmenter leur production.

La dernière fois que ce scénario s’était présenté, nous étions en 2008 avec une poussée de fièvre du baril à 147$ avec comme corollaire le déclenchement de la crise.

Source: OCDE

 

Pays Clés

La production pétrolière mondiale semble se trouver à un moment charnière. Il reste assez de pétrole, mais les pays qui possèdent l’or noir sont en difficulté et les autres se trouvent entre le marteau et l’enclume de Donald Trump. Ce dernier va certainement “manipuler” ou “influencer” les prix du baril jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre. Après les bêtes pourront être lâchées.

 

Iran

Avec un certain succès, Washington freine les exportations de pétrole iranien avec l’objectif de couper les entrées en pétrodollars. L’Iran pourrait être forcé de diminuer sa production pétrolière de 500’000 à 1 million b/j d’ici à la fin de l’année. Les versions les plus pessimistes penchent pour 2 millions b/j. Les élections de mi-mandat américaines se dérouleront en novembre juste avant que les sanctions américaines entrent en force.

Durant sa visite en Suisse, le président Rouhani a menacé de fermer le détroit d’Hormuz. «S’ils veulent arrêter les exportations pétrolières iraniennes, nous ne permettrons pas aux tankers pétroliers de passer par Hormuz ». Le détroit voit défiler 17 millions de barils par jour en provenance de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, du Koweit et du Qatar. La US Navy a fait savoir qu’elle était prête à confronter l’armée iranienne pour garder le détroit ouvert. Même la Chine a marqué l’opposition à la fermeture du détroit. Cette option ne sera certainement pas activée par l’Iran, tant elle est explosive.

Est-ce que les autres pays producteurs de pétrole auront la capacité de compenser les baisses des exportations iraniennes afin de maintenir les prix du baril dans une fourchette raisonnable?

Le secrétaire du trésor américain, Steven Mnuchin, a présenté au Congrès US les sanctions prévues pour tous les pays qui achèteront du pétrole à l’Iran (inclus Chine, Europe et Russie). D’ici au 4 novembre 2018, ils devront avoir supprimés leurs importations iraniennes. Actuellement la Corée du Sud, le Japon, l’Inde et quelques pays européens ont accepté les volontés de Trump. Le français CMA-CGM, l’un des plus grands transporteurs maritimes avec 445 bateaux, va s’aligner sur la volonté américaine tout comme Total.

Le président Rouhani avait appuyé sa présidence sur l’accord nucléaire et les investissements occidentaux. Sa survie politique et la stabilité du pays sont en jeux. L’histoire montre que lorsqu’un pays producteur de pétrole se fait renverser, sa production pétrolière n’arrive jamais à revenir à son niveau antérieur.

Suite aux paroles de Hassan Rouhani «Ne jouez pas avec la queue du tigre, cela ne vous amènera que des regrets » ainsi que « les américains doivent bien comprendre que la paix avec l’Iran est la mère de toutes les paix et que la guerre avec l’Iran est la mère de toutes les guerres. » Donald Trump a réagi avec un tweet dont il a le secret.

«NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE
PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT.
NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE
ET DE MORT. FAITES ATTENTION !

 

Ce tweet peut questionner les connaissances historiques de Trump.

Pour améliorer l’ambiance, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a annoncé le lancement d’une chaîne multimédia (télévision, radio, numérique et réseaux sociaux) 24 heures sur 24 en langue farsia l’attention du peuple iranien qu’il appelle à se soulever contre le régime actuel. On se rappelle qu’en décembre dernier, des manifestations avaient éclaté dans 80 villes et 25 personnes avaient été tuées.

Actuellement la Chine est le plus grand importateur de pétrole iranien avec 650’000 b/j. Sa position sera déterminante pour le pays. Les Européens n’ont pu obtenir aucune concession de Washington sur les sanctions économiques. De facto, les entreprises européennes se plieront aux volontés de la Maison Blanche

L’Iran se tourne vers les entreprises russes afin de développer ses champs pétroliers et gaziers. Ayatollah Ali Khamenei a annoncé 4 milliards $ d’investissement de la part de Rosneft et Gazprom. Cependant, Moscou est sur la corde raide, financièrement parlant. Si les termes ne sont pas très favorables, on imagine mal investir les 50 milliards $ demandés par l’Iran.

 

Détroit d’Hormuz

 

Irak

La relative stabilité de l’Irak assurait les marchés pétroliers. Depuis quelques mois, il est judicieux de se demander si l’Irak ne va pas devenir la prochaine Syrie. La genèse de la guerre syrienne fait suite à des sécheresses et des récoltes catastrophiques. L’Irak est confronté à la même situation.

Le Moyen-Orient voit ses températures augmenter deux fois plus rapidement qu’ailleurs sur la planète. Avec des chaleurs de plus de 50 degrés, des pénuries d’électricité, le manque d’emplois ainsi que  la sécheresse des fleuves du Tigre et de l’Euphrate, des manifestations ont d’abord éclaté dans la région pétrolière de Bassorah pour remonter vers Najaf, Aminah et Bagdad. Plusieurs morts après, le gouvernement a proposé des promesses intenables pour l’emploi, l’eau, de l’électricité et la diminution de la corruption. Des promesses qui ressemblent à un mirage.

La production pétrolière du sud du pays aurait été impactée durant ces manifestations et l’eau est un élément clé pour extraire le pétrole.

La raffinerie de Bassorah a dû être mise à l’arrêt à cause de l’augmentation de quantité de sel causée par les marées du golfe Persique dans le Chatt-el-Arab et le faible niveau d’eau des fleuves.

L’Iran a refusé de livrer de l’électricité à son voisin. Bagdad s’est tourné vers l’Arabie Saoudite.

Au nord du pays, c’est le barrage turc d’Ilisu qui retient les eaux du Tigre et de l’Euphrate. Avant la mise en service de ce barrage, le 80% de l’eau de ces fleuves était destinée à l’agriculture et donnait du travail à 10 des 37 millions d’irakiens. Ces dernières années, le Tigre et l’Euphrate offraient le service minimal avec des niveaux d’eau à 40%. Aujourd’hui, ce nouveau barrage va stocker l’eau du côté Turque. Le ministre de l’agriculture a demandé de ne plus cultiver le riz et les autres plantes gourmandes en eau.

En Syrie, il aura fallu 4 années de sécheresse pour que la guerre civile éclate. Dans le cas de l’Irak, 3,5 millions de barils de pétrole sont en jeu.

 

Arabie Saoudite

Le président Trump tweeta que “l’Arabie Saoudite accepte d’augmenter sa production de 2 millions b/j.”  Le royaume a immédiatement tempéré cet optimisme et précisé que +600’000 barils/jour serait un chiffre plus adéquat et proche de la réalité.

Durant les mois d’été, 3 millions b/j sont brûlés pour la production d’air conditionné et la consommation interne. L’Arabie Saoudite a exporté 6,98 millions b/j en avril et 7,2 en juin.

La vente de 10% de l’entreprise pétrolière nationale, Saudi Aramco, pourrait être abandonnée. Le Prince Moammed bin Salman espérait obtenir entre 100 et 200 milliards $. Vu l’augmentation du baril, le budget de l’Etat s’équilibrera sans la vente ce joyau a précisé Amin Nasser, CEO de Saudi Aramco.

Les USA et l’Arabie Saoudite espèrent pouvoir combler la baisse de production iranienne quand les sanctions de Washington entreront en force.

Au Yémen, les Houthis ont utilisé un drone de type Sammad 2, pour toucher les installations pétrolières de Saudi Aramco. Les Houthis qualifient ce test comme une “expérience réussie et qualitative“. Saudi Aramco a confirmé que les pompiers de l’entreprise ont pu contrôler un «incendie mineur sans impact sur les opérations». On peut supposer que durant les mois qui viennent la fonction de pompiers de Saudi Aramco ne va pas être de tout repos.

Toujours au Yémen, les Houthis ont attaqué un tanker pétrolier d’Arabie Saoudite et l’ont légèrement endommagé. La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts, dont de nombreux civils depuis l’intervention il y a trois ans de la coalition militaire sous commandement saoudien pour repousser l’avancée des Houthis.

 

Venezuela

La production serait descendue à 1,34 million b/j en juin alors que le gouvernement présente les mêmes chiffres qu’en mai à 1,531. Certains pensent que la barre des 1 million pourrait être atteinte d’ici à décembre. Quoi qu’il en soit, le pays a déjà perdu 1 million de barils en 2 ans.

Malgré la famine, le manque de soins médicaux et un régime qui s’effondre, le président Nicolas Maduro continue d’offrir 55’000 b/j de pétrole à des tarifs imbattables à Cuba. Montant: 1,2 milliards $/an.

La China Development Bank va injecter 250 millions $ pour assurer l’exportation de pétrole vers la Chine. Dans les mois à venir, la Chine pourrait signer un chèque de 5 milliards $ alors qu’elle reçoit plusieurs centaines de milliers b/j en repaiement. Cependant, les prêts chinois pourraient ne jamais être remboursés.

Plus de 9 milliards $ de prêts arrivent à échéance cette année. L’inflation pourrait atteindre 1 million% d’ici à la fin de l’année et le PIB pourrait diminuer de 15% (50% depuis 2013). D’ailleurs Nicolas Maduro a décidé de retirer 5 zéros à la monnaie nationale. Ainsi 100’000 Bolivars n’en feront plus que 1.

 

Russie

La Russie se prépare à augmenter de manière «significative» sa production pétrolière. Le ministre de l’énergie Alexander Novak annonce +200’000 barils dès septembre. Les revenus pétroliers supplémentaires devraient atteindre 40,14 milliards $.

Si les prix du pétrole devaient s’effondrer, la Russie se retrouvera dans la même situation qu’en 1991 ou 2008 avec une dislocation de l’économie. Cette perspective est la grande crainte de Moscou d’où son empressement à maintenir l’offre mondiale au niveau de la demande pour stabiliser le baril vers les 70$.

L’augmentation des exportations russes pourraient provenir de la vente des réserves pétrolières du pays.

Le Kremlin annonce une production de 11,215 millions b/j en juin.

La Banque Centrale Russe maintient ses taux à 7,25% avec la perspective que l’entrée de pétrodollars vienne soutenir l’économie.

Les exportations de gaz Russe vers l’Europe ont atteint des niveaux record en 2016 et 2017, grâce notamment à un hiver particulièrement froid. Au premier trimestre 2018, Gazprom a encore annoncé une augmentation de 6,6% de ces exportations sur un an. Le géant couvre environ 35% de la consommation de gaz du continent européen.

Deux bateaux russes Arc7 de gaz liquéfié ont pu livrer leur cargaison en Chine via le Pôle Nord et sans l’assistance d’un brise-glace.

 

 

Dessin: Chappatte
La planète foot a fait battre le coeur du monde durant ce mois de juillet 2018

 

Les Amériques

USA

Pour les élections de mi-mandat, Donald Trump est prêt à tout pour faire baisser les prix du pétrole et maintenir les prix de l’essence sous les 3$ le gallon. Joe America n’aime pas conduire son pick-up quand l’essence est chère.

Après avoir demandé à l’OPEP+ (Arabie Saoudite et Russie) d’augmenter la production, Trump envisage d’écouler une partie des réserves stratégiques américaines pour maintenir les prix sous les 70$. Entre 5 et 30 millions de barils de pétrole américain supplémentaires pourraient ainsi se retrouver artificiellement sur les marchés. Les réserves stratégiques des États-Unis s’élèvent à 660 millions de barils (2 mois de consommation). Et après novembre ? Aucune importance, les électeurs auront voté.

Scott Pruitt, directeur de l’Agence sur la protection de l’Environnement (EPA) a dû démissionner suite à une série de scandales liés à son train de vie. L’homme, ouvertement opposé à des mesures sur le réchauffement climatique, a été remplacé par un ancien lobbyiste du charbon: Andrew Wheeler.

Une nouvelle étude publiée dans Nature, annonce que les émissions de méthane dues au pétrole et au gaz se montent à 13 millions m3 par an, soit 60% de plus que les estimations de l’EPA. Le gaz de schiste est plus dangereux pour le climat que le charbon. Cela sonne drôle, mais les chiffres sont explicites.

Sur les 99 centrales nucléaires du pays, 34 sont en phase de décontamination et de destruction. Deux nouveaux réacteurs sont en constructions. Les autres centrales arrivent en bout de vie.

Elon Musk, CEO de Tesla Motors, a signé la construction d’une usine à Shanghai, Chine.

Elon Musk a trouvé un moyen simple et bon marché de développer son projet de train hyper rapide HyperLoop. Sous le contrôle de sa société privée SpaceX, il a organisé la Hyperloop Pod Competition. Des étudiants du monde entier se sont réunis en Californie pour étaler et offrir gratuitement leurs compétences. Les universités allemandes, hollandaises et suisses sont arrivées en tête. Nul doute que le grand vainqueur est: SpaceX. L’entreprise bénéficie gratuitement du travail et du savoir-faire des universités. Une question titille. Pourquoi les universités européennes se démènent pour soutenir des entreprises et des fonds de pensions américains alors que le concept pourrait être réalisé en Europe?

L’administration Trump désire ouvrir les côtes américaines pour des installations éoliennes offshores. L’administration veut également mettre aux enchères les côtes de l’Alabama, de la Floride, du Mississippi, de la Louisiane et du Texas qui contiendraient 48 milliards de barils de pétrole et 3’000 milliards m3 de gaz.

La production pétrolière offshore des USA se monte à 1,7 million b/j soit le 18% de l’offre américaine.

Les bio-carburants pour les véhicules sont en baisse de 147 à 140 million de gallons en avril. L’huile de soja produit le 48% de part de marché.

Une vague de chaleur a enveloppé une grande partie des Etats-Unis avec des températures dépassants les 40 degrés. Plus de 60 millions d’habitants ont été sous l’alerte température.

En Arizona, le barrage du lac Mead est descendu de 50 mètres sur la moyenne des 20 dernières années. Il se trouve à 50 cm d’une zone limite ou il ne sera plus possible d’y puiser de l’eau.

La patrouille française le 14 juillet 2018
Le fil bleu sur le bouton bleu et le fil rouge sur le bouton rouge!

 

USA Schiste

La production de pétrole de schiste du Bassin Permien plafonne à cause du manque de capacité de transport du brut. D’ici à la fin de l’été, les pipelines fonctionneront à 100% et il faudra 18 mois pour que de nouveaux tuyaux entrent en fonction. Entre temps, le transport se réalise par camions et pour écouler leur pétrole de schiste, les exploitants offrent des rabais entre 15 à 25$ le baril.

Corolaire à cette situation, après avoir augmenté ses extractions de 1,5 million b/j durant la dernière année, (à 10,9 millions b/j), le schiste américaine stagne. Il faudra quelques mois pour voir s’il s’agit de problèmes structurels d’extraction ou de transport.

Morgan Stanley pense que la production du bassin Permien pourrait diminuer de 2/3 d’ici à l’année prochaine alors que l’Agence de l’Energie Américaine voit grimper l’offre US à 11,8 millions b/j (actuellement 10,9). Peut-être que le chiffre exact se trouvera entre ces deux estimations.

Pour être rentable, Wall Street tablait sur une augmentation de la production de schiste à 634’000 b/j pour 2019, mais avec les limitations de pipelines, la capacité ne dépasserait pas 360’000 b/j.

La voracité des besoins en sable, afin de fracturer les roches des forages de schiste, ont permis d’ouvrir 11 champs d’extractions et 10 autres sont sur le point de voir le jour dans le Texas. Pour cette année, on prévoit 22 millions de tonnes de sable pour le bassin Permien soit le quart de la demande pour tout le pays. Si l’on corrobore les prédictions d’extractions pétrolières de l’EIA, il faudra 50 millions de tonnes sable/an pour les forages de schiste.

 

Haiti

La population proteste contre l’augmentation des carburants. L’essence et le diesel coûtent jusqu’à 4$ le litre alors que le revenu journalier est de 2€.

 

Mexique

Le nouveau président Andrés Manuel López Obrador est le nouveau président du pays. Il s’oppose à la libéralisation de l’entreprise pétrolière Pemex et de la libéralisation du secteur de l’énergie.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Jean-Claude Junker a rencontré le président Trump pour clarifier la situation aux niveaux des tarifs douaniers. Les deux compères ont réalisé un magnifique accord “gagnant-gagnant” ou “win-win”.

Ainsi les consommateurs européens vont pouvoir manger du Soja OGM et du Boeuf aux hormones américains et participer pleinement au réchauffement climatique avec du gaz de schiste US. De leur côté, les consommateurs américains auront le privilège de continuer à acheter des automobiles allemandes aux moteurs truqués!

 

Allemagne

Pour la première fois, les énergies solaires, éoliennes et hydro (36.3%) ont dépassé la part de charbon (35,1%) durant tout le mois de juin.

Après VW, Audi, Porsche, c’est Mercedes qui s’est fait attrapé à truquer les moteurs de ses diesels.

La Commission européenne soupçonne maintenant que les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations. La nouvelle tricherie consiste à «gonfler» les émissions de CO2, et permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.

 

Angleterre

Rolls Rolls va bientôt homologuer un premier avion hybride électrique/kérosène. L’entreprise penche également sur un drone totalement électrique.

BP a avalé la plus grande entreprise de recharge de voitures électriques sur le sol anglais: Chargemaster. BP changera le nom de l’entreprise et pourra opérer 6’500 points de recharge. Les pétroliers entrent en frontal avec les entreprises productrices d’électricité.

La Commission de l’Infrastructure conseille de construire qu’une seule centrale nucléaire après la réalisation des deux réacteurs EPR à Hinkley Point C d’ici à 2025. La Commission demande d’utiliser les énergies renouvelables.

 

France

EDF a annoncé que les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville, France, apporteront une année de retard supplémentaire et un dépassement de 400 millions d’euros. Le réacteur ne pourrait démarrer qu’à la fin 2019 ou durant le premier trimestre 2020. Le coût de construction passe de 10,5 à 10,9 milliards d’euros. Initialement l’EPR devait couter 3,5 milliards €. Cette nouvelle contre-performance résonne sur le chantier de Hinkley Point en Angleterre ou Areva (Orano) construit 2 centrales EPR.

En France en 2017, 4,5% de l’électricité produite vient de parcs éoliens et moins de 2% de panneaux solaires.

Les magasins Leclerc se lance dans la fourniture d’électricité aux particuliers et vise 3 millions de clients d’ici à 2025 (10% de part de marché). Michel-Edouard Leclerc promet l’électricité verte la moins chère du marché. 200 emplois seront créés. C’est une concurrence de plus pour EDF. Un autre distributeur, Casino, s’est déjà positionné sur ce marché en collaboration avec GreenYellow et offre des tarifs inférieurs à 15% par rapport à EDF.

Le groupe Bolloré n’a pas encore retiré toutes ses Bluecar de Paris. Sans attendre, les constructeurs automobiles français se ruent déjà pour proposer leur offre d’autopartage électrique Autolib à Paris.
PSA aimerait mettre en place d’ici à fin 2018 un service sous sa marque Free2Move. Renault est également dans les starting-blocks.

Un drone en forme de Superman, piloté par des militants de Greenpeace, a survolé, la centrale nucléaire EDF du Buget Saint-Vulbas, près de Lyon pour s’y écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2.

Le même jour, une commission d’enquête parlementaire énumère les failles du parc nucléaire français et recommander de renforcer sa sécurité.

Le recours excessif à la sous-traitance est mis en lumière. La filière du Nucléaire emploie près de 220’000 salariés, dont 160’000 travaillent pour des sous-traitants.

La première centrale pilote de fusion nucléaire à Cadarache, qui a débuté en 2017, est à 55% terminée. La collaboration entre la Chine, le Japon, l’Inde, les USA, la Corée du Sud, la Russie et l’Europe.

Un drone “superman” de Greenpeace dans la centrale nucléaire du Buget

 

Suède

Les températures dépassent de 15 degrés la moyenne. De nombreux incendies de forêts ont éclaté et une alarme canicule a été déclenchée pour des valeurs supérieures à 35 degrés. L’été dernier, la Suède était noyée sous la pluie.

 

Hollande

Le réseau électrique du stade et les panneaux solaires de l’Ajax d’Amsterdam vont fonctionner en étant couplé au plus vaste système de stockage d’énergie d’Europe constitué de 148 batteries de voitures électriques recyclées. Ces dernières, dont la capacité est descendue au-dessous de 70%, trouveront ainsi une seconde vie.

 

Incendies en Grèce

 

Moyen Orient

A cause du réchauffement climatique, la température moyenne du Moyen-Orient augmente deux fois plus rapidement que dans le reste du monde. Les températures de cet été dépassent souvent les 50 degrés ce qui tend à rendre cette région invivable pour l’homme.

Washington annonce des sanctions contre les transactions liées au pétrole et avec la banque centrale iranienne à partir du 4 novembre. L’équipe de Trump a menacé de punir les entreprises étrangères qui feront affaire avec Téhéran. Les Etats-Unis sont «confiants qu’il existe une capacité mondiale suffisante pour la production supplémentaire de pétrole».

 

Egypte

La Banque Mondiale va aider le pays dans ses projets pétroliers et gaziers notamment dans le développement du gisement de Zohr. La Banque Mondiale, comme la Banque Européenne, sont plus confortable dans l’octroi de supports pour les énergies fossiles traditionnelles que pour les énergies renouvelables et l’innovation.

 

Une pause de pub en hommage à Neymar

 

 

Asie

Inde

La demande pétrolière de l’Inde a augmenté de 9% en juin à 4,7 millions b/j. notamment de diesel (+7,8%) et d’essence (+15%). La demande pétrolière et les ventes de voitures explosent dans le pays. Rien que pour 2018, le pays va engloutir 300’000 b/j de plus qu’en 2017.

La voiture la moins chère du monde, la Tata Nano va être retirée du marché. Vendue dès 2011 pour 1’500€, à destination de la classe moyenne, elle est devenue l’image de la voiture du pauvre. Aujourd’hui, les indiens préfèrent les voitures plus grandes.

 

Chine

Alors que les taxes illuminent les relations entre la Chine et les USA, Pékin affiche un excédent record de 28,97 milliards $ en juin (+ 18% par rapport à mai 2018). Ce record mensuel depuis 1999 va certainement inspirer le chef de la Maison Blanche.

Le Yuan, a perdu 8% par rapport au dollar US depuis le début de la bisbille avec les USA en mars. Cette dépréciation arrange la Chine puisqu’elle permet de compenser en partie les hausses des taxes américaines et de stimuler les exportations.

Le PIB chinois est de 6,7% au 2ème semestre (-0,1% par rapport aux 3 trimestres précédents.)  La bourse de Shanghai a perdu 17% depuis janvier.

La ville de Shenzhen va remplacer ses 12’000 taxis thermiques en version électrique.

La Chine a importé 146 millions de tonnes de charbon durant les 6 premiers mois de l’année (+9.9%).

Baidu va industrialiser son bus entièrement autonome. Il utilisera le système Apollo de Baidu. L’entreprise pilote déjà plus de 100 bus en circulation.

La Chine et l’Inde pourraient coopérer afin d’acheter du pétrole et du gaz. Les deux géants représentent le 17% de la demande mondiale. Le duo pourrait avoir plus de poids pour négocier les prix auprès de l’OPEP et des autres producteurs.

 

Vietnam

Les exportations atteignent 1,88 millions de tonnes de pétrole depuis le début de l’année, soit une baisse de 50% par rapport à l’année dernière. Le pays a largement atteint son peak oil et la chute va continuer.

 

Azerbaïdjan

Le groupe britannique BP a lancé l’exploitation d’un gisement gazier, qui doit constituer le premier maillon d’un «corridor gazier» géant («Southern Gas Corridor»), permettant à l’Europe de s’approvisionner via la Turquie, la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique.

Il devrait être terminé en 2020 et ne couvrira à terme 2% de la demande européenne en gaz.

 

Ouzbékistan

Le russe Rosatom va construire la première centrale nucléaire afin de remplacer l’exploitation de gaz en constante diminution dans le pays. La centrale de 1,200 MW sera terminée en 2028. Actuellement 85% de l’électricité est générée avec du charbon et du gaz (69 milliards kWh).

 

Laos, un barrage hydraulique s’effondre dans la province d’Attapeu.

 

Afrique

Nigeria

Le plus grand producteur africain de pétrole arrive bientôt à 190 millions d’habitants. Une infime part des revenus des 2 millions b/j arrivent jusqu’à la population alors que des milliards $ disparaissent dans les poches des élites. Il n’est pas étonnant que le niveau de vandalisme sur les installations pétrolières ainsi que la vétusté des installations fassent perdre 754’000 b/j.

 

Libye

La production pétrolière se trouve quelque part vers les 700’000 b/j. Le général Haftar de la  Libyan National  Army, qui contrôlait 75% des exportations du pays, a transvasé le tout dans une nouvelle société concurrente à la compagnie pétrolière nationale la Libyan National Oil Company.

L’agence anglaise National Crime reporte que 700’000 migrants attendent en Libye pour traverser la Méditerranée.

 

Afrique du Sud

Le Cap et ses 4 millions d’habitants souffrent d’une terrible sécheresse. Une idée a été lancée afin de remorquer les icebergs, qui flottent en plein Antarctique à 2’000 km des côtes sud-africaines.

Les prix des carburants vont encore augmenter de 26 ct $/litre. Depuis le mois de juin, l’essence a augmenté de 82 centimes à cause de la hausse des cours et la baisse de la monnaie locale.

 

Phrases du mois

«Depuis plus d’un siècle, la collaboration entre les pétroliers et les architectes, est l’une des sources les plus importantes du réchauffement climatique. Les premiers extraient le pétrole et le gaz. Les deuxièmes ont totalement modifié leurs principes afin d’utiliser la plus grande quantité d’énergie pour construire, chauffer et refroidir leurs oeuvres.»

[About climate-related class action lawsuits against Big Oil:] “It’s sort of bizarre that the users of our petroleum products say: ‘Well actually we didn’t want your product. So why did you force it on us?’ I don’t think also that in the end it will solve anything other than maybe redistributing wealth to a certain class of the economy.” Ben van Beurden, CEO, Royal Dutch Shell

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– OPEP: 700’000 barils de plus pour stabiliser les prix
– Venezuela: La production pétrolière du pays s’effondre
– USA: Trump demande à l’Arabie Saoudite d’ajouter 2 millions b/j
– Allemagne: L’industrie automobile secouée par l’électricité
– Vatican: Le Pape convie les pétroliers à se pencher sur le réchauffement climatique
– Jordanie: L’augmentation des prix de l’essence crée des manifestations
– Iran: Total va se retirer d’un projet à 4 milliards $
– Libye: Les milices se battent, les exportations toussent.


 

L’OPEP a annoncé une augmentation de la production, mais rien n’y fait. Le baril grimpe à 79.44$ (77.59$ fin mai) à Londres et surtout il prend des gallons dans le monde merveilleux de Donald à 74.15$ (67.09$ fin mai).

L’uranium fait comme Neymar dans les 16 mètres. Il tombe tout seul et perd 10 centimes 22.55$ (22.65$ fin mai).

 

Graphique du mois
Evolution du CO2 par pays entre 1965-2017

Si l’Europe et les USA stabilisent leurs émissions de CO2,
le teste du monde fait grimper les statistiques

 

Monde

La fonte des glaces de l’Antarctique ont plus que doublé depuis 2012. Le continent contient entre 60 et 90% de l’eau potable dans le monde. Si toute cette glace devait fondre, le niveau des océans augmenterait de 60 mètres.

En 1920, le monde comptait 10 millions de véhicules à moteur. 36 ans après, une multiplication par 10, amena les 100 millions en 1956. Il n’aura fallu que 44 ans revoir une augmentation de 10 et attendre 1 milliard en 2010. En juste 5 ans, nous avons ajouté 300’000 unité pour arriver à 1,3 milliard en 2015.

D’ici à 2025, Volvo Cars pense que le 50% de ses ventes proviendront des voitures électriques et 1/3 seront autonomes.

A eux deux, la Chine et l’Inde sont responsable à 69% de l’augmentation de la demande pétrolière mondiale.

 

OPEP

L’OPEP+ va compenser les pertes de production de ses pays membre, dont le Venezuela, et augmenter la production de 1 million barils/jour (b/j). En réalité 9 des 14 membres de l’OPEP ont atteint le peak oil et seuls la Russie (non membre de l’OPEP), l’Arabie Saoudite, le Koweit, les Emirats Arabes Unis et l’Irak ont les capacités d’extraire plus de barils.

Après cette annonce, le baril est légèrement descendu pour remonter comme un bouchon de liège.  Visiblement les soucis du Venezuela, du Nigeria, de la Libye et les sanctions de l’Iran pèsent trop lourdement sur l’offre/demande.

A cause de problèmes de production, l’OPEP délivre 700’000 barils de moins que les quotas qui avait été déjà amputés de 1,8 millions b/j.

Selon l’IEA la demande devrait augmenter de 1,3 million b/j en 2019 et l’offre de 2 millions b/j. Le schiste américain devrait amener 1,4 millions b/j. Il semble que le marché puisse être équilibré en 2019, mais la prévision est à verifier.

Quelques heures avant de terminer l’écriture de cette rubrique, le Roi Trump a demandé au Roi bin Salman d’Arabie Saoudite d’augmenter sa production de 2 millions b/j. En novembre prochain, les USA vont élire leur parlement et un litre d’essence élevé fait tâche dans le CV républicain. L’Arabie Saoudite a immédiatement relativisé le tweet de @realDonaldTrump car il est peu probable que le pays ait la capacité d’extraire 2 millions de barils supplémentaires. De plus, les autres membres de l’OPEP verraient d’un mauvais oeil une baisse d’entrée de pétrodollars.

 

 

Les pays du Mois

Venezuela

Sans aucune discussion, le Venezuela est le pays le plus important de ce mois. La production mondiale est sur le fil du rasoir avec une marge maximale de 2% pour augmenter l’offre. Si le Venezuela s’écroule, on voit mal comment combler cette perte.

Ainsi, la compagnie pétrolière, PDVSA, a annoncé à 8 clients internationaux (Nynas, Tipco, Chevron, CNPC, Reliance, Conoco, Valero et Lukoil) son incapacité de livrer les quantités de pétrole promises. En juin, PDVSA devrait exporter 1,49 millions b/j mais elle n’aurait que 694’000 b/j à disposition.

L’International Energy Agency pense que la production du Venezuela pourrait descendre à 800’000 bj au lieu des 2,5 millions il y a quelques mois encore.

Les employés de PDVSA continuent de démissionner par milliers. Les ouvriers désespérés pillent les derniers outils, véhicules et équipements qu’ils échangent contre de l’argent et de la nourriture.

Les tankers pétroliers pourraient charger 24 million de barils, mais une dispute juridique/financière avec l’américain ConocoPhillips empêche les tankers de s’approvisionner dans certains ports. PDVSA doit utiliser ses propres terminaux, qui sont incapable d’accueillir des grands tankers.

Pour contourner ce problème, PDVSA transvase le pétrole de tanker à tanker, en haute mer, pour éviter le blocus des ports.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a pesé de tout son poids au sein de l’OPEP pour augmenter les quotas de 700’000 b/j  (400 pour l’Arabie, 300 pour la Russie non membre de l’OPEP). Depuis l’annonce Riyad a déjà augmenté sa production de 100’000 b/j, mais  Donald Trump insiste pour pousser la machine à 2 millions b/j. Objectif: maîtriser les prix de l’essence aux USA avant les élections du mid-term en novembre prochain. C’est que Joe America, accessoirement électeur de Trump, a besoin d’un gallon d’essence bon marché pour son pickup truck. Après ce cap, les prix pourront augmenter.

Avant le retrait des USA de l’accord avec l’Iran, Washington a demandé à l’Arabie Saoudite de compenser les éventuelles pertes pétrolières sur les marchés. Par le passé, Riyad a souvent résisté aux demandes américaines. Mais si cela permet d’affaiblir l’Iran, on comprend le geste de la famille Royale.

Il reste encore des dizaines de membres de la famille royale en prison et de nombreuses personnes interdites de quitter le pays. Alors que le Prince bin Salman tente donner un peu d’air aux règles sociales strictes, il garde une main de fer sur les dissidents.

Au palais royal, une fusillade a éclaté entre des membres de la famille et les gardes du corps. Plusieurs personnes ont été tuées. Si cette information est confirmée, cela souligne deux points : A) la capacité des saoudiens à couvrir les informations B) la division entre les 15’000 membres de la famille et les 2’000 membres de l’élite. De la volonté de fer du Prince dépend la stabilité du pays.

L’Arabie Saoudite voudrait organiser un sommet mondial du pétrole avec les membres et non membres de l’OPEP afin de réguler les prix sur les marchés. 60 ans après sa création, l’OPEP pourrait ainsi disparaître.

Dans le but de rendre la mariée encore plus belle, Saudi Aramco a investi plusieurs milliards $ en Chine, en Inde et en Malaysie. 44 milliards $ ont été investi dans 3 raffineries en Inde. Les capacités de raffinage d’Aramco vont monter à 10 millions b/j. (5 actuellement).

Les femmes sont autorisées à conduire une voiture. Il s’agit d’une ouverture importante depuis le séisme du siège de la Mecque, par Juhayman al-Utaybi en 1979 qui a forcé la famille royale à des règles religieuses conservatrices radicales.

Les 2/3 des Saoudiens n’ont pas 30 ans. Cette jeunesse impose une grande pression sur le régime dictatorial.

 


Le pétrole, le gaz, le charbon continuent leurs progressions
alors que les énergies renouvelables sont à la traine

 

USA

Donald Trump propose de soutenir financièrement les centrales à charbon et les centrales nucléaires qui accumulent les déficits. De son côté, Xcel Energy, le plus grand producteur d’électricité du Colorado, va mettre à la retraire 2 centrales à charbon pour les remplacer par des sources renouvelables. Xclel espère économiser 215 millions $ d’ici à 2054.

A la dernière minute, l’administration Trump, a retiré sa proposition de diminuer l’aide fédérale pour les biocarburants (essence à base de céréales). Les milieux agricoles (et électeurs blancs) ont réussi à faire plier le gouvernement.

Trump a rencontré Kim Jong Un. A part des communiqués de presse dithyrambiques et de belles photos pour la galerie, il ne s’est strictement rien passé.

Darren Woods, CEO d’Exxon Mobil Corp, veut s’acheter une virginité. Après avoir noyé le monde de CO2, Exxon veut devenir «un acteur de la solution» contre le changement climatique. Pour ce faire, Exxon étudie la possibilité de faire de l’essence à base d’algue et de diminuer de 15% les émissions de méthane. Là, il faut penser à quelque chose de très triste pour ne pas hurler de rire.

Chevron et Exxon Mobil refusent de divulguer les informations comptables afin de combattre la corruption pétrolière au niveau mondial.

General Motors et Honda collaborent à un nouveau composant chimique pour les batteries de voitures électriques. Les objectifs sont d’augmenter la capacité, diminuer la dimension et de réduire le temps de charge. Ces batteries sont prévues pour le marché US.

Sous la pression de l’administration Trump, les installations solaires stagnent aux USA. Le marché US avait déjà reculé de 30%. Les nouvelles taxes sur les importations de panneaux solaires auraient gelé pour 2,5 milliards $ d’investissements.

La ville de Chicago va investir 32 millions $ pour acheter 20 nouveaux bus électriques de la firme Proterra. À quelques km de là, au Canada, la ville de Toronto a également acheté 10 bus Proterra Catalyst E2.

La Californie va investir 78.7 millions $ pour remplacer ses vieux bus d’école par des bus électriques et 13 millions pour les infrastructures.

Elon Musk, le PDG de Tesla Motors, a licencié 9% de ses employés et si la production du nouveau Model 3 augmente, l’entreprise fait face à une pénurie de batteries. Tesla commence à ressembler au Venezuela. On sait que tout va s’écrouler, mais on ne sait pas quand.

 

Russie

Gazprom aimerait construire un gazoduc en direction de la Corée du Sud en passant par la Corée du Nord. Le relâchement des tensions dans la région pourrait également permettre à la Russie d’alimenter l’ami Kim.

L’italien Enel et la compagnie russe des trains vont collaborer pour développer une batterie de stockage afin de stabiliser le réseau électrique russe. Enel va coupler un système avec le système de freinage des trains afin d’optimaliser la consommation.

La Russie va supprimer les taxes sur l’exportation de pétrole et la remplacer par une imposition sur les bénéfices des majors. Ce genre de tour passe-passe bénéficie toujours à quelqu’un et l’on peut imaginer que ce quelqu’un va se faire une fortune.

Gazprom aurait reçu la permission de la Suède pour le passage du gazoduc Nord Stream 2 qui relie la Russie à l’Allemagne. Le petit frère du Nord Stream 1 a toujours besoin de l’accord du Danemark qui aimerait voir l’Europe diversifier ses sources énergétiques. Cependant au rythme où la Chine siphonne le gaz russe, on peut se demander s’il en restera pour l’Europe.

L’entreprise ukrainienne Naftogaz a demandé à la cours hollandaise de geler les actifs de Gazprom en Hollande afin de rembourser 2,6 milliards $.  Les gazoducs de Naftogaz font transiter le gaz de la Russie à l’Europe. On comprend mieux l’empressement de Moscou pour trouver des alternatives de transports gazier.

L’Europe va continuer ses sanctions contre le gouvernement Russe durant les 6 prochains mois.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

La Commission européenne a proposé d’atteindre 32% d’énergies renouvelables d’ici à 2030. En pratique, l’objectif n’est pas contraignant. On ne peut que s’incliner devant aussi peu d’enthousiasme et de prise de risque. On en vient presque à espérer que la crise pétrolière, qui s’annonce d’ici à 2020, soit d’une telle virulence qu’elle secoue tout ce beau monde.

La Commission autorise l’importation d’huile de palme d’Indonésie et de Malaisie pour l’intégrer aux carburants pour nos voitures par «souci de protéger les intérêts des industriels et des agriculteurs déjà engagés dans cette filière!»

 

Vatican

Le Pape François a rencontré les CEO de plusieurs majors pétrolières comme Bob Dudley, CEO BP, Eldar Saetre, CEO Equinor (anciennement Statoil), Larry Fink du fonds BlackRock et des managers d’ExxonMobil pour les entretenir sur les changements climatiques.

«Le réchauffement climatique est un problème global avec de graves implications environnementales, sociales, économiques, politiques ainsi que pour la distribution des marchandises » a souligné le Pape François.

 

France

La France est totalement immunisée contre les accidents nucléaires. Dans le cadre de la «programmation pluriannuelle de l’énergie» qui fixe les scénarios énergétiques pour 2025, 2030, 2050, aucun incident d’une centrale nucléaire est prévu. C’est étrange, il y a 10 ans, le Japon tenait exactement le même langage.

Les 100 élus du comité du Syndicat Autolib Paris ont décidé de terminer l’expérience Bolloré. Le Groupe du Magnat, demande une somme abracadabrantesque (233,7 millions €), selon Mme Hidalgo, pour combler le déficit d’Autolib d’ici à 2023.

A Bar-le-Duc, alors que des déchets nucléaires ne sont pas encore enfuis, ça chauffe déjà. Plus d’un millier d’opposants se sont opposés à l’enfouissement des déchets à Bure, Meuse. L’Agence ANDRA vise à enfuir à 500 m. sous terre, les éléments les plus radioactifs du parc nucléaire français.

Le groupe General Electric, qui avait racheté il y a 4 ans la branche énergie d’Alstom, ne tiendra pas son engagement de créer 1’000 emplois. Si une multinationale américaine tenait sa parole, ça se saurait.

Les prix du gaz vont augmenter de 7% : motif les prix du gaz sur les marchés augmentent. En réalité, ce ne sont que les prix du pétrole qui grimpent, pas ceux du gaz. Quant aux revendeurs de gaz, ils multiplient de 6 à 8 fois les tarifs de vente par rapport au prix d’achat sur les marchés.

La vitesse sur les routes va passer de 90 à 80 km/h. C’est une excellente initiative pour réduire la pollution et augmenter la sécurité. L’expérience n’a pas commencé, mais comme prévu, ça gueule déjà.

 

Allemagne

Après Volkswagen et Audi, c’est au tour de Mercedes d’être pris la main dans le sac. Ainsi 774’000 voitures Mercedes diesel équipées de logiciels pour contourner les émissions de CO2 sont rappelées. Même le modèle Vito est concerné. Etrange car ce moteur est préparé par…. le français Renault.

Dans le cadre de l’enquête sur le scandale des moteurs diesel truqués, le PDG d’Audi, Rupert Stadler a été arrêté et mis en prison en raison du risque de le voir supprimer des preuves.

Le retard des constructeurs automobiles allemands dans l’électrification de leurs modèles pourraient coûter 75’000 emplois d’ici à 2030. La prévision semble assez optimiste quand l’on voit la vitesse à laquelle les chinois ont saisi l’opportunité. L’industrie automobile allemande emploie 840’000 personnes dont 210’000 pour les moteurs thermiques.

Le géant allemand E-On va installer une ferme solaire de 100 MW aux Texas, USA.

 

Suisse

Le géant américain General Electric, GE, va biffer 1’200 et non plus 1’400 emplois comme annoncé il y a quelques mois. En 2015, GE avait acheté Alstom et avait promis de ne pas licencier.

Les BKW ont prévu 925 millions frs pour la désaffection de la post exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg et 1,25 milliards pour les déchets radioactifs. Pour la désaffection elle-même, les BKW n’ont prévu que 550 millions alors que la Confédération estime la douloureuse à 611 millions. Le Tribunal Fédéral devra départager les deux acteurs. La centrale fonctionnera jusqu’au 31 décembre 2019 et le chantier devrait se terminer en 2034.

L’institut fédéral de surveillance nucléaire va acquérir des drones et des robots en cas de catastrophe nucléaire.

 

Angleterre

Le pays n’a pratiquement pas produit d’électricité éolienne pendant 9 jours consécutifs. Cette sécheresse de vent a poussé les prix du marché à un plus haut depuis 10 ans.

 

Accord entre Trump et Kim:
On va voir ce qu’il va se passer

 

Asie

Corée du Nord

La quantité d’air brassée avant, pendant et après la rencontre entre Kim et Donald aurait pu produire autant d’électricité que les éoliennes du Danemark pendant une journée. Au final, le document signé par les deux zozos ressemble à l’Accord sur le Climat de Paris : pas d’engagement ferme, pas de contrôle et pas de limite dans le temps.

 

Chine

La Chine et l’Inde étudient la possibilité de grouper leurs achats pétroliers afin de mieux négocier les prix du pétrole. Les deux pays importent entre 13-14 millions b/j (11,6 millions pour l’Europe et 7,9 pour les USA). On imagine les maux de têtes des vendeurs qui devront négocier avec les chinois et les indiens en même temps.

Le pays s’impose comme le leader mondial des véhicules électriques. General Motors va proposer 10 nouveaux modèles électriques jusqu’en 2020 et doubler le nombre de véhicules vendus dans ce pays.

Il n’aura fallu qu’une heure pour que la Chine riposte au Tweet de Donald Trump déclarant des taxes sur 50 milliards $ de produits chinois importés. Pékin a immédiatement annoncé une réplique équivalente dont une possible taxe sur les 360’000 b/j de pétrole importés des USA. La chine va également taxer là où ça fait mal : les paysans américains. Ainsi le soja, la viande de bœuf sont dans le viseur.

La Chine devait importer plus de gaz de schiste ainsi que des produits agricoles des USA. La commande est sur le mode «pause». Pékin aimerait mêler ces achats avec la diminution de la balance commerciale entre les USA et la Chine.

La Chine continue d’importer à grande vitesse du pétrole et du gaz. Les importations de pétrole ont augmenté de 7,8% durant les 12 derniers mois à 9,6 million b/j. Les importations de charbon restent stable à 22 millions de tonnes. Trump espère que Pékin achète du charbon «made in USA» pour compenser les 375 milliards $ de la balance commerciale entre les deux pays. Cependant, il ne reste pas assez de charbon américain pour faire pencher sensiblement cette balance.

Le montant des dettes des entreprises et des consommateurs dépasse de 168% le PIB. Depuis la crise de 2008, Pékin a conduit une politique monétaire très relax en créant pour des milliers de milliards $ de dettes. Le gouvernement tente de réduire ces excès mais l’opération est délicate pour ne pas faire exploser ces deux bulles.

 

Dessin Chappatte
Epargnez moi les détails. Où est-ce se trouvent les caméras?

 

Les Amériques

Schiste USA

A cause du manque de capacité de transport, les producteurs de schiste vendent leur pétrole avec un rabais qui va jusqu’à 20$ le baril. Ainsi alors que le WTI indique 65-70$, le prix réel de vente avoisine les 55$.

Les investisseurs de Wall Street se lamentent sur les retours du boom de schiste du bassin Permien, le plus juteux des USA. Malgré la hausse des prix du baril du marché, les producteurs n’arrivent financièrement pas à s’en sortir.

Selon le BP World Energy Review, la productivité des puits du bassin Permien diminue fortement.

Alors que l’EIA (Energy Information Administration) pense qu’un part grandissante des véhicules américains va utiliser du pétrole de schiste, l’agence oublie que les faibles niveaux d’octane du schiste sont trop bas pour les moteurs. Pour produire du diesel, les producteurs doivent ajouter du kérosène pour augmenter la lubrification. Du coup, les prix du kérosène à disposition des avions grimpent.

L’EIA annonce que la production de schiste augmenté de 80’000 b/j en juin et 1 million b/j supplémentaire devraient arriver courant 2019. La production pétrolière US atteindrait 11,8 millions b/j.

 

Brésil

Après 10 jours de grève, le PDG de la major pétrolière nationale, Pretrobras a démissionné.

Le géant pétrolier Equinor (anciennement Statoil) prendra 25% des actions dans le champ du bassin de Campos. Petrobras recevra un chèque de 2 milliards $.

 

Canada

Un train de wagons-citernes a déraillé dans l’Iowa et relâché presque 1 million litres. Les 30 wagons pétroliers ont terminé leur chemin dans la rivière et 14 wagons ont relâché leur contenu.

Désirez-vous une leçon de schizophrénie?  Qui de plus naturel que le premier ministre canadien comme professeur?
«Le Canada peut faire d’avantage pour s’attaquer au problème mondial du réchauffement climatique, et nous le ferons» Justin Trudeau, Paris Climate Change 2015
«Le Canada a approuvé le projet d’expansion de l’oléoduc Kinder Morgan. Le projet va multiplier par trois notre capacité de production pétrolière pour le marché international.» Justin Trudeau, premier ministre du Canada,  Juin 2018.

 

Les 30 wagons pétroliers ont terminé leur chemin dans la rivière et 14 wagons ont relâché leur contenu.

 

Moyen Orient

Jordanie

Le pays fait face à des troubles et des manifestations suite à la hausse de 5,5 % des carburants ainsi que de 19% électricité. Plus tôt dans l’année, le prix du pain avait également été augmenté.

Le gouvernement a fait marche arrière.

 

Egypte

Sous la pression du FMI, l’Egypte a augmenté de 50% le prix des carburants. Le pays, qui subventionne lourdement l’essence, n’arrive plus à supporter ce fardeau. Est-ce que la population va se rebeller comme en Jordanie ? Les jours qui viennent vont le montrer.

 

Iran

Téhéran s’inquiète de plus en plus de l’impact des nouvelles sanctions américaines sur son économie. Si les iraniens devraient recevoir le support de la Chine et de la Russie, l’Europe va probablement suivre les instructions données par Donald Trump. Les importations de pétrole iranien sont déjà en baisses.

Comme plus grand importateur de pétrole iranien, la Chine va ignorer les sanctions américaines. On imagine que les chinois vont demander « un rabais » pour ce geste.

La plus grande banque indienne ne va plus effectuer les transactions pétrolières dès novembre. Les raffineries indiennes utilisent l’euro et désirent passer à la Rupee. Pour la Chine, l’Iran va utiliser le Yuan chinois. En avril dernier, la Banque Centrale Iranienne a ouvert une ligne de crédit avec la Turquie pour continuer le commerce avec ce pays.

Les iraniens vont tenter d’augmenter la production de 29 gisements avec leurs propres industries. Cette décision souligne l’inquiétude de Téhéran de voir ses revenus diminuer et son incapacité à rajeunir son parc pétrolier vieillissant.

Le leader religieux Khamenei a prévenu que si les sanctions devaient être réactivées, le pays recommencera l’enrichissement nucléaire à des buts militaires.

Le français Total va se retirer de ses projets de 4 milliards $ en Iran. En échange, l’Arabie Saoudite a offert aux français une joint-venture de 44 milliards $ avec Saudi Aramco pour un projet en Inde.

Washington a demandé à SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) de couper ses liens avec les banques iraniennes d’ici à novembre. Ce système est utilisé pour les échanges bancaires. Dans une humeur alarmiste, le gouverneur iranien de l’OPEP, Ardebili, annonce que le pétrole pourrait monter à 140$ à cause du Venezuela et de l’Iran.

 

Irak

En mai, les exportations ont augmenté de 5% à 3,8 millions b/j (3,62 en avril) avec un prix moyen de 69,93$ le baril. Les revenus pétroliers se montent à 7,56 milliards $.

La production pétrolière du pays a grimpé à 4,59 millions b/j (4,325 en avril) selon les données de Bagdad. Cependant, les chiffres officieux montrent une production supérieure.

Le ministre du pétrole dément l’activation d’un accord de livraison du brut de Kirkuk vers l’Iran alors que de plus en plus de camions citernes traversent la frontière.

 

Afrique

Libye

Ca bastonne dans les ports pétroliers de Ras Lanuf et Es Sider entre les milices du commandant Khalifa Haftar et ses opposants. Deux réservoirs de stockage de 440’000 barils ont été incendiés. Les forces de Haftar avaient pris contrôle de ces deux ports en 2016 afin d’assurer les exportations pétrolières. Les livraisons pétrolières ont dû être coupées.

La situation en Libye a influencé l’OEPP+ à contrecarrer cette perte.

 

Nigeria

Les sabotages des pipelines freinent les exportations pétrolières et le pays n’arrive plus à produire ses 1,8 millions b/j. et stagne à 1 million b/j.

L’augmentation de la pauvreté dans le Delta du Niger, lieu de production pétrolière, souligne l’incapacité du gouvernement à redistribuer la rente pétrolière au peuple, mais au talent pour remplir les comptes bancaires de ses dirigeants.

 

Phrases du mois

Si nous voulons que tout reste comme tel que c’est, il faut que tout change.

Climate change is a global problem with grave implications: environmental, social, economic, political and for the distribution of goods.” Pape Francois

45 % des 13-17 ans reconnaissent être connectés presque toute la journée. «Les comportements et les états émotionnels des adolescents ont brutalement changé à partir de 2012. Plus un adolescent passe du temps devant un écran et plus il est probable qu’il devienne malheureux.»  Jean Twenge

«Pour imposer leur pouvoir les régimes autoritaires ont choisi la force, nos démocratie ont inventé les relations publiques.» La Fabrication du consentement, Edouard Bernays.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Réunion de l’OPEP: Le pouvoir de stabiliser les prix du pétrole

Il y a 18 mois, les membres de l’OPEP avaient réduit leurs exportations dans le but maintenir le baril sur la barre des 40$. Ce vendredi, la réunion de l’OPEP+ (OPEP et la Russie) devra répondre à l’épineuse question : faut-il maintenir ces quotas ou augmenter la production pour éviter de passer sur les 100$?

Pendant que la demande augmente et atteint les 100 millions de barils/jour (b/j), l’offre devient insuffisante. Les stocks s’amenuisent. D’un baril qui favorisait la relance économique, la perspective d’un baril onéreux met à rude épreuve le concept de croissance mondiale.


L’espoir repose sur les épaules de l’OPEP et de la Russie

Hors de l’OPEP, seul le Canada et éventuellement les USA pourraient rapidement augmenter leur production. Le Brésil reste toujours un pays en devenir.

Cependant, l’Amérique de schiste, que l’on voyait comme panacée, accumule des pertes estimées à 1 milliards $ par jour depuis le début de l’année. Incapable de transporter leur précieux liquide jusqu’aux raffineries, certains producteurs bradent leurs barils avec un rabais de 14 à 21$ par rapport aux prix du marché.

De plus, la qualité du pétrole de schiste, parfait pour la pétrochimie et les plastiques, ne convient pas particulièrement à nos voitures. Le monde réalise que le mirage de schiste n’était qu’un mirage.

Pour parer à cette mauvaise nouvelle, les USA se tournent vers les gisements offshores plus onéreux mais plus prolixes. Cependant, les efforts actuels devraient se concrétiser dans les 4-6 ans à venir. Rien à court terme.

 

Entre Arabie Saoudite, Iran et les Budgets

Avec la dégringolade du Venezuela, les problèmes récurrents du Nigeria et de la Libye, les baisses de l’Angola et de l’Equateur et les menaces américaines sur l’Iran, il est osé d’insérer un «smiley» dans la production pétrolière mondiale ou de déborder d’optimisme.

L’Arabie Saoudite et la Russie donnent l’impression d’être les seuls producteurs à pouvoir augmenter leurs exportations dans les semaines qui viennent. Selon l’institution financière américaine Citigroup, l’Arabie Saoudite aurait 2,12 millions b/j de capacité supplémentaire de production alors que la Russie 400’000 b/j. Cela tombe bien, il faudrait ajouter 1,2 million b/j pour stabiliser les marchés.

Quant aux autres monarchies pétrolières du Moyen-Orient, elles préfèrent d’abord voir les prix augmenter de manière substantielle, avant de changer de cap.

D’autres courants contraires sont également en jeu avec l’Iran. Téhéran fait face aux nouvelles sanctions américaines dont l’objectif est de faire chuter la production pétrolière et gazière nationale. L’Europe annonçait son attachement au traité actuel, mais en quelques semaines, la volonté du vieux continent s’est dégonflée comme une baudruche. L’Europe suit, à la virgule près, les volontés de Donald Trump et a déjà commencé à diminuer ses importations iraniennes. On ne parle même pas des banques européennes et suisses totalement sous le joug de Washington.

Le conflit entre l’Iran et les producteurs arabes sera au centre de l’équation tout comme le rôle de la Chine, de l’Inde et de la Russie, seuls pays capable de résister à la tornade Trump.

Du côté du Qatar et de l’Arabie Saoudite, l’ambiance ne s’est toujours pas réchauffée et les sanctions perdurent. Pour assurer l’ambiance, Riyad vient de menacer son voisin en cas d’achat de missiles antiaériens russes S-400.

Finalement à d’Hodeida, Yémen, la poussée des forces loyalistes appuyées par l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis pourrait forcer les chiites Houti à l’ultime recours et menacer les tankers pétroliers qui transitent par le Golfe d’Aden. Ce détroit stratégique voit passer 12% du pétrole mondial.

 

Offre, demande ou baisse de la croissance

Dans ce contexte géopolitique aussi disparate, les alliances pourraient être fragiles. Cependant une tendance se dégage: éviter de voir un baril rejouer le tour de 2008 et de grimper au-delà de 120$. Mais est-ce que les capacités de production existent?

Sans le vouloir, un acteur improbable pourrait aider à diminuer la demande pétrolière: le président Trump. Les tarifs douaniers entre les USA et le reste du monde, pourraient ralentir l’Economie mondiale. Comme le PIB est intimement lié à la consommation pétrolière, une baisse de la demande apportera un relâchement bienvenue de l’offre.

Baisse de la croissance ou baisse de la demande, n’est-ce pas justement là où nous nous dirigeons petit à petit?

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:

– Venezuela: Maduro réélu, mais la production pétrolière chute
– Iran: Le bras de fer avec l’Administration Trump débute
– Brésil: Les grèves des camionneurs et des employés du pétrole paralysent le pays
– Japon: 44 nouvelles centrales à charbon pour produire l’électricité
– USA schiste: Verrons-nous le peak oil de schiste dès 2023?
– Chine: Solaire: le pays possède 60% des emplois dans le monde
– Russie: La première centrale nucléaire flottante est en route
– Angola: Réduction des taxes pour trouver de nouveaux gisements pétroliers.


Le baril de pétrole est brièvement passé sur les 80$. Un petit coup de mou, le laisse à 77.59$ (75.17$ fin avril) à Londres et à 67.09$ à New York (68.57$ fin avril).

L’uranium est en vie!  On l’a vu bouger. Il termine mai à 22.65$ (20.85$ fin avril).

 

Graphique du mois
Production pétrolière du Venezuela 2008-2018

Source: Bloomberg, OPEP; graphique Financial Times

Monde

Selon l’Agence Internationale de l’Energie Renouvelable (IRENA), le renouvelable compte 10 millions d’employés dans le monde.

L’effondrement de la production pétrolière du Venezuela et les sanctions américaines contre l’Iran pourraient être un parfait cocktail pour boire un baril à 100$. Cependant les avis divergent. Le PDG de Total penche pour 100$, alors que le PDG de BP pense que le pétrole de schiste américain va réduire le baril à 50$. L’IEA suppose que la demande va être détruite par les tarifs élevés. Morgan Stanley assure que les nouvelles régulations maritimes vont pousser le baril à 90$ et Westbeck Capital parie sur un baril à 100$ puis 150$ sur le modèle de 2008. Forcément, quelqu’un a raison, mais qui? La patience apportera la réponse.

Dès 2020, l’organisation mondiale du transport maritime va mettre en vigueur de nouvelles règles pour l’utilisation de pétrole lourd. L’industrie navale avale 5 millions barils/jour (b/j) de déchet de brut (résidu des raffineries). Le diesel pourrait compenser ce vide, mais il est bien plus cher que les 1 à 5 ct le litre des résidus.

Les 2’500 milliards $ de dettes des producteurs de pétrole et de gaz inquiètent les marchés financiers. Ce mois, l’américain Energy XXL a fait une faillite XXL à 4 milliards $. JPMorgan Chase, Well Fargo et Bank of America s’inquiètent de l’augmentation de l’augmentation des dettes pourries dans leurs comptes.

 

OPEP

Sous la pression de Donald Trump et de la Chine, l’OPEP pourrait remonter sa production de 1 million b/j. En réalité l’augmentation de la production de l’Arabie Saoudite et de la Russie (non membre de l’OPEP) compensera simplement la baisse du Venezuela, de l’Angola, de l’Equateur et du Nigeria.

Il aura suffi d’une suspicion d’augmentation des quotas de l’OPEP pour que le baril passe de 80 à 75$. In fine, cette décision pourrait être prise le 22 juin à Vienne lors de leur prochaine réunion.

Selon Citigroup, l’Arabie Saoudite aurait 2,12 millions b/j de capacité supplémentaire de production alors que la Russie 400’000 b/j. Pour l’instant, il y a encore de la marge pour atteindre le peak oil. Cependant, ces deux mots pourraient redevenir «très tendance» dans les moteurs de recherche.

 

Les Acteurs du Mois

USA

La production pétrolière a atteint le record de 10,543 millions b/j en avril. Même si les prix de l’essence grimpent à 2,90$ le gallon, la demande interne a également augmenté de 750’000 b/j, au plus haut depuis 2007.

Depuis l’élection de Donald Trump, le nombre d’employés dans le charbon a augmenté de 800 unités. De 80’000 employés en 2013, ils sont un peu plus de 55’000 aujourd’hui. La spirale baissière a été interrompue.

Le président Orange a coupé les budgets de la NASA pour évaluer la quantité de gaz à effet de serre. Cette coupe met en péril le calcul des émissions prévu dans l’accord de Paris.

Selon l’administration américaine, la diminution des taxes sur les entreprises a généré 1’000 milliards $ de dividendes supplémentaires pour les actionnaires. Pour le simple citoyen, la ristourne aura été de 900$ en moyenne, en grande partie mangée par l’augmentation des prix de l’essence.

Le constructeur de bus Motor Coach Industries (MCI) annonce que son bus J4500E “tout électrique” est capable de rouler à 113 km/h et sera commercialisé dès 2020.  La batterie de 450 kWh se recharge en 3 heures pour une autonomie de 8 à 10h.

L’Université de Stanford annonce des succès dans l’utilisation de batteries au manganès et eau pour les voitures électriques ou le stockage de l’électricité.  Ce type de batterie serait une alternative plus efficace et moins chère aux solutions actuelles.

En Californie, les nouvelles maisons et constructions devront avoir des panneaux solaires. La Californie exporte déjà une partie de son énergie solaire dans les autres Etats. Le temps est loin où l’Etat avait des coupures électriques sur son réseau.

Eric Schneiderman, l’avocat général de New York, a dû démissionner. Il est accusé de violences sur des femmes. Eric Schneiderman est connu pour avoir poursuivi Exxon Mobil sur le réchauffement climatique ainsi que les excès de Wall Street dans les high frequence trading.

Les dettes de subprimes dans le marché de l’automobile a atteint 300 milliards $. Cette bulle est notamment soutenue par la plus grande entreprise de private equitiy: Blackstone. Il semble que les leçons de la crise de 2008 soient oubliées.

Lors des mauvais résultats trimestriels, le CEO de Tesla Motors, Elon Musk, s’est copieusement gaussé des investisseurs et de Wall Street. Même Trump aurait déployé plus de tact. Ce moment de solitude pourrait soit révéler le succès futur de l’entreprise soit son effondrement.

 

Venezuela

Moscou et Pékin demandent au président Maduro de remplacer le Général Manuel Quevedo promu CEO de l’entreprise nationale de pétrole PDVSA. Depuis son arrivée, en novembre dernier, plus de 25’000 employés sur 140’000 sont partis. Au plus bas depuis 70 ans, la production pétrolière a déjà diminué de 450’000 b/j et elle pourrait encore chuter de 500’000 d’ici la fin de l’année.

Le président Maduro a été réélu, mais l’avalanche de créanciers qui réclament leurs avoirs, n’améliore pas la situation. De plus, les USA pourraient revenir à la charge avec des sanctions notamment en limitant les importations de pétrole et l’utilisation du dollar. Si Washington a toujours évité cette option, c’est que les raffineries américaines raffolent du brut lourd vénézuélien.

A en juger le nombre de tankers qui ont quitté le pays, PDVSA n’aurait extrait que 1,1 million b/j en avril.

 

Russie

La Russie a mis à l’eau sa première centrale nucléaire flottante. La barge, Akademik Lomonosov, a appareillé à Saint-Pétersbourg tractée par des remorqueurs. Les 2 réacteurs ont une puissance de 35 MW soit 20 fois moins qu’une centrale nucléaire standard. La barge sera amenée à Pevek, dans l’Arctique. Elle pourra produire de l’électricité pour les forages pétroliers ainsi que pour désaliniser l’eau de mer et alimenter en courant des plateformes pétrolières.

Vladimir Poutine se satisfait d’un baril à 60$ et pense qu’il est nécessaire de maintenir les prix en-dessous de 100$.

Le ministre du pétrole Novak confirme son accord avec l’Arabie Saoudite afin de remonter les niveaux de production, même s’il est prématuré d’avancer un chiffre précis.

Les USA pensent que la construction du gazoduc Nord Stream II, entre la Russie et l’Allemagne, pose un problème de sécurité nationale. Ca ne s’invente pas. Washington étudie des sanctions contre les entreprises impliquées dans sa construction. De l’autre côté, les USA tentent d’écouler leur gaz de schiste en Europe.

Suite à la construction d’un gazoduc entre les deux pays, la Russie va livrer du gaz à la Turquie avec un rabais de 10,25%. Ce gazoduc permettra à la Russie de contourner l’Ukraine pour ses livraisons au sud de l’Europe.

 

La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov

 

Iran

Trump a dénoncé l’accord sur le nucléaire. La partie entre les joueurs de poker américains et les joueurs d’échec iraniens va débuter.

Les nouvelles sanctions ont ravivé la partie la plus extrême du régime iranien qui désire revisiter la doctrine actuelle sur l’arme atomique.

L’Europe, qui achète 2,4 millions b/j à l’Iran, a déjà commencé à limiter ses importations de pétrole afin de respecter les volontés américaines. Téhéran compte sur l’Inde et la Chine pour prendre le relais.

Total a 60 jours pour négocier avec le gouvernement américain pour obtenir que le géant puisse continuer l’extraction gazière en Iran. En vertu de l’accord conclu en juillet 2017, d’un montant de 4,8 milliards $, Total détient 50,1% des parts du consortium pour le développement du champ gazier No 11 de Pars Sud. Le groupe chinois CNPC détient 30% des parts et l’Iranien Petropars 19,9%.

Malgré la rhétorique du gouvernement, il sera difficile pour l’Iran d’atteindre une production 4,2 million b/j. Cependant, la hausse des prix du baril compensera la baisse de la production.

La monnaie locale le Rial a perdu plus de 22% contre le dollar américain durant les 12 derniers mois.

Goldman Sachs pense que le pétrole de schiste américain ne pourra pas compenser la diminution probable de la production iranienne si les sanctions américaines devraient entrer en force.

 


L’excellent Chappatte

 

Europe

France

Total va fabriquer du biocarburant à base… d’huile de palme. Ce n’est pas une typo. Le pétrolier français percevra même des subventions de l’Etat français. Et ce n’est toujours pas une typo.

Le gouvernement annonce la création d’un fonds de 100 millions € afin d’activer la filière de l’hydrogène dans la mobilité.

La sortie du glyphosate d’ici 2021, supportée par le Président Macron, a de la peine à sortir du sol. Le ministre de l’agriculture Stéphane Travert tente de sulfater la proposition.

La France du Nucléaire est secouée par la chute des prix des énergies renouvelables et par l’ambition du gouvernement de diminuer à 50% la part d’électron atomique. Le bras de fer s’est engagé et le lobby du nucléaire déroule son plan de communication. Ce mois, c’est une déferlante activée par Areva et EDF qui s’est propagée dans les médias. L’importance du plan pub est à la hauteur des sommes en jeu.

 

Suisse

L’UBS pense que le prix du baril va continuer sur sa lancée et dépasser les 100$. Le manque d’investissements dans les nouveaux gisements va se faire cruellement sentir dès 2019. Parole d’une banque qui investit lourdement dans le pétrole et le schiste US.

La Banque Suisse pense que l’inflation mondiale devrait grimper de 3,1 à 4% notamment grâce à la hausse du baril de pétrole.

 

Allemagne

Audi prévoit d’écouler jusqu’à 800’000 voitures électriques d’ici à 2025. L’objectif de la marque est de vendre 30% de ses voitures en mode électrique ou hybride.

De son côté, Mercedes espère lancer 10 modèles électriques d’ici à 2022, de la petite au gros SUV. Le géant allemand prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 15 à 25% d’ici à 2025 avec ses véhicules électriques.

Mercedes Daimler est soupçonné d’avoir équipé certains de ses modèles diesel de logiciels «capables de fausser les niveaux d’émissions». Mais nooon! L’agence fédérale de l’automobile KBA a ordonné le rappel de près de 5000 Mercedes Vito pour inspection.

La ville de Hambourg a interdit les véhicules diesels les plus polluants, qui ne respectent pas la norme Euro6, sur deux tronçons de 1’600m et de 580m. D’autres secteurs vont être ajoutés. Stuttgart et Dusseldorf devraient en faire de même.

Donald Trump étudie l’imposition d’une taxe de 25% sur les voitures européennes vendues aux USA (2,5% actuellement). De son côté, l’Europe impose déjà une taxe de 10% sur les importations de voitures américaines. Pour se défendre, les constructeurs allemands ont souligné qu’ils emploient 115’000 employés sur le sol US (y compris les fournisseurs) et exportent vers l’Europe une partie de cette production américaine. Wait a minute! Ne serait-ce pas à l’Europe de taxer les constructeurs allemands qui exportent les emplois européens vers les USA?

 

Angleterre

Le distributeur de gaz Cadent va investir 1,2 milliard $ dans une station d’hydrogène afin de stocker l’énergie du solaire et de l’éolien.

Le gouvernement va faciliter l’exploitation du gaz de schiste sur le territoire afin de tenter de compenser la baisse de production de la Mer du Nord.

 

Chypre et Turquie

Les problèmes économiques de la Turquie sont en train de gâcher les nuits du président Erdogan au point de passer sa mauvaise humeur sur l’île de Chypre. Le petit Etat continue ses explorations de gaz et de pétrole dans ses eaux territoriales. Mais comme les gisements ne s’arrêtent pas à la frontière, la marine turque a menacé de couler un bateau de prospection affrété par l’Italien ENI.

Le nord de l’île, la République turque de Chypre du Nord, est gérée par des turques. Cet Etat non reconnu a justement été reconnu par la Turquie.

 

Dessin Chappatte

Asie

Chine

L’agence internationale de l’énergie renouvelable estime que le 60% des nouveaux emplois dans ce domaine sont réalisés sur les marchés asiatiques. Pour le solaire, la Chine compte 60% des emplois dans le monde (2,2 millions). Dans le domaine éolien, la Chine détient 44% des employés au niveau mondial. A vrai dire, Pékin a fait le nécessaire dans des domaines qui ont été abandonnés par les européens et les américains. L’heure des dividendes est arrivée pour la Chine.

La Chine devrait vendre 1 million de voitures électriques en 2018 (50% des voitures mondiales). Durant les 4 premiers mois de l’année, 225’310 véhicules électriques ont été écoulés. Est-ce que l’hégémonie des constructeurs européens arrive à son terme ?

Donald Trump a envoyé 7 émissaires pour débuter les négociations sur les échanges commerciaux entre les 2 pays. Les menaces ont débuté à 50 puis 200 milliards du côté US. Sans tamtam sur Twitter, les chinois ont fortement diminué leurs achats de soja (un marché de 12 milliards $). Le bras de fer est à suivre.

Depuis l’ouverture des exportations américaines de pétrole et de gaz en 2015, la Chine n’a cessé d’augmenter ses achats de gaz à Washington afin de réduire sa consommation de charbon. “Dans le but de réduire la balance commerciale avec les USA“, Pékin va augmenter ses importations de gaz US. L’excuse est bien trouvée.

La Chine a lancé sur les océans sont deuxième porte-avions militaire le «Type 001A». A contrario du Liaoning, qui était un bateau russe entière reconstruit par les chinois, le Type 001A a été réalisé par les chinois. Sans propulsion nucléaire et plus maniable que les monstres américains, il pourra transporter jusqu’à 38 avions. Il fait partie d’une stratégie chinoise de maîtrise des mers.

 

Inde

Le pays vient de terminer la construction d’un nouveau centre de stockage de pétrole à Mangaluru. La réserve stratégique du pays atteint 41 millions de barils.

L’Inde a fait face à une nouvelle vague de pollution assez percutante. Il ne serait pas étonnant que le pays décide de prendre en main ce problème récurrent.

 

Japon

Suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon se tourne vers le charbon. Le pays a ouvert 8 nouvelles centrales en 2 ans et 36 supplémentaires sont prévues dans les 10 prochaines années.

 

Vietnam

L’un des forages de Rosneft sur les côtes du Vietnam pose des soucis à l’entreprise russe. Il pourrait fâcher Pékin. Le gouvernement vietnamien confirme que le bloc est bien sous la juridiction et dans le périmètre du pays. Il demande à la Chine de respecter son droit souverain.

 

J’ai décidé de me retirer d’un accord avec la Corée du Nord que je n’ai pas fait. Fort. Décisif
Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Etats-Unis : Schiste

Le Wall Street Journal reporte que les pétroliers de schiste ont perdu 2 milliards $ depuis le début de l’année. En moyenne ils dépensent 1,13$ pour chaque dollar gagné.

Grâce aux taux d’intérêt proche de zéro, les pétroliers de schiste ont pu emprunter plus de 1’000 milliards $ entre 2006 et 2014 et perdre plusieurs centaines de milliards dont 7 ont été payés par la Banque Nationale Suisse. Avec l’augmentation des intérêts, certains pourraient avoir de la peine à rembourser leurs échéances.

Deux des trois plus gros exploitants des gisements d’Eagle Ford et du Bakken terminent l’exploitation de leurs meilleurs gisements de catégorie 1. Les résultats financiers du 2ème trimestre donneront une indication sur la rentabilité des catégories 2 et 3.

Le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste US, voit le ratio gaz/pétrole augmenter. Ce détail indique que les poches se vident de pétrole. Comble de malchance, les exploitants n’arrivent pas à commercialiser ce gaz, par manque de moyen de transports. Ils doivent ainsi le brûler sur place.

Quand un forage de schiste entre en fonction, le ratio eau/pétrole varie de 3:1 à 11:1. Le stockage et de traitement de cette eau mélangée aux produits chimiques devient une source de coûts importante pour les producteurs.

Le peak oil du schiste américain pourrait arriver d’ici à 2023. Cette bulle aura duré un peu plus de 10 ans.

 

Brésil

Le grand producteur pétrolier est en panne d’essence. Les routiers ont paralysé le trafic. Ils protestent contre l’augmentation de 21% des prix du diesel depuis juillet 2017 à cause de la remontée des cours et de la nouvelle politique de tarifs de pétrolier national Petrobras.

Comme le pays ne compte pas de réseau ferroviaire, les habitants et les marchandises sont entièrement dépendants des axes routiers. Du coup, les prix des denrées alimentaires ont flambé. Petrobras et le Président ont dû faire un geste. Le litre de diesel de 3,788 réais (88 ct €), baissera de 0,46 réais (-12%). Cependant, les grèves persistent.

Suite à la grève des routiers, le secteur pétrolier est également entré en grève. Les employés de PetroBras réclament une réduction des prix des carburants et du gaz de ville, la fin de la politique de vente d’actifs de Petrobras et la démission du président de cette compagnie pétrolière publique, Pedro Parente.

 

Dessin Chappate

 

Moyen Orient

Irak

Le gouvernement a signé un contrat de 25 ans avec la China ZhenHua Oil pour le développement d’un champ à proximité de Badgad.

Le Russe Rosneft a trouvé un nouveau champ pétrolier dans le sud du pays. Jusqu’à présent, Rosneft était surtout présent dans le nord et la partie Kurde de pays.

 

Arabie Saoudite

L’IPO sur la major pétrolière nationale, Saudi Aramco n’aura pas lieu cette année. Le gouvernement tente de vendre 5% des actions de son joyau, mais les investisseurs ne semblent pas se bousculer.

L’Arabie Saoudite a proposé à la Russie et aux membres de l’OPEP de remonter les quotas afin de compenser la perte de production du Venezuela et du Nigeria.

Plusieurs séries de missiles, tirés depuis le Yémen, ont été interceptés par Riyad. L’ambiance est toujours aussi chaude entre les différentes parties. Pour autant, aucune raffinerie et champ pétrolier n’ont encore été touchés.

Boston Dynamics, vendue par Google à l’Arabie Saoudite via la banque japonaise SoftBank, vient de sortir un nouveau robot assez effrayant.

 

«Les robots peuvent faire peur» Marc Raibert, fondateur de Boston Dynamics, propriété de l’Arabie Saoudite

 

Afrique

Libye

Une unité de la Libyan National Oil Corporation a dû fortement réduire sa production (-120’000 b/j). Les fortes chaleurs ont arrêté les turbines.

Plusieurs milices ont débuté des discussions pour redonner une certaine stabilité au pays. Depuis la chute de Kadhafi, la production pétrolière n’a jamais réussi à remonter à son niveau initial.

 

Nigeria

Le pays semble jouer continuellement la même partition. Les producteurs extraient du pétrole et les milices locales sabotent les pipelines ou détournent du pétrole alors que les pétrodollars finissent dans de petites enveloppes destinées aux membres du gouvernement.

Bref, la production nationale peine à dépasser les 2 millions b/j.

Pour apporter un peu de bonne humeur, 60 tankers pétroliers sont bloqués au terminal de Forcados. Ils n’ont pas trouvé preneur et alors que les coûts d’expéditions augmentent et que la Chine et l’Inde ont diminué leurs importations de pétrole nigérien.

 

Angola

Le président Joao Lourenco a réduit de moitié les taxes sur l’exploration pétrolière dans le pays. L’objectif, de ce membre de l’OPEP, est d’accélérer les investissements car les gisements en activité sont sur le point de rendre l’âme. Il ne resterait que 300 millions de barils dans le sol du pays.

 

Soudan

A cause d’une pénurie importante, le litre de diesel ne coûte plus de 5,6$ au marché noir. Inutile de préciser qu’à ce prix, une grande partie de la population doit se déplacer à pieds ce qui cause d’importants problèmes de transport.

 

Phrases du mois

«La Chine attend les demandes que les Etats-Unis vont mettre sur la table. Mais s’ils sortent un revolver et le pointe sur nous, ils peuvent terminer leur thé et partir.» Lü Xiang, Accadémie Chinoise des Sciences Sociale.

There is a lack of machines, there is a lack of tools, there is a lack of everything.” Patrick Pouyanne sur l’exploitation pétrolière au Venezuela

«Nous devons prendre très au sérieux la possibilité d’un pic des prix du pétrole, ne serait-ce que parce que ces pics ont précédé cinq des six dernières récessions.» UBS

How did we go from a president who could not tell a lie to politicians who cannot tell the truth?” Former New York City Mayor Michael Bloomberg

History suggests that financial abuses tend to multiply at the end of an economic boom. We are in the eighth year of an upcycle, yet President Donald Trump’s administration is loosening the rules on banks.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Le Pétrole: entre joueurs de poker et d’échec

Depuis le début de l’année, le baril de pétrole a gagné plus de 10$ et les probabilités de le voir continuer sur cette tendance augmentent. Le manque d’investissements dans l’exploration de nouveaux gisements, la chute du Venezuela, les problèmes de la Libye et le choix de Trump sur l’accord iranien pourraient à nouveau voir le baril émerger au-dessus de 100$.

Une partie mondiale entre joueurs de poker et joueurs d’échec est engagée.


Du côté des exportateurs, le premier regard se tourne vers le Moyen-Orient notamment vers l’Arabie Saoudite et l’Iran.

 

Iran et Arabie Saoudite

Si les coûts d’extractions pétroliers des deux pays rayonnent dans une fourchette de 4 à 10$/baril, leurs dépenses sont diamétralement opposées.

L’embargo a maintenu les prétentions financières de Téhéran dans des proportions minimales tout en gérant une solide présence militaire en Syrie et au Yémen. Depuis la levée des sanctions, le pays a augmenté sa production de 1 million b/j. et ses exportations se sont presque exclusivement tournées vers l’Asie (Chine, Inde, Corée du Sud). Les entrées de pétrodollars ont apporté une bouffée d’air frais à l’Economie du pays.

En l’état actuel, l’Iran peut se contenter d’un baril à 40-50$. Le reste n’est que bénéfice.

 

La grandiloquence du business modèle de l’Arabie Saoudite caractérise son budget. Les glorieuses années, qui voyaient un baril à plus de 100$, ont fondamentalement modifié les habitudes. Le faste et le brillant ont un prix.

Pour garder son peuple sous tutelle et éviter toute révolution, la famille royale distribue annuellement des dizaines de milliards $ à ses 22 millions de citoyens nationaux. Cet obole pèse lourdement dans les caisses du royaume.

De plus, l’Arabie Saoudite entretient la plus dispendieuse et certainement la plus inefficace armée du monde. Pour 2018, 60 milliards $ sont prévus soit 10% du PIB. Pour comparaison, le budget militaire russe se monte à 46 milliards $ (2,8% PIB) et 14 milliards $ pour l’Iran. (2,1% PIB).

Pour la santé de son bilan comptable et pour tenir tête à l’Iran, Riyad espère un baril à 80$.

Afin de combler son budget, le prince héritier Mohammed bin Salman désire mettre en vente 5% des actions de l’entreprise nationale pétrolière: Saudi Aramco. Il espère lever entre 100 et 200 milliards $. L’IPO pourrait enfin titiller l’intérêt des investisseurs étrangers à condition que le baril passe sur la barre des 80$.

On comprend ainsi mieux la volonté de Riyad de maintenir les quotas minimaux actuels de l’OPEP. La vis devrait se desserrer à l’approche des 100$ le baril afin de ne pas mettre en péril la demande et l’Economie mondiale.

 

Production pétrolière du Venezuela


Sources: Bloomberg, OPEP, Financial Times

La Russie

En deux ans grâce aux quotas de l’OPEP, Moscou est devenu un allié improbable de Riyad. Réélu, Vladimir Poutine compte sur une hausse du baril pour couvrir les dépenses de son nouveau programme et ses ambitions internationales. Le pétrole et le gaz sont les carburants essentiels au budget russe puisque qu’ils pèsent un peu plus de 50% dans les recettes du budget fédéral.

Si au Moyen-Orient, Donald Trump a parié sur Israël et l’Arabie Saoudite, la nature ayant horreur du vide, la porte a été laissée grande ouverte à la Russie et à la Chine pour y jouer un rôle clé auprès des autres nations.

Ainsi, l’influence russe augmente à chaque poussée de fièvre du pétrole notamment en Syrie, au Qatar, en Irak ou en Iran.

L’Iran et la Russie ont même débuté un troc: pétrole contre nourriture et produits russes des plus prometteurs.

 

La Chine

Pékin a des raisons de se réjouir du pari américain de réinstaurer les sanctions contre l’Iran. Le premier importateur de pétrole au monde a ouvert sa propre bourse pétrolière à Shanghai nominée en Yuan.

Au lieu d’utiliser le dollar américain, sensible aux remontrances de Washington, l’Iran pourra ainsi faire confiance au Yuan chinois. On ne doute pas une seconde que la Chine pourra bénéficier de «tarifs avantageux et préférentiels» en signe de remerciements.

Cependant Pékin peut craindre une escalade des tensions entre l’Iran et les USA/Israël/Arabie Saoudite. Le détroit d’Hormuz peut être bloqué par les iraniens et, paralyser le quart de la production mondiale.

La Chine aura intérêt à modérer les ardeurs des différentes parties. L’arrivée d’un deuxième porte-avions dans l’armée chinoise tombe à point nommé.

 

Routes Maritimes pétrolières Sources: EIA

 

Les USA

Washington a également besoin d’un baril supérieur à 80$ pour que les producteurs de schiste deviennent rentables et puissent maintenir la production actuelle.

La décision iranienne de Donald Trump pourrait participer à cette perspective même si les automobilistes américains sont directement impactés. On peut douter que Joe America prédispose de plus de place que les pétroliers dans le cœur de Trump.

Il faut espérer que l’inflation induite par le pétrole ne fasse pas exploser les nouvelles bulles des subprimes des crédits d’achats de voitures ou des crédits aux étudiants. Le taux du rendement du 10 ans américain vient tout juste de passer au-dessus des 3%.

Finalement, en activant le spectre de l’Iran, c’est tout le secteur de l’armement qui est galvanisé. Des emplois américains pourraient être maintenus notamment par la vente d’équipements à Israël et à l’Arabie Saoudite.

 

Venezuela

L’outil de production pétrolier et l’Economie nationale semblent dans un tel état de déliquescence, que l’on peine à imaginer que même un baril à 100$ évitera l’écroulement.

Avec la pénurie mondiale annoncée, la chute du Venezuela risque de propulser rapidement les prix à la hausse.

 

Si un joueur de poker peut rapidement amasser une fortune, la vision à long terme d’un joueur d’échec peut faire merveille dans la configuration actuelle.

Quoi qu’il en soit, par leur incapacité à découpler leur Economie de l’or noir, les pays “sans pétrole” sont relégués au rôle de simples spectateurs qui paient leurs billets…  au prix qu’on leur impose.

Pétrole et Manifestations. L’Iran: too big to fail

Les manifestations, qui ont éclaté en Iran, apportent une incertitude supplémentaire dans la géopolitique énergétique. Ainsi après l’Arabie Saoudite et le Venezuela, c’est un nouveau producteur pétrolier majeur qui tremble.

Schizophrène, les pays occidentaux aimeraient exporter leurs schémas de «démocraties» tout en espérant qu’aucun changement ne viendra altérer le flux pétrolier nécessaire à sustenter leur croissance économique. Le paradoxe nécessite un éclairage.


L’Iran entre Révolution et Evolution

Si les manifestations de 2009 avaient été étouffées par la ligne dure du Gouvernement, les mouvements actuels semblent provenir de la base populaire en recherche d’Evolution. Cependant, il n’est pas encore clair si des nations étrangères, comme se targuent les tweets de Donald Trump, interfèrent pour pousser à une Révolution.

 

Les nouveaux pétrodollars iraniens

Depuis la levée partielle des sanctions, l’Iran a fortement augmenté sa production pétrolière pour tendre aujourd’hui vers les 4 millions de barils/jour (b/j). Cette entrée de pétrodollars permet à l’Iran d’alourdir son influence au Moyen Orient. C’est également à cette manne qu’aspirent les manifestants.

 

Russie-Iran & USA-Arabie Saoudite : des stratégies opposées

Le Moyen Orient extrait le tiers de nos besoins pétroliers et c’est dans cette région énergétiquement sensible que la diplomatie américaine arrive avec le doigté d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. La doctrine de Trump coïncide avec une augmentation de testostérone et une diminution de réflexion dans les processus de décisions stratégiques.

Du côté de l’Arabie Saoudite, le Prince héritier en charge du pays, Mohammed ben Salmane Al Saoud accumule les choix chancelants. La guerre avec le Yémen s’envenime, le blocus du Qatar cherche une sortie et la récente démission forcée du Premier Ministre Libanais, Saad Hariri, en visite à Riyad s’est soldée sur un retour de manivelle. Finalement l’emprisonnement de centaines d’acteurs majeurs et membres de la famille royale semble fragiliser le plus grand exportateur mondial de pétrole.

Profitant du chaos à Washington et des égarements de Riyad, il n’en fallait pas plus pour que les rusés et pragmatiques stratèges iraniens et russes avancent sciemment leurs pions et prennent l’avantage.

Les événements populaires actuels en Iran apportent une bouffée d’air à la diplomatie américaine. L’envie du président Trump de surfer sur cette vague s’explique.

 

Dépendance pétrolière

Avec la perception que les pétroles de schiste et offshore devraient suffire à leur indépendance énergétique, l’administration Trump ne s’embarrasse plus du Moyen Orient quitte à l’embraser.
Cependant, si l’Iran ou l’Arabie Saoudite devait courber l’échine, les économies occidentales seraient les premières à payer le prix. L’histoire montre qu’une révolution ou un changement de régime radical tend à réduire la production pétrolière d’un pays.

La Libye a perdu plus d’un million de barils/jour depuis le renversement de Kadhafi. Il aura fallu plus de 10 ans à l’Irak pour retrouver les niveaux d’extraction de Saddam Hussein.

Si durant les 2 dernières années, une surcapacité pétrolière a marqué les marchés, il faut noter que la marge n’est que de 2 million b/j. (2% de la production mondiale). Une partie de cette marge est déjà grignotée par le Venezuela, qui vit des heures délicates.

 

L’Iran et l’Arabie Saoudite ne peuvent pas fléchir

A l’aube d’une consommation pétrolière record de 100 millions b/j, notre croissance économique dépend toujours aussi fortement du pétrole. Incapable de diminuer le ratio PIB/Quantité d’énergie, le seul scénario que nous pouvons souhaiter à l’Iran est l’arrêt de la contestation populaire. Notre procrastination a rendu les grandes puissances pétrolières too big to fail.

Dès lors, pour garder notre situation privilégiée, pouvons-nous nous contenter d’une Stagnation, d’une Evolution de l’Iran, de l’Arabie Saoudite ou du Venezuela en lieu et place d’une Révolution?

En gage de stabilité, pouvons-nous accueillir avec soulagement la prochaine réélection de Vladimir Poutine à la tête du plus grand producteur mondial d’or noir? Tant pis pour la démocratie.

C’est tout le paradoxe d’une croissance Economique qui a mis tous ses œufs dans le même panier.

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2017

Tous les Voeux pour la Nouvelle Année 2018!!!
Comme le 1er de chaque mois, la Revue Mensuelle:
– Pétrole: Un baril à 100 ou à 50$ pour 2018?
– Arabie Saoudite: Le pays aimerait avoir sa bombe atomique
– France: Des vélos à hydrogène bientôt à disposition
– Allemagne: Après Tesla, Daimler propose son camion électrique
– Pologne: Inauguration de la plus grande centrale à charbon européenne
– Monde: Les investisseurs préfèrent toujours les Energies Fossiles
– Iran: Des manifestations secouent le pays.


Durant 2017, le pétrole a roupillé. Il s’est repris grâce à la pression de l’OPEP et termine l’année sur une légère poussée de fièvre. on le retrouve à 66.60$ à Londres (56,09$ au 1er janvier 2017) et à 60.42$ à New York (53.90$ au 1er janvier 2017).

L’uranium n’a rien fait. Un gros dodo durant toute l’année pour terminer à 23.75$ (20.25$ au 1er janvier 2017).

 

Graphique du Mois
Variations de la consommation d’énergie mondiale
durant les 5 dernières années
   Source: National Observer

Planète

Explication du graphique du mois.  On pourrait croire que les énergies renouvelables ont le vent en poupe. Il n’en est rien. Les investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon continuent d’être largement supérieurs aux énergies renouvelables.

L’année 2017 a été l’année la plus chaude depuis le début des mesures. L’hiver 2017 est paradoxalement rigoureux autant aux USA-Europe qu’en Asie. Vous aurez remarqué les variations extrême d’un jour à l’autre, comme si le climat jouait avec le Bitcoin.

La liste des 100 entreprises qui polluent le plus dans le monde a été publiée par «ClimateAction100+».
– On retrouve les groupes pétroliers et gaziers comme BP, Chevron, Coal India, Eni, Exxon Mobil, Shell, Total,
– des acteurs du secteur des transports: Airbus, Boeing, Ford, Volkswagen,
– des producteurs d’énergie: EDF, Enel, Engie, E.ON,
– des groupes miniers et sidérurgiques: ArcelorMittal, BHP Billiton, Glencore, Rio Tinto,
– des chimistes: BASF, Dow
– et dans les groupes alimentaires Procter & Gamble ainsi que Nestlé. A noter que ces deux entreprises concourent également dans la catégorie “Green Waching”.
Les groupes LafargeHolcim, et Siemens participent également à la fête.

 

Pétrole

Décembre est une période propice aux prédictions. Voici quelques infos pour nourrir votre boule de cristal.

Parmi les pays non membre de l’OPEP, seuls la Russie, le Canada et les USA ont vu leur production augmenter depuis 2004. Pour les autres, le déclin annuel total est de 250’000 barils/jour (b/j).

Depuis 2007, la production américaine a explosé +6 millions b/j. L’Irak, l’Arabie Saoudite, la Russie et le Canada ont également apporté 6 millions b/j.

Du côté de la demande, elle est passée de 89 millions b/j pour bientôt friser les 100. La surproduction 2017 ne représente que le 1,8% de la production mondiale.

Pour 2018-2020, si l’on assume que Trump ne mette pas à feu et à sang la planète et que le Moyen Orient tienne le coup, on peut imaginer que les USA vont légèrement accroitre leur production tant que le Bassin Permien ne montre pas des signes de faiblesse, que la production Russe va rester dans sa zone actuelle et que les dispendieux sables bitumineux du Canada vont augmenter avec la hausse des cours du baril.

Les autres pays non membre de l’OPEP devraient voir leur production annuelle diminuer de 250’000 barils/jour. Ajoutez un peu d’incertitude avec l’Arabie Saoudite et l’Irak, beaucoup d’incertitude avec le Venezuela et le Nigeria, vous êtes à même de faire une prédiction.

Les découvertes de nouveau pétrole se montent à 7 milliards de barils en 2017 contre 8 l’année dernière alors 2016 était la plus basse depuis 1940! Nous en étions à 15 milliards en 2014 et 30 milliards en 2012.

Certains pensent que le baril pourrait bientôt franchir les 70$ pour grimper vers les 100$. Barclay penche pour un retour à 50$ grâce à l’arrivée de 1,2 million b/j de schiste américain et la fin de la restriction des 1,8 million b/j de l’OPEP. Goldman Sachs prédit une hausse vers la mi-2018. Cependant la Pieuvre est connue pour faire une annonce et prendre des bénéfices en faisant le contraire.

Arabie Saoudite

Selon Reuters, après l’Iran, c’est au tour de l’Arabie Saoudite de vouloir sa bombe atomique. Aucun doute que cela permettra de détendre l’atmosphère au Moyen-Orient. Ainsi Riyad va demander à Trump et à des entreprises américaines actives dans le nucléaire, la possibilité d’enrichir l’uranium des centrales nucléaires civiles qui devraient être construites sur le territoire.

Le PIB du pays s’est contracté de 0,5% en 2017 à cause de la baisse des ventes pétrolières et le déficit pour 2018 devrait atteindre $52 milliards.

La vente de 5-10% des actions de Saudi Aramco est sur la table, mais à l’arrêt. Deux pays et deux bourses se chamaillent les honneurs d’héberger Aramco et cela devient amusant de voir les deux leader se battre à coup de tweets. Donald Trump ; “Would very much appreciate Saudi Arabia doing their IPO of Aramco with the New York Stock Exchange.” Et la Première Ministre Anglaise, Theresa May “I think London is extremely well-placed’’ to be picked as the listing venue.”
Le perdant devrait livrer un tweet assassin qu’on se réjouit déjà de lire. Riyad évalue toujours Aramco à un irréaliste 2’000 milliards $.

Saudi Aramco aimerait acheter des droits de forer aux USA dans les champs de schiste d’Eagle Ford. Ce serait une première pour cette compagnie qui ne possède aucun gisement en-dehors du pays.

Saudi Aramco a été victime d’une cyberattaque via le virus Triton qui s’amuse avec les systèmes de Schneider Electric.

Le Gouvernement a effectué un premier payement de 533 millions $ à 10,6 millions d’habitants avant l’augmentation des prix de l’essence, de la nourriture et du kérosène. Cette prime est destinée à alléger l’impact de ces mesures.

 

Russie

A 65 ans, Vladimir Poutine va se représenter pour s’autosuccéder à la tête du pays. Les élections auront lieu en mars 2018. La candidature de son principal opposant, Alexeï Navalny, a été refusée.

Total a effectué son premier transport de gaz liquéfié via son brise-glace tanker de la péninsule du Yamal dans l’Arctique. L’installation de 27 milliards $ a été financée par Total et la China’s National Petroleum Corp. à 20% chacun.

Avec la grosse vague de froid qui englobe l’Europe, Gazprom a déjà atteint la quantité de gaz livrée en 2016 vers l’Europe et la Turquie.

La Russie a trouvé assez de financement pour construire un frère au gazoduc Nord Stream. Ce gazoduc livrera son gaz directement à l’Allemagne en passant par la Mer Baltique. Ce partenariat Allemagne-Russie crispe certains pays européens.

Alors que les relations entre les USA-Europe et la Russie se détériorent, Pékin et Moscou se rapprochent. La Chine a besoin de gaz, de pétrole et des matières premières de Sibérie alors que la Russie cherche des devises pour stimuler son industrie. En travaillant avec la Chine, la Russie contourne facilement l’embargo. Ainsi l’italien ENI collabore avec Rosneft via Pékin pour la réalisation de forages en haute profondeur dans la Mer Noire.

L’Europe a reconduit l’embargo sur la Russie. Peut-être que les gesticulations de Washington permettront à l’EU de reconsidérer sa position.

 

USA

La production américaine aurait atteint les 9,78 millions b/j selon l’EIA. Les chiffres de l’EIA ne sont pas connus pour leurs exactitudes et une correction à la baisse devrait intervenir. Cependant, la tendance américaine est à la hausse.

Le Wall Street Journal soutient que les investisseurs ont déversé 200 milliards $ depuis 2014 dans le pétrole. Une bonne proportion de cet argent s’est évaporée.

Les efforts de l’administration Trump pour bloquer les énergies renouvelables semblent porter leurs fruits. Durant le 3ème trimestre, le nombre de nouvelles installations a diminué de 22% par rapport à 2016.

Après des années de contestations, ExxonMobil va inclure dans sa communication aux actionnaires, les impacts du réchauffement climatique sur son business modèle. De plus, certains gros actionnaires pourront rencontrer le board pour partager leurs points de vue.

La ville de Santa Cruz et le comté du même nom ont porté plainte contre 29 compagnies pétrolières et gazières pour des dégâts créés par le réchauffement climatique et notamment les énormes incendies. San Francisco, Oakland et les comtés de Marin, San Mateo et San Diego ont également déposé des plaintes contre les pétroliers. Les plaintes soulignent que l’industrie trompe les consommateurs sur le même modèle que l’industrie du tabac.

L’administration Trump a autorisé l’exploitation pétrolière dans des parcs nationaux en Utah, dans une réserve d’Alaska ainsi que sur les côtes américaines.

Le Congrès américain a adopté des dépenses militaires de près de 700 milliards de dollars pour 2018. Le budget russe de l’armée atteint 46 milliards $.

L’Etat de Géorgie a accordé 10 milliards $ supplémentaires pour terminer la construction de 2 centrales nucléaires qui dépassent largement les budgets initiaux.

Europe

Allemagne

Après Tesla, c’est Mercedes qui annonce son nouveau camion électrique. Daimler a livré ses premières versions de 7,9 tonnes  avec 6 batteries de 600kg, le Fuso eCanter a une autonomie de 100 km (donc en réalité de 50 km) et une vitesse de pointe de 80 km/h.  Du côté design, le Truck de Tesla a un look d’enfer. Le camion de Daimler a été créé avec la fantaisie des ingénieurs allemands.

En 2017, la consommation de diesel et d’essence a augmenté de 2%, le kérosène de 0,7%, le fioul de chauffage +2%.

 

Danemark

L’Allemand E-On, qui opère au Danemark, a enregistré sa millionième recharge pour voiture électrique depuis 2014. E-On propose 1’300 points de recharge à travers le pays. En moyenne, par borne cela fait une recharge tous les 2 jours. E-On va équiper les parking publics, les chaines de fast-food ainsi que les stations-services.

 

Pologne

Grâce à la Banque Européenne d’Investissements et 1,5 milliard €, la Pologne a inauguré la plus grande centrale à charbon d’Europe à Kozienice. Avec 4’000 MW, elle consommera 3 millions de tonnes de charbon par an, provenant essentiellement de la mine Bogdanka, dans le sud-est de la Pologne. Si l’on se fie au propriétaire, l’entreprise polonaise ENEA, la centrale est une bénédiction pour le climat «frienly power for the environment».

Le charbon constitue la base du système énergétique polonais. Environ 100’000 personnes sont employées dans le secteur du charbon dans le pays qui produit 90% de son électricité dans des centrales à charbon et à lignite.

 

France

L’entreprise Pragma va fournir à Saint-Lô, les premiers vélos électriques à hydrogène en France. Ils seront disponibles à des employés de l’hôpital et d’une entreprise, puis enfin aux touristes.

Ces vélos, de 25 kg, se rechargent en hydrogène en moins de deux minutes pour une autonomie de 100 km. Il faudra rejoindre la borne Atawey de deux mètres sur un mètre qui transforme l’eau de la ville en hydrogène pour les recharger.

Le coût du vélo est aujourd’hui de 7’500 euros, mais l’entreprise vise un prix public d’environ 3’500 euros à l’horizon 2020.

Lancé il y a 10 ans, le projet de Fusion nucléaire, ITER, va encore prendre du retard. Le budget est passé de 105 millions $ à 50 millions en 2017 et pour 2018 il passera de 120 à 63 millions $.

Avec l’arrivée de la nouvelle année, les prix de l’essence et du diesel ont gagné quelques centimes avec de nouvelles taxes.

En 2017, la part des nouvelles voitures à diesel est descendue à 49%.

 

Suisse

Le géant industriel américain General Electric annonce la suppression de 1’400 emplois en Suisse au sein de son unité GE Power, reprise fin 2015 à Alstom et qui compte près de 4’500 salariés.

Le groupe Electrique Axpo a officiellement réalisé un bénéfice de 310 millions frs. En fait, les bénéfices avant le micmac fiscal se montent à 1,23 milliard de francs pour un chiffre d’affaires de 5,57 milliards. Bien qu’Axpo génère un bénéfice de 22% sur son chiffre d’affaires, l’entreprise demande des subsides supplémentaires. On les embrasses très fort!

Le démantèlement des 5 centrales nucléaires suisses est estimé à 23,484 milliards frs. selon la Fondation suisse de l’énergie (SES). Il s’agit d’une plus-value de 600 millions par rapport aux estimations de swissnuclear.

La Suisse possède le parc automobile le plus polluant d’Europe grâce notamment aux prix très avantageux de l’essence et d’une législation automobile à faire pâlir d’envie Trump. Pour 2017, 316’000 nouveaux véhicules ont été immatriculés dont dans l’ordre d’importance: VW, Mercedes et BMW. Malgré le scandale des moteurs truqués, Volkswagen reste le No1.

Les chiffres de l’inflation Suisse sont aussi fiables que les chiffres de l’emploi en France ou la consommation de charbon en Chine. Le calcul de l’inflation ne prend pas en compte les primes de l’assurance maladie. Si tel était le cas, l’inflation suisse dépasserait le 1% au lieu de l’officiel 0,51%.

Johnny Hallyday est mort
Dessin Alex

Les Amériques

USA Schiste

Avec un baril américain qui monte à 60$, l’industrie claironne que les USA vont devenir «Energy Independant». Il n’y a évidemment qu’eux pour croire cela.

Wall Street continue de déverser des milliards de $ dans le schiste US. Ce comportement peut s’expliquer par le ramdam effectué par les pétroliers et l’avenir brillant de cette technologie. Certains investisseurs pensent qu’il ne va plus y avoir assez de pétrole sur les marchés et que les prix vont fortement augmenter. Cette perspective annonce des profits juteux, ou pas.


Tweet de Trump: A l’Est, cela pourrait être le Nouvel An le plus froid enregistré. Peut être, nous pourrions utiliser un petit peu de ce bon vieux Réchauffement Climatique que notre pays, mais pas les autres pays, était sur le point de payer des trillions de $ pour se protéger. Réchauffez vous!

Ce message soulève une question: qui du réchauffement climatique ou de Trump est le plus dangereux?

 

Venezuela

Les exportations vers les USA ont chuté de 36% à 475’000 b/j et la production a chuté de 1 million b/j en quatre ans. Le manque de fonds pour maintenir les installations en état de marche se fait sentir.

La Russie profite de la situation économique pour faire ses emplettes. Dernier en date, le champ Patao y Mejillones sont passés dans les mains de Rosneft.

Le Président Maduro a passé à l’Euro pour ses échanges avec l’étranger et évite le dollar américain.

Canada

Les producteurs canadiens peinent à écouler leur pétrole aux USA. Plusieurs entreprises étrangères ont abandonné les sables bitumineux en attendant que les prix remontent. En 2017, 23 milliards $ d’actifs ont été vendus.

Dessin Chappatte

Moyen Orient

Iran

Des manifestations ont éclaté dans plusieurs endroits du pays notamment pour des raisons économiques. Les iraniens peinent à voir les améliorations suite à la levée des sanctions. Il est vrai que Donald Trump freine des quatre fers. Est-ce que ce mouvement prendra de l’ampleur et quelle sera la réaction des Gardiens de la Révolution et du Gouvernement? En cette fin d’année, il est trop tôt pour le dire.

Les iraniens font de gros efforts pour fidéliser leurs clients asiatiques notamment avec des tarifs privilégiés. Ainsi si de nouvelles sanctions de Trump devaient tomber du ciel, Téhéran serait partiellement immunisé.

L’Iran regarde avec crispation la demande de l’Arabie Saoudite aux USA pour enrichir de l’uranium.

Irak

Le budget du pays atteindra 88 milliards $ en 2018 avec l’espoir d’une production de 3,88 millions b/j et un prix moyen de 46$ le baril. Les Kurdes, Sunnis et Basrawis se disputent âprement la dote.

Dessin Chappatte

Asie

Chine

Pour diminuer la pollution dans les grandes villes, le Gouvernement a interdit l’utilisation du charbon pour le chauffage. Cependant, la Chine n’a pas prévu assez de gaz et des millions d’habitants se sont retrouvé sans chauffage. Le Ministre de l’Environnement a dû faire marche arrière et autoriser l’utilisation de charbon pour se chauffer. Du coup, il y également une pénurie de… charbon.

La Chine importe de plus en plus de pétrole, non seulement à cause de l’augmentation de la consommation mais également à cause de son propre peak oil. Ainsi 64,4% de la consommation est importée. (+3,8% par rapport à 2015)

La volonté de Pékin d’utiliser le Yuan comme monnaie officielle pour les achats de pétrole attisent les intérêts. Ce serait une alternative au $ américain. Des tests vont être effectués à la bourse de Shanghai.

Le future de l’industrie automobile est en Chine et nos enfants achèteront des voitures Made in China à la place de nos belles allemandes ou françaises. Ford Motor va lancer 15 modèles électriques ou hybrides en Chine, fabriquées en Chine.

La Chine a lancé le premier bateau cargo électrique. Il peut se déplacer sur 75 km à 12 km/h. La recharge s’effectue en 2 heures soit le temps de décharger et charger la marchandise.

Japon

Après Nissan, c’est au tour de Honda d’investir dans la V2G (voiture to grid ou voiture sur le réseau électrique). Le concept permet de stocker l’électricité dans les batteries des voitures durant les heures de production solaire ou éolienne.

Toyota continue ses investissements dans la voiture à hydrogène. L’automobiliste va utiliser les déchets agricoles pour produire l’électricité nécessaire à créer de l’hydrogène notamment à Long Beach, Californie, USA.

Toyota va électrifier tous ses modèles d’ici à 2025 avec l’objectif de vendre 5,5 millions de voitures électriques d’ici à 2030.

Inde

L’air de New Delhi fut tellement pollué que le match de cricket Inde-Sri Lanka a dû être arrêté. Des joueurs du Sri Lanka sont tombés malade. L’air contenait 22 fois plus de particules que le taux maximal autorisé.

Corée du Nord

Théoriquement suite à une décision de l’ONU, la Chine et la Russie n’auraient plus de droit de livrer que 10% de pétrole, de kérosène, de diesel à la Corée du Nord soit 500’000 barils/an. C’est une baisse depuis les 2 millions de baril d’octobre et les 4,5 de septembre.

La Corée semble effectuer discrètement ses achats de pétrole grâce au transfert de pétrole via des tankers chinois ou russes situés en haute mer.

Afrique

Nigeria

Le chinois Sinopec a engagé le français BNP Paribas afin de vendre ses actifs pétroliers au Nigeria. Sinopec et la China National Petroleum Corporation (CNOOC) avaient ratiboisé le marché entre 2009 et 2013.

A l’époque Pékin était à la recherche de tout ce qui ressemblait à de l’or noir afin d’assurer l’alimentation de son marché. Les complications nigériennes et le manque de rentabilité ont eu raison des ambitions chinoises.

Libye

Le Général Haftar pourrait participer aux prochaines élections afin d’élire le remplaçant de Kadhafi. Le chef de la Libyan National Army a le soutien de la Russie. Il a réussi à redresser la production pétrolière du pays à 1 million b/j. et pourrait mettre tout le monde d’accord.

Angola

Il y a quelques années l’Angola faisait le buzz si vous étiez dans le pétrole. BP, Eni, Total, Exxon s’y précipitèrent. Un peu moins aujourd’hui. Les investissements ont été coupés de 67 milliards $.

Phrases du Mois

« Nous n’avons rien vu de pareil depuis les années 40. Les découvertes moyennes actuelles de pétrole représentent 550 millions de barils par mois. Le plus inquiétant est que le ratio de remplacement des réserves équivaut à seulement 11% comparé à 50% en 2012 et 100% en 2006. » Sonia Mladá Passos, Senior Analyst à Rystad Energy

« Tout esprit peut comprendre qu’une croissance continue est impossible dans un monde fini. Pour nier cette loi élémentaire, il faut être soit un fou, soit un économiste ». Kenneth Boulding

“Les chinois ne construisent pas des voitures à la chaine, ils construisent à la chaine des usines qui fabriquent des voitures. En 2022, 110 millions de voitures neuves seront vendues à travers le monde”. Jean-Luc Thuliez, CEO Aventor.

Pendant que les iraniens sont fâchés avec les dysfonctionnements du gouvernement, ils reconnaissent également que le gouvernement a été freiné dans ses actions par les USA et ses alliés.” Mohammad Marandi, prof. Université Téhéran.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

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