Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage ?

Les problèmes de la mobilité urbaine ne cessent d’augmenter et deux options émergent: passer sous le sol ou utiliser les airs. Dans le premier cas, c’est le projet des trains ultra-rapides Hyperloop qui tente sa chance.

Dans la mobilité urbaine aérienne, les drones électriques et autonomes capables de transporter des personnes sont à quelques encablures de passer de la science-fiction à la réalité. Aux USA, en Chine et en Europe une formidable course a débuté pour prendre le leadership et imposer ses standards au reste du monde.


 

Il n’y a encore que quelques années, les entrepreneurs actifs dans les Drone-Taxi rimaient avec “farfelus”.

Aujourd’hui, toute l’industrie aéronautique ainsi que les constructeurs automobiles tentent de trouver une alternative au pétrole. Ces deux industries sont dans l’urgence de se réinventer. Même l’ultra-conservateur Salon de l’Automobile de Genève, focalisé sur les moteurs thermiques, entrevoit l’arrivée de drones avec passagers.

Comme l’année dernière, ItalDesign présente, dans le stand Audi, un prototype basé sur le système Pop Up d’Airbus (voir vidéo ci-dessous). Mais le prototype n’est plus seul. Le voila accompagné par le hollandais Pal-V Liberty.

Personne ne sait si ces nouveaux véhicules vont révolutionner notre mobilité, mais beaucoup d’entreprises et d’investisseurs ne veulent pas rater le train de la Mobilité Urbaine Aérienne (Urban Air Mobility). L’arrivée de la 5G et la crise pétrolière, qui pointe le bout de son nez, ne feront qu’amplifier cette tendance.

Taxi-Drone: ItalDesign – Airbus – Audi  (présenté au Salon de l’Automobile Genève)

 

Trois pôles émergent : les USA, l’Europe et la Chine

Les USA emmenés par les acteurs digitaux

Dans les Drones-Taxis, c’est sans surprise que l’on retrouve les mêmes acteurs digitaux des voitures autonomes comme Google, Apple, Uber.

Dara Khosrowshahi, CEO d’Uber, envisage de mettre en service Uber Air avec des drones électriques entièrement autonomes. L’entreprise de taxis à la demande s’est fait brûler la politesse par Boeing en personne. L’avionneur américain a racheté, au nez et à la barbe d’Uber, son partenaire technologique Aurora Flight Science, spécialisée dans les systèmes de vol pour avions sans pilotes. Cette guerre fait monter la pression sur les investisseurs et booste les entrepreneurs.

Malgré ce revers, dans son concept “Uber Elevate“, l’entreprise californienne a débuté ses premiers tests à l’aéroport de Dallas Fort Worth au Texas, à Los Angeles et à Dubaï. A terme, l’utilisateur pourra ainsi choisir entre Uber Pool (voiture) UberX (berline de luxe) ou UberAir (drone).

Uber Elevate: Concept Drone d’Uber

 

Larry Page, CEO d’Alphabet-Google, ne veut pas laisser la voie libre à Uber. C’est Waymo, la filiale de voitures autonomes de Google, qui est chargée de donner la réplique avec son drone maison.

Du côté des investisseurs, l’intérêt est énorme. Joby Aviation, qui construit son drone-taxi, a levé 100 millions $ auprès notamment d’Intel et de Toyota.

Bloomberg: The future of flying cars (en anglais)

 

La Chine : un objectif stratégique

La Chine semble avoir pris une longueur d’avance sur ses concurrents européens et américains avec l’ambition d’imposer ses standards au reste du monde

En février, le constructeur, Ehang, a effectué un premier vol avec un passager. Le Ehang 184 électrique et autogéré, peut voler à 130 km/h et résister à des vents très violents.

Le premier vol du Ehang 184, février 2018

 

Dans les villes, Dubaï s’impose avec une série de projets. Elle désire bénéficier de la technologie chinoise mais laisse la porte ouverte à l’Allemand Volcopter. La ville hôte de l’exposition universelle en 2020 veut être la première à offrir les services de drones-taxis pour cette occasion. D’autant que Buenos Aires, Argentine, réfléchi également à ce type de mobilité pour son Expo 2023. On voit mal les Emirats Arabes Unis se laisser prendre la vedette par l’Argentine.

Dubaï teste le drone Volcoptère

 

L’Europe : Regrouper ses forces

En Europe deux pôles émergent : l’Allemagne et Airbus.

Ainsi les allemands Lilium et Volcopter ont le vent en poupe. Volcopter s’illustre dans ses projets à Dubaï. Brian Krzanich, CEO d’Intel Corporation, s’affiche même dans une vidéo à bord d’un drone. Tandis que Lilium a levé plus de 90 millions $ pour perfectionner son système.

Volcopter : Brian Krzanich, CEO d’Intel Corporation

 

Du côté d’Airbus, le concept Pop Up d’ItalDesign stimule toute l’industrie européenne. Airbus a également investi dans l’entreprise Vahana, qui propose un drone électrique, entièrement autopiloté. Vahana a réussi son premier “vol test” en stabilisant sa machine à 5 m du sol.

Airbus voit également du potentiel dans la start-up new-yorkaise Blade qui pourra la connecter aux utilisateurs “de services aériens à la demande” à travers le monde.

Finalement, le géant aéronautique européen a la mission de coordonner et fédérer les forces du continent pour établir les standards européen dans la gestion du ciel. La Finlande, le Danemark, la Suède, la Suisse, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Autriche pourraient être les pays ou les premiers tests pourraient être effectués. Grâce à ces études, l’Europe pourrait édicter des standards pour son espace aérien ainsi que les règles du jeu comprenant les considérations environnementales et publiques.

 

Une conquête mondiale

La voiture-drone est techniquement sur les rails. Il ne reste qu’à déterminer les pays et les villes qui prendront le leadership mondial et qui imposeront les règles de ce nouveau mode de mobilité.

On espère que les villes et les régions du Vieux Continent saisissent et comprennent ces enjeux notamment aux niveaux: de l’environnement, de l’emploi, de la sécurité, de l’intégration à la mobilité urbaine et des citoyens. Pas sûr que les américains et les chinois tiennent tous ces principes à cœur.

C’est peut-être à ce prix et à cette implication que l’on pourra voir la voiture décoller de manière durable.

 

Electricité, c’est la révolution

electricity_revolutionAlors les nouvelles technologies sont en train de révolutionner le monde de l’électricité, certains grands producteurs électriques freinent des quatre fers pour tenter de garder leurs clients captifs et s’accrochent à leurs anciens modèle d’affaires. A l’image d’Uber, ce mouvement de fond prend de l’ampleur et déstabilise.

Blockchain, Smart City, Internet des objets, autoconsommation, stockage, mini et micro grid émergent au grand bonheur des particuliers et des PME. Cette révolution chahute un business qui avait si peu évolué depuis un siècle.

 

Blockchain, Mini Grid

Grâce aux énergies renouvelables, les particuliers voient émerger toute une gamme d’opportunités pour devenir énergétiquement indépendant, afin d’éviter les frais de transports dispendieux, les taxes et de se libérer des règles rigides des grands producteurs.

Il est maintenant possible de créer un réseau électrique local, entre des bâtiments ou des maisons, qui combine énergie renouvelable et économie du partage. Le tout, grâce à la technologie blockchain, qui permet des échanges décentralisés, précis et sécurisés entre particuliers. (voir exemple à Brooklyn).

Ainsi, en fonction de leurs besoins et de la quantité d’énergie produite, les habitants d’un quartier peuvent s’échanger de l’énergie en temps réel et effectuer les payements avec des bitcoins pour des transactions sécurisées de particulier à particulier, sans intermédiaire et sans banque.

Souvent organisé en coopérative, ce nouveau modèle de proximité est appelé à se généraliser.

Smart City – Internet des Objets

Les technologies «Smart» font une entrée fracassante en Suisse. Alors que les ménages gaspillent en moyenne plus de 40% de leur électricité, ce pourcentage grimpe à plus de 45% dans les PME. L’internet des objets permet de fortement réduire ces pertes.

Ainsi Genève, St-Gall, Winterthur, Berne, Friboug, Neuchâtel sont en train d’équiper leurs régions du système LoRa afin d’activer la connexion des objets connectés et sur nos smartphones, les applications se multiplient.

Ces capteurs, à très faible consommation (une pile peut durer 8 ans), permettent de diminuer les pics de la demande, d’optimiser la consommation ou de repérer les fuites jusque là invisible. Ainsi les Services Industriels de Lausanne vont installer des lampadaires intelligents capables d’adapter automatiquement leur fonctionnement. Economies prévues: Frs 600’000 sur une facture totale de 1,1 million!

Au lieu de chauffer traditionnellement votre eau chaude durant les heures creuses de la nuit, c’est le surplus des heures ensoleillées de la journée qui prend le relais en maximalisant l’utilisation du réseau électrique et en stockant cette énergie.

Les batteries des voitures électriques peuvent déjà servir de tampon pour stabiliser le réseau tandis que le nouveau bus électrique TOSA d’ABB recharge sa batterie en moins de 15 secondes! Une prouesse impensable il y a 5 ans encore.

Pendant que les Forces Motrices Bernoises ont rageusement divisé par 3 les prix de rachats de l’énergie solaire, les propriétaires lésés vont pouvoir se retourner vers les solutions de stockage et auto-consommer l’électricité qu’ils ont produite. Avec ce système, les propriétaires n’auront plus à payer les frais de transports et les taxes qui représentent le 60% de la facture d’électricité. LG Chem Resu, SonnenBatterie Eco compact et Tesla Powerwall 2 arrivent avec des systèmes plug & play pour moins de frs 5’000.–.

 

Ceci est une Révolution

La conjugaison des énergies renouvelables et la progression exponentielle de la technologie ont modelé cette Révolution. Comme dans toute révolution, il y aura du sang, des morts, des perdants et des vainqueurs. Si le consommateurs ou les PME devraient y trouver des outils pour s’extraire du réseau et tendre vers l’indépendance énergétique et la consommation locale, la pression s’exerce sur les grands producteurs dont les outils de production manquent de souplesse.

Avec l’arrêt du nucléaire, les Allemands RWE ou E-On ont déjà prit une longueur d’avance notamment en scindant leurs activités de productions fossiles et de renouvelables. Dans la tourmente, EDF s’enfonce dans ses choix tandis qu’en Suisse Alpiq ou Axpo cherchent une issue.

Les entités les plus agiles, flexibles, à l’écoute du marché et qui savent naviguer dans ces avancées technologiques semblent les mieux adaptées. Les plus rigides, à l’image des dinosaures, disparaitront. Comme la nature a horreur du vide, elles seront rapidement remplacées. Paradoxalement, elles pourraient justement être remplacées par… leurs anciens clients.

Tout est une question d’adaptation. Comme dans la Nature.