Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
Même un 1 avril, vous n’y trouverez pas de poisson!
– Allemagne: VW se lance dans la distribution d’électricité
– Chine: Le président en Europe pour promouvoir sa route de la soie
– Norvège: Le fonds souverain sort du pétrole de schiste
– Monde: La consommation des énergies fossiles en hausse, comme le CO2
– USA: Les Majors achètent les petits producteurs pétroliers
– Algérie: Le président Bouteflika se retire. L’armée montre ses muscles
– Japon: 8 bougies sur le gâteau d’anniversaire de Fukushima.


Comme les ours, le pétrole va terminer son hibernation pour déployer toute sa force durant les mois d’été. Pour l’instant, le réveil est calme. Comme le changement d’heure en Europe, personne ne sait où il va aller dans les mois à venir. A Londres, il termine ce mois à 68,39$ (fin février 66,39$). A New York, il pointe à 60.14$ (56,94$ fin février).

 

Graphique du mois

Consommation d’Energie Primaire dans le monde en 2017
Le gaz et le pétrole: 57% et avec le charbon: 85%
Source: BP World of Energy 2018

 

Planète

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 2,3% à 33 milliards de tonnes, indique l’Agence Internationale de l’Energie. Une augmentation record depuis 2010.

Pour son directeur, Fatih Birol, c’est une “surprise pour beaucoup” et une hausse exceptionnelle due aux énergies fossiles. “Nous avons vu une augmentation extraordinaire de la demande d’énergie, au plus haut depuis 10 ans. Toutes les énergies fossiles sont en hausse : charbon, gaz, pétrole.

La hausse annuelle de 560 millions de tonnes équivaut aux émissions de l’industrie de l’aviation. Si l’Europe baisse, c’est en Chine, en Inde et aux USA que l’augmentation fut la plus forte.

 

Monde

La santé de l’Economie mondiale montre des signes de fatigue. Une petite toux ou un virus? Le médecin va se pencher sur le malade, même si dans certains pays l’on parle déjà de récession. Du coup, le prix du baril de pétrole ne sait pas trop où aller. Dans le doute, l’Arabie Saoudite va continuer à diminuer sa production pour espérer voir les prix grimper.

Après avoir abreuvé en carburants nos chers véhicules, les grandes majors pétrolières s’embarquent dans la production et la livraison d’électricité notamment pour les voitures. Le mouvement des pétroliers ressemble à la transition effectuée par l’industrie du tabac dans la e-cigarette.

Ainsi Total et Shell opèrent des achats stratégiques. Si le gaz devrait générer l’électricité vendue par les géants du pétrole, Shell mise sur les énergies renouvelables et espère un retour sur investissement de 8 à 12%.

La capacité des majors à trouver des fonds pourraient faire trembler les producteurs traditionnels d’électricité comme E-On, RWE, EDF, Axpo ou Alpiq.

 

Peak Oil

Dès l’arrivée du pétrole de schiste en 2008, les discussions sur le peak oil ont été reléguées aux oubliettes. Depuis quelques mois, la tendance est en train d’évoluer.

A court terme, l’avenir du pétrole offre deux visages. Certains penchent sur une hausse des prix et une baisse de la production notamment dans le schiste américain. D’autres, comme le président Trump, tablent sur une hausse modérée des prix et une production qui suit la demande.

Un indice pourrait provenir des investissements et des tendances de ce début d’année. Voir le graphique ci-dessous, avec les intentions d’investissements dans les 5 principaux gisements de schiste aux USA.

 

En noir foncé: la production pétrolière
En gris: les intentions d’investissements

 

Depuis 2008, le boom du pétrole de schiste a été financé par des prêts et des actions dans des entreprises qui n’ont jamais dégagé de bénéfice. Les producteurs avaient promis des dividendes et des bénéfices pour fin 2018. Il n’en est rien et Wall Street est en train de serrer les cordons de la bourse. Les données chiffrées montrent que les investissements sont en chute libre depuis le début de l’année et devraient impacter la production dans les mois à venir.

 

Les pays à la Une du mois de mars

Venezuela

Suite à une panne totale d’électricité d’une semaine, la production pétrolière du pays a été sérieusement impactée. Il est encore trop tôt pour évaluer la capacité du pays à pouvoir faire redémarrer sa production ou si elle va totalement s’écrouler, et le pays avec. Pour ne rien arranger, une nouvelle série de pannes est venue secouer le pays à la fin du mois.

Avant ces incidents, la production pétrolière reculait de 50’000 b/j par mois et avait passé sous la barre du million de barils. De son côté, les USA, qui importaient plus de 500’000 b/j, ont réussi à réduire leurs importations à néant. Pour le coup, Caracas dévie ses livraisons vers Moscou. Il reste à déterminer les entrées financières pour le régime Maduro.

Deux avions militaires russes ont atterri à Caracas avec une centaine de militaires et 35 tonnes de matériels. Le président Maduro a précisé qu’un prochain vol apportera des médicaments et de l’aide humanitaire.

PetroChina prévoit une baisse de 33% des livraisons de pétrole du Venezuela à 186’000 barils par jour.

Du côté politique, le bras de fer entre le président Maduro et son opposant Juan Guaido, continue. Le vainqueur devra imaginer un futur qui s’évapore de plus en plus avec l’effondrement des installations pétrolières.

 

Production pétrolière du Venezuela
Source: Ron Patterson’s Peak Oil Barrel.

Algérie

Sous la pression des militaires, la situation se tend. Le chef des armées, Gaïd Salah, a demandé la destitution du président Abdelaziz Bouteflika.

En 2018, les ventes de pétrole et de gaz représentaient le 40% du budget du pays. Si l’arrivée du président Bouteflika a coïncidé avec la hausse des prix du baril au début des années 2000, une grande partie des pétrodollars ont servi à la corruption, à la construction de constructions inutiles et à de généreux versements pour maintenir la paix sociale.

La chute des prix du pétrole a fortement pesé sur les réserves du pays qui ont fondu de 178 milliards $ en 2014 à 88,6 en juin de l’année dernière.

Alors que les gisements pétroliers et gaziers vieillissent, la consommation interne augmente fortement notamment pour la production d’électricité. Basé sur le modèle français, l’Etat subventionne fortement le kWh. Il est facturé à 3 ct € alors que son prix de revient est à 8,9ct €.

Comme beaucoup de pays pétrolier/gazier, l’Algérie va devoir effectuer une transition rapide hors des énergies fossiles et tenter de diversifier les revenus du pays.

Le géant pétrolier ExxonMobil retarde ses explorations de gaz de schiste en Algérie. Les compagnies étrangères évaluent les risques d’un changement de régime au pouvoir.

En Algérie, l’humour a toujours été utilisé pour taquiner le pouvoir, en particulier dans les moments difficiles. Cette tradition s’est confirmée ce mois.


Manifestation et humour en Algérie

 

Arabie Saoudite

Malgré la hausse des prix du baril depuis le début de l’année, l’Arabie Saoudite va maintenir ses coupes de production pétrolière, au moins jusqu’en juin, à un niveau de 6,9 millions b/j.

Le ministre de l’Energie, al-Falih ne désire pas changer cette stratégie lors de la prochaine rencontre de l’OPEP. D’abord prévue en Avril, la rencontre de l’OPEP a été repoussé de 3 mois.

Pour équilibrer son budget, le pays compte sur un baril à 70$.  Même si les USA vont continuer à extraire du pétrole de schiste très léger, idéal pour produire du plastique, le royaume sait que le monde ne dépend pas du schiste, mais de pétrole lourd nécessaire aux avions, camions, bateaux et voitures.

Riyad pense que la demande de brut va rester solide cette année, notamment grâce à la Chine avec 11 millions b/j.

Toujours selon le ministre al-Fahih, d’importants gisements gaziers auraient été trouvés dans la Mer Rouge. L’Arabie semble séduite par le gaz et Aramco pourrait acheter des gisements aux USA.

Les exportations vers les USA ont chuté à 1,6 million b/j en février contre 5,75 il y a une année. Paradoxalement, les USA se tournent vers la Russie pour acheter le pétrole lourd dont ils ont cruellement besoin notamment après l’abandon des importations du Venezuela.

L’administration Trump est en train d’examiner la demande de l’Arabie Saoudite afin de s’équiper de centrales nucléaires civiles.

L’Europe a effectué un rétropédalage magistral après avoir mis l’Arabie Saoudite sur la liste noire des pays qui privilégient le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Riyad a menacé “de sévères et négatives conséquences” sur les flux du royaume vers l’Europe. Le Prince a également prononcé la formule magique «ulahup Barbatruc» pour immédiatement revenir dans le monde des gentils. Si l’on se rappelle la gymnastique effectuée par la Suisse pour éviter de figurer sur cette liste noire, la décision européenne laisse perplexe.

 

Chine

L’agence Xinhua annonce la découverte «massive» de réserve de pétrole de schiste dans la municipalité de Tianjin. Selon les désirs du parti, CNPC et Sinopec augmentent fortement leurs investissements d’explorations pétrolières et gazières. Jusqu’à présent, la Chine n’a pas encore réussi à percer les mystères du pétrole de schiste américain.

Le président Xi Jinping a débuté une tournée en Europe. Aucun doute, à la table, c’est lui le patron. Quand il parle, il engage son pays. Quand Macron, Merkel et Junker parlent au nom de l’Europe, ils n’engagent que leur parole. Les Chinois savent qu’ils peuvent contourner les menaces européennes en jouant sur les intérêts nationaux divergents. Pour garantir l’ambiance, il a débuté sa visite en Italie.

Stratégiquement en Europe, Pékin s’intéresse à l’énergie dont le premier producteur d’électricité portugais ainsi qu’à l’accès aux ports afin de trouver de nouveaux marchés pour ses entreprises. L’utilisation de l’arme financière et la création de des dettes, aux conditions draconiennes et difficilement remboursables, fait merveille en Asie et en Afrique. C’est au tours de l’Europe de profiter de ce privilège.

Xi Jinping a souligné les défis qui attendent le pays : chômage, politique internationale, commerce et prix de l’immobilier. Il espère que son pays ne soit pas pris dans cette spirale notamment pour éviter tous mouvements sociaux.

 

USA – Pétrole de Schiste

Faute de rentabilité financière depuis plus de 10 ans, Wall Street est en train de couper les vivre aux petits producteurs de schiste. Ceux-ci se font avaler par les majors comme ExxonMobil, Chevron et Conoco. BP et Shell ont rejoint le mouvement même si les préoccupations climatiques des investisseurs pèsent sur les acteurs européens.

Gretchen Watkins, Présidente de Shell USA, a demandé à la Maison Blanche de conserver les règlementations sur la limitation des émanations de méthane dans les extractions de gaz et de pétrole de schiste. Paradoxalement, l’administration Trump désire justement les abolir. Les émanations de méthane pénalisent fortement l’attrait du gaz de schiste qui est plus dangereux que le charbon au niveau des gaz à effet de serre.

Chevron et Exxon sont en train d’industrialiser les procédures de forages de schiste dans le Bassin Permien. Après avoir injecté 10 milliards $, Exxon ambitionne de réduire ses coûts à hauteur de 15$ le baril soit au niveau des prix d’extraction du pétrole conventionnel au Moyen-Orient. Si ce vœux devait se réaliser, il restera plus qu’à ExxonMobil à d’identifier de nouveaux gisements à travers le monde. Paradoxalement, la major ne s’aventure pas dans les autres champs de schiste aux USA.

Durant le mois de décembre, les gisements de schiste du Bakken ont généré 40 millions de barils de pétrole et 55 millions de barils d’eau. L’eau extraite des forages vient soit des gisements soit de l’injection d’eau qui favorise la fracturation des roches. Avec un coût de 4$ le baril d’eau, le traitement de l’eau usée s’élève à 2 milliards $ par année.

Durant la conférence CERA WEEK à Houston, l’IEA a annoncé que le pétrole de schiste pourrait ajouter 4 millions b/j de plus d’ici à 2024. L’Agence pense que la production pétrolière (pétrole, gaz liquide et les hydrocarbures) américaine pourrait grimper à 19,6 millions b/j d’ici à 2024, contre 15,5 aujourd’hui.

Cependant, les données sur les émissions de titres de créance et d’actions par les sociétés de schiste et sur leurs positions sur les marchés à terme montrent de gros nuages dans le ciel et un frein de la production. Cette tendance est à confirmer dans les mois qui viennent.


33% des compagnies de pétrole de schiste on eu un cash flow positif au 3è trimestre 2018

 

Europe

Les prévisions de la croissance du PIB pour 2019 diminuent à 1,1% au lieu de 1,7. Du coup, la Banque Européenne pourrait recommencer un Quantitative Easing. Les banques privées vont ainsi bénéficier d’argent à taux négatif où le simple fait d’emprunter, permet de gagner de l’argent.

 

Norvège

Le Fond de Pension du Gouvernement va diminuer ses participations financières dans les entreprises actives dans l’exploration et l’exploitation pétrolière car “ces investissements sont volatiles, risqués et imprévisibles.” Le GPFG est le plus grand investisseur mondial avec plus de 1’000 milliards $ d’actifs.

Le gouvernement a demandé au GPFG de sortir graduellement de l’actionnariat des entreprises pétrolières actives dans l’extraction et la production pétrolière. Les investissements dans les grandes majors comme BP, Exxon, Shell qui s’occupe également de la distribution ne seront pas impactés. Le fonds possède actuellement pour 37 milliards $ d’actifs pétroliers dans son compte.

Ce revirement de situation risque de remettre en question les autres institutions financières comme la Banque Nationale Suisse qui investit dans le même index énergétique et qui fait également face à des pertes financières importantes.

 

Russie

Selon le ministre de l’Energie, la Russie va respecter les quotas pétroliers discutés avec l’OPEP+. Moscou va diminuer ses extractions dans le mois qui vient.

Suite au réchauffement climatique et la fonte des glaces de l’Arctique, Moscou a identifié de nouvelles routes de transports maritimes dans la Mer du Nord ainsi que des opportunités d’extractions pétrolières et gazières. La région pourrait contenir 90 milliards de barils et 47’000 milliards m3 de gaz.

Les taux d’approbations du président Poutine est passé de 80 à 64% durant les 6 derniers mois.

Malgré la pression de Donald Trump, la Russie continue l’installation du gazoduc Nordstream 2 afin de livrer du gaz à l’Allemagne. De son côté, Washington annonce des sanctions contre les entreprises qui participent à la réalisation de Nordstream 2 et parallèlement Gazprom étudie un moyen de contourner ces sanctions. Le monde de l’énergie est extraordinaire. L’objectif est de créer une compagnie qui gèrera les 50 km sur le sol Allemand et qui tombera sur le coup des sanctions. Cela permettra d’éviter de mettre en danger les 9,5 milliards $ d’investissements sur les 1’200 km du gazoduc.

 

Allemagne

VW se lance dans la production et la distribution d’électricité via sa société Elli.  Elli fournira des bornes de recharge de véhicules électrique et les services associés aux clients résidentiels et aux entreprises mais fournira également de l’électricité verte, que le consommateur soit déjà client de Volkswagen ou non, qu’il soit propriétaire d’un véhicule électrique ou non. Cette offre entre en concurrence avec les producteurs traditionnels d’électricité ainsi que Shell et Total qui se lancent également dans ce créneau.

Paradoxalement, jugé cancérigène, le pesticide Roundup, à base de glyphosate, continue d’empoisonner Bayer-Montsanto. Le géant allemand de la pétrochimie avait déboursé 63 milliards $ pour avoir le privilège de faire face à 11’200 actions en justice sur le sol américain. Ce mois, elle vient de perdre un nouveau procès au niveau fédéral avec une pénalité de 81 millions $. Bayer pourrait débourser jusqu’à 20 milliards $. Le chiffre d’affaires de Bayer-Montsanto atteint les 40 milliards $ par année.

Avec l’arrivée des voitures électriques, l’industrie Allemande pourrait perdre 80’000 emplois dans le secteur.

 


Dessin Chappatte

France

Soutenues par deux millions de signataires de la pétition “L’Affaire du Siècle“, quatre ONG ont déposé plainte contre le gouvernement français pour inaction climatique.

Le film Le couvercle du soleil, sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, a été censuré par EDF qui possède la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire non lieu de la salle de cinéma qui désirait le projeter. EDF a mis demandé au cinéma de renoncer à passer ce film s’il voulait continuer à recevoir des aides financières.

En toute discrétion, le gouvernement Macron a décalé de 3 ans l’interdiction de la production de certains pesticides interdits par l’Union européenne.

Pour ceux qui ont Twitter, découvrez un compte qui apporte la bonne humeur: Le Journal de l’Elysée. C’est parodique et très décalé.

 

Bande Annonce Le Couvercle du Soleil, Fukushima

 

Hollande

Maarten Wetselaar, Directeur du gaz et des nouvelles énergies à Royal Dutch Shell, annonce que d’ici à 2030, le géant pétrolier désire devenir l’un des plus grands producteurs et distributeur d’électricité.

Poussé par ses investisseurs, Shell va se fixer un objectif de réduction de gaz à effet de serre. D’ici à 2021, l’entreprise espère réduire son emprunte carbone de 2 à 3% par rapport à 2016.

 

Suisse

Contrairement au fond souverain de la Norvège, la Banque Nationale Suisse a explosé ses investissements dans les énergies fossiles aux USA (charbon, pétrole, gaz, nucléaire) passant de 1,5 milliards $ en 2013 à plus de 6,3 aujourd’hui. La BNS n’a pas hésité à acheter des actions dans 183 entreprises américaines, dont pratiquement tous les acteurs du schiste. La vénérable dame est en passe de devenir l’une des entreprises la plus polluante de la Suisse.

Les fonds prévus pour la désaffection des centrales nucléaires n’est pas suffisant car le rendement du capital des fonds pourrait être revisité à la baisse. Si la demande est validée par la Confédération, les exploitants devront puiser dans leurs poches pour trouver les milliards manquants.  Du côté de l’Allemagne, qui a déjà débuté l’exercice, les budgets prévus sont insuffisants.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Iran

En mars, les exportations pétrolières semblent être en diminution entre 1,1 et 1,3 million b/j contre 1,3 en février.

Selon l’OPEP, la production iranienne reste stable à 2,75 millions b/j après avoir chuté de 1 million b/j depuis l’activation des sanctions américaines.

Les USA ont donné à 8 pays l’autorisation d’importer du pétrole iranien. Washington ne sait pas encore si elle va lever cette faveur. Cependant avec les problèmes d’extractions au Venezuela et dans d’autres pays dans le monde, une rupture d’exportations iraniennes pourraient faire augmenter l’arrêt à la station d’essence pour le SUV de Joe America. Quand l’essence est chère, Joe pourrait hésiter à voter pour Donald en 2020.

 

Irak

Les exportations pétrolières irakiennes ont atteint 3,996 millions b/j en février, presque un record.

Augmentation du PIB Chinois.  J’aime les contes de fées.

 

Les Amériques

USA

Le jeu “Qui va récolter des millions” a débuté. Le vainqueur aura le droit de devenir Président et de prendre demeure à la Maison Blanche. A ce jeu, Trump a déjà amassé 130 millions $ et caracole en tête d’autant que le rapport Mueller l’a blanchi dans l’affaire russe.

Les effets de la réforme fiscale sur les entreprises émergent. Les recettes ont diminué de 1,5% sur un an (-34% pour l’impôt sur les sociétés) et le déficit fédéral avoisine le 4,5% du PIB pour un total de 22’000 milliards $ soit 107% du PIB. Il devrait manquer 1’000 milliards $ dans le budget en 2019.

Pour des raisons économiques et de flexibilité, BP va produire de l’énergie solaire afin de l’injecter dans ses divers lieux de productions pétrolières. Il y a 2 ans, BP avait acheté la compagnie Lightsource avec des investissements prévus de 200 millions $ sur 3 ans.

 

Canada

ExxonMobil va retarder ses investissements de 1,9 milliards $ dans les pétroles bitumineux en Alberta. Son entreprise locale, Imperial Oil avait prévu d’extraire 75’000 b/j d’ici à 2022. Exxon va revisiter son objectif notamment à cause du manque de pipelines pour transporter le brut vers les USA.

Durant les 12 derniers mois, le nombre de forages de pétrole et de gaz a reculé de 56 unité à 105. L’industrie fait face à une pénurie de pipelines et gazoducs pour transporter ces matières premières.

 

Mexique

Le gouvernement propose d’utiliser le «Fonds de Stabilisation» pour rembourser une partie des dettes de son géant pétrolier Pemex. Actuellement, la valeur de ce fonds public est estimé à 15,4 milliards $. La dette totale de Pemex dépasse les 100 milliards $.

Dessin: Chappatte

 

Asie

Japon

Le 8ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima démontre la patience nécessaire afin de tenter de stabiliser la situation.

TEPCO, le propriétaire de la centrale, a proposé de vidanger dans l’Océan Pacifique, toute l’eau contaminée utilisée lors du refroidissement quotidien des réacteurs. L’entreprise est incapable de traiter cette eau qui s’accumule de jour en jour.

Du côté technique, cette dernière année, un robot a réussi à retirer quelques grammes du corium (combustible nucléaire fondu). C’est un bon début. Il n’en reste plus que 500 tonnes.

Du côté de la santé, les études réalisées depuis la catastrophe documentent une exposition des cas de cancers notamment chez les enfants. Normalement, tous ces détails seront réglés d’ici au 24 juillet 2020 date de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo.

Les coûts de la décontamination de la centrale pourraient atteindre plus de 640 milliards $ (voir vidéo ci-dessous)

À Fukushima, le coût faramineux de la décontamination nucléaire. France24

 

Afrique

Libye

Au moins 19 personnes ont été tuées dans le Sud de la Libye dans des combats avec le Khalifa Haftar (Armée Nationale Libyenne, LNA) pour la possession de champs pétroliers. A Murzuq, la LNA a gagné sa première bataille pétrolière. Si cette information est vérifiée, elle pourrait expliquer le temps nécessaire afin de reprendre l’extraction de 300’000 b/j.  La fermeture aurait coûté 1,8 milliard $ au pays.

Le Général Haftar, 75 ans, semble prendre l’ascendant sur le pays notamment grâce à l’aide des Emirats Arabes Unis et l’Egypte. L’objectif est refaire régner l’ordre dans un pays divisé oar une multitude de milices et de peuplades.

 

Phrases du mois

En arrivant il y a 6 ans au conseil d’Etat vaudois au département des infrastructures, je m’attendais à gérer des réseaux routiers, ferroviaires et des navettes lacustres mais pas des questions telles que la voiture autonome ou les drones ambulance“. Nuria Gorrite, Conseillère d’Etat Vaudoise.

The full impact of the shale revolution is yet to be seen. It is now coming. Because the first wave of oil and gas shale was mainly used domestically, to replace imports. The second wave of production is going to be used to export US oil and gas [to] several nations around the world. And this will have a major impact on the established oil and gas market order.”  Fatih Birol, Director IEA

While most forecasts see peak oil demand at some point in the 2030s, the oil industry still sees itself as being relevant for decades to come.” Amin Nasser, PDG Saudi Aramco.

L’assertion de la maîtrise de l’humain sur le Monde est pratiquement balayée par la montée des eaux et des tempêtes d’une puissance sans précédent.” Stephanie Wakefield.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:

– Venezuela: Maduro réélu, mais la production pétrolière chute
– Iran: Le bras de fer avec l’Administration Trump débute
– Brésil: Les grèves des camionneurs et des employés du pétrole paralysent le pays
– Japon: 44 nouvelles centrales à charbon pour produire l’électricité
– USA schiste: Verrons-nous le peak oil de schiste dès 2023?
– Chine: Solaire: le pays possède 60% des emplois dans le monde
– Russie: La première centrale nucléaire flottante est en route
– Angola: Réduction des taxes pour trouver de nouveaux gisements pétroliers.


Le baril de pétrole est brièvement passé sur les 80$. Un petit coup de mou, le laisse à 77.59$ (75.17$ fin avril) à Londres et à 67.09$ à New York (68.57$ fin avril).

L’uranium est en vie!  On l’a vu bouger. Il termine mai à 22.65$ (20.85$ fin avril).

 

Graphique du mois
Production pétrolière du Venezuela 2008-2018

Source: Bloomberg, OPEP; graphique Financial Times

Monde

Selon l’Agence Internationale de l’Energie Renouvelable (IRENA), le renouvelable compte 10 millions d’employés dans le monde.

L’effondrement de la production pétrolière du Venezuela et les sanctions américaines contre l’Iran pourraient être un parfait cocktail pour boire un baril à 100$. Cependant les avis divergent. Le PDG de Total penche pour 100$, alors que le PDG de BP pense que le pétrole de schiste américain va réduire le baril à 50$. L’IEA suppose que la demande va être détruite par les tarifs élevés. Morgan Stanley assure que les nouvelles régulations maritimes vont pousser le baril à 90$ et Westbeck Capital parie sur un baril à 100$ puis 150$ sur le modèle de 2008. Forcément, quelqu’un a raison, mais qui? La patience apportera la réponse.

Dès 2020, l’organisation mondiale du transport maritime va mettre en vigueur de nouvelles règles pour l’utilisation de pétrole lourd. L’industrie navale avale 5 millions barils/jour (b/j) de déchet de brut (résidu des raffineries). Le diesel pourrait compenser ce vide, mais il est bien plus cher que les 1 à 5 ct le litre des résidus.

Les 2’500 milliards $ de dettes des producteurs de pétrole et de gaz inquiètent les marchés financiers. Ce mois, l’américain Energy XXL a fait une faillite XXL à 4 milliards $. JPMorgan Chase, Well Fargo et Bank of America s’inquiètent de l’augmentation de l’augmentation des dettes pourries dans leurs comptes.

 

OPEP

Sous la pression de Donald Trump et de la Chine, l’OPEP pourrait remonter sa production de 1 million b/j. En réalité l’augmentation de la production de l’Arabie Saoudite et de la Russie (non membre de l’OPEP) compensera simplement la baisse du Venezuela, de l’Angola, de l’Equateur et du Nigeria.

Il aura suffi d’une suspicion d’augmentation des quotas de l’OPEP pour que le baril passe de 80 à 75$. In fine, cette décision pourrait être prise le 22 juin à Vienne lors de leur prochaine réunion.

Selon Citigroup, l’Arabie Saoudite aurait 2,12 millions b/j de capacité supplémentaire de production alors que la Russie 400’000 b/j. Pour l’instant, il y a encore de la marge pour atteindre le peak oil. Cependant, ces deux mots pourraient redevenir «très tendance» dans les moteurs de recherche.

 

Les Acteurs du Mois

USA

La production pétrolière a atteint le record de 10,543 millions b/j en avril. Même si les prix de l’essence grimpent à 2,90$ le gallon, la demande interne a également augmenté de 750’000 b/j, au plus haut depuis 2007.

Depuis l’élection de Donald Trump, le nombre d’employés dans le charbon a augmenté de 800 unités. De 80’000 employés en 2013, ils sont un peu plus de 55’000 aujourd’hui. La spirale baissière a été interrompue.

Le président Orange a coupé les budgets de la NASA pour évaluer la quantité de gaz à effet de serre. Cette coupe met en péril le calcul des émissions prévu dans l’accord de Paris.

Selon l’administration américaine, la diminution des taxes sur les entreprises a généré 1’000 milliards $ de dividendes supplémentaires pour les actionnaires. Pour le simple citoyen, la ristourne aura été de 900$ en moyenne, en grande partie mangée par l’augmentation des prix de l’essence.

Le constructeur de bus Motor Coach Industries (MCI) annonce que son bus J4500E “tout électrique” est capable de rouler à 113 km/h et sera commercialisé dès 2020.  La batterie de 450 kWh se recharge en 3 heures pour une autonomie de 8 à 10h.

L’Université de Stanford annonce des succès dans l’utilisation de batteries au manganès et eau pour les voitures électriques ou le stockage de l’électricité.  Ce type de batterie serait une alternative plus efficace et moins chère aux solutions actuelles.

En Californie, les nouvelles maisons et constructions devront avoir des panneaux solaires. La Californie exporte déjà une partie de son énergie solaire dans les autres Etats. Le temps est loin où l’Etat avait des coupures électriques sur son réseau.

Eric Schneiderman, l’avocat général de New York, a dû démissionner. Il est accusé de violences sur des femmes. Eric Schneiderman est connu pour avoir poursuivi Exxon Mobil sur le réchauffement climatique ainsi que les excès de Wall Street dans les high frequence trading.

Les dettes de subprimes dans le marché de l’automobile a atteint 300 milliards $. Cette bulle est notamment soutenue par la plus grande entreprise de private equitiy: Blackstone. Il semble que les leçons de la crise de 2008 soient oubliées.

Lors des mauvais résultats trimestriels, le CEO de Tesla Motors, Elon Musk, s’est copieusement gaussé des investisseurs et de Wall Street. Même Trump aurait déployé plus de tact. Ce moment de solitude pourrait soit révéler le succès futur de l’entreprise soit son effondrement.

 

Venezuela

Moscou et Pékin demandent au président Maduro de remplacer le Général Manuel Quevedo promu CEO de l’entreprise nationale de pétrole PDVSA. Depuis son arrivée, en novembre dernier, plus de 25’000 employés sur 140’000 sont partis. Au plus bas depuis 70 ans, la production pétrolière a déjà diminué de 450’000 b/j et elle pourrait encore chuter de 500’000 d’ici la fin de l’année.

Le président Maduro a été réélu, mais l’avalanche de créanciers qui réclament leurs avoirs, n’améliore pas la situation. De plus, les USA pourraient revenir à la charge avec des sanctions notamment en limitant les importations de pétrole et l’utilisation du dollar. Si Washington a toujours évité cette option, c’est que les raffineries américaines raffolent du brut lourd vénézuélien.

A en juger le nombre de tankers qui ont quitté le pays, PDVSA n’aurait extrait que 1,1 million b/j en avril.

 

Russie

La Russie a mis à l’eau sa première centrale nucléaire flottante. La barge, Akademik Lomonosov, a appareillé à Saint-Pétersbourg tractée par des remorqueurs. Les 2 réacteurs ont une puissance de 35 MW soit 20 fois moins qu’une centrale nucléaire standard. La barge sera amenée à Pevek, dans l’Arctique. Elle pourra produire de l’électricité pour les forages pétroliers ainsi que pour désaliniser l’eau de mer et alimenter en courant des plateformes pétrolières.

Vladimir Poutine se satisfait d’un baril à 60$ et pense qu’il est nécessaire de maintenir les prix en-dessous de 100$.

Le ministre du pétrole Novak confirme son accord avec l’Arabie Saoudite afin de remonter les niveaux de production, même s’il est prématuré d’avancer un chiffre précis.

Les USA pensent que la construction du gazoduc Nord Stream II, entre la Russie et l’Allemagne, pose un problème de sécurité nationale. Ca ne s’invente pas. Washington étudie des sanctions contre les entreprises impliquées dans sa construction. De l’autre côté, les USA tentent d’écouler leur gaz de schiste en Europe.

Suite à la construction d’un gazoduc entre les deux pays, la Russie va livrer du gaz à la Turquie avec un rabais de 10,25%. Ce gazoduc permettra à la Russie de contourner l’Ukraine pour ses livraisons au sud de l’Europe.

 

La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov

 

Iran

Trump a dénoncé l’accord sur le nucléaire. La partie entre les joueurs de poker américains et les joueurs d’échec iraniens va débuter.

Les nouvelles sanctions ont ravivé la partie la plus extrême du régime iranien qui désire revisiter la doctrine actuelle sur l’arme atomique.

L’Europe, qui achète 2,4 millions b/j à l’Iran, a déjà commencé à limiter ses importations de pétrole afin de respecter les volontés américaines. Téhéran compte sur l’Inde et la Chine pour prendre le relais.

Total a 60 jours pour négocier avec le gouvernement américain pour obtenir que le géant puisse continuer l’extraction gazière en Iran. En vertu de l’accord conclu en juillet 2017, d’un montant de 4,8 milliards $, Total détient 50,1% des parts du consortium pour le développement du champ gazier No 11 de Pars Sud. Le groupe chinois CNPC détient 30% des parts et l’Iranien Petropars 19,9%.

Malgré la rhétorique du gouvernement, il sera difficile pour l’Iran d’atteindre une production 4,2 million b/j. Cependant, la hausse des prix du baril compensera la baisse de la production.

La monnaie locale le Rial a perdu plus de 22% contre le dollar américain durant les 12 derniers mois.

Goldman Sachs pense que le pétrole de schiste américain ne pourra pas compenser la diminution probable de la production iranienne si les sanctions américaines devraient entrer en force.

 


L’excellent Chappatte

 

Europe

France

Total va fabriquer du biocarburant à base… d’huile de palme. Ce n’est pas une typo. Le pétrolier français percevra même des subventions de l’Etat français. Et ce n’est toujours pas une typo.

Le gouvernement annonce la création d’un fonds de 100 millions € afin d’activer la filière de l’hydrogène dans la mobilité.

La sortie du glyphosate d’ici 2021, supportée par le Président Macron, a de la peine à sortir du sol. Le ministre de l’agriculture Stéphane Travert tente de sulfater la proposition.

La France du Nucléaire est secouée par la chute des prix des énergies renouvelables et par l’ambition du gouvernement de diminuer à 50% la part d’électron atomique. Le bras de fer s’est engagé et le lobby du nucléaire déroule son plan de communication. Ce mois, c’est une déferlante activée par Areva et EDF qui s’est propagée dans les médias. L’importance du plan pub est à la hauteur des sommes en jeu.

 

Suisse

L’UBS pense que le prix du baril va continuer sur sa lancée et dépasser les 100$. Le manque d’investissements dans les nouveaux gisements va se faire cruellement sentir dès 2019. Parole d’une banque qui investit lourdement dans le pétrole et le schiste US.

La Banque Suisse pense que l’inflation mondiale devrait grimper de 3,1 à 4% notamment grâce à la hausse du baril de pétrole.

 

Allemagne

Audi prévoit d’écouler jusqu’à 800’000 voitures électriques d’ici à 2025. L’objectif de la marque est de vendre 30% de ses voitures en mode électrique ou hybride.

De son côté, Mercedes espère lancer 10 modèles électriques d’ici à 2022, de la petite au gros SUV. Le géant allemand prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 15 à 25% d’ici à 2025 avec ses véhicules électriques.

Mercedes Daimler est soupçonné d’avoir équipé certains de ses modèles diesel de logiciels «capables de fausser les niveaux d’émissions». Mais nooon! L’agence fédérale de l’automobile KBA a ordonné le rappel de près de 5000 Mercedes Vito pour inspection.

La ville de Hambourg a interdit les véhicules diesels les plus polluants, qui ne respectent pas la norme Euro6, sur deux tronçons de 1’600m et de 580m. D’autres secteurs vont être ajoutés. Stuttgart et Dusseldorf devraient en faire de même.

Donald Trump étudie l’imposition d’une taxe de 25% sur les voitures européennes vendues aux USA (2,5% actuellement). De son côté, l’Europe impose déjà une taxe de 10% sur les importations de voitures américaines. Pour se défendre, les constructeurs allemands ont souligné qu’ils emploient 115’000 employés sur le sol US (y compris les fournisseurs) et exportent vers l’Europe une partie de cette production américaine. Wait a minute! Ne serait-ce pas à l’Europe de taxer les constructeurs allemands qui exportent les emplois européens vers les USA?

 

Angleterre

Le distributeur de gaz Cadent va investir 1,2 milliard $ dans une station d’hydrogène afin de stocker l’énergie du solaire et de l’éolien.

Le gouvernement va faciliter l’exploitation du gaz de schiste sur le territoire afin de tenter de compenser la baisse de production de la Mer du Nord.

 

Chypre et Turquie

Les problèmes économiques de la Turquie sont en train de gâcher les nuits du président Erdogan au point de passer sa mauvaise humeur sur l’île de Chypre. Le petit Etat continue ses explorations de gaz et de pétrole dans ses eaux territoriales. Mais comme les gisements ne s’arrêtent pas à la frontière, la marine turque a menacé de couler un bateau de prospection affrété par l’Italien ENI.

Le nord de l’île, la République turque de Chypre du Nord, est gérée par des turques. Cet Etat non reconnu a justement été reconnu par la Turquie.

 

Dessin Chappatte

Asie

Chine

L’agence internationale de l’énergie renouvelable estime que le 60% des nouveaux emplois dans ce domaine sont réalisés sur les marchés asiatiques. Pour le solaire, la Chine compte 60% des emplois dans le monde (2,2 millions). Dans le domaine éolien, la Chine détient 44% des employés au niveau mondial. A vrai dire, Pékin a fait le nécessaire dans des domaines qui ont été abandonnés par les européens et les américains. L’heure des dividendes est arrivée pour la Chine.

La Chine devrait vendre 1 million de voitures électriques en 2018 (50% des voitures mondiales). Durant les 4 premiers mois de l’année, 225’310 véhicules électriques ont été écoulés. Est-ce que l’hégémonie des constructeurs européens arrive à son terme ?

Donald Trump a envoyé 7 émissaires pour débuter les négociations sur les échanges commerciaux entre les 2 pays. Les menaces ont débuté à 50 puis 200 milliards du côté US. Sans tamtam sur Twitter, les chinois ont fortement diminué leurs achats de soja (un marché de 12 milliards $). Le bras de fer est à suivre.

Depuis l’ouverture des exportations américaines de pétrole et de gaz en 2015, la Chine n’a cessé d’augmenter ses achats de gaz à Washington afin de réduire sa consommation de charbon. “Dans le but de réduire la balance commerciale avec les USA“, Pékin va augmenter ses importations de gaz US. L’excuse est bien trouvée.

La Chine a lancé sur les océans sont deuxième porte-avions militaire le «Type 001A». A contrario du Liaoning, qui était un bateau russe entière reconstruit par les chinois, le Type 001A a été réalisé par les chinois. Sans propulsion nucléaire et plus maniable que les monstres américains, il pourra transporter jusqu’à 38 avions. Il fait partie d’une stratégie chinoise de maîtrise des mers.

 

Inde

Le pays vient de terminer la construction d’un nouveau centre de stockage de pétrole à Mangaluru. La réserve stratégique du pays atteint 41 millions de barils.

L’Inde a fait face à une nouvelle vague de pollution assez percutante. Il ne serait pas étonnant que le pays décide de prendre en main ce problème récurrent.

 

Japon

Suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon se tourne vers le charbon. Le pays a ouvert 8 nouvelles centrales en 2 ans et 36 supplémentaires sont prévues dans les 10 prochaines années.

 

Vietnam

L’un des forages de Rosneft sur les côtes du Vietnam pose des soucis à l’entreprise russe. Il pourrait fâcher Pékin. Le gouvernement vietnamien confirme que le bloc est bien sous la juridiction et dans le périmètre du pays. Il demande à la Chine de respecter son droit souverain.

 

J’ai décidé de me retirer d’un accord avec la Corée du Nord que je n’ai pas fait. Fort. Décisif
Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Etats-Unis : Schiste

Le Wall Street Journal reporte que les pétroliers de schiste ont perdu 2 milliards $ depuis le début de l’année. En moyenne ils dépensent 1,13$ pour chaque dollar gagné.

Grâce aux taux d’intérêt proche de zéro, les pétroliers de schiste ont pu emprunter plus de 1’000 milliards $ entre 2006 et 2014 et perdre plusieurs centaines de milliards dont 7 ont été payés par la Banque Nationale Suisse. Avec l’augmentation des intérêts, certains pourraient avoir de la peine à rembourser leurs échéances.

Deux des trois plus gros exploitants des gisements d’Eagle Ford et du Bakken terminent l’exploitation de leurs meilleurs gisements de catégorie 1. Les résultats financiers du 2ème trimestre donneront une indication sur la rentabilité des catégories 2 et 3.

Le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste US, voit le ratio gaz/pétrole augmenter. Ce détail indique que les poches se vident de pétrole. Comble de malchance, les exploitants n’arrivent pas à commercialiser ce gaz, par manque de moyen de transports. Ils doivent ainsi le brûler sur place.

Quand un forage de schiste entre en fonction, le ratio eau/pétrole varie de 3:1 à 11:1. Le stockage et de traitement de cette eau mélangée aux produits chimiques devient une source de coûts importante pour les producteurs.

Le peak oil du schiste américain pourrait arriver d’ici à 2023. Cette bulle aura duré un peu plus de 10 ans.

 

Brésil

Le grand producteur pétrolier est en panne d’essence. Les routiers ont paralysé le trafic. Ils protestent contre l’augmentation de 21% des prix du diesel depuis juillet 2017 à cause de la remontée des cours et de la nouvelle politique de tarifs de pétrolier national Petrobras.

Comme le pays ne compte pas de réseau ferroviaire, les habitants et les marchandises sont entièrement dépendants des axes routiers. Du coup, les prix des denrées alimentaires ont flambé. Petrobras et le Président ont dû faire un geste. Le litre de diesel de 3,788 réais (88 ct €), baissera de 0,46 réais (-12%). Cependant, les grèves persistent.

Suite à la grève des routiers, le secteur pétrolier est également entré en grève. Les employés de PetroBras réclament une réduction des prix des carburants et du gaz de ville, la fin de la politique de vente d’actifs de Petrobras et la démission du président de cette compagnie pétrolière publique, Pedro Parente.

 

Dessin Chappate

 

Moyen Orient

Irak

Le gouvernement a signé un contrat de 25 ans avec la China ZhenHua Oil pour le développement d’un champ à proximité de Badgad.

Le Russe Rosneft a trouvé un nouveau champ pétrolier dans le sud du pays. Jusqu’à présent, Rosneft était surtout présent dans le nord et la partie Kurde de pays.

 

Arabie Saoudite

L’IPO sur la major pétrolière nationale, Saudi Aramco n’aura pas lieu cette année. Le gouvernement tente de vendre 5% des actions de son joyau, mais les investisseurs ne semblent pas se bousculer.

L’Arabie Saoudite a proposé à la Russie et aux membres de l’OPEP de remonter les quotas afin de compenser la perte de production du Venezuela et du Nigeria.

Plusieurs séries de missiles, tirés depuis le Yémen, ont été interceptés par Riyad. L’ambiance est toujours aussi chaude entre les différentes parties. Pour autant, aucune raffinerie et champ pétrolier n’ont encore été touchés.

Boston Dynamics, vendue par Google à l’Arabie Saoudite via la banque japonaise SoftBank, vient de sortir un nouveau robot assez effrayant.

 

«Les robots peuvent faire peur» Marc Raibert, fondateur de Boston Dynamics, propriété de l’Arabie Saoudite

 

Afrique

Libye

Une unité de la Libyan National Oil Corporation a dû fortement réduire sa production (-120’000 b/j). Les fortes chaleurs ont arrêté les turbines.

Plusieurs milices ont débuté des discussions pour redonner une certaine stabilité au pays. Depuis la chute de Kadhafi, la production pétrolière n’a jamais réussi à remonter à son niveau initial.

 

Nigeria

Le pays semble jouer continuellement la même partition. Les producteurs extraient du pétrole et les milices locales sabotent les pipelines ou détournent du pétrole alors que les pétrodollars finissent dans de petites enveloppes destinées aux membres du gouvernement.

Bref, la production nationale peine à dépasser les 2 millions b/j.

Pour apporter un peu de bonne humeur, 60 tankers pétroliers sont bloqués au terminal de Forcados. Ils n’ont pas trouvé preneur et alors que les coûts d’expéditions augmentent et que la Chine et l’Inde ont diminué leurs importations de pétrole nigérien.

 

Angola

Le président Joao Lourenco a réduit de moitié les taxes sur l’exploration pétrolière dans le pays. L’objectif, de ce membre de l’OPEP, est d’accélérer les investissements car les gisements en activité sont sur le point de rendre l’âme. Il ne resterait que 300 millions de barils dans le sol du pays.

 

Soudan

A cause d’une pénurie importante, le litre de diesel ne coûte plus de 5,6$ au marché noir. Inutile de préciser qu’à ce prix, une grande partie de la population doit se déplacer à pieds ce qui cause d’importants problèmes de transport.

 

Phrases du mois

«La Chine attend les demandes que les Etats-Unis vont mettre sur la table. Mais s’ils sortent un revolver et le pointe sur nous, ils peuvent terminer leur thé et partir.» Lü Xiang, Accadémie Chinoise des Sciences Sociale.

There is a lack of machines, there is a lack of tools, there is a lack of everything.” Patrick Pouyanne sur l’exploitation pétrolière au Venezuela

«Nous devons prendre très au sérieux la possibilité d’un pic des prix du pétrole, ne serait-ce que parce que ces pics ont précédé cinq des six dernières récessions.» UBS

How did we go from a president who could not tell a lie to politicians who cannot tell the truth?” Former New York City Mayor Michael Bloomberg

History suggests that financial abuses tend to multiply at the end of an economic boom. We are in the eighth year of an upcycle, yet President Donald Trump’s administration is loosening the rules on banks.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie et Pétrole: Revue Mondiale Mars 2017

Comme chaque 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies.
Même pour le 1er avril, il n’y a pas de poisson!
– Chine: Tencent Holdings achète 5% des actions de l’américain Tesla Motors.
– Russie: Se fâche contre le schiste américain
– Japon: Toshiba – Westinghouse sur la voie de la faillite
– Arabie Saoudite: Le pays se diversifie dans le pétrole, pétrole et le pétrole
– Trump: Champion du Monde dans tous les domaines
– Mer du Nord: Les Majors Pétrolières s’attaquent aux renouvelables
– Allemagne: E-On a perdu 16 milliards $ en 2016.


Badaboum! Le pétrole s’est pris les pieds dans le tapis et dégringole les escaliers. Il est même descendu à 48$ à New York durant le mois pour remonter durant les derniers jours de mars:  52,96$ à Londres (55,93$ février) et à New York 50.35$  (54.05$ février). Du côté des stations d’essence, la baisse n’a pas été répercutée. L’essence reste 4-6 ct plus cher par rapport à un baril à 50$.

Après une forte hausse, l’uranium s’assied et reprend son souffle. Il ne bouge pas d’un centimètre 24,5$ en cette fin de mois (24,5$ février).

OPEP

Grâce aux campagnes de publiques relations, depuis 6 mois l’OPEP a réussi à faire monter artificiellement les prix en brandissant des coupes de production. Mais sur le terrain, la baisse de l’OPEP est compensée par la hausse américaine du pétrole de schiste, la Lybie et l’Irak.

Durant le mois, le baril est repassé sous les 50$ alors que l’OPEP espérait franchir la barre des 60$. Sans attendre, les membres de l’OPEP se sont rencontrés au Koweit pour envisager une coupe de production supplémentaire.

La baisse des prix du baril est une excellente nouvelle pour les Economies occidentales car le pétrole est l’essence pour le moteur de la croissance. Mais si le pétrole descend trop, il va tuer l’inflation…

 

Peak Oil

Rare dans les médias mais en progression, la thématique du peak oil est déjà bien présente dans l’industrie notamment avec la coupe drastique des investissements d’exploration.

Dans les médias financiers, les thèmes de prédilection parlent du plafonnement de la demande, de l’impact des voitures électriques sur le pétrole, des changements climatiques ou du comportement des générations XYZ qui préfèrent l’autopartage à la frime «dans-une-voiture-en-leasing-avec-un-moteur-traficoté-pour-passer-les-tests ». Est-ce que la génération «Mobility as a service» va détrôner nos habitudes de bourgeois?

L’EIA se fait du souci pour les années à venir. L’agence internationale de l’Energie pense que si les coupes dans les investissements pétroliers ne sont pas rapidement compensées, il sera difficile de répondre à l’augmentation de la demande de 7,3 millions b/j d’ici à 2022. Pour se faire, il faut que les prix du baril remontent à 80$ pour ajouter au moins 3 millions b/j et que l’OPEP puisse ajouter 2 millions de plus.

Chaque année, 40 millions de nouvelles voitures sont mises en circulation et nécessitent 600’000 b/j de pétrole.

 

Charbon

Plus de 250 centrales à charbon ont été mises hors services aux USA. Au niveau mondial, la construction de nouvelles centrales à charbon a diminué de 62% et 85% dans la livraison de permis en Chine selon CoalSwarm, Sierra Club et Greenpeace.

De son côté, la Chine a cessé d’importer du charbon de la Corée du Nord.

Russie

L’augmentation de la production de pétrole de schiste américain agasse les Russes. Alors que les pays producteurs font des efforts pour réduire l’offre, les américains arrivent avec leurs grands pieds et en profitent pour remonter leur production et dévorer des parts de marché.

Le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, prévoit que Mouscou va respecter la réduction de production de 300’000 barils/jour d’ici à la fin avril. Il aura fallu 6 mois aux russes pour respecter leur engagement. Cette manière de trainer les pieds irrite l’Arabie Saoudite.

Il y a fort longtemps, l’entreprise pétrolière nationale du Venezuela, PDVS, avait acheté l’américain Citgo. En échange d’un prêt de 1,5 milliard $ au Russe Rosneft, PDVS avait mis en caution ses actions dans Citgo. Aujourd’hui comme le prêt n’a pas été remboursé, Rosneft demande que les actions lui soient livrées.

Le réchauffement du permafrost dans la région de l’Ile de Bely, Sibérie, a créé plus de 7’000 poches de méthane dans les sols. Le risque d’explosion est réel alors que dans le meilleur des cas, ce méthane se dissipera dans l’atmosphère et alimentera l’effet de serre.

Le forage le plus profond au monde se trouve à Sakhalin dans l’Est de la Russie. Le puits Z-44 Chayvo puise à 13’500 m sous le sol.

 

Le Centre du Monde

ExxonMobil va devoir donner à l’avocat général de New York, la correspondance de ses dirigeants au sujet du réchauffement climatique. Depuis 1980, Exxon connaissait l’impact du pétrole et du gaz sur ce sujet. Pour continuer à vendre son or noir sans entrave, la major pétrolière a monté une stratégie de dénigrement du réchauffement climatique en empruntant les méthodes de l’industrie du tabac. Sans l’intervention de Donald Trump, on voit mal comment Exxon va pouvoir s’en sortir.

D’ici à 10 ans, il sera peut-être possible d’effectuer un vol commercial entre Paris et Londres à bord d’un avion complètement électrique. C’est du moins ce que Wright Electric souhaite.
Le Wright One, en développement, pourrait être le premier avion électrique à transporter 150 passagers sur des vols de courte distance, 480 km au maximum. A première vue, l’entreprise ne va pas utiliser les batteries du Samsung S7 et 10 ans semble ambitieux!

L’Etat de Californie désire instaurer de nouvelles normes anti-pollution pour les voitures et les camions. La mesure pourrait être anodine si elle n’entrait pas en frontal avec la stratégie de Trump. Au contraire, Donald envisage de libérer le secteur automobile de ces basses contingences climatiques.

Le Président Trump a donné son accord pour la construction du pipeline Keystone XL afin de transférer le pétrole des sables bitumineux canadiens aux USA. TransCanada, le constructeur canadien du pipeline, a retiré sa plainte en dédommagement de 16 milliards $ demandé aux tribunaux américains contre Washington.

La Maison Blanche a signé le «Décret sur l’indépendance énergétique» qui contribuera à s’assurer que l’énergie soit «abordable et propre» afin de «favoriser la croissance économique et les créations d’emplois». En plus du gaz et pétrole de schiste, Donald Trump désire relancer l’exploitation du «magnifique charbon propre». «De nombreux mineurs vont retrouver du travail». Comme les USA n’importent pas de charbon, la création d’emplois risque de se limiter à un Tweet sans lendemain. Il reste 65’971 mineurs de charbon en 2015, contre 87’755 en 2008. La chute d’utilisation du charbon n’est pas due aux restrictions environnementales, mais à la concurrence du gaz et des énergies renouvelables meilleur marché.

De son côté ExxonMobil demande au Président Trump de ne pas sortir les USA de l’accord de Paris. Exxon voit la possibilité de vendre du gaz pour remplacer le charbon et comme ExxonMobil est implantée dans une grande partie du monde, elle craint de subir les foudres de certains pays si les USA sortent de la COP22.

Les USA possèdent un réseau électrique presque aussi vieux que son Président. Il faudrait 4’800 milliards $ pour le convertir à la nouvelle génération de production électrique (le réseau, pas Trump).

Les eaux du Golf du Mexique sont anormalement chaudes avec une moyenne de 23 degrés durant cet hiver. La saison des tornades pourrait être sulfureuse et rappeler à Donald que le réchauffement climatique est d’une actualité brulante.

La production américaine était de 8,9 millions b/j en 2016 (9,4 en 2015). Le 40% de la consommation américaine est utilisée pour les voitures et camions.

Entre 1990 et 2007, l’utilisation de robots dans l’industrie a fait perdre 670’000 emplois aux USA selon le MIT et l’Université de Boston.

Intelligence artificielle. Fondation Artanim

 

Arabie Saoudite

La production du pays est repassée sur la barre des 10 millions b/j en février alors que Ryad prône une réduction au niveau mondial. C’est ce détail que les traders n’ont pas aimé. Ils ont expédié le baril sous les 50$ à New York durant le mois.

Le regain de production de l’Arabie est-il un message à l’attention des investisseurs dans le schiste américains ou pour les autres membres de l’OPEP qui ne respectent pas les diminutions imposées.

Le Roi Salman s’est accordé une virée en Asie, notamment en Malaisie, Japon, Indonésie pour tenter de diversifier l’industrie de son pays qui se résume aux trois mots: pétrole, pétrole, pétrole. C’est ballot, mais lors de sa visite en Chine, il n’a pas trouvé mieux que signer un accord avec Pékin pour l’extraction de… pétrole et une usine pétrochimique! Sortir du pétrole en investissant dans le pétrole, ça ne va pas le faire.

L’Arabie Saoudite devrait atteindre son peak oil en 2028. Comme de plus en plus d’or noir est consommé à l’intérieur du pays cela réduit d’autant les capacités financières de Ryad.

Comme le Yemen, la Syrie et l’Iran, l’Arabie Saoudite subit de plein fouet le réchauffement climatique. Les températures, supérieures de 4 degrés, aggravent la sécheresse qui détruit les points d’eau et limite la production agricole. La Syrie et le Yemen ont déjà implosé avec les conséquences que l’on connait.

De son côté son bras droit, le Prince bin Salman en a profité pour rencontrer Donald Trump histoire de voir si la relation entre les deux pays pourrait être meilleure que sous l’ère Obama. Ils ont parlé Yemen, Iran et pétrole. Ca va vraiment pas le faire !

Il se murmure que si l’OPEP devait allonger les coupes de production de 6 mois, l’Arabie Saoudite voudrait contraindre l’Iran à participer à l’effort. Ryad est frustré de voir certains marchés partir dans les mains de Téhéran. La prochaine rencontre aura lieu le 25 mai.

Ryad diminue petit à petit ses livraisons pétrolières au marché américain et se recentre sur les marchés asiatiques.

 

Chine

Les petites raffineries chinoises connues sous le nom de « teapots », importent du crude bon marché et exportent l’essence et produits raffinés sur les marchés asiatiques. Les japonais se plaignent que ces teapots noient le marché de produits de basse qualité alors que les raffineurs locaux doivent respecter des normes environnementales plus strictes.

Il n’y aurait pas uniquement les centrales à charbon qui participent à la pollution récurrente des grandes villes chinoises. Le réchauffement climatique influence les conditions atmosphériques en Sibérie et limite les vents qui poussent au large la pollution. Le premier ministre Li Keqiang a créé un fond spécial pour découvrir les raisons du smog qui envahit le nord de la Chine. Pékin dépensera le montant qu’il faudra pour gagner la guerre contre le smog.

Pour 1 milliard $, Sinopec a acheté 75% des actions de Chevron Afrique du Sud. Dans les bagages de la mariée, 820 stations d’essence et une raffinerie à Cape Town.

Les ventes de voitures Tesla ont atteint 1 milliards $ en 2016 soit 3 fois le chiffre de 2015. Un peu plus de 10’000 voitures ont trouvé un acquéreur. BYD reste toujours le leader sur le marché chinois de la voiture électrique. Lire également Après Trump, Pékin mise sur le Made in China.

Le groupe d’investissement Tencent Holdings a acheté 5% des actions de l’américain Tesla Motors. Avec 2 milliards $, le groupe devient le 5ème plus grand investisseur de Tesla et montre l’appétit des chinois pour les technologies de mobilité électrique.

Dessin Chappatte

Europe

Effectivement, nous abordons le dossier européen en soufflant sur les 60 bougies de l’accord.

 

Angleterre

Le pays a lancé la procédure de séparation de l’Europe. En lisant certains articles sur le Brexit, le pays devrait subir une période de famine, de peste et de choléra dans les années à venir. Pour d’autres, c’est un nouvel eldorado qui s’ouvre.

 

Allemagne

Le producteur électrique E-On a perdu 16 milliards $ en 2016. Le CEO veut réduire la dette de 7 milliards $ en licenciant 1’300 employés et en vendant quelques unités de production. Malin, E-On a déjà viré dans sa nouvelle « entreprise poubelle » Uniper tous ses actifs fossiles notamment les centrales à charbon, nucléaire et à gaz. Ainsi en amortissant fortement tous ses actifs pourris, Uniper n’aura plus qu’à faire faillite et à abandonner ses obligations notamment dans le démantèlement des centrales nucléaires. Pas éthique, mais légal.

De son côté, le bilan épuré d’E-On ne comporte plus que des actifs sains avec la solution aux clients, la production d’énergies renouvelables et les réseaux électriques. On retrouve cette stratégie en Suisse auprès d’Alpiq et d’Axpo, étrangement propriétaires de centrales nucléaires et à charbon !

 

Mer du Nord

Avec des chèques de plusieurs milliards $, Shell, le norvégien Statoil et l’italien Eni SpA ont remporté le droit de construire des fermes d’éolienne off-shore. Les dirigeants des majors pétrolières tentent de s’opposer aux géants éoliens Dong Energy et Vattenfall qui prennent de plus en plus de place dans le marché de l’énergie et représentent une menace grandissante pour leur business.

 

Suisse

Le Salon de l’Auto de Genève s’est terminé avec plus de 690’000 fans qui ont pu admirer la jeunesse des hôtesses. Comme quoi dans cette industrie, c’est toujours la minijupe qui parle au cerveau reptilien et qui déclenche l’acte d’achat.

Contrairement à l’année dernière, (où les constructeurs avaient inondé leurs stands de voitures électriques durant la journée de la presse pour les retirer le soir même) on est retourné aux bons vieux V6. Les constructeurs se plaignent que les gouvernements sont trop stricts et que s’il n’est plus possible de truquer les moteurs, il va être difficile de passer les standards d’émissions de CO2 et de pollution.

Les Suisses vont voter sur leur politique énergétique 2050. Rien de révolutionnaire et toujours pas de solution pour répondre aux changements climatiques ou à la déclaration de Paris. Naturellement on trouve certains politiciens pour reprendre le discours de Trump sur le changement climatique et prédisent peste, choléra et chômage.

Les confédérés jettent en moyenne 300 kg de nourriture par année. Le magasin Migros détruit 800 tonnes de nourriture par année et donne seulement 70 tonnes à des organisations. Le reste est détruit alors que cette chaîne de supermarchés exige une marge de 60% sur ses produits.

 

France

Selon la Répression des fraudes, le constructeur automobile Renault a faussé des tests d’homologation de ses véhicules diesel et essence. “Des stratégies frauduleuses” ont été mises en place depuis plus de 25 ans pour détourner les tests d’homologation de certains moteurs diesel et essence.

54% des français estiment que le changement d’heure a un impact négatif sur leur humeur. Manque de chance, cette année il y a la confluence entre le changement d’horaire et les élections ce qui devrait impacter la bonne ambiance dans le pays. 59% ignorent que l’heure d’été permet de réduire la consommation d’électricité (-440 GWh).

Trump tente de défaire l’Obamacare – dessin Chappatte

Les Amériques

USA – Schiste

Si le baril ne dépasse pas les 50$, la production de schiste va-t-elle pouvoir augmenter dans les années à venir sur le sol Yankee? La grande partie de la diminution des coûts de production a été reportée sur la baisse des salaires, la pression sur les fournisseurs, la location de matériel, le non-respect des normes environnementales. Les améliorations techniques ne représentent qu’une infinie partie de la réduction des coûts.

Les grandes majors entrent dans le jeu du schiste américain. Exxon, Shell et Chevron ont signé pour 10 milliards $ de chèques pour acheter des terrains potentiellement juteux. Attirées par l’immédiateté des gisements contrairement aux 10 années pour les forages en haute mer, elles poussent à la hausse les prix des terrains. On parle déjà d’une bulle dans le Bassin Permien.

La production de schiste dans le Bassin Permien est montée à 2,1 millions b/j en janvier (+200’000 depuis décembre).

Les réserves stratégiques de brut américains s’élèvent à 484 millions de barils de quoi assurer 24 jours de consommation. Du côté du schiste, la production US atteint 4,96 millions b/j.

Le marché du sable est à nouveau en plein boom grâce à la reprise des forages de schiste. En effet, en plus des 50’000 litres de produits chimiques il faut plusieurs tonnes de sable pour tenir les failles ouvertes. Les prix du sable sont en forte hausse ce qui n’arrangent pas les comptables des pétroliers.

 

Canada

Pas de bol pour le premier ministre canadien Justin Trudeau qui joue sur les 2 tableaux : extraction pétrolière et climat. La décision de Trump de réactiver le pipeline Keystone XL entre les sables bitumineux de l’Alberta, Canada, et les USA ravive les contradictions entre les lobby du pétrole et ceux du climat.

En janvier, Justin Trudeau affirmait vouloir «mettre un terme progressivement» à l’exploitation des sables bitumineux et faire cesser la «dépendance» du Canada aux hydrocarbures. Une position qualifiée de schizophrénique.

 

Brésil

Le Brésil est secoué depuis 2014 par une affaire de corruption mis en place autour du groupe pétrolier Petrobras.

Dans l’épisode de ce mois, la liste «La liste de Janot» (nom du procureur) donne les noms de 170 politiciens de tous les bords qui ont bénéficié des largesses financières. Dans cette liste, Rodrigo Janot y adresse à la Cour suprême, compétente pour juger ministres et parlementaires, pas moins de 83 demandes d’ouverture d’enquête pour corruption, blanchiment d’argent et financement occulte de campagnes électorales. Les politiciens brésiliens seraient encore plus turbulents que leurs collègues français ?

 

Venezuela

A force de tout vendre pour payer les dettes, le gouvernement n’a bientôt plus de bijoux de famille à échanger. L’entreprise pétrolière nationale PDVSA a dû donner 10% de ses actions au Russe Rosneft dans Orinoco actif dans le brut extra lourd du pays. Ce brut est tellement lourd qu’il doit être mélangé avec du brut plus léger afin de pouvoir le raffiner.

Le gouvernement a pris le contrôle des boulangeries qui ne vendent pas le pain à un prix dérisoire, soit en dessous du prix de production. Le Venezuela importe la totalité de sa farine.

Le gouvernement entretient 30’000 comités locaux qui distribuent la nourriture à 4,5 millions de familles qui soutiennent le Gouvernement (sur les 6 millions du pays). Ces 4,5 millions de familles reçoivent 9 kg de nourriture par mois sur un total de 300 kg que nécessite une famille de 5 personnes. Cette situation ne va pas pouvoir continuer encore longtemps. Si le pays devrait s’écrouler, la production pétrolière devrait fortement être impactée.

Children interrupt BBC News interview – BBC News

Moyen Orient

Syrie

Les américains ont bombardé la salle des commandes du barrage de Tabqa à un jet de pierre de la ville de Raqqa et dans les mains de l’Etat Islamique. Haut de 60m et de 4 km de long le barrage de l’Euphrate permet d’irriguer les cultures et de produire de l’électricité pour toute la région.

Sans dispositif de contrôle, impossible d’ouvrir les vannes. Le compte à rebours a débuté. En montant, l’eau risque de submerger le barrage voire de le briser sous l’effet de la pression. Les américains pourraient désamorcer cette bombe en apportant des génératrices pour effectuer les opérations de délestage. Un détail : plus d’un million de personnes vivent en contrebas du barrage.

Pour mieux comprendre la guerre de Syrie. Deux événements conjoints ont allumé une partie de l’étincelle: le peak oil et le réchauffement climatique. Le peak oil atteint en 1996 (610’000 b/j) pour 385’000 b/j en 2010, n’a pas permis au gouvernement d’Assad de générer assez de devises pour subventionner les importations de céréales nécessaires après 3 années d’une sécheresse terrible (2007-2010). Et comme entre 2002 et 2008, les ressources en eau avaient diminué de moitié, la faim a lancé le processus actuel. La suite, ce mois-ci dans un prochain article.

 

Iran

Le pays plafonne sa production à 3,8 millions b/j. Difficile de dire s’il s’agit d’un signe envers la diminution de production voulue par l’OPEP ou des raisons techniques

Un nouvel arrangement pourrait avoir lieu entre la Russie et l’Iran dans le but d’échanger du pétrole contre des marchandises, de la nourriture et de l’armement.

 

Irak

Selon le décompte de Air Wars, les attaques aériennes des américains et des occidentaux sur Mossul font plus de victimes que les attaques russes sur Alep. Durant la première semaine de mars entre 250 et 370 civils ont été tués. Officiellement, la coalition quant à elle dénombre 21 civils tués depuis novembre 2016 !

Bagdad a produit 4,57 millions b/j en février et vise les 5 millions d’ici à la fin de l’année. Ce concept n’arrange pas l’OPEP.

 

Egypte

Le pays va ajouter 14’000 MW d’électricité d’ici à 2018. En 2013, le pays produisait 24’000 MW. Les fortes chaleurs durant l’été stressent fortement le système qui n’arrive pas toujours à répondre.

L’Arabie Saoudite a décidé de reprendre ses livraisons de pétrole à l’Egypte. Une brouille entre les deux pays avait interrompu le processus.

Asie

Corée du Sud

Le géant nucléaire coréen TEPKO n’est pas intéressé à acheter à Toshiba, leur succursale nucléaire américaine: Westinghouse. On les comprend car Toshiba a dû amortir une perte de 6,2 milliards $ de Westinghouse et bien malin celui qui connait la profondeur du gouffre.

Le français Areva étant noyé sous les dettes, il ne reste plus que les chinois ou les russes pour racheter à Toshiba leur succursale américaine. Cependant, on peine à imaginer Donald Trump tweeter: «Le nucléaire américain passe dans les mains chinoises. America First».

TEPKO pourrait jouer la montre et racheter le tout pour 1$ symbolique. Mais cela n’arrangera pas les comptes de Toshiba. A suivre d’autant que le nucléaire fait de moins en moins le poids face aux renouvelables.

 

Japon

Tokyo Electric Power Co (TEPCO) a finalement réussi à introduire le robot PMORPH dans l’enceinte du réacteur 1 de Fukushima pour y mesurer les taux de radiation et la température. Lors des précédentes tentatives, tous les autres robots ont été détruits par le niveau des radiations.

L’objectif pour l’entreprise japonaise et d’évaluer la faisabilité de retirer le combustible nucléaire fondu afin de neutraliser le réacteur dans les décennies à venir.

Afrique

Libye

Les milices des différentes fractions (l’armée nationale du gouvernement de Tobruk et les diverses milices islamiques) se battent pour les terminaux pétroliers de Es Sider et Ras Lanuf.
L’Armée nationale du Général Haftar est aidée et soutenue par la Russie. Pour l’instant l’aide russe ne comporte pas un volet intervention militaire alors que le pays produit 700’000 b/j de pétrole.

 

Algérie

Sonatrach va investir 9 milliards $ entre 2017 et 2021 pour l’exploration de gaz. L’entreprise nationale va forer une centaine de puits par an et libérer 50 milliards supplémentaires pour la mise en service.

 

Phrases du mois

Il est temps pour le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, de débrancher définitivement la technologie défaillante des semences transgénique OGM et de se concentrer sur la façon dont nous rendons l’agriculture résistante au changement climatique, dont nous sauvons les fermes familiales et dont nous arrêtons la destruction de la nature. Il est temps de passer à autre chose.” Mute Schimpf, chargée de campagne alimentation aux Amis de la Terre Europe

Sur la nouvelle directive de Trump sur le climat et les énergies fossiles
This is not just dangerous; it’s embarrassing to us and our businesses on a global scale to be dismissing opportunities for new technologies, economic growth, and US leadership.” Former EPA Administrator Gina McCarthy.

As an industry, we’re not investing enough for supply growth to keep up with demand growth. Decreased spending, particularly in the resource-rich (but expensive) offshore, may cause supply to plateau or decline as global demand is rising A supply deficit is possible as soon as three years, and within five, when the reductions in capital investments should begin to show up in falling offshore supply. We’re not investing enough to keep the offshore investment pipeline full.
John Hess, CEO Hess oil

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

Fukushima Daiichi souffle 6 bougies: éclairage

Il y a 6 ans, la catastrophe de Fukushima avait détruit 3 réacteurs, dévasté l’industrie nucléaire mondiale et transformé fondamentalement la vie de millions de japonais.

Initialement, les coûts avait été estimés à 10 puis réévalués à 40 milliards $. Six ans après, le Gouvernement a déjà versé 70 milliards $ à Tepco, l’opérateur de la Centrale et l’ancien Premier Ministre Naoto Kan, estime que la facture devrait atteindre plus de 240 milliards $ payés en grande partie par les impôts des japonais. A ce jour la douloureuse atteint 183 milliards $.

Du côté de la santé, les taux de radiations sont simplement effrayants.


Permettre aux liquidateurs de travailler

Dans le bâtiment du Réacteur 2, Tokyo Electric Power, Tepco, annonce une radioactivité ambiante de 650 millisieverts/heure à proximité du réacteur où les barres d’uranium ont fondu. A ce niveau, un homme est mortellement touché en moins d’une minute et les robots spécialement réalisés par Hitachi et Toshiba voient leurs systèmes informatiques grillés en 90 minutes.

Les informations dévoilées ces derniers mois permettent de mieux connaître l’état des réacteurs mais ne signifient pas que la situation s’est aggravée depuis 6 ans même si la catastrophe de Tchernobyl n’avait jamais atteint de tels niveaux radioactifs.

Du côté des Réacteurs 1 et 3, la radioactivité est tellement élevée qu’elle ne permet pas aux robots de s’aventurer dans les bâtiments.

A l’extérieur des réacteurs, le niveau est de 5 millisieverts par heure. Pour permettre de travailler dans la Centrale, le gouvernement a augmenté le taux maximal d’exposition à 250 mSw/an des 6’000 liquidateurs occupés à décontaminer, surveiller ou refroidir les réacteurs. A titre de comparaison, un travailleur européen du nucléaire est autorisé à supporter une exposition annuelle maximale de 20 mWs.

 

Attendre que la radioactivité diminue

Sous pression des experts internationaux, il aura fallu de longs mois à Tepco pour avouer que les centaines de tonnes de combustibles nucléaires des Réacteur 1, 2 et 3 avaient fondu et percé les cuves des coeurs des réacteurs. Naomi Hirose, President, TEPCO a présenté son méa culpa en juin 2016 pour avoir tardé à avouer la véritable situation.

Bien que personne ne sache réellement où l’uranium fondu des 3 réacteurs se trouve, Tepco espère que les enceintes de confinement en béton, situé sous les réacteurs, ont été capable de résister.

Naohiro Masuda, en charge du démantèlement et de la décommission des 3 réacteurs, espère pouvoir commencer à retirer l’uranium d’ici à 2021. Le processus devrait durer entre 20 et 30 ans. Mais pour l’instant, son plus grand défi est de trouver la balance entre le temps que chaque employé peut passer sur le site et le travail qui est à accomplir. Il estime que chaque réacteur comporte plus de 200 tonnes de matériaux nucléaire en fusion mélangé à des débris, du béton, du fer.

Le directeur actuel de la Centrale, Shundi Ushida confirme que la construction de sarcophages, comme à Tchernobyl, n’est pas une solution.

Tepco et les sous-traitants font face à une autre interrogation. Comment retirer le combustible en fusion? Cet défit n’a encore jamais été réalisé. La méthode ainsi que les machines restent à inventer.

La cuve du Réacteur 2 et le combustible fondu
Image: Tepco

Niveau des cancers à surveiller et retour des habitants

Du côté de la population, selon l’une des référence sur la catastrophe de Fukushima, l’ingénieur nucléaire Arnie Gundersen de FaireWinds.org, pense que les cancers de la tyroïde, des organes et leucémie augmentent notamment auprès des filles et des mamans et pourraient toucher plus d’un million de personnes.

Dans ce chaos, un seul homme est resté: Naoto Matsumura. Depuis le premier jour, il s’occupe des animaux abandonnés par leurs propriétaires partis sans espoir de retour.

Paradoxalement, c’est dans cette ambiance radioactive que le Gouvernement incite les anciens habitants à retourner vivre à proximité de la Centrale afin de réduire les coûts. Pour se faire, Tokyo va supprimer toutes les aides de ces 350’000 personnes parties et les forcer soit à retourner dans une région fortement irradiée soit à un exil définitif.

 

Refroidir les réacteurs

Depuis 6 ans, il faut continuellement et quotidiennement refroidir les réacteurs avec 300 m3 d’eau et le site a accumulé plus de 400’000 tonnes d’eau dans des milliers de réservoirs en attendant de pouvoir la décontaminer.

Des systèmes de filtration d’eau réalisés sur-mesure par Hitachi, Areva et Toshiba ont été installés pour tenter de diminuer la teneur radioactive, mais les éléments les plus virulents restent. Une solution pourrait être trouvée en déversant petit à petit cette eau hautement radioactive dans le Pacifique.

 

Il faudra encore 25-30 ans pour peut-être voir la lumière au bout du tunnel en espérant que cela ne soit pas un autre train qui arrive. Pour l’instant, les japonais croisent les doigts pour que les Jeux Olympiques de 2020 ne soient pas mis en danger par une évolution défavorable de la Centrale.

Dans les autres pays du monde, on espère que pareille erreur humaine ne se reproduise pas.

Energies, Pétrole et Economie: Revue Mondiale Février 2017

Comme le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies:
– USA: Tesla pèse 45 milliards $ et enlève le mot: Motors dans son nom
– Russie: Le pays achète du pétrole à l’Iran et la Libye
– Japon: Fukushima explose les taux de radiation de Tchernobyl
– DeepWater Horizon: La marée noire aura coûté 62,2 milliards $ à BP
– Irak: Les attentats se multiplient dans le sud pétrolier
– Canada: Les sables bitumineux à la peine financièrement
– USA: L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record.


Tout ça pour ça! Le pétrole est scotché sur le pas de la porte et ne sait pas s’il doit rentrer ou rester dehors. Le baril termine à 55,93$ à Londres (55,23$ janvier) et à New York 54.05$  (52.36$ janvier). Vous noterez que les stations d’essence ne répercutent plus les baisses

Le peak uranium s’invite dans les prix de l’uranium qui passe à la hausse après avoir touché les 18$ en novembre dernier. L’uranium remonte à 24,5$ (23$ janvier).

 

Le Graphique du mois
Découverte et investissements dans les nouveaux gisements pétroliers

Monde

Il n’y a eu que 174 découvertes de gisements de pétrole et de gaz en 2016 (400 en 2013). Un plus bas en 60 ans. Le manque de ressources financières et la difficulté de trouver de nouveaux endroits se cumulent et montrent que nous passons dans une nouvelle ère. Dans les années à venir, il va falloir compter sur le pétrole non-conventionnel pour répondre à la demande.

L’industrie pétrolière mondiale a perdu 441’371 emplois depuis juin 2014.

Le Grantham Institute et l’Imperial College London pense que la chute des prix des voitures électriques et des technologies solaires font peser une menace sur les compagnies pétrolières qui n’anticipent pas ce changement de paradigme prévu vers 2020.

Il y a 10 ans personne n’aurait pensé que les voitures électriques fassent trembler l’industrie pétrolière. General Motors retirait ses 1’117 voitures EV1 pour les détruire alors qu’aujourd’hui la valorisation boursière de Tesla dépasse la majorité des constructeurs automobiles conventionnels.

 

OPEP

Si les membres de l’OPEP suivent à 90% leur quota, l’augmentation de la production Libyenne et des USA coupe toute tentative d’une hausse des prix du baril. Du coup, les prix ont de la peine à prendre l’ascenseur pour le plus grand bien de l’Economie mondiale.

 

Russie

Le Kremelin a réduit sa production de 130’000 b/j par rapport à octobre et respecte les engagements de l’accord avec l’OPEP. En décembre, la Russie avait produit 10.49 millions b/j (no 1 mondial). Avec les coupes de l’Arabie Saoudite, le premier rang de la Russie pourrait durer quelques mois encore.

La Russie achète du pétrole en Iran, Irak (Kurdes), Lybie. Alors que le Kremelin n’a pas besoin de pétrole, il faut voir dans ce geste une intention géopolitique et une augmentation de son pouvoir dans ces régions pétrolières.

L’Economie du pays retrouve la croissance. En fait, pour être plus précis, les revenus du pétrole croissent et comme le pétrole c’est l’Economie, l’Economie croit. Si en 2016, la contraction était de 0,6%, cette année la croissance devrait indiquer : +1,1%.

Moscou se fait de plus en plus draguer par l’administration Trump qui espère diminuer l’entente Chine-Russie gardant en tête que diviser est une façon de régner. Cependant, les stratèges chinois et russes ont l’air mieux équipé et compétent que les oiseaux de la Maison Blanche.

Le gisement de Samotlor, qui produisait 3 millions b/j en 1980, n’atteint que 300’000 b/j aujourd’hui. Les forages sortent 20 fois plus d’eau que de pétrole et à 50$, la rentabilité est limitée.
Du coup, Moscou envisage de couper les taxes d’extractions en deux pour les gisements qui produisent plus d’eau que de pétrole. Cette tactique permettra à Rosneft, l’opérateur de ce gisement, d’extraire les dernières gouttes.

 

Le Nombril du Monde

Donald Trump va augmenter le budget de l’armée de 10% (+54 milliards $) pour cette année. Après Wall Street et le Pétrole, l’Armée rejoint le club des nantis.

Les majors pétrolières ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips ont été forcées d’emprunter pour payer les 21,4 milliards $ de dividendes à leurs actionnaires. Leurs dettes à long terme ont augmenté de 40 à 95 milliards $.
Le bénéfice de ces 3 acteurs a fondu de 80 milliards $ en 2012 à 3,7 milliards $ en 2016. Il reste toujours de quoi offrir des bonus dont 170 millions pour le départ de Rex Tillerson pour le Gouvernement Trump.

En 2016, la balance commerciale entre la Chine et les USA est de 347 milliards $ en faveur de la Chine. Le déficit total de la balance commerciale des américains est de 763 milliards $. Ces chiffres peuvent expliquer la volonté du Président Trump de redresser le déficit commercial US.

Rex Tillerson, encore lui, et Trump, encore lui, ont abrogé la loi de transparence Dood-Frank de 2010 qui interdisait l’utilisation de la corruption par les entreprises pétrolières, gazières et minières américaines à l’étranger. Grâce à ces deux compagnons, les entreprises US vont pouvoir réutiliser les petites enveloppes pour faciliter leur business et cela en toute légalité. Pour en savoir plus, cherchez dans le dictionnaire du Commerce sous “protectionnisme” et “éthique”.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie est le pays qui a le plus coupé sa production pour respecter les quotas imposés par l’OPEP. Il faut aussi dire que Ryad avait poussé ses machines à fonds afin d’annoncer une solide baisse. C’est comme manger 3 gâteaux en entrée, forcement qu’il est plus facile de se priver durant le repas principal. L’un dans l’autre, le pays est simplement revenu à sa production normale, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat!

Ryad se lance dans le solaire et l’éolien pour générer de l’électricité. L’objectif est de produire 10 gigawatts et d’économiser 13 millions de litres de pétrole par jour.

Ryad annonce qu’une étude indépendante réalisée par une entreprise américaine payée par Ryad dévoile que les réserves pétrolières d’Aramco sont exactement les mêmes que celles reportées par le Gouvernement. L’enseignement majeur de cette étude souligne que l’entreprise qui a réalisé cette étude va pouvoir continuer à travailler pour Aramco.

Pour mémoire, Saoudi Aramco annonce des réserves de 261 milliards de barils alors qu’il y a 30 ans les réserves étaient déjà de 261 milliards de barils. En Arabie Saoudite, le pétrole serait-il renouvelable ?

 

Japon

Les taux de radiations les plus élevés mesurés à Tchernobyl étaient de 300 sieverts par heure histoire de tuer un homme en 60 minutes.

Ce mois à Fukushima, les radiations ont été mesurées à 530 sieverts dans le Réacteur no 2. Une dose de 20 minutes vous sera mortelle et les parties électroniques d’un robot grilleront en 2 heures.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le combustible nucléaire du Réacteur 3, à base de plutonium, est encore plus redoutable.

A ce jour, comme les hommes et robots n’ont pas réussi à s’approcher à proximité du Réacteur 3 et du Réacteur 1, il est impossible de connaître l’étendu des dégâts et surtout où se trouve l’uranium fondu.

Les coûts pour neutraliser les 3 réacteurs sont estimés à 170 milliards $ à la charge des contribuables japonais et les solutions techniques n’existent encore pas.

Dessin Chappatte

Europe

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (CETA) a été ratifié à une large majorité, par le Parlement européen. Il entre en force en attendant que tous les gouvernements le ratifient.

 

Angleterre

Selon Bob Dudley, CEO de BP, la catastrophe de Deepwater Horizon de 2010 aura coûté 62,2 milliards $. Cela n’empêche pas ses dirigeants de retenter l’expérience avec de nouveaux forages dans le Golfe du Mexique. Toujours selon la major British, il faut un baril à 60$ pour redresser ses comptes financiers.

BP va s’engager de manière « incrémentale » dans le pétrole et gaz de schiste aux USA.

La pollution, causée par les voitures diesel et le chauffage à bois, atteint des records dans la capitale Londres.

EDF-Areva ne savent toujours pas si la nouvelle centrale nucléaire de Hinkley Point va pouvoir se réaliser. Les français semblent finalement admettre que l’ampleur des fonds financiers pour construire ce temple pourrait être insurmontable voir déraisonnable.

Toshiba va certainement renoncer à construire une nouvelle centrale nucléaire en Angleterre. Le géant japonais croule sous les 10 milliards $ de dettes creusées par sa filiale nucléaire aux USA. La survie de Toshiba est en jeu.

 

Danemark

Maersk, n’est pas seulement l’un des leader mondial du transport maritime et de container, mais propose également ses services dans le pétrole. Pas de bol pour eux, il s’agit de deux domaines qui se sont fait laminer en 2016. Résultat de la casse: une perte de 1,9 milliard $ après déjà avoir amorti pour plus de 2,7 milliards $ les pertes de sa division pétrole.

 

Suisse

Les grandes entreprises suisses d’électricité ont réussi à cloisonner la production d’énergie solaire et à se réserver les subventions initialement prévues pour les particuliers. Ainsi les installations inférieures à 100 kW ne bénéficieront de plus aucune aide gouvernementale.

Du côté des barrages, les producteurs reçoivent une prime de 0,03 ct kWh ce qui va leur permettre de retourner dans leur léthargie et de consolider leur monopole.

Le parc suisse de véhicules à moteur a progressé de 84’500 unités en 2016 (+1,43%) pour un total de 5,98 million, dont 4,5 millions de voitures de tourisme et 720’400 motos. Les automobilistes ont dépensé 10,1 milliards pour l’essence, dont plus de 4 milliards sont exportés aux pays producteurs de pétrole.

 

France

La course à la Présidentielle française tourne au vaudeville dont les acteurs principaux sont un riche banquier psychopathe et un cleptomane au service de sa famille. En France, une certitude: les 5 prochaines années seront très longues.

Le gouvernement va supporter le solaire à hauteur de 9 milliards € et l’hydraulique avec 530 millions € durant les 20 prochaines années. On a de quoi être étonné par ces montants ridicules si on les met en relation avec les besoins du pays.

George Clooney durant les Césars sur Donald Trump

Les Amériques

CRU Group pense que 4,4 millions de voitures électriques seront vendues en 2021 en comparaison avec les 1,1 en 2016. Du coup, les prix du Cobalt partent à la hausse. Ce métal est un composant clé pour la fabrication des batteries lithium-ion.

 

USA

Tesla a publié de bons chiffres, les revenus sont en hausse de 88%. Ils ont donné plus de détails sur le modèle 3 à 30’000$ et enlevé le mot “Motors” dans le nom. Le titre Tesla pèse 45 milliards $ en capitalisation boursière. Renault pèse 25 milliards, PSA 15 milliards, Volkswagen 75 milliards, tout comme Daimler/Mercedes et BMW 55 milliards… Porsche 8 milliards et General Motors est à 55 milliards pendant que Ford vaut 50 milliards…
Si vous avez 5 minutes, regardez juste combien de voitures sont produites par Tesla et par le reste…

Philip Anschutz, le milliardaire du sport, va investir 3 milliards $ dans la construction d’une ferme d’éoliennes dans la Wyoming afin de livrer l’électricité en Californie. Il va également investir 3 autres milliards $ pour construire les lignes pour transporter l’électricité.

L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record pour le pays. (7,4 en 2015).

L’US Energy and Employment de l’United States Departement of Energy conclue que les énergies renouvelables créent plus d’emplois que les énergies fossiles. Ca ne risque de pas plaire à Donald.

L’évolution des investissements d’ExxonMobil, de Chevron et de ConocoPhillips
2013 = $87.2 milliards
2014 = $85.4 milliards
2015 = $66.0 milliards
2016 = $46.6 milliards

Le Pape François insiste que les peuplades indigènes doivent donner leur accord sur les activités économiques qui pourraient se réaliser sur la terre de leurs ancêtres. Cette remarque entre en frontale avec le souhait de l’équipe Trump de construire un pipeline de 3,8 milliards $, le Dakota Access, sur les terres des Indiens sous le Lake Oahe et la rivière Missouri. Sur ce sujet, les indiens Sioux ont été délogés par les forces de police sur le tracé prévu du pipeline.

Sur le même sujet. Kelcy Warren, le milliardaire qui possède Energy Transfert Partners, estime avoir suivi toutes les règles légales pour construire le pipeline Dakota Access mais qu’il a totalement sous-estimé la puissance des médias sociaux. Ce n’est pas pour le contrarier, mais le plus beau reste à venir.

Schiste
Grâce à Wall Street, l’industrie de schiste est en train de relever la tête. Il en va tout autrement pour les forages offshores qui boivent la tasse. Pour les années à venir, soit le pétrole de schiste tient ses promesses et va pouvoir être capable de maintenir la production mondiale, soit nous allons revisiter les années folles du Rock&Roll.

La production US remonte à 9 millions b/j.

Sur l’année 2016, le Texas a diminué sa production de 10%. En décembre la production a atteint 74,2 millions de barils contre 76,7 en décembre 2015.

Dessin Chappatte

Canada

Les sables bitumineux n’ont plus vraiment la côte avec un baril à 50$. Les investissements proviennent essentiellement des champions locaux comme Suncor Energy Inc.

ConocoPhillips annonce que ses réserves dans les sables bitumineux est passé à 1,2 milliard de barils au lieu de 2,4 comme précédemment annoncé. La réduction vient en grande partie du prix du baril de pétrole.

De son côté, ExxonMobil a historiquement effectué la plus grosse coupe dans l’évaluation de ses réserves de sables bitumineux. Roulement de tambour! -16 milliards $ ou -3,3 milliards de barils. Quel bouillon !

 

Venezuela

Caracas a de la peine à livrer la Chine et la Russie alors qu’ils tiennent à bout de bras le pays dans des échanges cash contre pétrole. La Chine détient 50 milliards et la Russie 5 milliards $ de dettes. Le retard est estimé à 45 tankers et le 1/3 du pétrole sert à repayer les dettes au lieu d’apporter de la nourriture dans le pays. Comme dans la pyramide de Maslow, le pétrole arrive après la nourriture, la probabilité que le peuple se soulève n’est pas nulle.

Puisque que l’on parle miam: 75% des vénézuéliens ont perdu en moyenne 10 kg durant la dernière année alors que les denrées alimentaires se font de plus en plus rare.

Caracas expédie 70 à 80’000 barils/jour de pétrole à Cuba en échange de docteurs et de services médicaux.

Moyen-Orient

Iran

L’ambiance est de plus en plus sympathique entre les faucons américains et Téhéran. L’Iran a proposé aux entreprises américaines de venir exploiter le pétrole, mais les règles US interdits aux américains d’y venir. Trump aimerait renforcer les sanctions, mais l’Europe s’y oppose

Avec le rapprochement Russie-Turquie-Iran-Qatar, l’Europe voit son gaz provenir d’un seul et même block. Ce n’est pas le moment de froisser l’Iran ou la Russie alors que le gaz est en jeu.

Téhéran vend 100’000 barils/jour à la Russie et reçoit la moitié du payement en cash et l’autre partie en nourriture, services et armes militaires.

L’Iran a annoncé la découverte d’un gisement de 15 milliards de barils dont 2 milliards extractibles. Le lieu n’a pas été indiqué, mais stratégiquement cette information peut attirer l’attention des investisseurs étrangers.

L’Iran a doublé ses livraisons pétrolières à la Corée du Sud et pique des parts de marché à de l’Arabie Saoudite.

 

Irak

La bataille de Mossoul n’est pas encore terminée que les parties sont déjà en train d’imaginer le futur. Les Peshmerga Kurdes ont conquis une grande partie du territoire de l’Etat Islamique dont les gisements pétroliers. Ce pétrole pourrait permettre aux Kurdes d’obtenir l’indépendance qu’ils recherchent depuis plus de 100 ans. Pour renforcer son influence dans la région, la Russie a commencé à acheter du crude aux Kurdes.

La baisse de la production irakienne du mois de janvier peut être imputée à la maintenance de plusieurs installations. Tant Bagdad que les Kurdes ont un besoin urgent d’argent et le respect des quotas de l’OPEP risque d’être une préoccupation trop onéreuse.

Bagdad a remonté ses réserves de pétrole de 143 à 153 milliards de barils de pétrole.

Les irakiens aimeraient reconstruire leur flotte de tankers pétroliers détruits durant la guerre de 1991 et construire 12 raffineries. Pour l’instant, l’argent du gouvernement est dirigé vers les forces militaires pour combattre l’Etat Islamique..

Evolution des bénéfices des 3 grandes majors pétrolières américaines

Asie

Chine

En 2016, la consommation de pétrole aurait augmenté de 3% et le PIB de 6,5%. Mathématiquement, ça se tient, d’autant que la Chine effectue un revirement de l’industrie vers les services.

La Chine possède 36 centrales nucléaires en opération, 21 en construction et 7 sont en projet. La Chine a également ratissé presque tout l’uranium qui trainait sur les marchés.

 

Corée du Nord

La nouvelle du mois, à part l’assassinat du demi-frère par le malade qui dirige cet Etat, est l’arrêt de l’importation du charbon nord-coréen par la Chine. Les ventes à Pékin représentaient 30-40% des revenus du pays ce qui va forcément avoir un impact sur le sourire du ministre du budget et le nombre de missiles tirés, pour l’instant, sans tête nucléaire.

En novembre dernier, l’ONU avait plafonné les exportations de la Corée du Nord à 57,5 millions de tonnes.

Afrique

Libye

Le géant Suisse Glencore, qui traite 4,4 millions b/j, pourrait s’occuper du tiers de la production libyenne soit 230’000 b/j sur une production de 700’000 b/j. Conformément aux pratiques de l’entité size à Zoug, (canton presque sans impôts), le montant, contenu dans la petite enveloppe distribuée aux dirigeants libyens, n’a pas été révélé.

La production est remontée à 700’000 b/j et pourrait atteindre 1,2 millions b/j d’ici août. Avant le renversement de Kadhafi par Sarkozi, la production atteignait 1,6 millions b/j. La moitié de ce pétrole est exporté mais le pays n’a toujours pas un gouvernement unique et l’augmentation de la production n’est pas garantie.

La Russie continue de resserrer et retisser ses liens avec la Libye alors que l’Europe patauge et que l’équipe de Trump ne sait toujours pas ou se trouve la Libye sur la carte du monde. Là aussi, Moscou commence à acheter du pétrole à la Libye.

 

Nigeria

Le président, de 74 ans, muhammadu Buhari s’est rendu à Londres le 19 janvier dernier. Ce qui devait être des vacances avec un contrôle de santé, semble être devenu un séjour à l’hôpital. Le vice-président Yemi Osinbajo est en charge du pays.

Le gouvernement est en train de travailler avec les milices pour diminuer le nombre d’attaques des installations pétrolières histoire de faire entrer des devises dans le pays et dans les poches des milices. Quand le pétrole était à 100$, le gouvernement avait instauré un système de corruption afin de déverser des pétrodollars dans les caisses des milices en échange d’une paix sur le pétrole.

Au Nigeria la corruption est endémique et le pétrole y participe activement. Le ministre du Pétrole a annoncé que le pays a perdu 100 milliards $ à cause des attaques des milices et on peut y ajouter les petites enveloppes aux bonnes personnes.

 

Phrases du mois

Scott McKay suggests in The American Spectator, “The hacks covering Trump are as lazy as they are partisan, so feeding them . . . manufactured controversies over [the size of] inaugural crowds is a guaranteed way of keeping them occupied while things of real substance are done.”

Le banquier est conservateur. Il fait toujours faillite de la même façon. Johen Keynes.

«L’industrie du ciment reçoit des allocations gratuites pour émettre du CO2, elle ne paie donc pas pour la pollution qu’elle produit. Bien pire, elle engrange des profits exceptionnels grâce aux trop nombreux permis de polluer qu’elle reçoit», selon l’ONG Carbon Market Watch, qui chiffre ces profits à «plus de 5 milliards d’euros».

Je ne monterai jamais dans une voiture sans chauffeur. J’ai déjà la trouille quand c’est pas moi qui conduit. Thomas Veillet

Fossil fuels may lose 10 percent of market share to PV and EVs within a single decade. This may not sound much but it can be the beginning of the end once demand starts to decline.” Carbon Tracker Initiative

If you can get anywhere near the cost target [$100 per kilowatt-hour of energy storage] then you can change the world. It becomes cost effective to put storage batteries in so many places – this research puts us one step closer to reaching that target.” Michael Aziz, lead researcher in a Harvard battery project and a professor of materials and energy technologies

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Retrouvez la Revue complète sur 2000Watts.org

 

Nucléaire: Toshiba perd 8 milliards $ dans sa rocambolesque aventure américaine

Dans le monde du nucléaire, il n’y a pas que le français Areva qui collectionne les dettes et les cachoteries. Son concurrent japonais, Toshiba, vient de placer la barre encore plus haut!

Le géant japonais pionnier de la TV couleur, des ampoules électriques, d’informatique, de médecine ou des cartes flash se retrouve avec un découvert qui pourrait atteindre 8 milliards $ à cause d’investissements hasardeux dans le nucléaire américain.  Voici son histoire:


Avant son histoire d’amour dans le nucléaire, la direction de Toshiba avait manipulé les comptes pour faire ressortir des bénéfices factices. Poussée par une culture de «bénéfices à tous prix», le miroir s’était cassé en 2015, laissant plus de 1,3 milliard $ sur le carreau.

Avec une année 2016 passée à se refaire une santé, on pensait à un faux pas isolé. Mais à peine remis de ce mauvais rêve, le 27 décembre dernier, le CEO Satoshi Tsunakawa, a dû annoncer une autre mauvaise nouvelle: les pertes de sa rocambolesque aventure nucléaire américaine.

 

Westinghouse: le premier achat

Pour y voir plus clair, remontons de quelques années :

En 2006, dans un élan de générosité, Toshiba posa 5,4 milliards $ sur la table pour acheter le constructeur américain de centrales nucléaires: Westinghouse.

A la surprise générale, ce montant dépassait de 2 fois la deuxième meilleure offre d’achat et représentait 37 fois les profits annuels de l’américain. Le fait d’avoir cassé sa tirelire permettait à l’entreprise de rejoindre General Electric et Areva dans la cours des grands.

Mais dans un deuxième temps, Toshiba avoua son erreur et dévalua la valeur de Westinghouse de $2,3 milliards.

 

Les Années Fukushima

Comme un malheur arrive rarement seul, le tsunami du 11 mars 2011 et la catastrophe de Fukushima Daiichi mirent à mal les envies de constructions nucléaires à travers le monde et les plans du géant japonais.

Maigre consolation pour l’entreprise, deux des trois réacteurs ravagés à Fukushima avaient été construits par Toshiba. C’est logiquement à elle que l’on a confié les travaux de démantèlement et les milliards $ inclus dans le processus.

 

Rebelote avec Stone & Webster

En décembre 2015, alors que la division nucléaire du groupe montrait des résultats financiers inquiétants, les dirigeants ne se démontèrent pas et firent l’acquisition de la compagnie américaine de construction nucléaire Stone & Webster. Evitons de parler prix, dans ce cas c’est un sujet qui fâche.

C’est le 27 décembre 2016, que le CEO  Satoshi Tsunakawa a dû confesser que son aventure nucléaire américaine pourrait coûter plusieurs milliards. Les estimations varient entre 5,4 et 8 milliards.

Visiblement les prévisions de Westinghouse et du nouveau venu, Stone & Webster, furent surévaluées.

 

Make Toshiba great again!

Incapable de payer la douloureuse, Toshiba est face à une série d’options qui pourraient changer radicalement son avenir.

L’option la plus radicale et la plus évidente pour le président Satoshi Tsunakawa serait de fermer le département nucléaire de son entreprise.
Mais le Gouvernement japonais pose son véto. Le démantèlement des 50 centrales nucléaires du pays pourrait coûter plus de 80 milliards sur une période de 40 ans (sans compter Fukushima qui devrait arriver à 70 milliards €).

Jugé stratégique, le Gouvernement de Shinzo Abe veut que cet argent reste dans les mains japonaises.

Il reste à Toshiba la possibilité de revendre Landys & Gyr, l’ex leader Suisse de smart meter acheté 2,3 milliards $ en 2012, sa division d’élévateur ou des unités à forte valeur ajoutée comme sa très lucrative division de Flash Card Memory.

Curieux destin pour cette entreprise dont l’innovation a fait son succès et qui doit vendre tours à tours ses bijoux de famille pour garder un domaine qui lui est contre nature.

 

Le Nucléaire: Une énergie de beau temps?

La facture pour désamorcer la centrale nucléaire de Fukushima Daichi a été revu à la hausse. Très forte hausse, puisse qu’elle va atteindre € 177,68 milliards selon la nouvelle estimation du gouvernement nippon. Ce montant représente une dette de € 1’300 par habitant.

En 2011, une première estimation envisageait une douloureuse à € 42 milliards. En 2013, la deuxième estimation doublait la mise à  € 80 milliards.


177 milliards €

Le Ministère de l’Industrie a publié sa nouvelle copie. Ainsi il faudra

– 67 milliards € pour la décontamination des environs de la centrale et le démantèlement des 3 réacteurs.
Les indemnisations des victimes est réévaluée à 65 milliards €.

 

Et en Europe

En Suisse, les propriétaires de centrales nucléaires Alpiq et Axpo sont dans une situation économique délicate. Les deux entreprises ne pourraient en aucun cas répondre à un incident qui nécessiterait une injonction massive de cash. De plus, au niveau des assurances, la couverture exigée ne s’élève qu’à 1,2 milliards € histoire de couvrir les frais des premiers jours.

En France, le propriétaire des centrales, EDF, est déjà dans une situation de faillite avec plus de 50 milliards € de dettes. Elle ne doit sa survie qu’à la présence de l’Etat dans l’actionnariat. De son côté, la marge financière de l’Etat Français est inexistante. Un accident n’est pas une option.

En Angleterre, le pays a décidé de sous-traiter ses centrales à des compagnies privées étrangères. En cas d’accident, l’on voit assez mal une entreprise privée respecter son accord et supporter financièrement les milliards nécessaires pour rétablir la situation, surtout si cette entreprise s’appelle EDF.

En Ukraine, le sarcophage de Tchernobyl, qui a été mis en service il y a quelques jours, a coûté la bagatelle de 1,5 milliards €  et a été financée par l’Europe. Les coûts du démantèlement du réacteur prendra encore des décennies et des dizaines de milliards €.

 

Pesée entre les besoins et les risques

Le nucléaire est une énergie de beau temps. Dès qu’une tempête arrive, un réacteur a la puissance de déstabiliser un pays tout entier. C’est tout le paradoxe de notre société entre la pesée de notre équilibre économique et un accident qui pourrait tout remettre en cause en l’espace d’une étincelle.

Notre confort ne tient qu’au caprice de la météo. Bonne nouvelle, ça devrait encore tenir cette semaine!

 

Sur le même sujet

Le Dossier complet sur Fukushima

 

Revue Mondiale des Energies: Mars 2016

Comme chaque 1er du mois, retrouvez la revue mondiale des Energies & Economies

Monde_Map_Oil– USA: 1 million de maisons solaires
– Arabie-Russie: 50% d’augmentation du baril sur une rumeur
– Angleterre: EDF ne trouve pas le financement nucléaire
– Suisse-France: Malaise sur l’énergie hydraulique
– Inde: Boom de la consommation pétrolière
– Brésil: Dilma, Lula et PetroBras. La prochaine révolution
– Japon: Le sol de Fukushima gelé pour éviter la contamination
– Monde: 500 milliards $ d’investissements pétroliers coupés

 

A la Bourse

Le pétrole est remonté comme un bouchon de liège dans un verre d’eau grâce à une rumeur lancée par l’OPEP et la Russie. Après un stage à plus de 40$, il termine le mois à New York, 38.32$ le baril (32,78$ fin février) et à Londres 39.26$ (35,10$ à fin février).

Plus personne ne veut de l’uranium. Il plonge à 29.15$  (33,50$ à fin février 2016).

Prix du charbon : de 200$ la tonne en 2008, le charbon se vend à 40$ /tonne en ce moment.

 

Monde

Les prix du baril ont remonté grâce à une stratégie de communication orchestrée par L’OPEP et la Russie. Le concept repose sur une réunion providentielle au Qatar le 17 avril dont le but serait de s’accorder un gel de la production pétrolière! Tant Moscou que Ryad n’ont pas l’intention de baisser leur production mais n’ont également pas les moyens techniques de l’augmenter.
Commerzbank enfonce le clou et pense que cette réunion est une farce. Farce ou pas, ça marche!!! Au bonheur des pays exportateurs, les prix ont augmenté de 50% depuis cette annonce.

 

Peak oil

Wood Mackenzie annonce que 500 milliards $ (au lieu de 400) d’investissements pétroliers ont été coupés pour 2016 alors que la demande mondiale va augmenter d’un million barils/jour (b/j).  L’IEA s’inquiète car si les investissements ne vont pas s’accroître en 2017 et 2018, l’offre ne pourra plus suivre la demande.

En 2016, les nouveaux gisements (3 millions baril/jour) n’arriveront pas à compenser l’assèchement des anciens (3,3 millions b/j) selon Rystad Energy. En 2017, la différence devrait s’élever à 1,2 million b/j .

C’est la première fois depuis 1986 que les compagnies pétrolières voient leurs investissements diminuer 2 années consécutivement.

USA

Le nombre de forages est passé de 1’069 il y a 12 mois à 372 à fin mars (-150 depuis janvier).

Le fonds financier de la famille Rockefeller va sortir «le plus rapidement possible» de ses investissements dans le pétrole et notamment d’Exxon Mobil Corp. Le fond pense qu’Exxon a trahi le publique sur le réchauffement climatique. La justice de New-York est justement en train d’enquêter sur les agissement d’Exxon dans ce domaine. Plus tôt dans l’année, c’est le géant Peabody qui avait plié sous la justice américaine et Exxon se trouve à son tour sur le grill.

Un million de maisons américaines ont des panneaux solaires photovoltaïques sur leur toit ce qui satisfait la consommation électrique de 780’000 ménages. Le manque à gagner pour les producteurs d’électricité est estimé à 2 milliards $.

La consommation US d’électricité a atteint 3,72 milliards kWh en 2015 (-1.1%). La diminution provient de la baisse de la demande des industries et la stagnation des ménages.

Pétrole de schiste
Si vous aviez des actions des entreprises Sabine Oil & Gas ou Emerald Oil, pas de bol, ils ont fait faillite. Même punition pour Venoco qui laisse une dette de 1 milliard $ sur le tapis.

Si vous détenez des actions de Matador Resources (MTDR), Carrizo Oil & Gas (CRZO), Laredo (LPI), Oasis Petroleum (OAS) et SM Energy (SM) à l’heure où vous lisez ces lignes, vous devriez tout avoir perdu

Chesapeake a perdu 19,1 milliards $ en 2015, cumule une dette de 10 milliards $ et avec seulement 1 milliard $ en caisse. Il s’approche de la faillite mais ne plie pas. Le géant de schiste a également perdu son ancien CEO décédé dans un accident de voiture.

Peabody Energy Corp (BTU), le plus grand producteur de charbon américain (7’600 employés), s’est mis sous la protection de faillite et suit son ancien rival Arch Coal qui avait également levé les fers l’année dernière. La Banque Nationale Suisse posséde pour 25 millions $ d’actions dans l’entreprise.

Linn Energy, l’un des plus grand producteur d’énergie US, est dans une situation économique critique et pense ne pas pouvoir rembourser ses dettes.

Quel est le point commun entre Emerald Oil, Laredo, Oasis Pétroleum, SM Energy, Linn Energy, Chesapeake ou Peabody (toutes nommées ci-dessus?). La Banque Nationale Suisse a investi dans ces entreprises. Etrange, n’est-ce pas? Je dis ça, mais je ne dis rien!

 

Arabie Saoudite

En toute discrétion, François Hollande a décoré de la Légion d’honneur le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohamed ben Nayef. Ca tombe bien car l’Arabie Saoudite a justement besoin d’armements et pour la France, il est toujours sympa d’avoir un ami qui a du pétrole.

Le pays s’enlise de plus en plus au Yemen où plus de 3’000 civils sont tombés sous les munitions de l’armée d’Arabie Saoudite. Le Yemen est devenu le terrain de bataille entre l’Arabie et l’Iran.

Ryad a coupé 5% de ses dépenses et les coupes touchent tous les secteurs. Comme l’activité économique du pays est financée par le Gouvernement, l’impact devrait se répercuter sur toutes les entreprises.

En février, la production a atteint 10,22 millions b/j ce qui est stable par rapport aux mois précédents. Les mois chauds de l’année arrivent et vont limiter de moitié les exportations du pays.

France

La France a été sommée par la Commission Européenne de départir EDF de ses barrages hydroélectriques et de les soumettre à la concurrence étrangère. EDF pourrait même être écarté de cette vente aux enchères. Les autres pays comme l’Autriche, l’Allemagne ou la Suède ont trouvé une parade pour éviter ce pillage et de garder la gestion de leurs barrages. Pas la France.

De son côté, EDF semble être intéressée par les barrages suisses et comme certains ont été dévalués, notamment par Alpiq (dont EDF est actionnaire), la proie pourrait être intéressante et facile. Est-ce que la Suisse saura préserver son patrimoine?

 

Angleterre

C’est le 11 mai qu’EDF devra annoncer si l’entreprise a finalement trouvé le financement des 25 milliards € pour la construction des deux centrales nucléaires à Hinkley Point d’ici à 2025.

Selon le Financial Times, des ingénieurs d’EDF ont souligné la complexité du complexe nucléaire avec un redesign nécessaire des réacteurs et un retard minimum de 2 ans.

De son côté, les chinois partenaires financiers à hauteur de 30%, demandent qu’EDF soit responsable à hauteur de 80% des coûts additionnels et d’éventuels retards. Dans tout ce pataquès, Pékin voit venir les problèmes et on comprend cette soudaine envie de laisser la patate chaude dans les mains françaises.

Londres a planifié l’arrêt de centrales à charbon en 2025 en vue de l’arrivée en ligne de ses deux centrales nucléaires d’Hinkley Point. On imagine déjà les pénalités de retard.

L’EPR français ressemble furieusement au Concorde : une merveille technologique mais un fiasco commercial.

 

Suisse

Alpiq, l’un des plus grand producteur d’électricité suisse, a une nouvelle fois fortement amorti ses actifs afin de faire ressortir une perte dans ses comptes 2015. Durant les 3 dernières années, l’entreprise a généré plus de 1 milliard € de bénéfice avant amortissement/impôt et à chaque fois la CEO Allemande a fait modifier la comptabilité pour faire ressortir des pertes. Cette tactique interpelle.
L’entreprise chercherait-elle à dévaluer ses barrages en faveur d’EDF ou d’une entreprise suédoise ainsi qu’à se défaire de ses 2 centrales nucléaires fortement déficitaires?

Toujours du côté d’Alpiq, l’entreprise avait monté un plan de communication pour transférer ses centrales nucléaires au Gouvernement Fédéral. Le concept a été publié par la Bazler Zeitung et impliquait des hommes politiques influents comme Yannick Buttet, qui se trouve par hasard dans la commission de l’énergie. Il n’y a pas que le Brésil qui favorise les amis.

 

Allemagne

Vattenfall, le géant suédois, voulait vendre ses mines de charbon allemandes. Greenpeace était en lice pour les acheter dans le but de fermer ces deux mines de lignites. Vattenfall n’avait pas pris au sérieux Greenpeace et avait rejeté l’offre. Pas de bol pour Vattenfall, ils n’ont reçu aucune autre offre jusqu’à ce jour. Le management serait en train de méditer sur le diction: “un tiens vaut mieux que deux tu l’auras” !

 

Russie

Par surprise, Moscou a annoncé son retrait partiel de Syrie. Les 9’000 sorties de son aviation ont permis au gouvernement d’Assad de reprendre le dessus.

La Russie aurait des réserves de 14 milliards de tonnes de pétrole de quoi tenir encore pendant 28 ans. Mais la production semble avoir touché un plateau et Moscou ne possède pas la technologie pour développer ses champs dans l’Arctique même si Gazprom Neft a annoncé le succès du forage dans le champ de Priraziomnoye. La plateforme pourrait produire 10’000 b/j. Cette quantité pour un forage en Arctique est insignifiant face au 10 millions b/j produits à terre.

La situation financière du pays va mieux grâce à l’augmentation de 50% des prix du baril de pétrole. Cependant, tout n’est pas rose.
Quand le baril flirtait avec les 100$, le gouvernement recevait 74$ pour chaque baril vendu; 15$ partait pour l’exploitation et le transport et 11$ pour les entreprises pétrolières.
Aujourd’hui avec un baril à 35-40$, Moscou reçoit env. 17$, les frais de production inchangés de 15$ et un bénéfice de 3$ pour les pétroliers.
Comme la moitié des revenus du pays provient du pétrole, vous comprenez les maux de tête du ministre du budget. Du côté des entreprises, elles ont coupé les frais d’exploration en attendant des jours meilleurs.

 

Brésil

PetroBras, l’entreprise nationale pétrolière annonce une perte de 10,2 milliards $ pour 2015 avec une dette de 130 milliards $. C‘est la Chine qui lui vient en aide via la China Development Bank avec un apport de 12 milliards $ en échange future de pétrole à des conditions favorables. Pour la peine, PetroBras va également licencier 12’000 personnes.

L’affaire Pétrobras secoue de plus en plus fortement le pays. L’ancien Président Lula aurait reçu une propriété privée et la présidente Dilma a tenté de protéger son mentor des enquêtes du juge Sérgio Moro en l’invitant dans le gouvernement. Du coup, le juge Moro a été suspendu de cette affaire après avoir publié les écoutes téléphoniques entre Dilma et Lula.

Dilma Rousseff était à la tête de PetroBras de 2003 à 2010 au moment où la corruption fut la plus forte au sein de l’entreprise. Elle pourrait être destituée et remplacée par Michel Temer. Ce dernier est pressé d’arriver au pouvoir car il serait également sur la liste des bénéficiaires de PetroBras. Un mandat présidentiel le mettrait à l’abri de poursuites.

Il risque d’y avoir une bonne ambiance durant les Jeux Olympiques.

Argentine

Le président Obama a dansé le tango sous les yeux du président argentin Mauricio Macri. Le pays pourrait détenir d’important gisement de schiste et les USA aimeraient leur refiler leur technologie et au demeurant d’importer le précieux liquide.

Hors sujet mais intéressant: 80% de la viande consommée en Argentine vient des USA! et la viande argentine est exportée en Europe. Cause: La viande US est moins chère que la viande d’argentine.

Buenos Aires maintient une politique de prix stables de l’essence à 67$ le baril afin de protéger les automobilistes des variations des cours. Actuellement la différence entre dans les caisses du gouvernement et permet de soutenir financièrement les producteurs pétroliers et notamment ceux de schiste qui ont besoin d’un baril au-dessus de 60$ pour survivre.

 

Iran

Téhéran continue de clamer haut et fort son envie d’augmenter sa production d’un million de barils/j d’ici à la fin de l’année afin d’atteindre son niveau d’avant-sanction de 4 millions b/j.
Mais entre la volonté et les capacités, il y a encore un pas: +187’000 barils en février pour un total de 3,1 millions b/j. Le gouvernement aimerait 900’000 baril de plus d’ici à la fin de l’année.

Les sanctions sont levées, mais peu de business a été activé. L’Iran peine a vendre son pétrole sur les marchés car les banques ont peur de se faire démonter pour une raison futile par la justice américaine. Pour l’instant, la touche “pause” est maintenue.

 

Syrie

Par surprise, la Russie se retire (en partie) de Syrie après avoir réussi à récupérer des villes importantes.

Le pipeline Irak/Kurdistan semble à nouveau en fonction. Pour le moment le pétrole, qui est produit dans la région de Kirkuk, n’utilise pas le pipeline entre les Kurdes et la Turquie. Bagdad privilégierait cette option pour négocier le partage des revenus du pétrole avec avec les kurdes.

Dessin Chappate

Chine

Pékin essaye de faire de son mieux pour convaincre les autres pays que son économie ne va pas s’écraser dans les mois à venir. Depuis début janvier, 100 milliards $ sont sortis du pays malgré les nouvelles réglementations imposées par le gouvernement.

L’industrie de l’acier, consommatrice de charbon, va réduire de 150 millions de tonnes sa production et se séparer de milliers d’employés dont les protestations sont de plus en plus visibles.

 

Japon

La centrale de Fukushima est toujours dans un Etat critique et fête le 5ème anniversaire de son explosion. Explosion il y a également au niveau du nombre de cancers surtout auprès des jeunes.

L’eau de refroidissement stockée dans d’énormes citernes devrait être déversée dans le Pacifique et il faudra encore attendre quelques années pour pénétrer dans les bâtiments des réacteurs 1-2-3. Même les robots ont une durée de vie limitée à l’approche des réacteurs.

TEPCO annonce avoir débuté le gel des terres autours de la Centrale de Fukushima afin de bloquer l’infiltration des eaux souterraines.

TEPCO, l’opérateur de la centrale a avoué avoir menti sur l’état de la situation après le tsunami. Bon tout le monde le savait, mais maintenant c’est officiel.

 

Inde

La demande pétrolière a augmenté de 300’000 b/j soit deux fois plus vite que les années précédentes.

 

Algérie

BP et Statoil pensent diminuer le nombre d’employés à cause d’attaques sur 2 gisements gaziers algériens d’Ain Amenas dans l’Est de l’Algérie le 18 mars. Les infrastructures gazières algériennes sont protégées par l’armée depuis les attaques de 2013 ou 40 employés avaient été tués, mais l’importance stratégie n’échappent pas aux milices islamiques.

Statoil, le géant pétrolier national, a fait face à une explosion dans l’une de ses usines en Algérie. L’unité basée à Salah a été touchée par des munitions explosives tirées à distance.

 

Tanzanie – Ouganda

La construction d’un pipeline va débuter en août de cette année pour un montant de 4 milliards $. Il sera terminé dans 2 ans pour connecter les deux pays en pétrole.

 

Phrases du mois

« Les défauts découverts ne sont pas des fissures, mais éventuellement des salissures ou des variations dans l’épaisseur du matériau par endroits». Andrew Walo Axpo sur les milliers de fissures découverts sur le réacteur de la centrale nucléaire du géant suisse.

Just as I believe you can’t take on Wall Street while taking their money, I don’t believe you can take on climate change effectively while taking money from those who would profit off the destruction of the planet” Bernie Sanders.

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde. La revue complète